Chapitre 2
Dalhia n'avait pas terminé sa journée parce que le patron lui avait demandé de rentrer et qu'elle n'allait commencer que le lendemain.
Son caractère semblable à celui d'un homme ayant passé une partie de sa vie dans la jungle ne lui donnait pas du tout envie de travailler avec lui et pourtant elle avait besoin d'argent. Ophélie, une connaissance à elle pouvait très certainement l'aider.
Elle se prépara rapidement et sortit de chez elle. Elle s'était promis de ne jamais se rendre dans cet endroit qu'elle prenait pour son entreprise mais là encore elle n'avait pas du tout le choix.
« Regardez qui est là, Dalhia la prude, » dit Ophélie d'un sourire aux lèvres.
La prude, Dalhia s'attendait bien à ça parce qu'Ophélie ne l'appelait jamais autrement. Si au début ça la dérangeait parce qu'elle était frustrée, elle avait fini par s'y habituée. Certains avaient eu la chance de le faire à leurs quinze ans mais elle, elle ne savait même pas ce qu'elle attendait et pourtant elle ne voulait non plus céder.
« Si je te vois par ici ça voudrait dire que tu as changé d'idée ma poule ? »
« Pas du tout Ophélie et en plus je ne connais pas ces hommes. »
« La seule chose qui devrait t'intéresser c'est la passion et rien d'autre. Tu dois t'imaginer en train de plonger dans un monde où il n'y a que toi et ton prince charmant, celui qui t'es destiné jusqu'à la fin de tes jours et surtout celui-là qui saura donner des sensations nouvelles à ton corps. »
Dalhia voulait bien la croire mais ce n'était pas le cas vu qu'elle pouvait tomber sur n'importe qui. Un gentleman ou un gros porc.
« Tu n'as pas besoin de faire ça pour de l'argent mais juste pour te détendre ma puce. Donne la chance à un homme ce soir de te prouver qu'en dehors de ta vie merdique, il y a autre chose de merveilleux que seul ton corps peut te faire ressentir. Donne-toi cette chance et je ferai de telle en sorte que tu ne tombes pas sur un connard. »
Etait-ce réellement ce qu'elle voulait pour elle ? Elle n'y croyait pas du tout mais elle ne perdait rien à tenter le coup.
Dépasser cette fille peureuse qu'elle était de l'intérieur et passer à une autre étape de son évolution.
« Je suis d'accord. Je dois me préparer parce que je n'y avais pas pensé en venant. »
Ophélie comprit et l'accompagna dans une chambre pour qu'elle se change. Elle lui proposa une lingerie fine qui étonna Dalhia. Elle ne pensait pas qu'elle pourrait réellement être à l'aise face à un homme avec ça sur elle.
« ça ne te dérange pas que ce soit un inconnu ? »
« Je préfère mille fois un inconnu pour éviter de garder des rancunes inutiles. »
Ophélie lui indiqua la loge qu'elle allait occuper et partit par la suite accueillir les clients. Elle en avait toujours et à toutes les heures.
Trente minutes plus tard, elle reçut enfin un client potentiel. Elle trouvait que cet homme allait être parfait pour Dalhia.
Après avoir négocié avec le client, elle partit donc à la recherche de son amie.
« Je regrette mais je ne peux pas. Je vais rentrer. »
« Pas tout de suite ma puce parce que j'ai quelqu'un pour toi. Il insiste pour des lumières tamisées et il ne veut aucun son. Bien sûr que tu pourras gémir mais en dehors de ça tu ne dois pas lui adresser la parole. »
C'était normal de passer des heures avec une personne sans jamais lui parler ? Elle se mit à réfléchir et finit par accepter.
« Je suis d'accord. Comme ça personne ne connaitra rien de l'autre. »
Dalhia était debout au milieu de la pièce où elle ne voyait presque rien. Elle doutait de ce qu'elle était sur le point de faire mais lorsque la porte s'ouvrit, elle comprit qu'elle ne pouvait plus faire retour en arrière.
Son cœur se mit à battre à un rythme incontrôlable. Elle se demandait ce que ça ferait de passer ce cap, elle se demandait si ça changerait quelque chose en elle.
Lorsque les mains de l'inconnu se posèrent sur ses épaules, elle se retint pour ne pas montrer à quel point elle était confuse.
Il glissa ses mains le long de ses bras et elle ferma les yeux pour en profiter. Ses mains étaient si douces qu'elle ne voulait jamais qu'il la relâche.
Lorsqu'il arriva au niveau de ses mains, il entremêla leurs doigts et Dalhia sourit en pensant à une seule personne ; son patron. Elle ne l'avait vu qu'une seule fois et pourtant elle ne pouvait se priver de fantasmer sur son corps de Dieu grec.
Son corps se mit à frémir lorsqu'il plongea sa tête dans son cou et qu'il lécha peau.
Elle n'en revenait pas d'être toujours là car lorsqu'il y pensait avant, ça la dégoûtait tellement.
Lorsqu'il relâcha ses mains, il ramena les siennes sur son ventre où il caressa un remontant jusqu'à sa poitrine. Il la pressa un peu malgré le fait qu'elle était prisonnière d'un soutif.
Il passa son doigt dans la fente entre ses seins et remonta tout lentement jusqu'à son cou qu'il emprisonna dans sa main sans l'étouffer. Il lui lécha le lobe de l'oreille et elle serra les dents pour éviter de soupirer.
De sa main libre, il dégrafa son soutif et fit glisser les brettelles le long de ses bras.
Elle eut l'impression que ses seins respiraient enfin car ils avaient gonflé à cause de l'excitation.
Il passa devant elle embrassa la commissure de ses lèvres mais n'étant pas assez pour elle, elle chercha ses lèvres et il ne s'en priva pas. Il écrasa ses lèvres sur les siennes.
C'était de loin le meilleur baiser de sa vie vu qu'elle ne se souvenait même pas de la dernière fois qu'un homme l'avait embrassé ainsi.
Elle se colla un peu plus à lui et sentit ses tétons contre le torse dur de cet homme enflammait son corps.
Le feu qui était en elle prenait de l'ampleur alors, elle se mit à déboutonner sa chemise et lorsqu'elle passa les mains sur son torse nu, elle ferma les yeux en imaginant le corps de Domonic McCoy.
Leurs lèvres se séparèrent elle prit l'initiative de l'embrasser dans le cou en se collant un peu plus à lui.
Elle pouvait sentir son membre contre elle et même si ça lui faisait un peu peur, ça l'excitait tout autant.
Il posa ses mains sur ses fesses et les pressa longuement en la serrant un peu plus contre lui.
Elle ne s'y connaissait pas trop et pourtant elle voulait essayer. Elle posa la main à l'endroit même où s'était formée la bosse dans son pantalon. Elle la caressa en serrant un peu. Son grognement roque la fit sourire car elle était fière d'elle.
Il avait cessé tout mouvement alors, elle retira sa ceinture et descendit son froc. Elle mourrait d'envie de voir et pourtant c'était impossible.
Elle s'accroupit à ses pieds et descendit son pantalon.
Pour la prochaine étape, elle tremblait un peu et ne se sentait pas capable.
Il l'aida à se relever et prit ses seins chacun dans une main. Il les compressa avec douceur tout en titillant ses tétons. Ça lui procurait la meilleure sensation de toute sa vie.
Lorsqu'il passa sa langue dessus, elle ne put s'en empêcher et gémit. Il captura ses lèvres et l'embrassa sans aucune douceur comme si c'était pour la punir.
Elle s'accrocha à son cou alors que ses pieds tremblaient. Elle ne pensait plus qu'elle allait tenir debout.
Il lâcha ses seins et la serra contre lui. Elle en voulait plus alors, elle se mit à se coller un peu plus contre son sexe et il comprit.
Il la porta jusqu'au lit où il la coucha. Il déchira sa petite culotte, n'ayant pas le temps de l'enlever.
Il écarta légèrement ses jambes et passa ses doigts sur ses lèvres, ce qui coupa sa respiration pour quelques secondes.
Lorsqu'elle ne le sentit plus près d'elle, elle se demandait ce que ce dernier faisait jusqu'à ce qu'elle entende le brut d'un papier qui se déchirait.
Il revint enfin et se positionna entre ses jambes.
Il glissa son membre entre ses lèvres et elle se mit à trembler. Elle ne savait pas si elle allait lui dire ou non et elle avait peur qu'en lui disant, il la laisserait avec ce feu qui brûlait en elle.
Elle avait toujours pris des risques dans sa vie alors pourquoi pas celui-là ?
Lorsqu'il commença se glisser en elle, elle eut peur et finit par se raidir lorsqu'il fut totalement en elle.
Il s'était lui aussi arrêté comme s'il s'était rendu compte de quelque chose et ça commençait à lui faire peur.
Alors qu'elle s'attendait au pire, il lui caressa le ventre et finit par l'embrasser une nouvelle fois.
Alors qu'elle était à fond dans le baiser, il se mit à se mouvoir en elle le plus lentement possible.
Il était si prévenant qu'on aurait dit que c'était réellement son prince charmant. Elle s'était toujours attendu au pire et non pas à ça.
Au fur et à mesure que les minutes passaient, ils redoublaient la vitesse de ses va et vient ce qui lui procurait aussi du bien.
Son corps tout entier semblait piégé par ce désir. Elle planta ses ongles dans la chair de son dos afin de garder son équilibre car le plaisir extrême avait raison d'elle.
Lorsque l'orgasme la frappa alors que son bel inconnu n'avait cessé de la pénétrer aussi vivement, elle le serra si fort par peur de trébucher.
Ce moment intense dura quelques secondes jusqu'à ce que toutes les traces ne disparaissent.
Chapitre 3
Dominic méritait une bonne nuit de sommeil après la soirée qu'il avait passé et pourtant il avait eu du mal à fermer les yeux. Les évènements de la soirée ne cessaient de repasser en boucle dans sa tête et cela le troublait tellement. C'était comme s'il avait fait quelque chose de mal et c'était réellement le cas. Il était trop sombre pour mériter ce qu'il avait reçu et ne cessait de se demander pourquoi lui.
Son entreprise était sa priorité première et pourtant il n'arrivait même pas à se lever afin de se préparer. Quelqu'un avait eu le courage de chambouler son quotidien en une seule nuit et il regrettait. Il regrettait amèrement cette situation.
Il se retournait dans le lit lorsqu'il entendit frapper à la porte. Il soupira avant de se lever. Il alla jusqu'à la porte et l'ouvrit.
« Bonjour mon petit ! »
« Bonjour Martina ! Dites aux autres que je ne vais pas tarder. »
Elle abdiqua et s'en alla.
Il referma la porte et retourna dans la sa chambre où il se prépara à la hâte.
Lorsqu'il fut prêt, il rejoignit le salon où deux paires d'yeux ne cessaient de le fixer. C'était normal car il n'avait pas prévenu qu'il venait ou du moins qu'il allait passer la nuit.
« Tu n'as pas l'air bien, Dominic. »
« Je vais bien grand-mère, » dit-il d'un ton froid.
« Ne sois pas sur la défensive. Je ne faisais qu'une simple remarque. »
Il préférait par moment qu'elle la ferme au lieu de parler. Il voyait souvent sa mère en sa grand-mère, ce qui le rendait malade. Deux femmes identiques qui ne cessaient de se mêler de ses affaires.
Il prit place auprès de son grand-père qui n'avait pas pipé mot jusque-là.
Il prit son petit déjeuner dans le trouble total et le pire était qu'il n'arrivait pas à masquer cela.
« A l'endroit habituel Dominic. »
Lucas McCoy était un homme qu'on ne pouvait pas tromper. Il se montrait calme et pourtant c'était un grand observateur. Le rendez-vous qu'il donnait à Dominic à leur lieu habituel n'était pas pour lui faire des papouilles dans les cheveux mais bien plus.
« Je suis une femme et j'imagine que vous n'allez rien me dire. »
« Grand-mère je vais bien mais c'est ton mari qui veut tirailler les choses. »
Willow savait que ça ne servirait à rien d'insister parce qu'ils ne lui diraient rien. Elle n'avait jamais la possibilité de profiter de son petit-fils parce que son mari s'en accaparait toujours sous prétexte qu'il lui apprenait des choses. Elle voulait tout simplement avoir la possibilité de le choyer.
Lorsque Dominic arriva dans le jardin, Son grand-père y était déjà installé.
« Tu viens passer tes nuits ici lorsque quelque chose te tracasse et que tu ne veux pas rester tout seul. Pourquoi es-tu arrivé aussi tard cette nuit et sans être soûl ? »
Dominic souffla en réfléchissant. Lucas finirait par savoir s'il lui mentait. Il savait qu'il comprendrait s'il lui disait la vérité.
« J'étais à une maison close hier. »
Il regarda attentivement son grand-père attendant que ce dernier daigne s'offusquer mais il lui sourit tout simplement.
Etait-ce normal ? Ce dernier pouvait se montrer compréhensif mais pas sur tous les points.
« Je ne vais pas te sermonner Dominic parce que tu es un homme célibataire qui peux jouir de la vie mais pourquoi ne pas te mettre en couple une fois ? Trouve-toi une épouse. »
« Tu sais ce que je pense des femmes. » dit-il d'un ton tranchant.
« Qu'elles sont manipulatrice, avides d'argent et de pouvoir et surtout vénales, » lui rappela Lucas avant de poursuivre ; « Tu m'as répété ça une centaine de fois que j'ai fini par retenir par cœur. Maintenant dis-moi ce qui s'est passé hier. »
Cette histoire le rendait tellement sensible qu'il ne pouvait pas la raconter étant perché sur ses jambes. Il s'assit près de Lucas.
« Elle était vierge ! » dit-il en fixant un point dans le vide.
Lucas ne put s'en empêcher et s'esclaffa. Il regarda Dominic attentivement se demandant si ce dernier se rendait compte de ce qu'il racontait.
« Une vierge dans une maison close ? » se demanda Lucas.
Même Dominic était étonné et jamais il ne l'aurait cru s'il n'avait pas vécu l'expérience.
« As-tu pris quelques verres avant de t'y rendre ? »
« J'étais bien lucide. Je sais ce que j'ai vécu grand-père et je ne comprends pas pourquoi elle s'est offerte à moi. Elle n'avait aucune expérience et je me suis même surpris à être prévenant avec elle. J'avais si peur de la briser et pourtant je ne suis pas comme ça. J'y suis allé pour mon propre plaisir et pourtant je me suis occupé d'elle sans penser à moi. »
Son grand-père posa la main sur son épaule pour lui montrer qu'il était là.
« Tu connais le plus choquant grand-père ? »
Lucas hocha négativement la tête. Le plus choquant pour lui avait été de savoir qu'il y avait une vierge dans une maison close alors qu'est-ce qui pouvait encore être choquant.
« Je voyais mon assistante en elle. »
« Je ne comprends pas, Dominic. »
« Quand je posais mes mains sur elle, quand je caressais sa peau, quand je l'embrassais, c'était comme si j'étais face à mon AP et je ne comprends pas pourquoi. »
« As-tu déjà recruté une nouvelle assistante ? »
Lucas McCoy se préoccupait toujours du développement de son entreprise et pour cela, il aimait toujours en savoir plus sur le nouveau personnel.
« Elle a fait son test hier et elle va commencer aujourd'hui. »
« Pourquoi pensais-tu à elle alors ? »
« Je n'en ai aucune idée et c'est ce qui m'intrigue le plus. »
« Tu es un grand garçon responsable, Dominic et tu sais parfaitement qu'il ne faut pas mélanger le personnel au relationnel. Arrête de fantasmer sur ton AP parce qu'une relation entre vous n'est pas envisageable. »
« Je le sais parfaitement grand-père. Je dois y aller maintenant. »
Il marcha jusqu'à sa voiture et lorsqu'il entreprit d'entrer dans cette dernière, Lucas lui fit signe d'attendre.
« Carola m'a dit que tu ne prends pas ses appels. »
Dominic regretta la raison pour laquelle il s'était arrêté. Il aurait dû partir s'il avait su que c'était pour parler de cette fille, cette tarée qui méritait une place dans un centre psychiatrique.
« Pourquoi es-tu si dur avec elle ? »
« Et vous, pourquoi faites-vous semblant de ne pas voir qu'elle est folle ? Cette fille est tarée grand-père, elle doit être internée le plus vite possible. »
Lucas souffla ne sachant plus quoi faire. C'était la même histoire depuis toujours. Dominic qui n'aimait pas Carola accroire qu'il lui reprochait quelque chose.
« Fais l'effort de l'appeler, Dominic. »
« Je ne te ne promets rien grand-père. Vraiment rien. »
Pour rien au monde il ne pouvait prendre son propre téléphone pour composer son numéro. Il ne savait pas ce qu'elle faisait aux autres pour qu'ils ne puissent pas voir qui elle était réellement mais lui le savait. Elle était folle depuis très longtemps et avait besoin d'aide le plus vite possible.
Il était déjà tard lorsqu'il arriva à l'entreprise. C'était d'ailleurs la première fois qu'il accusait un tel retard et tout ça par la faute d'une femme qui lui avait retourné le cerveau. C'était l'une des raisons pour lesquelles il ne les aimait pas.
En longeant le couloir qui menait à son bureau, il dépassa le bureau de son assistante de quelques pas puis rentra sur ses pas. Il savait que c'était dangereux et surtout pour lui mais il fallait qu'il vérifie quelque chose. Il souffla un bon coup et alla jusqu'à sa porte.
Le souvenir de la poitrine nue de cette fille dans ses mains le foudroya. Il regarda sa poitrine emprisonner dans son chemisier et hocha négativement la tête pour se refuser de croire que ça pouvait être elle.
Tout s'était produit dans une lumière tamisée et pourtant il avait l'impression de reconnaitre sa peau laiteuse.
Il remonta le regard jusqu'à ses lèvres qui ne cessaient de bouger et qui ne cessaient d'être ornées d'un sourire joyeux. Ces lèvres qu'il croyait avoir déjà embrassé et pourtant ce n'était pas le cas.
Lorsqu'il se rendit compte que cette joie qui se manifestait par le sourire sur ses lèvres était dû à une personne à l'autre bout du fil, une colère noire naquit en lui et s'en alla très rapidement.
Une fois dans son bureau, il se permit de grogner, de soupirer afin de se libérer de tous ces sentiments aussi contradictoires les uns et que les autres qui prenaient forme en lui.
Tout allait bien dans sa vie jusqu'à ce qu'il ait l'idée de tester une maison close et comme si ça ne suffisait pas, une vierge lui fut attribuée.
Avait-elle eu mal après cette nuit ?
Voulait-elle le revoir ?
Voulait-elle que ce soit toujours lui ?
Toutes ces questions sans réponses le mettaient en rogne.