Chapitre 7
« Qu'est-ce qui te fait peur ? »
Antoine s'est retourné et a attiré la femme contre lui. Il la serrait avec une tendresse presque irréelle. Sa voix était si douce qu'elle semblait capable de faire fondre la glace.
« J'ai peur que la famille Hérault nous sépare de force. J'ai peur que Lucas et moi restions toute notre vie sans véritable statut, sans nom. J'ai peur que, quand je vieillirai, toi aussi, tu changes. »
Claire a baissé les yeux. À mesure qu'elle parlait, sa voix s'est brisée, l'émotion l'a rattrapée.
« Ça n'arrivera pas. »
Antoine a relevé son visage et, du bout des doigts, a essuyé l'humidité au bord de ses yeux.
« Je te l'ai dit. Je te protégerai. Personne ne pourra nous empêcher d'être ensemble. »
Il a marqué un court silence, puis a ajouté, d'une voix ferme :
« Et je ne changerai jamais. »
« Antoine... »
Submergée par l'émotion, Claire a fermé les yeux et s'est penchée pour l'embrasser.
Même si l'entrée en Bourse approchait et que tout s'enchaînait au travail, Antoine a tout de même cédé à sa demande et l'a ramenée chez lui.
Pourtant, Claire le sentait.
Ces deux dernières années, Antoine avait beaucoup changé.
Il n'était plus aussi excessif, ni aussi fou d'elle qu'autrefois. Plus encore, face à elle, il pensait de plus en plus souvent à Pauline.
Les femmes sont toujours sensibles à ces détails-là. Même convaincue de son amour, Claire ne pouvait s'empêcher de ressentir une inquiétude sourde.
Sous les baisers de Claire, Antoine a peu à peu perdu le contrôle. Sa main s'est posée à la base de sa nuque et, presque naturellement, ils se sont dirigés vers la chambre.
Et pourtant, l'espace d'un instant, le visage de Pauline a traversé l'esprit d'Antoine.
Au moment décisif, il s'est brusquement arrêté.
« Qu'est-ce qu'il y a... »
Surprise, Claire a aussitôt attrapé son bras pour le retenir. Mais Antoine s'est dégagé sans un mot et s'est dirigé droit vers la salle de bain, comme pour éteindre au plus vite le feu qui brûlaient en lui.
Son esprit était en désordre. Dès que Pauline lui revenait en tête, tout désir s'évanouissait.
Mais cela, il ne pouvait évidemment pas le dire à Claire.
« Je crois que j'ai mangé quelque chose qui ne passait pas. Je me suis senti mal d'un coup. »
En ressortant de la salle de bain, Antoine a de nouveau pris Claire dans ses bras, l'a embrassée légèrement, en s'excusant à plusieurs reprises.
Claire était très contrariée, bien sûr. Mais en repensant à l'attention presque excessive qu'Antoine lui portait depuis deux jours, elle n'a finalement rien ajouté.
Dès l'aube, Antoine s'est rendu au siège du groupe.
Sur la route, un appel est tombé. Plusieurs partenaires, qu'il avait eu tant de mal à convaincre, se retiraient les uns après les autres.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce qui se passe exactement ? »
La colère d'Antoine a éclaté. Dans la salle de réunion, un silence pesant s'est abattu. Personne n'osait prendre la parole.
« Monsieur Hérault... c'est... c'est à cause du virement. Il est arrivé trop tard... »
« Trop tard ? Comment un virement peut-il arriver en retard ? »
« Vous n'étiez pas là hier. Personne n'a signé... »
Antoine est resté figé un instant. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il s'est souvenu de cet appel, la veille, lorsqu'il était avec Claire.
Mais ce genre de détail, n'avait-il oas dit qu'on pouvait s'adresser à Pauline ?
« Madame Morel n'était pas là non plus ? Pourquoi ne pas l'avoir contactée... »
Il s'est interrompu. Officiellement, Pauline n'avait pas le doirt de signer à sa place. Il a ravalé le reste de sa phrase.
« Vous ne servez à rien. Dehors. »
Après avoir passé sa colère sur toute la salle, Antoine a fait appeler Pauline.
À ce moment-là, Pauline arrivait tout juste au bureau. De loin, elle a déjà entendu parler de la rupture du partenariat et de la colère noire d'Antoine.
Un collègue au visage fermé est venu la trouver en hâte.
« Madame Morel, Monsieur Hérault est furieux. Le partenariat est tombé à l'eau. Allez le voir au plus vite. »
« J'ai compris », a répondu Pauline calmement.
Puis elle a poussé la porte du bureau.
Antoine était encore sous le coup de la colère, mais en la voyant entrer, il a aussitôt contenu son emportement :
« Tu es là. »
Pauline s'est avancée jusqu'au bureau :
« Hier, quand ton assistant m'a demandé de signer, j'étais avec un client important. Je devais partir en urgence. »
Son ton laissait transparaître une lassitude mesurée.
« Et tu le sais très bien, je n'ai pas de réel pouvoir de décision. Signer à ta place est déjà délicat. S'il y avait eu le moindre problème, ce n'est pas seulement moi qui aurais été exposée, toi aussi. »
Elle a marqué une courte pause, puis a laissé échapper un léger soupir :
« Je ne pensais pas que ces partenaires seraient à ce point pressés. Un seul jour de retard, et aucune marge de manœuvre. »
Elle ne cherchait ni à se justifier ni à se plaindre. Mais tout était dit. Ce n'était pas un manque d'efforts. C'était l'absence de pouvoir et l'intransigeance des partenaires.
En croisant le regard calme de Pauline, le dernier soupçon d'Antoine s'est dissipé. Il avait eu tort de penser qu'elle l'avait fait exprès.
Pauline avait toujours fait passer les intérêts de l'entreprise en priorité. La veille encore, elle avait fait un long détour pour rencontrer un client important. Comment aurait-elle pu retarder les choses exprès ?
Au fond, c'était lui qui avait manqué de prévoyance. Il n'avait pas pris en compte la difficulté dans laquelle elle se trouvait, sans réel pouvoir.
Pire encore. À un moment aussi crucial, alors que l'introduction en Bourse approchait, lui s'était laissé distraire pour accompagner Claire.
Plus Antoine y pensait, plus la culpabilité s'installait.
Il avait l'impression de devoir quelque chose à Pauline.
« Antoine, cette période est décisive pour l'entreprise. Pourquoi ne pas m'ouvrir une partie des autorisations ? En cas d'urgence, je pourrais réagir immédiatement. »
Pauline a parlé au bon moment, sans insister, comme si l'idée venait naturellement.
Antoine est resté un instant interdit. Une lueur de surprise a traversé son regard.
Il ne s'attendait pas à ce qu'elle réclame des droits. Jusqu'à présent, Pauline lui faisait entièrement confiance. Même lorsqu'elle avait besoin de consulter des données internes, elle le faisait toujours en sa présence.
« C'est compliqué ? Tu hésites ? Si tu préfères, on peut... »
« Non, je te fais entièrement confiance. »
De peur qu'elle ne perçoive son hésitation, Antoine a répondu aussitôt.
« Simplement, pour des droits complets, il faut l'accord de l'ensemble des actionnaires. Je peux déjà t'ouvrir une partie des accès. »
« D'accord. »
Pauline a souri légèrement. Elle s'en doutait. Antoine n'aurait jamais accepté aussi facilement de tout lui donner.
Mais une autorisation partielle suffisait amplement. Assez, en tout cas, pour copier certaines données essentielles.
Faire tomber l'entreprise d'Antoine ne se faisait pas dans la précipitation.
Une fois les autorisations obtenues, Pauline a rapidement copié les données clés de l'entreprise sur les deux dernières années.
Avec ces informations en main, qu'il s'agisse des prochains appels d'offres ou de l'introduction en Bourse, l'issue dépendait désormais d'elle. Antoine ne faisait plus que subir.
À l'heure du déjeuner, Pauline a soudain reçu un appel de Christine Hérault, la mère d'Antoine.
« Chloé a envie de manger ce que tu cuisines. J'ai déjà prévenu Antoine. Viens tout de suite. »
Elle a raccroché aussitôt. Ce n'était ni une demande, ni une discussion. C'était un ordre.
Pauline n'en a pas été surprise. Depuis qu'Antoine l'avait emmenée chez les Hérault, Christine ne lui avait jamais accordé la moindre considération.
Comme si Pauline leur devait quelque chose. Chez les Hérault, chacun se croyait parfaitement en droit pour lui donner des instructions.
La maison comptait pourtant du personnel. Et malgré cela, Pauline devait venir chaque semaine cuisiner pour ses beaux-parents et s'occuper des tâches ménagères.
Lorsque la sœur d'Antoine était tombée enceinte, elle avait affirmé ne rien supporter de ce que les autres préparaient. Elle ne jurait que par la cuisine de Pauline, et Pauline devait lui apporter ses repas jour après jour.
Pour ne pas mettre Antoine dans l'embarras, Pauline avait tout encaissé. Pendant deux longues années.
En regardant l'écran de son téléphone, une lueur glacée a traversé le regard de Pauline. Elle a posé l'appareil de côté, sans la moindre hâte, puis a allumé son ordinateur et a parcouru les derniers plans de projets de l'entreprise.
L'un d'eux était signalé en rouge. Un projet prioritaire, récemment mis en avant, qu'elle avait elle-même lancé et porté jusqu'ici. Le responsable du projet ne reconnaissait qu'elle comme interlocutrice.
Après un bref instant de réflexion, Pauline s'est levée et est allée frapper à la porte du bureau d'Antoine.
Mais son assistante lui a annoncé qu'il venait de partir. Un appel urgent l'a fait quitter les lieux à la hâte, au point d'annuler la réunion prévue.
Pauline a alors composé directement le numéro d'Antoine. L'appel a été pris, mais ce n'est pas sa voix qui a retenti.
« Pauline, tu cherchais Antoine ? »
« Claire ? Vous êtes ensemble ? »
« Oh, ne te méprends pas. Nous sommes à l'hôpital. Lucas est tombé, il s'est un peu blessé à la jambe. Mais rassure-toi, ce n'est rien de grave, juste une égratignure. Antoine l'accompagne pour prendre des médicaments. Je peux lui dire de te rappeler plus tard... »
« Ce n'est pas nécessaire. Occupez-vous de Lucas, c'est plus important. »
Pauline a raccroché aussitôt, sans attendre la réponse de Claire.
De l'autre côté, Claire est restée un instant sans voix. Son visage s'est fermé.
Cette Pauline...
Vraiment aucune politesse.
Elle a levé les yeux et a vu Antoine revenir, Lucas à ses côtés.
« Pauline t'a appelé. J'ai répondu à sa place. Tu veux la rappeler ? »
Claire lui a tendu le téléphone.
Antoine a marqué un temps d'arrêt. Il venait à peine de prendre l'appareil que Lucas a tiré sur sa manche.
« Papa ! J'ai mal à la jambe ! »
Antoine savait très bien que l'enfant en faisait trop. Il lui a pincé la joue sans ménagement, puis a rendu le téléphone à Claire.
Quand il avait reçu l'appel de Claire, Antoine avait cru à un vrai problème. Elle s'était contentée de dire que leur fils était tombé de l'escalier. À l'autre bout du fil, les pleurs de Lucas couvraient presque sa voix. Il avait accouru sans réfléchir.
Mais à l'hôpital, il n'avait trouvé qu'une simple éraflure au genou. Une blessure si légère qu'elle avait déjà commencé à cicatriser avant même leur arrivée.
« C'était pour le travail ? » a-t-il demandé.
« D'après elle, ce n'était rien d'important. Elle t'a dit de ne pas t'en faire. »
Sans lever les yeux, Claire a lâché :
« Peut-être qu'elle avait simplement envie de t'appeler. »
Antoine, impuissant, a voulu lui prendre le bras. Claire l'a repoussé une première fois, puis une seconde. Il a fini par lui attraper la main et a serré ses doigts entre les siens.
« Ma femme. »
Il a murmuré ce mot tout contre son oreille. Aussitôt, Claire n'a plus réussi à retenir le sourire qui lui montait aux lèvres.
« Ta femme, ce n'est pas moi. »
« Là, tu me blesses. Ma femme, il n'y en a qu'une. C'est toi. »
Ils ont continué à chuchoter ainsi, collés l'un à l'autre, avant de tourner dans le couloir adjacent.
Lucas, en les voyant ensemble, a affiché un sourire satisfait. Avec sa mère à ses côtés, Pauline finirait bien par être chassée de leur vie.
« Bon, ne fais pas la tête maintenant. Je devrais quand même la rappeler. Si elle commence à douter, ça risque de devenir compliqué. »
« Elle ne doutera jamais de toi. Franchement, je la trouve naïve. Elle est folle de toi. Tu t'inquiètes pour rien. »
« Claire... »
« Je m'en fiche. Si tu la rappelles, ça voudra dire que tu changes. »
D'ordinaire, quelques mots suffisaient à calmer Claire. Mais cette fois, peu importe ce qu'Antoine disait, elle refusait de céder.
Antoine n'avait pas le cœur à la contrarier davantage.
Il a fini par accepter.
Et puis, Claire n'avait pas entièrement tort. Pauline l'aimait profondément. Pour lui, elle était prête à tout. Elle ne remettait jamais ses paroles en question.
La gérer ne lui paraissait pas compliqué. Sur ce terrain-là, il se sentait parfaitement en confiance.
Une demi-heure plus tard, le téléphone de Pauline a de nouveau vibré.
Cette fois encore, c'était Christine.
« Pauline, qu'est-ce que tu fabriques ? Le bureau n'est pas loin de chez Chloé. Tu avances à la vitesse d'une tortue ou quoi ? »
Son ton était nettement plus agressif que tout à l'heure. Mais, cette fois, elle n'a pas raccroché aussitôt.
Un léger sourire a traversé le visage de Pauline. Elle a alors répondu, d'une voix froide et parfaitement maîtrisée :
« Je suis en réunion au bureau. L'entreprise est à un moment crucial de son introduction en Bourse. La moindre erreur pourrait entraîner des pertes considérables. Dans ces conditions, je ne peux vraiment pas me libérer. »
À l'autre bout du fil, un silence s'est installé pendant quelques secondes.
Christine n'en croyait pas ses oreilles.
Pauline, qui jusque-là lui obéissait au doigt et à l'œil, venait de lui opposer un refus net.
« Pauline, tu as perdu la tête ou quoi ? Tu oses m'ignorer maintenant ? Tu as oublié les règles de la famille Hérault ? La première, c'est le respect... »
« J'ai dit que je ne pouvais pas me libérer. Les affaires d'Antoine passent avant tout. »
Pauline a coupé Christine d'une voix douce.
« C'est d'ailleurs ce que tu m'as toujours appris. »
Sans lui laisser le temps de reprendre, elle a enchaîné calmement :
« Cela dit, Chloé est en période de repos, elle doit bien manger. Dis-moi ce qu'elle souhaite. Je ferai le nécessaire. Restaurant étoilé, chef à domicile... tant que le budget suit, ce n'est pas un souci. On passera les frais sur le compte de l'entreprise. »
Chapitre 8
« Toi... »
Christine est restée un instant sans voix, incapable d'enchaîner.
Pauline avait toujours été discrète, docile, presque effacée. Comment avait-elle soudain appris à répondre ainsi ?
Pire encore, elle savait désormais s'abriter derrière Antoine et l'entreprise, au point de faire passer Christine pour celle qui cherchait la querelle.
« Très bien. Quand Chloé aura choisi le restaurant, envoie-moi l'adresse. J'ai encore des choses à régler ici. Je raccroche. »
Pauline n'a pas attendu de réponse et a raccroché directement.
À l'autre bout du fil, le signal occupé a retenti. Christine a failli s'étouffer de colère, comme si l'air venait à lui manquer.
« Cette petite peste... Elle ose me raccrocher au nez ? »
Furieuse, Christine tremblait de colère, au point de manquer de jeter son téléphone contre le mur.
En voyant sa mère dans cet état, Chloé a haussé les sourcils, surprise :
« Pauline ne vient pas ? »
« Je dis que c'est Antoine qui l'a trop gâtée ! »
Christine était hors d'elle.
« Incapable d'avoir un enfant, issue d'un milieu aussi misérable, pouvoir entrer dans la famille Hérault relève déjà d'un miracle. Et elle ose encore manquer de respect, sans la moindre reconnaissance ? »
Christine, folle de rage, l'insultait sans plus aucune retenue, la décence complètement oubliée.
Chloé a levé les yeux au ciel, comme si elle s'y attendait depuis longtemps :
« Maman, je te l'ai toujours dit. Son air docile, c'est du cinéma. »
Elle a ricané froidement.
« Tu crois vraiment qu'une femme insignifiante aurait pu épouser quelqu'un comme mon frère ? Un homme qui ne pense qu'aux intérêts ? Pauline n'a jamais été aussi inoffensive qu'elle en avait l'air. Mais ne t'inquiète pas, je saurai m'en occuper. »
Sans attendre davantage, Chloé a pris son téléphone et a appelé Pauline elle-même.
Elle aimait donner des ordres à Pauline, tout en affichant en surface une relation cordiale. D'autant plus que son mari, Matthieu Laurent, occupait un poste de responsable de service au sein du groupe d'Antoine. Bien souvent, les dossiers de Pauline devaient passer par lui.
Chloé était convaincue que Pauline était une proie facile. Même si elle avait osé tenir tête à Christine aujourd'hui, c'était seulement pour Antoine.
Dans la famille, Antoine chérissait particulièrement cette sœur-là.
Il suffisait qu'elle parle, et Pauline finirait toujours par céder.
Le moment venu, elle saurait comment la faire plier, histoire de venger l'affront subi par sa mère.
Le téléphone a sonné longtemps avant qu'on ne décroche. Dès qu'elle a reconnu la voix de Pauline, celle de Chloé s'est aussitôt teintée de sanglots.
« Pauline, est-ce que tu m'en veux pour quelque chose ? »
Sa voix tremblait, volontairement fragile.
« Je croyais qu'on s'entendait bien. Quand mon frère t'a demandé de prendre soin de moi, tu avais accepté sans hésiter. Et aujourd'hui, maman me dit que tu refuses même de venir me préparer un repas... »
Pendant qu'elle parlait, Pauline écoutait distraitement. Ses yeux glissaient déjà le long des courbes de données qui ondulaient sur l'écran de son ordinateur.
« Bien sûr que non. Comment pourrais-je avoir quelque chose contre toi ? Simplement, aujourd'hui, je suis débordée. Je n'ai pas le temps de venir cuisiner. »
Pas de brusque refus. Pas d'excuses excessives non plus. Une certitude tranquille, ferme, très différente de l'ancienne Pauline qui cédait dès que Chloé jouait les victimes.
Chloé a immédiatement perdu patience.
« Mais je n'ai pas d'appétit... Je n'ai envie que de ce que tu fais. Si tu ne viens pas, alors je ne mangerai rien... »
« Écoute, faisons comme ça. Tu aimes tellement le caviar, non ? Je demande à l'assistant de ton frère de t'en faire livrer une caisse. C'est bien plus nourrissant qu'un plat maison. Et puis, tu es sa sœur, après tout. On passera ça sur les comptes de l'entreprise. »
La réaction de Pauline aujourd'hui était à mille lieues de ses habitudes.
Chloé ne s'y attendait pas du tout. Elle avait l'impression de n'avoir aucune prise, incapable même de provoquer une scène.
« Du caviar ? Pauline, tu te fiches de moi ? Je te dis que je veux manger ce que 'tu' cuisines. Tu ne comprends vraiment rien ? »
Chloé n'avait plus aucune envie de tourner autour du pot. Cette fois, elle était bien décidée à forcer Pauline à venir.