Chapitre 5
Clara a souri à travers ses larmes. « Sophie, t'étais carrément badass quand tu l'as envoyé chier. »
« Après le divorce, je me rase la tête et je serai encore plus stylée. »
Je la taquinais pour lui remonter le moral. Puis, bras dessus bras dessous, on s'est dirigées vers l'accueil pour les formalités de sortie. On s'était même dit qu'on irait se faire belles juste après, histoire d'être au top pour célébrer notre retour au célibat !
Mais juste avant d'arriver, on s'est fait violemment bousculer.
« Infirmière ! »
« Vite, un médecin, elle a avalé une boîte de somnifères ! »
C'était Julien qui portait Léa inconsciente dans ses bras.
En voyant son uniforme de flic, l'infirmière a réagi au quart de tour.
Puis Adrien est arrivé en courant, complètement paniqué.
En m'apercevant, il s'est figé avant que son visage ne se crispe de colère : « Sophie, j'aurais jamais cru que tu pouvais être aussi dégueulasse ! Si Léa y passe aujourd'hui, je te jure que tu vas le regretter ! »
Sur ces mots, il s'est précipité vers les urgences.
J'ai ricané avec mépris.
Ma sœur tremblait de rage. « Ces deux connards ! »
« Si Léa crève pour de bon aujourd'hui, je me coupe la tête et je la lui offre en sacrifice ! »
Après tout, ce n'était pas la première fois qu'elle jouait à ce petit jeu.
Mais Adrien et Julien tombaient toujours dans le panneau, alors à qui la faute ?
« Clara Leroy ! »
Après avoir confié Léa aux urgences, Julien a marché vers nous à grandes enjambées.
« Je t'ai répété combien de fois de ne plus traîner avec ta sœur manipulatrice ? Tu fais exprès de me faire chier, c'est ça ?! »
« Regardez dans quel état vous avez mis Léa ! »
Il a levé la main et a giflé Clara en pleine face.
Prise par surprise, elle a été projetée contre le mur, se cognant la tête contre l'angle. Du sang a coulé et elle s'est évanouie.
« Mais t'es complètement malade, Julien ?! »
J'ai pété un câble, me jetant sur lui pour l'agripper par le col. « C'est ça, être flic ? Frapper sa femme enceinte pour ta petite princesse adorée ?! »
Cette phrase a immédiatement attiré l'attention des gens autour.
« Arrête tes conneries, tu crois que parce que t'es enc... »
Julien, furieux, allait me repousser quand soudain il a remarqué mon ventre plat. Il est resté pétrifié.
Au même moment, Adrien revenait après avoir payé les frais.
Lui n'avait toujours rien capté.
« Voilà ce que t'as fait ! »
Un colis m'a frappé à la tête.
Pas très lourd, mais suffisant pour me sonner, au point où même son visage me semblait méconnaissable.
Des papiers se sont éparpillés par terre.
Des mots y étaient collés, découpés dans différents journaux.
« Salope à tout le monde ! »
« Pute ! »
« Sale traînée, tu finiras écrasée par une bagnole ! »
Et d'autres saloperies du même genre.
« Je t'ai répété combien de fois que sauver Léa faisait partie de mon boulot, et que rester avec elle quelques jours n'était qu'un geste amical ? »
« Et pour ça, tu l'humilies comme ça ! Hein ? »
Adrien m'a attrapée par les cheveux, me forçant à le regarder dans les yeux, son visage déformé par la rage. « Sophie, c'est pas la première fois, j'ai vraiment envie de te tuer de mes propres mains ! »
« C'est pas moi ! »
« Adrien, t'as pas de cerveau ou quoi ? Je sais même pas où elle crèche ! »
Mais il n'a pas hésité une seconde, persuadé que j'étais coupable !
Aveuglée par la douleur, j'ai balancé tous les papiers d'hôpital à sa gueule et lui ai lacéré le visage jusqu'au sang. « Vas-y ! Qu'on en finisse ! »
« Si tu me butes pas aujourd'hui, t'es qu'une merde ! »
Adrien, encore plus furax, m'a attrapée à la gorge. « Espèce de... »
« Adrien ! »
Julien a accouru pour l'arrêter, lui montrant les papiers que j'avais jetés, d'une voix brisée : « Les bébés... »
« Nos bébés, ils sont tous partis... »