Chapitre 4

Léa n’a pas répliqué, elle a regardé la marque sur son annulaire qui ne disparaissait pas.

« Cette marque est vraiment moche, j’aurais dû l’enlever plus tôt. »

Manon a compris par ses mots que, cette fois, Léa avait vraiment décidé de divorcer.

Bien qu’elle ne puisse pas en être sûre à cent pour cent, au moins cette fois son attitude était plus déterminée que toutes les fois précédentes, et elle n’avait plus besoin de se moquer de Léa, mais elle n’a pas pu s’empêcher.

« Le prix de ton amour ne vaut pas un de mes grands repas. »

Léa restait coite.

« Alors allons-y, je t’invite justement à un grand repas. »

Manon n’a pas bougé, elle a levé les sourcils en la regardant.

« Mon temps est précieux, dis-moi clairement pourquoi tu m’as cherchée, pour que je sache si tu vaux que je passe du temps à manger avec toi. »

Léa : « … »

Elle est restée silencieuse quelques secondes.

« La thèse que j’avais arrêtée, je me prépare à la reprendre, j’ai besoin d’utiliser ton laboratoire pour faire des tests. »

Le secteur avait changé trop vite, il fallait donc faire beaucoup de modifications.

Léa n’a pas osé le dire directement au téléphone, elle avait mauvaise conscience.

Avec le caractère de Manon, elle l’aurait sûrement grondée, elle aurait demander pourquoi elle n’avait pas fait ça plus tôt, si elle n’était pas mariée, elle aurait pu publier sa thèse il y a des années.

Effectivement, Manon l’a regardée, curieuse.

« C’est une lubie ? »

Léa a répondu : « Je suis sérieuse. »

Manon l’a scrutée.

Elle était toujours dans le secteur, récemment la recherche de Baptiste à l’Université de Clairmont avait attiré beaucoup d’attention des grandes entreprises technologiques.

Toutefois, personne ne savait que la question clé sur laquelle il travaillait, Léa l’avait déjà résolue il y a trois ans.

Et le modèle complet de langage Lugi-X était conservé dans sa société.

Léa, en tant que seule développeuse du modèle Lugi-X, avait résolu tellement de difficultés, sachant que n’importe laquelle pouvait entraver la recherche d’un laboratoire en entier, elle était assurément le plus grand génie que Manon n’ait jamais rencontré.

Mais ce génie avait la tête dans les nuages à cause de l’amour. Elle s’était mariée, et maintenant elle travaillait comme secrétaire à servir du thé.

Léa n’avait pas continué à approfondir dans le secteur, gaspillant son talent, ce que Manon ne pouvait pas comprendre.

« Tu as arrêté pendant trois ans, es-tu sûre que ta thèse a encore de la valeur ? »

Léa a répliqué : « Je vais faire quelques changements, quand notre professeure sera disponible, je confirmerai avec elle l’orientation de la recherche ; et si elle accepte, je continuerai. »

À condition que sa professeure veuille bien la voir.

Manon a dit : « Alors tu vas devoir attendre longtemps, notre professeure est dévouée à la science, et elle travaillait pour le pays, elle n’a pas de temps pour l’instant. »

Léa a répondu : « Je peux attendre patiemment. »

Elle ne s’accrochait plus à ce que Mathis l’aime, elle ne manquait pas de temps.

Manon voulait encore parler, mais elle savait bien que même si Léa n’était pas dans le secteur depuis des années, pour ce qu’elle voulait étudier, ses compétences ne pouvaient pas l’aider.

Le monde des génies était naturellement étrange.

Manon n’a plus insisté : « Ce repas, je peux le prendre avec toi. »

Manon avait la bouche dure mais un cœur tendre, elle faisait semblant de rechigner, sinon elle ne serait pas venue avec elle ici.

Léa a ri, « Merci, Mlle Lefèvre, de me faire cet honneur. »

Antoine avait accompagné sa petite amie avec qui il venait de confirmer leur relation une heure auparavant, ils faisaient du shopping quand il a aperçu une connaissance.

Il allait la suivre, mais cette personne avait déjà disparu.

Il est entré dans la bijouterie, laissant sa petite amie choisir ce qu’elle aimait, tout en demandant à la vendeuse.

En écoutant, il s’est enthousiasmé.

Mathis, ce salaud, lui avait menti !

Si Léa était gentiment rentrée tôt pour le flatter, aurait-elle pu vendre sa bague de mariage ?

Il a réfléchi, puis a invité un groupe d’amis.

Le soir, tout le monde buvait joyeusement.

Mathis est enfin arrivé.

Dès qu’Antoine l’a vu, il a parlé fort : « Dites-moi, Léa a soudain vendu sa bague de mariage, c’est quoi ce théâtre ? »

À chaque réunion, tout le monde s’amusait à taquiner Léa un peu, au début ils craignaient que Mathis s’en offusque.

Si Mathis fronçait les sourcils, personne n’osait en dire davantage, mais ils se sont trompés.

Mathis ne s’en souciait pas du tout, même s’ils se moquaient ouvertement de Léa.

Mais aujourd’hui, avant que qui que ce soit ne puisse parle, Mathis a dit calmement : « Elle le jouait pour moi. »

Julien lui avait tout raconté mot pour mot de ce que Léa avait dit au café.

Il n’en était pas surpris.

Mais, comme Julien, il pensait que Léa avait agi ainsi parce qu’elle avait été choquée.

Vendre la bague de mariage était naturellement aussi son stratagème.

« Faire semblant ? Ça ne m’étonnerait venant de Léa. »

« Mais ce coup-là n’a pas marché sur Mathis, tout le monde sait qu’il n’a jamais porté sa bague de mariage depuis qu’il s’est marié. »

Antoine a balancé : « Il l’a sûrement portée à certaines occasions, devant le vieux Monsieur Bernard, il n’oserait pas ne pas la porter… »

Mathis lui a lancé un regard mécontent.

Antoine a immédiatement toussé, « Oui oui oui, il ne l’a jamais portée ! Pas une seule fois ! »

Après ces mots, l’expression de Mathis s’est un peu détendue.

Antoine a eu un tic au coin des lèvres, puis a demandé : « Plus tard, j’ai vu Léa aller dans une autre bijouterie, je suppose qu’elle voulait acheter une nouvelle paire d’alliances, tu la porterais ? »

Mathis a fait comme s’il n’avait pas entendu.

Ses longs doigts jouaient avec son téléphone, et une lueur de tendresse est apparue dans son regard.

Mathis était du genre distant et noble, et cette douceur entre ses sourcils était très rare.

Antoine s’est aussitôt penché pour voir qu’il discutait avec Élise.

Mais en un clin d’œil, Mathis a éteint son téléphone.

Mathis a levé les yeux, visiblement dérangé, « Tu m’as appelé juste pour cette chose ennuyeuse ? »

Antoine a compris que même si Léa ne rentrait pas à la maison pendant un mois, Mathis ne s’en soucierait pas.

Peu importe les bêtises que Léa faisait, tant que Mathis s’en fichait, ça n’a pas d’importance, donc il n’y avait aucun plaisir à en tirer.

Antoine a claqué la langue avec regret, « Même si je n’ai pas gagné, tu as perdu d’avance, alors n’oublie pas de m’inviter à manger. »

Il parlait de ce pari sur le temps que mettrait Léa à revenir.

Mathis a dit : « Donne une date. »

Antoine a répondu: « C’est bientôt l’anniversaire d’Élise, on n’a qu’à faire ça ce jour-là, ce sera l’occasion de faire la fête ensemble. »

Mathis a dit : « Même si tu ne le dis pas, je vous inviterai quand même. »

Antoine a répondu : « Alors tu as tout prévu, c’est gentil. »

S’en soucier ou pas, ça changeait tout.

S’il se souvenait bien, l’anniversaire de Léa était il y a un mois.

Ce jour-là, Mathis buvait avec eux, Léa l’avait appelé, mais comme Mathis était ivre, Antoine avait répondu à sa place.

Elle a dit en premier : « Tu es encore occupé ? Mon anniversaire est déjà passé. »

Il était une heure du matin.

Antoine a dit : « C’est moi, désolé, Mathis était ivre… euh, joyeux anniversaire. »

Léa était restée silencieuse quelques secondes, semblant accepter complètement que son mari ait oublié son anniversaire, puis elle lui avait demandé de bien s’occuper de Mathis, sans aucune plainte.

Antoine avait pensé à ce moment-là que Léa était vraiment indulgente.

Au petit matin, Mathis est rentré chez lui après la soirée avec Antoine.

En passant par le salon, il a eu une pensée secrète et a jeté un coup d’œil au canapé.

Il n’y avait pas la silhouette familière.

En montant, la chambre d’amis au bout du couloir était plongée dans l’obscurité.

C’était la chambre de Léa, la plus éloignée de la chambre principale au deuxième étage.

Une journée s’était écoulée, elle n’était toujours pas revenue.

Mathis n’y a pas prêté attention, il est retourné à la chambre principale.

Lundi, jour de travail.

Mathis s’est lavé et est descendu, Sophie s’est affairée pour lui préparer un petit-déjeuner copieux. Il l’a regardé sans trop d’appétit, mais s’est quand même assis à la table.

Sophie a enfin poussé un soupir de soulagement.

Ces deux jours sans madame étaient difficiles.

Mathis était quelqu’un d’éduqué, il ne se fâchait presque jamais contre les domestiques, mais son aura imposante lui mettait beaucoup de pression dès qu’elle se tenait à ses côtés.

« Monsieur, prenez votre temps pour manger. »

La nourriture n’était pas mauvaise, mais comparée à celle de Léa, il manquait toujours quelque chose.

Ce n’étaient que deux jours sans elle, et Mathis avait déjà envie de manger les petits-déjeuners de Léa, « Elle t’a appelée ? »

Sophie, qui allait partir, a sursauté, « Qu-qu-quoi ? »

Mathis a froncé les sourcils.

Sophie : « ! »

Elle a vite repris ses esprits et a répondu rapidement : « Non ! »

Mathis a froncé les sourcils encore plus fort, « Pas une seule fois ? »

Chapitre 5

« Oui… oui, madame ne m’a pas appelée, et je n’arrivais pas à la joindre, elle m’a peut-être bloquée. »

« Clap… »

Mathis a posé ses couverts et est parti avec un visage froid.

Sophie : « … »

Elle s’était trompée : dès que madame contrariait monsieur, il se mettait en colère.

Sophie espérait que Léa laisserait monsieur seul quelques jours de plus, mais elle ne pensait plus ainsi.

Même elle, une étrangère, pouvait voir que monsieur préférait la douceur à la dureté, et Léa devait le savoir mieux encore, elle n’aurait jamais dû jouer à ce jeu.

Léa, en agissant ainsi, lui rendait aussi la vie difficile.

Léa était vraiment détestable.

Mathis est arrivé à l’entreprise, après avoir terminé la réunion de routine, peu de temps après, la secrétaire a frappé à la porte et est entrée avec un sac cadeau.

Mathis a ouvert pour regarder.

C’était une bague simple.

Antoine avait dit que Léa avait vendu son alliance et qu’elle était allée dans d’autres bijouteries.

Donc ses deux jours d’absence, c’était pour ça ?

Peut-être qu’elle viendrait aussi plus tard avec une boîte-repas pour l’apporter à l’entreprise.

Mathis a froncé les sourcils instantanément.

Il a refermé la boîte, l’a posée à côté de lui et s’est plongé dans son travail.

Au bout d’un moment, il a appelé Julien et lui a dit froidement : « Aujourd’hui, ne laisse pas Léa entrer dans l’entreprise ! »

Il n’aimait pas que Léa joue des tours avec lui.

Après avoir raccroché, Mathis a jeté la boîte dans la poubelle.

Lundi, jour de travail.

Léa s’était assise à son poste à l’heure.

Au début de leur mariage, elle n’était pas allée travailler. Lors d’un dîner de famille, en l’absence du vieux monsieur Bernard, la mère de Mathis, Marie, l’avait réprimandée devant tout le monde. Elle avait dit qu’elle ne faisait rien de ses journées, qu’elle ne faisait que manger et boire aux frais de la famille, qu’elle n’était même pas capable d’avoir un enfant, ni de bien s’occuper de Mathis. Marie avait ajouté que chaque fois qu’elle parlait de sa belle-fille à ses amies, elle en avait honte.

Mathis était présent à ce moment-là, mais il n’avait rien dit pour défendre Léa, laissant sa mère l’attaquer avec des paroles dures.

Cette même nuit, Léa avait envoyé son CV.

Elle ne l’avait pas envoyé au Groupe Bernard, mais au Groupe ATech.

Le Groupe ATech était une entreprise technologique créée depuis moins de cinq ans, avec une capitalisation boursière dépassant mille milliards d’euros.

En tant que grande entreprise modèle, même un poste de secrétaire demandait un diplôme d’une des meilleures écoles du pays.

Léa était diplômé de l’Université de Clairmont, son niveau d’études était suffisant, elle avait étudié l’informatique, la filière la plus populaire, et pouvait aller au département de recherche et développement.

Mais les travaux techniques étaient généralement très chargés, et si le projet était énorme, il fallait y travailler jour et nuit, elle n’aurait alors pas le temps de s’occuper de Mathis.

Léa avait donc choisi un poste administratif relativement tranquille et était devenue secrétaire au bureau du président.

Le vieux monsieur Bernard, en apprenant cela, espérait qu’elle retournerait au Groupe Bernard.

Après tout, dans l’entreprise de leur famille, elle n’aurait pas à respecter les horaires, le travail ne serait pas trop dur, et elle serait libre.

Léa savait très bien que Marie la détestait. Si elle allait au Groupe Bernard, cela rendrait encore plus facile pour Marie de l’humilier, en l’accusant de convoiter les biens de la famille des Bernard.

En restant au Groupe ATech, elle n’aurait pas ces problèmes.

Comme elle était enceinte, elle avait rédigé sa lettre de démission la semaine dernière, mais elle ne comptait plus l’envoyer.

Elle devait réécrire sa thèse, donc elle avait besoin d’informations sur l’industrie. Et le Groupe ATech était une entreprise technologique de pointe, qui offrait beaucoup de ressources et d’opportunités.

En faisant un travail administratif tranquille, elle avait aussi assez de temps pour se consacrer à sa thèse.

« Léa, pourquoi tu n’as pas apporté de boîte-repas aujourd’hui ? »

Une collègue du bureau à côté a demandé curieusement.

Léa apportait parfois un déjeuner soigné au travail, mais à midi, elle quittait l’entreprise avec sa boîte-repas, sans que personne ne sache à qui elle l’apportait.

Le repas était préparé par Léa pour Mathis.

Mathis buvait lors de ses sorties professionnelles, alors elle se levait tôt le lendemain pour lui préparer un déjeuner léger et bon pour l’estomac.

Il aurait été plus simple que Mathis prenne la boîte lui-même au travail, mais il trouvait cela trop embêtant et refusait de faire ce petit geste.

Léa devait donc apporter son repas au bureau, puis à la pause déjeuner, prendre un taxi pour lui livrer.

Heureusement, la distance n’était pas longue, et elle avait le temps.

Léa a dit : « Je ne veux plus préparer ça. »

Ce n’était plus nécessaire.

À ce moment-là, Solène Gauthier, la cheffe du secrétariat, est entrée précipitamment et a annoncé une nouvelle importante.

« Le président du groupe est revenu lundi prochain. Nous devons rassembler et organiser tous les documents des différents départements pour que le président ait accès à des dossiers complets et précis. »

Solène a frappé la table avec énergie et a dit : « Dépêchez-vous. »

Le développement du Groupe ATech ces dernières années était un miracle, mais le plus mystérieux était son fondateur.

Il avait toujours développé le marché à l’étranger, et l’entreprise avait été dirigée par le vice-président Damien Rousseau.

Léa n’a jamais rencontré le véritable détenteur du pouvoir du groupe.

Tout le monde était surpris et excité, puis ils ont commencé une journée chargée.

Chez Groupe Bernard.

Une femme est apparue soudainement dans le bureau de Mathis sans aucun signe avant-coureur.

Il fallait savoir que pour voir M. Bernard, on devait prendre rendez-vous à l’avance, mais cette femme n’était pas sur la liste.

En plus, Julien est descendu personnellement pour la recevoir, l’a conduite voir le président, et a même fermé la porte en sortant.

Une réception aussi spéciale a choqué et intrigué les employés du secrétariat, « Qui est cette femme ? Elle est si belle et pleine de charme, comme une star. »

« M. Bernard n’aime pas les rendez-vous imprévus, mais aujourd’hui il a fait une exception pour cette femme, c’est très inhabituel. »

« M. Bernard a toujours évité les relations avec les femmes, pendant toutes mes années ici, je ne l’ai jamais vu seul avec une femme dans son bureau. »

Tout le monde a commencé à se demander, « Pensez-vous qu’elle pourrait être la future épouse du patron ? »

Mathis était marié en secret, personne à part des amis ne le savait.

Mathis était toujours un homme honorable, sans scandales, et son accueil spécial envers une femme était donc très rare, ce qui rendait la supposition qu’elle était sa future épouse très plausible.

Dans le bureau.

Quand Mathis a vu Élise, il a posé son travail.

Élise s’est approchée du bureau de Mathis, a posé ses mains dessus, s’est penchée en avant et a regardé ses doigts nus en demandant : « Tu n’as pas reçu la bague ? »

Mathis a été surpris : « C’est toi qui l’as offerte ? »

N’était-ce pas Léa qui lui avait acheté cela ?

« Hier soir, je t’avais promis de dîner avec toi, mais M. Lemoine a eu un empêchement de dernière minute et je t’ai posé un lapin, alors je t’ai offert ce cadeau en compensation. »

Élise a montré la bague à son annulaire, « Ce modèle masculin de cette marque n’est pas courant, la seule que je trouve jolie est celle-ci, assortie à la mienne, que je porte juste pour m’amuser. Je t’offre celle-ci, c’est aussi un modèle haut de gamme, tu ne vas pas t’en offusquer, j’espère ? »

Bien qu’elle ait dit cela, elle savait que Mathis ne s’en soucierait pas.

En réalisant son erreur, Mathis s’est souvenu qu’il avait jeté la boîte à la poubelle. Il s’est penché aussitôt pour la récupérer, l’a tenue dans sa main et l’a observée, son expression n’était plus aussi dédaigneuse qu’avant.

Le visage d’Élise s’est figé un instant, « Tu l’as jetée ? »

Mathis l’a regardée, a deviné ses intentions, puis a ouvert la boîte, en a sorti la bague et l’a mise à l’annulaire de la main gauche.

Mathis l’a regardée tendrement, « Je ne savais pas que c’était toi qui me l’avais offerte. »

Le visage d’Élise s’est enfin adouci.

Antoine avait dit que Mathis ne portait jamais son alliance, sauf dans des circonstances nécessaires.

La raison n’était pas difficile à deviner.

Mathis a demandé : « Tu es fâchée ? »

Élise a secoué la tête, « Non, je ne suis pas fâchée, ce que tu détestes n’est pas cette bague. »

C’était une personne.

Élise a demandé : « Est-ce que tu l’aimes ? »

« Elle est très belle », Mathis a hoché la tête, puis a demandé, « Qu’as-tu fait hier ? »

Élise a répondu : « Le projet de M. Lemoine était bloqué sur un point difficile. J’ai passé la nuit à étudier des documents, sans vraiment trouver de solution. Heureusement, l’entreprise d’une de mes camarades travaille sur cette technologie, je compte la contacter dès que possible. »

La patronne de cette entreprise était Manon, elles étaient toutes deux diplômées de l’Université de Clairmont, Manon étant d’une promotion plus récente.

Étant toutes deux issues d’une grande école, il était facile pour elle de se lier d’amitié avec Manon.

Chapitre 6

Mathis : « Tu es très douée. »

Élise a vu une profonde admiration dans les yeux de l’homme.

Cette réaction était tout à fait prévisible pour elle.

Le Groupe Bernard collaborait avec le laboratoire Baptiste, et si le projet de M. Lemoine réussissait, le Groupe Bernard en bénéficierait naturellement.

Cette fois-ci, Élise était revenue parce qu’elle voulait devenir la personne clé pour surmonter la technologie centrale, elle avait confiance en sa capacité à y parvenir.

Ce n’était plus l’époque où une femme naïve et adorable pouvait conquérir un homme simplement en cuisinant ou en faisant la coquette.

Une femme devait avoir de la force pour qu’un homme daigne lui accorder plus d’attention.

Élise voulait devenir une femme forte.

Léa avait été occupée toute la matinée, elle est allée à la salle de pause préparer un café et a apporté une tasse à une collègue.

Elle a soudain reçu un appel de Maëlys.

Maëlys était la secrétaire de Mathis.

Le seul contact entre Léa et elle avait été quand Léa avait demandé des informations sur l’emploi du temps de Mathis.

Léa ne voulait avoir aucun contact avec qui que ce soit lié à Mathis, mais Maëlys était une fille très gentille, alors après un moment d’hésitation, elle a répondu à son appel.

« Léa, ça va ? » La voix de Maëlys était très douce.

« Je vais bien. » Léa ne comprenait pas pourquoi elle posait cette question.

La voix de Maëlys était pleine d’inquiétude : « M. Bernard vient de faire visiter notre entreprise à une femme, c’était un grand événement, les cadres la prennent tous pour la future épouse du président… Je ne sais pas si tu es au courant, alors je voulais te prévenir, cette femme s’appelle… »

La voix de Maëlys s’est brusquement arrêtée.

Puis elle a poussé un léger cri, teinté de stupeur et d’inquiétude : « M. Morel, je… »

Elle s’était cachée dans un coin, sans s’attendre à ce que Julien passe derrière elle !

Julien a attrapé le téléphone de Maëlys, l’a regardé, et ses sourcils se sont froncés.

« Elle est encore venue te demander l’emploi du temps de M. Bernard ? »

Maëlys a vu M. Bernard derrière Julien, ainsi que la femme appelée Élise, elle a été tellement effrayée qu’elle n’a plus pu parler.

Sans attendre la réponse de Maëlys, Julien a rapporté d’un ton professionnel : « M. Bernard, c’est Léa, elle cherche encore à connaître votre emploi du temps. »

Julien n’a pas raccroché, il n’avait pas peur que Léa entende.

Léa a froncé les sourcils.

Elle ne se souciait pas du reproche de Julien, elle voulait raccrocher, mais la voix froide de Mathis est arrivée : « Ne t’occupe pas d’elle. »

C’était toujours l’attitude de Mathis envers elle.

Léa n’était pas surprise.

Il ne vérifiait jamais les faits et la méprenait.

Si c’était l’ancienne Léa, elle aurait tout expliqué, car elle craignait que Mathis la comprenne mal et qu’il se fâche.

Mais ils étaient déjà divorcés, elle n’avait plus besoin de prendre en compte les émotions de Mathis, ni de chercher des nouvelles de lui et Élise.

Mais la seconde suivante, c’est la voix plus froide de Mathis qui a retenti : « Demain, tu n’as pas besoin de venir travailler ! »

Léa a été surprise, il allait renvoyer Maëlys ?

Elle s’est souvenue qu’après son premier contact avec Maëlys, Mathis avait voulu la renvoyer.

Léa avait beaucoup plaidé pour que Maëlys reste au Groupe Bernard, mais il l’avait prévenue que c’était la dernière fois.

Il avait effectivement tenu parole.

Mathis ne montrait aucune indulgence envers Léa.

« Mathis, ce n’est pas la peine de te fâcher autant pour une simple secrétaire. »

C’était… la voix d’Élise, non ?

C’était une voix très douce.

Élise a cajolé : « Alors, ce soir, je t’invite à dîner, ne sois plus fâché, d’accord ? Fais-moi juste ce plaisir. »

Après deux secondes, l’homme a répondu : « D’accord. »

Le ton de Mathis était ni trop dur ni trop doux.

Comparé au ton froid de la phrase précédente, c’était bien plus tendre.

Élise a ri, « Allons-y alors. »

Ensuite, on n’a plus entendu la voix de Mathis ni celle d’Élise.

Léa a esquissé un sourire amer, son cœur était plein d’amertume.

Elle avait toujours pensé que Mathis était difficile à apaiser, car chaque fois qu’il se fâchait auparavant, elle devait le calmer pendant plusieurs jours avant qu’il ne lui montre une attitude agréable.

Ce processus était un supplice mental pour Léa, elle ne pouvait pas manger, ne dormait pas la nuit, et tant que Mathis n’était pas calmé, elle ne pouvait pas se concentrer sur autre chose.

Mais avec Élise, une seule phrase suffisait, c’était tellement facile.

Julien a regardé le téléphone en appel et savait que Léa avait tout entendu.

Léa n’aimait pas déranger les autres, Maëlys avait été renvoyée à cause d’elle, elle allait forcément se sentir coupable.

Même si la sanction avait visé Maëlys, c’était Léa qui avait été punie moralement.

Ce n’était que de cette façon qu’elle ne ferait plus de petites choses en cachette la prochaine fois.

C’était la faute de Léa, elle aimait toujours consulter l’agenda de M. Bernard.

Si tout ce que M. Bernard faisait devait être surveillé par une femme, il se mettait à la place de M. Bernard et se sentait étouffé pour lui.

Julien a fait signe et la secrétaire en chef, qui attendait à côté, est venue vers lui.

La secrétaire en chef a dit : « Je vais régler son départ aujourd’hui. »

Julien a répondu froidement « Ok » puis il est parti.

Mercredi, c’était l’anniversaire d’Élise, selon les instructions de Mathis, Julien devait réserver la Maison Étoile à Baie d’Or pour discuter des surprises d’anniversaire avec lui.

Il était très occupé et n’avait pas le temps de surveiller la démission d’une petite secrétaire.

La secrétaire en chef a pris le téléphone que Julien lui avait tendu pour le rendre à Maëlys, et a aperçu le nom affiché : Léa.

Elle a aussitôt froncé les sourcils, a mis quelques secondes à se souvenir de cette personne, puis a dit d’un ton excédé : « Tu es vraiment stupide, ce n’est qu’une domestique qui apporte les déjeuners à M. Bernard. Fallait-il vraiment contrarier M. Bernard pour elle ? »

Maëlys, prise en flagrant délit par le président, était restée pétrifiée, ce n’était qu’à présent qu’elle a osé parler, en tremblant : « Elle… elle n’est pas une domestique, c’est l’épouse du président… »

« Tu es aveugle ou quoi ? Tu n’as pas vu que le président et Mlle Dubois portaient des bagues assorties ? Mlle Dubois est la future épouse du président, c’est évident. »

« Ce n’est pas vrai… »

« Ça suffit, va faire ta passation de travail ! »

Maëlys n’a rien osé dire et a repris silencieusement son téléphone.

Une fois la secrétaire partie, elle a baissé les yeux et a vu que l’appel était toujours en cours.

Elle a sursauté, « Léa, tu vas bien ? Tu n’as pas entendu ce qui s’était passé, n’est-ce pas ? »

Maëlys espérait que Léa n’avait rien entendu, mais c’était impossible.

« Ne les écoute pas, tu n’es pas une domestique… je suis désolée, vraiment désolée… »

Mathis avait gardé son mariage secret et ne lui permettait pas d’aller dans son bureau.

Léa avait remis le déjeuner à la secrétaire chaque fois, il était donc normal qu’on la prenne pour la domestique.

Léa ne s’en est pas souciée, elle ne s’était simplement pas attendue à ce que Mathis, qui portait rarement son alliance, porte une bague assortie avec Élise.

Les mains de Mathis étaient magnifiques, longues, blanches, aux articulations marquées, délicates mais pleines de force, et son annulaire long avait un charme indescriptible avec une bague en diamant.

Dès qu’elle en avait l’occasion, Léa avait longuement observé ses mains en cachette.

Mais Mathis portait son alliance très rarement.

Elle avait toujours cru que Mathis n’aimait pas la contrainte des bijoux, mais elle s’était trompée : il ne voulait tout simplement pas porter son alliance.

Léa a dit : « Désolée, je ne peux plus te faire réintégrer maintenant. »

Maëlys n’avait parlé à Léa qu’une seule fois, mais elle avait senti qu’elle était très gentille.

M. Bernard s’était soudainement intéressé à une autre femme comme jamais auparavant, ce qui l’a inquiétée, et c’était pour cela qu’elle était venue prévenir Léa, espérant qu’elle reste vigilante.

Mais elle avait tout gâché.

Maëlys s’est sentie très coupable : « Ce n’est pas grave, je t’avais déjà dit que je comptais retourner chez moi pour aider mes parents, être renvoyée ne change pas grand-chose pour moi, j’avais même déjà rédigé la moitié de ma lettre de démission ! »

Elle n’avait pas dit cela pour se réconforter, ce qui a permis à Léa de se détendre un peu.

Puis, Maëlys a baissé la voix : « Mais pourquoi ? C’est toi, l’épouse de M. Bernard… pourquoi est-ce qu’il te traite comme ça ? »

M. Bernard n’a même pas permis à Léa d’entrer dans son bureau.

Mais Élise, elle, a pu y entrer comme elle voulait, pourquoi ?

Même s’il voulait cacher son mariage, il pouvait simplement dire que Léa était une parente ou une amie, personne n’aurait posé de questions.

En plus, c’était Léa qui avait préparé le repas avec soin et l’avait apporté pendant sa pause déjeuner, et pourtant, elle avait été tenue à l’écart, ce que M. Bernard a fait était vraiment cruel !

Quand il a choisi l’autre, j’ai choisi son frère

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