Chapitre 2

L'avis de Bella :

Je ne pouvais me permettre de m'arrêter. Je courus plus vite.

En matière d'énergie physique, je ne faisais vraiment pas le poids face à lui.

Heureusement pour moi, l'homme ne réussit pas à me rattraper.

Lorsque je fus hors de l'hôtel, un sentiment de peur m'habitait encore. Je fis une caresse sur mon cœur qui battait la chamade. Heureusement que je pus courir assez vite.

Prochainement, je n'aurais plus rien à faire avec cet homme. Je n'avais donc plus de raison de me faire du souci à ce sujet. En me faisant cette réflexion, je fus plus détendue. Je retrouvai alors mon calme et ma sérénité.

Après le petit-déjeuner, je pris la route pour me rendre à l'entreprise.

À mi-chemin, je reçus un appel de ma mère, Susan.

"Oh, ma chérie ! C'est l'anniversaire de ton oncle John. Aujourd'hui, il fête ses 60 ans. À cette occasion, nous organisons un grand festin à l'hôtel Conrad. Il faut que tu viennes."

"Non, maman ! Je suis désolée. Je ne veux pas y aller." Je savais pertinemment que si j'allais à ce festin, je ferais sans aucun doute la rencontre de mon père et de la belle-mère.

"Bien que je sois majeure, le fait que mon père nous ait trompées est inacceptable. Jusqu'à présent, je suis dans l'incapacité de lui accorder mon pardon."

"Ton oncle John et ta tante Carter ont toujours fait preuve de gentillesse à ton égard. Ils ont entrepris de t'inviter cette fois-ci." dit Susan en essayant de me convaincre.

J'y réfléchis. Lorsque mon père nous avait trompés, je n'avais même pas encore dix ans. À cette époque, sans mon oncle John et ma tante Carter, ma vie avec ma mère en aurait été encore plus difficile.

J'y réfléchis un moment et fis finalement le choix d'accepter l'invitation. "C'est d'accord, maman. Je vais y aller. Tu peux compter sur moi."

"Ma fille ! Je t'en prie. Ne te mets pas dans d'autres conflits lorsque tu verras ton père !" dit Susan.

"Il ne me causera pas de problèmes. Moi non plus." Je mis fin à la conversation et raccrochai le téléphone.

À cette époque, ma mère se mettait à genoux par terre et suppliait mon père. L'essentiel pour elle, était qu'il ne divorce pas d'elle et lui donne une maison dans laquelle elle et ses enfants pourraient habiter. Ainsi, elle ferait en sorte d'oublier l'affaire entre lui et cette maîtresse.

Néanmoins, mon b*tard de père ne l'entendait pas de cette oreille. Il n'était toujours pas satisfait. Non seulement il fit le divorce d'avec ma mère mais aussi, il prit tout l'argent.

Suite à cette situation, nous étions les seules personnes à savoir combien la vie était dure pour nous trois.

J'arrivai de justesse à l'entreprise. Je n'étais pas en retard.

Arrivée à mon bureau, ma collègue, Joey Farmiga, s'approcha de moi en disant : "Oh, ma chérie ! N'y a-t-il pas eu rupture entre ton ex et toi ? Comment cela se faisait-il que je n'aperçoive pas du tout ton sentiment de tristesse ?"

À l'accoutumée, Joey avait une bonne relation avec moi. J'avais conscience qu'elle n'avait aucune arrière-pensée en disant cela.

"Dans la soirée d'hier, j'ai fait la dépense de 150 dollars pour une prostituée. J'ai voulu réconforter mon cœur meurtri." dis-je en esquissant un sourire.

"Pour un homme aussi moins cher, y a-t-il une quelconque utilité dans cette action ?" demanda Joey en plissant ses lèvres.

Dès l'instant où j'entendis ces paroles prononcées par Joey, je compris aussitôt qu'elle pensait que je plaisantais.

Souvent, nous faisions des blagues diverses. Ceux-là qui ne le savaient pas devaient certainement penser que nous étions très expérimentées en matière de relations avec les hommes. Mais en réalité, dans notre vie privée, nous étions plus conservatrices. De plus, nous ne faisions pas preuve d'ouverture d'esprit comme nous le disions.

D'ailleurs, je confiai sans ambages à Joey que j'avais eu une relation intime avec une prostituée la nuit précédente. Elle crut encore que je lui faisais simplement une blague et qu'il était impossible que ce soit vrai.

Je jugeai inutile de lui fournir une explication. Je me contentai de sourire simplement et n'ajoutai rien de plus.

"À propos, il y a une grande nouvelle : notre entreprise a un nouveau patron." déclara brusquement Joey.

Je demeurai imperturbable. Mon humeur était aussi calme qu'un lac sans aucune ondulation.

Je rétorquai : "Je ne suis qu'une assistante. Cela m'importe peu de savoir qui est le patron."

"Selon la rumeur, le nouveau PDG est l'héritier du groupe Wharton. Son père est un haut fonctionnaire du gouvernement. Quant à sa mère, elle est la présidente du siège social. Le nouveau patron est charmant ; il est jeune également. En ce moment précis, toutes les femmes qui travaillent à l'entreprise veulent voir de leurs propres yeux ce patron dont on dit qu'il est légendaire !" Au fur et à mesure que Joey parlait, son excitation montait de plus en plus.

"Ce genre est de haut niveau. Nous ne pouvons nous le permettre." Jusque-là, je gardais encore mon calme. Mon fantasme n'était pas du tout nourri par ce genre d'homme qui était dépourvu de possibilité de développement.

À ce moment précis, mon supérieur hiérarchique, Gary Ackerman, vint me voir pour me dire d'un ton très sérieux : "Le nouveau patron ne tardera pas à entrer dans ses nouvelles fonctions. Tout le personnel au-dessus du niveau de chef de service adjoint et au delà se rendra en salle de conférence pour une réunion."

Très vite, je m'emparai de carnet de note, pris mon stylo et le suivis.

Joey me fit un clin d'œil. Je compris instantanément qu'elle voulait que je prenne une photo du grand patron.

Quand je fis mon entrée dans la salle de réunion, je constatai que la pièce était pleine de gens. N'étant qu'une assistante, je ne pouvais donc que m'asseoir dans un coin.

En réalité, je n'avais pas du tout la curiosité de voir le grand patron. À ce moment-là, le visage charmant de ce matin fit son apparition dans mon esprit.

Je pensais à l'expression laide de son visage quand il reçut 150 dollars. Je ne pus m'empêcher de couvrir ma bouche pour rire.

Je devais admettre que j'étais allée trop loin.

Néanmoins, il jeta sur moi un regard chargé de mépris.

De plus, il sortit son portefeuille et voulut me congédier comme une prostituée.

Il fallait que je me défende ; que je défende mon honneur. Alors, je n'avais fait qu'utiliser simplement la même méthode que lui !

Juste à ce moment précis, un tonnerre d'applaudissements retentit. Aussitôt, mes pensées revinrent à la réalité.

Entouré par plusieurs personnes, un homme charmant, vêtu d'un costume noir, fit son entrée dans la salle de réunion.

Durant plusieurs dizaines de secondes, je gardai les yeux fixés sur ce visage charmant. Je fus tant sous le choc que je ne parvins pas à fermer ma bouche.

Pour. Mais pour quelle raison était-il ici ?

Il y avait sans aucun doute un problème avec mes yeux.

À cette pensée, avec mes mains, je frottai automatiquement mes yeux.

J'étais certaine que c'était réellement l'homme qui eut un coup d'un soir avec moi.

"La veille au soir, j'ai dépensé 150 dollars pour avoir une relation intime avec mon nouveau patron."

Oh mon Dieu ! Ne serait-il pas encore trop tard pour moi de me sauver ?

Chapitre 3

L'avis de Bella :

J'effectuai une dépense de 150 dollars pour passer la nuit avec un prostitué. J'avais du mal à réaliser qu'il s'agissait du nouveau patron !

Quelle coïncidence ! Il me revint en mémoire les propos que je tins au patron.

Je lui avais dit que ses compétences n'étaient pas assez bonnes. Et que de ce fait, je voulais que la transaction se fasse à un prix plus bas.

Oh, mon Dieu ! Pour quelle raison exactement aurais-je tenu de tels propos ?!

S'il me reconnaissait, me mettrait-il à la porte de l'entreprise ?

Non ! Il était impossible que je sois licenciée ! Ma mère et ma sœur avaient encore besoin de mon aide.

Du calme ! Il faudrait que je garde mon calme !

Je pris quelques respirations profondes et essayai de garder mon calme. Néanmoins, les tremblements de mes jambes continuèrent.

Je jetai un regard furtif à l'homme qui était assis au premier rang et m'assurai qu'il ne regardait pas dans ma direction. Puis j'éprouvai un léger sentiment de soulagement. Je baissai la tête et me couvris la moitié de mon visage avec mes longs cheveux !

Pour le moment, tout ce en quoi je fondais mon espoir, c'était que le PDG de la firme, Herbert Wharton, ne m'avait jamais prêté aucune attention.

La salle de conférence était pleine à craquer. Alors, il était probable qu'il ne m'ait pas remarquée.

Chaque minute, chaque seconde qui passait devinrent une véritable torture pour moi.

Petit à petit, la réunion s'acheva et la situation paraissait être meilleure que ce que j'avais imaginé. Tout portait à croire qu'Herbert ne m'avait pas remarquée.

Il était enfin temps de mettre fin à mon souvenir. Je me faufilai hors de la salle de conférence et me confondit à la foule.

La première chose que je fis à mon retour au bureau fut d'attraper Joey pour lui dire ce qu'il s'était passé.

Joey me regarda d'un air choqué. "Quelle chance d'avoir une relation intime avec le BOSS !"

"Arrête de dire des plaisanteries ! Je me sens envahie d'un fort sentiment d'inquiétude. Je crains sérieusement qu'il assouvisse sa vengeance en me licenciant. Il y a ma mère et ma sœur dont je dois encore m'occuper. Je ne peux me permettre de perdre mon travail. Surtout pas en ce moment !" rétorquai-je, presque folle.

J'éprouvai encore un sentiment de regret. Mais pour quelle raison m'étais-je rendue dans ce bar pour boire ?! Comment cela se faisait-il que j'eus un coup d'un soir avec cet homme ?! Qu'est-ce qui m'avait pris de lui donner 150 dollars ?! Et pour quel motif m'étais-je moqué de ses compétences médiocres ?

Cette situation me mettait en très mauvaise posture.

Joey haussa les épaules en disant : "N'aie pas trop d'inquiétude ! Il est très probable qu'il ne t'ait pas du tout remarquée."

Sans même qu'elle ait le temps d'achever ses propos, la voix du directeur retentit : "Bella ! M. Wharton demande que vous alliez le voir dans son bureau."

D'une humeur nerveuse et empreinte de gêne, je me dirigeai vers le bureau du patron.

Quand je fis mon entrée dans le bureau et que mon regard se posa sur l'homme qui m'était désormais familier, le rythme de ma respiration s'accéléra.

À notre dernière rencontre, il était encore à l'hôtel et était vêtu d'un peignoir !

À présent qu'il était habillé d'un costume, c'était mon patron.

La vie était surprenante, toujours remplie de surprises.

Depuis mon entrée dans le bureau, il avait les yeux rivés sur ses documents, comme s'il n'avait pas du tout remarqué mon arrivée.

Je portai mes yeux sur ses cheveux épais, pris une profonde inspiration et dis d'un ton flatteur : "M. Wharton ! Vous avez demandé à me voir ?"

Sortant le nez de ses documents, il leva la tête. Très vite, je fis apparaître sur mon visage un sourire classique. Je n'oserais pas prendre le risque d'offenser le grand patron.

Herbert me regarda de haut en bas. Ses yeux étaient dépourvus de tout sentiment amical. C'était comme s'il était dédaigneux ou du méprisant.

Pour être brève, il me mettait très mal à l'aise.

Je détestais profondément ses yeux qui étaient emplis de dédain.

Néanmoins, il me fallait travailler en sa compagnie. Alors, à l'étape actuelle des choses, je n'avais pas autre possibilité que de prendre sur moi.

En fin de compte, il posa le stylo qu'il avait en main et s'adossa au large siège en cuir. Puis d'un ton froid, il dit : "Je ne m'attendais pas à ce que notre employée soit si ouverte. C'est vraiment inattendu."

Avec le ton froid de sa voix, ainsi que ses paroles empreintes de provocation, je ne parvins pas à m'empêcher de répondre : "Il semble que votre vie privée soit également très riche !"

Je pensai intérieurement : "Nous sommes presque pareils. Si je suis une femme dépravée, alors tu es aussi un playboy !"

L'expression du visage d'Herbert devint à nouveau très laid.

Apparemment, je venais de contrarier une fois de plus mon patron...

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La femme du milliardaire mystérieux

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