Chapitre 2
Se lamenter toute cette journée n'allait lui servir à rien . Ingrid a décidé de se mettre dans le bain de la journée en se rendant utile .
_ Ah !!! Tu as fait d'autres courses !!!
_ Oui, je sais que tu oublies toujours quelques trucs. De cette façon, aucune de nous deux n'ira de nouveau au marché. C'est mieux ainsi .
_ Tu es vraiment ma fille. Dépêchons ahah
....
À l'autre bout de la ville, un jeune homme garde les draps de son lit sur son visage. Il s'est enfermé dans sa chambre depuis quelques heures et ne répond ni au téléphone ni aux appels venant de l'autre côté de la pièce. Le but est de se rassurrer qu'il ne reste pas seul en ce moment. Plusieurs personnes ont essayé de forcer sa porte en vain.
_ Il ne réagit toujours pas ?
_ Non madame.
_ Laissez moi faire.
Sa sœur cadette qui a le double des clés de la chambre d'hôtel l'ouvre finalement sans toutefois y pénétrer.
_ Que veux-tu comme petit-déjeuner Bertrand ? Tu ne dois pas te laisser mourir de faim, plus encore dans ton propre hôtel.
Il ne répond pas. Celle-ci entre tout de même un plateau joliment garni à la main et le pose près du lit, précisément à quelques centimètres des flûtes de champagne qui devaient servir pour sa nuit de noces avec Makenzi, le célèbre mannequin qui l'a laissé planter devant l'hôtel en lui envoyant une lettre d'adieu. Elle avait préféré sa carrière à lui et en a profité pour lui avouer que contrairement à ce qu'elle n'a jamais ressenti pour lui, elle aimait un autre et l'avait épousé la veille à huis-clos. C'était la pire des humiliations qu'il n'ai jamais reçue.. Il a quitté l'église depuis lors et n'a plus adressé la parole à quiconque.
Elle tire le drap qui le recouvre. Il est encore entièrement habillé et est couché sur les pétales de roses naturelles qui formaient leurs différents vœux de fidélité et d'amour éternel. Le regard absent, il tient la bouteille de champagne réservé pour la cause qu'il a pris soin de vider . Elle tente de la récupérer:
_ Sors d'ici !!! Fou le camp !!! C'était ton amie, mais tu ne m'as rien dit. Tu savais tout, tu étais au courant de tout. Tu es si mauvaise Shana !!!
Leur mère qui a entendu les bruits entre brusquement dans la chambre et invite la jeune sœur à sortir. Celle-ci s'arrête une seconde pour regarder son fils ruminer des pleures avant de le prendre dans ses bras:
_ Pleure mon bébé, pleure si tu en ressens le besoin, ce n'est que normal.
_ J'ai tout fait pour cette fille maman, jamais elle n'a été là pour moi, mais j'ai toujours tenu bon, persuadé qu'elle chagerait avec le temps. Est-ce mal d'aimer profondément et sincèrement une personne ? Ai-je mal fait de ne vouloir que son bonheur durant tout ce temps ? ...
Sa mère ne répond pas, elle se contente de l'écouter vider son sac et pleurer. Sa peine est encore plus lourde d'autant qu'il comptait à la fois célébrer ses trente ans ce même jour. Pour lui, c'était le timing parfait pour estimer s'être très bien réalisé et avoir réussi sa vie en se casant. Il ne demandait rien de vraiment compliqué, mais tout ne s'est pas passé comme prévu. L'homme dur et conquérant s'est transformé en légume tout d'un coup. Sa maman a réussi à le faire prendre quelques cuillerées de son déjeuner et l'a presque convaincu de prendre une douche, mais ce n'est que perte de temps. Il l'a finalement invité à son tour à quitter la pièce. C'est aussi en majeure partie de sa faute, elle est de ceux qui l'ont incité à se donner corps et âme dans cette relation sans lendemain car Makenzi venait d'une famille assez aisée et avait un brillant avenir devant elle. Il a passé cette journée à se remémorer tous leurs bons moments, revoyant au passage chacune de leurs photos et vidéos en famille ou uniquement en couple. Il y a deux jours encore elle vivait de façon permanente dans sa chambre . Se savoir célibataire semblait si irréaliste pour lui. Lui, le mec le plus convoité de la ville. Le directeur Général des hôtels Platinium avait beau chercher, il ne trouvait pas à quel niveau il avait fauté. Pour se convaincre que tout pouvait encore s'arranger, il a de nouveau lancé un appel sur son téléphone dans l'espoir qu'elle daigne lui répondre et lui confirmer que c'est un rêve. Mais cette fois, le numéros était indisponible. Il s'est imaginé qu'elle devait encore être en lune de miel avec son époux et a frappé son appareil contre le mur. Le chagrin à son paroxysme, il s'est dirigé à leur appartement pour faire le tri dans ses affaires. Il rassembla et brula tout ce qui pouvait avoir un rapport avec Makenzi: photos, appareils électroniques, vêtements, sous-vêtements, brosse à dent et même crayon de make-up. Il avait souhaité détruire la plaque entière, mais l'autre s'était bien préparé à sa réaction. Elle s'en était allée avec ce qu'elle avait de plus important: ses bijoux et son maquillage. Sur le moment, il contacté son agent immobilier pour vendre l'appartement. Il comptait passé le reste de son séjour dans un de ses nombreux hôtels dans une autre ville, puis a tout mis en marche pour effectuer un voyage sans aurevoiriser personne.
...
Ingrid a enfin les mains libres. Elle laisse un message son Prince, l'informant de ce qui s'est passé dans la matinée. Au même instant, il a rappele. Dans ces moments là, sa compagne perd son froid et est le plus souvent démoralisée. Discrètement, elle s'éloigne des premiers invités qui viennent d'arriver, prétextant se rendre au toilette pour se faire une beauté. Son papa n'est pas encore de retour, du coup, elle en profite encore un tout petit peu. Quelques minutes plus tard, elle revient le sourire aux oreilles. Son amour seul a le pouvoir de la mettre dans ses meilleurs jours. Elle s'est effectivement refaite une beauté et a opté pour des vêtements très près du corps, tout en restant responsable. Le contraire lui donnerait droit à des sermons de la part son géniteur très observateur. Son allure de top model est très apprécié et des compliments pleuvent à chaque fois qu'elle joue les serveuses à une table. Il y a en tout une trentaine d'hommes à la maison en dehors du chef de famille. Les deux femmes commencent à se sentir mal à l'aise. Elles se regardent simultanément, se demandant si aucun d'entre eux n'a eu d'épouse disposée à l'accompagner. On sonne à la porte. Ingrid s'en va ouvrir.
_ Ah papa, t'es enfin là ! Nous nous impatientions. Bienvenue monsieur.
Monsieur Desmond ne lui dit mot, il ne lui lance même pas un regard. Le monsieur qui l'accompagne lui sourit et tous les deux rejoignent les autres. Ingrid à son tour, peinée par l'attitude de son père vis à vis d'elle se dirige tout d'abord dans la cuisine. Sa maman s'y trouve et range quelques produits encombrants dans le refregirateur.
_ Ne fais pas cette tête maintenant, s'il te plaît. Nous avons encore une longue journée devant nous. pPeurnicher ne m'aidera pas.
_ Mais maman, j'en peux plus …
_ Comporte-toi à la hauteur de ton diplôme s'il te plaît. Essuie ces larmes et suis-moi.
La fille, privée de toute excuse sort la tête haute de là, deux plats à la main. Elle est chargée de servir la table de son père. Cette fois, il lui fait un sourire de contentement et son visage se décrispe. Ingrid ramène les autres plats restants et débarrasse à la fin, remarquant qu'elle est assez observée. Monsieur Desmond, connaissant la gêne de sa fille, prend la parole et l'invite tout près de lui . Il passe le bras autour de sa hanche et elle frémit de peur .
_ Bien !!! Comme vous le savez tous, je cherche un gendre pour ma fille. Elle est très belle et travaille déjà grâce à son diplome de Master en banque et finance, alors que ce soit votre fils ou vous même qui vous intéressiez à elle, je vous prierai de vous signaler dans les plus brefs délais.
Chapitre 3
Ingrid perdit au même moment le semblant de joie qui s'était réveillé en elle. Son sourire a disparu pour laisser place à un visage interrogateur, troublé, mais surtout apeuré. Des frissons ont parcouru son corps entier sans qu'elle ne puisse bouger d'un pas. Ses mains ont trembloté et sa paume est devenue moite. Son père quant à lui aisement continué son discours sans tenir compte de ses états d'âme. L'unique souci de Dave Desmond était de parvenir à satisfaire son envie démesurée de recherche de gain à n'importe quel prix. Depuis de nombreuses années maintenant, il avait par tous les moyens tenté de grimper l'échelle de la Bourgeoisie en vain . Ingrid essaya de sortir de ses bras, mais celui-ci la menaça en lui soufflant des mots durs à l'oreille tout en gardant le sourire devant la sélection particulière d'invités très enthousiasmés qui se marraient et trinquaient depuis l'annonce de la nouvelle.
_ Prends garde ma chérie . Ne t'hasarde pas de me contrarier devant mes amis .
Les yeux d'Ingrid ont parcouru les différents visages d'hommes qui la scrutaient attentivement et croisèrent malencontreusement ceux de sa mère qui observait sans trop d'émotions la scène depuis le fond de la salle. Pour ne pas se causer plus de peine qu'elle ne le ressentait déjà, elle a laissé son géniteur faire les choses à sa manière. Comme il l'avait toujours fait. Tour à tour, les volontaires venaient laisser leurs coordonnées ou ceux de leurs fils en espérant être parmi les profils recherchés par la famille. Ce n'était pas tant la réputation de la fille qui les intéressait, mais d'abord son physique. En plus d'être intelligente, elle était une très belle jeune fille mature ayant le sens des affaires. Tous la voulaient comme belle-fille ou épouse car ils la rangeaient au premier abord dans la catégorie des filles au pair, idéal pour gérer la famille et le business sans broncher. Le manège dura le temps qu'il fallut et la maison se vida au fur et à mesure. À présent qu'ils n'étaient plus que tous les trois, les tensions refirent surface sans difficulté et l'espace est redevenu bruyant. Ingrid attendait son père au seuil de la porte centrale en le regardant dire au revoir au dernier invité et fermer le portail derrière lui. Elle tenait farouchement dans ses deux mains la longue liste de ses potentiels prétendants qui la mettait fortement en rogne. Tandis qu'il se dirigeait dans son bureau, elle l'a suivi à pas vifs et lui a jeté le document dans le dos car il feignait de ne pas avoir remarqué ta présence.
_ C'est quoi ce manège papa !!!
Madame Desmond a couru récupérer les fomats qui s'était éparpillés; très irritée contre sa fille.
_ Surveille ton langage !!! Tu t'adresses à ton père voyons !!!
La colère plus que débordante l'a empêché d'écouter ce que venait de dire sa maman.Toute son attention était porté sur l'homme qui était sur le point de détruire à jamais sa vie. Il ne se fit pas prier pour lui donner en guise de réponse une paire de gifle qui la ramena instantanément au sol. Pleurer s'est avéré être au dessus de ses forces. Elle avait toujours eu des soucis avec son père, mais jamais ce n'était arrivé à ce niveau. Ingrid a attendu un soutien quelconque de sa mère sans suite. Valérie s'etait contentée de suivre son mari dans son bureau en l'implorant de se calmer. Ingrid les a regardait s'en aller en gardant ses mains sur sa joue, la bouche à moitié ouverte, ayant encore du mal à réaliser ce qui venait de se passer. De toutes les façon s'etait toujours ainsi à chaque fois . Comment a-t-elle pu penser que ce serait différent parce qu'il voudrait pratiquement la vendre ? Elle est restée dans cette même position un certain nombre de temps, puis est retournée à contrecoeur dans sa chambre. Toute cette nuit, elle a eu le sommeil legé craignant une autre réaction de même envergure. Son père l'avait frappé, son père l'avait frappé parce que pour une fois, elle avait décidé de ne pas obéir à une de ses nombreuses décisions qui avaient contribué à créer en elle en grand manque de confiance et la peur de son prochain. Toute la journée de dimanche, elle n'est pas sorti de sa chambre. La peur de rencontrer son regard dans un des couloirs de la maison la terrifiait. Sa mère ne s'est pas soucié de venir prendre de ses nouvelles. Une mère n'est-elle pas celle qui soutient sa fille dans une type de situation ? Ingrid s'est senti très seule.
La nuit suivante fut encore plus pénible pour celle-ci. Cet homme pour qui elle n'avait plus aucun amour et qui avait sur elle une grande emprise pénétra sa chambre grâce aux doubles des clés comme à chaque fois depuis ses huit ans et la menaça d'accepter cette proposition au risque de voir la vie de son prétendu amour être à jamais détruite. Il l'a menaçé de s'en prendre à sa vie si elle tentait de retarder ses projets d'une quelconque manière. Sur le coup, elle ne l'a pas vraiment pris au sérieux et et a essayé à son tour de le menacer à voix haute, mais ne résista pas assez longtemps sous la pression de celui-ci..
_ Tu veux que ta mère nous entende ? C'est sans problème ma douce. Comme tu es belle dans tes moments de colère !!! Hier, tu m'as de nouveau bluffée, j'ai tellement eu envie de t'embrasser mais ... nous n'étions pas seuls.
Il tenait se discours en la regardant avec les yeux les plus pervers qu'un homme eût déjà posé sur une femme sans défense. D'un coup son apparence a de nouveau changé . Son portrait a noirci.
_ C'est ce garçon qui te met des idées dans la tête c'est ça ? Depuis que tu l'as rencontré tu as changé. Il est au courant pour nous deux ? Ne me mens surtout pas !!!
Sa gorges est devenue toute sèche . Il lui a semblé qu'elle se blessait de peur même en respirant essentiellement . Où avait-il trouvé ces nouvelles clés ? La serrure de sa chambre était pourtant neuve . Elle s'est demandé combien de temps cet enfer devait encore durer, harguant en son fond que si toutes les filles avaient e type de père, il vaudrait mieux vivre sans . Il s'est trouvé qu'elle avait un couteau de cuisine sous son lit ce soir-là. Une idée diabolique lui a traversé l'esprit pendant qu'il lui carressait froidement la joue .