Chapitre 2
****** Il y a deux ans ******
Lors du brunch dominical ce jour là, Stefania annonça ses fiançailles à sa famille. À table il y a avait : Marta, Jorge, Kim, l'oncle maternelle de la future mariée Eduardo et sa compagne Micha. Kim voulait sauter au cou de sa grande pour la féliciter mais sa mère ne lui en laissa pas l'occasion. Elle posa son verre de mimosa et déclara d'un ton glacial :
" _ Crois-tu réellement que toi Stefania Munoz-Martinez, héritière de l'empire Munoz tu vas épouser un prolétaire telle que Hugo? Je ne t'en laisserai jamais l'occasion. Entends-tu?"
Stefania qui, jusque lors esquissait un large sourire, devint pâle. Mais son malaise s'estompa très vite. Elle quitta la table après avoir vider son verre au visage de sa mère et lui retorquer d'un ton assassin :
" _ Tu peux te le foutre où je pense ton empire à la con ! "
Trois jours plus tard, la jeune femme reçue un appel de sa petite soeur en larme. Sa mère avait arrangé un mariage. Elle avait imposé à sa cadette de 19 d'épouser un homme qui avait l'âge d'être son père ou même pire son grand-père. Kim était affolée.
Stefania monta dans sa voiture et roula à toute vitesse en direction de l'hôtel particulier de ses parents. Lorsqu'elle arriva, elle trouva ses parents assis sur la terrasse. Elle hurla :
" _ Mais qu'est ce qu'il ne va pas chez toi ?"
Sa mère la regarda calmement avala une gorgée de son thé glacé puis répondit.
" _ Bien. Je vois que ta sœur t'a appelé pour te parler de ses fiançailles. Maintenant tu vas t'asseoir et écouter. Si tu souhaites que ta sœur ne se marie pas tu as une seule option."
Marta posa sur la table de la terrasse un dossier dans une chemise plastifiée bleu, une photo était agrafée sur le dessus. C'était celle d'un homme d'une trentaine d'année, tout au plus, en dessous de la photo était inscrit un prénom "Adrian Martelli". Le dossier n'était pas très épais. Il contenait des informations à propos de cet homme, de sa famille et surtout de la taille et l'importance de leur société dans le monde de la restauration.
Son père voulu intervenir mais sa mère lui fit signe de se taire. Entre eux, c'était elle qui portait la culotte. Marta était vindicative, perfide et dure. Tout le contraire de Jorge. Stefania n'avait jamais compris comment ils avaient fait pour se marier.
" _ Marta, je suis fiancée à Hugo. C'est lui que j'aime. Ton chantage ne marchera pas."
Marta la fixait calmement. Elle reposa son verre puis clôtura la discussion en répondant :
" _ Parfait. Nous ferons paraître l'annonce des fiançailles de Kim au journal de la ville dans deux jours."
Elle se leva et tourna les talons. Stefania resta seule avec son père. Il était 18h00 mais il faisait encore très chaud. La colère avait fait monter sa température corporelle. Elle était en sueur. Son père, impuissant lui attrapa la main et la supplia de revoir sa position. Kim était trop jeune pour se marier et surtout avec un homme si vieux. Elle n'avait rien vécu encore.
Stefania rentra chez elle. L'idée que la vie de sa sœur tourne de la sorte la rendait malade. Hugo, à qui elle avait tout raconter, était dans le même état qu'elle. Mais au plus grand étonnement de sa fiancée, il fini par la prendre dans ses bras et lui murmura à l'oreille :
" _ Fais-le. Épouses cet homme. On trouvera une solution pour te sortir de ce mariage. Je t'attendrais. Le temps qu'il faudra."
Stefania appela alors sa mère et accepta le marché. Kim était sauvée.
Chapitre 3
Le mariage entre Adrian et Stefania eut lieu cinq mois après l'annonce de leurs fiançailles. Stefania avait dû à contre cœur choisir une robe blanche. Elle était simple, dans un style bohème, brodée de perles. C'était le genre de robe qui mettait à merveille en valeur sa silhouette fluette. Ses longs cheveux noirs corbeau étaient coiffés en chignon bas vaporeux. Une couronne de fleurs blanches trônait sur sa tête.
Adrian avait passé un costume en lin beige. Les fleurs très discrètes sur sa chemise rappelaient celles de la couronne de sa future épouse. Ses yeux bleus perçants et son large sourire faisaient tourner la tête à toutes les femmes qui le croisaient et tout cela malgré le fait que ça soit lui l'heureux élu.
Stefania n'était pas dupe. Elle s'était bien rendue compte que l'homme qu'elle épousait était particulièrement beau. Elle s'était même surpris à le contempler dans les moindres détails lorsqu'elle marchait jusqu'à l'autel.
Elle avait refusée de faire une cérémonie religieuse. Le maire avait accepté de se déplacer jusqu'à l'hôtel particulier de Marta et Jorge où se tenait la cérémonie. Il y avait une centaine d'invités ce jour-là dans le jardin. Pour l'occasion il avait été transformé en un jardin enchanté. Stefania avait laissé Kim choisir le thème pour le mariage et tout décorer. Des lampes avaient été installées partout. De larges drapés de lin couleurs lilas rendaient l'ambiance plus douce. Des plantes rampantes et des lanternes ainsi que des mises en scènes féeriques étaient suspendues partout. Marta avait insisté pour que des chandeliers de cristal soient installés partout dans le jardin.
A table la vaisselle venait de limoges, les couverts étaient en argent et les verres rappelaient le cristal des chandeliers. Un lustres trônait suspendu au dessus de la piste de danse en parquet. Et le quatuor à cordes de la cérémonie fût par la suite remplacer par un groupe de musique qui reprenaient des titres connus.
Tout le long de l'allée qui la menait à l'autel, Stefania retint ses larmes. Elle aurait tout donné pour que celui qui l'attende au bout de l'allée soit Hugo.
Après la cérémonie et les festivités, les deux jeunes mariés montèrent en voiture et se rendirent dans leur nouveau logement. Adrian ouvrit la porte du S.U.V. à son épouse et déclara :
"_ Bienvenue à la Villa aux coquillages. Il n'y a aucun coquillages dans cette demeure. Je n'ai jamais compris pourquoi ma grand mère l'a renommée ainsi. Enfin bref... c'est notre nouveau chez nous. J'espère que tu t'y sentiras pour le mieux"
Stefania le suivi alors qu'il ouvrit la porte de cette immense bâtisse. Il s'agissait d'une villa typiquement espagnole aux tons orange et bleu à l'extérieur et d'un blanc immaculé à l'intérieur. Adrian lui tendit un trousseau de clefs et annonça :
" _ Je préfère jouer franc jeu avec toi. Mon père m'a forcé à t'épouser parce qu'il pense que je suis un coureur de jupons. Sa plus grande peur, c'est que je mette une femme enceinte et qu'elle me fasse un procès pour la pension. Le problème c'est que ce n'est pas le cas du tout. Tout ce qu'on peut lire sur moi dans la presse à scandale est faux. Il pense qu'en me mariant je vais rentrer dans les clous et arrêter de salir notre nom de famille. Mais je ne tomberai jamais amoureux de toi, je ne le pourrais jamais car j'aime éperdument une autre femme. Je crois que tu es dans le même cas que moi. Alors je te propose de devenir amis et qu'on s'associe pour trouver un moyen de divorcer.
_ Mince alors, répondit Stefania d'un air malicieux. Moi qui croyais qu'on allait s'envoyer en l'air sur un drap blanc pour prouver à ma mère que j'ai bien perdue ma virginité... ça tombe mal.
_ T'as de l'humour toi ! J'aime bien, répondit-il en riant. Tu veux un verre; lui demanda-t-il en s'installant derrière le bar.
_ Je ne dirais rien contre un martini. Mais avant j'ai besoin de prendre une douche et me débarrasser de toutes les pinces que j'ai sur la tête.
_ Je me suis installé au premier étage. Tu peux prendre le deuxième et on partagera le rez-de-chaussée.
_ Ça me va. Ah ! Encore une chose. Ne t'attends pas à ce que je sois l'épouse parfaite qui cuisine, fais le ménage et entretien le jardin.
_ Ça tombe bien, je suis chef cuistot. Je n'ai aucune envie de voir un amateur dans ma cuisine."
Après s'être rafraîchi les jeunes mariés s'installèrent sur la terrasse de leur villa et commencèrent à faire connaissance.