Chapitre 2
Sébastien Lourmel récupéra les clés auprès d’Adam Petrov, rouvrit les issues. Il ordonna à deux de ses subordonnés de se placer de chaque côté de la porte principale, afin d’empêcher tout incident et de stopper les éventuels fuyards qui pourraient devenir suspects.
Bruno discipliné, les yeux baissés, traversa rapidement un dédale de couloirs éclairés d’une lumière bleu électrique : « un bon coup de peinture s’impose », se dit-il en regardant les craquelures sur les murs et les plafonds.
Il dut attendre quelques minutes avant de monter dans l’ascenseur qui marquait un stop à tous les étages pour laisser entrer et sortir de nombreuses personnes. Quelques-unes se déplaçaient en tenant un pied à perfusion, leurs visages montraient tristesse, joie ou ennui… Tous ces arrêts le faisaient bouillir d’impatience « un vrai omnibus » !
De sa poche, Bruno sortit son porte-bonheur, un mouchoir en coton blanc brodé avec ses initiales en fil rouge, puis il s’essuya la figure perlée de sueur.
Au fond du couloir du quatrième étage se trouvait la pouponnière où tous les nouveau-nés étaient réunis.
Bruno pressé de faire connaissance avec les jumeaux fut déçu et inquiet quand, un policier lui en refusa l’accès : « Je reviendrai plus tard », pensa-t-il en poussant la lourde porte à deux battants qui donnait sur une salle commune de seize couchages, huit côté mur et huit autres côté fenêtre avec un couloir permettant de circuler entre les deux rangs.
Tous les lits identiques alignés au centimètre près avec leur cadre en fer lui rappelaient ceux des infirmeries des prisons qu’il avait l’habitude de visiter, cette image le rendit mal à l’aise : « Rose est dans cet endroit sinistre ! » se dit-il compatissant.
Il fut stupéfait de voir autant de patientes alitées, gémissantes de douleur, qui venaient d’accoucher ou de subir une opération : « je n’aime pas les hôpitaux », pensa-t-il
Les effluves d’éther, d’antiseptiques et autres médicaments l’incommodaient, mais ce jeune papa de trente-trois ans surmonta cette gêne pour embrasser son épouse et ensuite faire connaissance avec ses garçons : Jérémy et Olivier nés le jour de la fête nationale française.
Il s’avança vers le bureau qui trônait au milieu du dortoir.
— Bonjour madame, Rose Mercier, s’il vous plaît ?
L’infirmière d’une quarantaine d’années, aux cheveux poivre et sels tirés sous un calot leva son regard noir vers Bruno.
D’un geste machinal, il replaça sa mèche bouclée qui tombait sur son front.
— Vous êtes de la famille ? questionna-t-elle sévèrement.
— Oui, je suis son mari, répondit-il choquépar le ton employé.
Elle répliqua en désignant du doigt le lit de son épouse.
Il se dirigea rapidement vers Rose, de façon maladroite il lui tendit le bouquet qui commençait à flétrir… Rose huma son parfum avant de le poser sur le chevet à côté d’elle.
— Bonjour ma chérie, comment vas-tu ? Et les jumeaux ?
Après s’être assise avec difficulté, Rose passa ses bras autour du cou de son époux agenouillé auprès d’elle pour lui déposer un baiser langoureux sur ses lèvres desséchées par l’anxiété.
Rose et Bruno vivaient ensemble depuis dix ans ; ils étaient maintenant parents de trois enfants : Alice qui aura bientôt huit ans et Jérémy et Olivier, les nouveau-nés.
— Je vais bien, mon chéri, merci pour les fleurs, ce sont mes préférées. Tu t’en es souvenu, c’est gentil ! As-tu vu les garçons ?
— Je n’ai pas pu les voir ! Je n’ai pas compris pourquoi un collègue m’a empêché d’approcher de la nursery, mais ils sont les plus beaux j’en suis sûr, lança-t-il en rigolant.
Cependant, voir Rose allongée le teint blême, les yeux cernés l’inquiéta.
Bruno trouva un récipient sur la table de nuit à côté du lit de la jeune maman, puis il se dirigea vers les toilettes pour le remplir. Tout en traversant cette grande salle d’un pas rapide, il sentit les regards des patientes sur lui : « je suis l’attraction du jour », pensa-t-il. Il revint très vite, de façon malhabile il plaça les roses rouges dans le vase de fortune, le bouquet égaya et embauma ce lieu sordide.
— C’est bientôt l’heure de la « tétée » tu vas les voir ! De vrais p’tits gars, costauds ! Seulement, ils ont une tache de naissance sous la narine droite, juste là, montra Rose en posant son doigt sur la lèvre de son mari.
— Tu m’as manqué ma chérie… Je t’aime. Nous avons eu une bonne idée de te faire accoucher à l’Hôtel-Dieu. Ta sœur, Line, est beaucoup plus disponible que moi, vous ne risquez rien ici, je suis serein.
— Moi aussi je t’aime mon chéri, rassure-toi tout s’est bien passé.
— Quand Line m’a appelé au commissariat, je ne l’ai pas crue tout de suite. Elle m’a dit : « Brrrouno » tu es papa de deux petits bonhommes, dit-il en roulant les « r » pour l’imiter…
— Tu es drôle, lança Rose en riant.
Bruno le sourire aux lèvres reprit :
— Puis elle a insisté : « oui “Brrrouno”, deux magnifiques petits bonhommes ! » Ensuite, j’ai crié ma joie dans le combiné, continua-t-il en s’asseyant sur la chaise en bois près de son épouse alitée.
À peine eut-il terminé qu’ils partirent dans un éclat de rire en échangeant un regard complice, un long et lourd silence suivit qui rendit Bruno mal à l’aise :
— Ton docteur nous avait dit qu’il pourrait y en avoir deux, il ne s’était pas trompé… Ne trouves-tu pas le temps trop long ? Quand sors-tu ? demanda-t-il en rompant ce pesant mutisme.
— Les heures ne passent pas vite… Je dois quitter cet endroit infâme vendredi prochain, tu me manques beaucoup, notre fille aussi, répondit-elle tristement.
Bruno prit les mains de sa femme dans les siennes pour lui expliquer :
— Le soir, j’allais par habitude dans la chambre d’Alice pour l’embrasser, arrivé près de son lit, je me rappelais que notre fille était chez ta sœur à Paris… Notre appartement d’Annecy est vide et triste sans vous deux.
Rose somnola quelques instants, elle ne passait pas de bonnes nuits, les gémissements, les pleurs, les cris, l’empêchaient de dormir, le bourdon de Notre Dame la sortit de sa torpeur.
Elle raconta qu’elle avait fait la connaissance de sa voisine de lit, Bénédicte Lefranc, une pauvre fille claudiquant :
— Tu aurais même pu la croiser, Bénédicte vient de partir !
Bruno se souvint de la femme qui l’avait bousculée, « elle portait un nourrisson dans ses bras », se dit-il.
De temps en temps, Rose fermait les yeux, elle faisait de gros efforts pour ne pas s’endormir, Bruno n’osait pas la déranger…
À nouveau, il sentit les regards inquisiteurs qui l’incommodèrent, il replaça ses cheveux rebelles puis reprit :
— J’espère pouvoir bientôt connaître Bénédicte ! annonça-t-il d’une façon burlesque
Après cette remarque, les jeunes parents furent pris d’un fou rire incontrôlable, ils riaient tellement qu’ils en pleuraient.
L’infirmière en chef quitta son poste et vint leur intimer l’ordre de faire moins de bruit :
— Merci de baisser le ton, nous sommes dans un hôpital, pas dans un cabaret, avertit-elle de façon autoritaire.
Tous deux tentèrent de ne plus rire mais chacun pouffait à son tour… Le couple évita de se regarder afin de retrouver son sérieux. Après quelques minutes de concentration, Bruno fut le premier à reprendre la parole :
— Voici « la geôlière » qui me demande de te laisser, je vais m’en aller, j’ai hâte de revoir notre fille Alice, mais avant je vais passer par la nursery pour voir ses petits frères, bonne nuit, repose-toi bien…
— Pourrais-tu prendre mon linge sale, s’il te plaît ?
— Bien sûr.
Bruno ramassa les affaires de son épouse, les mit dans un sac en toile prévu à cet effet
-*-*-
Pendant ce temps, le commissaire Sébastien Lourmel demanda au directeur de l’Hôtel-Dieu son autorisation pour fouiller le bâtiment :
— Il est peut-être encore entre vos murs, argumenta Sébastien.
— Non, je refuse ! Ce sont des malades, des lois les protègent, ils ont besoin de tranquillité, protesta-t-il en tapant du poing sur son bureau.
— Très bien, je reviendrai avec un mandat de perquisition, vous ne pourrez plus nous refuser d’inspecter l’hôpital mais il sera peut-être trop tard, insista Sébastien.
Adam Petrov penaud, ne sachant pas comment réparer le drame qui venait de se passer dans son établissement se laissa convaincre :
— Vous avez raison monsieur Lourmel ! Avant d’être ici j’ai dirigé une clinique à Lyon, ensuite une autre à Marseille, mais jamais une telle tragédie ne s’est produite, je suis vraiment… s’interrompit-il.
Après plusieurs secondes de réflexions, il reprit :
— Bon, je n’ai pas le choix ! Allez-y… Vous avez mon feu vert mais faites ça en douceur.
— Merci monsieur Petrov ne vous inquiétez pas, nous serons délicats.
-*-*-
Chapitre 3
Bruno s’apprêtait à s’en aller le baluchon à la main :
— Au revoir ma chérie je reviendrai demain, je suis pressé de voir nos fistons.
Il se pencha pour l’embrasser quand, soudain, une escouade de policiers en uniforme pénétra dans la salle, en examina chaque recoin avec minutie. Malgré tous leurs efforts pour être discrets, leur présence troubla la tranquillité de la salle commune.
Bruno lâcha le paquet, s’approcha de l’un d’entre eux, lui demanda la raison de leur présence :
— Je ne peux rien vous dire, répondit l’agent de police.
— Vous outrepassez vos droits ! Connaissez-vous le code de la santé publique ? s’indigna Bruno.
— Moi j’obéis aux ordres, voyez avec mon supérieur.
Tous ressortirent comme ils étaient venus provoquant un brouhaha d’insultes et d’injures contre eux.
L’infirmière en chef dut intervenir afin de tranquilliser les seize patientes dont elle avait la surveillance.
Rapidement, Bruno rassura Rose, déposa ses lèvres sur son front en lui promettant de revenir très vite, puis il sortit en courant, se contenta des escaliers, dévala les marches quatre à quatre jusqu’à l’accueil.
Dans le hall, parmi d’autres policiers, le commissaire du 36 Quai des Orfèvres procédait aux interrogatoires de toutes les personnes présentes sans distinction.
Plusieurs d’entre elles avaient croisé dans l’ascenseur ou dans les couloirs, une maman avec un bébé dans les bras, le portrait-robot établi était celui de la nouvelle amie de Rose.
Bruno Merciers’arrêta un instant, reprit son souffle, essuya les verres embués de ses lunettes en s’adressant au commissaire du 36 :
— Pourquoi êtes-vous si nombreux dans ici ? Que faites-vous dans un hôpital ?
— Allez voir mon collègue Robert Molineux, répondit le jeune gradé de la PJ en le désignant du doigt.
Bruno resta immobile un instant, à la fois troublé et inquiet par sa réponse.
— Monsieur Mercier s’il vous plaît, le lieutenant Molineux vous expliquera, moi je suis occupé dit-il avec fermeté.
Bruno resta figer sur place en écoutant les interrogatoires : chacun énonçait leur nom, prénom, profession, âge, adresse et le nom du praticien, du service ou du patient qu’ils venaient voir.
Sébastien Lourmel apostropha un homme voûté, une casquette sur la tête se déplaçant à l’aide d’une canne qui lui répondit aussitôt :
— Faure Robert, soixante-dix-huit ans : 25 rue Jean Jaurès, Paris 20e, je suis en invalidité depuis quinze ans !
Consciencieusement, Sébastien Lourmel nota toutes ces informations :
— Pourquoi êtes-vous là ?
— Je viens tous les mois consulter le professeur Roussel à cause d’une malformation là, dit-il en montrant son dos, un héritage de mon père, ce n’est pas drôle, vous savez !
Sébastien vérifia si ce médecin était bien répertorié sur la liste des praticiens de l’établissement remise par le directeur.
— Avez-vous vu cette femme avec un nourrisson ? demanda-t-il en montrant le croquis dessiné au crayon grâce aux divers témoignages
— Vers deux heures de l’après-midi, nous étions ensemble dans l’ascenseur, le gamin était bien emmitouflé dans sa couverture.
— Quel âge donneriez-vous à la maman ?
— La trentaine…
— Avez-vous remarqué quelque chose de particulier ?
— Non rien, j’ai juste conseillé à la maman de prendre soin de son bébé ! Mais… de quoi m’accusez-vous ?
— Nous ne vous reprochons rien, c’est juste une question de routine pour notre enquête… Merci, votre témoignage a été précieux.
Alors qu’une dame de petite taille, rondouillarde descendait la dernière marche de l’escalier, Sébastien Lourmel l’accosta en lui demandant de se présenter :
— Sapin Georgette, sans profession, cinquante-cinq ans. 82 rue des Abbesses, annonça-t-elle avec un accent « titi parisien ».
— Qui alliez-vous voir ?
— Ma fille « m’sieur » au troisième étage, service du docteur Gibouin « neuro » elle a été hospitalisée le 3 juillet. « J’viens » la voir tous les jours… Vous pouvez vérifier, « j’mens pas m’sieur » ! termina-t-elle en fouillant dans ses poches.
Sébastien nota et vérifia ses dires tandis que Georgette Sapin trifouillait dans son sac à main, sans regarder le commissaire du 36. Elle voulut partir mais Sébastien Lourmel n’avait pas terminé :
— Que cherchez-vous ? demanda-t-il irrité.
— « J’suis inquiète », j’ai dû laisser mon porte-monnaie là-haut, puis-je y aller ?
— Je n’ai pas fini ! La reconnaissez-vous ?
À nouveau, il montra le portrait.
— Oui pour sûr, « j’l’ai croisée ici-même », elle marchait comme ça, « m’sieur », « j’m’suis » même demandée comment fera cette maman avec son bambin quand il sera grand, raconta-t-elle en imitant sa démarche
— Merci madame Sapin, vous pouvez partir.
— Qu’est-ce qui « s’passe » ?
Le jeune commissaire ne prit pas la peine de lui répondre, s’approcha de son coéquipier pour lui confirmer à haute voix qu’il n’y avait aucun doute : c’était bien elle. En se retournant, il remarqua Bruno statufié, il rentra dans une colère noire en lui répétant d’aller voir son collaborateur.
Georgette Sapin disparut dans la cage d’escalier.
Bruno se dirigea avec élégance, la tête haute vers un homme aux tempes grisonnantes.
Quelque chose le dérangeait, son cœur se mit à battre la chamade, une angoisse s’empara de lui, son estomac se serra, les mots avaient du mal à sortir de sa bouche.
« Mon imagination de flic me perdra », pensa-t-il en se ressaisissant.
Un policier en civil bâti comme une armoire, un calepin à la main sur lequel, les instructions de son supérieur avaient été notées avec soin, l’attendait :
— Bonjour ! Le commissaire Lourmel m’a demandé de venir vous voir. Qui y a-t-il ?
— Monsieur Bruno Mercier ?
— Oui pourquoi ?
— Lieutenant Robert Molineux, se présenta-t-il.
Il prit un instant pour reboutonner sa veste et remonter son pantalon qui tombait à cause de son embonpoint. Ensuite, il sortit une paire de lunettes de la poche intérieure de sa veste, la posa sur son nez en demandant à Bruno de s’asseoir, mais ce dernier refusa :
— Vous êtes bien le papa des jumeaux Olivier et Jérémy ? demanda-t-il après avoir relu ses notes.
— Oui en effet, vous m’inquiétez !
Bruno troublé remit ses cheveux en ordre, il pressentait une mauvaise nouvelle, des gouttes de sueur perlaient sur son front.
— Votre fils Olivier a été enlevé ; nous avons de fortes présomptions qui nous orientent vers madame Bénédicte Lefranc, la voisine de lit de votre épouse. Mes collègues ont interrogé son mari, mais madame Lefranc ne lui a donné aucun signe de vie. Il nous a également indiqué plusieurs noms, adresses et numéros de téléphone de proches chez qui elle pourrait aller se réfugier avec le gamin. Nous ne manquerons pas d’explorer toutes ces pistes, soyez-en sûr ! Monsieur Lefranc nous a promis de nous prévenir s’il la voyait ou si elle le contactait.
Devant l’air horrifié de Bruno, il continua :
— La suspecte va être très vite appréhendée, croyez-moi ! Comme vous pouvez le voir, nous continuons les interrogatoires, dans quarante-huit heures votre bébé vous sera rendu, soyez confiant nous mettons tout en œuvre pour le trouver.
Robert Molineux dut retenir Bruno qui vacillait, puis il le conduisit vers les sièges de l’accueil. Le jeune papa s’effondra sur une chaise, ses yeux marron inondés de larmes… suffoqua. Une infirmière accourut, prit sa tension artérielle, s’éloigna, revint ensuite avec un verre d’eau et un comprimé qu’elle lui tendit.
— Avalez ça, vous vous sentirez mieux.
— Merci.
Lorsqu’il reprit ses esprits, Bruno demanda deux faveurs à son homologue parisien.
La première : d’annoncer lui-même à son épouse la disparition d’Olivier :
— Rose ne doit pas apprendre la terrible nouvelle d’un inconnu.
La seconde : d’aller chercher Line Boyer, sa sœur, boulevard Monceau. Sébastien accepta et délégua deux agents en uniforme. Il avait compris que Bruno ne voulait pas être seul pour apprendre à sa femme cet horrible drame.
Entre-temps, monsieur Petrov tenta de s’excuser auprès de Bruno :
— Tout le personnel et moi-même vous présentons nos excuses les plus sincères, je ne comprends pas ce qui s’est passé mais les responsables vont devoir me rendre des comptes.
— Monsieur, vos excuses… Vous pouvez vous les garder ! C’est mon fils qui a disparu dans VOTRE HÔPITAL… Croyez-moi vous allez entendre parler de moi !
Une nouvelle fois Bruno replaça sa mèche rebelle.
— Je ne sais quoi vous…
— Ne dites rien cela vaudra mieux, interrompit le jeune papa en hurlant de colère.
— J’ai convoqué tous les employés dans mon bureau, les responsables seront démasqués.
— Monsieur, « les responsables », comme vous dites, doivent s’en vouloir et avoir des regrets. C’est trop tard, le mal est FAIT. À mes yeux, c’est VOUSL’UNIQUE RESPONSABLE ET VOUS SEUL,monsieur le directeur, termina Bruno en pointant du doigt Adam Petrov.
Ce dernier, déconfit, la tête baissée, s’en alla pour retourner dans son bureau.