Chapitre 2
Je vais prendre du pain, je récupère mon assiette et je vais manger au salon, près de lui.
Je suis tellement fatiguée, heureusement qu’il a fait à manger. Même prendre une douche je ne peux pas.
Lui : et ta journée ?
Moi : épuisante, j’ai hâte d’être à demain et la tienne ?
Lui : pareil, bon, je t’attendais pour aller dormir.
Moi : je ne peux même pas prendre une douche où tu me vois là.
Lui : tu ne dors pas avec moi si tu ne prends pas ta douche !
Moi (rigolant) : c’est toi qui me dis ça ?
Lui : oui oui.
Moi : tu as pris ta douche hier soir ?
Lui (tournant sa tête vers l’écran de la télé) : je ne sais pas de quoi tu parles.
Moi (rigolant) : bien sûr que tu sais !
Une fois que je termine de manger, je vais nettoyer mes couverts et je reviens vers lui.
Lui : on va dans la chambre ?
Moi : oui.
Il éteint la télé et me suit dans la chambre.
Lui : madame la douche s’il te plaît.
Moi : chéri reste avec moi ?
Lui : non, je suis fatigué. Je devais être au lit depuis, je t’attendais.
Il boude pendant quelques minutes mais finit par accepter.
Il m’accompagne dans la salle de bain et reste assis sur les toilettes pendant que je prends ma douche. C’est notre technique quand on ne veut pas être seul pendant notre douche.
Au début j’étais la seule à le faire mais monsieur le fait aussi depuis un moment.
10 minutes plus tard, je sors de la cabine et je lui demande de me passer ma serviette.
Je vois sur son visage qu’il est épuisé, mon pauvre mari.
Il se lève et :
Lui : c’est bon ? Je peux partir ?
Moi : oui c’est bon.
Il met sa main devant sa bouche pour bayer et il s’en va.
Je le rejoins 7 minutes plus tard en pyjama (un t-shirt blanc à lui et une culotte). J’aime dormir de cette façon, le confort est assuré.
Quand je glisse sous la couette, je sens sa main se poser sur ma hanche.
Moi : bonne nuit.
Il se redresse, dépose un bisou sur ma joue et s’en dort.
C’est à ça que ressemble ma vie depuis 1 an et 1 mois (depuis mon mariage).
-le lendemain soir-
Je suis de retour à la maison à 19 h. Je ne pouvais pas faire mieux. J’ai enregistré le JT plus tôt que d’habitude. Je croise les doigts pour ne pas avoir à retourner entre temps, j’ai un événement important et Charles va me faire la tête si je ne reste pas.
Quand je rentre dans la chambre, je vois qu’il se prépare.
Moi (courant vers la salle de bain) : bonsoir chéri.
Lui : il y’a des embouteillages ?
Moi : oui mais pas dans le sens inverse.
Je prends une douche rapide et je vais me maquiller.
Lui (venant voir où j’en suis) : tu en as pour combien de temps ?
Moi : laisse moi 20 minutes.
J’ai déjà fait mon teint et mes sourcils donc ça va.
Moi : la mairie s’est bien passée ?
La mairie c’était en journée mais je ne pouvais pas assister.
Lui (depuis la chambre) : oui.
16 minutes plus tard, pendant quand je termine de mettre ma poudre, je vais dans le dressing.
Je prends ma combinaison et je demande à Charles de m’aider avec la fermeture.
Lui : tu as perdu du poids ?
Moi : pourquoi ?
Lui : tu disais qu’elle n’allait pas t’aller.
Moi : à croire que oui !
Quand j’ai reçu cette robe elle avait du mal à se fermer. A vrai dire, je suis également surprise qu’elle rentre sans problème.
Lui : je ne veux plus que tu perdes du poids chérie. Tu es bien comme ça.
Moi (retournant dans la salle de bain) : j’ai compris.
J’estompe la poudre, j’enlève mon chapeau de douche et je lisse vite mon tissage (j’ai un carré).
Je reviens dans la pièce principale pour mettre des bijoux. J’opte pour des boucles et deux bracelets (un sur chaque poignet).
Quand je suis fin prête, je vais rejoindre Charles au salon.
Voir ses yeux s’émerveiller me fait toujours le même effet.
Lui : bien hein.
Moi (souriante) : merci.
Il me fait une photo et :
Lui : on y va.
Moi : tu as pris l’enveloppe ?
Lui : oui.
Charles porte un smoking (French collection) noir avec nœud papillon et des chaussures de ville. Il est tout beau ce soir !
Après 25 minutes de route, nous sommes enfin à l’endroit de la soirée.
J’appréhende un peu comme toujours !
Charles : chérie il faut qu’on entre avant les mariés, je vois leur voiture arriver.
Il passe sa main droite autour de ma taille et ensemble on entre dans la salle.
Je ne reconnais pas les visages mais je vois qu’il y’a du beau monde. Un vrai mariage Gabonais !
Quand je vois le sourire de Charles je sens qu’il est dans son élément.
Lui : sur la gauche chérie.
Je prends place et je le laisse prendre place à côté de moi.
Je fais un sourire et je dis un bonsoir collectif à toutes les personnes sur la table.
Je ne fais pas de bise car au même moment les mariés font leur entrée.
La salle entière se lève et on sort tous nos téléphones pour capturer ce moment important.
Après 10 minutes de chaud, tout le monde reprend place.
Je suis sur la même table que quelques amis à Charles et leurs compagnes. Cette table où je dois sourire pour faire bonne figure.
Un ami à Charles : mais enfin monsieur Menez votre épouse est magnifique !
Charles : et comment ! Tu sais que j’ai du goût.
Je lui fais un sourire car j’apprécie son compliment.
Charles (à l’oreille) : c’est sa nouvelle copine, à côté.
Je bouge ma tête pour lui faire savoir que j’ai compris.
J’aime le fait que Charles n’hésite pas à me tenir au courant de tout ce qui se passe. Je n’ai pas toujours le temps de sortir avec lui et ses amis car je suis prise.
Moi : on va manger ?
Lui : j’ai faim.
Les serveurs viennent avec nos entrées, j’aime le fait de ne pas me lever pour me servir.
La future épouse d’un ami à Charles (qui est juste à ma gauche) : Myra ?
Moi : oui ?
Elle : j’aime beaucoup ta combinaison. Elle est d’où ?
Moi : merci, c’est une combinaison Ralph Lauren.
Elle : d’accord, je ne savais pas qu’ils faisaient des tenues de soirées.
Moi : ils ont font.
Je ne fais plus attention à ce qu’elle dit car Charles attire mon attention sur quelque chose d’autre.
Quelques minutes plus tard, quand je me tourne à nouveau :
Elle : sinon tu vas bien ?
Moi : oui et toi ?
Elle : je vais bien. Je te cherchais le matin.
Moi : j’étais au travail.
Elle : j’imagine !
Je sens qu’elle veut me dire quelque chose mais elle n’arrive pas.
Je décide de prendre les devants en lui posant la question.
Elle : non rien.
Moi : ok.
Je sais qu’elle ne dit pas la vérité mais je n’ai pas envie d’insister.
Le repas se passe bien et lorsque le DJ invite les couples sur la piste de danse Charles se lève. Il me tend sa main et m’incite à me lever.
Moi (souriante) : merci.
Je le suis jusqu’à la piste de danse et je passe mes mains autour de son cou.
Je sens les regards sur nous, ce qui me rend un peu nerveuse.
Lui : détends toi.
Je suis ce qu’il me dit et je me détends.
Lui (me regardant dans les yeux) : si je sors un grand pas tu vas suivre ?
Moi : vas-y !
Il s’éloigne de moi, tourne sur lui même avant de se baisser et de me faire tourner.
J’entends les gens applaudir et je rigole.
Moi : tu es fou !
Il revient près de moi et dépose un baiser sur mes lèvres.
Lui : je suis content pour eux.
Moi : ça se voit !
Le marié est un grand ami d’enfance à Charles ! Il est content comme à notre mariage !
Après cette danse, le DJ met
Alors que je voulais retourner vers notre table il me retient.
Lui : tu aimes bien cette chanson chérie.
En effet, j’aime cette chanson !
Je lui accorde une danse de plus avec un sourire aux lèvres.
Le voir me faire toutes ses mimiques me fait également rire. En soit, je passe une belle soirée.
Après cette chanson je décide d’aller prendre place.
Je tombe sur une conversation entre deux femmes sur la table, une que je connais et une qui est la nouvelle copine d’un ami à mon mari.
La nouvelle copine (sur son téléphone) : mais elle est plus âgée que lui.
L’autre me regarde et ne dit rien.
L’autre : je n’aime pas voir ça ! Comment une femme peut accepter de se soumettre à un homme plus jeune qu’elle ? C’est bizarre quand même.
L’autre me regarde et me fait un sourire.
Je fais mine de ne rien entendre bien que je capte tout ce qu’elle dit.
Je suis plus âgée que mon mari, j’ai 5 ans de plus que Charles, il a 30 ans.
Je fais souvent face à ce genre de commentaire, et parfois, comme là, je ne dis rien.
Mais j’ai envie de dire aux gens que l’amour ne calcule pas tout ça.
Je suis tombée amoureuse de Charles sans tenir compte de son âge.
Il revient vers moi quelques minutes plus tard, avec le marié et :
Le marié : merci de me faire l’honneur d’être là.
Moi (rigolant) : je ne pouvais manquer ça pour rien au monde.
Charles : tu danses avec lui non ? Quand même chérie.
Moi (regardant le marié) : bah qu’il demande !
Il rigole et j’accorde une danse à son ami.
Deux minutes plus tard, bras dans les bras, on danse sur une belle chanson.
Moi : le nouveau marié en ville !
Lui (rigolant) : je suis dans le club là.
Moi : tu vas voir, tu vas aimer ta nouvelle vie.
Lui (rigolant) : elle m’a dit que si elle me voit sans ma bague elle va se fâcher, alors qu’elle sait que je ne supporte pas les bijoux.
Moi (rigolant) : bah c’est ça hein ! Tu vas t’habituer.
Il me rappelle Charles !
Lui aussi au début il enlevait sa bague pour dormir. Après deux remarques il a commencé à la garder.
Lui : vous nous en demandez beaucoup !
Moi : et ce n’est que le début !
Lui : j’espère que notre couple sera aussi proche que le vôtre.
Moi : tu sais, ces choses se travaillent.
Lui : j’envoie madame en stage chez vous ?
Moi (rigolant) : tu devrais venir en stage chez ton type !
Il rigole et au même moment Charles se rapproche de nous.
Charles (tirant ma main) : je reprends ma femme. Vois-tu, tu as la tienne maintenant.
Moi (à Charles) : après le gâteau on rentre ?
Lui : comme tu veux.
Moi : ok.
Je sens les regards sur nous. Je ne sais pas si c’est parce que certains me reconnaissent mais ça me dérange un peu.
Comme prévu, après la sortie du gâteau, on se dirige hors de la salle.
Moi : tu as mis l’enveloppe dans la grande boîte ?
Lui : oui.
Je monte dans la voiture et je mets ma ceinture.
Alors qu’il s’apprête à démarrer, son téléphone sonne.
Moi : un appel après minuit ?
Lui (arrangeant son rétroviseur) : je te dis !
Moi : tu sais c’est qui ?
Lui : ça ne m’intéresse pas, il se fait tard.
Moi : peut-être que c’est important.
Il regarde son téléphone, le dépose 4 secondes plus tard et :
Lui : ce n’est pas important.
Je n’insiste pas et je le laisse nous conduire à la maison.
Chapitre 3
-2 semaines plus tard-
Je me réveille pour la deuxième fois quand je l’entends revenir dans la chambre. Je me redresse et j’allume la veilleuse à mon chevet.
Moi : ça va mieux ?
Lui : non.
Je quitte le lit et je vais chercher gaviscon. Je reviens 7 minutes plus tard dans la chambre avec un sachet.
Moi : tu peux rester sur le lit, je viens vers toi.
Je lui remets son médicament et je le regarde le prendre.
Charles souffre des maux d’estomac. Il se réveille souvent au milieu de la nuit quand il ne supporte plus la douleur.
En tant normal j’en laisse dans son tiroir mais apparemment il n’en avait plus à son chevet.
Moi : détends toi.
Je mets un oreiller derrière son dos et je le laisse se détendre.
De mon côté, je retourne sous la couette et je le regarde.
Je ne trouve le sommeil que lorsqu’il s’en dort et cette fois jusqu’au réveil.
Je quitte le lit à 7 h et je vais courir.
Je termine mon footing une heure plus tard et je profite pour prendre des croissants pour monsieur.
Une fois à la maison, je vais prendre une douche pendant qu’il dort encore.
Je lui préparer son petit déjeuner et j’attends qu’il se réveille de lui-même.
20 minutes plus tard, il vient me rejoindre au salon.
Je sens sa présence quand il fait un bruit qui me fait peur.
Moi : tu n’arrêtes pas avec ça ?
Lui : tu aimes ça !
Il est convaincu que j’aime avoir peur, qui aime ça ?
Lui (regardant la table au loin) : huuuuum.
Moi : allons manger.
Je le suis à la salle à manger et je prends place à sa gauche. C’est notre petit rituel du week-end. Même s’il m’arrive d’être occupée les week-ends, je trouve toujours un petit temps pour mon chéri.
Je trouve qu’on a que ces moments là pour discuter de certains de nos projets. En semaine, on pense à autre chose (ce qui est normal avec le stress du boulot).
Tzs Tzs
Moi (prenant ma tasse de thé) : ton téléphone sonne.
Il regarde son téléphone et :
Lui : je vais rappeler.
Moi : ce numéro t’appelle beaucoup.
Lui : tu as fait ton footing ?
Moi (le regardant droit dans les yeux) : c’est qui qui t’appelle ?
Lui : chérie ce n’est pas important.
Moi : si Charles.
Lui : Charles ? Tu es énervée ?
Je l’appelle par son prénom quand je suis très sérieuse et il le sait.
Moi : non je ne le suis pas. Je ne veux pas m’en tenir à ta réponse. Ce numéro t’appelle souvent et tu ne me dis jamais de qui il s’agit. Au début je ne m’inquiétais pas mais aujourd’hui, si.
Il dépose sa main sur ma cuisse et :
Lui : ce n’est personne d’interessant chérie.
Moi : c’est une femme ?
Lui : oui.
Moi : elle est qui pour toi ?
Lui : personne justement.
Un cœur me demande d’insister tandis qu’un autre me pousse à laisser tomber.
Parfois je laisse tomber certaines conversations pour passer une belle journée. Je le connais et un seul petit mot peut me gâcher mon humeur.
Je le regarde et :
Moi : la cérémonie est pour quelle heure ?
Lui : 14 h
Moi : oh on a le temps, il n’est que 9 h 25.
Lui : oui oui.
Cet après-midi on va à un mariage coutumier de l’église.
Charles et moi allons dans la même église depuis notre mariage. Lui il allait dans cette église depuis et je n’ai fait que me ranger.
J’aime bien le pasteur et sa famille. J’aime surtout l’attention que l’église porte aux couples mariés.
Ils savent qu’aucun mariage n’est facile alors il y a des sessions de prière pour nous.
Dès qu’il termine de manger, je débarrasse et je le laisse à la maison.
Je fonce chercher ma tenue chez le tailleur. En semaine je n’avais pas le temps de la récupérer car je finissais tard.
Une fois chez ce dernier, je constate qu’il n’a pas encore terminé ma tenue, l’histoire des tailleurs...
Moi : mais quand tu m’as demandé de venir la chercher mercredi, tu comptais sur quoi ?
Il baisse sa tête et ne réponds pas.
Moi : tu me fais ce coup tout le temps, si tu n’es pas prêt à travailler, dis-moi quand je dépose mon pagne. Tu avais deux jours de plus pour terminer la tenue et c’est maintenant que tu veux mettre la fermeture.
Ce tailleur me fatigue ! Mais c’est le meilleur selon moi, c’est ça le problème.
Je passe près heure assise sur son banc. Entre la fermeture et les retouches, je suis agacée lorsque je quitte cet endroit.
Je suis de retour à la maison une heure plus tard car le samedi il y a également des embouteillages dans cette ville !
Charles (assis au salon) : ah tu es là !
Moi : il m’a encore fait le coup de finir ma tenue sur place.
Lui : tu devrais changer de tailleur. Qu’il comprenne qu’il n’est pas le seul.
Moi : je pense que je vais le faire.
En faisant attention à son visage je vois qu’il est différent.
Moi : tu étais chez ton coiffeur ?
Lui : ah tu as remarqué ? J’attendais ta question. Je me suis fait beau pour toi.
Moi : si on reste à la maison cela pose problème ? Honnêtement je n’ai pas très envie d’y aller.
Lui : ça ne va pas faire bien chérie.
Moi : oui mais on fait tant de choses pour paraître « bien » là je suis un fatiguée, j’ai envie de rester chez moi avec mon mari. Ou simplement sortir me détendre.
Lui : tu sais comment les gens sont.
Le problème avec les gens de mon église c’est qu’ils regardent plus ce qui se passe autour qu’autre chose.
Parfois je me demande s’ils viennent à l’église pour Dieu.
Personnellement, j’aime la manière de prêché du pasteur, chose qui me fait y aller dimanche après dimanche.
Mais ce n’est pas tout, j’y vais pour honorer mon contrat avec Dieu. J’y vais pour m’enseigner et méditer.
Lui : si tu veux on fait juste acte de présence 1 h et on s’en va.
Moi : ça me va.
Autant j’aime assister aux mariages, autant j’aime être entouré des personnes qui sont moins dans le jugement.
Je le laisse au salon et je vais déposer ma tenue dans la chambre. Je profite ainsi pour me faire un masque en attendant l’heure de me préparer.
2 h plus tard, quand je le vois me rejoindre dans la chambre je comprends qu’il est temps de me préparer.
Moi : bon on va faire 2 h.
Lui : c’est comme tu veux chérie.
Je vais me préparer avant qu’il ne commence étant donné que je passe plus de temps à le faire. Je ne suis réellement pas emballée à l’idée d’y aller mais je me suis engagée.
Alors, j’opte pour un maquillage de jour assez simple, j’opte pour un gloss plutôt qu’un rouge pour mes lèvres.
Une fois que j’ai terminé avec mon visage, je vais m’habiller. Je porte une robe (en pagne) qui m’arrive aux jambes, bustier avec un effet épaule d’un côté. Je trouve qu’il a réussi ce modèle, c’est exactement comme ça que je le voulais.
J’aime les modèles travaillés comme celui-ci. Le fait d’associer deux coupes différentes mais complémentaires à la fois (bustier + épaule d’un côté).
Une fois dans ma robe, je vais chercher des mules vertes, pour casser la couleur du pagne.
Quand Charles revient dans la chambre, je découvre sa tenue.
Il porte une chemise longue manche (avec le pagne), un pantalon de ville et des mocassins type chaussures de ville.
Lui (se parfumant) : elle te va bien ta robe chérie.
Moi : tu vois, c’est pour cela que je retourne chez lui malgré ses coups bizarres.
Lui : on y va ?
Moi : tu as de la petite monnaie pour les barrières ?
Lui : oui.
Moi : parfait !
Je vais me parfumer, je prends un petit sac bandoulière dans lequel je mets les essentiels et je le suis dehors.
Lui : on prend la mienne ?
Moi : oui j’ai laissé ma clé à l’intérieur.
Lui : ok.
Je regarde si le gardien et là et comme ce n’est pas le cas, je vais lui ouvrir le portail.
Avant que je ne puisse le fermer, je vois le gardien courir vers nous.
Moi : tu sais que tu ne dois pas te déplacer sans avertir.
Lui : pardon madame.
Moi : si quelqu’un vient tu dis qu’on est à un mariage ok ?
Lui : oui madame.
J’attends qu’il se gare pour que je monte dans le véhicule.
Moi : allez c’est parti !
Lui (rigolant) : chérie personne ne te force !
Moi : si tu ne ressens pas la pression quand tu es dehors, moins je la ressens.
Lui : tu ne devrais pas.
Moi : ce n’est pas volontaire.
Lui : tu devrais faire abstraction des gens.
Moi : facile à dire quand on ne te pointe pas du doigt.
Lui : chérie ! Personne ne te pointe du doigt.
Moi : tu penses que je sors ça d’où ? Je rêve ?
Lui : non tu ne rêves pas. Je pense simplement que c’est ce que tu te dis. Les gens n’ont pas le temps de scruter des faits et gestes.
Moi : je ne dis pas qu’ils scrutent tout ce que je fais. Je dis simplement que j’en ai marre qu’on me regarde différemment. Enfin bref tu ne comprends pas !
Bien sûr qu’il ne comprend pas. Je ne suis pas folle !
Je ne suis pas de celles qui pensent qu’elles sont seules contre le monde sauf que c’est l’impression que j’ai quand je suis avec mon époux.
Les regards des gens me dérangent et si au début je n’avais rien à cirer, aujourd’hui, si.
Il dépose sa main sur ma cuisse et :
Lui : tu es belle, c’est pour ça que tout le monde te regarde quand tu es avec moi. Ils se demandent ce que je fais avec une beauté pareille !
Je le regarde et je le laisse poursuivre.
Lui : je ne te cache pas que moi-même je me pose la question !
Il remet sa main sur le volant et :
Lui : crois-moi !
Voilà ! Il sait comment me faire sourire.
J’apprends à me voir comme il le fait. Je ne me trouve pas aussi belle qu’il le laisse penser.
À vrai dire, je suis la femme passe partout, celle qu’on voit dans la rue sans forcément se retourner.
Je sais que je suis charmante, sur ce point je ne peux pas douter. Mais je ne suis pas aussi belle qu’il le dit.
Face à lui je ne fais pas le poids. Charles c’est un bel homme.
Il a le genre de beauté qui pousse à sourire jusqu’à ce qu’il te demande si tu vas bien.
En y repensant c’est comme cela qu’il m’a abordé !
Je n’espérais même pas qu’il me dise bonsoir ce jour et aujourd’hui il me dit bonjour au réveil et bonne nuit au coucher.
La vie est drôle !
Après 25 minutes de route il trouve une place pour se garer.
Moi (regardant l’heure) : ça va, on a un petit retard.
Lui : je les vois bloquer dans une barrière.
Je descends de la voiture et j’arrange ma robe. Je le laisse descendre et avant de partir je vérifie si la portière est fermée.
Ensemble, on longe la rue comme les autres invités. Nous sommes du côté de l’homme du coup on a droit aux différentes barrières.
Charles : les tékés font maintenant les barrières comme les fangs ? C’est quoi ça !
Au Gabon les fangs ont la réputation de faire plusieurs barrières.
Une barrière = un arrêt où la famille de l’homme dépose de l’argent.
Plus il y a de barrière, plus la famille de la femme récolte de l’argent. Notant que cette somme ne revient pas aux parents mais à ses sœurs/tantes qui organisent les jeux lors des barrières (une ambiance bonne enfant mais traditionnelle).
Après 2 barrières, on tombe sur une troisième.
Moi : ah ça !
Lui : c’est la dernière je pense.
En effet ! C’est la dernière barrière.
Charles remet l’argent et on entre dans la concession.
Mon chéri est tout beau avec ses lunettes de soleil !
Moi (le regardant) : je ne vais pas en vouloir une femme si elle te regarde plus d’une minute.
Lui (rigolant) : moi si !
Il me montre sa bague et :
Lui : je suis marié madame !
Sa réponse me donne le sourire. Je suis amoureuse de cet homme.
Il nous trouve une place et je le suis.
Autour de nous, je constate qu’il y a plusieurs personnes de l’église.
Moi : tu remarques aussi les personnes de l’église ?
Lui : à croire qu’ils n’ont pas de famille.
La cérémonie commence et comme chaque mariage traditionnel, je suis émerveillée par l’échange de culture.
Elle est Batéké et lui Fang, un peu comme nous.
Après une heure de discussion, elle fait sa première sortie (avec son pagne).
Moi (la regardant danser) : elle est belle !
Charles : je crois qu’il pleure.
Oui Charles et moi on commente tout quand on est à un événement. C’est d’ailleurs pour cela que je ne peux pas aller à un mariage sans lui.
Elle est souriante, une belle mariée.
Charles : elle porte bien son pagne.
Moi : en effet.
Ça me rappelle mon mariage ! Je tremblais lors de ma première sortie, je ne savais pas s’il allait me trouver belle.
Au moment d’enlever l’éventail j’ai baissé les yeux ahhh ce beau souvenir. Il s’était levé et en prenant le micro il avait dit : « Myra, mon amour, ma chérie comme je t’appelle affectueusement, laisse-moi savourer ta beauté, s’il te plaît, regarde moi ».
Quel charmeur !
Moi (à Charles) : le pasteur n’est pas là, je ne le vois pas.
Lui : mais j’ai vu sa femme.
Moi : ah d’accord.
La suite se passe plutôt bien. L’émotion y est, c’est beau de voir deux personnes qui s’aiment s’engager.
À un moment je décide de me lever et d’aller prendre de l’eau près du bar qui est déjà ouvert aux invités.
Moi : bonjour, c’est possible d’avoir deux bouteilles d’eau ?
Le barman s’occupe de mes bouteilles et me les donne.
Moi : merci, bon courage.
Lui : merci !