Chapitre 2
Chapitre 2
La question flottait encore dans l'air, tranchante, impossible à ignorer.
- Pourquoi ? demanda Maci, la voix chargée d'une colère qu'elle avait tenté de contenir trop longtemps. Pourquoi lui ? Pourquoi cette dette ?
Son père détourna les yeux, visiblement incapable de soutenir son regard.
- Ce n'est pas aussi simple, murmura-t-il, la voix rauque, brisée.
- Pas simple ? Tu m'as toujours dit de ne jamais faire confiance aux loups. Et maintenant, tu es redevable au pire d'entre eux. Explique-moi ça.
Elle croisa les bras, son regard insistant, exigeant des réponses.
- J'ai fait ce que je pensais être juste, finit-il par avouer. Je voulais protéger notre famille, t'assurer un avenir.
Les mots tombèrent à plat. Ils n'étaient rien face à la menace réelle et immédiate qui planait sur eux.
- Et voilà où ça nous a menés, rétorqua Maci, les dents serrées. À vendre ta fille comme une marchandise pour effacer tes erreurs.
Son père tressaillit à cette accusation, mais il ne nia pas.
- Il n'a pas toujours été comme ça, dit-il après un long silence. Dominic. Quand j'ai passé cet accord, il... il était différent. Mais les choses ont changé.
- C'est censé me rassurer ? Parce que je ne vois qu'un homme prêt à me réduire en esclavage sous prétexte de sauver ta peau.
Un silence pesant suivit, un gouffre de non-dits et de regrets qui semblait impossible à franchir.
Le lendemain, Dominic revint. Maci sentit sa poitrine se serrer lorsqu'il franchit le seuil avec une assurance déconcertante, comme si la maison lui appartenait déjà.
- Alors ? demanda-t-il sans préambule, son regard froid et calculateur glissant sur elle. Votre décision, mademoiselle Bennett.
Maci n'avait pas de réponse prête. Elle se contenta de serrer les poings, son esprit en proie à une tempête de doutes et de peurs.
- Vous ne me laissez pas vraiment le choix, murmura-t-elle finalement, son ton empreint d'amertume.
- Il y a toujours un choix, répondit Dominic, mais son sourire n'avait rien de réconfortant.
Il déposa une épaisse enveloppe sur la table.
- Ce contrat scelle notre arrangement. Vous avez jusqu'à demain soir pour signer. Une fois votre signature apposée, il n'y aura pas de retour en arrière.
Maci hésita avant de s'approcher. Elle ouvrit l'enveloppe d'une main tremblante, parcourant rapidement les premières lignes du document. Chaque mot semblait plus lourd que le précédent, chaque clause un rappel cruel de ce qu'elle s'apprêtait à sacrifier.
- Vous êtes vraiment prêt à aller aussi loin ? demanda-t-elle, relevant les yeux vers lui.
- Je ne fais jamais de menaces vides, répondit-il simplement.
Elle sentit un frisson lui parcourir l'échine.
Dominic quitta la maison sans attendre sa réponse, laissant derrière lui un silence oppressant. Maci passa des heures à tourner en rond, son regard revenant sans cesse au contrat posé sur la table.
Son père tenta de l'approcher, mais elle le repoussa, trop submergée par ses propres pensées pour tolérer sa présence. Elle savait qu'il souffrait, qu'il se noyait dans la culpabilité, mais cela ne changeait rien.
La nuit tomba, et Maci prit finalement une décision.
Lorsque Dominic revint le lendemain, elle était prête.
- Très bien, dit-elle en se levant d'un pas résolu. Je signerai votre maudit contrat.
Son ton était ferme, mais ses mains tremblaient légèrement lorsqu'elle attrapa le stylo.
Dominic observa chaque mouvement, ses yeux perçants scrutant le moindre détail.
- Sage décision, dit-il simplement, mais il n'y avait aucune trace de triomphe dans sa voix, juste une froide acceptation.
Maci signa, chaque trait de plume un coup porté à sa liberté. Lorsqu'elle eut fini, elle posa le stylo avec force, le regard défiant.
- Et maintenant ? demanda-t-elle.
- Maintenant, nous sommes liés, répondit-il calmement, récupérant le contrat avec une efficacité glaciale.
Elle le détestait à cet instant, plus que jamais. Mais une chose était certaine : elle ne se laisserait pas briser.
Chapitre 3
Chapitre 3
La tension dans l'air était palpable, chaque respiration lourde et mesurée comme si chacun pesait la gravité de l'instant. La pièce était silencieuse, à l'exception du froissement des pages du contrat que Dominic avait étalé sur la table. Maci se tenait droite, les bras croisés sur sa poitrine, consciente que le moindre signe d'hésitation serait interprété comme une faiblesse.
Un groupe de loups se tenait derrière Dominic, des témoins imposants choisis pour valider l'accord. Leurs regards perçants fixaient Maci, comme s'ils jaugeaient sa capacité à supporter ce qu'elle s'apprêtait à accepter.
- Prenez votre temps, dit Dominic d'une voix basse, presque désinvolte. Mais souvenez-vous que chaque seconde que vous perdez ici met votre père en danger.
Son ton laissait entendre qu'il ne s'agissait pas d'un simple avertissement. Maci jeta un regard rapide à son père, qui, affaissé sur une chaise dans un coin de la pièce, semblait plus petit que jamais. Elle savait qu'il ne dirait rien pour la défendre, trop conscient que toute objection risquerait d'aggraver la situation.
- Vous aimez vraiment jouer avec les nerfs des gens, murmura-t-elle.
Dominic esquissa un sourire fugace, un éclat de défi dans ses yeux sombres.
- Ce n'est pas un jeu, Maci. C'est une transaction.
Elle serra les dents, sa colère presque palpable, mais elle ne répondit pas. Les règles étaient claires. Il avait le pouvoir. Elle, le choix entre se soumettre ou condamner sa famille.
Les mains tremblantes, elle s'avança vers la table. Les mots du contrat semblaient flous alors qu'elle parcourait une dernière fois les clauses, bien qu'elle connaisse déjà chaque ligne. Sa liberté, son avenir, tout était consigné là, scellé par l'encre qu'elle s'apprêtait à apposer.
- Dois-je signer avec mon sang ? lança-t-elle avec sarcasme en prenant le stylo.
Un des loups derrière Dominic grogna légèrement, mais ce dernier leva une main pour calmer son homme.
- Pas nécessaire. Votre signature suffira.
Elle attrapa le stylo et hésita une fraction de seconde. Une petite voix au fond d'elle la suppliait de se retourner, de fuir, de refuser cette absurdité. Mais la réalité était plus forte que son instinct.
Le stylo glissa sur le papier, chaque lettre qu'elle traçait semblant peser des tonnes. Quand elle posa le point final, un poids immense s'abattit sur ses épaules. Elle releva la tête et croisa le regard de Dominic. Il semblait satisfait, mais pas surpris.
- Félicitations, déclara-t-il en ramassant le contrat avec une aisance calculée. Vous êtes maintenant officiellement engagée à devenir ma femme.
Le mot « femme » lui donna un frisson désagréable. Elle n'était pas une épouse. Pas encore. Elle était un pion dans son jeu, et elle le savait.
- Quand ? demanda-t-elle d'une voix sèche.
- Dans une semaine. Les préparatifs ont déjà commencé.
- Une semaine ? répéta-t-elle, stupéfaite. Vous plaisantez ?
Il posa son regard sur elle, implacable.
- J'ai attendu assez longtemps pour cette alliance. Je ne suis pas un homme patient, Maci.
Elle serra les poings, mais son père, soudainement paniqué, intervint avant qu'elle ne puisse répliquer.
- Une semaine ? Mais... c'est si peu de temps.
Dominic ne daigna même pas lui répondre, se contentant de se tourner vers Maci.
- Vous serez informée des détails sous peu. En attendant, il y a des règles à respecter.
Elle arqua un sourcil, méfiante.
- Des règles ?
- Vous serez sous ma surveillance constante à partir d'aujourd'hui. Aucun contact avec l'extérieur sans mon autorisation. Aucun comportement susceptible de compromettre notre accord. Et surtout, ne cherchez pas à fuir.
Elle éclata de rire, un rire froid et nerveux.
- Vous pensez vraiment que j'irais quelque part ? Avec tout ce qui est en jeu ?
- Je préfère ne pas prendre de risques, répondit-il calmement, mais son ton portait un avertissement subtil.
Les témoins commencèrent à se retirer, leurs regards lourds et intimidants, mais Dominic resta immobile, la fixant avec intensité.
- Une dernière chose, ajouta-t-il alors qu'elle se préparait à sortir. À partir de maintenant, vous m'appellerez Alpha en public.
Maci le fixa, incrédule.
- Vous êtes sérieux ?
- Très sérieux, confirma-t-il. C'est une question de respect et de hiérarchie. Si vous voulez survivre dans mon monde, vous feriez bien de l'apprendre rapidement.
Elle croisa les bras, défiant.
- Et si je refuse ?
Son sourire s'élargit, glacé et sans joie.
- Ce n'est pas une option.
Elle sentit une vague de frustration et de colère monter en elle, mais elle ravala ses paroles. Il était clair que Dominic Hale n'était pas un homme avec lequel on négociait.
Quand elle quitta la pièce, son cœur battait à tout rompre. Elle avait franchi une ligne, une ligne qui la liait à cet homme et à son monde. Une semaine. C'était tout ce qu'il lui restait avant de perdre définitivement ce qu'elle connaissait de sa vie. Une semaine pour se préparer au pire.