Chapitre 2
Le coup de fil inattendu
°°° Enora °°°
Vive les mariés !
Vive les mariés !
Nous venons de sceller notre union, devant Dieu et devant les hommes. Les félicitations pleuvent de partout. J’ai choisi que la cérémonie ait lieu chez nous à la maison, dans notre jardin. Je suis accro de l’espace verte. Depuis toute petite, j’ai toujours pris du plaisir à faire du jardinage avec ma mère. C’est l’un de ses hobbies. En plus de cela, se dire oui sous un arbre porte bonheur à son couple. Nous avons également saupoudré le lieu de réception pour le purifier. Les couleurs ont été mariées de façon très professionnelle, pour bénéficier de leurs vibrations énergétiques. Tout est juste magnifique. On ne sent que la présence d’invités prestigieux. Le choix de l’orchestre a été fait par ma petite soeur. J’avoue qu’elle a vraiment du goût. Il suffit de voir comment les invités profitent de l’événement,rien qu’à lire la satisfaction sur leur visage.
[ … ]
Le repas a été très copieux, bien meilleur que je ne l’avais espéré. Tous les invités se sont régalés et ne cessaient d’apprécier le décor. La coupure du gâteau a été faite, et tout le monde a eu sa dose.
Mon mari et moi avons ouvert le bal, et un à un s’en est suivis des autres. Nous avons dansé sur les différents morceaux que passait le Dj. Je n’ai jamais autant dansé de toute ma vie.
Ronan ( me chuchotant à l’oreille ) : Félicitations ma chérie, je ne te l’ai pas encore dit, tu es époustouflante Enora.
Moi ( émue ) : Merci Ronan.
J’ai levé la tête pour apercevoir mon père qui se dirige dans notre direction.
Lui ( à Ronan ) : Permets moi de te la voler pour un instant.
Ronan ( lui souriant ) : Vous avez le droit Mr QUENUM.
Il s’est éloigné me laissant avec mon père. Il m’a pris dans ses bras, j’aime ces moments entre mon papounet d’amour et moi. Nous nous sommes mis à danser sur le morceau que vient de mettre le Dj.
Papa ( me regardant ) : Ma fille aujourd’hui tu es devenue l’épouse de Ronan. Je t’ai vu grandir ici dans cette maison. Tu vas bientôt nous quitter.
Moi : Je sais papounet mais je ne m’en irai pas définitivement.
Papa : Je sais Enora. Tu sais très bien que je n’aime ce gars. Il ne m’a jamais inspiré confiance. ( Soupirant ) mais comme c’est ton choix, je n’ai pas le droit de m’opposer à votre union. Je vous ai toujours observé, j’ai du mal à te le dire. Il n’est pas fait pour toi.
Moi ( faisant la moue ) : Mais papa, ne dis pas ça. Tu sais que je t’écoute toujours. ( Regardant Ronan ), c’est l’amour de ma vie je l’aime trop, je ne sais pas ce qui adviendra de moi si jamais je le perdais.
Papa : Je ne vais pas gâcher ton bonheur ma chérie. ( Regardant ailleurs ), mais d’autant plus qu’il te rend heureux, plus rien d’autre n’importe pour moi, que ton bonheur. Mais sache qu’il sentira ma colère si jamais il ose te faire du mal.
Moi : J’ai compris papa, et vraiment merci. Tu es adorable papounet.
Papa ( pouffant de rire ) : Tu aimes trop ce surnom ridicule toi ( me tirant la joue ).
Moi : Ça te va bien, krkrkrkrkr.
Papa ( prenant mon menton ) : Sois heureuse chérie.
Il a déposé un baiser sur mon front, et j’ai fermé les yeux. J’aime trop mes parents.
Après quelques minutes, il a fait signe à Ronan de nous rejoindre sur la piste de danse.
Papa ( souriant ) : Jeune homme , cette femme qui se tient devant toi est mon trésor, prends en bien soin. Je te la confie.
Ronan : N’ayez crainte Mr QUENUM elle est entre de bonnes mains.
Papa ( air sévère ) : Je l’espère.
Il s’est éloigné en nous laissant seuls. J’ai senti combien il s’inquiète pour ma petite personne.
Ronan ( me serrant plus fort ) : Je n’arrive pas à croire que tu es enfin à moi.
Moi ( souriant ) : Tu doutes encore ou quoi ?
Ronan : Nah, j’ai juste des images erotiques dont je…
Moi ( mettant mon index sur ses lèvres ) : Je sais à quel point tu aimes ça, pour l’instant contente toi de danser avec moi, petit coquin.
Lui : Fais bien comme si tu n’aimais pas ( pressant mes fesses ).
Moi ( regardant autour de moi ) : Arrête les gens nous regardent.
Ronan : Tu es ma propriété alors je fais ce que je veux de toi.
Moi ( posant la tête sur son épaule ) : Je t’aime Ronan.
Ronan ( m’embrassant ) : Moi aussi.
J’ai senti que quelqu’un est entrain de nous observer. Lentement je me suis retournée pour croiser le regard de ma petite soeur. Il était si perçant et m’a un peu effrayé. Elle a levé son verre avant de me sourire. Puis elle a disparue dans la foule. Elle a l’air bizarre. J’ai haussé les épaules, et j’ai continué de danser comme si de rien n’était.
[ … ]
La réception s’est passée à la vitesse de l’éclair. Plus rien ne comptait pour moi à cet instant, je suis émue d’être enfin madame da SILVA. Son unique. Lol.
Petit à petit, les invités ont commencé par se disperser. Le reste de la soirée s’est déroulé
beauté. Nous sommes rentrés bien tard, pour nous reposer et prendre l’avion le lendemain.
Le lendemain aux Seychelles
Confortablement assis dans le canapé, il venait de croiser ses jambes. J’adore le fixer lorsqu’il est dans cette position. Il a une manière très sensuelle qui me donne des palpitations au niveau du bas ventre. Il sirote tranquillement son verre de whisky, en suivant un match de foot comme dans ses habitudes. Je suis restée pendant un instant à le regarder. Je sors à peine de la salle de bains, j’ai attaché une serviette autour de ma taille, et la seconde me sert à sécher mes cheveux.
Lui ( ayant enfin remarqué ma présence ) : Viens là chérie ( tapotant la place vide à ses côtés ).
Moi ( me déhanchant ) : Je pensais que tu préférerais suivre ton match et ne m’aurais pas vu.
Lui ( m’attirant à lui ) : Tu es tellement séduisante Enora lorsque tu sors de la douche. Ma petite diablesse. Tu me rends fou, avec ce corps de déesse ( promenant ses yeux envieux mon corps ).
Je sens déjà l’envie qui monte en lui, rien qu’en le regardant. Je sais très bien l’effet que je lui fais en laissant les petites gouttelettes d’eau ruisseler sur mon corps. J’adore la sensation de ma peau toute fraîche, raison pour laquelle j’aime quand il me dévore avec ses yeux qui étincellent de ce désir brûlant.
Moi ( me mettant sur lui ) : Merci bébé pour cette agréable surprise, tu es merveilleux.
Je ne vous ai pas dit, ce voyage est son cadeau de mariage. J’ai juste choisi le lieu sans savoir le pourquoi de notre visite ici.
Lui ( tirant ma serviette ) : Tu le mérites, viens que je te montre à quel point tu m’es précieuse.
Il a posé le verre et la télécommande sur la table basse, qui était posée au milieu de la salle de séjour. Lentement sans me quitter des yeux, il a envoyé la serviette valser sur le tapis.
Il a capturé mes lèvres, en prenant soin de bien sucer ma lèvre inférieure. J’ai répondu à ce baiser brûlant et passioné, qui devenait de plus en plus torride. Nos langues s’entremêlent avec fougue. Délicatement, ses lèvres ont quittées les miennes pour se promener dans mon cou. Il laissait à chaque endroit des baisers mouillés qui me rendent dingue de plaisir. Ses mains qui depuis étaient libres, se sont mises à me gratifier de tendres caresses qui m’arrachent de petits cris de gémissement. Mon corps a été parcouru de frissons, lorsqu’il a effleuré mes seins par son souffle chaud.
J’ai enroulé mes bras autour de son cou, en me basculant de temps en temps en arrière. Il a empoigné l’un de mes seins dans sa bouche, tel un maître dans le domaine, il s’est mis à tirer et sucer le mamelon, qui durcicait sous l’effet de cette torture. À l’aide de sa deuxième main, il me caressait l’abdomen, le nombril jusqu’à la rencontre de mon intimité. Lentement, il a titillé mon clitoris. Il a par la suite, glissé un doigt dans ma cave qui était déjà toute trempée et n’attendait que lui. Puis s’en est suivi du deuxième. Je me suis mise à bouger au rythme des vas et viens qu’il faisait. Je mouillais de plus belle. Je n’en pouvais plus, c’était de trop cette douce torture. Je me suis mordue la lèvre inférieure et tirais sur mes cheveux. D’un mouvement rapide, je me suis retrouvée dans ses bras.
C’est dans un regard amoureux que nous nous sommes retrouvés dans la chambre. Il m’a délicatement posée
sur le lit, en se mettant au dessus de moi. Chair contre chair, je profite de la chaleur, et de la douceur du contact de sa peau. Il s’est emparé à nouveau de mes lèvres, mais cette fois ci d’une manière très sensuelle. Je gémissais sous ses caresses brûlantes. Je mordais par moment dans l’oreiller pour étouffer mes cris de plaisir.
Il s’est redressé et nous nous sommes dévorés du regard pendant un court instant. Je me suis mise à caresser son membre qui est très durcit et brûlant. Il m’a basculée sur le côté en me prenant dans la position cuillère. De ses mains il s’est mis à pétrifier mes seins, et à me donner des coups de reins lents. Je me suis légèrement tournée pour l’embrasser. Il a répondu à mon baiser en intensifiant cette fois ci ses vas et viens. Le bruit de nos gémissements ont remplis la pièce. Malgré le climatiseur qui était en marche, nos deux corps en flamme ruisselent de sueur. C’est dans un râle de plaisir que j’ai atteint l’extase. Il m’a suivi plus tard en grognant.
Lui ( me mordant le lobe de l’oreille ) : Je t’aime chérie.
Moi ( fermant les yeux ) : Moi aussi.
Je me suis mise au dessus de lui pour l’embrasser. Lentement son membre a repris vie. Et c’est parti pour un autre round. La nuit sera longue, hi hi hi .
[ … ]
Je me suis réveillée ce matin en me tordant de douleur. La nuit a été torride, surtout quand je pense aux deux mois de sevrage avant le mariage ( rire ). Après avoir parcouru la pièce du regard, j’ai constaté que Ronan n’était pas à l’intérieur. J’ai mis mes babouches en allant dans la salle de bains, histoire de prendre ma douche. Le contact de l’eau froide sur ma peau m’a fait un bien fou. C’est difficilement que j’ai fermé le robinet afin que l’eau ne coule plus.
J’ai enfilé un short et un débardeur, avant de sortir de la chambre. Debout sur le balcon, il contemplait le paysage. J’adore l’environnement naturel de cette île. C’est la raison pour laquelle nous nous trouvons présentement dans ce petit coin de paradis où l’on voudrait que le temps s’arrête. Je l’avais choisi au cours d’une discussion entre lui et moi. L’établissement est simple et somptueux. Je n’ai pas hésité à choisir cet hôtel, il m’a plu à la première vue sur l’internet. L’architecture est très élégante, avec un intérieur raffiné, une atmosphère luxueuse sublimée par le choix de matériaux nobles comme le bois naturel, la pierre, le granit rose ou le marbre, et j’en passe. J’ai choisi cette île, celle de Praslin qui se trouve aux Seychelles sans savoir qu’elle serait le lieu de notre lune de miel. Le meilleur hôtel que m’avait proposé l’agent de voyage lors de ma recherche, est le Constance Lemuria. Il y a de très beaux endroits sur cette terre, maman le cadre est juste idyllique.
Sur la pointe des pieds, je me suis avancée vers lui pour le prendre par la taille. Les effluves de son parfum ont délicieusement titillées mes narines. J’ai fermé les yeux pour savourer ce moment. J’adore cet homme. Cela me rappelle le tout premier jour où, j’ai croisé son regard.
Trois ans plutôt
C’était un samedi soir, lors d’une soirée de gala, où il n’y avait que des invitées de marque. La fête battait son plein, lorsque mon regard fut attiré par un beau spécimen. Il m’a dévoré pendant toute la soirée. Par finir, il s’était approché de moi dans une démarche majestueuse et le sourire aux lèvres.
Lui ( souriant de ses plus belles dents ) : Bonsoir mademoiselle.
Moi ( naturelle ) : Bonsoir
Lui ( prenant ma main pour y déposer un baiser ) : Ronan- Luc pour vous servir , à qui ai-je l’honneur ?
Moi : Enora QUENUM
Lui : Très joli prénom, il vous convient parfaitement.
Moi ( gênée ) : On peut se tutoyer si ça ne te gêne pas. Je n’aime pas ces vouvoiements. Ils me rendent inconfortable.
Ah oui je suis directe moi.
Le Dj venait de mettre un morceau à la tendance. Une musique très dansante qui met toujours mes sens en éveil. Pendant un instant, j’ai complètement oublié le petit monde qui m’entourait. Je m’étais mise à bouger de la tête et à esquisser des pas.
Lui ( me tendant sa main ) : Accorde moi cette danse.
Sans plus réfléchir, j’avais mis ma main dans la sienne. Il l’avait saisie et m’avait lentement entraînée sur la piste de danse. Il a délicatement enroulé ses bras autour de ma taille. A mon tour j’avais enroulé les miens autour de son cou. Ses épaules sont larges et lui donnent un air unique. C’était comme si nous nous connaissions depuis toujours. Nous avions bougé au rythme de la musique.
Il avait gardé son doux regard sur moi. Il sentait vachement bon. Ronan est un jeune homme de la trentaine environs, qui à première vue, vous donne une bonne impression. Il a les cheveux noirs tout crépus, les yeux marron qui inspirent l’intelligence, le nez retroussé, la bouche petite et les lèvres rose. Hummmm.
Il ne cessait de me sourire. Ce qui reflétait les pommettes de ses joues.
Après quelques minutes
Des applaudissements résonnaient dans la salle à la fin de la musique.
[ … ]
J’ai passé un agréable moment avec Ronan. Nous avions échanges nos contacts à la fin de la soirée. Depuis ce jour nous avions continué à nous voir. J’ai su qu’il est un homme très cultivé et sage au fur et à mesure que le temps passait. Le fait qu’il soit généreux et très ambitieux m’a également séduit. Je m’en suis follement amourachée. Et ce fut le début d’une belle histoire d’amour pleine de merveilles.
Retour au temps présent
Son sourire lumineux, traduit sa gentillesse et sa sympathie. Sa façon de parler reflète sa forte personnalité et son charisme. Sa taille musclée fait preuve de dynamisme. Ce que j’admire le plus chez lui, c’est son look qui tient un mélange entre le style sportif et le style moderne.
Je n’ai jamais eu une relation amoureuse qui a durée plus de douze mois. Tout est si différent et magique avec Ronan. Il me traite comme la princesse que je suis. Il rend chaque jour plus merveilleux que la veille. Je l’aime de plus en plus. Et tout simplement.
Il bougeait sur le son de ce morceau qui fait bouger la ville de Cotonou. Le duo de l’ivoirien Hiro et de la superbe Nigerianne Chidima sur “ ton pied mon pied “.
Lui ( se tournant vers moi ) : Que fais tu déjà en éveil Enora ? Je te croyais entrain de ronfler encore.
Moi ( lui donnant une tape sur l’épaule ) : Tu es fou hein krkrkrkrkr de nous deux qui ronfle plus tchip. C’est toi oui, après c’est pour mettre le tord sur moi.
Lui ( me serrant plus fort dans ses bras ) : Je t’aime aussi.
Moi ( me dégageant lentement de son étreinte ) : Tu m’éttoufes Ro, c’est comment je ne vais pas m’en fuir.
Lui ( souriant ) : Je veux juste que tu sentes combien je t’aime ma belle.
Moi ( l’embrassant ) : Plus besoin de me le prouver, je le sais et j’ai totalement confiance en toi.
[ Sonnerie de téléphone ]
J’ai sorti mon téléphone de ma poche, en voulant décrocher l’appel, la personne avait déjà raccrochée. Il s’est remis à sonner, et je l’ai décroché l’air surprise.
Moi : Allô !
Voix ( en pleures ) : Excuse moi de te déranger mais j’ai une mauvaise nouvelle à t’annoncer.
Sa phrase m’a tellement apeurée, qu’il lui a fallu crier à l’autre bout du fil, pour que je réagisse.
Moi ( inquiète ) : Que se passe t-il ? Parle bon sang, tu me fouts la trouille.
Voix ( éclatant en sanglots ) : C’est maman, viens vite, elle a eu un…
Moi : Que s’est il passé ?
Elle n’a pas pris la peine de me répondre avant de raccrocher. J’ai automatiquement relancé l’appel les doigts tremblants, mais sans réponse. A plusieurs reprises, ça ne sonnait que dans le vide. Ne sachant plus quoi faire, j’ai fini par laisser le téléphone glisser de ma main.
Je me suis écroulée sur la chaise. J’ai juste senti Ronan me prendre dans ses bras. Ma gorge s’est nouée d’un coup, et j’ai ressenti une petite douleur dans ma poitrine. La joie et le bonheur qui m’animaient tout à l’heure ont disparues pour céder leur place à une angoisse indescriptible. Submergée par la peur, je n’ai pas su à quel moment, de grosses larmes se sont mises à perler sur mes joues.
Lui ( les essuyant du revers de ses mains ) : Qu’il y a t-il ?
Moi : …
Lui ( me secouant ) : Mais dis moi quelque chose chérie, tu m’inquiètes.
Moi ( au bout des lèvres ) : C’est ma mère, je pense qu’elle va mal, je... je le sens, je…
Non pas ma mom, non…
Chapitre 3
Que se passe t-il ?
Quelque part dans Cotonou
°°° Ariana °°°
Il fait un soleil très accablant cet après midi. Au lieu d’être dans mon bureau à profiter de la climatisation, me voici sous ce soleil ardent à superviser, tchip.
Moi ( descendant de ma voiture ) : Par ici, faites attention il y a des objets fragiles. Ça coûte une fortune.
Lui : C’est compris madame.
Sa tête comme c’est compris madame. Je suis tellement en boule depuis ce matin, surtout que je me suis levée du mauvais pied, pffffff.
Moi ( au second monsieur ) : Vous ( le désignant de l’index ) suivez moi.
Il m’a suivi sans broncher, avec un grand carton qu’il tient. Il vaut mieux faire ses choses soi-même, plutôt que de les confier à autrui.
Nous sommes en plein emménagement. Mon mari et moi sommes obligés de trouver une villa à Cotonou et venir nous y installer. Nous avons quitté Porto-Novo, vu que nous aurons à faire le trajet Porto-Novo Cotonou chaque jour, franchement ça épuise. Il a un hôtel en construction à Cotonou, dont les travaux seront bientôt finalisés. En attendant sa fin, nous serons entrain de nous familiariser avec les lieux.
J’ai délicatement posé le carton que je tenais sur le tapis de couleur marron. Dès mon entrée, j’étais émerveillée par la beauté des lieux. La villa est splendide. Un grand jardin bien entretenu avec la pelouse soigneusement taillée lui donne un aspect très beau. Des chaises à bascule se trouvent sur la terrasse. Juste ce qu’il nous faut. Les dimensions de cette villa sont juste comme je l’avais souhaité. J’adore la hauteur des murs, et surtout la grandeur des portails. Il y a de belles fleures un peu partout, de différentes espèces et de couleur, ce qui montre déjà que l’atmosphère sera très joviale et plaisante. Je connais une personne qui jubilerait de joie rien qu’en voyant cette piscine. Waouh, il va falloir penser au gardien et au personnel. Je verrai tous ces détails plus tard. Pour l’instant je dois finir de ranger les affaires.
[ … ]
Je me suis laissée affaler sur le siège de la voiture. Je suis épuisée et je ressens une petite migraine. Lentement je me suis mise à masser mon front pour soulager la douleur. Mais ça été en vain. J’ai ouvert mon sac à mains, pour en faire sortir un cachet d’aspirine. Je prend la bouteille d’eau qui est sur le siège côté chauffeur, et j’ai bu le contenu d’un trait.
[ Sonnerie téléphone ]
Un large sourire s’est affiché sur mon visage lorsque j’ai jeté un coup d’œil sur l’écran.
Moi ( massant mon front en m’adossant ) : Allô chéri
Lui : Bonsoir Ari, comment évolue l’emménagement ?
Moi : Tu n’imagines même pas combien c’est fatiguant. Je dis c’est comment tu ne demandes pas de mes nouvelles, juste l’emménagement ?
Lui ( pouffant de rire à l’autre bout ) : Qui t’a encore énervé chérie pour que tu me fasses le bruit comme ça. Je t’aime aussi.
Moi : Mouais c’est ça ( regardant à l’intérieur ) : Ça avance, nous allons bientôt finir. Je reconnais que les travailleurs sont très dynamiques et efficaces. Tu as fait un bon choix les concernant.
Voix ( à l’autre bout du fil ) : Excusez moi monsieur, mais vous avez de la visite.
Lui : Merci Kate. ( À moi ), chérie le boulot m’appelle. A ce soir, ciao. Take care, kissss.
Moi ( soupirant ) : You too sweetie, Okay.
Clic.
J’ai attendu une quinzaine de minutes, avant de descendre de la voiture.
Moi c’est Ariana HOUNNOU, je suis béninoise cent pour cent. Je suis originaire de Porto-Novo. J’ai une garderie que je gère à Cotonou. Je vous épargne mon âge, ( lol ), je suis déjà mariée et mère d’un beau garçon de 7 ans. C’est une nouvelle vie qui commence pour ma petite famille et moi dans cette belle ville de Cotonou. Vous aimez trop les détails, je vais m’occuper de mon emménagement. ( Clin d’œil ).
°°° Enora °°°
Je me suis appuyée sur son épaule et il m’a aidé à me lever. Il nous a conduit à l’intérieur. Je suis restée assise sur le grand lit, le regard dans le vide pendant je ne sais combien de minutes. Sa voix m’a tirée de mes pensées.
Lui : J’ai appelé ton père, et il m’a rassuré que ta mère est à présent hors de danger. Elle a eu un accident.
Moi ( inquiète ) : Elle va bien ?
Lui : Elle s’est fait mal au cou et a la jambe droite plâtrée.
Moi ( d’une voix basse ) : Je veux rentrer babe. Je dois la voir.
Il a pris son ordinateur portatif, en s’installant dans le canapé près de la fenêtre. Je pouvais également lire une angoisse sur son visage, malgré qu’il essaie de le cacher. Un silence pesait dans la pièce. Je n’ai su quoi dire, jusqu’au moment où il s’est enfin décidé à le briser.
Lui ( me touchant l’épaule ) : Enora, j’ai réussi à nous acheter les billets. Nous partons dans une demie heure, pour le prochain vol pour le Bénin.
Moi ( regardant devant moi ) : …
Lui : Ne te mets pas dans cet état, tout ira bien. Hum.
Moi : Je suis désolée qu’on rentre sitôt.
Lui ( me prenant le menton ) : Ce n’est pas grave. Il y a plus urgent, et c’est la santé de ta mère. Nous avons toujours le temps de revenir ou d’aller n’importe où. Pour l’instant son état importe plus. ( M’aidant à me lever ), vas te changer, je vais régler les comptes à la réception. Je reviens.
Il a posé un baiser sur ma tempe avant de de se lever et de sortir de la pièce. Je l’ai suivi du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse de mon champ de vision. Ensuite je me suis changée.
[ … ]
Notre avion vient d’atterrir sur le sol béninois. Nous avons dépassé le contrôle. Je suis debout en attendant que Ronan aille récupérer nos bagages. Je l’attendais avec impatience lorsque j’ai ressenti une envie pressante d’aller me soulager aux toilettes. En voulant me retourner, j’ai buté contre un torse, et j’ai été parcouru de frissons d’un coup. Mais que m’arrive t-il ? Sûrement que c’est l’effet du stress, me suis-je répété intérieurement, avant de lui faire face.
Lui ( ramassant ses papiers éparpillés sur le carreau ) : Je suis vraiment désolé madame, excusez moi. Je suis tellement pressé que je n’ai pas fait attention.
Moi ( l’aidant ) : Ce n’est pas votre faute. Je m’excuse également j’étais perdue dans mes pensées.
[ Les passagers à destination du Nigeria sont priés de se rendre dans la salle d’embarquement ]
Lui ( ajustant ses lunettes ) : Je dois y aller. Bonne journée .
Moi : Pareillement.
Ronan ( derrière moi ) : On peut y aller.
Mon envie peut attendre. Il a pris ma main dans la sienne, et il a poussé le chariot à l’aide de la seconde. Ce geste a eu le don de me détendre.
Dehors il y avait sa voiture qui était déjà garée sur le parking. Il a mis nos bagages à l’arrière de la voiture. Nous nous sommes installés et le chauffeur a démarré.
Je ne l’ai pas attendu. Je me suis immédiatement ruée à l’intérieur lorsque le chauffeur a coupé le contact. En passant par le salon j’ai été interrompue par Laure, l’une de nos domestiques.
Laure : Bonne arrivée ma fille.
Moi : Merci Laure, où est ma mère ?
Laure : Toujours à l’hôpital ma fille.
Moi : Je me change rapidement et j’y vais.
Laure : Tu aurais pu rester et profiter de votre lune de miel. Ta présence n’était pas si nécessaire. ( L’air pensive ) je me demande bien qui a bien pu te mettre au courant.
Voix ( derrière nous ) : Moi, qu’il y a-t-il de mal à ça ? ( À Laure ) retourne aux fourneaux et occupe toi de tes affaires, tchip.
C’est la voix d’Ayanda ma petite sœur, elle ne contrôle jamais sa longue tronche qui lui sert de bouche. Il faut qu’elle se mêle de tout. Elle doit toujours marquer sa présence.
Moi : Tu n’es pas obligée d’être si aggressive avec elle. Elle est très âgée et peut être ta mère, où est passé le respect chez toi ? Tu l’as vendu aux chiens ?
Ayanda ( m’ignorant royalement ) : …
Moi ( ton dur ) : Présente à Laure tes excuses.
Ayanda ( croisant les bras ) : Les domestiques ne peuvent être mélangés à la famille. En plus elle est payée comme une employée, sur ce je la traiterai comme telle, tchip.
Moi ( À Laure ) : Excuse son comportement, elle est immature.
Ayanda : Tu lui permets de te prendre comme sa fille. Qu’elle aille faire ses enfants, après avoir mangé ceux des gens, elle est incapable de concevoir. Vieille peau.
Moi ( dépassée ) : Non mais où te crois tu à la fin ? Je ne tolérerai plus une seule injure à son égard. Vas dans ta chambre.
Ayanda : Si ça ne tenait qu’à moi, il y a longtemps que tu aurais quitté cette maison. Pffffff.
Moi ( gênée ) : Si tu veux recevoir ma main sur ta joue, ouvre encore ta sale gueule.
Elle nous a toutes deux regardé à la dérobée. La jeunesse de nos jours, elle n’a plus le respect. Tout est la faute de mom. C’est elle qui tolère toutes ses caprices.
Moi : Je suis navrée pour son comportement puéril Laure.
Laure ( souriante ) : J’y suis habituée ma fille, ne prête pas attention. Si tu veux bien m’excuser. Mes marmites me réclament.
Je lui ai souri, et elle a tourné les talons. Je la respecte beaucoup. C’est elle qui s’est occupée de nous lorsque nous étions toutes petites. Laure est une jeune et belle dame de la cinquantaine qui ne fait même pas son âge physiquement. Cela fait des années qu’elle est au service de ma famille. Elle est la meilleure, et fait bien son boulot et nous cuisine de délicieux plats. Elle m’a toujours traité comme sa propre fille, contrairement à ma sœur qui est toujours désagréable envers sa personne. Je me suis retournée et Ayanda avait déjà disparue. Tant mieux pour elle, je réglerai son compte plus tard. J’ai rapidement dévalé les escaliers pour me diriger dans la chambre des parents.
Je me suis rapidement changée, et je suis descendue. J’ai trouvé Ronan adossé contre la voiture.
Moi : S’il te plaît conduis moi à l’hôpital, ma mère est là bas.
• Lui : Je vais te déposer et revenir. J’ai une urgence familiale , c’est ma tante. Je promets revenir chérie.
Moi : Okay.
Il a garé une quinzaine de minutes plus tard, devant le CNHU de Cotonou.
J’ai ouvert la porte et je suis restée debout pendant un moment. Lentement je me suis approchée du lit. Ma mère est allongée et endormie. Elle a un collier au cou, et la jambe plâtrée. Elle est toujours belle, même dans cet état. J’ai tiré la chaise pour m’asseoir à ses côtés. J’ai pris sa main, et je l’ai tendrement caressée. Elle n’a pas bougée, ce qui prouve qu’elle dort à poings fermés. Je l’ai contemplée un instant avant de poser ma tête sur le bord du lit. Je n’ai pas su à quel moment le sommeil m’a emporté.
°°° Jean-Etienne °°°
Plus de trente minutes déjà que je fais des vas et viens dans mon bureau, sans prendre la peine de m’arrêter. Je ne cesse de réfléchir à comment faire pour expliquer mon acte à mon épouse. Elle est si fragile en ce moment. Elle n’aurait jamais du écouter cette conversation. Qu’est ce qui m’a poussé à prendre cet appel chez moi ?
Sur le coup de la colère, j’ai nerveusement cogné mon front contre le mur. Que je suis stupide. Que faire ?
Après quelques minutes à tourner en rond sans but, je me suis enfin décidé à sortir de la pièce. J’ai envie de prendre l’air pour me calmer. J’ai pris les clés de ma voiture et mon porte feuille, avant de sortir de la maison. Sur le chemin, je me suis décidé à lui rendre plutôt visite. Donc je me suis rendu à l’hôpital.
[ … ]
Enora et sa mère dorment profondément. Je vois qu’elle est rentrée de son voyage sans même finir son séjour. Et pourtant j’avais interdit à tout le monde de la notifier. On ne peut avoir confiance en personne de nos jours, pffffff. Il n’y a qu’Ayanda pour faire un truc pareil. Elle va m’entendre celle là.
Je me suis retourné en marchant à pas de loups pour les laisser se reposer.
Enora ( s’étirant ) : Papounet que fais tu là ?
Moi ( sourire jaune ) : Euh je suis venu voir comment elle va. Mais elle dort toujours. Tu n’aurais pas dû venir princesse. J’ai été clair avec ton mari au téléphone.
Enora : Tu sais très bien que je tiens énormément à vous deux. Je ne pourrais pas rester loin et me faire du mauvais sang. Je devais rentrer. C’était primordial.
Moi : Je comprends.
Elle m’a longuement fixé sans rien dire. J’ai peur qu’elle me pose des questions sur l’accident de sa mère. J’ai ouvert la porte pour sortir, mais elle m’a arrêté dans mon élan.
Enora : Papounet dis que s’est il réellement passé ?
Que vous ai-je dit, je la connais comme la paume de mes mains. Elle est juste comme sa mère. J’ai soupiré avant de tourner et lui faire face.
Moi ( gardant mon calme ) : Elle a trébuché lorsqu’elle descendait les escaliers dans la précipitation. C’est la raison pour laquelle elle est dans cet état. Le docteur a dit que ce n’est rien de grave. Elle a eu une fracture simple sans déplacement de l'extrémité supérieure de la jambe droite. Ce qui a nécessité la pose d'un plâtre. Et dans sa chute elle s’est fait mal au cou. C’est pourquoi on lui a mis un collier au cou pour prévenir d’éventuelles lésions cervicales.
Enora : Mais maman a toujours été prudente. Je me demande bien ce qui s’est passé pour qu’elle se retrouve à courir dans les escaliers. Elle a du être choquée par quelque chose ou elle fuyait quelqu’un. Elle…
Moi ( la coupant ) : Ne cherche pas à connaître les détails. De toute façon elle ira mieux.
Enora : …
Je sais qu’elle est surprise par ma phrase. C’est la première fois que je lui adresse la parole de cette manière. Enora est une fille très intelligente. Elle ne se reposera pas tant qu’elle ne saura pas la vérité. Pourvu que Léontine ne lui dise rien, sinon je serai foutu.
Moi : Oublies chérie, tu t’inquiètes inutilement.
Léontine s’est mise à tousser, ce qui a attiré notre attention à tous les deux. Elle nous regarde à tour de rôle sans piper mots. Je peux lire la peur et la déception sur son visage.
Léontine ( voix faible ) : J’ai soif.
Enora s’est précipitée de remplir le verre d’eau à côté, avant de l’aider à boire. Elle a vidé d’un coup le verre.
Enora : Maman tu vas mieux ?
Elle n’a pas pris la peine de lui répondre. Elle a essayé de se lever mais en vain. Elle est encore sans doute faible. Je me suis rapproché d’elle pour l’aider, mais elle m’a arrêté en me faisant un geste de sa main. Elle a tellement crié que j’ai eu mal aux tympans.
Léontine : Stop, ne t’approche surtout pas de moi Étienne.
Sa fille l’a aidé à s’adosser. Elle continue de me regarder de travers. Son geste n’a pas échappé à Enora qui me lance un regard interrogateur.
Enora : Papounet on dirait que maman te reproche quelque chose. Que lui as-tu fait ?
La question que je redoutais le plus vient de m’être posé. Je n’ai plus d’échappatoire. J’ai baissé la tête en fixant le mur. Je n’ai qu’une seule envie en ce moment. Celle de disparaître de la surface de la terre.