Chapitre 1
« Suzanne, tu n'as pas le sang pur et ne mérites pas d'être la Luna. Tu dois faire en sorte qu'Eugène marque ta belle-sœur ! »
Étant une louve Oméga au sang impur, ma belle-mère, Pauline, me méprisait.
Eugène était mon mate. Le jour où son frère est décédé dans un accident, Pauline lui a exigé qu'il conçoive un enfant avec Karine, sa belle-sœur noble, sous peine de le priver de son titre d'Alpha.
Eugène m'a prise dans ses bras et m'a rassurée d'une voix douce : « Je n'ai d'yeux que pour toi, mais la meute ne peut pas se passer d'un Alpha. Une fois tout ceci terminé, je proclamerai que tu es ma vraie Luna, d'accord ? »
Je l'aimais tellement que j'ai cru à ses paroles.
Mais voilà… Eugène, qui ne partageait le lit de Karine qu'une nuit par mois, a fini par ne plus venir me voir qu'une fois par mois. Alors, j'ai compris, le cœur brisé, qu'il n'était plus le compagnon qui m'appartenait exclusivement.
Le jour où Karine a annoncé qu'elle était enceinte, la nouvelle de son mariage avec Eugène s'est répandue dans tout la meute, mais elle me l'avait cachée.
En voyant la bague éclatante sur le doigt de Karine, celle qui appartenait à la Luna de la meute, j'avais le cœur brisé en mille morceaux. Une douleur insupportable m'a pris à la gorge.
Eugène, si c'était ce que tu voulais, alors je feindrais ma mort et partirais pour ne jamais revenir.
Karine, nonchalamment blottie contre Eugène, a levé la main pour admirer la bague sertie d'une précieuse pierre lunaire à son doigt.
D'un regard faussement gêné posé sur moi, elle a murmuré : « Cet anneau est l'héritage sacré de la Meute de Vent Nocturne, réservé à la Luna. Normalement, il devrait revenir à la vraie compagne d'Eugène… Eugène, tu me l'as offert directement. Suzanne ne va pas se fâcher, au moins ? »
Pauline lui a souri et a ajouté : « Comment cette louve de basse extraction oserait-elle ? La meute voulait déjà te voir comme prochaine Luna. Maintenant que tu portes l'héritier de sang Alpha, c'est toi la Luna légitime. »
Personne ne se souciait de mon avis.
Silencieuse, j'ai baissé les yeux et ai vu mon annulaire vide, laissant mes larmes monter lentement dans mes yeux.
Eugène m'a remarquée enfin. Se détachant de Karine, il a pris ma main avec douceur. Son geste était tendre, mais son parfum boisé était maintenant mêlé à une odeur sucrée et enivrante, celle de Karine.
J'ai retenu mon souffle en entendant Eugène dire : « Depuis la mort de mon frère, Karine est toujours perturbée. La pierre lunaire a un effet apaisant, alors je lui ai donné cette bague. Tu m'en veux pas, Suzanne ? »
J'ai serré les lèvres, exprimant par mon silence mon rejet.
Quelle femme pourrait accepter que son mari offre un tel symbole à une autre ? Surtout cet anneau incarnait le rôle de Luna… Comment pouvais-je accepter cela ?
Voyant ma réaction, Karine a roulé les yeux et a feint de vouloir retirer l'anneau : « Suzanne, tu sais que ma grossesse m'épuise et que je dors mal la nuit. Eugène a peur que ma santé ne tienne pas et veux me soulager. Mais si tu es assez jalouse pour me le reprocher… Tiens, je te le rends ! »
Elle s'est hâtée de tirer violemment sur l'anneau, qui n'a pas bougé, ne laissant que des rougeurs à son doigt. Les yeux humides et rouges, elle a sangloté :
« Eugène, je ne voulais pas te le voler, mais il est tellement bien ajusté à mon doigt… L'enlever me fait mal. »
Eugène l'a arrêtée aussitôt : « Ne le retire pas, il t'appartient. J'en offrirai une autre à Suzanne. »
Puis il s'est tourné vers moi et a dit : « Tu es toujours compréhensive. Laisse-lui cet anneau de pierre lunaire cela lui permettra de se concentrer sur sa grossesse. »
Pauline, furieux, m'a critiquée : « Tu sais très bien que tu n'es qu'une bâtarde Oméga, et que l'enfant que tu porteras polluera la lignée Alpha du clan ! Enfin, Karine porte un héritier pur… et toi, tu pleurniches pour un bijou ? Elle se sacrifie pour la tribu, et tu n'as que ta jalousie en tête ? Quelle honte !»
Tout le monde me regardait comme si j'étais folle, comme si j'étais l'unique fauteur de trouble.
Mais moi... Je n'ai fait qu'aimer Eugène. Rêver d'être sa compagne, d'être celle qui marcherait à ses côtés avec dignité, en quoi est-ce un crime ?
L'anneau de pierre lunaire dégageait une lueur douce et sacrée, et cela m'a piqué les yeux. Je me souvenais encore de la promesse d'Eugène : un jour, il me donnerait cet anneau le plus précieux de ses propres mains.
Mais maintenant ? Ce symbole brillait au doigt de Karine…
J'ai avalé ma colère, ce goût de sang et de larmes, et ai dit d'une voix rauque : « La pierre de lune te va mieux qu'à moi. Puisqu'Eugène te l'a offerte… garde-la. »
Pauline a poussé un petit rire méprisant : « Enfin un peu de bon sens. »
Mon calme, si éloigné des sanglots qu'il escomptait, a fait naître en lui une crispation sourde.
J'étais une louve Oméga, et j'avais toujours été fragile émotionnelle. C'était pourquoi, par le passé, je m'étais toujours accrochée à Eugène, exigeant qu'il m'assure de sa fidélité, ce qu'il trouvait « agaçant mais mignon ». Mais cette fois-ci, ma réaction retenue semblait le déstabiliser.
Cette nuit-là, Eugène est venu enfin dans ma chambre. Il a soulevé la couverture et m'a prise dans ses bras, serrant mon corps contre lui :
« Suzanne... Je sais que tu as souffert. Mais Karine porte enfin l'héritier, et je deviendrai l'Alpha de la meute. Désormais, je pourrai enfin être là pour toi. »
Je suis restée figée un instant, puis, un peu surprise, je lui ai demandé : « Tu m'avais dit que, tant qu'elle serait enceinte, tu l'ignorerais... C'est vrai ? »
Malgré tout, son étreinte a fait vibrer mon âme. Il restait mon compagnon destiné. Même s'il refusait de me marquer, prétextant que mon corps était « trop faible », notre connexion était indéniable.
Si c'était possible... j'aimerais encore sauver notre amour.
Il m'a souri et a caressé ma joue : « Bien sûr que c'est vrai. Tu es mon véritable amour, choisie par la Déesse Lunaire. Tout le monde sait que ma relation avec Karine n'était qu'une alliance d'intérêt. Elle est enceinte, même si je ne vais plus chez elle, ma mère ne pourra rien dire. »
« Il est temps que l'on fasse notre marquage. Je veux te donner un enfant, ça calmera tes angoisses, j'espère. »
Sur ces mots, il a déposé un baiser tendre sur ma joue.
J'avais envie de lui répondre, mais la douce odeur sucrée de Karine, comme un vin doux et fermenté, s'est faite à nouveau sentir, parasite dans ce moment d'intimité.
Je me suis couvert la bouche et le nez, ne pouvant m'empêcher de réprimer une nausée.
À ce moment-là, des voix bruyantes se sont faites entendre dehors : « Vite ! Allez chercher le guérisseur ! Si quelque chose arrive à Karine, vous en porterez la responsabilité ! »
« Alpha ! » Un garde a hurlé vers notre chambre, « Karine saigne ! Elle dit avoir mal au ventre ! »*
Eugène m'a repoussée aussitôt, bondissant vers la porte : « Qu'est-ce qui se passe ? Allez chercher quelques gardes, et appelez immédiatement le meilleur guérisseur ! »
Puis il s'est transformé en loup et a couru en direction de la chambre de Karine, percutant des objets sur son chemin. Même notre cadeau d'anniversaire de rencontre est tombé au sol et s'est brisé.
Agnès, une servante qui s'occupait de moi depuis mon enfance est entrée pour nettoyer. Elle m'a tendu un mouchoir, triste : « Suzanne... ne pleure pas. Ça te rend malade... »
Je me suis figée un instant. Est-ce que je pleurais ?
J'ai porté ma main à mon visage et ai réalisé que mes larmes coulaient abondamment...
Chapitre 2
Un sourire amer aux lèvres, j'ai essuyé mes larmes et ai enfilé une robe. « Allons voir Karine », ai-je dit d'une voix neutre.
Si je n'y allais pas, Pauline ne manquerait pas de me taxer de froideur avec ses remarques acerbes.
Lorsque je suis arrivée devant la chambre de Karine, j'ai aperçu par l'entrebâillement de la porte la jeune femme alitée, blottie contre Eugène qui la serrait dans ses bras. D'une voix doucereuse, elle a murmuré : « Désolée, j'ai menti. Je n'avais pas mal au ventre... Mais j'avais mes raisons... Quand je pense qu'après cette grossesse tu ne viendras plus me voir, mon cœur se serre. Je voulais juste te revoir... »
« Eugène, je ne sais même pas pourquoi, mais c'est la vérité. Dès que j'ai un moment de libre, tu es toujours dans mes pensées... Je n'arrive pas à t'oublier… Ne m'en veux pas, je voulais juste te voir, je ne veux pas que tu m'abandonnes. »
Eugène a secoué la tête et a caressé son ventre avec tendresse : « Tu attends mon enfant, les hormones te rendent émotive. Tu n'es que ma belle-sœur, et la mère de mon enfant, comment pourrai-je l'abandonner ? »
Karine a saisi alors son col dans un geste enfantin : « C'est vrai ? Eugène, promets-moi de venir me voir chaque jour alors ! Je ne supporte pas l'idée que tu aies un enfant avec cette Suzanne de basse extraction. Notre clan deviendrait la risée des autres meutes. Laisse-moi être ta Luna, je suis la seule digne de te donner un héritier ! »
Un long silence s'est installé avant qu'Eugène ne réponde, hésitant : « ...D'accord. »
« Et pour notre mariage, où en sommes-nous ? Je veux la plus grande robe de mariée, avec la traîne la plus longue. »
« T'inquiète pas. Tu seras ma Luna. Je t'offrirai les noces les plus fastueuses. »
Quoi... ?
Je n'arrivais pas à y croire.
Un mariage ? Quel mariage ? Celui d'Eugène et Karine ? Alors son refus de me marquer... C'était pour cette raison ?
Tandis que je restais perdue sous le choc, les rires victorieux de Karine, plus perçant que n'importe quelle arme dans les mains d'un guerrier, a creusé une profonde blessure dans mon âme.
Ma louve en moi a hurlé de douleur.
Serrant mon mouchoir jusqu'à blanchir les jointures, j'ai battu en retraite d'un pas tremblant.
J'étais une orpheline recueillie par l'ancien Alpha de la Meute de Vent Nocturne. Eugène et moi, élevés ensemble, étions âmes sœurs.
À l'époque, quand Pauline voulait me marier à un autre clan, Eugène avait intercepté mon convoi et avait supplié ses parents de m'épouser. Il avait même juré qu'il m'aimerait pour toujours, et que je serais la seule pour lui.
Ils avaient capitulé et nous avaient laissés ensemble, nous offrant la chance de devenir partenaires.
Pauline lui avait demandé, perplexe : « Mais qu'est-ce que tu lui trouves ? Elle est une louve Oméga, elle ne pourra jamais te rendre heureux ! »
« L'amour, c'est irrationnel », avait répondu Eugène, les yeux brillants, tout en portant les traces des blessures qu'il avait reçues pour me sauver.
Il avait saisi fermement ma main et avait déclaré : « C'est la volonté de la Déesse Lunaire. J'ai le pressentiment, et si je laisse partir Suzanne, je le regretterai toute ma vie. »
Cette promesse pleine de tendresse et de romantisme résonnait encore en moi... Mais voilà, trois ans plus tard, il avait déjà permis à une autre louve de porter son enfant, et il acceptait de l'épouser, la faisant devenir sa Luna.
Même désignés par la Déesse Lunaire, nos liens n'avaient pu vaincre son inconstance.
Agnès m'a rattrapée, essoufflée : « Suzanne, tout va bien ! Lorsque tu auras un enfant, tu deviendras la Luna de la Meute de Vent Nocturne. »
J'ai secoué la tête, des larmes ruisselant sur mes joues : « Je ne lui donnerai jamais d'enfant. »
Agnès m'a regardée, choquée, et je lui ai répondu par un regard douloureux mais ferme.
Puisqu'il avait choisi une autre, je disparaîtrais de sa vie.
Un homme aussi infidèle, je ne le voulais plus.
Chapitre 3
J'ai passé une nuit blanche, élaborant mon plan de départ.
Le lendemain matin, je n'avais même pas encore pris mon petit-déjeuner quand Pauline a envoyé quelqu'un me dire qu'elle m'attendait.
Dans la salle à manger, Karine était installée, tandis qu'Eugène lui donnait des bonbons aux pignons de pin. À mon entrée, il a paru légèrement gêné, a abandonné sa tâche pour s'approcher de moi : « Suzanne, tu es toute pâle, tu n'as pas bien dormi ? »
Pauline a ricané : « Elle n'est même pas enceinte, comment pourrait-elle ne pas avoir bien dormi ? Vraiment, les gens de son espèce aiment dramatiser. Karine, ma chérie, est celle qui souffre vraiment d'insomnies, c'est vraiment inquiétant. »
En entendant les paroles de Pauline, Eugène a semblé soudain se souvenir de quelque chose :
« Ah oui, pour soulager Karine, nous avons fait appel à un sorcier. Il a dit que son logement était souillé par des énergies obscures, ce qui a perturbé son sommeil et son esprit de louve. »
« Le sorcier a aussi dit que ta maison serait idéale pour une grossesse. Puisque tu n'es pas enceinte pour le moment, pourquoi ne pas laisser Karine y vivre jusqu'à ce qu'elle ait accouché en toute sécurité ? Qu'en penses-tu ? »
Agnès est intervenue vivement : « Mais c'était la maison que toi et Suzanne comptiez habiter après votre mariage ! Vous n'êtes même pas mariés, comment Karine pourrait-elle y habiter ? »
Pauline a répliqué d'un ton tranchant : « Suzanne mérite vraiment d'habiter une si belle maison ? Après toutes ces années à l'héberger, je devrais plutôt la vendre ! Qu'elle soit reconnaissante qu'on ait toléré sa relation avec mon fils. »
« Karine porte l'héritier de notre meute, elle doit passer en priorité. Suzanne, elle, elle ne compte pas. »
Karine a joué l'innocence : « Allez, ne la poussez pas trop. Peu importe où je vis, ça ne me dérange pas. Je me sens juste un peu mal, mais ça va. Je m'inquiète seulement pour la santé de mon enfant… »
Elle a soupiré et s'est frotté le ventre.
Eugène m'a lancé alors un regard réprobateur : « Suzanne, fais ce sacrifice. Et si quelque chose arrivait à Karine, qu'adviendrait-il de l'avenir de notre meute ? Attends qu'elle ait accouché, et tu pourras revenir habiter là. »
Je le regardais sans comprendre, comme si son visage m'était soudainement étranger.
Sa voix était basse, calme, et même légèrement détachée, comme s'il ne parlait pas d'un sujet aussi sensible, mais simplement de la météo du jour.
Cette maison, nous l'avions choisie ensemble, chaque meuble portait les rêves que nous partagions d'une vie heureuse à deux. Et à présent, il voulait me forcer à la laisser à une autre femme.
« Tu te souviens de ta promesse ? » Ma voix était presque inaudible, « C'était le foyer d'amour à nous deux. »
Il a gardé le silence un instant, puis a détourné les yeux : « Ça suffit, Suzanne. C'est décidé. Tu devrais vider la maison dans les prochains jours, pour que Karine puisse s'y installer rapidement. »
À ces mots, je me suis sentie glacée, comme si mes os étaient devenus de la glace. J'ai pris une profonde inspiration, me suis levée et ai répondu : « Inutile d'attendre, je peux partir aujourd'hui. On doit assurer sa grossesse, non ? »
Eugène a paru hésiter : « C'est pas si urgent… »
Karine l'a interrompu aussitôt : « Merci alors. Eugène, je voudrais encore des bonbons aux pignons, tu peux m'en donner quelques-uns ? Je suis trop faible pour les prendre moi-même. »
« Bien, je vais en faire apporter. » Eugène était déjà entièrement tourné vers Karine, lui accordant toutes ses attentions, prêt à satisfaire tous ses désirs.
Il s'est assis à côté d'elle, lui tenant le ventre, et lui a donné des bonbons.
Je suis partie sans que personne ne s'en aperçoive. Dès que je suis rentrée, j'ai demandé à Agnès de m'aider à faire mes bagages. Les cadeaux qu'Eugène m'avait offerts, je n'avais aucune intention de les emporter, même s'ils étaient d'une grande valeur.
Agnès, inquiète, a dit : « Mais Suzanne, ton esprit de louve a du mal à s'adapter. Si tu déménages, il te faudra beaucoup de temps pour t'habituer à la nouvelle odeur, tu risques d'en souffrir. Je m'inquiète pour toi. »
Ma gorge était serrée, je n'arrivais pas à émettre un son. Je regardais Agnès avec tristesse et ai tenté de la rassurer : « C'est pas grave, et ça ne durera pas longtemps. »
Tout cela finirait bientôt.
Le soir, Eugène est venu me voir. Avec un air embarrassé, il m'a dit : « Suzanne, fais un dernier sacrifice, je t'en prie, vraiment. »
Je l'ai regardé calmement et ai demandé lentement : « Tu vas épouser Karine, n'est-ce pas ? »
Il s'est figé un instant, puis s'est hâté d'expliquer, hésitant : « Suzanne, ce n'est pas une décision que je peux prendre seul, tu sais à quel point une Luna forte et noble est importante pour toute la meute. Karine remplit les critères de la Luna que l'on exige. »
« Et moi ? » ai-je répliqué en pleurant, « Je suis quoi pour toi alors ? »
Il m'a répondu avec tendresse : « Tu restes la femme que j'aime le plus, même si je me marie avec Karine, tu es la seule Luna dans mon cœur. »
Donc, il insistait toujours pour se marier avec une autre femme ?
Cela m'a complètement brisée.
Je lui ai dit donc : « Annonçons la fin de notre lien. »
« Quoi ? Tu veux vraiment rompre notre lien pour si peu ? » Eugène a écarquillé les yeux, incrédule, « Tout cela sert à renforcer ma position d'Alpha et à solidifier le pouvoir de la meute. Tu n'es plus une enfant, ne prends pas une décision impulsive que tu regretteras ! Je ne suis pas d'accord ! »
« Tu es jalouse de Karine ? Je t'ai dit cent fois que tout redeviendra normal après qu'elle ait accouché. Bon, assez de disputes, je vais voir Karine, réfléchis à ce que tu viens de dire ! »
Il espérait encore que tout reviendrait à la normale ?
Ma louve a murmuré au fond de moi : « Non, il ne sera jamais plus comme avant. »
En repensant à l'amour que nous partagions autrefois, et en voyant la situation actuelle, mon cœur saignait presque de douleur.
Même s'il refusait de rompre notre lien, je trouverais un autre moyen.
Un vase brisé ne peut être réparé, et notre amour, lui aussi, était fissuré à jamais...
« Je vais bientôt te quitter, Eugène. C'est toi qui l'as voulu », ai-je murmuré à moi-même.