Chapitre 2
Elle poussa un soupir et continua à fouiller la pièce. C'est alors qu'elle remarqua un morceau de papier sur la table de chevet. Elle le saisit et l'examina.
- Oh non...
- Quoi encore ?
Elle lui tendit le document. Une facture.
- Chapelle des Étoiles. Cérémonie de mariage express... Oh merde, on a pris l'option "avec photos et témoins fournis".
Alex la regarda, incrédule.
- Attends... On a payé pour ça ?
- Apparemment, oui. Et pas qu'un peu.
Elle indiqua le montant en bas de la facture. Alex ouvrit de grands yeux.
- Deux mille dollars ?!
Juliana grimaça.
- À deux, ça fait mille chacun...
Il secoua la tête, abasourdi.
- Ok. Donc non seulement on s'est mariés sur un coup de tête, mais en plus, on a claqué une fortune pour ça.
Juliana sentit un mélange d'hystérie et de panique monter en elle.
- Il faut qu'on annule. Tout de suite.
- Oui, confirma Alex, cherchant son jean parmi les vêtements éparpillés au sol.
Ils s'habillèrent en vitesse et s'assirent sur le lit, chacun fouillant sur son téléphone comment procéder à l'annulation d'un mariage impulsif à Las Vegas.
Juliana trouva un site officiel expliquant les démarches. Elle parcourut l'article en silence, puis blêmit.
- Dis-moi que ce n'est pas ce que je pense... murmura Alex en voyant son expression.
Elle lui tendit l'écran.
- Il faut attendre un délai minimum avant de pouvoir entamer la procédure de divorce. Et ça peut prendre plusieurs semaines... voire des mois.
Alex fixa l'écran sans bouger, comme si son cerveau refusait d'assimiler l'information.
- Tu veux dire qu'on ne peut pas juste... annuler ça aujourd'hui et reprendre nos vies comme si de rien n'était ?
- Non. Pas sans passer par un avocat, signer des tonnes de papiers et payer encore plus cher que ce qu'on a déjà dépensé.
Un silence s'abattit sur eux.
Juliana sentit une vague de désespoir la submerger.
- Qu'est-ce qu'on a fait, putain...
Alex soupira et se passa une main dans les cheveux.
- On s'est mis dans une merde noire, voilà ce qu'on a fait.
Juliana ferma les yeux, prenant une grande inspiration.
- Ok. Il faut qu'on réfléchisse. On a plusieurs options.
- Je t'écoute, fit Alex.
- Option un : on trouve un avocat, on lance les démarches et on attend que la paperasse soit réglée. Mais ça va être long et coûteux.
- Mauvais plan, marmonna Alex. T'as vu nos comptes en banque ?
- Option deux... on fait semblant.
Alex arqua un sourcil.
- Semblant ?
- On reste mariés le temps que tout se règle, et on évite de se prendre la tête.
Il la regarda un instant, pensif.
- Tu veux dire... qu'on continue comme si tout était normal ?
- Pas exactement. Mais au lieu de paniquer, on essaye juste... d'être adultes.
Alex eut un petit rire incrédule.
- Adulte ? On vient de se marier en état d'ivresse et on se réveille sans aucun souvenir. Je crois que l'adulte en nous est parti en vacances hier soir.
Juliana croisa les bras.
- Tu as une meilleure idée ?
Il ouvrit la bouche, puis la referma.
- Ok, admit-il. On fait quoi, alors ?
Elle haussa les épaules.
- On prend quelques jours pour réfléchir. Et en attendant, on essaye de ne pas s'entretuer.
Alex la fixa un instant, puis un sourire en coin apparut sur son visage.
- Ça risque d'être compliqué.
- Je sais.
Ils restèrent silencieux un moment, réalisant pleinement l'ampleur de la situation.
Juliana soupira et laissa retomber sa tête contre le dossier du lit.
- Bon sang... on est vraiment mariés.
Alex observa son alliance avant de secouer la tête avec un petit sourire ironique.
- Félicitations, Madame...
Elle lui lança un regard noir.
- Je te préviens, si tu m'appelles comme ça encore une fois, je demande immédiatement l'annulation, peu importe le prix.
Il leva les mains en signe de paix.
- Ok, ok. On va gérer ça.
Elle n'était pas sûre qu'il y croyait vraiment. Elle non plus, d'ailleurs.
Ce mariage de folie n'allait pas disparaître de sitôt.Juliana était allongée sur le lit, fixant le plafond, tandis qu'Alex était assis sur la chaise près de la fenêtre, les coudes appuyés sur ses genoux. L'atmosphère était lourde, remplie d'incertitude et d'un soupçon d'inconfort. Le choc initial était passé, mais maintenant venait la question la plus difficile : que faire de cette situation absurde ?
- Ok, finit par dire Juliana en expirant profondément. Écoute, on a fait une connerie monumentale. On est d'accord là-dessus.
- Totalement, confirma Alex en hochant la tête.
- Alors pourquoi est-ce qu'on n'oublierait pas tout ça et on reprendrait nos vies comme avant ?
Alex leva un sourcil, l'observant avec attention.
- T'oublierais vraiment ? demanda-t-il.
Elle haussa les épaules.
- J'ai pas vraiment le choix. On était bourrés, on a fait n'importe quoi, et maintenant on se retrouve coincés avec un bout de papier qui dit qu'on est mariés. Mais ça ne veut rien dire. On peut juste attendre que la procédure se fasse et faire comme si de rien n'était.
Alex ne répondit pas tout de suite. Il fit tourner son alliance autour de son doigt, pensif.
- Peut-être, dit-il finalement. Mais... et si on essayait plutôt de voir ce que ça pourrait donner ?
Juliana fronça les sourcils, se redressant sur le lit.
- Attends... Quoi ?
Il haussa les épaules, un léger sourire en coin.
- Je veux dire... regarde-nous. On ne se connaît que depuis hier soir, et pourtant, quelque chose nous a poussés à faire ça. Il doit bien y avoir une raison.
Elle éclata de rire, incrédule.
- Oui. L'alcool. Beaucoup trop d'alcool.
- Peut-être, admit-il. Mais peut-être aussi qu'on avait une vraie connexion. Un coup de foudre, tu vois ?
Juliana roula des yeux.
- Ça, c'est bon pour les films. Dans la vraie vie, les gens ne se marient pas sur un coup de tête après une seule soirée.
- Et pourtant, nous, on l'a fait.
Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais rien ne lui vint. Il marquait un point.
- Ok, supposa-t-elle, admettons qu'on ait eu une connexion hier soir. Et alors ? Ça ne veut pas dire qu'on doit continuer cette... absurdité.
Alex la fixa, son expression sérieuse.
- Et si on essayait ? Juste un mois.
Juliana cligna des yeux.
- Quoi ?
- Un mois, répéta-t-il. On joue le jeu. On vit comme un vrai couple, on apprend à se connaître, et à la fin du mois, si on se rend compte que c'était une erreur, on entame les démarches et on passe à autre chose.
Juliana secoua la tête, abasourdie.
- C'est la pire idée que j'aie jamais entendue.
- Ou la meilleure, répliqua-t-il avec un sourire amusé.
Elle le dévisagea longuement, cherchant à comprendre s'il plaisantait. Mais il avait l'air on ne peut plus sérieux.
- Alex, on ne sait rien l'un de l'autre.
- Justement. C'est l'occasion d'apprendre.
- C'est insensé.
- Encore plus que de se marier avec un inconnu ?
Elle ouvrit la bouche, puis la referma. Touché.
Elle se passa une main dans les cheveux, soupirant profondément.
- Pourquoi tu veux faire ça ? demanda-t-elle finalement.
Il haussa les épaules, l'air détendu.
- Parce que je suis curieux. Parce que je veux savoir pourquoi on en est arrivés là. Et parce que... je pense que ça pourrait être marrant.
Juliana secoua la tête, incrédule.
- Marrant ?
- Ouais. Qui peut dire qu'ils ont essayé de vivre un mariage improvisé avec un parfait inconnu ? On pourrait au moins en tirer une bonne histoire à raconter plus tard.
Elle soupira à nouveau et se laissa tomber sur le lit, les yeux rivés au plafond.
- C'est complètement fou.
- Mais tu y penses quand même, remarqua-t-il.
Elle ferma les yeux. Bien sûr qu'elle y pensait. L'idée était absurde, mais une partie d'elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce que ça donnerait. Après tout, elle n'avait rien à perdre. Et puis, elle devait bien admettre qu'Alex était plutôt charmant...
Elle rouvrit les yeux et le regarda.
- Un mois, et après on arrête tout ?
- Un mois, confirma-t-il en tendant la main.
Elle hésita, puis la serra.
- Ok. Un mois.
Alex sourit, et pour la première fois depuis son réveil, Juliana sentit quelque chose d'autre que de l'angoisse. Un léger frisson d'excitation.
- Ça va être intéressant, souffla-t-il.
Elle ne savait pas encore si elle venait de prendre la meilleure ou la pire décision de sa vie. Mais une chose était sûre : ce mois allait être tout sauf ennuyeux.Juliana se tenait devant la porte de l'appartement d'Alex, une valise à la main, l'autre accrochée à la bandoulière de son sac. Tout dans cette situation lui paraissait irréel. La veille encore, elle vivait seule dans son petit studio, et aujourd'hui, elle emménageait temporairement chez un type qu'elle connaissait à peine... et qui, officiellement, était son mari.
Alex ouvrit la porte avec un sourire détendu, comme si tout cela était parfaitement normal.
- Bienvenue chez nous, lança-t-il en s'écartant pour la laisser entrer.
Juliana hésita une seconde, puis pénétra dans l'appartement. C'était un deux-pièces assez spacieux, plutôt bien rangé, avec des murs blancs et des meubles en bois sombre. Une grande baie vitrée donnait sur la ville, offrant une belle vue sur les lumières qui commençaient à s'allumer au crépuscule.
Elle posa sa valise à côté du canapé et observa les lieux.
- Pas mal, admit-elle. Je m'attendais à pire.
Alex haussa un sourcil.
- Merci pour la confiance.
Elle esquissa un sourire avant de s'avancer vers le salon. Un canapé en cuir usé trônait au centre de la pièce, accompagné d'une table basse recouverte de magazines et de télécommandes. Sur une étagère, des livres côtoyaient des figurines de super-héros et une console de jeux vidéo.
Juliana croisa les bras.
- Alors, c'est ici que tu caches ton âme d'adolescent attardé ?
Alex suivit son regard et éclata de rire.
- Hey, certaines de ces figurines sont des éditions limitées.
- J'en suis sûre.
Elle laissa traîner ses yeux sur le reste de la pièce, puis sur la cuisine ouverte qui donnait sur le salon.
- Et la chambre ? demanda-t-elle.
Alex désigna une porte au fond du couloir.
- Juste là.
Juliana se mordit la lèvre.
- Et... il y a un canapé-lit ?
- Nope.
Elle se tourna vers lui, l'air sceptique.
- Attends... Tu veux dire qu'on va partager le lit ?
Alex haussa les épaules.
- On est mariés, non ?
Juliana lui lança un regard noir.
- Ne pousse pas trop ta chance.
Il rit et leva les mains en signe de paix.
- D'accord, d'accord. Si ça te met mal à l'aise, je peux dormir sur le canapé.
- Merci.
Chapitre 3
Elle attrapa sa valise et se dirigea vers la chambre. En ouvrant la porte, elle découvrit une pièce bien plus en bazar que le reste de l'appartement. Des vêtements étaient éparpillés sur une chaise, le lit était défait, et une pile de tasses vides traînait sur la table de nuit.
Elle se tourna lentement vers Alex.
- Sérieusement ?
Il jeta un coup d'œil à la pièce et haussa les épaules.
- C'est mon système d'organisation.
- C'est un bordel sans nom.
- Un bordel organisé. Je sais exactement où est chaque chose.
Elle le regarda, incrédule.
- Et moi qui pensais que tu étais du genre maniaque...
- Oh non. Loin de là.
Juliana poussa un soupir et posa sa valise dans un coin avant de retrousser ses manches.
- Ok. Avant que je m'installe, il va falloir faire un peu de ménage.
Alex la regarda avec une expression faussement horrifiée.
- Tu veux déjà changer mon espace vital ?
- Appelle ça comme tu veux, mais je refuse de vivre dans ce chaos.
- Tu sais qu'on ne fait qu'un test d'un mois, pas un mariage de vingt ans ?
- Je m'en fiche. Tant que je suis ici, cet endroit sera vivable.
Elle commença à ramasser les tasses et les vêtements en désordre, mais Alex se précipita pour l'arrêter.
- Hey, hey, doucement ! Je peux le faire moi-même.
- Alors fais-le.
Il la fixa un instant, puis, voyant qu'elle ne lâcherait pas l'affaire, il soupira et commença à ranger à contrecœur.
- Je sens que ce mois va être long... marmonna-t-il.
- Crois-moi, moi aussi.
Après une heure de rangement forcé, la chambre ressemblait enfin à un espace habitable. Juliana s'effondra sur le lit, satisfaite, tandis qu'Alex s'appuyait contre la porte, les bras croisés.
- Alors, madame Propreté, satisfaite ?
- Très.
Il secoua la tête avec amusement et s'approcha.
- Bon, maintenant que ton sens du rangement est apaisé, on devrait parler de l'organisation.
Juliana haussa un sourcil.
- Quelle organisation ?
- Bah, tu es ici pour un mois. Il faut fixer quelques règles, non ?
Elle se redressa et croisa les jambes.
- Vas-y, je t'écoute.
Il s'assit sur le bord du lit et leva un doigt.
- Première règle : chacun respecte l'espace de l'autre.
- Ça me va.
- Deuxième règle : si on invite des gens, on prévient avant.
- Logique.
- Troisième règle : pas de réveil avant huit heures du matin.
Juliana fronça les sourcils.
- Pourquoi ?
- Parce que je ne suis pas du matin.
Elle esquissa un sourire moqueur.
- Tu es de ceux qui grognent avant leur première tasse de café ?
- Exactement.
- Noté.
Alex réfléchit un instant, puis ajouta :
- Ah, et dernière règle : pas de critique sur mon choix de films ou de musique.
Juliana éclata de rire.
- Là, ça va être difficile.
- Je suis sérieux.
- Moi aussi. Si tu me forces à regarder des films d'action ringards ou des comédies débiles, je me réserve le droit de critiquer.
Il la regarda d'un air faussement indigné.
- Très bien. Mais alors, pas de séries dramatiques interminables où tout le monde pleure tout le temps.
- Hey ! protesta-t-elle. Les drames sont profonds et bien écrits.
- Et soporifiques.
- Tu n'as aucun goût.
- Je vais prendre ça comme un compliment.
Ils se regardèrent un instant, puis éclatèrent de rire. L'ambiance s'était un peu détendue, et malgré leurs différences évidentes, Juliana commençait à se dire que cette cohabitation pourrait ne pas être aussi insupportable qu'elle l'avait imaginé.
Puis, tout à coup, Alex se leva et s'étira.
- Bon, je vais commander des pizzas.
- Avec plein de légumes, j'espère ?
Il lui lança un regard horrifié.
- Non. Avec du pepperoni et du fromage dégoulinant.
Juliana secoua la tête.
- Tu es une catastrophe alimentaire.
- Et toi, tu es une tyran du rangement.
Ils se défièrent du regard un instant, puis Alex haussa les épaules en souriant.
- Allez, madame mon épouse temporaire, prépare-toi à la meilleure pizza de ta vie.
Juliana se laissa tomber sur le lit avec un soupir amusé.
- J'ai déjà peur.
Ils n'étaient mariés que depuis quarante-huit heures et déjà, ils fonctionnaient comme un vieux couple. Ce mois allait être bien plus compliqué – et intéressant – que prévu.Assis à une table près de la fenêtre d'un petit restaurant italien, Juliana et Alex se faisaient face, un menu entre les mains. L'endroit était chaleureux, éclairé par des lumières tamisées qui donnaient une ambiance intime. Peut-être trop intime.
Juliana jouait nerveusement avec le coin de son menu. C'était leur première sortie officielle en tant que... mari et femme. L'idée seule lui paraissait complètement folle.
Alex, lui, semblait beaucoup plus à l'aise. Il parcourait la carte avec un sourire détendu, comme si ce dîner était une sortie entre amis et non un rendez-vous forcé entre deux inconnus liés par une erreur monumentale.
- Alors, qu'est-ce qui te tente ? demanda-t-il en levant les yeux vers elle.
Juliana haussa les épaules.
- Aucune idée. Tout a l'air bon.
- Tu es plus pâtes ou pizza ?
- Ça dépend. Si tu comptes encore commander un monstre dégoulinant de fromage et de pepperoni, je vais peut-être éviter la pizza.
Il rit doucement.
- Ok, alors je vais te surprendre et prendre quelque chose de plus raffiné.
- J'ai hâte de voir ça.
Le serveur arriva et ils passèrent commande. Alex opta finalement pour des pâtes à la truffe, ce qui arracha un regard étonné à Juliana.
- Je t'ai sous-estimé, admit-elle en refermant son menu.
- Je te l'avais dit, répondit-il avec un clin d'œil.
Un silence s'installa pendant quelques secondes. Juliana ne savait pas vraiment quoi dire. Ils s'étaient réveillés mariés, avaient emménagé ensemble et maintenant, ils dînaient en tête-à-tête comme un vrai couple. Sauf qu'ils n'en étaient pas un.
- Bon, dit Alex en posant les coudes sur la table, si on doit cohabiter pendant un mois, autant apprendre à se connaître un peu mieux.
Juliana hocha la tête.
- Ok, pose-moi une question.
- Hmmm... Quel est ton pire défaut ?
Elle réfléchit un instant.
- Je suis têtue.
- Je l'avais deviné.
Elle plissa les yeux.
- Tu veux vraiment jouer à ça ?
- J'adore les défis.
Elle soupira en secouant la tête.
- Et toi, alors ? Quel est ton pire défaut ?
- Je suis bordélique.
- Ça aussi, je l'avais deviné.
Ils échangèrent un sourire complice.
- Une autre question, dit-elle.
- Ok... si tu pouvais dîner avec n'importe quelle personne, vivante ou morte, qui choisirais-tu ?
Elle prit quelques secondes pour réfléchir.
- Jane Austen.
- Ah, classique.
- Et toi ?
- Stan Lee.
- Pourquoi je ne suis pas étonnée ?
- Parce que tu commences à me cerner.
Elle rit doucement. Le malaise initial s'effaçait peu à peu, remplacé par une légèreté inattendue.
Mais à cet instant, une serveuse s'approcha de leur table avec un grand sourire.
- Vous voulez du vin pour accompagner votre repas ?
Juliana s'apprêtait à refuser, mais Alex la devança.
- Bien sûr, une bouteille de rouge, le meilleur que vous avez.
La serveuse acquiesça et s'éloigna. Juliana fronça les sourcils.
- Pourquoi t'as commandé une bouteille entière ?
- On est un couple marié. Les gens attendent de nous qu'on agisse comme tel.
Elle soupira.
- C'est ridicule.
- Peut-être. Mais autant jouer le jeu.
Quelques minutes plus tard, la serveuse revint avec la bouteille et commença à la servir.
- Vous êtes un si joli couple, dit-elle avec un sourire sincère. Félicitations pour votre mariage.
Juliana sentit son estomac se nouer.
- Oh... euh... merci.
- Ça fait combien de temps ?
Alex prit la main de Juliana avec naturel et répondit sans hésiter :
- Deux jours.
Juliana sursauta légèrement au contact de sa main, mais se força à ne pas réagir.
- Oh, des jeunes mariés ! s'extasia la serveuse. Vous êtes adorables.
Alex adressa un sourire charmeur à Juliana.
- Et encore, vous n'avez rien vu. Elle est incroyable.
Juliana sentit ses joues s'échauffer.
La serveuse leur lança un dernier sourire avant de s'éloigner, les laissant seuls. Dès qu'elle fut hors de portée, Juliana retira sa main et fusilla Alex du regard.
- Tu fais quoi, exactement ?
Il haussa les épaules.
- Je joue mon rôle.
- En me prenant la main devant une inconnue ?
- Ça rend notre histoire plus crédible.
Elle soupira en prenant une gorgée de vin.
- T'es vraiment insupportable.
- Mais attachant, non ?
- Non.
Le repas arriva, et contre toute attente, la conversation devint plus naturelle. Ils discutèrent de leurs goûts, de leurs expériences passées, de leurs projets d'avenir. Juliana se surprit même à rire plusieurs fois.
Puis, au moment du dessert, Alex se leva.
- Attends-moi une seconde.
- Où tu vas ?
- J'ai une idée.
Il disparut derrière le bar du restaurant. Juliana haussa un sourcil, intriguée. Quand il revint, il cachait quelque chose derrière son dos.
- C'est quoi ? demanda-t-elle.
Il sortit une petite rose rouge et la lui tendit avec un sourire en coin.
- Pour toi.
Juliana le fixa, surprise.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Un mari attentionné offre des fleurs à sa femme, non ?
Elle hésita, puis prit la rose en effleurant involontairement sa main.
- Comment tu l'as eue ?
- J'ai fait les yeux doux à la serveuse.
- Tu es impossible...
Mais un sourire flottait sur ses lèvres. Elle observa la rose, touchée malgré elle.
- Tu vois, dit Alex en s'asseyant, ce mariage ne sera peut-être pas une si mauvaise expérience.
Juliana soupira, caressant machinalement un pétale du bout des doigts.
- On verra.
Mais ce soir-là, alors qu'ils quittaient le restaurant, elle se surprit à penser que, peut-être, juste peut-être, Alex n'était pas qu'un simple inconnu avec qui elle avait fait une erreur monumentale. Peut-être qu'il y avait quelque chose de plus.Juliana était à peine réveillée quand son téléphone vibra sur la table de nuit. Encore emmitouflée sous les couvertures, elle tendit une main paresseuse pour l'attraper. Lorsqu'elle vit le nom affiché sur l'écran, un frisson lui parcourut l'échine. **Maman.**
Elle se redressa brusquement dans le lit, jetant un coup d'œil à Alex qui dormait encore sur le canapé du salon. Elle inspira profondément avant de décrocher.
- Maman ? dit-elle d'une voix encore ensommeillée.
- **Juliana Sofia Martinez !**
Juliana ferma les yeux. L'utilisation de son nom complet n'était jamais bon signe.
- Qu'est-ce que j'ai fait ?
- **Tu oses me demander ça ?! Tu te maries et je l'apprends par une photo Instagram ?!**
Juliana se figea.
- Quoi ?
- **Ne fais pas l'innocente !**