Chapitre 2

Le plafond blanc de la chambre d'hôpital est devenu net.

Mon épaule me lançait.

Pas autant que mon cœur.

Des gyrophares rouges et bleus clignotaient à l'extérieur, peignant les murs stériles.

La musique joyeuse de mon mariage avait été remplacée par le grésillement strident des radios de la police.

Je me souvenais du visage d'Ethan, froid, distant.

Du corps affalé de mon père.

Un sanglot m'a échappé.

Où était Ethan ? Il devrait être là.

Même s'il avait arrêté mon père, il ne m'aurait pas simplement laissée.

Une femme au visage anguleux, en tailleur, est entrée. Agent Moreau, indiquait son badge.

« Ava Fournier ? »

J'ai hoché la tête, la gorge serrée.

« Nous devons vous poser quelques questions sur les activités de votre père. »

Sa voix était neutre, dénuée de sympathie.

« Plus précisément, sur ses affaires autour de l'anniversaire de la mort de votre mère. »

Ma mère.

Son accident de randonnée dans les Calanques. Il y a des années.

Pourquoi en parler maintenant ?

« Est-ce qu'Ethan... a été blessé ? » ai-je demandé, un espoir désespéré et stupide.

Moreau m'a regardée, une lueur indéchiffrable dans les yeux.

« L'agent Chevalier va bien. Il est dévoué à son travail. »

Ces mots étaient une gifle. L'agent Chevalier. Pas Ethan.

« Il a une vraie vie, Mademoiselle Fournier. Des engagements au sein des Stups. »

Une vraie vie.

Donc c'était moi, la fausse.

« Est-ce qu'il... est-ce qu'il a quelqu'un d'autre ? » La question était un murmure, honteux.

J'avais besoin de savoir à quel point le mensonge était total.

L'expression de Moreau n'a pas changé.

« L'agent Chevalier est un professionnel. Sa vie privée ne regarde que lui. »

Mais ses yeux en disaient plus. Ils disaient, oui, bien sûr qu'il a quelqu'un, idiote.

Chapitre 3

« Je peux le voir ? » ai-je demandé à l'agent Moreau le lendemain matin. Ma voix était rauque.

Elle n'a même pas levé les yeux de ses papiers.

« L'agent Chevalier est occupé par l'enquête. Il n'a pas de temps pour les contacts civils non pertinents pour l'affaire. »

Contact civil. C'est ce que j'étais maintenant.

J'ai caché mon visage dans l'oreiller bon marché de l'hôpital.

Les larmes sont venues alors, chaudes et silencieuses.

Il ne m'avait jamais aimée.

Tout n'était qu'une comédie.

Mon téléphone, qui m'avait été miraculeusement rendu, reposait sur la table de chevet.

Je me souvenais lui avoir envoyé un texto la veille, avant le mariage.

« J'ai hâte d'être Madame Chevalier. Je t'aime plus que les mots ne peuvent le dire. »

Il n'avait pas répondu.

J'avais pensé qu'il était occupé par les derniers préparatifs.

Mon pouce a survolé son contact.

Peut-être que si j'appelais. Peut-être qu'il expliquerait.

Ça a sonné. Une fois. Deux fois.

« Chevalier. » Sa voix, sèche, impatiente.

« Ethan, c'est Ava. »

Silence.

Puis, « Ce numéro est réservé à un usage professionnel de la Brigade des Stups. Ne le rappelez plus. »

La ligne a été coupée.

J'ai réessayé.

Un message enregistré : « Le numéro que vous avez composé a bloqué les appels entrants provenant de votre numéro. »

Bloquée.

Il m'avait bloquée.

La douleur dans mon épaule n'était qu'une pulsation sourde comparée à ça.

Les jours se sont estompés.

Plus de questions. Plus de pièces stériles.

Les infirmières étaient gentilles mais distantes.

J'étais la fille d'un baron de la drogue. Une paria.

Mais je n'y croyais pas. Mon père ? Le Scorpion ?

Ce n'était pas possible. C'était un philanthrope. Un sénateur.

Il m'aimait.

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Un dangereux jeu d'amour

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