Logo
Bangkok à ma table
Bangkok à ma table

Bangkok à ma table

92 Chapitres
Terminés
Dans Bangkok à ma table, une voyageuse explore une cité bipolaire. Entre jazz et recettes locales, ce modern novel relate des rencontres avec des autochtones monomaniaques. Une adventure humaine unique à découvrir parmi nos fiction books pour saisir l'essence dramatique de la Thaïlande.

Résumé de Bangkok à ma table

Fraîchement installée au cœur de Bangkok, une expatriée nous dévoile les récits de ses rencontres marquantes. Entre jazz et gastronomie locale, elle dépeint une métropole aux multiples visages, où s'entrechoquent les destins de voyageurs égarés et d'habitants aux passions dévorantes. Ce récit explore les contrastes d'une cité bipolaire, mêlant l'humour aux drames humains. Une plongée immersive faite de collisions culturelles et de saveurs authentiques.
Lire la suite

Chapitre 1 de Bangkok à ma table

Celui qui voit le ciel dans l’eau voit les poissons dans les arbres.

Proverbes chinois

Le lézard bleu

La chaleur était lourde, ce qui m’empêchait de faire tout mouvement. Allongée, je scrutais le plafond où un lézard, tout aussi ébahi que moi, prenait la pause. Il portait sur son dos des reflets bleutés. Cela faisait bien deux mois que je traînais en Asie, de Bangkok à Chiang-Maï et le Cambodge aussi.

J’adorais ce que je voyais… je ne parlais pas le thaï. Je trouvais les gens plutôt sympathiques même si j’appris par la suite le dégoût qu’ils portaient pour certains Farangset je compris aussi beaucoup plus tard que bien souvent, ils se moquaient de moi.

Je pris la décision de m’installer à Bangkok dans le quartier japonais sur « Sukhumvit Soï 28 ». Après 3 mois de voyage de rencontres et de fatigues aussi, je posais bagages dans un petit hôtel très discret où je louais une chambre au mois.

Le propriétaire, un vieux japonais du nom de Monsieur Irézumi Takeshi accompagné deson fils, qui s’était acoquiné à une jeune Thaïlandaise au physique incroyable, à l’esthétique presque Cubiste, Mia, que j’appelais foune » car dès qu’elle me voyait, ne pouvait s’empêcher de me lancer de mielleux « you aaa beautifoune... » en traînant sur le « foune ». Ce qui me donnait envie sans vous le cacher, de la prendre par les cheveux et de lui éclater la tête sur le pavé. Elle me faisait penser à ce tableau de Picasso « femme au chapeau assise dans un fauteuil ».

« Foune » était, elle aussi, assise mais derrière son bureau à faire et refaire des comptes et donner des directives en Thaïlandais aux personnels du petit Hôtel.

Les Japonais avaient de drôle de critère concernant la beauté des filles Thaïlandaises. Très vite, j’allais témoigner de la sympathiepour monsieur Irézumi le beau-père de « Foune ».

Mais revenons à mon plafond, je portais un paréo Thaïlandais imprimé noir et blanc et cette année-là le roi Rama 9 mourut le treize octobre 2016. Tous les imprimés de tissu traditionnel furent vendus de la couleur du deuil.

Le pays entier pleurait son Roi mort à quatre-vingt-huit ans.

Ma chambre était assez spacieuse, il y avait suspendu au mur deux ventilateurs qui faisaient des ronronnements légers, mon lézard y restait accroché comme une note de musique.

Un air musical Thaï traditionnel se faisait entendre en bruit de fond, le lézard ne bougeait toujours pas. En rythme, la cuisinière de mon petit hôtel battait ses cuillères contre les poêles, ce qui donnait à entendre une musique d’un genre contemporain tout à fait charmant, ensorcelant et à l’écho naturel.

Les meubles étaient en teck (Malayalam tecku) un bois magnifique de couleur sombre avec reflets acajou, la chaleur les faisait vivre et parfois même, j’avais comme l’impression d’être dans une cité amovible. Ce que j’aimais le plus en vérité était la concoction du bois et de la chaleur humide, cela parfumait l’espace magnifiquement.

Je fixais le lézard sous les 35 degrés journaliers. Comme tous les jours depuis deux mois, je ne sortais que le soir. Je faisais la tournée des bars, espionnais la vie des Thaïlandais, goûtais à toutes les cuisines. Je passais beaucoup de temps seule jamais très longtemps, il y avait toujours des gens, des voyageurs pour m’inviter à les rejoindre à leur table et de là, nous échangions nos impressions sur le pays, on ne restait jamais longtemps seule en Asie… je devais me battre pour retrouver ma solitude et la garder précieusement comme une relique.

Ma chambre était au-dessus d’un restaurant tenu par « Mama »… une Thaïlandaise de soixante-dix ans mais qui en paraissait cinquante. Elle avait un sens de l’hygiène propre à elle mais réussissait à attirer les quelques Farangsqui traînaient par là. La crasse ne les repoussait pas et certains même en redemandaient, ils revenaient très souvent manger à n’importe quelle heure de la journée comme du soir. Mama se distinguait par de longues« Dread-Locks »noires et portait uniquement des robes de plage.

Du reggae en musique de fond jouait la plupart du temps.

Dans mon hôtel, j’allais sympathiser avec toute sorte de gens venus d’horizons divers. Des hommes, des femmes, des loosers, des winners qui ne voulaient plus, pour la plupart d’entre eux « winner », des putes, des Katoeys, des Japonais de la pègre, des noirs, des blancs, le monde entier se trouvait ici et les environs. Bangkok se trouvait à ma table et je regardais ce monde tourner devant moi comme dans un « Kaizenzushi ».

Il n’y avait plus qu’à choisir, se servir, piocher dans toutes ces perceptions colorées, des sentiments crus aux rencontres souvent abruptes, des fumets d’illusions et ce large éventail d’émotions était à ma disposition, que je regardais passer sous mon nez.

Je scrutais Bangkok qui à son tour me transperçait le corps et l’esprit.

Voyager, n’est-ce pas se transformer un peu en un fantôme inquiétant ? Accepter que les autres vous traversent ?

Un combat fatal entre eux et vous, sans rien leur laisser vous prendre pour autant ?

Je ne souhaite pas abuser de cynisme mais le voyageur est un spécimen ou tout est quasiment à jeter, il n’y a rien à lui prendre. Malgré sa joie excessive ou sa danse macabre à toujours feinter une fausse générosité, il ne veut rien donner mais tout s’approprier, vampiriser.

Certains autochtones ne lui pardonneront jamais cet état d’esprit étriqué. Nous en paierions tous le prix tôt ou tard.

Les erreurs des uns faisaient le malheur des autres.

Bangkok était à ma table et j’avais en main une fourchette aux dents bien aiguisées, l’extension de mon appétit cannibale. Je transpercerais la ville toute entière, les êtres avec.

La bête gisait devant moi en émoi, cela gigotait là-dedans, un mets extra exotique aux mille saveurs, pétillait, s’agitait sous mes yeux que je voulais dans ma bouche et glisser dans la gorge.

J’avais l’appétit juste et précis pour n’en faire qu’une bouchée de ce plat de « Résistance », ma résidence.

Recette : « Kuaytiaw khii Mao »

(littéralement, les nouilles frittes de l’ivrogne.)

Ceci est un plat conseillé pour les lendemains de cuite.

4 cuillères à thé de sauce soja ;

4 gousses d’ails émincés,

Poitrine de poulet ;

Sauce poisson ;

Basilic Thaï

Nouille ou spaghetti.

L’hôtel s’appelait Flower cards, nom tiré d’un jeu de cartes très prisé des Yakuzas, cela se dit Hanafuda en Japonais. Il y avait très peu de clients en cette période de l’année. Comment en avais-je entendu parler ? Eh bien, mon attraction préférée à Bangkok était de me balader et de traîner ma carcasse partout sans restriction.

En flânant de la sorte, j’ai découvert des milliers de petites boutiques secrètes, de cuisines de rues orgasmiques et colorées, de boutiques de vêtements ringards et invendus à des prix ridicules, de disques poussiéreux et de poupées.

Je collectionnais les poupées, surtout les poupées étranges, celles-ci étaient mes préférées, particulièrement celles à qui il manquait un bras, des yeux, sans mains aussi. Les petites estropiées. Celles qui me ressemblaient.

L’hôtel « Flower cards » se trouvait à côté d’un onsen, les Onsen étaient des bains de type Thermal Japonais Alternant grand et différent bain chaud, des bains à remous ou des bains très froids. J’y restais des heures, parfois jusqu’à cinq ce qui n’était pas à recommandé. Malgré l’humidité, je prenais très souvent un livre à lire avec moi, trempé, je lisais toujours le même, un livre de poésie, des haïkus…

Le serpent s’esquiva et laissa son regard dans l’herbe.

Aratika Moritake (1452 – 1549)

Continuer la lecture
Choisir un chapitre
CH. 1CH. 2CH. 3
CH. 4
CH. 5
CH. 6
CH. 7
Tout
Lire le roman complet sur
moboreader
Lecture gratuite disponible dès maintenant

Vous aimerez aussi

Bêafrîka
Bêafrîka
Dans Bêafrîka, Pierre et Jeanne plongent au cœur d'une Centrafrique en crise. Entre loyauté politique et survie, ce roman de romance et d'aventure explore leurs dilemmes face à la guerre civile. Découvrez cette fiction de type modern novel, un récit puissant parmi les nouveaux fiction books.
Brûler son empire pour ma sœur
Brûler son empire pour ma sœur
Trahie par Max qui a laissé mourir sa sœur, l'héroïne revient deux ans après sa disparition. Dans ce romance novel aux airs de mafia novel, elle compte détruire l'empire bâti sur ses souffrances. Brûler son empire pour ma sœur raconte une vengeance implacable au cœur d'un drame billionaire.
Clous rouges - Tome 1: Entrez donc dans l'antre du démon
Clous rouges - Tome 1: Entrez donc dans l'antre du démon
Dans Clous rouges - Tome 1: Entrez donc dans l'antre du démon, Walter Weems explore la maison Masson, théâtre de morts inexpliquées. Ce mystery story mêle horreur et fantasy alors que le duo traque un secret vieux de vingt ans. Un horror novel palpitant, idéal pour lire des fiction books.
Douze vies après ma mort
Douze vies après ma mort
Après son suicide, Marc affronte la Mort dans Douze vies après ma mort. Condamné à se réincarner en milliardaire ou soldat, il doit survivre à des destins tragiques. Découvrez ce fantasy novel unique, entre action et horror novel, où chaque vie est un défi pour échapper au néant.
Elle devait disparaître, pas être aimée
Elle devait disparaître, pas être aimée
Dans Elle devait disparaître, pas être aimée, Wylena, médecin prodige, fuit son passé. Sa rencontre avec un héritier lie son destin à Dorian. Entre secrets et mafia novel, cette romance novel moderne explore un engagement forgé dans le danger. Découvrez ce webnovel captivant.
L'amour et la rédemption
L'amour et la rédemption
Dans L'amour et la rédemption, Aria, mère de triplés, doit s'allier à l'alpha Darian pour sauver ses enfants. Entre trahison et destin, ce werewolf romance novel mêle fantasy et adventure. Découvrez cette fiction fantasy romance books où chaque choix définit l'avenir de leur meute.

Nouveautés romans en ligne

Populaire sur MiniShort

L'ange venu d'en haut
L'ange venu d'en haut
Après avoir perdu ses parents dans un accident à l'âge de cinq ans, elle a été recueillie par sa tante et son oncle, qui l'ont maltraitée. À dix-huit ans, elle a sauvé une femme qui s'est avérée être la mère d'un milliardaire, ce qui a conduit à une offre d'adoption. Pour tester son caractère, ses trois enfants ont caché leur identité, mais ils ont finalement été touchés par sa gentillesse et sa résilience.
Interdit : Amour Enchevêtré
Interdit : Amour Enchevêtré
Mon petit ami m'a trompée avec son pote, alors je séduis leur ami, un PDG. Maintenant, face à la trahison et à l'obsession de mon ex, à la jalousie et à la tentative de meurtre de la maîtresse gay, et aux manigances de la fiancée de ce PDG, que dois-je faire ?
Je le choisis pour être mon père
Je le choisis pour être mon père
Emma Rouault, princesse héritière de la dynastie des Phéaval, a été réincarnée dans le corps d'une fillette de huit ans moderne. La fille originale, vraie fille volée, a été maltraitée, privée de tout l'affection par la fausse fille, et est finie par mourir de faim. Puisque ce père est impitoyable, elle changera de père ! Elle choisira un père considéré comme un inutile par tous. Après tout, elle, une princesse, saura facilement remettre un libertin sur le droit chemin !
La compagne rejetée de l’Alpha
La compagne rejetée de l’Alpha
Mira tue le frère de son Alpha le jour de son 18e anniversaire. Comme si cela n’était pas suffisant, l’Alpha est le compagnon de Mira et il a vu de tout. Mira est reléguée au rang d’esclave et enfermée dans un cachot. Elle est en grand désarroi. Un visite du roi de l’Alpha entraînera-t-elle un tournant inattendu?
La Naissance de la Reine de la Vengeance
La Naissance de la Reine de la Vengeance
La sœur enceinte de Diana se suicide mystérieusement, et Diana sait qu'il doit y avoir une vérité cachée derrière cela. Déterminée à percer le mystère, Diana retourne dans sa ville natale avec son assistant, Dean. Ils découvrent que tout pourrait être lié à son beau-frère, Sam, et au meilleur ami de sa sœur, David, dont la relation est loin d'être ordinaire. Avec l'aide de son assistant Dean, de son ami Wyatt et de son petit ami Colt, Diana doit surmonter de nombreux obstacles. À la fin, elle est choquée de réaliser que le véritable cerveau maléfique derrière tout cela est quelqu'un qui se trouve juste à ses côtés…
Mon patron, mon donneur de sperme
Mon patron, mon donneur de sperme
Leia, aux prises avec l'infertilité, est surprise par son boss Alec alors qu'elle consulte un site de donneurs de sperme au travail. Gênée par cet incident, elle tente de passer à autre chose. Après avoir sélectionné avec soin un donneur à la banque de sperme, le destin lui réserve une surprise, elle choisit le don d'Alec sans le savoir. Quand va-t-elle réaliser que son boss est le père de son futur enfant ?