Chapitre 2
Hummm la sonnerie du réveil a du mal à passer ce matin, je n'ai encore moins l'envie de moi lever quand je sens des courbatures qui me tirent un peu partout dans mon corps. Je me retourne et ouvre un œil, de ne pas avoir ma fille auprès de moi, et encore plus dure.
Hier, je suis allé aider mon frère à faire le service dans son pub, un endroit très charmant, enfin en début de soirée, parce que vers la fin, on n'est entouré que par des zombies complètement saouls.
Il ne manque pas d'hommes dans ce bar, du moins des mecs qui une fois qu'ils ont un peu trop d'alcool dans le sang, sont lourds et ne recherchent qu'à nous faire passer un moment dans leur lit. Ce genre d'homme ne m'intéresse pas, de toute façon je ne me sens pas prête encore à vouloir oublier mon mari et encore moins avec un homme qui avant même de connaître mon prénom se permet de me toucher les fesses.
Mais depuis deux jours je me sens complètement perdu, cet homme que ma fille a abordé dans Central Park, envahit mes pensées, et c'est la première fois qu'un homme depuis le décès de mon mari me donne l'envie d'en savoir plus sur lui.
Pour tout dire, cela fait deux nuits que j'en rêve même la nuit, et ce n'est pas un simple rêve où l'on fait que connaissance. Je pense que le fait que je n'ai pas fait l'amour avec un homme depuis deux ans y est sûrement pour quelque chose.
Il faut que j'arrête et que je me reprenne, de toute façon je ne suis pas prête de le revoir, je pense qu'il a compris que je ne remettrai plus les pieds au parc, du moins pour le moment.
Et puis commenter peut fantasmer sur un homme dont on ne sait rien, à part qu'il est marié, et à une petite fille, je ne connais rien même pas son prénom. Disons que je ne lui ai pas laissé non plus le temps de moi le dire.
Je souffle un bon coup et me lève de mon lit, mon regard se pose sur l'une de mes photos de mariage qui se trouve sur la table de nuit, mon cœur se serre et je me sens coupable de penser à un autre homme alors que c'est dans les bras de Frank que j'aimerais pouvoir m'y blottir.
Je vais fouiller dans mon armoire, je jette vite fait un petit coup d'œil à la fenêtre de ma chambre pour regarder le ciel, à 7H du matin, il fait encore sombre dehors, mais il n'y a pas de nuages, je choisis donc de mettre une robe noire pas trop courte à manches longues. À New York passé le mois de septembre, il ne fait pas très chaud même avec les derniers rayons de soleil que nous offre l'automne.
Ma fille est chez ma mère, je dois aller la récupérer pour l'amener à l'école, j'aurais pu rester au lit, mais Emy me manque, et puis je n'ai rien d'autre de passionnant à faire comme toutes mes autres journées. Ça me doit aussi de me bouger et de continuer mes recherches d'emploi. Je dois également rendre visite à mon frère, je ne sais pas s'il vous plaît sur moi ou pas pour les services à venir du soir. Ce n'est pas vraiment un métier que j'apprécie particulièrement, mais les pourboires me permettent de mettre de l'argent de côté pour offrir le cadeau de Noël d'Emy. Cela me permet également de rendre service à mon frère qui a toujours été là pour moi, et de passer du temps avec lui.
Après le décès de Frank, les huissiers nous ont tout pris, à commencer par notre sublime villa, et sans mon frère, je me serais retrouvé à la rue avec ma fille dans les bras. Il m'a tout d'abord hébergé chez lui, et ensuite il m'a trouvé ce petit appartement, il s'est même porté cautionnaire pour que je puisse avoir un chez moi et reprendre une vie normale.
Allez hop, une douche pour se réveiller, et calme ma nuit agitée, qu'est-ce qui m'arrive même sous ma douche, il faut que je pense à cet homme. Disons aussi qu'il est vraiment très charmant, et je me sens coupable de l'avoir envoyé balader comme je l'ai fait, après tout il cherchait sûrement à être sympas et rien de plus.
Bref, pourquoi je me félicite autant la tête. Je me dépêche de prendre ma douche, je m'habille et moi maquille légèrement, je ne suis pas le genre femme qui met une tonne de peinture sur le visage. J'assume entièrement mon physique, bon, il est loin d'être parfait, mais je n'ai pas non plus à moi plaindre, la nature m'a plutôt bien gâtée. Puis je me sèche et lisse mes longs cheveux bruns, je finis par quelques gouttes de parfum, le même que je mets depuis des années, Frank adorait ce parfum. Et voilà, je suis prête, je prendrais un café sur le trajet pour aller chez ma mère de toute façon si j'ouvre les placards ou le frigo, il n'y reste plus grand-chose, il est vraiment temps que je trouve un travail.
****
Je me gare devant une petite maison, humm je rêve de pouvoir un jour vivre à nouveau dans ce genre d'endroit, au calme, loin de la bruyante circulation new-yorkaise, loin des délits et meurtres en tous genres. Bien évidemment ma mère m'a proposé de venir vivre avec elle dans cette sublime petite villa, mais je préfère avoir un minimum d'indépendance, je pense qu'à 26 ans, on a passé de se faire couver par ses parents même après la dure épreuve que j'ai endurée.
Je descends de ma voiture, et m'avance dans la petite allée qui mène à la porte d'entrée, je souris avant même d'avoir sonné, j'entends Emy qui en fait encore voir à son grand-père. Ma fille est plutôt du genre calme le matin, mais depuis ces deux derniers jours, je ne sais pas ce qu'il lui prend, elle est surexcitée sûrement à cause de l'approche de Noël.
Je frappe à la porte, quand elle s'ouvre, je vois, le visage de ma mère accompagné d'un soupir de soulagement, je comprends qu'Emy n'a pas été trop cool avec eux.
- je pense que ta fille a besoin d'un endroit où se défouler ma chérie, m'affirme-t-elle en souriant.
Son sourire me rassure, parce que je n'ai pas les moyens d'utiliser un nom, et si jamais je retrouve du travail, j'aurais besoin de ma mère pour garder Emy. Je connais ma mère elle se plaint, mais elle est la première à me réclamer pour garder ma fille pendant les vacances scolaires, c'est juste qu'en ce moment Emy a une période où elle n'est jamais fatiguée.
Je lui fais à mon tour, un sourire et rentre à l'intérieur, j'entends Emy arrivait en courant, je m'accroupis pour qu'elle vienne se jeter dans mes bras, mon bébé, ma vie, ça fait du bien de la retrouver.
-tu m'as manqué maman.
- oh! Toi aussi mon cœur, mais je ne suis pas très fière de toi Emy, lui dis-je sur un ton autoritaire.
Elle se sort de mes bras, et baisse la tête, je n'aime pas trop la disputer, mais il y a quelquefois, on n'a pas le choix sinon elle va finir par nous marcher dessus.
- tu n'as pas été trop sage Emy!
- ce n'est rien Lilou, réponds ma mère .
C'est tout à fait ma mère, elle ne peut s'empêcher de prendre la défense de ma fille. Je soupire et embrasse tendrement Emy sur le front.
- tu as la chance d'avoir la meilleure des mamies, allez va chercher tes affaires avant que l'on soit en retard pour l'école.
Je me relève et Emy part en courant chercher son sac dans sa chambre, elle ne s'est pas rencontrée longtemps à revenir. Je sens le regard de ma mère sur moi, je n'ose pas me retourner et entamer une discussion, à chaque fois c'est la même chose, "Lilou, ça fait deux ans et tu es jeune ..." bla-bla , je connais son discours par cœur.
- Lilou attend avant de partir, j'ai quelque chose à te dire, s'exclame ma mère.
- je n'ai pas le temps maman!
- Emy, tu veux bien attendre ta maman dans la voiture, demande ma mère .
Elle ouvre la porte d'entrée, Emy court à nouveau et s'installe dans la voiture, ma mère me fait signe de sortir dehors et elle referme la porte derrière moi. Je le sais qu'Emy a besoin d'une présence masculine à la maison, mais personne ne veut comprendre que je ne me sens pas prête à refaire ma vie.
- il y a eu un problème avec Emy? j e demande en regardant en direction de ma voiture .
- non, elle est adorable, elle a juste de l'énergie à revendre, dit -elle en rigolant.
- je suis désolé, si elle vous a épuisé, mais je n'ai pas d'autres solutions, tu le sais, et puis Damien risque d'avoir encore besoin de moi dans les prochains jours.
- tu le sais que l'on garde Emy avec grand plaisir, et je suis heureuse que l'affaire de ton frère marche, vous avez l'air d'une ancienne bonne équipe.
- humm oui, même si j'aimerais pouvoir faire autre chose de ma vie, réponds-je en poussant un soupir .
On a toujours été proche de Damien et moi, il a 3 ans de plus que moi, quand mon père a quitté ma mère, il a parfaitement joué son rôle de grand frère. Même aujourd'hui il continue de veiller et de prendre soin de moi, je me sens coupable de devoir autant dépendre de lui alors qu'il a lui aussi une famille à nourrir.
- Emy m'a parlé d'une nouvelle copine Sarah.
- c'est une petite fille de son âge qu'elle a rencontré au parc, mais pourquoi elle t'en a parlé, elles ne se sont vues qu'une fois?
J'espère que ma fille n'a pas osé parler à ma mère du père de sa nouvelle copine. Je regarde ma mère, elle a un immense sourire qui se forme sur son visage. Be si elle a osé, et je ne veux pas imaginer ce qu’elle a pu raconter, mais je vais devoir discuter sérieusement avec Emy.
- le papa de sa copine ... Lilou, Emy m'a dit qu'il allait devenir son papa.
- Pardon? Quoi? Mais ... Non! Emy! je crie après ma fille.
- Lilou, ta fille a besoin d'un père, ne la gronde pas.
- ce père de famille, je ne le connais même pas, c'est Emy qui l'a abordé dans le parc! Je veux bien croire qu'elle a besoin d'un père, mais tu oublies qu'elle en a déjà un! je lui rappelle sur un ton sec.
- un père dont elle ne se souvient même pas! Lilou ouvre les yeux, tu n'as que 26 ans, et ta fille ....
- arrêtez, je connais ton discours par cœur, et ma réponse est toujours la même, je ne suis pas prête!
Je pars sans dire un mot de plus, Emy a le don de moi mettre dans des situations embarrassantes.
Je rentre dans la voiture, et regarde Emy dans le rétroviseur, elle se doute de la conversation que j'ai eu avec sa grand-mère, elle baisse la tête comme quand elle fait une bêtise. Je n'ai même pas le courage de la gronder.
- Emy ...
- oui, maman, réponds t-elle d'une petite voix.
- rien, je t'aime mon cœur.
- moi aussi je t'aime, maman, dit-elle en souriant.
Je commence sans plus attendre et nous partons pour l'école.
Après avoir accompagné Emy, portes de son école, je me retrouve seule dans ma voiture, et souffle un bon coup. Je ne sens pas trop bien un énorme poids envahi mon cœur, j'ai envie de pleurer, pourquoi il a fallu qu'il y ait cet accident, pourquoi dois-je vivre sans lui. Le pire, c'est que ma mère a raison, je devrais penser au bonheur d'Emy et le mien par la même occasion.
***
Je quitte la maison de mon frère où j'y ai passé une grande partie de ma journée. Tu es pitoyable ma pauvre Lilou, ta vie est si passionnante, que tu passes la plupart de tes journées soit chez ta mère, soit chez ton frère ou au cimetière à déprimé et à pleuré toutes les larmes de mon corps.
Damien a besoin de mon aide demain soir, cela tombe bien, j'ai envie de passer du temps seule avec Emy ce soir, je ne sais pas comment m'y prendre pour lui faire comprendre qu'elle ne peut pas me mettre avec tous les hommes qu'elle va croiser dans un parc ou dans la rue.
J'arrive devant l'école, j'attends que la sonnerie retentisse avant de descendre de ma voiture, le regard des autres parents m'est insupportable.
Heureusement, la fin de classe, ne tarde pas à retentir, je sors de ma voiture et m'avance en baissant la tête, discuter avec les autres parents de tout et de rien, très peu pour moi, et puis je sais très bien où en arrivera la discussion ", il faut vraiment avoir du courage pour élever son enfant toute seule".
Emy sort, mais elle est moins enthousiaste que les autres jours, j'espère qu'il ne s'est rien passé de grave en classe.
- Ça ne va pas mon cœur? je lui demande en lui caressant la joue.
Elle me fait signe "oui" de la tête et elle s'avance jusqu'à la voiture. Je pense savoir quel est son problème, je ne peux pas la priver de nos petites habitudes à cause d'un homme que je n'ai croisé qu'une fois dans ma vie, et que je pense, je n'aurai plus l ' occasion de revoir, il a dû comprendre si hier, il est allé au parc que je n'y mettrais plus les pieds.
Sur s'installe dans la voiture, je regarde Emy à travers le rétroviseur, elle baisse toujours la tête. Je ne supporte pas de la voir triste, je prends une respiration profonde.
- j'ai pensé à prendre le pain pour tes canards, lui dis-je en souriant.
Elle relève la tête et son visage s'illumine, je ne me suis pas trompé, c'est de ne pas aller au parc qui la chagrine.
- par contre, Emy, c'est fini, tu n'abordes, plus aucun papa dans le parc s'est bien compris?
- d'accord maman, me réponds t-elle avec un immense sourire .
C'est parti direction Centrale Park, elle a de la chance que je sois prête à tout pour elle. Maintenant, il me reste plus qu'à prier durant le trajet que le père de sa nouvelle copine ne soit pas là.
***
Une demi-heure plus tard, on y est, je me gare, mais j'avoue ne pas être trop à l'aise. Depuis quand j'ai peur de croiser le regard de quelqu'un, d'un homme. Je pense que mes rêves y sont pour beaucoup, je ne sais même pas comment je vais réagir si jamais, je me retrouve en face de cet inconnu.
Au lieu de moi poser des questions, je ferais mieux de moi bouger, et puis je me prends sûrement la tête pour rien, il ne sera pas là.
Je sors ma fille de la voiture, mais cette fois-ci, je compte ne pas lui lâcher sa petite main, ça m'a suffit d'une fois d'être ridiculisé, elle serait capable d'aller aborder un autre père de famille .
On marche quelques mètres et on arrive au niveau de la jument, je n'ai même pas le temps de relever la tête que ma fille me fait comprendre en hurlant le prénom de "Sarah" que sa copine se trouve en face de nous. Je prie pour qu'il s'agisse de sa et non son père qui l'a accompagné. Pourquoi mon cœur s'emballe, alors que je ne veux pas voir cet homme.
- maman lâche moi s'il te plaît! moi supplie-t-elle.
Je lève mon visage, et je vois cet homme, toujours habillé d'un costard noir avec une chemise blanche et une cravate de la même couleur que son costume. Ses cheveux coiffés de la même manière que la dernière fois, je ne peux pas mentir, il est vraiment très charmant.
Ma main lâche celle de ma fille, elle court immédiatement dire bonjour à sa nouvelle amie, je m'avance timidement vers ce père de famille qui hante mes pensées et mes rêves depuis deux jours.
- je commençais à perdre espoirs de ne plus vous revoir dans ce parc.
Il emploie toujours son ton à la fois sûr de lui et autoritaire, je baisse la tête, je sens la chaleur montée sur mes joues, c'est la première fois qu'un homme me fait cet effet depuis le décès de Frank.
Je ne réponds pas et m'avance vers ma fille, comme si je n'ai pas entendu ce qu'il vient de dire.
Lilou, tu pourrais au moins être polie et dire bonjour. Je le regarde du coin de l'œil, mais je ne dois pas être trop discret vu la manière dont il sourit.
- ma fille n'arrête pas de parler de la vôtre, lui dis-je timidement .
- la mienne c'est pareil, elles ont l'air de très bien s'entendre.
- Emy, tu ne veux pas aller jouer au toboggan avec ta nouvelle amie? J e lui demande en haussant la voix .
- maman, tu crois que Sarah pourra venir un jour à la maison.
- euh .. Emy .... vient, on va à l’aire de jeu.
Encore une fois, ma fille a décidé de me mettre mal à l'aise, j'aimerais pouvoir lui faire plaisir et inviter sa copine chez nous. Mais Sarah a l'air de vivre dans une bonne famille, qui ne manque pas d'argent, alors que nous notre appartement est juste assez grand pour toutes les deux.
Je m'assois sur le banc, mais cette fois-ci, le père de Sarah ne s'assoit pas pourtant, je le sens me reluquer de la tête aux pieds, je rougis encore une fois, mon rêve traverse mes pensées et j ' ai envie de partir en courant.
- Cela vous dit de boire un café le temps que nos filles jouent ensemble? moi demande-t-il.
Je pose mon regard sur lui, il a l'air de vouloir être sympas et rien de plus, même s'il me met mal à l'aise pour je ne sais quelle raison, il faut que j'arrête de repousser toutes les personnes qui essayent juste d'être aimables. Je me lève et le suis sans dire un mot jusqu'au café ambulant qui se trouve juste à côté de l’aire de jeu.
Il commande deux cafés, et moi le tend en plongeant ses yeux verts noisette dans les miens, je rougis une nouvelle fois, ce qui le fait sourire.
- merci, dis-je timidement.
- vous avez l'air d'avoir du caractère.
- un peu, c'est surtout que j'ai du mal à m'ouvrir aux personnes étrangères.
- aux hommes en particulier? Votre mari doit être du genre jaloux.
Dès que l'on aborde mon mariage, les larmes montent aussitôt, j'aurais aimé pour une fois éviter de dire que je suis veuve, c'est la première fois qu'on ne me regardait pas avec de la pitié. Je pourrais mentir, et me débarrasser une bonne fois pour toutes de cet homme, mais je n'en ai pas envie. Ça me doit surement de savoir si lui une femme dans sa vie.
- mon mari est décédé, il y a deux ans, je réponds avec les larmes aux yeux.
- ah ... Je suis désolé, je comprends mieux pourquoi votre fille m'a abordé l'autre jour.
Il est le premier à ne pas avoir de la pitié dans son regard, ou a essayé de savoir comment mon mari est décédé.
- et vous? Je me suis aperçu que vous avez une alliance.
Je n'en reviens pas que je le questionne à mon tour, d'habitude on cherche d'abord à savoir comment s'appelle la personne qui se trouve en face de nous, avant de savoir s'il est marié ou pas, mais cet homme me perturbe tellement que je fais n'importe quoi.
- je pourrais vous mentir, et vous dire que je ne suis pas marié pour avoir la chance de vous revoir, en dehors de ce parc, mais oui je suis marié, affirme t-il en lâchant un soupir.
Bravo Lilou, le seul homme qui pourrait-être te faire tourner la page sur ton passé, est marié. Je ne réponds pas et retourne m'asseoir sur le banc en face de l'aire de jeu, et regarde ma fille s'amuser comme une petite folle avec son amie.
- je vous ai vexé? me demande-t-il en s'asseyant à côté de moi .
- non pas du tout.
- je suis rassuré, dit-il en souriant .
- j'espère que vous ne pensez pas que je suis le genre de femme à être la maîtresse d'un homme marié! Je m'exclame sèchement
- pourquoi pas!
Il n'est pas gonflé celui-là, il peut être séduisant, gentil et attentionné il est hors de question que j'ai ce genre d'aventure. Je prends mon portable dans mon sac, pour regarder l'heure, cela ne fait pas longtemps que nous sommes arrivés, mais je n'ai pas de passer une minute de plus avec cet homme qui croit pouvoir me mettre dans son lit.
- Emy, on va rentrer!
- vous venez d'arriver, dit-il toujours d'un ton autoritaire.
- oui, et alors?
- je vous ai mis mal à l'aise, excusez moi
- vous avez clairement indiqué que je pourrais coucher avec vous!
- je n'ai jamais dit ça! réplique t-il en secouant la tête.
- c'est pareil pour moi, je ne suis pas ce genre de femme!
Je me lève du banc et m'approche de ma fille pour la prendre dans mes bras, j'ai une impression de déjà vue. J'aurais aimé qu'elle puisse continuer de jouer avec sa copine, mais son père est trop sûr de lui, et il est hors de question que je reste passif à son plan drague à deux balles.
- attendez, je ne connais même pas votre prénom! crie t-il.
- vous n'avez pas besoin de le connaître!
- s'il vous plaît, vous n'allez pas encore priver votre fille de s'amuser avec la mienne, à cause de ma maladie, je me présente Sean Miller.
Il me tend la main pour que je lui serre, mais l'évocation de son nom, me laisse sans voix, je savais bien que son visage ne m'est pas inconnu. J'en lâche Emy, qui ne perd pas de temps pour retrouver sa copine, j'avale difficilement ma salive et lui serre la main en me présentant.
- Lilou ... Lilou Curtis, je me présente timidement.
- vous avez vu un fantôme?
- non, c'est juste que ... "Porter Books".
- vous connaissez ma maison d'édition?
J'ai envie de répondre qu'il ne s'agit en aucun cas de sa maison d'édition mais celle de mon mari, il y a des milliers d'hommes dans ce parc et ma fille a trouvé le moyen d'aborder celui qui a racheté l'entreprise de son père.
- je suis une passionnée de livre, et ... non laissez tomber!
Je pourrais essayer de faire tourner la chance, à mon avantage et lui dire que j'ai postulé des dizaines de fois pour intégrer sa maison d'édition, mais après ce qu'il m'a dit il y a quelques minutes, je ne préfère pas.
- finissez votre phrase Lilou!
- je ne veux pas profiter de la situation, dis-je, en tournant mon regard sur nos deux filles .
- dites moi tout s'il vous plaît!
- non, ce n'est pas la peine, de toute façon je dois y aller!
Après tout je ne le connais pas assez, pour lui dire que je cherche désespérément du travail, mais ce qui est sûr, c'est que, jamais, il ne saura que mon mari était Frank Porter.
Je prends de nouveau ma fille dans mes bras pour quitter ce parc, je pense qu'il faut que je remette peu à peu de cette rencontre inattendue.
- au revoir monsieur Miller!
- à très bientôt Lilou.
Chapitre 3
Dring ... Dring ... Dring ...
Non, non, pas maintenant, pourquoi faut-il que mon réveil sonne. Je tire ma couette pour moi cacher dessous et finir ma douce et belle nuit.
Je l'avoue encore une fois, Sean Miller est venu hanter mes rêves, et ce fut encore plus intense que les nuits précédentes. Oui, je peux à présent mettre un prénom sur son visage, comment j'ai pu ne pas le reconnaître dès l'instant où ma fille l'a abordé. Ce n'est pas comme si je n'avais jamais entendu parler de cet homme, certes, je ne l'avais vu qu'une seule fois, mais un homme comme lui, il est normalement difficile à oublier.
- maman, s'écrie Emy avant de sauter sur mon lit.
J'aime ma fille, mais un réveil un peu plus tendre ne serait pas de refus. Elle ne perd pas une seule seconde pour se glisser sous ma couette. Nos visages à quelques centimètres l'un de l'autre, les mêmes avec les yeux fermés, je sens un immense sourire qui se forme sur son visage. C'est vraiment trop dur de rester sérieux avec une petite tête malicieuse qui nous observe, l'envie de la prendre contre moi est trop forte.
- Emy ...., je m'exclame d'une voix endormie.
- oui, maman?
- je n'ai pas eu mon gros câlin, réponds-je en souriant .
J'ouvre les yeux, et elle me saute dessus pour venir se blottir dans mes bras. Ces réveils sont justes parfaits, même si j'aurais aimé finir ce rêve qui encore une fois vient perturber mes pensées, ma fille me donne la force et le courage d'entamer une nouvelle journée.
Hier après être rentré du parc, on a passé une grande partie de la soirée à discuter, à se confier, j'ai voulu qu'elle comprenne qu'un jour il est probable que je rencontre quelqu'un mais qu'en aucun cas il ne pourra remplacer son papa.
- je t'aime maman.
- moi aussi je t'aime encore plus fort, réponds-je en rigolant .
- non, c'est moi! rigole t-elle.
- Ah bon? montre moi
Elle se relève et écarte ses bras aussi loin qu’elle le peut, et nous mettons à rire de plus belle. Je donnerai n'importe quoi pour que Frank puisse voir la petite fille, drôle, adorable, et aimante devenue devenue Emy.
- je pense qu'il est l'heure de se préparer, sinon on va être encore en retard.
- on pourra aller voir Sarah après l'école maman?
- ce soir tu vas chez Mami, je dois aller travailler avec Tonton Damien.
- Be Mami peut m'amener voir Sarah.
- va t'habiller Emy!
Je n'ai pas du tout envie que ma mère amène Emy au parc, elle y verra sûrement monsieur Miller, et il sera facile pour lui d'en savoir encore plus sur moi avec ma mère qui ne sait pas trop tenir sa langue. Et elle est en plus comme ma fille, à vouloir me caser avec le premier venu, bien évidemment je pense qu'il oublierait de regarder à ma mère qu'il est un homme marié.
On se lève du lit, et pendant que Emy se prépare dans sa chambre, je vais vite faire une douche pour moi réveiller de cette nouvelle nuit agitée.
J'entre sous la douche, et je ne peux m'empêcher de penser encore à cet homme. En plus d'être marié, il est celui qui a racheté l'entreprise de mon mari, ma pauvre Lilou arrête de te prendre la tête, de toute façon ce genre d'homme ne peut pas s'intéresser à une femme comme toi.
- Emy !! je crie .
J'entends la sonnerie de mon portable retentir, mais il ne sonne que quelques secondes, à tous les coups ma fille a répondu, pourtant je lui ai déjà dit des centaines de fois que je lui interdisais de toucher mon téléphone. On ne s'est jamais, il suffit que ça soit un employeur, super, il va être ravi que ça soit une petite-fille de 5 ans qui lui réponds.
- maman, c'est pour toi au téléphone, m'affirme-t-elle .
- Emy, je t'ai déjà dit que je ne voulais pas que tu répondes à mon portable!
- oui, mais ...
- non, il n'y a pas de mais Emy! En ce moment, tu n'écoutes rien et je te l'ai dit si tu continue fini les balades au parc le soir après l'école! je la gronde
Je tire le rideau de douche, je viens de la gronder, mais elle a toujours son petit sourire en coin, je pensais que notre soirée en tête à tête avait servi à quelque chose, mais non j'ai l'impression que ma fille a envie de me rendre complètement dingue, vivement que les fêtes de Noël passent.
- maman ...!
- oui, Emy?
- c'est le papa de Sarah et il veut te parler! me dit-elle en me tendant mon portable.
Je reste quelques secondes à réaliser ce qu'elle vient de me dire, commenter à-il pu avoir mon numéro de téléphone. J'ai honte de répondre après la scène que je viens de faire à Emy, j'étais loin de moi douter que ça serait l'homme qui hante mes nuits qui était au bout du fichier.
J'ai un sentiment d'angoisse qui m'envahit, je suis nue dans ma salle de bain, choose tout à fait normale, mais je ferais mieux de le prévenir, de me laisser quelques minutes pour que je puisse enfiler un vêtement sur moi , je pense aussitôt à mes rêves et j'ai peur de ne pas pouvoir garder un minimum de concentration en entendant sa voix.
Je saisis le portable des mains de ma fille, et lui fais signe d'aller finir de se préparer, elle n'a pas besoin d'écouter ma conversation, elle est trop jeune.
Oh non mais Lilou ressaisis toi, le mec ne va pas te proposer de faire l'amour par téléphone! N'oublie pas qu'il est marié, et qu'il veut juste être sympa, rien d'autre.
Je prends une respiration profonde et réponds, je pense que j'ai assez joué avec sa patience.
- monsieur Miller, excusez moi, j'étais sous la douche et ...
- vous êtes nue Lilou?
- oui, euh non, enfin si mais ...
- hummm je vous mets à l' aise , réponds t-il en ricanant .
- un peu oui!
- je suis prêt à parier que vous êtes en train de rougir Lilou.
Je me regarde un instant dans le miroir au-dessus du lavabo, je sentais déjà le feu sur mes joues montées dès que j'ai entendu le son de sa voix, mais il a raison, je suis rouge comme un tomate.
- Lilou ...?
- monsieur Miller mon numéro de téléphone est privé! Comment avez-vous pu l'obtenir? je lui demande sur un ton sec.
Je compte remettre un minimum de barrières entre nous, il est hors de question qu'il continue son plan drague, il a tendance à oublier qu'il est marié, mais je lui ai dit que j'étais loin d'être ce genre de femme.
- Lilou Curtis, 26 ans, 1043 Madison Avenue, vous avez un diplôme de responsable d'édition, et je constate que vous avez postulé une dizaine de fois chez "Porter Books".
- oui, c'est exact mais ...
- pourquoi vous ne me l'avez pas dit hier au parc? demande t-il, sur un ton autoritaire.
- je ne voulais pas profiter de la situation, j'ai besoin d'un travail, c'est même devenu vital, mais je veux pouvoir être embauché uniquement pour mes compétences.
- très bien je vous assiste à 9H dans mon bureau pour un entretien! m'ordonne t-il.
Je regarde vite fais l'heure sur mon portable, c'est dans une heure, et la maison d'édition se trouve à l'opposé de l'école d'Emy, je prends une respiration profonde, calme toi Lilou.
- c'est dans une heure?
- oui, il y a un problème?
- non, non je serais à l'heure monsieur Miller.
- je vous assiste impatiemment Lilou ...
Je raccroche, et cours jusqu'au salon avec seulement une serviette de bain qui me cache un minimum mon corps dénudé. Une heure, comment je vais arriver à gérer la situation, et Emy qui est confortablement installé sur le canapé à regarder ses dessins animés, elle n'est même pas prête.
- Emy! Tu n'es pas habillé? demandé-je en panique.
- maman, je suis malade.
- non, non Emy, bouge toi, ce n'est pas le moment, et merde, comment je vais m'habiller.
- je peux t'aider à choisir maman?
- je croyais que tu étais malade Emy!
- euh ...
- laisse tomber! Je crois que pour aujourd'hui l'école, on peut y faire une croix dessus!
- youpppiiiii! s'exclame-t-elle en sautant sur le canapé.
- il faut que j'appelle ta grand-mère pour qu'elle vienne te garder, dépêche toi Emy, il faut trouver une belle tenue et surtout prier pour que maman est du travail!
On court comme des petites folles jusqu'à ma chambre, il faut que je me trouve la tenue parfaite dans mon armoire, cela va aller très vite, il n'y a plus tellement grand chose de potable. D'ailleurs cela va me permettre de faire du tri, finis le noir, le deuil, cette rencontre avec monsieur Miller, qui restera bien évidemment professionnel, du moins s'il m'embauche, est le signe d'un nouveau départ, et je dois tout faire pour saisir ce que le destin a mis en travers de mon chemin.
***
Une heure plus tard, j'arrive dans les locaux de "Porter Books" avec un peu de retard, je n'ai même pas le temps de contempler cette maison d'édition qui a l'air de ne pas avoir changé depuis la dernière fois que j'y ai mis, les pieds.
Quelle idée d'avoir mis des talons Lilou, c'est à croire que tu aimes souffrir et galérer pour courir, et monsieur Miller, il va surement te dire de rentrer chez toi, aussi vite que tu es arrivé, il a l'air d'être assez autoritaire, alors avec ses employés, je ne veux même pas m'imaginer. J'espère juste qu'il n'y aura aucune ambiguïté et qu'il s'agit d'un entretien d'embauche et rien d'autre.
Une femme d'à-peu-près mon âge est au stand de l'accueil, et comme si je n'étais pas assez en retard, elle préfère rester à discuter au téléphone au lieu de m'indiquer le bureau de son patron. Je suis général du genre à être polie et patiente, mais là il y a urgence, je ne vais pas prendre le risque de mettre l'entretien de ma vie à l'eau.
- Please!
Je rêve, elle continue de faire comme si, je n'étais pas là, vraiment le personnel se laisse à désirer, quand il occupe de mon mari, c'était moins la pagaille et il évitait utiliser ce genre de pouf .
- excusez moi! J'ai rendez-vous avec monsieur Miller! j 'affirme en haussant la voix.
- vous voulez? me demande-t-elle en raccrochant le téléphone
Elle se fout de moi ouvertement, au lieu de moi regarder comme si j'étais une extraterrestre, elle ferait mieux d'écouter ce que je lui demande, elle a vraiment de la chance que je veuille à tout prix ce travail.
- pouvez-vous prévenir monsieur Miller que madame Lilou Curtis est là s'il vous plaît!
- un instant s'il vous plaît
Je souffle un bon coup, pour ne pas sortir de mes gonds. Je déteste ce genre de femme qui se croit supérieure aux autres. Reprends toi Lilou, tu n'as pas envie que monsieur Miller te voit dans cet état, même s'il connaît déjà un peu ton tempérament, n'oublie pas que tu es dans sa maison d'édition et non à Central Park.
Elle décroche le téléphone, mon regard ne peut s'empêcher pendant ces quelques secondes de regarder partout autour de moi, mon cœur se serre, et moi fait atrocement mal, ça n'a pas trop changé depuis que Frank a vendu. Je me vois encore venir le midi pour déjeuner avec lui, on passait des heures enfermées dans son bureau, c'est grâce à lui que je suis devenu encore plus passionné de livres et que j'ai eu l'envie de finir mes études.
- monsieur Miller vous assistez dans son bureau!
Je sors de mes pensées, il m'attend dans son bureau, par pitié faite qu'il n'a pas pris le bureau de mon mari. Je ne sais pas si c'est vraiment une bonne idée que je vienne travailler dans cette maison d'édition, Frank envahit encore plus mon cœur et mes pensées, et là à cet instant j'ai plutôt envie d'aller m'enfermer dans les toilettes et pleurer toutes les larmes de mon corps.
- je vais vous y conduire! affirme t-elle.
- merci, réponds-je d'une voix tremblante.
Je ne dois en aucun cas, montrer que je connais ses locaux par coeur, et que je reprenne mes esprits. Il faut que je pense à ma fille, elle mérite d'avoir un bel avenir et c'est maintenant que tout va se jouer.
Je la suis timidement en continuant d'observer les moindres recoins de ses locaux. Et je crois que mon cœur est sur le point d'exploser dès que je me retrouve face à cette porte que je ne voulais surtout pas franchir, je dois prendre sur moi et ne pas fondre en larmes, mais cela devient de plus en plus dur , de contrôler toutes mes émotions.
La jeune femme frappe à la porte, et repose à nouveau son regard sur moi, elle doit sentir que je ne me sens pas très à l'aise, et pour encore plus me déstabiliser, elle se mets à sourire bêtement, elle doit sûrement se dire, que je suis une pauvre fille, qui est prête à pleurer pour un entretien d'embauche, encore une fois que tu montres ta faiblesse Lilou, ressaisis toi.
On entend un "oui" toujours aussi autoritaire, et bizarrement la peur, l'angoisse et la tristesse, font place à des papillons dans le bas de mon ventre, et je rougis avant même d'avoir franchi cette porte.
- vous pouvez rentrer! Bonne chance, ricane t-elle
- merci! réponds-je sur un ton sec
Je préfère ne pas rentrer dans le petit jeu de cette garce, elle croit que cet entretien ne va aboutir à rien, mais je vais lui montrer que je suis peut-être faible quand je pense à mon mari, mais je peux être forte quand je pense à ma fille, et ce travail, je l'aurai.
Je rentre timidement dans le bureau, je suis rassuré de voir que le mobilier n'est plus le même qu'il y a 2 ans. Le bureau ne se trouve plus au même endroit, au lieu d'être à proximité de la porte sur le côté gauche, il en face derrière les immenses vitres de cet immeuble. Les papillons dans le bas de mon ventre s'accentuent quand je le vois assis derrière son bureau, toujours vêtu d'un costume et d'une cravate noire, ses cheveux bruns encore mieux coiffés que les deux fois où je l'ai vu dans Parc central. Ma respiration s'affole, je crois que je ne peux plus moi mentir, il me plaît de plus en plus à chaque fois que je croise son regard, et mes joues s'enflamment dès qu'il me sourit.
Je referme délicatement la porte derrière moi, je pense qu'il est préférable que je m'excuse pour mon retard, c'est la moindre des choses. Je n'arrive même plus à parler, à bouger, je repense à mes rêves, au coup de file de ce matin, mais qu'est-ce qu'il me prend, tu veux souffrir Lilou, cet homme est marié et peut- être ton futur patron arrête tout de suite de t'imaginer des choses qui n'ont pas lieu d'être.
- Excusez-moi pour le retard, il y avait des embouteillages et j'ai dû me changer une bonne dizaine de fois avant de me trouver une tenue, dis-je en souriant.
Il se lève de son fauteuil, fait le tour pour moi serrer la main, encore une fois je rougis quand un petit sourire apparaît sur son visage, mon dieu il est vraiment beau.
- si c'est pour cette magnifique robe que vous êtes en retard, alors je vous excuse, vous êtes ravissante Lilou, affirme t-il en souriant.
- merci, réponds-je timidement .
- asseyez vous, me dit-il en moi le fauteuil en face de son bureau
Je m'avance, retire ma veste, il fait beaucoup trop chaud et m'installe, mais je ne suis vraiment pas à l'aise. Déjà cet homme me perturbe encore plus que d'habitude, mais en plus de me retrouver dans ce bureau, que je connais parfaitement, me brise une nouvelle fois le cœur.
- vous aimeriez donc travailler dans ma maison d'édition? moi demande-t-il.
- oui, enfin il s'agit plutôt de la maison d'édition de monsieur Porter!
Qu'est-ce qu'il m'a pris de lui répondre ceci, tu oublies Lilou, qu'il ne doit en aucun cas savoir, que tu es la femme de celui qui a créé cette entreprise, d'ailleurs j'ai de la chance de ne pas avoir croisé quelqu'un qui me connaît.
- monsieur Porter était un homme que j'appréciais beaucoup, et c'est pour cela que je n'ai pas hésité à lui racheter sa maison d'édition.
Il fait de nouveau le tour de son bureau, mais au lieu de s'asseoir sur son fauteuil, il revient vers moi, et se mets en face appuyer contre son bureau. J'essaye de ne pas trop regarder en sa direction, cet homme me donne des bouffées de chaleur juste en posant ses yeux sur moi.
- pourquoi avoir postulé dans cette maison d'édition?
- je suis une passionnée de livres, alors j'ai voulu en faire mon métier et puis je sais que votre entreprise est l'une des meilleures maisons d'édition de New York.
- je rajouterais l'une des meilleures des États-Unis! réplique t-il.
En plus d'être autoritaire, et sûre de lui, il est très arrogant, d'habitude c'est le genre de personne que j'envoie immédiatement balader, mais lui au contraire tout m'attire chez lui.
Il se relève et me contourne tout en scrutant les moindres parties de mon corps, il passe derrière moi, et un frisson me parcours de la tête aux pieds dès qu'il effleure mon bras remontant jusqu'à mon épaule avec le bout de ses doigts .
- je ne vous laisse pas indifférente, n'est-ce pas? moi demande-t-il .
- je ne pense pas être dans votre bureau pour avoir ce genre de conversation!
- vous avez raison, sur l'aura au parc ce soir .
- et ce soir non plus monsieur Miller!
Je me lève de ma chaise, récupère ma veste et l'enfile, je pense que cet entretien, est plus un plan drague pour moi mettre dans son lit, et non pour que j'intègre son entreprise.
Je ne perds pas de temps et m'approche de la porte pour partir, même de dos, je sens son regard incitant sur moi, heureusement qu'il ne peut pas voir, que je rougis une nouvelle fois, il faut vite que je sorte de cet endroit, mon cœur n'arrête plus de s'emballer pour un rien.
- vous avez vite tendance à fuir Lilou.
- je n'aime pas la tournure que prends cet entretien, je suis là pour du travail et rien d'autre!
- Lilou attendez!
J'entends ses pas se rapprocher de moi, je me retourne, et me retrouve dans une posture que j'aurais préféré éviter, son torse collé à ma poitrine. Je peux sentir son souffle chaud sur mes lèvres, et mes jambes se mettent à trembler dès qu'il rapproche sa bouche de la mienne, je suis à deux doigts de perdre le contrôle de moi-même.
Il faut que je lui montre qu'il ne me déstabilise pas, qu'il peut faire et dire tout ce qu'il veut, je ne succomberais jamais, devant plus qu'il est marié, et, je n'ai pas envie que, ce sentiment douloureux reprenne possession de mon cœur. Malheureusement, il est un homme dont je pense que je pourrais tomber amoureuse, mais mon cœur a assez souffert de la perte de mon mari, il ne mérite pas d'être brisé à nouveau.
- vous pouvez me donner une réponse assez rapidement, sur votre décision de donner une suite ou pas à cet entretien? je reprends une petite voix
- rapidement? s'étonne-t-il.
- oui, j'attends également la réponse d'une autre maison d'édition qui est intéressée seulement par mes compétences professionnelles, je réplique sèchement.
Bien évidemment c'est faux, il est le seul depuis des semaines à m'avoir donné la chance pour un entretien d'embauche, mais j'ai vraiment envie de mettre toutes mes chances de mon côté et lui faire comprendre que s'il m'embauche nos relations resteront purement professionnelles.
- je vous recontacte très vite Lilou, réponds t-il calmement .
- très bien, je vous souhaite une bonne journée monsieur Miller.
- on se voit ce soir au parc?
- ce soir non, je suis occupé.
- ma fille va être déçue, prononcez t-il en souriant.
C'est la deuxième fois depuis que je suis rentré dans son bureau, qui laisse échapper son magnifique sourire. Je me demande si c'est vraiment sa fille qui est déçu que je ne peux pas venir ce soir au parc, ou si c'est lui qui désirait m'y croiser.
- votre fille peut attendre demain, tout comme la mienne.
- vous êtes sûr de ne pas vouloir faire un petit effort, promis, je ne vous mettrai pas mal à l'aise.
- je ne peux vraiment pas ce soir, je dois travailler
- travailler, le soir? s'exclame t-il.
Super Lilou vas-y, je t'en prie continue de lui raconter ta misérable vie. Et puis à son regard, je crois qu'il ne pense pas à un boulot très catholique, génial il ne manquait plus que cela, ton futur patron pense que tu fais les trottoirs, je deviens encore plus rouge de honte.
- ce n'est pas ce que vous croyez! Je dois aider mon frère à faire le service du soir, rien d'autre, je bafouill e .
- bon, je vais devoir attendre pour vous revoir!
- monsieur Miller, entre vous et moi, il ne se passera jamais rien, je préfère être clair dès maintenant avant que vous ne regrettiez de m'embaucher pour quelque chose que vous n'aurez jamais!
- et qu'est-ce que je voudrais?
- je ne sais pas, mais il n'y aura rien! réponds-je froidement.
- parce que je suis marié?
- oui, entre autre, et parce que je ne suis pas prête à vivre quelque chose avec un autre homme que mon mari!
- c'est dommage, vous me plaisez énormément Lilou, réponds-il sèchement
Il se décolle et ouvre la porte derrière moi, je viens sûrement de gâcher la chance de me faire embaucher, mais au moins je garderais ma conscience tranquille, je ne veux pas qu'il croit que je finirais sur son bureau ou ailleurs pour le remercier de m'avoir donné du travail.
- à bientot Lilou.
- au revoir monsieur Miller.
Je pars sans plus attendre de son bureau. Au bout du couloir, je ne peux m'empêcher de regarder derrière moi, j'ai l'impression que ses yeux sont arrêt sans braqués sur moi.
Et je ne me suis pas trompé, il m'observe encore, cet homme va me rendre complètement folle. J'ai peur qu'en venant travailler dans cette maison d'édition au lieu de moi rapprocher des souvenirs avec mon défunt mari, je ne finisse par les éloigner et en vivre des nouveaux avec un autre homme.