Chapitre 2
LES PLEURS DE MON ENFANT
PARTIE 2
Auteure : Les écrits de WBS
Son père ne voulait en aucun cas être la source de moqueries.
Il était prêt à tout pour toujours avoir une image propre aux yeux de toutes les personnes qui l’entourent.
Sa femme cuisinait très bien et il ne manquait jamais d’occasion pour le montrer aux autres hommes. Pendant tout le repas Mariame et ses filles étaient restées à la cuisine. Il n’y avait que son jeune fils qui partageait le repas des hommes.
En soirée quand ils avaient fini, Mariame et ses filles ont tout nettoyé.
Le jour du mariage de celle-ci tout était comme prévu. Le mariage se déroula dans de bonnes conditions. C’était une cérémonie ordinaire. En soirée, Karidja devait être aux côtés de son mari. Laissant sa famille, étant prête à être une vraie femme au foyer.
Mariame : ma fille il faut être soumise. Respecte ton mari c’est lui le chef de famille
Karidja : oui maman je le ferai
Mariame : je te fais confiance. Fais toujours en sorte que la paix règne dans ton couple
Karidja : comme toi
Mariame : ça me fait plaisir de t’entendre dire ça. Surtout n’oublie pas, l’amour et rien que l’amour
Karidja : merci maman
Les dernières paroles qu’elle avait prononcées retentissaient dans la tête de sa fille ainée toute la soirée et matinée. Si bien qu’elle oublia et n’était pas prête pour son mari.
Karidja : euh attends
Koffi : tu ne veux pas de moi ?
Karidja : ce n’est pas ça. Juste ça va vite
Koffi : je suis maintenant to mari
Karidja : je le sais mais ce n’est pas facile
Koffi lâcha celle-ci.
Koffi : tu sais, j’ai conscience que ce n’est pas facile pour toi et que tu as l’impression d’avoir été acheté
Karidja : je n’ai pas dit ça
Koffi : tu le penses certainement. Mais je ne suis pas avec toi pour te faire souffrir. Je t’ai toujours aimé et j’ai eu la chance de te choisir comme ma femme
Karidja était surprise de l’entendre parler comme ça. Intérieurement
Karidja : alors il m’aime réellement
Koffi : si tu veux du temps pour mieux apprendre à me connaître, tu l’auras
Karidja : c’est étonnant
Koffi : quoi ?
Karidja : cette façon de parler. Tu es le chef de famille et c’est toi qui doit décider
Il rigolait
Koffi : on forme un couple et c’est à nous de décider.
Koffi venait d’une famille riche. Il avait effectué ses études supérieures à l’étranger. Il revenait souvent dans son pays natal. Bien qu’il considérât Karidja jeune, il avait décidé qu’il demanderait sa main auprès de sa famille à ses vingt ans. Il l’avait donc fait quand elle avait dix-neuf ans car ses parents cherchaient déjà qui devait l’épouser.
Après plusieurs années hors de son pays, il avait une façon différente de penser certaines choses.
Koffi : tu veux dormir ? La cérémonie était fatigante
Karidja était encore plus surprise. Il était tellement attentionné à son égard. Elle avait l’impression d’être dans un film mais c’était bien réel.
Ils avaient passé leur première nuit dans la maison familiale et au réveil, elle s’était occupée du petit déjeuner de son mari et de la famille de celui-ci.
Ses parents étaient satisfaits du choix de leur belle-fille. Elle faisait tout sans riposter.
Awa était très différente d’elle. Elle avait menti à ses parents qu’elle avait un devoir comme convenu avec Moussa. Le jour même, elle était chez lui. Tous les deux ont causés un acte qui changera à jamais la vie de cette dernière. Elle était folle amoureuse et prête à tout pour lui.
Awa : aïe !
Moussa : attends j’essaie encore
Awa : ouille Moussa doucement
Moussa : désolé attends ça ira
Elle faisait une bêtise. Une grosse bêtise car elle n’avait pas réfléchi.
Awa : ah oui !
Moussa : hum tu as vu c’est mieux maintenant
Awa : chut c’est trop bon
Elle avait perdu sa virginité ce jour. Elle était la plus heureuse du monde. Mais la suite des évènements a très vite changé les choses.
Quelques semaines plus tard, Moussa était différent.
Awa : Moussa tu m’ignores ?
Moussa : t’ignorer comment ?
Awa : tu ne réponds plus à mes messages et même au lycée tu ne viens plus me voir pendant les récréations
Moussa : toi aussi ce sont juste mes occupations
Awa commençait à comprendre qu’elle avait vraiment fait une bêtise.
Les jours passaient et ça faisait déjà trois semaines que le comportement de son copain avait totalement changé.
UN MOIS PLUS TARD
Elle appela Moussa.
Moussa : allô
Awa : oui il faut qu’on parle
Moussa : de quoi ? je ne suis pas à la maison
Awa : je ne peux pas te dire au téléphone mais c’est vraiment urgent
Moussa : et par message tu ne peux pas écrire ?
Awa : Moussa je veux te voir. A tout prix
Moussa : bon on se voit demain à seize heures à l’endroit habituel
Awa : je ne manquerai pas. Je t’aime Moussa
Moussa : bon demain
Il avait raccroché. Elle était encore plus mal.
Elle cogitait. Elle regrettait déjà car si c’est ce qu’elle croyait, elle serait dans un sacré pétrin. Comment allait-elle annoncer une telle nouvelle à sa mère pire encore comment allait-elle dire à son père ce qui se passait.
Elle voulait se réveiller de ce cauchemar mais elle ne rêvait pas.
Elle angoissait et était morte de peur. Elle avait une boule au ventre et pensais aux mots de sa grande sœur.
Elle s’était donc mince à pleurer et s’enroulait au sol. Elle priait pour que ce ne soit pas ce qu’elle croit.
Mais, elle avait caché cela. Le lendemain même elle retrouva Moussa au lieu prévu à cet effet.
Moussa : salut ma belle
Awa : maintenant je suis ta belle ? Depuis que tu m’ignores. Je n’existe plus pour toi
Moussa : ne dis pas ça
Awa : j’ai quelque chose à te dire
Moussa : je t’écoute
Awa : je ne sais pas comment t’annoncer ça
Moussa : c’est grave ?
Awa : pour notre âge et notre situation actuelle c’est grave. J’espère rêver ou que ce soit un dérèglement
Moussa : dérèglement ? Explique-moi
Awa : en fait…
A SUIVRE
Auteure : Les écrits de WBS
Chapitre 3
Les pleurs de mon enfant
Partie 2
Auteure : Les écrits de WBS
Awa : ce que j’ai à te dire n’est pas facile
Moussa : parle s’il te plaît
Awa : tu te rappelles la dernière fois qu’on était chez toi ?
Moussa : ça date
Awa : il y a exactement un mois. Tu as déjà oublié
Moussa : tu reviens quand ?
Awa : tu es malade ou quoi ?
Moussa : ça fait un mois
Awa : et alors bref je n’ai plus mes règles
Moussa : parle fort je n’entends pas bien
Awa : je te dis ceci, je n’ai plus mes règles
Moussa : règles comment
Awa : tu es bête ou tu fais exprès
Moussa : donc tu es enceinte ?
Awa : surement
Moussa : mais tu me fais peur. Tu n’es même pas sûre
Awa : c’est la première fois que ça m’arrive
Moussa : il y a une première fois à tout
Awa : je suis sérieuse Moussa. J’attends un bébé à coup sûre
Moussa : ce n’est pas mon problème
Awa : quoi ?
Moussa : tu as bien entendu. Je suis trop jeune pour être père
Awa : tu t’entends parler ? Je t’ai donné ce que je devais offrir à mon mari tout ça par amour
Moussa : c’était une erreur en plus tu es une gamine
Awa : tu me perles comme ça maintenant ?
Moussa : tu as la vie devant toi. Si tu veux garder cet enfant, fais-le. Mais il n’est pas de moi
Awa : il est de qui ?
Moussa : qui sait où tu écartes tes cuisses
Elle le gifla
Awa : tu n’es qu’un lâche
Moussa : tu gifles qui ?
Awa : toi car tu me manques de respect. Tu as été le premier et le seul. Aujourd’hui, vu ton comportement je regrette amèrement
Moussa : c’est fini entre nous je ne veux plus jamais entendre parler de toi pauvre fille. Tes parents et toi vous êtes des malades tu pensais t’accrocher sur la richesse de mes parents
Awa : tu vas pleurer un jour Moussa. N’oublie jamais cette date pauvre imbécile
Elle tourna le dos. Elle avait joué la forte devant lui mais intérieurement, elle était meurtrie. Elle n’arrivait pas à croire. Elle tombait des nues. Le nuage sur lequel elle était n’existait plus.
Moussa quant à lui ne regrettait rien de ce qu’il avait dit.
Une fois chez elle, Awa était dans sa chambre. Elle avait l’impression que son monde s’écroulait. Il y a de cela quelques jours, elle était la plus heureuse du monde. Maintenant, que vont penser les autres. Ses parents avaient tout misé sur elle. Ils ont fait l’exception sur cette dernière, l’envoyer à l’école.
Ceci n’était que le commencement. Son monde avait complètement basculé.
Le soir elle prépara le diner avec sa mère Mariame.
Mariame : hum ma fille j’aime quand tu cuisines comme ça
Awa : merci maman
Mariame : tu es une fierté ma fille. Tout comme ta grande sœur vous êtes vraiment courageuses
Awa culpabilisait de plus en plus
Awa : d’ailleurs tu as de ses nouvelles ?
Mariame : elle m’a appelée quand j’étais au marché. Elle m’a dit que son mari la chouchoute
Awa : oui elle m’avait dit la même chose
Mariame : à sa voix, j’ai senti qu’elle est heureuse. Toi aussi tu seras heureuse
Awa : merci maman
Mariame : passe-moi la passoire
Awa : maman je vais le faire
Sa mère était heureuse de vois sa fille agir comme ça. Sans savoir ce qui allait s’abattre sur eux les semaines suivantes.
Awa cachait sa grossesse à ses parents. Son père tenait tellement à son image. Sa mère qui l’avait toujours soutenu surtout pour poursuivre ses études et être une grande dame.
DANS LA BELLE FAMILLE DE KARIDJA
Koffi : hum dis-moi d’où viennent vos prénoms ? J’ai remarqué qu’aucun chez vous ne va à la mosquée
Karidja amusé lui avait répondu
Koffi : c’est drôle ?
Karidja : ça me fait rigoler à la longue
Koffi : pourquoi ?
Karidja : toute ma vie, on m’a fait cette remarque
Koffi : c’est étonnant. Ca fait un mois, j’ai observé tes comportements et même les prières je n’ai rien vu
Karidja : mes parents avaient un ami proche. Cet ami était comme mon tonton c’est lui qui avait choisi mon prénom à ma naissance. Il aidait tellement mes parents il était proche d’eux même dans les moments difficiles
Koffi : tu parles de lui au passé
Karidja : oui car il est décédé. Pour lui rendre hommage, mes parents avaient décidé de donner d’autres prénoms musulmans à ma sœur et frère.
Koffi : c’est touchant
Karidja : oui très touchant. Voila ce que je raconte à toutes les personnes qui me font ces remarques
Koffi : bientôt tu n’auras plus de salive à force
RIRES
Koffi : tu as réfléchi aux prénoms de nos enfants
Karidja : pas encore. D’ailleurs tu veux en avoir combien ?
Koffi : je veux remplir la maison
Karidja : tu es vraiment mignon
Koffi : merci
Karidja : non mais c’est vrai. Tu sais je n’ai jamais vraiment été pour les mariages arrangés mais je ne regrette rien du nôtre
Koffi : moi encore moins, il lui fit un câlin.
Des semaines passaient. Awa était ferme elle était prête à garder son enfant et à annoncer cela à ses parents le plus tard possible.
Elle était à deux mois de grossesse. Elle trouvait tout genre d’excuse pour que sa mère ne prête pas attention à ses symptômes.
Mais une grossesse ne peut être cachée à vie. Un jour sa mère avait discuté avec elle.
Mariame : Awa, avait-elle crié.
Awa : oui maman, en se précipitant vers elle.
Mariame : depuis que j’ai acheté ce paquet de serviettes hygiéniques c’est toujours là
Awa paniquait. Le pire c’est qu’elle ne savait pas mentir
Mariame : ma fille
Awa : maman ce n’est pas ce que tu crois
Mariame : croire quoi ? En criant. Son père arriva dans la chambre
Kouadio : on vous entend dehors. C’est comment ?
Awa : papa pardon, en tapant dans ses mains.
Mariame avait compris
Mariame : Awa pourquoi ?
Kouadio : il y a quoi ici je ne comprends rien
Mariame avait voulu cacher à son mari car elle savait qu’il agirait de la pire des façons possible. Mais elle tenait le paquet de serviette dans ses mains.
Kouadio : il y a quoi ? Je ne vais pas me répéter
Awa pleurait déjà
Awa : papa je, elle suffoquait presque.
Kouadio : tu ?
Awa : je suis…
Kouadio : je vais te gifler hein
Awa : enceinte, d’une petite voix.
Kouadio : quoi ?
Mariame : eh ma fille tu me fais ça, ma fille, mon espoir
Kouadio avait lâché une gifle et sa fille était au sol
Mariame : Kouadio
Kouadio : toi, tu fermes ça
Elle ne pouvait plus rien dire.
Kouadio : c’est ce qu’on t’apprend à l’école ?
Awa pleurait toujours
Kouadio : on va faire quoi maintenant qui va t’épouser avec ça ? Le père est où ?
Awa : il n’a pas assumé
Kouadio : tu t’attendais à quoi ? Si tu veux rester dans cette maison, je ne veux pas de cette enfant ici
Awa avait donc un ultimatum il fallait qu’elle enlève cet enfant.
Kouadio : plus vite ça sera fait et ça sera mieux. On doit te trouver un mari même au village
Awa ne disait rien mais il était hors de question qu’elle enlève cet enfant et qu’elle épouse un homme de force.
Après cette nuit, Awa était restée chez ses parents une semaine. Mais il y avait énormément de tension elle était privée de tellement de choses. Elle était devenue comme un inconnu pour son père qui voulait préserver son image et éviter la honte.
Elle avait fugué loin de ce quartier. Ca faisait déjà vingt quatre heures que ses parents n’avaient aucune nouvelles. Mais ils n’avaient pas l’air de vouloir où elle se trouve.
Elle marchait dans les rues toute triste sous le regard des inconnus. Elle avait tout perdu. Même sa sœur elle n’avait pas appelé.
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