Chapitre 2
*Pdv Harry*
Putain, cette fille m'a laissé sur le cul, des couilles bleues et le sang jusqu'à la tête. Je suis putain d'excité, elle me chauffe comme la plus désirée des filles de joie du quartier qui vous laisserait en plan après des préliminaires...
Je n'en ai pas terminé avec toi ma Nina, tu reviendras. Crois-moi, lorsque Harrison Deveraux désire une chose, il l'obtient. Aussi simple que ça car entre désirer et avoir, moi je prends.
Ça tombe bien si c'est elle qui garde mon fils. Je l'aurais encore plus facilement mais surtout quand et où l'envie me prendra. Je sais qu’elle me voulait elle aussi, je l’ai senti trembler de désir sous moi. J’ai senti moiteur et la chaleur de son intimité contre moi. Ses réponses à mes frottements, à ma bouche et ma langue sur elle. De toutes façons, elle ne le gardera que très rarement puisqu'il reste avec sa mère 3 jours par semaines. Mon ex-femme est l'une des pires salopes que le monde ait pu engendrer. Je devais surement être complètement shooté lorsque je l'ai baisé. Je voulais juste passer une soirée tranquille avec des potes pour mes 21 ans et j’ai fait l'erreur de lui dire que je possédais déjà ma propre entreprise à un âge où les autres gamins ne pensaient qu'à s'acheter une nouvelle paire de Timberland. Comme toute bonne pilleuse d’or attirée par le miel, elle m'a aidé à me bourrer la gueule puis on a baisé à la hussarde dans les toilettes sales du bar. Quatre mois plus tard, elle se pointe devant chez moi avec une échographie et un petit point blanc sur une image en négatif blanc et noir. Elle avait dit prendre la pilule cette folle ensuite elle a aussi osé me mentir sur sa prétendue virginité que je lui aurais prise ce soir-là. Mais ça, je l'ai découvert seulement une fois enchainer avec elle légalement grâce à une conversation téléphonique entre elle et une autre putain parmis son cercle de copines. Ouais, résultat, un divorce deux ans plus tard avec des indemnités énormes. C'est définitivement une salope. Me remarier ? Pas tant que je serais encore saint d’esprit. Quelle arnaque, franchement.
Malgré cette mauvaise expérience, Théo est sans doute la meilleure chose qui me soit arrivé. En étant père, j'ai appris à être plus responsable et ça a rejailli aussi sur la gestion de mon entreprise. Je peux aujourd'hui dire que je suis un homme accompli, milliardaire et libre de toutes contraintes à seulement 28 ans. Ni moi, ni mon fils n’auront à se soucier de l’avenir par la grâce de Dieu.
Il ne me reste plus qu'à partir à la conquête de ce nouveau territoire si fluctueux et prometteur qu’est Nina Mills...
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*Pdv Nina*
-Je suis rentrée. Dis-je en balançant mon sac et ces fichus engins de la mort derrière le seul sofa que nous possédons dans notre salon.
-Raconte, comment c'était ? Combien vont-ils te payer ? Il est bien ton patron ? Et le gamin tu l'as rencontré ?
Oh Maureen, si tu savais. J’ai rencontré le diable, Lucifer en personne ou son envoyé et j’ai failli me faire trousser par mon salaud de futur employeur à la première rencontre ! Et puis c'est quoi ce minishort gris vomi qu’elle porte ?
-Tu sors d'où comme ça ? demandé-je en me jetant sur le sofa, la tête en arrière et les yeux fermés d'épuisement.
-Je faisais une lessive dans la salle de bain. D'ailleurs il te faut un soin des pieds. Tes chaussettes puent le pet d'écureuil.
-Ouais...
-Eh ? Tu vas bien ?
-Maureen, j'ai failli me faire rouler dessus par un camion. Dis-je les yeux toujours fermés. Bah quoi ? c'est pratiquement vrai, un camion qui se nomme Deveraux.
-QUOI ? Oh mon Dieu, tu n'as rien ? fit-elle inquiète en baladant ses mains sur mon corps à la recherche d'une blessure imaginaire. Dans mes chairs Moe, les blessures sont dans mes chairs.
-Rien. Aide-moi juste à retirer ce fichu corset avant que je n'aie plus d'air dans les poumons.
-Retourne-toi, je vais desserrer les lacets.
Quelle après-midi...
*Ellipse*
Deux jours sont passés depuis cet entretient et toujours aucune nouvelle. Je commence à désespérer d'avoir un boulot, peu importe quoi mais il m'en faut un. Lucas, le concierge commence à me taper sur les nerfs avec ses venues sans cesse dans notre appartement. Bordel c'est bon, on a qu'un seul mois de retard, lâche-nous un peu. En plus, nous sommes les locataires les plus à jour niveau loyer comparé aux autres et malgré notre retard. Il ferait bien de mieux gérer ses comptes plutôt que de nous saouler. Et ce monsieur Deveraux qui tarde à rappeler... d'ailleurs pourquoi il le ferait ? Je l'ai quand même abandonné sur le parquet de son bureau la queue enflée. J'imagine sa réaction lorsque je suis partie. Est-ce qu'il s'est branlé en pensant à moi ? Ou alors il m'a surement traité de toute sorte de nom d'oiseau en ayant des couilles bleues toute la journée... Rien que de l’imaginer me fait sourire.
En dépit de toutes ces conneries, j'ai vraiment besoin de ce job. S'il ne rappelle pas d'ici demain, j'irais chercher dans les restaurants pour faire la plonge ou servir des tables.
Dans ma chambre comme à mon habitude, j'écoute de la musique avec le son à fond et en pliant les maigres vêtements en ma possession. Je laisse un instant de côté toutes mes pensées et me fait bercer par la voix sensuel et rythmée de THE WEEKND et WIZ KHALIFA "Or Nah". Ce qui n'arrange en rien mon état ni la tournure de mes pensées depuis deux jours. Chacune de ces paroles crues me ramène sans cesse à lui.
Lui au-dessus de moi, dans son bureau, contre son sol. Lui et sa langue sur la peau tendre et sensible de mon cou. Ses mains sur mes seins, son sexe contre mon intimité chaude et volontaire. Oh comme je le veux. Ses yeux verts sont gravés dans mon esprit. Même s'il ne rappelle jamais, je ne pense plus pouvoir oublier cet instant.
-Ehhh, NINAA, TELEPHONE !
Je me fais sortir de mes sordides fantasmes avec un sursaut par ma folle de colocataire qui gueule comme une truie. Bonjour, le principe de « on ne hurle pas » qu’elle a elle-même établit.
-LA FERME MOE. PAS LA PEINE DE GUEULER, J'ARRIVE BON SANG !
-Oups, désolé ma poule. Tiens, quelqu'un pour toi. Dit-elle en me tendant le combiné et en allant sur sa planète. La salle de bain.
-Allô ?
-Mademoiselle Mills ? Dit une voix platonique et cordiale.
-Ouais... c'est moi.
-Eh bien, je suis le major d'homme de M. Deveraux, Il me fait vous dire de vous présenter Lundi matin à la villa pour que Jill, l'ancienne nanny, vous fasse connaitre vos taches. N'oubliez pas mademoiselle, 07heures pile. Soyez à l'heure ! Puis il raccroche sans même me laisser le temps d'en placer une. Ok...
-Woua... Dis-je abasourdie.
-Qu'est ce qui ne va pas Nini ? Demande-t-elle prestement.
-Euh... je crois que je suis embauchée pour le job de Nanny. Je crois, enfin je veux dire que oui, oui je suis embauchée. Mh... il a dit que je devais commencer Lundi à 7heures. Dis-je pensivement.
-Euh... c’est super pour le job mais toi ? 7Heures du matin ? Te lever aussi tôt ? Haha la bonne blague. Tu vas tirer une de ces têtes ! J'ai hâte de voir ça.
-Je n'ai pas vraiment le choix tu sais ! Dis-je vexée avec une voix qui se voulait autoritaire. En plus, je faisais exprès de ne pas me lever tôt parce que je n'avais rien à faire ! Tu vas voir que je serais debout avant toi et c'est moi qui te réveillerais. Tu verras !
-Je te taquine babe. Je suis sûre que tu vas gérer, j'en suis persuadée !
-Tu le penses vraiment ?
-Oui babe.
-Merci Moe. Dis-je en la prenant dans mes bras.
Alors comme ça je vais travailler pour ce salaud. Je crois que ce travail risque d'être riche en émotions, dur pour mes hormones et surtout dur pour... autre chose, Harrison Deveraux.
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Il est plus de 22 heures et nous sommes un dimanche. J'essaie vraiment de dormir pour être en forme demain mais je n'y arrive pas. À chaque fois que je ferme les yeux, c'est lui que je vois. Lui et ses yeux verts. Je peux même sentir ses mains parcourir chaque parcelle de mon corps. Bon sang, comment un homme peut autant chambouler la vie et le corps d'une femme ? Est-ce que lui ressent pareil ? J'ai tellement chaud en ce moment rien que de m'imaginer pouvoir sentir chaque centimètre de sa queue en moi, me resserrer autour de lui lorsque j'atteindrais l'orgasme. Je donnerais presque tout ce que j'ai en ce moment pour le sentir en moi, juste une fois. Seigneur, j'en deviens folle. Je n'ai jamais ressenti un désir aussi fort.
Dois-je vraiment accepter ce travail ? Je ne sais pas si je pourrais m'empêcher de lui sauter dessus. Je veux tellement sentir la chaleur de son corps contre le mien que j’en oublie totalement le pourquoi de ce travail. Ce que vous me faites ressentir M. Deveraux.
‘I am thinking of you in my sleepless solitude tonight’
Je pense à toi ce soir dans ma solitude sans sommeil
´If it's wrong to love you then my heart just won't let me be right’
Si c'est mal de t'aimer alors mon cœur ne me laissera pas avoir raison
'Cause I've drowned in you and I won't pull through
Without you by my side’
Parce que je me suis noyée en toi et que je ne m'en sortirai pas sans toi à mes côtés .
D'habitude, dans mes nuits blanches comme aujourd'hui, la voix de Mariah Carey réussit toujours à m'apaiser et m'endormir. Mais pas ce soir... ce soir en écoutant sa chanson ''My all'' je ne fais que me créer une histoire qui n'existe pas avec pour principal protagoniste un salaud imbu de sa personne mais oh que baisable.
´I'd give my all to have just one more night with you’
Je donnerais tout pour passer une nuit de plus avec toi
´I'd risk my life to feel your body next to mine’
Je risquerais ma vie pour sentir ton corps à côté du mien
'Cause I can't go on living in the memory of our song
I'd give my all for your love tonight’
Parce que je ne peux pas continuer à vivre dans le souvenir de notre chanson
Je donnerais tout pour ton amour ce soir
´Baby can you feel me, imagining I'm looking in your eyes’
Bébé peux-tu me sentir, en imaginant que je regarde dans tes yeux
´I can see you clearly vividly emblazoned in my mind’
Je peux te voir clairement, vivement dans mon esprit
´ And yet you're so far like a distant star
I'm wishing on tonight’
Et pourtant tu es si loin comme une étoile lointaine
A laquelle je fais un vœu ce soir
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*PDV Harry*
Elle sera chez moi demain. Je n'ai pu m'empêcher de penser à elle tout le week-end. Je voulais la revoir, vraiment mais il fallait que j'attende. Il fallait que je la punisse pour m'avoir laissé les couilles en feu. La punir elle ? Ou alors moi ? Je ne sais pas. Quand je repense à son regard plongé dans le mien, à son corps et ses seins parfaits. J'aimerais tant les serrer dans ma paume, les sucer et tirer leurs pointes entre mes dents. Lorsque je la baiserais enfin ce sera dur et doux en même temps.
Je veux qu'elle ne pense qu'à moi, autant que je pense à elle. J'aime son corps mais ce qui me fait le plus bander ce sont ses yeux. Cette vulnérabilité que j'y vois et qui m'appelle si étrangement que je ne sais comment le décrire. Mais il y a aussi cette flamme, cette passion, cette rage contre qui, je ne sais pas mais ce feu, c'est celui que je veux en plus de sa vulnérabilité. Je veux tout, absolument tout d'elle.
La tête sous le jet d'eau de ma salle de bain italienne, ma main droite descend sur les muscles tendus de mon ventre jusqu'à mon membre encore plus tendu. Je ferme les yeux en imaginant la bouche sucrée et humide de Nina qui m'enveloppe parfaitement. Ouais...elle faite pour cet endroit.
Je commence à faire coulisser ma main bien serrée autour de mon pénis, de haut en bas, de bas en haut. Accélérant la cadence au fur et à mesure de chaque va et vient. Ce que j'aimerais être en elle, la baiser fort, goûter à sa féminité, taquiner ses plis et la boire jusqu'à ce qu'elle en soit sèche. Putain... je veux qu'elle soit là. Ouais, je la veux.
-Nina... Gémis je.
Encore un peu... J'y suis presque...
-Nina... Nina... Nina... Je répète son nom comme une litanie avec pour seule réponse les échos de ma voix dans ma douche. Putain rien que de penser à elle à genoux devant moi, je sens l'orgasme s'approcher de plus en plus.
Après quelques mouvements de plus j'éjacule enfin sur les murs et un peu entre mes doigts. C'était tellement intense que je me demande ce que ça donnerait d'avoir sa chate à la place de ma main.
En ouvrant les yeux, la première image que j'aie c'est une image de Nina léchant mon gland, chaque goutte ressortie et les restes sur mes doigts que j'étalerais sur ses joues, sur ses seins... bordel, je bande encore.
Je la veux tellement putain que j’en ai mal à l’aine. Ouais, je la veux et je l'aurais.
Chapitre 3
-Quartiers pauvres de BERLIN-
*PDV Maureen*
Je déteste le froid. Je viens à peine de finir le boulot et j’y retournerai presque si je ne détestais pas encore plus cet endroit que la température frigorifique de Berlin à cette période de l’année. Le soleil et sa chaleur sont beaucoup plus mon délire que de me sentir comme du poulet congelé. Qu'est-ce que je suis fatiguée. La nuit d'hier au bar a été des plus éprouvantes, beaucoup plus que d'habitude. Ces imbéciles qui pensent qu’on leur doit un culte juste parce qu’ils sont clients et qu’ils dépensent de l’argent dans le cul d’une ou trois de nos strippers me donnent autant la gerbe que mon premier jour de boulot. Rien n’a changé depuis et rien ne changera jamais. La vie n’est pas rose comme le dit la chanson mais grise, voir carrément noire à certains moment. Quoiqu’il en soit j’ai besoin de ce job pour ne pas vivre sous les ponts. Je tiens beaucoup trop à mes douches chaudes et avoir les cheveux qui sentent la rose plutôt que la pisse de chat ou les excréments d’animaux.
Aider le monde ? Une bien jolie cause tant qu’on en reste à ces mots car personne ne met l’accent sur le réservoir de moyens qu’il faut pour l’aider ce monde. Je n’ai même pas de quoi prendre le bus ces jours-ci alors le monde a à se débrouiller sans moi. De toute façon en quoi je pourrais le rendre meilleur à moi toute seule ? Je ne crois pas en l’amour. L’amour est une création des personnes de faibles esprits qui ne savent pas ce qu’est l’amour de soi alors ils compensent leur dégoût d’eux-mêmes par un fictif amour envers l’autre. Quelle belle connerie…
L’amour parental ? J’y crois en moins. Si c’était une réalité je n’aurais jamais été abandonnée à la naissance et dans une benne à ordure qui plus est. Si ce pasteur ne m’avait pas entendu pleuré en cette nuit noire et ne m’avait pas sauvé pour me déposer dans mon orphelinat, je serais morte depuis bien de lustre. Sûrement bouffée par des rats ou broyé lors du ramassage poubelle. Ça n’aurait pas été si mal d’ailleurs vu la vie que je mène. Tout ça ne veut pas dire que je crois en Dieu. Ça aurait été un adepte du culte satanique qui m’aurait sauvé, du moment que je ne sois pas morte dans une description glauque, c’est du pareil au même. Le seul amour auquel je veux tenter de croire est celui que j’ai pour ma Nina, ma sœur de cœur. Nous nous sommes toujours tenues les coudes depuis notre rencontre à l’orphelinat. Elle est la seule que je ne veux jamais décevoir. Elle, je l’aime et pour moi c’est ce qui s’approche d’un amour inconditionnel si ça existe vraiment. Ce que j’aimerais disparaître dans le vide et n’être qu’une feuille qui tombe d’un arbre puis emportée par le vent. Encore une fois qui exaucerait mon vœu ? Les fées ? La petite souris ou le père Noël ? La bonne blague, il faudrait d’abord que ce dernier puisse faire disparaître son gros bidon pour passer les cheminées s’il existe bien évidemment. S’il n’y avait pas Nina, j’aurais abandonné depuis longtemps. Elle est la lune dans les ténèbres et le soleil de mes hivers. Je tomberais presque amoureuse si je n’étais pas cent pour cent attiré par le levier de vitesse entre les jambes des hommes. Un autre penchant qui me donne une joie éphémère mais une joie quand même. Bénit soit l’inventeur de l’orgasme.
J’ai envie d’un sorbet. Devrais-je faire un stop chez Tanne Beis Berlin ? J’ai vraiment envie d’une bonne glace au chocolat ou à la pistache. Des gaufres ne seraient pas de refus aussi. Combien me reste t’il de sous déjà ? Je plonge la main dans la poche arrière de mon jeans pour sortir mon porte-monnaie avec l’espoir d’y trouver assez de liquidités mais comme toujours mes espoirs ne valent pas l’effort de les émettre. A quoi je pensais ? Je n’ai même pas de quoi prendre les transports commun et j’aurais assez pour des luxures ?
Pin pinnnnn !
Je me fais sortir de mon auto apitoiement par les Klaxons d’une voiture et les sifflements des singes qui la conduisent.
-Eh ma belle tu veux venir jouer avec nous ? Dit le singe conducteur. On va bien s’amuser ensemble bébé, montes.
-Va te faire mettre dans le cul espèce de crétin. Réponds je en m’éloignant.
-Espèce de connasse ! L’entends je me hurler puis le bruit de son moteur qui gronde et le crissement des pneus élancés sur le goudron.
-Prends ça, salope !
-Fils de pute ! Bordel de merde. Hurle je en sautillant sur moi et me palpant partout pour essayer inutilement de nettoyer la substance collante que ces babouins m’ont jeté dessus par leur fenêtre. Putain, c’est froid ! Non… ne le dite pas que c’est… de la glace ? Mais quelle chienne de vie. ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ Je rentre juste à temps pour voir Nina sillonner tout l'appart à la recherche de... quoi d'ailleurs ?
-Qu'est-ce que tu fous ? C’est quoi ce bazar ? Demandé je.
Quand finira cette putain de journée ?
-Mes baskets et mon manteau ! Je ne les trouve pas Moe, aide-moi ou je vais être en retard. Dit-elle prestement en continuant de retourner l’appartement.
-Euh... Nini ?
-QUOI ?
-Tes baskets.
-Oui, quoi mes baskets ? Tu les as vu ? où ? Me demande-t-elle en arrêtant ses fouilles pour me fixer comme le sauveur de l’humanité.
-Tu les as aux pieds Nini. Dis-je encore abasourdie de la tournure des événements passés et de ce que j’ai en face de moi.
C’est quoi ici ? Un souk ?
-Mais qu'est-ce que tu rac- Elle s'arrête net en milieu de phrase constatant qu'effectivement elle les avait aux pieds ses fichus baskets. Oh...je vois.
-Tu ne devrais pas mettre de talons à la place ?
-Oh s’il te plaît Moe, commence pas. Je suis assez stressée.
-Je vais te les brûler un jour tes baskets. Ce n’est pas du tout professionnel surtout chez ces riches.
-D’accord mais tu m’en rachèteras de nouvelles paires dans ce cas. Bien, il ne manque plus que mon manteau.
-Regarde sur le siège derrière le bar. Tu le laisse toujours là-bas. Elle y va les sourcils froncés et revient avec -roulement de tambour- le manteau en question.
-Je ne sais pas ce que je ferais sans toi Moe, merci. Me dit-elle en claquant un bisou sonore sur ma joue.
-Probablement que tu serais dans la merde ou en prison avec ta langue fourchue. Me moqué je.
-Ha.ha. Très drôle, ta langue est beaucoup plus piquante que la mienne. A la limite je suis un bébé jaguar et toi une lionne qui défendrait ses petits.
-Ce que tu peux être conne quand tu t’y mets. Dis-je tout sourire.
-Comment c’était hier au bar ? Tu as eu de bons pourboire ? Dit-elle en se tripotant les cheveux devant la seule glace que nous possédons, derrière la porte d’entrée.
-Tu parles… René garde la majorité de nos pourboires. C’est irréaliste d’avoir un patron aussi pingre. Même le personnage d’animé, ce Picsous, est beaucoup mieux que ce imbécile.
-Je suis désolé Moe. Si tu veux démissionner je pourrais m’occuper des besoins pendant une certaine période maintenant que j’ai ce job. Alors si tu veux souffler un peu, n’hésite pas.
-Non, je déteste me tourner les pouces. L’ennuie équivaut au sentiment d’inutilité et est un motif de suicide. Je préfère de loin ce job à passer mon temps à bouffer des conneries sur le canapé.
-D’accord mais ma proposition n’a pas de durée limitée, penses-y. Tu as juste à me prévenir à l’avance et c’est tout.
-Okay, J’en prends note. Dis-je toute sourire.
-Bon j'y vais. Repose toi bien bébé et manges quelque chose avant de dormir chérie. Je t’ai laissé des gaufres dans la cuisine, manges les ! Dit-elle à ma grande surprise juste avant de refermer la porte derrière elle.
-Bonne journée mon amour… et merci.
Je l’aime. On est vraiment de vraies filles. Toujours à se donner des surnoms niais, à se tripoter des fois, se chipoter mais en vrai on s’adore. Je donnerais tout pour elle et elle pour moi j’en suis convaincu. Elle m'a soutenu quand je n'étais personne et encore plus maintenant que j'essaie de m'en sortir. Presque toutes nos connaissances disent qu'ils ne nous ont jamais vu avec des mecs donc on doit surement être le genre de personne à aimer les gens du même sexe. Ou alors nous sommes un couple dans le closet de peur des quand dira-t-on des gens. Ça me fait toujours pleurer de rire d’entendre ces choses et je dois dire que j'en joue des fois pour coincer des mecs lorsqu'on sort en boîtes. C’est quoi ce fantasme des hommes à regarder deux filles s’embrasser et se toucher ? Mais pour tout dire, si je ne sors quasiment pas avec les hommes que je rencontre à chaque sortie, c'est parce que j'ai des goûts particuliers en matière d'amour et de sexe. Je ne suis pas à fond dans le BDSM mais j'ai déjà passé la porte d'entrée, ça c'est sûr et c’est difficile de redescendre à la vanille une fois qu’on sait le goût de l’aphrodisiaque. Si je n'ai toujours pas de copains, c'est juste parce que je le veux. Je suis plus coup d'un soir que petit copain du moment. J'ai de gros problèmes d'engagements et j'aime ma liberté. Je peux être dans une relation à partenaire unique, des deux côtés, sans pour autant me considérer en couple. Les hommes n'arrivent souvent pas à suivre mon rythme ou ma manière de fonctionner ni de penser donc en général après deux semaines, même avec toute ma volonté ça se termine en cacahuète. Je m’ennuie vite de ces relations sans queue ni tête. Je veux une rencontre comparable à une tornade, un touché comme la larve d’un volcan ou presque, de l’électrique, un grand huit. Je veux juste de la passion, est-ce trop demandé ?
Bref, ce n'est pas tous mais j'ai sommeil. Avant ça, à nous deux les gaufres !
~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~ -Quartiers riches de BERLIN-
*PDV Nina*
Berlin, ma ville natale. Toi qui m’abrite et m’a vu grandir, comme je t’aime. Rien ne m’a jamais été acquis ici et rien ne me le sera jamais. Mais ne dit-on pas que les plus belles et durables possessions sont celles acquises dans la douleur et les épreuves ? Ce qui s’acquiert aisément et facilement n’est jamais respecté et à juste raison. Toutefois, ce qui se construit et que l’on obtient après un champ de mines est le plus bel héritage, une attestation de notre existence.
La vie n’est pas toujours facile ici mais ce qu’elle peut-être belle lorsqu’on mise justement et logiquement sur ces paramètres. Cela fait longtemps que je n’ai pas pris le bus. Les prix des transports sont exorbitants et ni moi ni Maureen ne pouvons nous permettre de luxure. Certains voient la luxure comme le fait de dormir dans de grands hôtels 3 étoiles ou alors de manger dans de grands restaurants et de se vêtir de vêtements de créateurs. Pour moi toutefois, la luxure commence à la deuxième pincée de sel rajoutée à un bol de soupe. Aujourd’hui je prends le bus car c’est un jour important. Un jour qui pourrait à jamais changer ma vie et son niveau dans la pyramide de Maslow.
J’adore la musique et dans toutes les langues qui existent, sans discrimination. Du mandarin au français en passant par l’arabe et l’anglais. C’est un instrument de relaxation et d’exaltation pour moi, elle m’apaise et me motive à la fois. Je suis tellement stressée en ce moment que je ne saurais le décrire correctement avec des mots. J’ai la sensation d’être en apesanteur et retenue par un mince fil à couture.
Les paroles coréennes de la chanteuse CHAI résonne dans mes oreilles et m’exhorte à me calmer car tout ira bien comme toujours après les orages.
~ ‘Tout va bien, tout va bien
J’ai perdu tout ce qui m’est cher.
~
Mais tout va bien, tout va bien
Car j’ai toujours quelqu’un auprès de moi.
~
Quand je pleure et quand je suis seule
Tu as toujours été avec moi.
~
Tu es mon ange gardien
Toujours, tu es présent
~
Oh, tu es mon protecteur
Tu es à mes côtés, pour toujours
A jamais reste ici près de moi.’
~
Maureen me dit souvent que je suis une amoureuse de la vie. Elle dit aussi que je suis stupide la plupart du temps et que ma plus grosse bêtise est de croire qu’il existe un Dieu au dessus de nous. Que si ce Dieu existe vraiment alors c’est un sadique et un enfoiré, ses mots bien entendu pas les miens. Moi je crois en cette énergie, cette essence surpuissante et incompréhensible par le faible esprit humain.
Je n’ai aucune religion. Pour moi, toutes ces religions ainsi que leurs livres ne sont que des écrits et manipulations humaines avec des ajouts et des omissions volontaires pour égarer les faibles d’esprit. Je crois au divin, séparé de nous, les créations, et qui nous observe constamment, nous protège et nous guide sans que nous en soyons forcément conscients. Il ou elle donne à sa création que ce dont il a besoin et au moment propice. S’il nous manque quelque chose alors ce n’est sûrement pas le bon moment. Pourquoi se presser ? Je suis peut-être stupide dans ma croyance mais à chacun sa vision et son opinion.
Je me demande ce qu’il se passera aujourd’hui au manoir Deveraux. Vais-je enfin rencontrer le fils de mon futur employeur ? Comment est-il ce garçon ? Je me demande aussi la relation qu’il entretient avec sa mère biologique. J’adore les enfants, je souhaite en avoir à moi-même mais je n’en aurais sûrement jamais avec mon niveau de vie et le mariage n’a jamais été une possibilité même en rêve pour moi. Qui voudrait d’une femme de ma condition pour construire un futur ? Les hommes du même niveau financier que moi ? C’est à dire le néant ? Non merci, trop peu pour moi. J’étais trop obnubilée par mes soucis financiers pour donner le temps et l’heure aux hommes de juste flirter avec moi. Le seul homme a m’avoir approchée et à être entrer dans ma culotte a été une erreur de beuverie, j’ai à remercier notre chère Maureen pour ça. Je regrette d’avoir perdu ma virginité aussi bêtement mais ce qui est fait ne peut être changé. A quoi bon se fixer sur le passé ?
A présent il y a cet homme. Cet homme aux yeux semblables à la teinte de l’Amazonie en pleine aube. Un homme qui déclenche ou réveille en moi des sensations insoupçonnées jusqu’à aujourd’hui. C’est électrifiant mais oh-combien effrayant. J’ai envie de ressentir encore plus avec lui et de le repousser à la fois. J’ai peur. Peur de brûler sous ses caresses, d’en vouloir encore plus et toujours mieux que le précédent toucher. Cet homme est diabolique. J’ai envie de perdre le contrôle que j’exerce sur moi depuis toutes ces années dans ses bras. Pour juste quelques instants, juste quelques minutes ou secondes, je voudrais qu’il secoue mon âme, me tire de l’enfer au paradis. Je veux ce putain de fruit défendu du jardin d’éden.
Je descends du bus et termine les quelques pâtées qu’il me reste pour enfin me tenir sur le perron du manoir. Je me sens étrangement comme la belle de la contine qui vient jusqu’à la bête afin de protéger son père. Va-t-il me dévorer ? Je l’espère… figurativement parlant bien entendu.
J'y suis enfin. Ça y est, je ne peux plus reculer. On respire un grand coup Nina, allez ! Tu ne vas pas te laisser démonter, peut-être d’une autre manière mais allez Nina, penses à tous tes impayés.
~
Ding dong
~
Putain, j'ai le cœur qui tape des sprints sans intermittence et il accélère encore plus lorsque la porte d'entrée s'ouvre à la volée sur...
-Je vous attendais, Nina. Bordel de merde ! Monsieur Deveraux...