Chapitre 1

Mon beau-frère voulait absolument partir en vacances à la plage pour Noël, alors j’ai décidé d’organiser un voyage en famille.

Quand la pote de mon mari l’a appris, elle a insisté pour venir avec son enfant.

Sans dire un mot, il a acheté des billets d’avion pour eux, mais m’a demandé de conduire avec les bagages.

Je pensais que sa famille prendrait ma défense, mais tout le monde a soutenu la décision de mon mari.

Très bien, dans ce cas, chacun sa route, chacun son chemin.

Mais toute leur famille a fini par avoir peur...

« Rose a entendu dire qu’on allait à la plage pour les vacances, et elle veut emmener son enfant avec nous ! J’ai acheté des billets d’avion pour nous. Jade, toi, tu te charges de conduire avec les bagages. On t’attendra à la plage. »

Ma main qui pliait les vêtements s’est figée d’un coup, stupéfaite.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? Rose Gautier vient avec nous, alors pourquoi devrais-je conduire ? »

« Son enfant n’a jamais vu la mer, je me suis dit qu’il pourrait venir avec nous. Quand j’ai voulu acheter ton billet, il n’y en avait plus. »

Mon beau-frère avait insisté pour aller surfer pendant les vacances de Noël, et cela tombait au moment où mon mari, Luc Carlson, prenait exceptionnellement des congés.

Pour lui faire plaisir, mais aussi pour rassembler toute la famille, on avait décidé de partir ensemble à la plage avec mes beaux-parents. En plus, on venait d’acheter une nouvelle voiture.

Pendant tout ce temps, j’avais mis toute mon énergie à préparer ce voyage familial : chercher un logement, planifier l’itinéraire, financer et organiser le tout.

Et maintenant, à cause d’une simple phrase de Rose, tout mon plan changeait.

« Je t’ai dit que je voulais prendre l’avion, mais tu trouvais ça trop cher. Maintenant que c’est pour Rose, tu te décides à acheter des billets ? »

« Elle a un enfant. Un long trajet en voiture, c’est trop pour lui. Et puis, Rose est ma sœur, même si on n’a pas les mêmes parents. Je dois bien traiter son enfant. »

Furieuse, j’ai jeté les vêtements par terre.

« Tout le monde sait que c’est son enfant, mais on dirait presque que c’est le tien ! »

Luc, agacé, a répliqué : « Arrête de dire n’importe quoi. Tu ne sais pas conduire ? Eh bien, prends ce trajet comme une occasion de t’entraîner. »

« Tu sais combien d’heures il faut pour aller de chez nous à la Plage Malibu en voiture ? Et si j’avais un accident sur la route ? »

À ce moment-là, ma belle-mère est arrivée avec un plateau de fruits.

« Pourquoi vous disputez-vous à nouveau ? Luc, tu es un homme, tu dois céder à Jade. »

Ma belle-mère avait toujours été plutôt gentille avec moi. Pleine de ressentiment, je me suis tournée vers elle pour lui raconter.

Mais à ma grande surprise, elle a pris le parti de son fils.

« Luc et Rose ont grandi ensemble. Et l’enfant de cette dernière, on l’a vu grandir. C’est un pauvre enfant qui n’a jamais vu la mer. Sois un peu plus compréhensive. Et puis, faire enregistrer des bagages dans un avion coûte cher. En voiture, tu pourras tout emmener. Une fois sur place, on aura une voiture pour se déplacer, c’est plus pratique ! »

Mon beau-père, lui, a lancé d’un ton froid et sarcastique : « Depuis quand une femme décide-t-elle pour la famille Carlson ? Tu devrais écouter ce que dit ton mari. Et puis, tu n’es même pas capable d’avoir des enfants, alors laisse-nous profiter des enfants des autres pour goûter à la joie familiale. »

C’est aujourd’hui que je me suis rendu compte que cette famille avait des valeurs complètement décalées.

« Mais enfin, vous êtes tous ensorcelés par Rose ou quoi ? Qui est vraiment la belle-fille de votre famille ? Ou alors, le fils de Rose serait-il le fils caché de Luc ? »

En entendant cela, Luc a explosé de colère : « Jade, je prends mes congés pour voyager avec toi, et toi, tu fais une scène pour un détail ! Dans le passé, la belle-sœur aînée devait agir comme une mère. Tu devrais être beaucoup plus impliquée qu’aujourd’hui ! »

C’est alors que j’ai enfin compris que cette famille vivait encore dans le siècle dernier.

À ce moment précis, le téléphone de Luc s’est mis à sonner.

Chapitre 2

Luc avait l’air un peu nerveux. Je lui ai arraché son téléphone, et comme je m’en doutais, c’était bien Rose.

« Tu n’as pas vu mon message ? Dépêche-toi de venir m’ouvrir la porte ! »

Mon beau-frère est descendu en courant, tout excité, et a fait monter Rose.

« Papa, maman, grand frère,Rose est là ! Belle-sœur, qu’est-ce que tu nous prépares de bon ce soir ? » a-t-il dit en me tendant les bagages de Rose.

L’enfant de Rose est entré comme s’il était chez lui. Avec ses chaussures, il a sauté sur le canapé en cuir tout neuf que j’avais acheté pour 10 000 euros, l’utilisant comme trampoline en riant aux éclats.

Ma belle-mère, elle, rayonnait de bonheur en tenant fermement la main de Rose.

« Rose, toi et Luc n’aviez pas le destin de finir ensemble... Mais regarde, ton enfant est comme mon propre petit-fils maintenant. Peu importe, tu dois revenir plus souvent avec lui à la maison ! »

Mon beau-père, d’habitude sérieux, tenait l’enfant dans ses bras, débordant de joie. Il répétait sans cesse « mon petit trésor » avec tendresse.

Puis il a soupiré : « Notre famille n’a pas de chance. On n’a pas eu une aussi bonne belle-fille et un tel petit-fils. »

Ils faisaient comme si je n’existais pas, en louant Rose sans retenue.

Mon cœur s’est serré de douleur. Toutes ces années de sacrifices… tout cela pour rien.

Ont-ils oublié que Luc s’était endetté jusqu’au cou à cause de Rose ?

Luc et Rose étaient voisins et camarades de classe pendant douze ans. Ils avaient fait des affaires en partenariat, mais Rose avait pris la fuite avec son ex-mari et tout l’argent.

À l’époque, j’étais secrètement amoureuse de Luc. Quand il a eu des problèmes, je lui ai tendu la main. Peu à peu, nous avons commencé à sortir ensemble et nous nous sommes mariés.

Toutes ces années, j’ai chéri cette relation.

Que ce soit pour mes beaux-parents ou mon beau-frère, j’ai toujours fait de mon mieux.

Je les ai aidés dans leur quotidien, j’ai payé leurs bilans de santé et organisé leurs voyages.Tant qu’ils en faisaient la demande, je les soutenais toujours de tout mon cœur.

Quant à mon beau-frère, étant le dernier enfant arrivé tardivement, je l’ai toujours traité comme mon propre fils. Quand ses résultats scolaires étaient mauvais, j’ai payé pour qu’il aille dans une école internationale. Quand il n’a pas réussi son examen d’entrée à l’université, je l’ai aidé à s’inscrire dans une université à l’étranger.

Tous les proches de la famille Carlson disent que je suis la meilleure belle-fille du monde.

Mais dans cette maison, mes efforts n’ont jamais été reconnus. Au contraire, ils chérissent une ingrate comme Rose.

Rose, négligeant ma présence, s’est assise directement sur le canapé et m’a lancé un regard délibéré.

« Ah, Jade, tu es là aussi ? J’étais trop occupée à saluer oncle et tante, je ne t’avais pas vue. »

Puis elle s’est tournée vers mes beaux-parents : « Oncle et tante, mon fils et moi adorons la cuisine de Jade. Vous savez, nous nous contentons de peu. »

Ma belle-mère m’a jeté un regard insistant, mais je suis restée immobile, grignotant des graines de tournesol sur le canapé.

Rose a baissé les yeux, feignant d’être blessée.

« Jade, tu es fâchée contre moi, n’est-ce pas ? Luc m’a dit que vous alliez voyager, et comme mon fils n’a jamais quitté la ville, je l’ai supplié de nous emmener. Qui aurait pensé qu’il ne restait plus que quelques billets d’avion, ce qui t’oblige à conduire. Je m’en voulais tellement que j’ai dit à Luc qu’on n’irait pas. Mais il a insisté : il faut que les enfants voient le monde pour apprendre et grandir... Jade, vraiment, je suis désolée pour toi ! »

À côté, mon beau-frère jouait à des jeux vidéo sur l’iPad que j’avais acheté.

En riant, il a dit : « Jader ne s’en formalise pas. Si tu conduisais avec un enfant, ce serait trop fatiguant. Quand j’ai dit de prendre l’avion, quelqu’un a voulu économiser et insisté pour conduire. Mais elle adore conduire, non ? Là, elle pourra s’en donner à cœur joie ! »

Rose a légèrement froncé les sourcils et a réprimandé mon beau-frère : « Ne parle pas de ta belle-sœur de cette façon. Peu importe ce qu’elle fait, elle reste ton aînée. »

Mon beau-frère, voyant cela, s’est mis à faire l’enfant gâté pour se faire pardonner.

Ils ont éclaté de rire ensemble, comme s’ils étaient les seuls à être heureux dans cette maison.

Chapitre 3

J’ai froncé les sourcils et donné un coup de pied à la chaise, qui a émis un grand bruit en tombant.

Luc a immédiatement remarqué mon attitude étrange et a baissé sa position.

« Je sais que tu te sens lésée, mais ce qui est fait est fait. Arrête de faire des caprices comme une enfant. À l’époque, quand on réservait l’hôtel, tu n’avais pas dit que tu voulais qu’on s’installe dans un hôtel cinq étoiles ? On ne va plus économiser, on change tout de suite ! »

J’ai ricané intérieurement. Il croyait pouvoir m’avoir comme ça ?

« Super, mon chéri, tu es vraiment formidable ! »

Mais, la seconde d’après, Luc a reçu un message de la banque.

« Jade, pourquoi as-tu utilisé ma carte pour dépenser autant d’argent… »

« Tu n’as pas dit que tu voulais qu’on s’installe dans un hôtel cinq étoiles ? »

« J’ai accepté que tu y séjournes, mais je n’ai jamais dit que tu pouvais utiliser ma carte ! »

J’ai éclaté de rire : « Où je reste et combien je dépense, j’ai besoin de ton accord, c’est ça ? Tu gagnes 3500 euros par mois et tu fais semblant d’être un grand seigneur ! »

Lorsque Luc a entendu mes paroles, son visage est devenu rouge vif.

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

Depuis notre mariage, on a toujours suivi un système injuste pour gérer nos finances.

Moi, je m’occupe de tout pour la maison, tandis qu’eux, toute la famille, ne font que profiter.

S’il n’y avait pas eu moi, toute la famille aurait été obligée de manger des cailloux. Ils vivent bien grâce à moi et ont oublié qui est leur véritable soutien.

Puisqu’ils adorent Rose et son fils, qu’ils en profitent pleinement !

« Crier pour une misère, c’est tout ce que tu fais. Une femme qui se dispute avec son mari, c’est indigne et peu vertueux ! Va faire à manger tout de suite, tu veux laisser toute la famille mourir de faim ? »

Mon beau-père, assis sur le canapé, m’a lancé un regard accusateur.

Ils pensent encore pouvoir me traiter comme une servante ? Dans leurs rêves !

« Rose, tu as grandi avec Luc. Tu n’as jamais goûté à ses plats ? »

Rose a roulé les yeux.

« Bien sûr que si. Avant, quand papa et maman n’étaient pas là, c’était toujours Luc qui me préparait des plats délicieux. »

« Et il est encore meilleur aujourd’hui ! » J’ai regardé Luc et lui ai dit en souriant, « Rose le dit elle-même. Tu ne veux pas nous montrer tes talents ? »

Puis, j’ai pris les fraises des mains de l’enfant de Rose et me suis installée sur le canapé pour jouer avec mon téléphone.

Ma belle-mère, voyant que je donnais des ordres à Luc, a immédiatement montré son mécontentement.

« Un homme qui entre en cuisine ? C’est inadmissible ! »

Je lui ai répondu en souriant : « Rose est venue avec son enfant. Tu ne veux pas bien les accueillir, n’est-ce pas ? »

Luc, mal à l’aise, a jeté un regard implorant à sa mère.

Ma belle-mère, ne voyant pas d’issue, est allée préparer le repas à contre-cœur.

Habituée à une vie facile, elle a dû s’occuper longtemps en cuisine.

À table, elle souriait tout en remplissant les assiettes de Rose et de son fils.

« Rose, je me souviens que tu adores les plats épicés. J’ai préparé tout ça spécialement pour toi. Mange à ta guise ! »

Hah, elle sait très bien que je ne mange pas épicé, mais elle fait tout pour m’embêter.

« Jade, Rose est notre invitée. Si tu n’aimes pas, fais-toi des nouilles toi-même ! »

J’ai posé mon couvert avec fracas sur la table.

« Mangez sans moi. Je vais sortir pour un bon repas ! »

Luc a crié, furieux : « Jade, maman a cuisiné malgré son âge. Et toi, tu refuses de manger ? Tu es devenue folle aujourd’hui ? Et les bagages ne sont pas encore prêts. Où comptes-tu aller ? »

« Vous adorez Rose, n’est-ce pas ? Laissez-la s’en occuper, d’accord ? »

Tout le monde a été stupéfait par mes paroles.

Je suis partie en claquant la porte, me suis dirigée vers un hôtel de luxe, ai bien mangé, bien bu et même profité d’un spa.

J’ai de l’argent, alors pourquoi devrais-je continuer à me sacrifier pour eux ?

Voyage en famille : mon mari m'a demandé de conduire seule

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