Chapitre 2
2
_Cela ne me déplairait pas, mais j'ai déjà une assistante.
Il parle trop. Je me rends enfin compte que le feu est au vert pour moi et il me reste 10s pour traverser. J'enjambe alors le trottoir et je m'élance sur la voie avant de me faire renverser par une voiture.
_À lundi miss mystère, me lance mon charmant inconnu avant que je ne disparaisse parmi la foule et que je ne l'aperçoive plus.
Quelle journée, et pas des moindres. Je pense que je vais me plaire dans cet endroit. Et si mon ou ma boss est aussi sympa que ce mr, je serai aux anges et doublement comblée.
Une fois de retour à la maison, je fais quelques tâches ménagères et la journée passe à une vitesse folle. Je ne vois même pas le soir arriver. Je vais dans la maison familiale principale. Elle est juste à côté de là où je vis. Mon père a racheté la maison de nos voisins à bon prix l'été dernier. Et comme j'avais besoin d'un endroit où vivre de façon « indépendante », je m'y suis installé. J'ai 4 frères et sœurs. Le plus grand se nomme Tyler et il a 30ans. Il vit dans un autre quartier de la ville avec sa femme Claire et ses jumeaux David et Damien. Ensuite il y a moi, puis Layla âgée de 17ans et enfin les jumeaux Cameron et Christopher âgés de 14 ans. Mes parents, John et Anita Smith sont les parents les plus aimants de la terre. Je ne les échangerais pour rien au monde.
Je traverse l'allée et passe par la porte arrière pour entrer chez moi avec ma clé. Ma mère et les jumeaux sont les premiers à revenir au domicile.
_Bonsoir ma chérie, me dit-elle.
_Bonsoir Ali, ajoutent les jumeaux.
_Bonsoir vous tous. Vous avez passé une bonne journée ?
_Oui. Tes frères m'ont juste beaucoup fatiguée en montant dans la voiture ce soir. Mais ça, c'est pas nouveau.
_Arrêtez de fatiguer maman les jumeaux.
_Elle a encore de l'énergie, t'inquiète pas, me répondent ces deux là.
_Incorrigibles, ajoute ma mère pendant que mes frères disparaissent dans l'escalier en montant.
Je sers un verre de jus d'orange à ma mère et nous nous asseyons toutes les deux pour bavasser. J'adore parler avec cette femme. Elle est pleine de vie. C'est réellement mon rayon de soleil.
_Alors, cet entretien ma chérie ?
_J'ai eu le poste, je commence lundi.
_C'est fabuleux. Tu le mérites. Tu es vraiment une femme courageuse et humble.
_Merci. Ça compte pour moi ce que tu me dis.
_Comment est ton patron ?
_Je ne sais pas si c'est une femme ou un homme. Je verrai bien lundi.
_Je t'en prie, évite d'être insolente mon caramel.
_Moi ? Insolente ? Jamais !, je me plains.
_On se connait. Reste douce et polie tout le temps s'il te plaît, c'est tout, termine ma mère avec tendresse.
Elle a raison. Une fois irritée, j'ai souvent du mal à me contrôler mais travailler dans ce cabinet, j'y tiens donc je vais essayer de me maîtriser et d'éviter de sortir de mes gonds. C'est peut-être ma peau noire qui joue un rôle ou mes origines africaines va savoir.
Plus tard dans la soirée, Layla rentre suivie de quelques minutes par mon père. Une fois que tout le monde est là, nous dînons chaleureusement. Ensuite, je rentre chez moi et je téléphone à Chloé et je lui raconte l'intégralité de ma journée.
_Moi, je prie juste pour que ton patron soit un bel homme d'une trentaine d'année.
_Je n'ai pas l'intention de sortir avec mon patron, surtout qu'un autre m'intéresse déjà.
_Ah oui, j'avais déjà oublié le blondinet. Mais méfie toi, ce n'est peut-être que ces gens qui couchent avec les assistantes pour s'amuser et les jette après.
_De toute façon tu me connais, je ne suis pas du genre à me jeter dans les bras du premier venu.
_Ça, je sais…Non chéri, je suis au téléphone…
Là, je suppose qu'elle s'adresse à Éric.
_Non non. Arrête…Aliyah ?, m'interpelle une voix masculine à l'autre bout du fil.
_Oui Éric ?
_Ça ne te dérange pas de raccrocher ce soir dis ? Je veux passer un peu de temps avec cette chère Chloé.
_Non, ça ne me dérange pas du tout. Passez une bonne nuit tous les deux. Je vous embrasse très fort.
_Nous aussi on t'embrasse très fort. Bisous et bonne nuit.
Sur ces doux mots, Éric raccroche. Il est formidable ce garçon. C'est vraiment le mec parfait pour ma meilleure amie. Je suis heureuse de son bonheur.
Je me douche une dernière fois, ne supportant pas la chaleur et j'enfile ma nuisette avant de me coucher et de m'endormir.
Je poursuis mr Miaou à travers toute la maison. C'est le chat de la famille. On a un chat et un chien qui s'entendent très bien d'ailleurs. Ce chat a volé ma petite culotte et je dois le rattraper avant qu'il ne la dépose n'importe où. Je ne compte évidemment plus la porter mais pour le principe, je dois la récupérer.
_Mr Miaou, reviens par ici ! Pourquoi tu agis comme Garfield le chat ?! Je ne suis vraiment pas d'humeur tu vas me mettre en retard.
Ce fichu chat ne m'écoute absolument pas. Il continue de sauter et courir partout dans la maison. Il se dirige vers la porte d'entrée mais je lui barre le passage.
_Tu vas où toi ?! Tu ne passeras pas, dis-je plutôt fière de moi.
C'était sans compter sur l'agilité du chat. J'ai à peine dit ça qu'il me glisse entre les jambes et s'échappe par la chatière. J'ouvre alors la porte et me précipite dehors pour le rattraper. Il court et finit par abandonner ma culotte sur le pavé. Je vais la ramasser et là, je constate avec horreur que c'est mon voisin qui l'a, Esteban Cruz.
_Je suppose que c'est à toi ?, dit-il en brandissant ma culotte. Chouette tenue pour faire un footing.
Et merde ! J'avais oublié que j'étais en serviette. C'est la seule chose qui me couvre d'ailleurs. Un faux mouvement et je me retrouve toute nue dehors.
_Je…Esteban tu me rends ma culotte ?
_Tu veux encore la porter après ce que mr Miaou a fait ? Tu pourrais me la laisser.
Putain. Je rêve ou mon voisin très sexy pour qui j'ai toujours eu un faible me fait des avances coquines ? Ma journée n'aurait pas pu démarrer mieux…ou plus mal faut voir.
Esteban Cruz est un jeune homme de 29 ans d'origine mexicaine. Il est grand, athlétique, peau tanné et cheveux bruns frisés. Son visage et ses traits fins, presque féminins, lui donnent l'air innocent et surtout me donnent envie de le croquer tout cru. Nous sommes amis depuis le collège mais je n'ai jamais osé lui dire qu'il me plaisait. Mais maintenant, c'est trop tard et je suis passée à autre chose.
Donc ses remarques pleines de sous-entendus, il peut se les mettre où je pense.
_Ah ah, très drôle Esteban. Rends moi ma culotte, tout de suite !, je déclare fermement.
_Sinon quoi ?, continue le voisin taquin.
_Sinon je hurle. Mes parents sont encore à la maison et tu connais mon père et sa folie du fusil.
_Tu es tellement susceptible, me dit-il tout en me tendant mon sous-vêtement.
_Et toi tu es le plus grand des comiques. Bonne journée Esteban.
Il me fait un léger hochement de tête avant de continuer son footing sans tee-shirt. J'ai toujours su qu'il était un peu exhibitionniste celui là. Esteban adore montrer son corps de rêve. Qu'il fasse chaud ou qu'il fasse froid, c'est toujours le même cinéma.
Je retourne à l'intérieur de la maison et je me rince une nouvelle fois parce que je viens quand même de courir. Je sors de la douche et je vois mr Miaou allongé sur mon lit se prélassant.
_Toi !, je fais méchamment. T'as de la chance d'être un chat tout mignon.
J'attrape dans ma commode des sous-vêtements propres que j'enfile et je mets le chemisier bleu nuit avec le pantalon noir que je me suis achetée samedi. J'enfile des talons noirs vernis à semelles rouges et je brosse mon tissage carré, court et bouclé qui me va à la perfection. Une touche de blush, un peu d'eyeliner, je dessine mes lèvres au nude et je suis fin prête pour aller au boulot. J'attrape une veste assortie au pantalon, mon sac à main et je rejoins la maison de mes parents. Il est à peine 7h du matin.
_Bonjour tout le monde !, je lance à mon entrée.
_Bonjour Ali. Waouh !, dit Chris. Tu m'avais pas dit que ton nouveau job c'était modèle photo.
_Moi non plus tu ne me l'avais pas dit, rajoute mon père une mine septique accompagnant ses mots.
Mon père a toujours été très protecteur, chassant le moindre homme qu'il jugeait susceptible de blesser sa petite fille chérie, c'est-à-dire 95% des mecs qui me draguaient. J'adore mon père mais il est un peu trop envahissant par moment.
_Vous exagérez, je rétorque.
_Oh non pas du tout, dit Cam. C'est beaucoup trop sexy pour aller au taff.
_Ne les écoute pas ma chérie. Tu es très belle et c'est décemment correct.
_Merci maman, la remerciai-je en lui embrassant la joue.
_Tu sais bien que papa craint toujours que les garçons ne s'approchent de nous, fait Layla. Il a sûrement peur que le patron de Ali ne lui fasse la cour.
_Tout à fait, confirme mon père. Je vais demander à Clark de veiller sur toi.
_Je pense que mr Jefferson a d'autres choses à faire que de s'occuper de moi.
_Il le dira à sa femme alors. Lily est très gentille, elle s'en occupera.
_Laissez moi grandir mr Smith.
_J'arrêterai de m'inquiéter pour vous mlle Smith quand vous aurez 40ans, ou plus. Tout dépendra de mon humeur.
_Irrécupérable ton père, ajoute ma mère. Tu prends le petit déjeuner avec nous ?
_Non, je prendrai un cappucino en chemin. Je vais être en retard sinon.
Je fais la bise à chacun et je file. J'entends mon père me dire de faire attention avant que je ne referme la porte. Qu'il se calme. Je vais travailler, pas à la guerre ni en boite. Juste dans un cabinet d'avocat. Faut qu'il se calme. J'ai plus 7ans là.
Quoiqu'il en soit, je choisis de prendre le bus qui me descend au centre ville. Je m'arrête à un café où on vend de délicieux cappucino et des viennoiseries à tomber par terre. Alors, je me résous à faire la queue et je prends pour mon patron/ ma patronne et moi deux cappucino, un chocolat au lait et l'autre café corse avec mousse de lait par-dessus ainsi que des croissants et des brioches. Ça devrait m'aider à bien me faire voir. Cela ne prend que 10min heureusement mais il est déjà 7h40. J'arrive et m'arrête pour saluer la réceptionniste mais c'est là qu'elle m'annonce que mon boss est déjà là et qu'il m'attend dans son bureau.
_Déjà ?
_Oui. Il n'est pas si ponctuel d'habitude. Il voulait certainement voir si vous alliez être à l'heure.
Ben c'est raté apparemment. Mais mme Jefferson m'a dit 8h. Merde, je suis dans de beaux draps. La réceptionniste m'indique le bureau de mon patron et je file. Les locaux du cabinet sont très modernes avec des vitres transparentes un peu partout. Mais il y a des grands rideaux qui empêchent de voir à l'intérieur. Mon boss, qui apparemment est un « il », a son bureau en haut de l'escalier, deuxième porte à droite. Je toque mais je n'ai pas de réponse. J'entre donc et constate un petit bureau à l'entrée et une autre pièce tout au fond. Je suppose que c'est là que je vais m'asseoir. Je pose mon sac à main, j'enlève ma veste et je toque à l'autre porte. Là, une voix masculine m'autorise à entrer.
_Bonjour mr. Je suis vraiment désolé pour le retard. Cela ne se répétera plus, je vous l'assure…
Il est face à la grande vitre qui donne sur la rue. Il se tourne et à cet instant, je vois le blondinet.
_C'est vous mon patron ?
_Cela vous déplaît-il ?, demande-t-il coquin.
C'est pas possible. Si il continue à me faire du rentre dedans comme ça, je vais oublier toutes mes règles professionnelles.
_Non du tout. Je vous ai apporté de quoi manger ce matin. J'espère que cela vous aidera à me pardonner.
Je pose le cappucino sur la table ainsi que les viennoiseries que j'ai acheté. Je souris de toutes mes dents à mon patron et lui offre mon plus beau regard séducteur pour qu'il me pardonne. C'est alors qu'une voix masculine derrière moi attire mon attention.
_Ce n'est pas en me soudoyant avec des viennoiseries que vous réussirez à garder votre poste mlle. J'ai besoin de quelqu'un d'impliquée et de ponctuel.
Mais c'est qui celui là qui se permet de prendre des airs et de me parler ainsi ?
_Pardon mais qui êtes-vous ?, demandai-je intriguée.
_Je suis en réalité votre patron. Neil, dégage de mon siège.
Hum ? J'ai du rater un épisode. Cet insolent ne peut pas être mon réel patron. Si ? Peut-être ce n'est que mon retard qui l'excède, il est peut-être plus gentil qu'il n'y paraît.
_Je…désolé mr. Je ne recommencerai plus.
Chapitre 3
3
_Je…désolé mr. Je ne recommencerai plus.
_Je l'espère bien. La prochaine vous êtes virée, dit mon patron en s'asseyant.
Non.. non ce n'est pas un trou du cul, me dis-je à moi-même.
_Comment vous appelez vous ?
_Smith mr.
_Non votre prénom. Je ne vais quand mêle pas appeler mon assistante par son nom de famille. Et puis quoi encore.
Si, c'est un trou du cul ! J'avais prié fort pourtant. Mais visiblement, on a pas toujours ce qu'on veut.
_Mon nom est Aliyah mr.
_D'accord. Pour vous, ce sera mr Brown. C'est compris ?
_Très clair mr.
_Je suppose que tu as déjà fait la connaissance de…
_Vous !, le rectifiai-je.
_Pardon ?, fait-il.
_Si mr pouvait me vouvoyez comme je le vouvoie, ce serait préférable. Question de principe professionnel.
Il m'a l'air d'abord surpris. Il garde une mine crispée pendant un long moment avant d'acquiescer. Et oui mr Brown, il n'y a pas que vous qui maîtrisez l'insolence. Il se prend pour qui ? Je ne vais certainement pas faire long feu ici mais j'aurais le temps de lui apprendre les bonnes manières. Je suis pas sa fille hein.
_Comme je le disais, je suppose que vous avez déjà rencontré ce mr, dit-il en désignant le blondinet. C'est Neil Thompson, un des avocats du cabinet. Nous travaillons beaucoup en collaboration lui et moi donc vous travaillerez beaucoup avec lui aussi. Maintenant allez me chercher un café.
_Mais je vous ai apporté un cappucino…
_Je ne bois pas de cappucino et je n'ai pas envie de manger de viennoiserie ce matin, fait-il d'un ton sec. Tu peux prendre les viennoiseries Neil, termine mon boss d'un ton désinvolte.
_Non ce n'est pas correct. Je veux dire elle te les a apporté…, commence ce dernier.
_Si tu n'en veux pas je les jette !
_Dans ce cas, vous ne m'en voudrez pas Mlle Smith ?, me demande-t-il timidement.
Je secoue négativement la tête sous le choc. Quelle suffisance ! Et surtout quelle ingratitude ! Ces viennoiseries et ce cappucino que j'ai réglé de ma poche et lui, il se permet de les refuser de manière aussi malpolie. Il ne perd rien pour attendre. Je reste plantée là abasourdie.
_Qu'est-ce que vous faîtes encore ici Aliyah ?! Allez chercher mon café. Dépêchez vous ! Et prenez aussi votre cappucino.
_Bien mr. Ce sera tout ?
_Apportez moi d'abord mon café et je verrai si vous êtes compétente pour que je vous confie une autre tâche.
Quoi ?!... Il se fout de ma gueule là ? Je vais étriper mon patron, définitivement mais quand ?! Là est là question. Je suis totalement outrée par tant d'impolitesse. Je sens que je vais adorer travailler ici.
Je sors de son bureau et je m'asseois au mien histoire de reprendre un peu mes esprits et de péter un câble en silence. Dès que je m'installe, je me mets à gesticuler comme une folle tellement je suis énervée. Comment a-t-il osé me parler pareillement ? Je ne suis pas son chien quand même.
Le blondinet finit par sortir du bureau pendant que je m'efforce de me calmer.
Il a un sourire compatissant et s'adresse à moi :
_Ne faîtes pas attention à son mauvais caractère. Il peut être très gentil quand il veut. Mais c'est surtout quand il drague.
_J'aimerais pas qu'il essaie. Il est comme ça avec tout le monde ?
_Généralement oui. Et c'est pas mieux avec le temps. Vous vous y ferez. Par contre, j'ai beaucoup apprécié votre audace quand vous lui avez demandé de vous vouvoyer. Il avait les narines dilatées comme si il allait cassé quelque chose. C'était très drôle, m'avoue Neil en souriant.
_Merci mr Thompson.
_Oh je vous en prie, appelez moi Neil. Et ne me vouvoyez pas.
_Dans ce cas, appelez moi Aliyah et ne me vouvoyez pas non plus. Des conseils avec cet…
_Si tu veux durer ici, sois docile, c'est préférable. Et sois prévenante aussi, il sera moins exécrable…Ah, et pour ce matin, il prend le café qui vient d'en face. Un café noir bien serré, ça le réveille. Il a une golden carte de fidélité qui doit être dans tes tiroirs. Tu y vas avec ça et tu ne paies rien du tout. Allez, bonne chance et bienvenue chez nous.
_Merci Neil, dis-je en me frottant la tête.
Heureusement qu'il est là et qu'il est gentil.
Mon boss, comment le définir ? Le diable dans un beau corps. Une sorte de Lucifer Morningstar quoi ! Il est grand, y'a bien 15cm entre nous malgré mes talons. Il a la peau légèrement tanné, cheveux bruns longs , rasé au poil près, lèvres pulpeuses, grands yeux et traits durs. Il ne m'effraie pas, il m'i
J'ai fini par ramener son café à mr Impoli puis il m'a demandé d'aller faire des photocopies à la réception. Au moins je suis loin de lui. J'en profite pour faire connaissance avec la réceptionniste. Elle s'appelle Iris Meunier et elle a 44ans. C'est une femme très belle, cheveux roux attachés dans un chignon impeccable et tenue tirée à 4 épingles. Elle finit par me demander si je me plais déjà ici. Elle est très loin de la vérité.
_Alors, mr Brown, comment tu le trouves ?
_Il est aussi charmant qu'un troupeau de bisons et délicat comme un cactus.
_Ah, je vois que tu ne l'aimes pas beaucoup, dit-elle en riant. On s'y fait à force.
_Je ne crois pas que ce sera mon cas. Ne t'habitue pas trop à moi Iris, je vais pas faire long feu.
_Ne dis pas ça. Peut-être que vous finirez pas vous entendre si tu vois ce que je veux dire.
_Oh mon Dieu non, loin de moi cette pensée, dis-je effarée.
_Ne parle pas comme ça. Tu es tout à fait son genre. Il aime beaucoup les femmes foncées de peau.
_Moi je ne l'apprécie déjà pas donc molo. Personne ne s'est jamais plaint de son comportement odieux ?
_Si mais faut avouer qu'il est sacrément bon. Alors les patrons ne veulent pas risquer de le perdre pour des problèmes minimes de comportement. Ça fait 8ans qu'il travaille ici et il n'a jamais perdu d'affaire. Donc tu comprends…
_Oui oui, mr est indispensable. C'est bien ma veine d'être tombée sur lui. Mais il a quel âge ?
_Il va avoir 36ans dans quelques mois. Il est beau avoue ?
_Ouais vite fait.
_Tu m'as l'air perplexe. Moi je trouve qu'il ressemble à un maharadjah ou un émir….
« Où est cette secrétaire ? Aliyah Smith ! », entend-on. Je devine facilement que c'est mon connard de patron mais je ne réponds pas. Je prends juste les documents et les photocopies et je remonte l'escalier d'un pas nonchalant. Mr Brown me regarde monter les escaliers une expression de colère sur le visage mais qu'est-ce que je m'en tape ! J'arrive à son niveau et le regarde dans les yeux. Il n'y a que maintenant que je remarque ses magnifiques yeux bleu azur avec des reflets de vert. Ses yeux sont magnifiques. Dommage qu'il les utilise pour me fixer méchamment.
_Oui mr Brown. Un problème ?
_Où étiez-vous passée ?, dit-il énervé sans tenir compte du monde qui nous observe.
_Je faisais les photocopies que vous m'aviez demandé mr Brown.
_Cela prend-il une heure ?, me dit-il. Il n'y avait personne pour répondre au téléphone et me semble-t-il, c'est votre boulot. Qu'avez-vous à répondre ?
_Que je faisais vos photocopies, rétorquai-je un air de défi sur le visage.
_Qui était censé répondre à votre place alors ? Moi ?
_Je ne sais pas mr Brown mais je faisais aussi mon travail…