Chapitre 2
Il semble un peu mal à l'aise quand il me voit, mais il essaie de garder son calme quand il parle.
« On y entre ensemble ? »
Je ne refuse pas, je hoche la tête puis entre dans la maison.
L'atmosphère durant le repas est très embarrassant. Mes parents sont encore mécontent pour le jour du mariage, ils ne calculent pas vraiment Yann.
Avant, je ferais en sorte de détendre l'atmosphère. Mais maintenant, je laisse carrément Yann dans sa situation embarrassante.
Quand on finit le repas et quand je m'apprête à demander un taxi, Yann arrive devant moi au volant de sa voiture. J'ouvre la portière pour m'assoir sur la place passagère quand je vois une étiquette « place réservée à Rhéa » collée à l'avant.
Yann se racle la gorge avant de s'expliquer.
« Rhéa voulait absolument coller ça. De toute façon, tu sais conduire. »
Je hoche la tête et parle calmement.
« Oui. C'est toujours comme ça au début. »
Yann fronce les sourcils et s'apprête à dire quelque chose quand mon téléphone sonne.
Je ne le calcule plus et je réponds au message.
Quand je finis, il est déjà garé en face d'une villa.
Je descends à peine de la voiture que Rhéa est déjà dans les bras de Yann.
« Yann, tu m'as beaucoup manquée. Et moi, je t'ai manqué ? »
Yann semble un peu gêne, peut-être dû à ma présence, et arrête Rhéa avant qu'elle embrasse sa joue.
« Ça suffit, on n'est plus des enfants. On ne peut plus faire comme avant. »
Rhéa me jette un regard de fierté avant de recommencer à parler.
« Et alors ? Je ne suis plus ta petite sœur ? »
Je ne les calcule pas. J'entre dans la villa.
Quand j'arrive à la porte, je remarque les photos qui défilent sur l'ordinateur, ce sont des photos de Yann et Rhéa.
Ils sont côte à côte en train d'admirer le coucher du soleil, ou ils sont en train de manger, ou même en train de s'embrasser passionnément.
Yann arrive immédiatement pour s'expliquer.
« Sophie, elles ont été photoshopées. Aie confiance en moi, ne t'énerve pas, d'accord ? »
Je me retourne pour le regarder et je remarque de la panique au fond de ses yeux.
Je hoche la tête.
« Jolies photos. »
Rhéa fronce les sourcils.
« Sophie, tu n'es pas fâchée ? »
Je reste calme.
« Du tout. »
Puis mon téléphone sonne.
C'est le docteur, il veut me parler de mon hospitalisation prévue pour demain.
Quand j'ai fait mon examen, on m'a détecté un problème aux poumons, ils ont maintenant des résultats plus avancées.
Je vais sur le côté pour répondre au téléphone, je ne calcule pas Yann.
Quand je finis, je retourne à la villa et m'intègre au banquet qui s'y déroule. Yann est en train de prendre la défense de Rhéa en criant sur une autre personne.
De ce qu'on peut comprendre de ses cris, cette personne aurait versé sans faire exprès une goutte de vin sur les vêtements de Rhéa. Yann veut à tout prix qu'elle s'excuse.
En voyant cette scène, je me rappelle que quelques années plus tôt, quand je m'étais rendue à un banquet avec Yann et qu'on passait à côté de la pyramide de champagne, Rhéa m'a bousculée.
J'ai perdu l'équilibre et je suis tombée sur la pyramide.
Les verres de brisent, l'alcool et le sang coulaient sur moi.
J'ai demandé de l'aide à Yann, mais il m'a engueulée.
« Tu es aveugle ? Tu ne sais pas marcher ? »
« Pourquoi tu te cognes sur la pyramide ? Tu sais à quel point ce banquet est important ? Les personnes inutiles comme toi méritent vraiment la mort ! »
« À ta place, je me suiciderai avec un morceau de verre brisé ! »
Quand je reviens à la réalité, je trouve tout ça ironique, alors je choisis de partir.
Yann n'est pas rentré de la nuit, je n'en suis pas choquée. En fin de compte, ce n'est pas la dernière fois.
Quand je fais ma toilette le lendemain matin, je vois Yann revenir avec le petit-déjeuner, et Rhéa derrière lui.
Il dépose le petit-déjeuner sur la table quand je sors de la salle de bain et commence à s'expliquer, ce qui est assez rare.
« On a fini tard, hier. J'avais peur de rentrer de nuit, alors je suis resté chez Rhéa. »
« Tu ne vas pas te fâcher ? »
Rhéa attrape le bras de Yann.
« C'est vrai. Sophie, tu ne vas pas t'énerver, n'est-ce pas ? »
Je hoche la tête sans répondre.
Yann semble remarquer ma froideur alors il me parle gentiment.
« Tu ne voulais pas aller voir le nouveau film qui vient de sortir ? »
« J'ai du temps aujourd'hui, on peut y aller ensemble. »
Ce film a reçu beaucoup de bonnes critiques dès sa sortie. J'ai demandé plusieurs fois à Yann d'y aller avec moi, mais il a toujours refusé.
Il disait qu'il était très occupé, mais je l'ai vu dans la fil d'actualité de Rhéa.
« Le meilleur film en compagnie du meilleur homme. »
Son visage n'apparaît pas sur la photo, mais je reconnais la main de Yann parmi les deux mains entremêlées sur la photos.
J'ignore le parfum de femme sur les vêtements de Yann et je refuse sa proposition.
« Non, je suis occupée. »
Yann semble un peu embarrassé, il cherche ses mots.
Rhéa est déjà assise sur le canapé, elle me regarde avec un air défiant.
« Tu es occupée pour aller voir ton ancien ami de lycée ? »
Je la regarde, un peu curieuse.
Mon avocat et moi sommes seuls à savoir pour mon divorce. Alors ce serait encore moins probable qu'on sache que cet avocat est mon ancien ami de lycée.
En voyant mon air curieux, Rhéa prend un air apeuré.
« Yann, ne t'énerve pas. J'ai entendu dire par mes amis qu'ils ont vu Sophie et son ami de lycée au café, il y a quelques jours... »
Elle fait une pause, semblant avoir peur des conséquences de ce qu'elle raconte.
« Ils étaient... intimes. »
« Mais mes amis se trompent peut-être. Sophie t'aime tellement, elle ne te tromperait jamais. »
Elle finit à peine sa phrase que le visage de Yann s'assombrit déjà. Il éclate un vase au sol et me regarde avec un air furieux.
« Sophie ! Tu vas au rendez-vous avec un autre homme, alors tu refuses ma proposition ? »
« Tu n'as pas honte ? »
Je baisse le regard pour voir les morceaux de porcelaine. Rhéa continue avant que je ne parle.
« Yann, ne t'énerve pas, reste calme. »
« Ce n'est pas la faute de Sophie, en fin de compte, sa mère a trompé... »
Avant qu'elle ne finisse, je lui jette la boîte de mouchoir à la figure.
Elle peut me dénigrer, mais elle ne doit jamais dénigrer ma mère.
L'endroit de son corps où la boîte atterrit rougit immédiatement. Yann attrape immédiatement son bras pour voir la blessure de prêt. Il n'hésite pas pour m'engueuler.
« Sophie, tu me déçois totalement ! »
« Même si Rhéa ne dit pas la vérité, tu ne dois pas lever ta main sur elle ! »
« Tu ne sais pas que... »
Je ne le laisse pas continuer.
« Alors tu sais qu'elle ne dit pas la vérité. »
Yann prend tout de suite un air gêné mais il revient rapidement à la normale.
« Oui, j'ai vu pour l'autre jour. »
« Mais tu n'aurais pas dû lever ta main.
« Excuse-toi à Rhéa, sinon, on va divorcer immédiatement ! »
Mon sang se glace. Je le regarde, incrédule.
« Yann Loubet, tu es conscient de ce que tu es en train de dire ? »
Il éclate de rire, comme si j'ai raconté une blague.
« Bien sûr que je suis conscient. »
« Peu importe, on ne frappe pas les gens. Excuse-toi à Rhéa. »
« Sinon, on divorce immédiatement ! »
Je ris de colère et sors l'acte de divorce déjà rédigée pour lui la jeter dessus.
« Ok, on divorce. »