Chapitre 3

Avant d'entrer dans le bureau d'Hugo, j'ai hésité un instant.

Ce n'était pas de l'indécision, mais je ne savais pas comment le convaincre de signer sans prise de tête. Après la réorganisation des ressources humaines de l'entreprise, même moi, fondatrice de la ferme, j'avais dû signer un contrat de travail.

De plus, le poste de directeur du design était tout de même sensible, et les affaires de ma famille étaient liées à ce secteur. Si je ne démissionnais pas selon les règles, je risquerais d'avoir des ennuis en retournant à Paris.

J'ai poussé la porte et, avant même de prononcer les mots que j'avais préparés, j'ai vu Yveline Huet assise en face d'Hugo. J'ai compris alors pourquoi son poste de travail devant la porte était vide ; elle s'était déjà installée ici.

Yveline m'a vue en premier et, avec une familiarité excessive, elle a tapoté affectueusement la tête d'Hugo en l'interpelant d'une voix douce : « Hugo ! »

Hugo a répondu avec tendresse, « Ça suffit, arrête ton jeu, laisse-moi finir ce contrat. »

« Mais je ne joue pas là… », a répondu Yveline. Elle m'a lancé un regard provocateur avant d'ajouter gentiment, « C'est Iris qui est là. »

Hugo s'est reculé brusquement, mettant de la distance entre eux, et m'a regardée, l'air perturbé. Nos regards se sont croisés.

J'ai ignoré la sensation désagréable dans ma poitrine et j'ai dit calmement : « Hugo, j'ai un document à te faire signer. » Je lui ai tendu le dossier.

Voyant que je ne pointais pas du doigt leur complicité, il a soupiré légèrement, soulagé, et a hoché la tête, « Pas de souci. »

« Hugo, je vous laisse travailler, à toute », a dit Yveline en se levant.

Au moment où Hugo ouvrait le dossier, et j'allais lui donner l'explication que j'avais préparée, Yveline s'est tordu soudain la cheville. Elle s'est écriée, « Aïe ! J'ai mal ! »

« Yveline ! » s'est exclamé Hugo, qui s'est levé d'un bond, prêt à se précipiter vers elle.

Je l'ai arrêté en disant, « Attends, signe d'abord, ça ne te prendra que quelques secondes. »

Il a froncé les sourcils. « Iris Girard, depuis quand es-tu devenue si insensible ? Ce document est-il vraiment si important ? »

« Ah, Hugo… » Yveline était accroupie par terre, pleurant en se tenant la cheville.

Hugo n'avait d'yeux que pour elle et ne voulait pas perdre davantage de temps avec moi. Sans même regarder de quel document il s'agissait, il a signé rapidement à l'endroit que je lui indiquais.

C'était exactement ce que je voulais. Je souhaitais juste finaliser ma démission et quitter cette ville, pour retrouver ma vie d'avant.

Hugo a porté Yveline jusqu'au canapé, puis lui a tenu la cheville pour l'examiner. « Ça va, ce n'est pas enflé, mais si tu as vraiment très mal, je t'emmènerai quand même à l'hôpital. »

« Ce n'est pas si grave… », a dit Yveline, retirant timidement son pied et me jetant un coup d'œil.

J'ai quitté la pièce sans montrer la moindre colère.

Alors que j'allais monter en voiture, Hugo m'a rattrapée. « Iris, ne te méprends pas, il n'y a rien entre elle et moi. Je m'occupe d'elle juste parce que nous avons grandi ensemble. »

« D'accord », ai-je répondu calmement, regardant sa main qui tenait la portière, lui faisant signe de la lâcher. « J'ai des choses à faire. »

Il a semblé surpris un instant. « Tu n'es pas en colère ? »

J'ai souri. « Pourquoi le serais-je ? »

« Avant, tu te serais fâchée si j'avais fait des choses pareilles… »

« Mais tu l'as fait quand même, non ? Sachant que cela pourrait m'énerver. »

J'ai levé les yeux et j'ai vu la panique dans son regard, disant : « Enfin, c'était juste une blague. Tu reviens dîner à la maison ce soir ? »

« Je… », a-t-il dit, cachant son malaise. Puis, il m'a pris la main. « J'ai un dîner d'affaires ce soir, mais je rentrerai après. C'est promis. »

J'avais envie de rire, mais je n'y parvenais pas.

C'était comme si même son retour à la maison était devenu une faveur. Ne le croyant pas, j'ai dîné à l'extérieur, toute seule, avant de rentrer juste pour continuer à préparer ma valise. C'était à ce moment-là que j'ai réalisé que, lorsqu'une déception est devenue trop grande, il n'y a plus de place pour le moindre espoir.

Je m'appliquais à effacer toute trace de mon vécu dans cette maison. J'ai même trié à la place d'Hugo, en ne jetant que quelques objets que j'avais achetés pour nous deux : des brosses à dents, des verres, des pantoufles, des sous-vêtements…

Alors que je n'avais pas encore fini, prenant une pause, j'ai reçu un message d'Yveline sur WhatsApp.

« Iris, regarde, après toutes ces années, Hugo se souvient encore que mes fleurs préférées sont les roses claires. Il est encore plus attentionné qu'avant. »

« Merci de l'avoir si bien éduqué POUR MOI. »

« C'est tellement agréable de profiter de l'ombre d'un arbre planté par quelqu'un d'autre. »

Elle joignait une photo de la Porsche que j'avais choisie pour Hugo, le coffre duquel étant rempli de fleurs et décoré de guirlandes lumineuses.

À cet instant précis, j'ai compris clairement que tout l'amour que j'avais reçu ces dernières années appartenait, de fait, entièrement à quelqu'un d'autre.

Chapitre 4

Hugo n'avait pas tenu sa promesse.

Il n'était pas rentré à la maison. Pendant plusieurs jours, il n'était pas revenu une seule fois. C'était en parlant avec Marie au téléphone que j'ai appris qu'il était de nouveau en déplacement, encore une fois avec, bien évidemment, Yveline.

Cependant, il y avait un bon côté ; cela me laissait plus de temps pour ranger mes affaires. Il ne restait plus que sept jours sur le calendrier, avant mon départ définitivement pour Paris.

Alors que je préparais mes bagages pour rentrer chez mes parents dans la Capitale, Marie m'a appelée.

« Iris, tu as dû te tromper dans l'adresse pour la livraison d'un colis. »

« Quoi ? Quel colis ? »

« Pas n'importe quel colis ! Il s'agissait de ta robe de mariée ! Celle de ton mariage avec Hugo, elle a été livrée au bureau. C'est toi la destinataire. Hugo a vraiment fait des folies, une robe sur mesure de chez AND, ça doit coûter une fortune, voire des centaines de milliers d'euros ! Il a dû vider ses économies, vous allez vivre de quoi après le mariage ? »

Je me suis précipitée au bureau et, en ouvrant le colis, j'étais stupéfaite. La taille correspondait bien à la mienne. Mais…

Cela ne ressemblait pas à Hugo. Ces dernières années, l'entreprise avait bien marché, mais pas au point de dépenser autant pour une robe de mariée. Et de toute façon, il n'avait probablement jamais envisagé de m'épouser.

Alors que je me posais des questions, ma mère m'a appelée.

« Ma chérie, tu as reçu la robe de mariée ? Les Chevalier sont tellement contents de votre mariage, ton fiancé Simon Chevalier aussi, il y a accordé beaucoup d'attention. Dès que je leur ai dit que tu rentrais dans deux semaines, ils se sont mis avec empressement dans la préparation. »

« Ils ont même envoyé la robe pour que tu l'essaies ! Pour voir si elle te plaît ! »

Au téléphone, ma mère était ravie, visiblement satisfaite de l'attention que me portait la famille Chevalier.

Je me massais les tempes. « Maman, c'est toi qui leur as donné l'adresse ? »

« Oui ! Tu n'as pas changé de travail, non ? »

« Non… »

Je répondais avec un ton résigné : « Je vais t'envoyer une nouvelle adresse. Si vous avez d'autres choses à m'envoyer, envoyez-les à cette adresse. »

« D'accord, d'accord », répondait ma mère, ravie. « Au fait, ta future belle-mère Mme Chevalier a demandé si tu avais des exigences particulières pour le mariage ? Elle va tout organiser pour toi. »

« Je n'ai pas d'exigences particulières. Organisez le mariage comme vous le souhaitez. »

« Un mariage ? »

La voix d'Hugo résonnait soudain derrière moi. « Quel mariage ? »

Mon cœur faisait un bond, et je raccrochais précipitamment. « Tu es déjà rentré de ton déplacement ? »

« Oui », répondait-il, évitant mon regard, cachant mal son air coupable. Ses yeux se posaient sur la robe de mariée sur le canapé, et il fronçait les sourcils. « Iris, je t'ai dit que je n'avais pas la tête à me marier en ce moment. Tu ne vas pas me forcer, quand même ? »

Je le fixais un moment, puis disais soudain, « Qui a dit que le marié, c'était toi ? »

« Que veux-tu dire ? »

« Rien. »

Je haussais les épaules et allais remettre la robe dans sa boîte, me préparant pour partir.

Hugo me retenait par le bras, adoucissant la voix. « Tu es fâchée ? Allez, je suis désolé, j'étais juste fatigué par le déplacement. Pardonne-moi, s'il te plaît ? »

« Ok. » Je répondais sans hésiter. Même sans réfléchir.

Ne croyant pas à ses oreilles, il semblait encore inquiet. « Vraiment ? »

« Ben oui, vraiment. »

« Alors, on peut garder cette robe pour l'instant ? » demandais-je en levant un sourcil.

Hugo hésitait, puis il disait : « Iris, laisse-moi encore un peu de temps. Je te promets que je t'épouserai. »

Il avait l'air de craindre que je ne le presse pour qu'on se marie. Je ne pouvais m'empêcher de sourire légèrement. « Tu te fais des idées. Tu n'as pas entendu ma conversation en entière, n'est-ce-pas ? C'est pour le mariage de mon amie de fac. Elle s'est trompée de l'adresse pour la livraison de sa robe. »

Il poussait un long soupir de soulagement et me pinçait doucement la joue. « Tu m'as fait peur, et tu l'as fait exprès, hein ? »

« Pense ce que tu veux. »

Il connaissait chacune de mes amies de fac.

Mais s'il avait encore un peu de place dans son cœur pour moi, il se souviendrait que mes amies étaient déjà mariées, toutes. Chaque fois qu'il y avait un mariage, c'était lui qui m'accompagnait. À cette époque, il ne cessait de planifier notre avenir, et chaque mariage auquel nous assistions le rendait particulièrement ému.

Nous avions convenu de nous marier dès que l'entreprise serait sur les bons rails. Mais trois ans s'étaient écoulés, et il n'en parlait toujours pas. Pendant un temps, je me demandais même s'il n'avait pas juste peur de l'engagement.

Maintenant, j'ai tout compris. Ce n'était pas qu'il ne voulait pas se marier, c'était juste qu'il ne voulait pas se marier avec MOI.

Marie entrait dans le bureau, l'air de quelqu'un qui en avait marre des démonstrations d'affection ; mais elle s'est trompée sur ce qui s'était passé dans le bureau. Ignorant notre petite prise de tête, elle nous demandait, « Je ne veux pas vous déranger, mais Hugo, tu dois assister à l'entretien pour le poste de directeur du Département de design. »

« Directeur du design ? » Hugo semblait perplexe et se tournait vers moi. « Tu as trop de travail, et tu as besoin d'aide ? »

« Non », répondais-je en secouant la tête. « Hugo, j'ai démissionné. »

Il fronçait les sourcils, l'air fort contrarié. « Tu as démissionné ? Pourquoi ne m'as-tu pas consulté ? Iris, tu sais à quel point le poste de directeur du design est crucial, surtout en cette période de levée de fonds, tu nous imposes un changement sur un tel poste ? Tu as pensé à l'impact que cela aurait ? »

Je réalisais soudain que je ne le connaissais peut-être pas vraiment, cette personne devant moi. Je levais les yeux vers lui. « Et alors ? Que comptes-tu faire ? »

« Sans ma signature, ta démission n'est pas effective », disait-il en soupirant. « Tu n'es plus une enfant, ne fais pas de caprices. Sois responsable et reviens travailler demain. »

« Hugo », disais-je en souriant légèrement, « tu l'as déjà signée, ma démission. »

« Si tu ne me crois pas, demande à Marie. Elle a une copie. »

Sur ces mots, je partais avec la robe de mariée.

Chapitre 5

« Iris, on dirait que tu as vraiment hâte de te marier hein ? »

« Tu crois que c'est en achetant une robe de mariée que tu peux lui forcer la main ? »

« Il m'a déjà promis de m'épouser, il y a très longtemps, bien avant toi ! Il ne faut pas te leurrer. »

En chemin, je lisais les messages de Yveline sur WhatsApp, épuisée par les émotions. Toute la soirée, y compris une bonne partie de la nuit, j'avais conduit dans les rues de Toulouse, jusqu'au petit matin, transie par le vent froid de cette nuit d'automne, avant de rentrer à la maison.

À ma grande surprise, lorsque je suis rentrée, toutes les lumières à la maison étaient allumées. Hugo s'est levé du canapé et est venu vers moi. « Pourquoi rentres-tu si tard ? »

« Je suis allée faire un tour. »

Je voulais profiter une dernière fois de cette ville dans laquelle j'avais vécu tant d'années avant de partir.

Il a hoché la tête et a essayé de me prendre dans ses bras, mais j'ai reculé instinctivement. Il a froncé légèrement les sourcils. « Tu es encore fâchée ? »

Puis il s'est excusé, « C'est moi qui ai été trop dur ce matin. Si tu ne veux pas aller travailler, ne te force pas, d'accord ? »

« Tant que tu es heureuse, c'est tout ce qui compte. »

J'ai esquissé un sourire ironique, mais je ne voulais pas envenimer les choses. « D'accord. Dans quelques jours, c'est ton anniversaire, tu as prévu quelque chose ? »

Ce matin, en regardant le calendrier, j'avais réalisé que la veille de mon départ tombait le jour de son anniversaire, qui était aussi notre anniversaire de couple.

« Je veux le passer à la maison avec toi, évidemment. »

Hugo m'a prise prudemment dans ses bras, et comme je ne le repoussais pas cette fois, il semblait rassuré et m'a serrée contre lui. « Iris, j'ai l'impression que tu as changé ces derniers temps. »

« Tu te fais des idées. » Je me suis éloignée doucement de lui. « J'ai un peu froid, je vais prendre une douche. »

Si c'était avant, il aurait déjà remarqué que j'étais engourdie de froid. Je ne savais pas qui de nous deux avait le plus changé.

« Au fait, où sont passés ma brosse à dents et mon gobelet ? » a demandé soudain Hugo derrière moi.

J'ai baissé les yeux. Dans cette maison, il n'y avait pas que ces deux objets qui avaient disparu. Mais son esprit était déjà ailleurs. Il était normal qu'il ne remarque pas l'absence de mes affaires à moi.

J'ai répondu distraitement : « Il faut changer régulièrement les produits d'hygiène. Tu en as des nouveaux dans l'armoire de la salle de bain. »

Je suis allée dans la salle de bain pour prendre une douche. Mon téléphone sonnait sans arrêt sur le lit. En sortant, j'ai vu que c'étaient encore des messages d'Yveline. En fin d'après-midi, elle m'avait envoyé des messages provocants, mais je n'avais pas envie de répondre.

Cependant, elle ne semblait pas vouloir me lâcher. Elle m'envoyait message après message. Voyant que je ne réagissais pas, elle m'a envoyé plusieurs captures d'écran de ses conversations avec Hugo.

Les messages dataient de plus d'un an, certains même de deux ans. La plupart du temps, c'était Hugo qui exprimait ses sentiments en monologue, sans réponse d'Yveline.

« Yvie, j'ai suivi ton conseil et je suis en couple maintenant. Elle est très bien, son sourire me rappelle le tien. »

« Yvie, chaque fois que je suis avec elle, j'ai l'impression de revenir à l'époque où nous étions inséparables. »

« Yvie, comment vas-tu ces temps-ci ? J'ai rêvé de toi hier soir, tu me manques. »

« Yvie, je vais peut-être me marier. Après tout ce qu'elle a fait pour moi, je ne peux pas la trahir. »

« Elle m'a soutenu pendant toutes ces années, grâce à elle, j'ai réussi ma carrière et pu acheter une voiture et deux appartements à Toulouse… »

Après ce message, Yveline avait soudainement commencé à répondre. En apprenant qu'il avait acheté deux appartements au centre-ville, dont un grand duplex en cours de rénovation, et là, ils retombaient amoureux. Ils partageaient sans cesse des moments de leur quotidien.

Un jour, sachant qu'il avait trop bu lors de son dîner d'affaire la veille, je lui avais préparé une soupe de légumes le lendemain matin. Et il avait envoyé une photo à Yveline. « J'ai eu de la soupe ce matin, et toi ? »

Quand mon citronnier donnait des fruits, il le montrait immédiatement à Yveline. « Regarde, c'est impressionnant, non ? Quand ils seront mûrs, je t'apporterai le plus gros au bureau pour ton eau. »

Mes mains tremblaient en tenant le téléphone.

Savoir qu'il me considérait comme un substitut et voir concrètement ces conversations étaient deux choses bien différentes.

Malgré la douche chaude que je venais de prendre, j'avais froid jusqu'aux os. Je ne pouvais m'empêcher de rire, mais ce rire s'est transformé bientôt en larmes. Ce n'était pas la trahison qui me faisait pleurer, mais la prise de conscience que moi, Iris Girard, fière comme je l'étais, avais été manipulée pendant toutes ces années ! Les moments que je croyais uniques, intimes et précieux étaient partagés avec une autre !

J'ai retenu mes larmes et j'ai répondu, feignant l'insolence, « Si tu n'as rien à faire la nuit, va à la boîte pour pécho des mecs. »

Elle a répondu immédiatement, « Iris, ne fais pas ton air hautain ! Même si tu ne pars pas, Hugo m'épousera. Je sais que l'entreprise est sur le point d'entrer en bourse, et tu ne veux pas lâcher prise. Par égard pour ton aide pendant la création de l'entreprise, sois raisonnable, allez, je demanderai à Hugo de te donner dix mille euros pour votre rupture. »

« Après tout, après Hugo, tu ne trouveras personne d'aussi riche. »

Dix mille euros. Je me demandais si cela suffirait pour une table au banquet de mariage des Chevalier.

Alors que je finissais de lire le message, la porte de ma chambre s'est ouverte brusquement. « Iris, pourquoi as-tu mis en vente la montre que je t'ai offerte sur Vinted ? »

Quelqu’un qui t’aime comme au premier jour

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