Chapitre 7
Chloé a esquissé un sourire satisfait, un doux frisson d’extase parcourant son corps alors qu’elle se blottissait contre Louis. Elle s’est lovée dans son étreinte, levant son visage délicat vers lui avec un éclat d’adoration dans les yeux.
« Je le savais... Tu ne peux pas te passer de moi. Tu ne me laisseras jamais. »
Louis, l’homme le plus puissant de Merville, riche, charismatique, dominant. Il incarnait tout ce qu’elle avait toujours rêvé chez un homme. Il était un dieu parmi les mortels.
Mais trois ans plus tôt, après son accident, il était devenu un légume sans avenir.
Les médecins avaient été formels : il ne se réveillerait jamais.
Comment aurait-elle pu gaspiller ses plus belles années à veiller sur un homme condamné ?
Alors, elle était partie. Et Nina avait pris sa place.
Aujourd’hui encore, elle ne comprenait pas comment Louis avait pu se réveiller. Était-ce un miracle ? Ou bien... Nina était-elle son porte-bonheur ?
Peu importait. Elle était de retour. Car Louis l’aimait, elle seule. Il ne pourrait jamais l’abandonner.
Louis a baissé les yeux vers elle, son regard perçant et indéchiffrable.
« Si ce n’était pas pour ce qui s’est passé il y a trois ans... Est-ce que tu penses vraiment que je t’aurais autant choyée ? »
Chloé s’est figée. Ce passé... Il ne fallait pas en parler.
Son cœur a brièvement vacillé, mais elle a vite repris contenance. Elle a alors pris une autre approche, un sourire espiègle au coin des lèvres.
« Dis-moi... Tu as couché avec Nina ? »
Louis a baissé les yeux, sa voix basse et rauque.
« Je devrais coucher avec qui, sinon ? Avec toi ? »
Elle connaissait déjà la réponse. Il ne l’avait jamais touchée. Et ce petit jeu de provocation entre eux... Elle adorait ça.
Un homme puissant, froid, autoritaire... mais avec un côté sombre et sulfureux. Elle brûlait d’envie de lui.
Chloé a basculé sur lui, s’asseyant à califourchon sur sa taille, ses bras s’enroulant autour de son cou, ses lèvres frôlant les siennes.
« Tu me veux, Louis ? »
Paul, son secrétaire, a immédiatement levé la cloison entre l’avant et l’arrière du véhicule.
Louis n’a rien dit. Son regard est resté sombre.
Chloé portait une robe rouge fendue, laissant entrevoir ses longues jambes d’un blanc nacré.
Elles s’enroulaient autour de ses cuisses, s’appuyant contre le tissu soyeux de son pantalon noir.
L’image était provocante, enivrante. Chloé a resserré l’étreinte de ses jambes, coincée contre sa hanche.
« Dis-le-moi. Dis-moi que tu me veux. »
Louis comprenait parfaitement. S’il prononçait ces mots, elle lui appartenait sur-le-champ.
Mais, à cet instant précis... Un autre souvenir a traversé son esprit. Celui de Nina.
Dans ce bar, avec cette robe courte, ses jambes sublimes, la chaîne scintillante de ses talons glissant sur sa cheville.
Elle avait posé son pied contre sa jambe. Ses doigts délicats avaient effleuré son pantalon. Elle avait souri.
« Alors, entre les miennes et celles de Chloé... lesquelles préfères-tu ? »
Louis a soudain reculé. Ses doigts ont saisi les poignets de Chloé et les ont détachés de sa nuque.
« Je ne suis pas encore divorcé. »
Chloé a haussé un sourcil.
« Et alors ? »
Il l’a regardée dans les yeux.
« Je ne trompe pas ma femme. »
Chloé s’est figée.
L’atmosphère s’est immédiatement refroidie. Louis venait de mettre un terme à l’instant.
Lentement, elle s’est retirée, se relevant avec un air vexé. Elle était fière.
Si un homme voulait d’elle, il devait faire le premier pas. Elle n’était pas une femme qu’on repoussait. Elle a alors murmuré, les bras croisés :
« Très bien. Alors, quand divorces-tu ? »
Louis a détourné le regard. De toute façon, Nina voulait partir. Et lui aussi, il avait prévu de la quitter.
Sa voix est restée froide et distante lorsqu’il a répondu :
« Bientôt. »
Nina et Cécile sont rentrées à l’appartement. Nina s’est laissée tomber sur son lit moelleux. Après cette nuit de liberté et de provocation, il était temps pour elle de reprendre le contrôle de sa vie.
Elle a sorti son téléphone et a ouvert WhatsApp.
Elle avait deux comptes.
Durant trois ans, elle n’avait utilisé que son compte « Madame Bernard – Nina ».
Mais ce soir, ce compte était officiellement hors service.
Elle s’est déconnectée.
Puis, elle s’est reconnectée à son autre compte.
À peine en ligne, son écran s’est illuminé sous une avalanche de notifications.
Le groupe « Famille Adorable » s’est enflammé.
Nina a ouvert la discussion.
Thomas Véran : « Nina est enfin de retour ! »
Félix Dupont : « Bon retour, Nina ! »
Xavier Leroux : « Un câlin pour notre Nina adorée ! »
Ses trois frères semblaient en pleine fête, envoyant des confettis virtuels et des GIFs célébrant son retour.
Thomas : « Il y a trois ans, Lina était tombée amoureuse et voulait tester la vie sentimentale... Alors, dis-nous, c’était comment, un homme ? »
Nina : « Pas intéressant. »
Félix : « Donc elle a eu le cœur brisé ? »
Xavier : « Je pensais que Nina pouvait tout gérer, mais visiblement, il y a des domaines où elle échoue ! »
Thomas : « Allez, arrêtez de la taquiner ! Trois ans de relation, ça devait être une belle expérience de vie... Pardon, c’est trop drôle, laissez-moi rire encore un peu. »
Nina : « ... »
Elle a eu une soudaine envie de les expulser du groupe.
Au lieu de cela, elle a simplement modifié le nom du chat.
De « Famille Adorable » à... « Famille Insupportable. »
À cet instant, Xavier est revenu au sérieux.
« Nina, il est temps que tu reviennes à ton vrai domaine. Les réservations pour tes opérations chirurgicales sont pleines. Je t’ai programmé une intervention cardiaque complexe demain à l’hôpital central. »
Nina a levé un doigt et a envoyé un simple « OK. »
Après avoir quitté le groupe, elle a remarqué une demande d’ajout.
Elle a cliqué dessus. Louis. Il voulait l’ajouter sur WhatsApp.
Elle a cligné des yeux. Pendant trois ans, elle lui avait envoyé des messages chaque jour avec son compte « Madame Bernard ».
Pas une seule réponse. Et maintenant qu’elle était libre, il venait lui demander en ami.
Ironique. Autrefois, il ne la regardait même pas.
Aujourd’hui, il était trop tard. Son doigt fin a tapé sur l’écran.
Le Groupe Bernard était l’empire économique de Merville, un gratte-ciel dominant la ville, maître de son destin financier. La nuit lui donnait un éclat encore plus grandiose.
Après avoir raccompagné Chloé, Louis est retourné à son bureau. Assis sur son fauteuil en cuir noir, il a repris sa lecture des documents financiers.
Son stylo-plume a glissé sur les pages, traçant sa signature avec assurance et précision.
Derrière lui, les baies vitrées reflétaient la ville entière, comme si l’univers lui appartenait.
Ding.
Un son net et clair. Une notification WhatsApp.
Louis a pris son téléphone et a jeté un coup d’œil. Cette mystérieuse ancienne étudiante excellente lui avait répondu.
Mais lorsqu’il a vu sa réponse, il s’est figé. Puis, ses lèvres minces se sont étirées en un sourire ironique. Un léger ricanement a résonné dans la pièce.
Chapitre 8
Louis venait de voir sa demande d’ami refusée. Ce fameux génie, l’avait rejeté sans hésiter.
À cet instant, Paul, son secrétaire, est entré dans le bureau en portant une tasse de café. En voyant l’écran du téléphone de son patron, il n’a pas pu cacher sa stupéfaction.
Quelqu’un venait vraiment de refuser une demande de Louis ?
C’était du jamais vu.
« Monsieur Bernard, elle est... disons, très spéciale. »
Louis a ricané légèrement.
« Très spéciale, en effet. »
Elle était la première à oser le refuser.
Mais soit. Si elle ne voulait pas l’ajouter, tant pis.
Il a pris la tasse de café et en a bu une gorgée.
Puis, son visage s’est immédiatement assombri.
Paul a remarqué son changement d’expression.
« Ce café ne vous convient pas, Monsieur ? Je vais en refaire un autre. »
Louis est resté silencieux.
À cet instant, il a repensé au café de Nina.
Toujours parfaitement équilibré, sans une seule erreur.
Sans s’attarder, il a reposé la tasse et a ordonné froidement :
« Prépare un chèque de cent millions d’euros. C’est mon indemnité de divorce pour Nina. »
Cent millions d’euros.
Paul a hoché la tête.
« Bien, Monsieur. »
Louis n’avait pas cru une seule seconde au fait que Nina ne voulait rien prendre.
Une fille sans diplôme, sans ressources... avec quoi allait-elle survivre ?
Tout cela n’était qu’une mascarade.
Elle voulait lui faire croire qu’elle partait sans rien, mais au fond, elle attendait qu’il lui en donne plus.
Autant mettre fin à cette histoire tout de suite.
À ce moment-là, le téléphone de Paul a sonné.
Il a décroché et, après quelques secondes, son expression a changé.
« Monsieur Bernard ! Bonne nouvelle ! Asclépios a accepté notre demande ! »
Louis a levé les yeux.
« Asclépios a accepté d’opérer Mademoiselle Chloé ! »
Son regard s’est légèrement détendu.
Asclépios. Une légende vivante de la médecine.
Des milliardaires faisaient la queue pendant des années pour obtenir un rendez-vous.
Mais, trois ans plus tôt, elle avait disparu. Personne ne savait où elle était partie.
Et maintenant... elle était de retour.
Grâce à son influence et à son pouvoir, il avait réussi à décrocher un rendez-vous immédiat.
Il a esquissé un léger sourire. Chloé était sauvée.
Le lendemain.
Nina est arrivée au service de chirurgie.
Mais à peine entrée, une horde de gardes du corps en costume noir a investi les lieux.
Ils ont ouvert un passage imposant, repoussant tout le monde sur leur chemin.
Les patients, les visiteurs et même le personnel hospitalier se sont retrouvés mis de côté.
Deux jeunes infirmières ont murmuré entre elles :
« Qu’est-ce qui se passe ? »
« Tu n’es pas au courant ? Chloé, la rose de Merville, la première danseuse étoile, a eu un malaise cardiaque en pleine répétition. Louis l’emmène voir un spécialiste. »
« Louis... Je comprends mieux cette démonstration de force. »
Nina a légèrement tremblé.
Elle ne s’attendait pas à croiser Louis et Chloé ici.
« Regardez ! Ils arrivent ! »
Elle a levé les yeux. Louis est apparu dans son champ de vision.
Grand, imposant, vêtu d’un costume noir taillé sur mesure, chaque pas résonnait avec une autorité froide et indiscutable.
Dans ses bras, Chloé. Il la portait comme une princesse, son regard ferme, mais protecteur.
Un groupe de médecins et d’infirmiers s’est précipité à sa rencontre.
« Monsieur Bernard, par ici, s’il vous plaît. »
Louis a continué sa marche sans un mot.
Dans la foule, des murmures admiratifs ont fusé.
« Oh là là... Louis est tellement charismatique. Il incarne le véritable homme puissant. »
« Et Chloé est magnifique. Blanche, délicate, si élégante avec son aura de danseuse... Ils forment vraiment le couple parfait. »
« Un PDG froid et dominateur avec une danseuse douce et fragile... C’est un vrai conte de fées. J’adore ! »
Nina et Louis étaient mariés en secret. Seules quelques personnes dans leur cercle étaient au courant. Pour le reste du monde, le couple parfait était Louis et Chloé.
Nina a observé Louis s’éloigner, sans même l’avoir remarquée. Ses yeux n’étaient fixés que sur Chloé.
Dans leur conte de fées, elle n’était qu’un figurant.
Reprenant ses esprits, elle a suivi son rendez-vous médical, se dirigeant vers la salle 109 SVIP indiquée sur son téléphone.
À peine entrée dans le couloir, elle a figé son pas. Louis était là. Avec Chloé.
Et à leurs côtés... Pascal et Marie.
Chloé était déjà installée sur le lit médicalisé, choyée comme une princesse, encadrée par leurs parents.
Pascal, rayonnant, a pris la main de sa fille.
« Chloé, c’est merveilleux. Monsieur Bernard a réussi à obtenir un rendez-vous avec Asclépios pour toi ! »
Marie, les yeux embués de larmes, a caressé les cheveux de Chloé.
« Ma chérie, tu as tellement souffert... Mais maintenant, tout ira bien. Quand Asclépios t’aura guérie, tu pourras enfin épouser Louis et être heureuse. »
Chloé a tourné son visage radieux vers Louis.
Celui-ci, grand et imposant, s’est penché pour lui tapoter doucement la tête.
L’image était parfaite. Une famille idéale, un tableau d’harmonie.
Nina, restée à l’extérieur de la pièce, s’est sentie figée. Elle ne s’attendait pas à ça.
Elle ne savait pas que le patient dont Xavier lui avait confié l’opération était... Chloé.
Tout son corps s’est tendu. Ses yeux lui piquaient légèrement.
À ce moment précis, Louis a levé les yeux. Son regard tranchant et acéré a immédiatement capté sa présence.
Leurs regards se sont croisés de plein fouet. Ses pupilles sombres se sont légèrement rétrécies.
Puis, sans hésiter, il s’est avancé à grands pas vers elle.
« Nina, qu’est-ce que tu fais ici ? »
Sa voix était froide. Nina a entrouvert les lèvres.
« Je... »
Mais Louis l’a coupée immédiatement.
« Tu m’as suivi ? »
Nina a cligné des yeux, abasourdie.
« Non. »
Sa voix était calme, mais Louis ne l’a pas crue.
Derrière lui, Marie et Pascal l’avaient déjà aperçue.
Marie s’est crispée, le ton accusateur.
« Nina ! Pourquoi es-tu ici ? Nous avons enfin réussi à obtenir une consultation avec le plus grand chirurgien du monde pour ta sœur. Ce n’est pas le moment pour toi de venir semer le trouble ! »
Pascal a renchéri, l’air agacé.
« Nina, tu es vraiment immature. Ce jour est crucial pour Chloé, tu devrais t’en aller. »
Chloé, elle, n’a rien dit.
Assise sur son lit d’hôpital, elle a juste jeté un regard condescendant à Nina, comme si elle ne méritait même pas qu’elle lui adresse la parole.
Mais Louis ne lui a pas laissé le temps de réagir. Il s’est rapproché, imposant. D’un geste brusque, il a saisi son poignet.
Froid, dur.
Son regard, noir d’agacement, s’est ancré dans le sien.
« Nina, tu veux encore jouer à l’innocente ? Tu n’en as pas assez de tes petits jeux ? Après la comédie du divorce, maintenant tu me suis jusqu’ici ? »
Sa voix était glaciale.
« Arrête de perdre ton temps avec moi et pars immédiatement. »
Chapitre 9
Personne ne voulait d’elle ici. Tous l’ont chassée.
Nina a trouvé cela ridicule.
Son regard froid a balayé successivement Marie, Chloé et Pascal, puis elle a arraché fermement son bras de la poigne de Louis. Elle a esquissé un léger sourire moqueur.
« Très bien, je pars. »
Souvenez-vous-en bien, c’est vous qui m’avez chassée !
Nina s’est retournée et s’est éloignée.
Mais, très vite, elle a fait demi-tour. Elle a relevé une mèche de cheveux et l’a glissée derrière son oreille.
« Monsieur, sais-tu pourquoi je suis venue à l’hôpital aujourd’hui ? »
Louis a fixé son visage fin et translucide, chaque petit duvet sur sa peau semblait cristallin sous la lumière, accentuant encore plus sa beauté.
Son expression est restée froide, manifestement désintéressée. Sa voix, glaciale, a résonné :
« Nina, à force de t’accrocher, tu deviens lassante. »
Nina a fait un pas en avant et a souri.
« Je suis venue te chercher un spécialiste. »
Elle a sorti une petite carte et l’a tendue à Louis.
Celui-ci a baissé les yeux et a vu une carte de visite.
Sur la carte, il était écrit :
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L’expression impassible de Louis s’est légèrement fissurée.
« ... »
Nina a glissé la carte dans la poche de son costume.
« Chloé est malade. Et toi, tu es sûr d’être en bonne santé, Monsieur ? Vous devriez tous consulter. »
Après ces mots, elle s’est retournée et est partie.
Louis a lentement serré son poing sur le côté.
Cette femme savait exactement comment le faire enrager.
Chloé a alors pris la parole :
« Louis, laisse tomber. Ça ne sert à rien de s’énerver pour elle. »
Marie a acquiescé.
« Oui, oublions-la. Où est Asclépios ? Il aurait déjà dû être là. »
À la mention d’Asclépios, tout le monde est devenu nerveux.
Asclépios était l’unique espoir de Chloé.
Louis a baissé les yeux vers sa montre en acier. L’heure du rendez-vous était passée, mais Asclépios n’était toujours pas là.
À ce moment, un membre du personnel médical est entré dans la pièce.
« Monsieur. »
Les yeux de Chloé, Pascal et Marie se sont illuminés instantanément.
« Asclépios est arrivé ? »
Le membre du personnel a regardé Louis et a répondu :
« Oui, Asclépios est bien arrivé. »
Quoi ?
Louis a immédiatement levé les yeux vers l’entrée.
Mais il n’a vu personne.
Seulement une silhouette fine et gracieuse qui a disparu au détour du couloir.
C’était Nina.
Il a froncé les sourcils.
« Je ne vois pas Asclépios. »
Le membre du personnel a répondu :
« Asclépios est venu... et elle est repartie. »
« Quoi ? »
Les visages de Chloé, Pascal et Marie ont pâli instantanément.
Marie s’est exclamée, paniquée :
« Pourquoi est-il parti ? Il n’a même pas encore examiné Chloé ! »
Le membre du personnel a baissé légèrement la tête, l’air désolé.
« Je suis navré... mais Asclépios a décidé de ne pas opérer Mademoiselle Chloé. »
Le visage radieux de Chloé est devenu livide.
Asclépios refuse de l’opérer ? Pourquoi ?
L’euphorie d’il y a quelques instants s’est effondrée brutalement. Chloé a perdu son sang-froid.
« Pourquoi ? Pourquoi Asclépios ne veut pas me soigner ? »
Pascal et Marie se sont précipités pour la calmer.
« Chloé, ne t’énerve pas. Nous allons trouver un moyen de convaincre Asclépios. Tu vas guérir. On trouvera une solution. »
Louis a vu ses traits se durcir soudainement, son regard glacial et tranchant fixant le couloir désormais vide.
Le danger émanait de lui, silencieux, oppressant.
Nina venait de quitter l’hôpital quand une voix l’a interpellée.
« Nina. »
Elle s’est arrêtée, avant de se retourner lentement.
C’était Marie. Elle l’avait suivie. Elle s’est avancée et a tendu un papier vers elle.
« C’est pour toi. »
Nina a baissé les yeux. Une chèque de deux mille euros.
Marie a ajouté d’une voix calme :
« Nina, Monsieur ne t’aime pas, alors arrête de t’accrocher à lui. Rends-le à ta sœur. Pourquoi ne peux-tu pas lui céder sa place ? Divorce de Louis, prends cet argent et retourne vivre à la campagne. »
Un rire ironique a traversé l’esprit de Nina.
Si elle n’avait pas elle-même effectué un test ADN, elle aurait pu croire que Chloé était la véritable fille de Marie.
Mais non. Marie était bien sa mère biologique. Chloé n’était que sa belle-fille.
Et pourtant, elle ne jurait que par elle. Elle ne l’avait jamais aimée.
Tout cela parce qu’elle était éperdument amoureuse de Pascal. Et en aimant cet homme, elle avait aimé sa fille.
Le regard limpide de Nina a fixé Marie, un léger sourire ironique étirant ses lèvres.
« Le titre de Madame ne vaut que cette somme ? Ou bien... est-ce moi qui ne vaux que cela à tes yeux ? »
Marie a eu un instant d’hésitation, avant de répondre :
« Nina, c’est pour ton bien. Tu ne peux pas rester ici, ce n’est pas ta place... »
« Maman. »
Ce mot sonnait étranger sur les lèvres de Nina, et pourtant un éclat moqueur illuminait son regard.
« Tu m’as déjà envoyée à la campagne une fois. Et maintenant, tu veux m’y renvoyer une deuxième fois ? Tu es vraiment une mère exemplaire. »
Sans plus attendre, Nina a cessé de lui accorder de l’attention, s’est dirigée vers un taxi et a disparu.
Dans le taxi, Nina s’est installée à l’arrière, silencieuse. Elle a sorti une sucrerie de son sac, déballé lentement l’emballage et mis la friandise dans sa bouche.
Le chauffeur, un homme âgé, l’a observée à travers le rétroviseur.
Il a remarqué sa silhouette gracieuse et son élégance naturelle.
Mais en y regardant de plus près, sa peau était si pâle, son corps si fin, comme si elle pouvait se briser au moindre souffle de vent.
Le vieil homme a souri doucement et a demandé :
« Jeune fille, tu aimes vraiment les bonbons ? »
Nina a levé les yeux vers l’extérieur, une brise légère soulevant ses mèches de cheveux. Un sourire doux a fleuri sur ses lèvres.
« Oui. Quand on mange du sucre... on oublie un peu l’amertume. »
Marie est restée figée sur place, regardant le taxi s’éloigner.
À ce moment-là, une voix s’est élevée derrière elle.
« Madame. »
Elle s’est retournée et a reconnu Jérôme Gautier, un directeur du service médical de l’hôpital central.
Un sourire immédiat a illuminé son visage. Elle s’est précipitée vers lui.
« Monsieur Gautier ! Vous tombez à pic. Vous avez des contacts dans tout l’hôpital. Auriez-vous un moyen de me mettre en relation avec Asclépios ? »
Jérôme a hoché la tête.
« Justement, je connais personnellement Asclépios. Je peux vous aider. »
L’éclat dans les yeux de Marie s’est immédiatement allumé.
« Vraiment ? Merci infiniment, Monsieur Gautier ! »
À cet instant, Jérôme a jeté un coup d’œil en direction de la route, là où Nina venait de disparaître.
Un léger sourire énigmatique s’est dessiné sur ses lèvres.
« Dites-moi... c’était votre fille, non ? La jeune femme qui vient de partir.
Elle est... magnifique. J’ai cru voir une déesse descendre du ciel. »
Le visage de Marie s’est soudainement fermé, son sourire s’est effacé.
Son regard est devenu glacial.