Chapitre 2

En marchant dans l'angle de Glenford Street, je ne peux m'empêcher de sourire à la pensée de ce rendez-vous improvisé. Je suis restée vague auprès de mes parents au sujet de la discussion qu'Arthur et moi avons eu, lors de leur départ et la soirée s'est poursuivie comme-ci de rien n'était. Je ne voulais pas leur donner de faux-espoirs.

C'est une bonne surprise que nous nous soyons trouvés des points communs, mais ce rendez-vous ne veut rien dire. Nous apprenons juste à nous connaitre, sans que cela ne débouche forcément sur quoique ce soit. Je suis malgré tout impatiente à l'idée de l'entendre jouer. Le Philamornic Orchestra de Londres ! Ce n'est pas rien! Et puis, il se dégage de lui une sorte d'aura mystérieuse, qui titille ma curiosité.

Je pousse la porte du salon de thé et demande une table. Le piano est au bout de la salle contre un mur, mais toutes les tables sont prises dans ce périmètre et il n'y personne pour le moment. Je suis donc installée à une petite table, dos au piano. Je commande quelques assortiments de sandwichs et du thé pour patienter. Alors que le serveur s'en va, j'entends les premières notes d'une sonate de Mozart. Je me retourne brusquement et vois Arthur concentrer à sa tâche. Les clients se sont tût et écoutent à présent ce nouvel hôte avec attention.

Je dois reconnaitre qu'il s'y prend avec beaucoup de virtuosité pour faire jouer les notes avec harmonies. Je ne le vois que de dos, mais tout son corps bouge, lui donnant une sorte de grâce presque irréelle. Je regarde autour de moi et remarque que la plupart de la gente féminine présente, l'observe avec un intérêt certain...

Inconsciemment un sourire se dessine sur mes lèvres, tant je suis ravie d'assister à ce récital. Même les employés de l'établissement arrêtent de faire ce qu'ils font, pour profiter de la musique. Au bout de quelques minutes, le morceau se termine et Arthur se lève de son tabouret sous les applaudissements. Il fait une révérence discrète, puis scrute la salle de son regard perçant, lorsqu'il m'aperçoit, il marche jusqu'à ma hauteur et vient s'asseoir à ma table.

- C'était formidable! Dis-je extatique. Je n'ai jamais assistée à rien de tel avant.

- Merci. Votre enthousiasme me touche. Cependant, je ne m'attendais pas à ce qu'il y ai autant de monde aujourd'hui...

- Ils ont eu l'air d'apprécier...

- Désolé pour mon retard, mais je devais régler quelques affaires avant de venir.

- Je n'ai pas patienter longtemps. J'en ai profité pour commander de quoi boire et manger. J'espère que vous aimez le thé et les sandwich au concombre...

- Qui n'aimerait pas ça? Dit-il, avec ironie. Avant de porter à ses lèvres la tasse que je lui tend.

...

Nous restons près de deux heures à Menke's, à discuter de tout et de rien. Je lui pose toutes sortes de questions sur son parcours et à ma grande surprise, il me répond de bonne grâce. J'apprends notamment, qu'il a commencé le piano à cinq ans et qu'il a jouer professionnellement à dix-huit ans. Il habite seul depuis cet âge là.

- Vous n'avez pas souffert d'avoir quitté votre foyer aussi tôt? Demandais-je lorsque nous sortons de l'établissement et marchons dans la rue.

- Pour être honnête, ce fut une véritable libération. Je n'ai jamais aimé vivre ici! De cette manière, je veux dire. Une grande maison, grouillant de personnel, avec des dîners interminables, boire le thé à 16h...

- Ça n'avait pourtant pas l'air de vous déplaire, il y a quelques instant... de boire le thé? Répondis-je du tac au tac.

- Disons... que vous avez réussi à rendre ça supportable.

Nous nous dirigeons vers le jardin botanique, non loin de là et nous y engouffrons. C'est un endroit paisible et très luxuriant, peuplé de plantes exotiques et de statues d'inspiration grec.

- Vous aviez l'air d'une autre personne en jouant.

- Ah bon? Autre, comment?

- Je ne sais pas. Je vous connais à peine... je dirai juste, que vous vous teniez autrement. Vous étiez à la fois détendu et concentré.

Il m'observe sans répondre. Je détourne la tête, ne pouvant soutenir un regard si pénétrant. Je crois qu'il m'intimide un peu... beaucoup en réalité. Je n'avais jamais fait la connaissance d'une personne comme lui et j'ai l'impression d'être si banale à son contact.

- La musique à cette faculté... de rendre la vie plus supportable. Dit-il pour seule réponse.

Il est plus grave tout à coup, comme-ci un chape de plomb était tombé sur cette promenade qui était pourtant si légère. Je réfléchis à comment retrouver l'insouciance des premiers instants mais ne trouve pas la parade.

- J'ai toujours aimé venir ici. Dis-je calmement. J'ai l'impression d'être ailleurs, dans une contrée lointaine où tout est possible... où ma condition n'a pas d'importance, et porter le nom que j'ai ne signifie pas grand chose... Je suis de celle qui pense que les actes sont le seul et unique reflet de qui l'on est, non les titres de noblesses ou le patrimoine.

Il fronce subrepticement les sourcils, avant de se dérider.

- Vous pensez vraiment ce que vous dites?

- Oui, sinon pourquoi le dirais-je?

- Je ne sais pas... c'est surprenant d'entendre de telles paroles dans la bouche d'une jeune fille comme vous. Désolé d'être directe, mais vous avez grandit dans un milieu privilégié et je pense que vous ne savez pas grand chose du vrai monde. Je veux dire, de ceux qui ne possède rien...

- Vous avez raison, je ne sais pas grand chose, en dehors de ce que je connais, mais cela ne veut pas dire que je ne comprends pas ce qu'il se passe autour de moi. J'ai très peu voyagé, mais j'ai beaucoup lu et je pense que les livres sont une fenêtre sur le monde.

- Rien ne vaut la réalité mademoiselle Wallis. Dit-il laissant apparaitre un petit sourire. D'ailleurs je préfère vous avoir à côté de moi, plutôt que de lire une description de vous.

Je lève la tête vers lui et sourit, surprise par ce compliment impromptu, qui doit être assez rare venant de lui. Encore rougissante de ses paroles, je ne regarde pas où je marche et manque de tomber à terre, mais je sens une main ferme me retenir par le bras. Il me tire contre lui et nous nous retrouvons face à face, nos visages à quelques centimètres l'un de l'autre.

- Vous allez bien? Demande-t-il, inquiet.

- Oui... je... j'ai dû marcher sur quelque chose...

Ses yeux me scrutent encore et cette fois-ci, je m'y perds vraiment, hypnotisée par leur éclats. Il me tient toujours fermement et j'ai une main posée sur sa veste. Il observe ma bouche, et je sens qu'il hésite à choisir entre la galanterie et à assouvir un désir inavoué. Alors que je l'imagine vaciller, il s'éloigne de moi et me lâche.

- Je vais vous raccompagner chez vous. Dit-il, ayant retrouvé ses esprits.

Il passe devant moi, et j'expire calmement, me rendant compte que pendant tout ce temps j'ai été en apnée.

...

Arthur m'a raccompagné à quelques mètre du domaine, avant de s'éclipser. C'est donc discrètement que j'essaye de faire mon retour à la maison. Cette après-midi a été riche en expérience et enseignement. Je ne pensais pas en me réveillant ce matin, qu'elle serait autant bouleversée par le fait de passer du temps avec lui. Il y a quelques chose qui m'attire irrémédiablement vers sa personne. Je ne saurai pas le nommer à proprement parler, mais derrière son apparente dureté, se cache des fêlures encore vives.

De ma vie, je n'avais jamais rencontré quelqu'un d'aussi complexe et fascinant!

- Annabella! Crie mon père de son bureau, alors que je passe dans le couloir.

Je souffle bruyamment, comprenant que je n'ai pas été si discrète que ça. Je me rends à contre coeur dans son bureau, redoutant le moment où je devrai lui mentir...

- Oui papa...

- Ta promenade s'est beaucoup éternisée... Dit-il avec espièglerie.

- Oui, je... il fait si beau, que j'ai décidée de profiter du temps.

- Toute seule?

- Pourquoi me poses-tu cette question?

- Tu veux que l'on joue à ce petit jeu toute la soirée, ou tu vas me dire si cet Arthur s'est comporté comme un gentleman? Je sursaute presque en l'entendant prononcer son nom. Tu veux savoir comment je le sais? Disons que le salon de thé Menke's est le dernier endroit où la discrétion est de mise...

- Écoute, je ne te l'ai pas dit car je savais que maman et toi, vous vous feriez de fausses idées. Nous nous sommes découvert une passion commune pour la musique, c'est tout, rien de plus... Ne crie pas victoire trop rapidement.

- Je ne crie pas victoire... je constate juste qu'il a assez éveillé ta curiosité pour que tu mentes sans scrupule pour allé le rencontrer...

- Je ne t'ai pas mentis, je ne t'ai rien dit, ce n'est pas la même chose! S'il te plait ne dit rien à maman. Dis-je suppliante. Je n'ai pas envie qu'elle me harcèle de question à son propos. Nous n'avons fait que discuter. Il est musicien et forcément nous avons des choses à nous dire.

Il m'observe un long moment avant de m'offrir un sourire généreux.

- Je ne dirai rien à ta mère, ne t'inquiète pas... mais, j'avais raison. Il est digne de toi.

- Comme tu l'a dit hier, c'est à moi d'en décider. Seul le temps te dira si tu avais raison...

...

Allongée sur mon lit, je regarde le plafond depuis maintenant une bonne heure... je me refait le film de cette après-midi passionnante et déconcertante. À un moment, j'ai presque oublié où nous étions et ce que nous faisons tant j'étais heureuse d'être là. C'est incroyable de ressentir de tel sentiment avec quelqu'un qu'on connait à peine. Arthur ne se laisse pas approcher facilement et bien qu'il ai répondu à mes questions, il n'en reste pas moins énigmatique.

Je ne l'avait jamais vu à Bristol, alors que sa famille est l'une des plus influentes du comté. Il m'a expliqué qu'il a été envoyé en pension à un très jeune âge, mais je ne le croisais pas plus pendant l'été... J'ai cru déceler le fait qu'il n'était pas très proche de sa famille, en tout cas comme moi je le suis... il avait même un certain mépris lorsqu'il les évoquaient. Cependant, lorsqu'il m'offrait des sourires fugaces, j'oubliais immédiatement la gêne que je ressentais. Parant son visage d'une lumière légère... Décidément, il n'y a rien de commun à fréquenter un homme comme lui.

Je passe mes doigts sur mon bras, là où il m'a agrippé avec sa main lorsque j'ai failli tomber. Me remémorant la sensation d'être touchée par lui. Un mélange de force et de douceur. Comme quand il jouait du piano...

Arthur Stuart, qui êtes-vous?

Chapitre 3

Les rendez-vous avec Arthur se sont succédés... avec toujours autant de discrétion. Au fil de nos promenades, nous découvrions encore plus de points communs et surtout une même idée de l'existence. Toujours en évitant nos maisons respectives.

- J'aime passer du temps avec toi Annabella. Me dit-il, un jour que nous marchions près de l'East River. Mais il faut que tu saches que je n'aime pas qu'on me force la main, comme nos parents le font de façon si peu secrète.

- Moi, non plus. Si nous n'avions rien commun, nous ne pourrions pas être amis.

- Amis? Répète-t-il, perplexe.

- Oui... C'est ce que nous sommes?

Il arrête brusquement de marcher et je m'immobilise à mon tour. Il m'observe avec intensité, avant de me tirer à lui et de coller ses lèvres contre les miennes. Je m'accroche à ses bras tant je suis soufflé par son impétuosité. Il m'offre un baiser passionné, guidé par une certaine urgence. Lorsqu'il s'éloigne de moi, j'ai du mal à retrouver mes esprits. Il me tient encore contre lui quand je consens à dire quelques mots.

- Qu'est-ce-que cela? Demandais-je essoufflée.

- Un baiser.

- Pourquoi?

- Parce-que j'en avais envie. J'aurai dû te demander ton avis, mais j'avais peur que tu ne m'autorise jamais à goûter tes lèvres.

Je me colle à nouveau contre lui et l'embrasse une seconde fois. Cette fois-ci avec plus de douceur et de délectation. Il semble surprit, mais se laisse faire.

- Je me disais que tu ne le ferais jamais... admis-je, enchanté.

- Quand mes parents m'ont fait comprendre qu'une union entre nous était souhaitable, je l'ai tout de suite rejetée en bloque et je n'ai consenti à te rencontrer que pour me débarrasser d'eux. Mais quand je t'ai vu... Cela ne pouvait être vrai. Tu étais exactement ce que je voulais, si je ne t'avais pas touché, je me serai convaincu que tu étais un mirage.

- J'ai pensé la même chose. Dis-je heureuse de son aveu.

Il me prend la main droite et la porte à sa bouche pour y poser un baiser, avant que nous ne reprenions notre marche.

- Tu sais... nous vivons dans un monde de faux-semblant où l'honnêteté est vu comme une faiblesse, au même titre que la gentillesse. Mes parents par exemple, ils ont tous ces titres de noblesse, mais sont ruinés Annabella. C'est pour cela que ce mariage est tant important pour eux. Je veux que tu le sache car je ne veux pas mentir. Je me suis éloigné d'eux car leur hypocrisie m'était insupportable, mais ils m'ont fait revenir car ils avaient besoin de moi. Ce mariage est leur dernière chance... du moins, c'est ce qu'ils pensent. Ils suffiraient qu'ils vendent le manoir pour résorber leurs dettes, mais ils ne veulent pas amoindrir leur train de vie...

- Pourquoi me dis-tu ça maintenant?

- Parce-que... je ne peux le dire à personne d'autre. Tu es la seule de ce milieu qui ai trouvé qu'être pianiste était une chose incroyable. Et en plus, tu ne me juge pas.

- Pourquoi te jugerais-je? Tu es un être merveilleux. Je dois reconnaitre que je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme toi avant... J'ai l'impression que le temps n'existe pas quand je suis avec toi. Comme-ci nous étions dans une sorte de...

- Bulle? C'est vrai... c'est peut-être la seule façon que nous avons de nous protéger... Je dois repartir à Londres Annabella. J'ai un engagement que je dois honorer. Dit-il abruptement.

Mon coeur fait un bon dans ma poitrine, et une profonde tristesses s'empare de moi.

- Tu es sûr que tu dois partir?

- Oui. C'était prévu... mais je reviendrai, enfin si... Il sort de la poche de sa veste une enveloppe et me la tend. Je pars demain à 14h, je veux que tu ouvres cette lettre à 15h et en fonction de ce que tu y liras, tu me répondra ou pas.

- Bien sûr que je te...

- Chut... dit-il en posant un doigt sur mes lèvres. Tu n'a pas encore lu ce qui était à l'intérieur. C'est le coeur lourd que je m'en vais Annabella, mais je dois faire ce pourquoi je suis payé... Un jour peut-être, tu auras tout ce à quoi tu aspires et j'espère pouvoir en être le témoin.

Je prends sa lettre et la pose contre mon coeur.

- Je la lirai avec attention... mais tu vas me manquer. Bien que ce fut court, j'ai aimé passer du temps avec toi. Je me rends compte que je n'ai personne à qui parler comme je te parle, ou qui me comprenne comme toi.

- En plus, je ne t'ai toujours pas entendu jouer du violon...

- C'est vrai! À ton retour? Dis-je presque suppliante.

Il sourit timidement et baisse les yeux.

- Si le destin nous donne cette chance, j'en serai honoré. Dit-il, d'une voix grave.

Il se penche vers moi et me gratifie d'un baiser exigeant et passionné. Savourant son goût et son odeur, voulant à tout prix me souvenir de tout ce qui fait sa personne, je répond à sa sollicitation. Lorsqu'il s'éloigne de moi, je l'enlace, posant ma tête contre son épaule, redoutant son départ imminent.

...

Le lendemain, je compte les heures qui me sépare de l'ouverture de cette fameuse lettre. J'ai hésité à l'ouvrir dès mon retour de notre petite escapade, mais cela lui tenait tant à coeur que je la lise au bon moment, que j'ai décidé de respecter son souhait.

Après le déjeuner, je me résous de monter à cheval, afin de m'occuper l'esprit et ne pas tourner en rond dans la maison. Alors que je traverse le parc avec ma monture, j'observe le soleil qui n'est plus a son zénith. Arthur doit être déjà parti et cette seule idée m'emplit d'une profonde amertume. Je rebrousse donc chemin et me dirige vers le manoir.

À peine ai-je retirer mes bottes, que je monte à l'étage, court à ma chambre et tire sur le tiroir de mon secrétaire, pour y prendre la lettre. Je déchire le cachet en cire et entame sa lecture.

Ma douce Annabella,

Sache que quand tu liras cette lettre, je serai entrain de penser à ta chevelure brune, où les rayons du soleil aime se refléter, à ses yeux verts qui me captivent par leurs douceurs et à cette bouche charnue et délicate que j'aime tant embrasser. En revenant sur mes terres natales, je ne m'attendais à rien. Mais maintenant que je m'en vais, je sais que je laisse quelque chose de précieux et d'inestimable : Toi.

Je crois... enfin, je suis sûr d'être amoureux de toi. Je le sais, car je ne l'avais jamais été avant! Je pensais que j'en était incapable, mais il semblerait qu'à ton contact, toutes mes certitudes se soient dissipées. Tu vois le monde avec tant de bienveillance... certains te diront naïve, mais je sais que tu ne l'ai pas.

Je n'ai jamais été quelqu'un de très loquace, mais avec toi, je crois que je me suis rattrapé pour toutes ces années; je me suis épanché sur toutes sortes de sujets avec un plaisir non dissimulé! Jamais de ma vie, je n'avais rencontré quelqu'un comme toi! Ce qui en vient à me dire, que peut-être, je ne te mérite pas. Tu es tout ce que je voudrais être, mais que je ne peux. Ma vie n'a pas été aussi simple et paisible que la tienne et bien que j'essaye de tenir à distance mes démons, ils arrivent toujours à me rattraper à un moment ou à un autre. Je n'ai jamais aimé la vie... du moins, avant de te rencontrer. Seule la musique arrivait à me la faire supporter, mais maintenant, tu as une place égale dans mon univers.

Tu m'a donné envie d'accorder une nouvelle chance à l'existence et pour cela, je t'en suis véritablement reconnaissant.

Alors si tu partages mes sentiments, je serai heureux de te lire, que tu me réponde... mais si j'ai mal interprété tes élans envers moi, je comprendrai et je ne t'importunerais plus. Sache seulement que je chérirai, jusqu'à la fin de mes jours ces quelques jours en ta compagnie et le fait d'avoir pu te tenir dans mes bras.

Bien à toi.

Arthur.

Je relis une seconde fois ce courrier, afin de me convaincre que je ne rêve pas. Il m'aime! Cet être exceptionnel, doué de tant de talent, m'aime! Ma tristesse s'est éteinte, pour laisser place à une euphorie sans comparaison!

Depuis que je l'ai vu, il n'a cessé d'occuper mes pensées, il m'obsède par sa beauté, son intelligence et son magnétisme. Comme cela est doux, d'être aimé par un homme tel que lui... Porté par sa déclaration, je me lève de mon lit et rejoins mon bureau pour lui répondre.

Bien sûr Arthur que je t'aime, et ce que tu as deviné était bel et bien de l'amour. Tu as seulement été le plus courageux de nous deux pour l'avouer le premier.

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Two Faces

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