Chapitre 2
Le point de vue d'Anastasia
- Good morning Lester, ai-je chantonné une fois entrée dans la cuisine.
Aujourd'hui allait être une bonne journée, je pouvais le sentir. Je m'étais réveillée le matin paisiblement, avant même que mon réveil ne sonne. De quel autre signe avais-je besoin ?
- Il y en a une qui est heureuse ce matin, a-t-il dit en me regardant, as-tu finalement baisé ?
- Jésus, Lester, ai-je grondé timidement, comment la conversation a-t-elle basculé vers le sexe ?
- En bien, tu es si heureuse à.., il a vérifié sa montre, ...6n10, bien sûr, je vais penser que tu t'es réveillée avec un homme sexy à côté de toi dans ton lit.
- Sache qu'il y a d'autres raisons d'être heureuse au réveil, me suis-je défendue en me lavant les mains et en me mettant directement au travail.
- Vraiment ? a-t-il dit. Comme quoi?
- Comme mes voisins infâmes qui s'en vont pendant un certain temps pour que je n'aie pas à souffrir toute la nuit.
- Donc, tu n'as pas couché alors. Déception, j'étais sur le point de sabrer le champagne, a-t-il plaisanté.
- Tais-toi, ai-je ri en lui frappant le bras.
La pièce était emplie d'un silence confortable alors que nous nous concentrions tous les deux sur notre travail. Puis lentement, la cuisine s'est remplie avec les autres membres du personnel, et la pièce autrefois calme a été inondée par le bruit des gens qui se bousculaient et aboyaient des ordres.
Une fois que j'ai eu sorti le dernier ensemble de pâtisseries du four, j'étais tellement fatiguée que j'avais l'impression de m'évanouir. Le vendredi était l'un des jours les plus difficiles, ce qui signifiait plus de choses à cuisiner.
Je suis sortie de la cuisine et je suis allée au vestiaire pour me reposer un peu. Dès que je me suis assise, Drew s'est précipité avec un grand sourire sur son visage et des joues teintées qui ne signifiaient qu'une chose.
- Rowan est là, a-t-elle dit l'air amoureuse.
- Ne me dis pas que tu as toujours le béguin pour lui, comme toutes les autres employées, ai-je ri en roulant des yeux.
- C'est difficile de ne pas l'avoir, Ana, il est tellement beau, a-t-elle gémi, la vraie question est de savoir comment tu n'as pas le béguin pour lui ?
- Dégoûtant, ai-je dit, Rowan et moi ne sommes que des amis proches.
Et je le pensais. Oui, sans aucun doute, il était attirant. Il avait les yeux verts les plus frappants que j'avais jamais vus, avec des cheveux bruns ondulés. Sa taille associée à sa carrure sportive avait fait de lui le rêve de toute fille. J'avais rencontré Rowan lors de ma deuxième année d'université, quand il avait accidentellement renversé son café partout sur ma robe. Une façon merdique de commencer une amitié mais je ne l'échangerais pour rien au monde. Il était fondamentalement mon deuxième meilleur ami.
Je suis sortie des vestiaires et je l'ai vu flirter avec l'une des serveuses.
J'ai roulé des yeux. Très typique de lui de flirter avec n'importe qui en jupe.
- Hey Rowan, ai-je appelé.
Il s'est immédiatement tourné vers ma voix et ses yeux se sont remplis de la même joie que la mienne.
- Voilà mon soleil, a-t-il roucoulé en me donnant le câlin le plus chaleureux de la planète, tu m'as manqué.
- Tu m'as vu il y a deux jours, ai-je ri, le câlinant davantage.
- Ne suis-je pas autorisé à dire que ma fille préférée me manque ? a-t-il demandé en m'embrassant le front et en me libérant de l'étreinte.
- Bien sûr, tu l'es.
- Ce ne sera pas une visite si je ne rentre pas quelques cheveux sous ton chapeau, n'est-ce pas ?
Il a ri en joignant le geste à la parole.
- Je pensais que Lester avait dit que tu en aurais un plus gros.
- Je ne peux pas vraiment demander à Jackie, elle me déteste, tu te souviens ?
- En parlant de manageur qui te hait, elle marche droit vers nous, a déclaré Rowan en regardant quelqu'un au-dessus de ma tête.
- Est-ce qu'elle a l'air en colère ? ai-je demandé nerveusement.
- Quand n'est-elle pas en colère dans la même pièce que toi ? a-t-il plaisanté en plaçant ses mains sur mon épaule. Du calme Ana, je suis sûr que c'est l'un de ses moments négatifs habituels.
- Anastasia, s'il vous plaît, venez dans mon bureau.
Au moment où les mots ont quitté ses lèvres, j'ai senti mon cœur s'effondrer. Chaque fois que Jackie voulait me donner une remontrance, elle le faisait normalement dans les vestiaires ou la cuisine.
Jamais à son bureau.
Elle n'a pas attendu ma réponse et est allée directement à son bureau.
- J'ai peur Rowan.
- S'il se passe quelque chose, je serai là, d'accord ? m'a-t-il dit en me faisant un sourire rassurant.
- Mais s'il te plaît, peu importe ce que tu entends de l'autre côté de la porte, n'entre pas et ne me défends pas. Cela ne fera qu'empirer les choses. J'ai reçu ma juste part d'insultes de Jackie, donc je peux le supporter.
- Je ne pense pas que je puisse supporter d'entendre quelqu'un te dire des ordures et laisser tout cela se produire.
- Je sais, mais il faut essayer. Je ne veux pas perdre mon emploi parce que mon ami m'a défendu, d'accord ? Promets-moi que tu n'interviendras pas.
Il a soupiré :
- Je le promets.
Je lui ai souri avant de suivre les ordres de Jackie.
Quand je suis entrée, elle était assise derrière son bureau avec le pire renfrognement inscrit sur son visage.
- Laissez la porte ouverte, a-t-elle dit lorsque j'ai fait un geste pour la fermer, et s'il vous plaît, ne vous asseyez pas. Je veux que vous restiez debout pendant que je m'adresse à vous.
J'ai regardé en arrière, vers Rowan. Son regard inquiet correspondait au mien. Avec la porte ouverte, chaque client avait une vue dégagée sur le bureau.
- D'accord, Jackie.
- C'est Mme Adams pour vous, a-t-elle claqué.
- Désolée, Mme Adams.
- Savez-vous que vous êtes ma pire employée, Anastasia ? a-t-elle dit d'un ton assez fort pour que quelqu'un qui se tenait juste devant la porte l'entende.
- Non, ai-je stupidement répondu.
- En bien, maintenant vous le savez. Depuis que vous avez commencé à travailler ici, les problèmes s'enchainent, a-t-elle déclaré en claquant la main sur la table.
Si personne n'y avait jusqu'à maintenant prêté attention, c'était maintenant le cas.
- Je suis désolée...
- Taisez-vous. J'en ai fini avec vos excuses stupides et vos mensonges. Pensez-vous que je suis stupide Anastasia ?
- Non.
Des larmes ont commencé à se former dans mes yeux.
- Vous paradez autour du restaurant comme si vous possédiez l'endroit en vous vendant comme une salope bon marché.
- Excusez-moi ? ai-je dit, décontenancée.
Je savais que Jackie me détestait. Ce n'était pas un sentiment agréable, mais j'étais prête à vivre avec pour ma carrière. Mais me traiter de tels mots désobligeants était à un tout autre niveau. C'était une haine profonde et je pouvais la voir dans ses yeux.
- Vous pensez que je ne sais pas que vous baisez mon mari Anastasia, a-t-elle lâché avec un rire sans humour. Pourquoi sinon vous donnerait-il plus d'attention qu'il ne m'en a jamais accordé ? Je suis sûre que vous baisez aussi ses amis et tous les autres clients de cet endroit. Est-ce pour cela qu'ils reviennent sans cesse manger vos pâtisseries? Parce qu'ils savent qu'ils vont vous baiser après?
Les larmes coulaient sur mes joues comme une cascade. Les mots qui quittaient les lèvres de Jackie n'étaient que des mensonges et elle les disait assez fort pour que tout le monde les entende. Je n'avais pas besoin de regarder en arrière pour savoir que tous les yeux étaient sur nous, je pouvais les sentir sur mon dos. Je n'avais jamais été aussi humiliée de ma vie.
- Vous n'allez pas dire quelque chose ? Comme nier mes allégations ?
J'aurais aimé pouvoir dire quelque chose, mais ma gorge était tellement nouée par les émotions qui traversaient mon corps.
- Putain, je le savais.
- Qui diable pensez-vous que vous êtes ? ai-je entendu Rowan dire à côté de moi.
J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne l'avais pas vu entrer.
- Rowan, je t'ai dit de ne pas intervenir, ai-je dit en retrouvant finalement ma voix et en essuyant mes larmes.
- Tu t'attendais vraiment à ce que je la regarde te traiter de tels noms et ne rien faire ? Tu as de la chance que je ne sois pas venu immédiatement, a-t-il dit en lançant toujours des regards à Jackie.
- M. Rome, c'est entre mon employée et moi. Je dois vous demander de quitter mon bureau, a déclaré Jackie avec un faux sourire.
- Je ne vais nulle part. Vous n'avez pas le droit de lui parler comme ça. L'appeler une salope bon marché ? L'accuser de coucher avec votre mari ? Si vous avez peur qu'il soit infidèle, c'est à propos de vous et votre relation, laissez Ana en dehors de cela.
La voix de Rowan devenait de plus en plus grave, ce qui indiquait qu'il était sur le point de perdre la tête par colère. J'avais besoin de contrôler la situation.
- Rowan, je vais bien, je le promets, ai-je dit en lui tenant la main. Cela le calmait généralement dans des moments comme celui-ci.
Il m'a regardé et ses yeux sont devenus plus doux. La colère était toujours là mais c'était mieux qu'avant.
- Quoi qu'il en soit, assez de ce bavardage, a expiré Jackie. Revenons à la raison pour laquelle je vous ai appelée dans mon bureau. Vous êtes virée Miss Brown.
Mon souffle s'est arrêté.
- Qu'avez-vous dit ? ai-je réussi à articuler.
- J'ai dit que vous étiez virée Anastasia, que vous remballiez vous affaires et que vous ne montriez plus jamais votre visage dans ce restaurant, a-t-elle répété plus fermement cette fois.
C'était comme si mon monde s'écroulait sous mes yeux. Je sentais mes mains trembler. Quand elle a vu le regard d'horreur sur mon visage, un sourire sincère s'est formé sur le sien. Le premier vrai sourire que j'avais jamais vu sur elle.
- Vous la licenciez parce que vous êtes jalouse que votre mari l'aime plus qu'il ne vous aime ?
Rowan bouillonnait.
Pendant une seconde, la colère a brillé dans ses yeux, puis elle l'a dissimulée avec un autre de ses faux sourires.
- S'il vous plait, quittez mon bureau, certains d'entre nous ont des emplois à reprendre.
Le deuxième sens derrière ses mots n'est pas passé inaperçu.
Avec le peu de fierté qu'il me restait, je suis sortie de son bureau et je suis allée directement au vestiaire. Rowan me disait des choses, mais je ne pouvais distinguer aucun mot qui sortait de ses lèvres. Ma tête tournait et j'avais l'impression de pouvoir m'évanouir à tout moment. Dieu sait comment mes jambes bougeaient, parce que ce n'était pas moi qui les contrôlais.
Je suis entrée dans l'une des cabines et j'ai enfilé ma robe noire. Quand j'ai quitté la pièce, Rowan est immédiatement apparu.
- Ana, m'a-t-il arrêtée dans mon élan.
Je levai les yeux vers lui, hébétée. Il a enroulé un bras autour de moi et m'a conduite dehors.
Quand nous avons été cachés des regards indiscrets des autres, il a ouvert les bras. Je n'ai pas perdu une seconde avant de m'y blottir. J'ai finalement laissé ma deuxième vague de larmes s'échapper.
Je ne savais pas combien de temps j'avais pleuré, mais je savais que Rowan était là pour me dire à quel point j'étais incroyable, à quel point il détestait voir mes larmes et à quel point Jackie était une chienne.
- Je suis au chômage Rowan, ai-je dis contre sa poitrine, qu'est-ce que je vais faire ?
- Soleil, tu ne seras pas au chômage longtemps. Je suis sûr que nous te trouverons du travail en un rien de temps, a-t-il dit en m'embrassant le front.
- Mais je ne pense pas que les restaurants les plus populaires embauchent en ce moment, ai-je pleurniché en sentant les larmes revenir.
- Ne dis pas ça Ana, je vais m'assurer que tu trouves un bon travail. Et qui paie plus que celui-ci. Je le promets.
Je l'ai regardé avec des yeux pleins d'espoir. Rowan n'avait jamais rompu ses promesses envers moi, sauf environ 10 minutes auparavant, ce que je comprenais parfaitement.
- D'accord, ai-je murmuré.
- Tu ne prends pas le bus pour rentrer chez toi, je vais te conduire, a-t-il dit en ouvrant la porte de la Ferrari rouge sur laquelle nous nous reposions tous les deux.
- C'est ta voiture ? ai-je dit sous le choc. Je ne t'ai jamais vu avec cette voiture auparavant. Tu viens de l'acheter ?
- Ah oui, mon diable rouge. Je l'ai eu il y a trois jours, a-t-il répondu en gonflant sa poitrine avec fierté.
- Tu n'avais pas eu ta Mercedes blanche il y a seulement deux semaines ?
- Oui, mais là on parle d'une Ferrari, pas d'une Mercedes, chérie !
J'ai levé les yeux au ciel à sa réponse. Rowan était aussi riche que possible. Tout le monde connaissait la famille Rome. Ils étaient l'une des familles les plus riches, les plus puissantes et les plus influentes des États-Unis.
Il a doucement fermé la porte derrière moi avant de courir de l'autre côté et de s'asseoir dans le siège du conducteur. Rowan s'est assuré de faire des tonnes de blagues pendant le trajet pour me distraire, mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser au fait que j'étais une chômeuse de 25 ans.
- Mon soleil, je ne peux pas partir tant que je sais que tu n'es pas heureuse, a soupiré Rowan en se garant devant mon immeuble.
- Je ne pense pas que ce soit possible Rowan. Je suis désolée.
- Ne t'excuse pas Ana, a-t-il souri doucement, je comprends. Mais je te promets que je te trouverai un travail qui paiera plus que Le Festin.
- Merci beaucoup Rowan.
- Tu n'as pas à me remercier. Je serai toujours là pour toi, quoi qu'il arrive, m'a-t-il dit en me tapotant les joues.
Je pouvais voir pourquoi certaines personnes pouvaient penser que Rowan et moi étions ensemble à cause de la façon dont il me traitait. Mais c'était purement platonique et il le savait aussi.
- Je devrais y aller, je sais que tu dois retourner au travail.
- Donne-moi un câlin avant de partir.
J'ai fait exactement ce qu'il me demandait.
- Si tu as besoin de moi, je ne suis qu'à un appel Ana.
- Je sais, ai-je dit en me libérant de son étreinte et en sortant de la voiture.
Juste avant de fermer la porte, j'ai fait un dernier au revoir et je me suis dirigée vers mon immeuble.
Le trajet en ascenseur semblait beaucoup plus long que d'habitude. Peut-être parce que j'étais maintenant sans emploi. C'est ce qu'un emploi fait à quelqu'un. Cela déteint sur ses trajets en ascenseur.
Une fois entrée dans mon appartement, je me suis dirigée vers la salle de bain pour prendre le bain le plus long de la planète. Une fois que j'ai vu les rides se former sur mes doigts, j'ai su qu'il était temps de sortir. J'ai enfilé un short et un grand t-shirt Bob l'éponge avant de glisser sous mes couvertures.
Au moment où ma tête a touché l'oreiller, j'ai reçu un texto d'Amy me demandant comment s'était passée ma journée. D'un coup, tout m'est revenu en pleine figure. Je me sentais tellement impuissante. Pourquoi étais-je celle qui payait pour un mariage raté, et même pas le mien ? Je n'avais jamais fait d'avances à Matthew. Je ne pensais même pas qu'il m'aimait, de toute façon, jusqu'à ce que Jackie décharge tout ça sur moi. Pourquoi n'avais-je pas cru ce que tout le monde me disait ? J'étais
Tant de regrets ont assombri mon état d'esprit, qui n'ont fait que me faire pleurer plus fort.
Une autre notification de SMS est apparue, mais cette fois, elle provenait de Rowan.
Rowan: Salut mon soleil. Tu pleures probablement et j'aimerais être là pour te faire sentir mieux.
Perdre son emploi n'est pas la fin du monde. En ce moment, tu dois te sentir déprimée, mais crois-moi, je te trouverai un emploi dès que possible. Alors, nettoie ces larmes et mets un sourire sur ton visagen
Bonne nuit, je t'aime.
Ses paroles m'ont fait me sentir un peu mieux.
Moi : Merci Rowan. J'essaierai. Bonne nuit, je t'aime aussi <3
J'ai pensé à ce que Rowan disait et il avait raison. Ce n'était pas la fin du monde. De plus, pleurer ne résoudrait rien.
J'avais juste deux choses à faire demain : partir à la recherche d'un nouvel emploi et annoncer la nouvelle à Amy, sans qu'elle ne se fâche au point de réserver le premier vol de retour en Californie juste pour botter le cul de Jackie. Même si cela ne me dérangerait pas qu'elle le fasse, je ne voulais pas qu'elle subisse un stress à cause de moi.
Après m'être retournée longuement dans mon lit, je me suis finalement endormie.
Chapitre 3
Le point de vue d'Ana
- Alors, vous n'embauchez vraiment aucun chef en ce moment ? ai-je demandé à la fille à l'autre bout du téléphone pour la énième fois.
- Non, pas actuellement, répondit-elle avec un peu d'agacement, merci d'avoir appelé.
Le bruit de la coupure de ligne n'a fait qu'aggraver mon anxiété. Cela faisait trois jours que je m'étais fait virer. Trois jours entiers sans emploi. J'avais l'impression de perdre la tête. Quand j'avais annoncé la nouvelle à Amy, elle avait voulu prendre le prochain vol pour la Californie - comme prévu - mais après trente minutes de supplications, elle avait finalement accepté de rester chez elle. Elle m'avait également dit d'utiliser mes jours de chômage comme des mini-vacances. Selon elle, se réveiller à cinq heures du matin tous les jours était une torture et j'avais besoin de tout le repos que je pouvais obtenir avant de retomber dans la routine. Mais moi, j'aimais ma routine de travail. Oui, au début, ça avait été difficile, mais je m'y étais habituée et c'était devenue une partie de moi.
Sans surprise donc, je n'avais pas suivi ses conseils pour me reposer. Je cherchais un emploi tous les jours depuis l'incident. Je savais que Rowan m'avait dit de ne pas le faire et qu'il était déjà en train de finaliser ce « travail bien rémunéré » pour moi, mais je ne pouvais pas rester sans rien faire. Il avait été incroyable cependant. À venir tous les jours, s'assurer que je mangeais et juste me tenir compagnie.
Il venait de m'envoyer un texto pour me dire qu'il était en route pour mon appartement et qu'il avait d'excellentes nouvelles à me dire. Mais connaissant Rowan, il pourrait être heureux d'avoir trouvé un emploi pour moi comme d'avoir eu le meilleur sexe de sa vie. Je ne prenais aucun risque, alors j'allais continuer ma propre recherche d'emploi.
J'ai décidé de prendre une pause déjeuner, j'ai fait des sandwichs au beurre de cacahuète et à la gelée pour Rowan et moi. On a frappé à ma porte une fois que j'avais fini de préparer le dernier sandwich.
- Hé mon soleil, a souri Rowan quand j'ai ouvert la porte.
- Hey Rowan, ai-je souri en retour, en m'écartant et en le laissant entrer.
l a fait mine de renifler l'air :
- Est-ce que c'est des sandwichs au beurre de cacahuète et à la gelée que je sens ?
J'ai levé les yeux au ciel:
- Je jure que tu es à moitié marmotte. Pourquoi ton odorat est-il si bon ?
- Peut-être que c'est juste le tien qui est mauvais, a-t-il répondu en se dirigeant vers le comptoir de la cuisine où les deux sandwichs étaient disposés.
En quelques minutes, il a avalé son propre sandwich et a même pris une bouchée du mien.
- Rowan !
Je lui ai frappé le bras mais il m'a soufflé un baiser. Il a patiemment attendu que j'aie fini de manger avant d'évoquer le travail.
- Rappelle-toi, j'ai dit que je te trouverais un travail, a-t-il commencé avec l'excitation dansant dans ses yeux, un salaire plus élevé que Le Festin.
- Tu ne m'as pas donné l'occasion d'oublier, ai-je ri en essayant de cacher à quel point j'étais une épave nerveuse. Toutes mes tentatives pour trouver un nouvel emploi étaient des impasses. Rowan était mon seul espoir.
- En bien, je t'ai trouvé un travail qui paie probablement le double de ce que le restaurant te payait !
J'ai poussé un cri excité et je l'ai serré si fort que j'ai failli nous entraîner tous les deux sur le sol.
- Oh mon Dieu ! Rowan ! Es-tu sérieux?
Mon coeur battait si vite d'excitation que je pensais qu'il allait me sortir de la poitrine.
J'avais un emploi. Pendant les trois jours que j'avais passé sans emploi, je savais que cette vie n'était pas pour moi. Je n'avais plus besoin de m'inquiéter de toute façon parce que Rowan, que j'aimais tant, m'avait trouvé un emploi.
- Oui, petite fille, a-t-il dit en m'embrassant le front.
Je ne pouvais pas contenir mon excitation à ce stade. Je souriais si fort que j'avais mal aux joues.
- Alors, quel restaurant est-ce ?
Son sourire a faibli un peu à ma question, ce qui a poussé le mien à faire de même.
- Tu vois, c'est ça le truc mon soleil...a-t-il soupiré. Tu ne travailleras pas dans un restaurant.
Quoi ?
- Une boulangerie alors ?
- Non, a-t-il répondu en se grattant nerveusement la nuque.
- Un chef privé ?
- Non.
- Où travaillerai-je alors ? ai-je demandé avec une véritable curiosité.
- Dans une maison, mais en tant que nounou.
Des rires ont empli la pièce au moment où le mot nounou quittait ses lèvres ; mon rire. Cela devait être une farce. Ça ressemblait bien à Rowan de choisir un sujet aussi délicat comme sujet de farce.
Quand il ne s'est pas joint à mon rire, je me suis inquiétée. Le sérieux de son visage n'a rien fait pour me rassurer.
- Attends, tu es sérieux?
- Oui Ana, je le suis.
- Je pense que je dois m'asseoir.
Les pieds chancelants, j'ai réussi à aller dans mon salon.
- Allez mon soleil, ce n'est pas un mauvais travail.
- Je sais Rowan. Et je suis tellement reconnaissante que tu l'aies trouvé pour moi, ai-je dit avec tant de sincérité, mais je ne pense pas que je serai capable de l'accepter.
- Quoi? Pourquoi ? Ils sont prêts à payer vingt mille dollars chaque mois.
Mes yeux se sont écarquillés comme des soucoupes. Est-ce qu'il venait de dire vingt mille?!
- Quoi?! Vingt mille dollars pour être une nounou ? Cela semble trop beau pour être vrai, me suis-je moquée.
- Pourtant c'est vrai. Tu connais mon cousin Mateo...
Je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui ne connaissait pas Mateo Rome. L'un des plus jeunes milliardaires des Etats-Unis. Il avait lancé sa propre agence immobilière et de construction des années plus tôt, ce qui s'était avéré être un succès. Pour couronner le tout, lorsque son père avait pris sa retraite, il avait repris son entreprise qui possédait une chaine d'hôtels et de clubs cinq étoiles. Dieu seul savait comment il jonglait avec tout ce travail, mais c'était un homme d'affaires incroyable. Sans parler d'un sex-symbol. Je n'avais vu que quelques photos de lui sur les couvertures de magazines, mais l'homme avait les yeux gris les plus frappants que j'avais jamais vus. Tout en lui criait la perfection.
-...Tu sais qu'il a une tille de cinq ans qui représente le monde pour lui. Leur nounou a récemment démissionné parce que sa propre fille vient d'accoucher et qu'elle a besoin d'être là pour elle et le bébé. Pour faire court Ana, il a besoin d'une nounou et tu seras parfaite pour ce travail.
- Rowan, la seule fois où je me suis occupée d'enfants, c'était à l'école secondaire. Du baby-sitting parce que j'avais besoin d'argent. Je ne suis pas formée pour m'occuper des enfants. »
- Tu n'as pas besoin d'être formée, c'est naturel chez toi. Tu te souviens d'Emily de l'université ?
Elle avait un fils d'un an et tu prenais soin de lui la moitié du temps, juste pour qu'Emily puisse avoir assez de temps pour étudier.
Je savais qu'il avait raison. J'adorais les enfants et oui, je savais naturellement comment prendre soin d'eux. En partie parce qu'en grandissant, mes tantes et mes oncles me rendaient visite et restaient même des mois avec leurs enfants. J'étais beaucoup plus âgée qu'eux, alors j'aidais quand il s'agissait de prendre soin d'eux.
- Mais la pâtisserie, c'est ça que je fais. C'est tout ce que je fais depuis deux ans maintenant.
J'avais l'habitude de cuisiner. C'est et ce sera toujours ma zone de confort. Chaque fois que j'étais triste ou en colère, je cuisinais et cela m'aidait beaucoup.
- Et c'est pourquoi ce travail est parfait pour vous. J'ai parlé à Mateo et il m'a dit que vous pouviez cuisiner quand vous vouliez. De plus, sa petite fille adore les pâtisseries, m'a-t-il dit en me lançant des yeux pleins d'espoir.
Ses paroles m'ont rendue un peu plus détendue. Lorsque vous aimez quelque chose, peu importe la condition dans laquelle vous le faites, tant que vous le faites. Si je pouvais être nounou et être capable de cuisiner, je serais d'accord avec ça.
- Vraiment, elle adore ça ? ai-je souri. Comment s'appelle-t-elle?
- Olivia. C'est la fille la plus mignonne que j'ai jamais vue. Douce et respectueuse aussi. Mateo a vraiment fait du bon travail avec elle.
- Je suis sûre que sa mère y est pour quelque chose.
- Sa mère est morte pendant l'accouchement. Donc, c'est seulement Mateo depuis.
J'ai immédiatement regretté ma remarque.
- Ne fais pas cette tête, a-t-il répondu en me poussant avec espièglerie, tu ne savais pas.
- Pourtant, je suis désolée d'en avoir parlé.
- C'est cool.
La chambre est restée calme pendant un moment.
- An, avant que j'oublie. Il y a encore une chose que tu dois savoir sur ce travail.
Je savais que c'était trop beau pour être vrai. Il y avait toujours un « mais ». La vie n'était pas arc-en-ciel et licornes.
- Et qu'est-ce que c'est ? ai-je soupiré en massant ma tempe. Je n'avais même pas commencé à travailler là-bas et javais déjà mal à la tête.
- Il faut vivre sur place.
J'ai presque pensé que c'était une blague, mais d'après mon expérience la dernière fois, je savais qu'il était sérieux à ce sujet aussi.
- Je dois vivre là-bas ? Comme dans la maison de Mateo ?
- Oui mon soleil. Ce n'est pas du baby-sitting comme au lycée. Tu vas être une nounou à temps plein. Quand Olivia se réveille d'un cauchemar ou quelque chose du genre, tu dois être là pour améliorer les choses au cas où Mateo serait au travail. C'est un bourreau de travail.
- Jésus, Rowan, c'est beaucoup pour moi. Ne peut-il pas faire une exception ? Je serai là très tôt el partirai tard aussi. Cela ne me dérange pas, ai-je essayé d'argumenter, même si c'était avec la mauvaise personne. Je savais que si je voulais ce changement, je devrais parler avec Mateo lui-même.
- J'ai essayé de le convaincre parce que je savais que ce serait ton plus grand défi, mais il ne changera pas d'avis. Il est important que la nounou soit disponible à tout moment pour sa fille, m'a-t-il lancé avec un regard d'excuse.
- Maintenant, cela ne fait qu'empirer les choses, ai-je gémi en fermant les yeux et en posant ma tête en arrière sur le canapé.
- Si le problème est de rester dans la même maison qu'un autre homme, tu sauras à peine qu'il est là. Il travaille toujours, soit à son bureau à domicile, soit au bureau de l'entreprise. Crois-moi, je connais Mateo. Il ne fait que garder assez de temps pour Olivia. Tu le verras à peine.
Je ne pouvais pas mentir, entendre cela m'avait fait me sentir beaucoup mieux. Je n'avais jamais vécu dans la même maison qu'un homme qui ne faisait pas partie de ma famille. Ne pas le voir me calmerait un peu.
- Qu'en dis-tu ? Vas-tu accepter ce travail alors ? a-t-il demandé après quelques secondes.
- Peut-être ? Je ne sais pas encore. Je dois encore y réfléchir.
- En bien, tu dois te décider le plus tôt possible parce que Mateo déteste qu'Olivia n'ait pas de nounou. Sa sœur l'a aidé, mais elle prend l'avion pour le travail dans quelques jours. De plus, c'est une bonne offre. Être une nounou pour vingt mille dollars mensuels ?! Je ne veux tout simplement pas que tu manques cette opportunité simplement parce que tu as trop peur de sortir de ta zone de confort.
Il avait raison. L'occasion était grande. Le salaire était quatre fois plus élevé que Le Festin et je pouvais encore cuisiner. Mais quand même, j'avais besoin d'une bonne nuit de réflexion, juste pour m'assurer que je prenais la bonne décision.
- Puis-je te donner la réponse demain ?
- Bien sûr, a-t-il dit en vérifiant sa montre, je dois y aller maintenant. Si quelque chose arrive, appelle-moi, okay?
J'ai hoché la tête en réponse.
Au moment où j'ai vu Rowan sortir de l'immeuble, j'ai passé un appel vidéo avec Amy et je lui ai dit la nouvelle douce-amère.
- Je pense que tu devrais prendre le travail Ana. Je veux dire vingt mille ! Ouf ! C'est à peine croyable. Et je sais que tu es sceptique quant à toute la situation de vivre avec lui, mais allez, cette maison va être énorme et Rowan l'a dit lui-même, le mec est toujours occupé.
- Je sais...mais je ne peux pas me précipiter aussi vite dans un nouvel emploi !
Même moi je savais que je donnais des excuses stupides. J'avais failli devenir folle de ne pas avoir de travail pendant trois jours.
- Dit la fille qui, au lieu de prendre congé comme je l'ai suggéré, était occupée à chercher du travail.
- Très bien, ai-je soupiré, mais je dois encore y réfléchir.
- D'accord, mais je dois y aller, ma pause déjeuner est terminée.
Nous avons fait nos adieux et mis fin à l'appel. N'ayant rien à faire pour le reste de la journée, j'ai commencé à regarder des rediffusions de The Big Bang Theory. J'ai fait de mon mieux pour ne pas penser à cette histoire de travail, et éviter de perdre la tête.
Quand il a été temps d'aller au lit, je me suis mise sous les couvertures, prête à dormir. Juste au moment où je commençais à m'endormir, j'ai entendu du bruit de l'autre côté du mur. Les voix qui ont suivi ont confirmé mes soupçons. Les voisins étaient de retour de leurs vacances pas assez longues.
Pendant un moment, il y a eu un pur silence, me faisant sourire et fermer les yeux. Mais la seconde suivante, mon appartement était rempli de metal musique forte. Avec une colère fraîche qui couvait en moi, j'ai pris mon téléphone et ouvert mon journal des messages avec Rowan.
Moi : J'y ai beaucoup réfléchi et je vais prendre le travail.
Presque immédiatement, il a répondu.
Rowan : C'était plus rapide que prévu, mais tu ne le regretteras pas te
Il n'avait pas besoin de me le dire. S'éloigner le plus possible de ces voisins ressemblait plus à une bénédiction. J'ai laissé tomber mon téléphone sur ma table de chevet et j'ai fait de mon mieux pour dormir. J'insiste sur « fait de mon mieux ». Il était trois heures du matin quand ils ont décidé qu'ils en avaient assez de la musique pour la nuit. Finalement, j'ai réussi à dormir.