Chapitre 2

Contrairement à maman, papa n'attendait qu'une chose de lui qu'il prenne ses responsabilités vis-à-vis de sa cousine. Et il le fit en proposant de l'épouser après la naissance de l'enfant. Quoi qu'on puisse dire ensemble ils formaient une sacrée paire. Comme quoi qui se ressemble s'assemble.Yallah lay ham bolé ( Dieu sait ceux qu'il met ensemble).

A l'époque je faisais la classe de 6eme et Sidy venait juste de décrocher un stage à sénélec. Papa prenait en charge sa femme et leur bébé. Il donnait même à sa belle fille plus que nous ses propres filles. C'était compréhensible son fils n'avait pas d'argent pour subvenir aux besoins de sa petite famille mais cet acte finit par lui coûter cher.

La maison que nous habitions n'avait que 4 chambres : L'une pour mes parents, l'autre pour Sidy et son épouse, la suivante pour mes deux autres frères Cheikh et Amath et la dernière pour nous les filles. Nous étions 6 enfants 3 filles et 3garçons. L'ainé était Pape Sidy, suivit d'Isseu née deux ans après lui puis Cheikh, Fatma, Amath et moi la cadette bien sûre................................................

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La fratrie construit notre identité : c'est un fait indéniable. L'influence de nos frères ou sœurs est plus grande que nous l'imaginons : ils impactent sur notre personnalité.

Bien que ça soit habituel dans les familles de passer de l'amour à la haine en quelques minutes, chaque membre de notre famille joue un rôle envers nous. Il ya toujours quelqu'un qu'on essaie de suivre les pas ou de ressembler, quelqu'un qui nous sur couvre d'amour et prend toujours parti pour nous, quelqu'un avec qui on se chamaille sans raison...........

Pour ma part celle dont je suivais les pas fut Fatma. A 15ans j'étais devenue sa confidente sans rien demander. Vous devez en savoir quelque chose de ses sœurs qui ne se mettent à vider leur sac qu'à l'heure du couché. Fatma faisait partie de ce lot. Chaque soir j'avais droit à nouveau sujet différent de la nuit précédente. Tel un curé écoutant une brebis égarée en confession, tous les soirs je lui prêtais oreille sans l'interrompre. Dès fois aussi je jouais aux juges en donnant ma sentence sur certains cas. Malgré mon jeune âge elle écoutait religieusement mes conseils allant même jusqu'à les appliquer.

Si vous croyez que ma sœur n'avait pas de copines à qui parler, détrompez-vous. Nombreuses oui étaient ses amies le truc c'est qu'aucune d'elles n'étaient assez digne de confiance. A croire que rare est sincère l'amitié entre filles pour ne dire jamais.

Nous avions toujours été proches malgré nos 6 années d'écart. Et depuis qu'Isseu avait quitté la chambre nous étions devenues plus complices que jamais. Coiffeuse de profession, je couvrais ses arrières afin que je puisse bénéficier d'une nouvelle coiffure chaque deux semaine pour frimer à l'école bien que je m'en tirais souvent avec des maux de tête.

La fenêtre de notre chambre donnant sur la rue, chaque soir Fatma faisait le mur pour aller en boite ou retrouver l'un de ses nombreux prétendants. Comme toujours elle me réveillait pour refermer la fenêtre derrière elle. Fatma me laissait son téléphone un Motorola d'où elle me joignait par plusieurs numéros afin de lui ouvrir à son retour. Parmi ces nombreux numéros, il y'avaient Mor cosmétique, Laye dibiterie, Samba taximan, Bouya tailleur, Kane shop, Koné fastfood...................

Cette nuit elle rentra tôt. Elle ne semblait vraiment pas dans son assiette. D'habitude à chaque fois qu'elle rentrait j'avais droit à quelque chose la plupart du temps des mets: Hamburgers, grillade de viande ou poulet braisé, Chawarma, fruits, cornée de glaces......

Mais là elle était rentrée bredouille. Habituée à cela je déclinai facilement les dîners de la maison surtout lorsque Houreye cuisinait. Bien qu'elle sache cuisiner quand ça lui chantait elle sabotait nous servant des plats immangeable. Ce tour lui valait une dispense de la cuisine. Nous ne mangions quelque chose de bon que quand son mari était à la maison.

Je l'observai enlever sa petite robe moulante et ses collants en rigolant malgré mon ventre qui criait famine. Décidément Fatma n'avait aucun complexe.

_ (Qu'est- ce qui te fait rigoler ?) Me demanda-t-elle en me rejoignant sur le lit tirant toute la couette sur elle.

_ Avec ta carrure tu as osé mettre cette mini robe ?

_ Quel mal y'a-t-il ? En plus je l'ai porté la nuit.

_ Et ta soirée ? ( Ou est mon dîner )

_ ( C'est toi qui a la tête à manger. Je n'ai jamais eu aussi honte de ma vie)

_ Louhew gawéma ( Que s'est il passé raconte )

_ J'ai eu la honte de ma vie, la femme de Mansour nous a trouvés au resto pour faire une scène. Je ne savais plus ou me mettre ..........

_ C'est qui Mansour encore ? Borom léle bou soribii ( celui à la calvici avancé ) ?

_ Non tu parles de Bouya le tailleur yow hamgua Mansour Ndour ( tu connais Mansour Ndour ) c'est le proprio du restaurant ou nous avions mangé samedi passé

_ Ah ton richard bavard là qui aime se vanter. Fatma nakk dagua beuri far you niakk horom motakh douma léne sakh fatélikou. ( Fatma tu as tellement de prétendants nazes que je ne peux me rappeler d'eux)

_ Amina sa makk la ( Je suis ton ainée)

_ Ba thii lane. Fatma yow li gua may wakh lèpe holal nigua mel yow yangui thii contrôleur bus yi akk boutiquier sakh bayiwolene. Hamguani nioniou daniouy lay perte lo sa temps do séne morom.

( Et alors. Fatma toi avec tout ce que tu me dis. Regarde comment tu es. Tu sors avec des contrôleurs de bus et même les boutiquiers du quartier. Tu sais bien qu'ils te font perdre ton temps. Tu n'es pas leur égale.) Ton Mansour qu'a t'il fait au juste?

_ Ce connard ne possède rien à part une grande gueule. En vérité c'est un homme entretenu. Le resto appartient même à sa femme et cette conasse m'a forcé à payer moi-même ma consommation.........

A gorge déployée je me mis à rigoler comme une folle qu'elle me donna un poing sur la cuisse. Décidément papa n'a pas tort de l'appeler tête vide. Même Isseu est plus éveillée qu'elle dès fois.

_ Aie tu es folle ?

_ Veux-tu réveiller les gens ? En plus tu ris de mes malheurs maintenant

_ Mais ne me dis pas que tu as payé l'addition ?

_ Que pouvais-je faire d'autre ? C'était soit ça ou faire la plonge et me couvrir encore plus de honte

_ Et Mansour qu'a-t-il fait ?

_ Rien ce menteur a inventé que je le suivais partout

_ Mdrr le salaud

_ Je ne te le fais pas dire

_ Que comptes-tu faire maintenant ?

_ Rien je vais simplement rayer Mansour de ma vie. Tu as raison je vais faire un remaniement et laisser tomber ces boulets et me trouver quelqu'un à ma hauteur.

_ Masour ne mérite pas de s'en sortir aussi facilement..........

_ Zahra que veux-tu que je fasse ?

_ Fatma nak bouma diakhal hana nékato sa ma makk ( Ne m'étonne pas n'es-tu plus ma sœur ) Ce connard t'a fait passer pour une menteuse psychopathe qui court après les garçons et toi tu veux laisser passer..........

_ Que me proposes-tu ? Yow damala commencé ragal depuis bi gua néké Kennedy dagua gueune am fit. ( Tu commences à me faire peur car depuis que tu as intégré Kennedy tu n'as plus froid aux yeux).

_ Donnes moi son numéro et je l'appelerai moi même mane li la wakh ( Moi c'est ce que je dis )

_ Zahra bougouma tiow (Je ne veux pas d'histoire)

_ Toi aussi je ne suis pas bête.... Fais moi confiance il n'y aura pas de problème pas pour nous en tout cas..........

Fatma voulut en savoir plus mais je mis fin à la discussion. il était deux heures du mat et le lendemain j'avais cours.

Par la grâce de Dieu, j'avais réussi mon examen heureusement pour moi. Je m'étais pas gênée de narguer le directeur qui prévoyait de m'exclure en passant. Ainsi j'avais intégré le célèbre lycée pour filles John. F. Kennedy à colobane. C'est là que je rencontra Elisa Dacosta une capverdienne: celle qui devenu ma paire.

Toutes les deux étions nouvelles dans ce lycée. Très vite le courant passa entre nous: une véritable alchimie puisque le même jour de la rentrée nous rentrions ensemble. La première chose qui m'avait attiré chez Elisa fut ses tatouages qu'elle avait sur le cou juste sous l'oreille gauche trois petits étoiles et sur le haut de son pouce de la main droite un grand A majuscule en italique encadré par un coeur en fil barbelé.

Très vite nous nous fimes remarquées à l'école. Elle à cause de ses tatouages et moi à cause des talons et sacs à mains de ma soeur que j'empruntai. Elisa et moi avions le même tempérament toutes les deux étions parties retailler les jupes et chemises de nos uniformes chez un tailleur malgré l'interdiction du règlement intérieur. En classe de seconde à chaque convocation de nos parents qu'on recevait, nous allions dans la rue ou les jardins publics là ou plusieurs vieux jouaient aux dames pour les faire passer pour un membre de nos familles. Ces parents de la rue nous évitaient bien des problèmes et la directrice n'y voyait que du feu.

A chaque fois que nous descensions tôt au lieu de rentrer nous flanions en ville. A Kennedy nous déchantèrent très vite. Malgré nos charmes et moyennes ni Elisa ni moi ne fûmes sélectionnées pour le défilé des majorettes lors de la fête d'indépendance du 4 Avril pour motif d'indiscipline. C'est ce qui nous poussera plus tard à quitter cette école en plus des menaces d'exclusion.

_ Diank alma sa call ( demoiselle prête moi ton portable) dis je à Elisa à l'arrêt de bus.

_ Ay Mina koy wo heure bii ( Oh mina qui appelles tu à cette heure) ?

_ Béneu doméram bou sonal sama makk ( Un connard qui fatigue ma soeur).

Sous le regard amusé de ma copine je remplaçai sa carte par la mienne. Le passage du téléphone fut très éphémère pour moi. Vous rappelez du site de rencontre 123 loves? Papa m'avait offert un téléphone Nokia comme cadeau après avoir eu mon bfem. Une amie à moi qui aimait surfer sur ce site de rencontre y laissait mon numéro à chaque fois qu'elle s'y connectait. Au tout début je n'y vu aucun mal. Simone me rancontait ses tchats qu'elle entretenait avec un certain Galsen 110 : le cliché type de l'adolescente amoureuse pour la première fois d'un romantique beau parleur qui lui miroitait monts et merveilles.

Simone n'avait 15ans et moi 14. Nous ignorions vraiment les dangers du net à ces instants. On était que des gamines à la découverte d'une nouvelle chose. Je me rappelle que nous dépensions notre argent de poche dans ce cyber café à l'angle de la rue. Si le passetemps de Simone sur le net était le site 123 love, le mien était Daily motion pour regarder les clips vidéo de lil Bo wow dont j'étais tombée amoureuse à cause de sa beauté ou ceux de shakira qui venait de se faire connaitre au Sénégal avec sa danse du ventre qu'on imitait misérablement avec notre groupe de danse au quartier.

A l'époque ce n'était pas comme maintenant où les momes sont sensibilisés où les informations sur les conséquences du net, des réseaux sociaux sont presque tout le temps à l'ordre du jour.

Le premier appel que ce Galsen 110 émit à l'intention de Simone coïncida avec le jour ou j'avais laissé mon portable dans la chambre de mes parents pour aller à la plage. Nous ne revenions d'Anse Bernard que vers 18h. Rien qu'au regard de ma belle-sœur je su que quelque chose n'allait pas. A peine avait-il entendu ma voix papa nous rejoignit mon téléphone à la main.

_ Néné Gallé qui est Demba ?

Ne sachant que dire j'ouvrais grandement la bouche.

_ Holal boulma fonto ( regarde ne te fou pas de moi)

_ Pa moi je ne connais de Demba....

_ Sale menteuse comme ça tu vas sur le net pour donner ton numéro à des inconnus. .....

_ Ce n'est pas moi je le jure c'est mon amie qui a donné mon numéro à Galsen.....

_ Ce Demba que vous avez donné votre numéro n'a cessé d'appeler sur ton portable et depuis quand t'appelles tu Simone?

_ Papa elle te dit que ce n'est pas elle. Si ce gars demande après Simone alors il s'agit sans doute de son amie.... Intervenu Fatma pour m'éviter une gifle

_ En seulement 1mois tu fais ça si tu avais eu 1an ce téléphone alors je me demande ce que tu aurais fait de pire. Mais c'est finit tu n'auras plus de téléphone.....

C'est sous nos yeux que mon père réduit mon téléphone en pièces à l'aide d'un pilon pour le jeter à la poubelle. Je n'avais pas pleuré je redoutais plus des coups à ces moments que de ne plus avoir un téléphone pour frimer au sein du quartier.

Sans vergogne j'etais partie récupérer discrètement ma carte Sim. Cet épisode fit le buzz à la maison. Houreye et Fatma prirent le soin de non seulement tout raconté mais aussi d'escorter les autres habitants de la maison jusqu'à la poubelle pour leurs montrer l'oeuvre du commandant Fall qu'ils croyaient impossible....................................

_ Allo?

M'attendant à avoir Mansour, ce fut une fois de femme qui m'accueillit. Pour avoir le cœur net s'il s'agit de sa femme ou pas je me jetai à l'eau.

_ Qui es-tu? Dis sans aménagement

_ Yow osé gua dé gua woté thii portable diambour di lathié kane la (Tu es bien osée tu appelles sur le portable des gens pour demander qui sait)

_ Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre passez-moi mon mari au lieu de jacasser.

_ Votre mari vous faites erreur....

_ Erreur mouk thii aduna sama sérére bou niawoul bii Mansour Ndour Ndoura waly mbergane Ndour dama mokal numerom roubahe ndax jokko bou bari (Erreur jamais de la vie mon beau sérére Mansour Ndour Ndoura waly mbergane Ndour j'ai fini par parcoeurisé son numéro à cause de ses nombreux appels)......

_ Qui es tu ? Me cria telle en menaçant de me percer les tympans

_ Yow hana dagua teukh mane la xolou Ndoura qui takh mouy noyi di doundou mane la oxygène Nam ( Es tu sourde? C'est moi le coeur de Ndoura celle qui fait qu'il respire et vive c'est moi son oxygène)........

Sans attendre son reste elle me raccrocha au nez. J'essayai de rappeler à nouveau mais sa boite vocale m'invita à laisser un message que je ne fis pas. Je n'étais pas suicidaire..............................

J'avais continué ce manège durant deux semaines entières d'où j'appelais matin et soir. Le soir bien-sûr c'est le téléphone de Fatma que j'utilisais. Cette dernière me regardait ébahi quand elle m'entendait palabrer avec la femme de son ex qui avait fini par consfiquer le portable de son mari apparemment. Cette pauvre femme elle en entendait des verres et pas mûres du genre:

« Ton mari dit que tu fais pipi au lit, malgré ton argent il ne t'aime pas tout ce que tu lui donnes il me le reverse merci en passant, savais tu que tu ne lui fais aucun effet au lit, pour arriver à te faire l'amour il faut qu'il pense à moi »

Lasse, elle dû sans doute jeter ce numéro car les appels ne passaient plus même avec un autre numéro. C'est ainsi que je tournai la page de Mansour. S'il avait causé autant de honte à ma sœur lui aussi devait s'en tiré avec de sérieux problème.

On ne touche pas à ma famille. C'était une valeur sure. Dans ma famille on pouvait s'entretuer, se chamailler comme chien et chat mais dès qu'un élément extérieur s'en prenait à l'un d'entre nous, nous faisions tous bloc pour faire front et prendre parti.

Comme chaque dimanche matin, maman nous réveillait très tôt pour laver les rideaux et tapis du salon. Dans la cour, nous faisions tranquillement notre travail avant qu'on ne voit Houreye débarquait avec ce qui me semblait des draps aux bras qu'elle joignit au tas.

_ Li lane la (Qu'est-ce que c'est) ? S'enquit Fatma sur la défensive

_ Ce que tu vois comme je suis malade ton frère m'a demandé de vous les remettre vue qu'on a presque plus de draps propres.........

Alors que le visage de Fatma s'enflammait de colère moi je ne faisais que regarder notre belle sœur qui ne cilla pas en nous parlant. Et pourtant elle devrait car Fatma ne prenait jamais de pincette quand il s'agit d'elle. Au contraire Houreye semblait même réjouit de la réaction de Fatma. Il y'avait anguille sous le roche.

_ Yow kou yébaté gua wayé mane hamguama. Dofo djiné diapoula ba gay indi say drap niou lay fotal. Pape Sidy yow la yilife wayé dou nioune. Té sakh amouma lou may wakh akk yow. Hamgua lou ma lay yeugual mala long mala large béneu minute lala may gua yékeuti say drap bala mala nokk. (Tu es bien effrontée mais moi tu me connais. Tu n'es ni folle ni possédée par un djinn pour nous amener tes draps à laver. Pape Sidy te dicte à toi quoi faire mais pas nous. En plus je ne vais pas rester là à débattre avec toi. Tu sais quoi je suis plus grande et plus forte que toi alors je te donne une minute pour ramasser tes draps avant que je ne te casse la gueule.)

Joignant l'acte à la parole, Fatma se leva pour lui attraper le bras et la forcer à reprendre ses habits. Comme si elle n'attendait que ça, elle se mit à crier comme une possédée. Je souris en voyant mes frères nous venir dont son mari le premier. Etant donné que Pape Sidy était là, elle voulait se faire passer pour une victime. J'avais compris son jeu.

_ Fatma gagne gua ma (tu m'as blessé) ne cessait-elle de se lamenter...

Sidy : Que se passe-t-il ici pourquoi cri-t-elle quel est le problème ?

_ C'est Fatma c'est Fatma répétait-elle

Sidy : Que lui as-tu fais ?

Fatma : Tu n'as qu'à le lui demander

Sidy : Je t'ai demandé d'aller les aider non ?

Houreye : Mais .........

Fatma : Mais quoi tu es venue nous provoquer

Moi : Fatma laisse la et vient continuer je ne vais pas tout faire à ta place n'en profite pas.......

Ils me regardèrent comme si je venais d'une autre planète. Quoi ? Ces deux-là faisaient tout le temps des histoires et Fatma ne se réveillait jamais du fait que Houreye ne la provoque qu'en présence de Sidy. Contrairement à Houreye qui était une parfaite comédienne, elle démarrait au quart de tour.

_ Zahra Lou lène bolé watt? (Qu'est ce qui les oppose cette fois ci?) Demanda mon frère Cheikh

_ Je ne suis pas leur porte-parole.

Cheikh me regarda longuement avant d'éclater de rires. C'était la personne avec qui je m'entendais le plus fan cette maison et l'unique personne qui prenait toujours parti pour moi. C'était le seul à vouloir suivre les pas de papa. Mais à la différence de papa, lui était passé par le pritanie militaire pour un corps différent. Quand il était à la maison l'ambiance était au rendez vous. Il était joviale et taquinait tout le monde que sa bonne humeur demeurait même contagieuse. Ce qui me plaisait le plus chez lui est qu'il me surprotégait comme un petit bébé ne voulant que rien ne puisse me faire mal. Tous mes trois frères étaient protecteurs mais avec Cheikh c'était autre chose. Pape Sidy était grognon aimant nous rappelé son statut d'aîné pour abuser de ce titre. Amath le plus jeune était le playboy de la maison. Il n' y avait que 3ans d'écart entre nous mais se prend pour mon père. Avec lui ce n'est que des menaces le jour où je te vois avec un homme je te tue. Trop fou ce mec alors qu'il collectionne les filles tout comme ses aînés. Ça ne se dit pas mais les frères sont de très grands coureurs. Ce n'est pas pour rien que notre cousine est tombée exprès enceinte de Sidy pour l'avoir mais si seulement elle savait............

Cheikh: Vous n'avez pas honte même Néné Gallé a dépassé ce que vous faites ......

_ Wallah elles devraient avoir honte. Juste à cause du linge vous vous chamaillez. Comme c'est comme ça je vous laisse finir vous n'aurez qu'à vous entretuer. Laissons les entres elles qu'elles aprennent à cohabiter en paix ...... terminais-je pour me lever

Sidy me donna raison et les réprimanda toutes les deux. Sur le coup elles oublièrent leur dispute pour me regarder surtout Fatma. Moi qui mourrai de sommeil et ne cherchai que l'occasion de ne pas faire le linge j'en profitai grandement pour aller me recoucher paisiblement. ........

Chapitre 3

_ Wallah elles devraient avoir honte. Juste à cause du linge vous vous chamaillez. Comme c'est comme ça je vous laisse finir vous n'aurez qu'à vous entretuer. Laissons les entres elles qu'elles apprennent à cohabiter en paix ...... terminais-je pour me lever

Sidy me donna raison et les réprimanda toutes les deux. Sur le coup elles oublièrent leur dispute pour me regarder surtout Fatma. Moi qui mourrai de sommeil et ne cherchai que l'occasion de ne pas faire le linge j'en profitai grandement pour aller me recoucher paisiblement.

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« Amina Zahra Fall tu as fait presque le tour des écoles de Dakar. Je t’en prie pour cette année assidue toi. L’année prochaine si Dieu le veut tu seras en terminale tu devras passer le bac. N’entache pas ton dossier de bac plus qu’il ne l’est encore. Je t’en prie Zahra essaye de ne pas t’attirer des problèmes pour cette année. Tu es la seule fille de cette famille à avoir étudié jusqu’à tel niveau alors ne le gâche pas. Fall Ndiaga yaram redouble d’effort d’accord néné Gallé »

Morte de rires : je l’étais à chaque fois que je repense à ce sermon de ma mère ; le sourire ne me quitte plus. Sacrée maman voilà le discours qu’elle me tenue lors de la rentrée. D’une part elle avait raison malgré mes bêtises je devais penser à mon dossier de bac. J’imagine qu’il y avait déjà pas mal d’horreurs surtout coté discipline.

Cependant que je sois la seule fille à la maison à avoir étudié jusqu’en première n’était pas un privilège comme elle tenta de me le faire croire. Isseu avait arrêté l’école en classe de seconde pour se marier et Fatma c’était autre chose….

L’école n’a jamais été son truc. Elle avait arrêté l’école en classe de CE1. D’après mes parents, pour chaque classe elle y passait 2ans. Ainsi en grandissant elle intégra une école de couture avant de transhumer vers la coiffure par la suite.

Pour cette nouvelle année, ce qui était sure est que mes parents n’aurait pas de quoi se plaindre. Pour ce qui est d’avoir de bonnes notes je m’en sortais tant bien que mal même si les méthodes restaient à désirer mais bon comme on dit souvent avec Elisa : la fin justifie les moyens. Et puis qui n'a jamais triché dans sa vie ?

La plupart des devoirs m’étaient servis sur un plateau déjà traités par des garçons de la classe qui disaient être amoureux de moi. Je me rappelle qu’une fois en devoir d’anglais alors qu’on nous avait changés de place Elisa et moi, je m’étais retrouvée avec miss intello. On a tous rencontré des miss intello au cours de notre cursus scolaire. Le genre de fille qui ne jure par les études que même en écrivant, elles cachent ce qu’elles rédigent comme si c’était un document top secret, confidentiel de la naza qu’elles doivent à tout prix protéger. Voilà comment était Emma en plus d’être une balance. Oui elle était une sacrée balance ! Tel une élève de primaire, elle ne manquait jamais de signaler les tricheurs au cours d’un examen au surveillant. Résultat elle n’avait pas d’amis si ce n’est qu’une ou deux dont je ne retiens même pas les noms.

Quand Sir Ndao me demanda de m’assoir auprès d’Emma pour cette évaluation, j’eus des sueurs froides. Je m’en voulu d’avoir porté un jean déchiré qui exhibé mes cuisses. Dans le cas contraire j’aurais pu faire comme Elisa et dissimuler sous son pagne la liste de verbes irréguliers. Sacrée Elisa coté tricherie elle remportait de loin la palme d’or. Dès qu’elle portait des habits traditionnels c’est qu’il y avait évaluation. Sous ce genre de vêtement elle ne dissimulait pas des feuilles mais plutôt des cahiers. Au moins je faisais l’effort de regarder certains de mes cours contrairement à elle.

Cette évaluation fut l’une des pires au cours de cette année. Non seulement j’y connaissais rien en grammaire anglaise malgré que tout l’examen porte sur ça mais nous étions assises au tout premier banc faisant face au prof d’anglais.

Je regardai Emma sourire en écrivant. Elle semblait joyeuse l’évaluation était à sa portée c'est certain. A chaque fois que je tentai de jeter un coup d’œil sur sa copie, elle se barricadait de plus bel. Et comme s’il n’avait que ça à faire, le prof à chaque va et vient stationnait à notre table tel un arrêt. Dans ma tête j’insultai miss intello comme pas possible avant de ravaler ma fierté.

_ Emma tu peux m’expliquer quel temps faut-il mettre pour les passive Voice de l’exercice 2 ? Lui soufflai-je

Ne m’y attendant sans doute pas, elle se mit à m’expliquer en chuchotant.

J’étais ébahie : dans pareille situation d’autres m’auraient tout simplement copié l’exercice 2. Demander qu’on nous explique un exercice en pleine examen n’est qu’une forme de politesse pour demander la résolution de cet exercice en question.

_ Ki mo guemeudi loumou koy wagnil souma woné. Doméram ba gui todj dima bayi may galérer. Ki amoul xol way. Mane sakh ma gui beuga niakk fayda haral rek ma wone ko li ma capable akk létam you rape (Cette fille n’est pas croyante en quoi ça va lui diminuer quelque chose si elle me montre. Cette batarde est en train de tout résoudre et me laisse galérer.

Elle n’a pas de cœur. Moi-même je commence à être sotte je vais lui montrer de quoi je suis capable avec ses vieilles tresses.) Me disais-je intérieurement

_ C’est bon tu as compris ? Me chuchota-t-elle après avoir déballé un charabia rapide comme l’éclair

_ Mademoiselle Sané que faites-vous ?

Quand Sir Ndao me fixa, je fis semblant d’écrire très concentrée. En réalité sur cette copie je rédigeais les paroles de la chanson d’une chanson qui m’était venue à l’esprit allez savoir pourquoi. Je retournai ma fausse copie pour observer à la dérobée Emma, la pauvre frôlait presque une crise cardiaque surtout lorsque le prof lui demanda pourquoi est-ce qu’elle me parlait.

_ Sir elle me demandait une double feuille. Finis-je par intervenir en déchirant une à partir de mon cahier et la lui donner.

Elle me murmura un merci et je lui fis un clin d’œil. Si seulement elle savait ! Il a suffi que le prof nous tourne le dos pour que je lui arrache sa copie des mains. Elle me fit les gros yeux tandis que je commençai à tout copier le plus tranquillement possible.

_ Mais que fais-tu Amina tu es folle ? Dit-elle paniquée

_ Chut ne me déconcentre pas et tu as intérêt à faire semblant d’écrire sur la feuille que je t’ai remise avant que le prof ne revienne…..

_ Mais tu triches sur ma copie?

Quelle conne ma parole !

_ Non je ne triche pas ; je fais un constat. Si le prof t’entend cette fois tu seras renvoyée le sais-tu?

_ Tu as ma copie……..

_ Tu me l’as donné tu peux appeler le prof si tu veux et on verra qui de nous il croira…

Elle finit par se résigner allant même jusqu’à faire le guet comme si elle était assise sur un œuf……………

Très gracieusement, une fois fini je me déhanchais satisfaite pour rendre ma copie au prof. Et plus tard je recevais un beau 16/20. Mérité ? Je ne saurai le dire mais j'avais néanmoins fourni des efforts considérables pour y arriver.

Mes deux années dans mon nouveau lycée public en plein cœur de Dakar furent des plus extraordinaires. Dans ce lycée j’avais beaucoup gagné : en notoriété, en notes, en maturité. En notoriété car je m’étais présentée comme miss lors des journées culturelles. Je l’avais fait en cachette puisque ma mère était contre ce genre de choses. Dans mon ancien lycée en lui demandant la permission pour me présenter, elle avait carrément refusé allant jusqu’à me menacer. Cette fois avec l’aide d’Elisa j’avais pu le faire. Lors des sélections tous les élèves m’avaient désigné pour représenter la 1ère LB.

Le seul hic est que je n’avais pas assez d’habits pour l’occasion mais comme toujours Elisa me dépanna. Elle avait l’habitude du sexy et une penderie plus riche que la mienne.

Ce fut l’occasion pour moi de découvrir l'endroit où elle vivait. Avec sa sœur Nicole et son beau-frère Stéphane, ils habitaient dans un bel appartement en centre-ville non loin de la cathédrale de Dakar. Leurs parents étant divorcés, chacun avait refait sa vie. D’après ses dires son père habitait à la cité Baobab avec sa nouvelle famille et sa mère s’était établie à Cap skiring avec son nouveau compagnon qui y détenait un hôtel. Quant à son beau-frère Stéphane, il était dentiste et avait son propre cabinet tandis que son épouse était enseignante dans un jardin d’enfant. Depuis le divorce de leurs parents, Elisa avait aménagé avec eux et leur fils Joachim.

Dans sa chambre je regardais Elisa sortir plusieurs robes courtes qu'elle éparpillait sur le lit en me demandant de les essayer. Ce fut le même verdict pour toutes celle que j'avais essayé.

_ Je te jure qu'elles te vont bien même plus qu’à moi. Essaya-t-elle de me convaincre.

Dans le miroir, la robe beige sembla comme une seconde peau collée à moi. A 16ans déjà, ma poitrine et mes hanches saillaient dépassant considérablement ceux de mes semblables. Heureusement pour moi qu'en matière de rondeurs je ne tenais que des formes marquées de ma famille paternelle. Tout le contraire d'Elisa qui était fine comme une liane. Donc ses robes sur moi devenaient outrancièrement plus sexy.

_ En plus si je porte des talons alors la robe deviendra plus courte......

Elle sembla réfléchir un bon moment face à ma remarque pour sortir de la pièce et revenir avec d'autres habits en compagnie de sa sœur.

_ Waouh quelle déesse s'ébahit Nicole en me voyant. Tu es sublime....

Elle me fit retourner sur moi-même comme pour mieux me scruter.

_ Comme tu es très claire de peau, le rouge ou le noir ferait plus sensation pour ton concours...... Ajoute-t-elle

Elle me tendit une robe longue rouge découpée sur les deux côtés du ventre avec une chainette de rein dorée en plus d'une longue fente allant jusqu’au haut de la cuisse.

_ Parfait voilà celle qui te faut. Chantonna-t-elle plus enthousiaste que nous.

_ Je suis du même avis elle est juste sublime. Ajouta Elisa

Je partageais leur avis bien sûr. Et dire que j'avais toujours fantasmé sur ce genre de robe depuis que j’avais vu Tony Braxton en porter une blanche dans son clip unbreak my heart. Etant donné qu’il y’avait deux passages lors du défilé, Nicole me prêta une autre robe mais courte de couleur bleu foncée longue manche avec des lacets au niveau du décolleté plongeant au niveau du dos.

_ Hi diank (demoiselle) ta sœur est vraiment gentille…………..

_Tu l'as entendu pas de remerciement…..

Nicole et Elisa ne partageaient pas qu’une relation fraternelle. C’était bien plus que ça. D’après elle Nicole représentait bien plus qu’une grande sœur : elle était sa seconde maman. Ce même jour notre amitié franchit un cap non pas à cause des vêtements que sa sœur m’avait prêté mais plutôt parce qu’elle avait eu assez confiance en moi pour me confier la signification de ses tatouages.

Les trois petites étoiles derrière son oreille représentait ses familles puisqu’elle en avait désormais trois : Son père et sa nouvelle famille, sa mère et sa nouvelle famille puis celle qu’elle formait avec sa sœur…….

_ Donc le jour où tu fonderas ta propre famille il y’aura une quatrième étoile ? La taquinais-je

_ Je ne sais pas peut être…. Tu vois ce cœur en fil barbelé sur ma main me rappelle toujours que l’amour fait mal. Mes parents ont refait leur vie sans se préoccuper de ce qu’on pouvait ressentir. Je ne leur en veux pas, ils semblent plus épanouis chacun de leur côté. Papa a d’autres enfants et maman aussi…. Nos demi-frères ont cette chance d’avoir leurs deux parents à leurs côtés mais pas nous………. J’ai grandi entre deux foyers jusqu’à ce que Nicole m’accueille. Au moins Nicole a Stéphane et Joachim. Si je n’avais pas Nicole à mes côtés j’aurais déjà arrêté l’école sans doute rien que pour défier mes parents…. Ils ont failli piquer une crise en voyant mes tatouages. Ils se sont même sentis fautifs, chacun jetant la pierre à l’autre pour le tenir responsable. Maman avait même fait le déplacement jusqu’à Dakar pour m’amener chez son ami psychologue Mdrr. Depuis qu’elle est mariée à ce blanc, sa mentalité à se prendre pour une aristocrate a trop intensifié. Et j’y prenais un malin plaisir à dire au psy que j’étais en manque d’amour pour faire plus cogiter maman……….

_ Non tu es plus pourrie que moi rigolai-je tu as vraiment fait à ça à ta mère ?

_ Oui au moins ça m’a permis de l’avoir tout un mois pour moi avant qu’elle ne retourne dans les iles. Elle a voulu que je vienne avec elle mais je ne peux pas vivre là-bas. Imagine rien qu’à la cité Baobab je me sens comme une prisonnière alors hors de Dakar ça aurait été pire. Je deviendrai folle nullement. Heureusement que Nicole habite en centre-ville.

_ Comme ça tu es encore plus près de Roger ?

Elle rigola un bon moment pour me lancer son oreiller. Roger était son amour. Le seul qu’elle aime vraiment malgré qu’elle ait d’autres copains sur le côté. Les deux étaient très fusionnels. Je n’avais rencontré que deux fois Roger. C’était un artiste, un très brillant dessinateur même. C’est lui qui lui fit même ses tatouages. A ses heures perdues, il jouait au tatoueur. Malgré qu’il soit très prisé dans ce domaine, peindre des tableaux est ce qui lui prenait tout son temps, ce qui aimait. Du peu que je connaisse de lui, il avait un grand impact sur Elisa et vice versa.

_ Ne me parle pas de ce connard…………….

Cette fois c’est moi qui rigolai.

D’habitude, elle ne l’appelait que par des petits noms. Dès qu’elle l’insultait c’est qu’il avait un souci encore comme tout le temps entre eux.

_ Lou héwati (que se passe-t-il encore ?)

_ Tu devrais demander ce qu’il a fait encore…

_ Yow akk Roger daguène ma diakhal dolène ande dolène bayanté (Roger et toi vous me dépassez. Avec tous vos disputes vous ne rompez jamais et vous vous chamaillez de plus bel)

_ Je suis allée chez lui mais sa mère m’a dit qu’il était parti à Gorée

_ Alors appelle-le

_ Il ne décroche pas cet enfoiré…….

_ De toute façon tu as l’habitude.

_ Tu vois quand je te dis que l’amour fait mal ……..

Si l’amour faisait mal je n’en connaissais pas grand-chose. Elisa me le reprochait souvent. Cet aspect à tout prendre pour un jeu quand il s’agit d’amour. Elle a beau être extravagante, michtonneuse mais avait quand même le mérite d’aimer sincèrement son Roger même si je trouve que ce dernier ne le mérite pas. Roger était un Bad boy rien qu’à le voir il puait l’infidélité. Je ne m’étais pas gênée de le dire à ma copine la première fois que je le vu. Il était venu à Kennedy sur sa grosse moto prendre Elisa. Depuis la sortie de l’école, je le vu nous épier et sortir toute sa dentition.

_ Choupi tu sais que je n’aime pas monter sur ta bécane en portant une jupe surtout en matinée. Se plaignait Elisa en se tortillant devant lui comme une puce.

_ Je t’ai dit à plusieurs d’arrêter de m’appeler par ces noms de pédés…

Il avait haussé le ton mais c’était sans compter sur la ténacité de sa chérie

_ Allez mon lapinou ne soit pas grognon……

Je ne pus m’empêcher de pouffer de rires avec les matières d’Elisa qui ne semblait pas remarquer le regard meurtrier de son mec sur elle.

_ Ah j’oubliais cocotte voici Roger Mantane…

_ Son homme poursuivit-il en attirant ma main pour y déposer un bisou.

L’action fut si vite et surprenant que je réagis une minute après en lui assénant deux claques qui lui firent perdre son sourire.

_ Yow kane gay mbédjeu (Qui oses-tu gifler toi ?)

_ En plus d’être osé tu es en même temps con ? Que ce soit la première et la dernière fois que tu poses tes sales lèvres sur mon corps…

_ Sauvageonne de quel brousse viens-tu ?

_ De chez toi chimpanzé va

Contre toute attente Elisa elle souriait telle une conne comme si elle était devant un film.

_ Tu trouves que je ressemble à un chimpanzé ?

Très audacieux mais c’était mal me connaitre.

_ Trait pour trait à un cynocéphale. Elisa j’y vais je préfère de loin me coltiner des maths que ton babouin

_ Mais tu ne sais rien en Maths comme moi pour faire ces exercices

_ C’est mieux pour perdre du temps qu’ainsi

_ Moi par contre j’aurais aimé perdre mon temps avec une sauvageonne aussi bonne…….

_ Alors va vite retrouver ta mère !

Je les laissai planter là pour rentrer. Roger m’exaspérais au plus haut point s’il se croyait tout permis envers les filles avec moi ça n’allait pas passer. Bien que par la suite Elisa tenta de le dédouaner en caractérisant son attitude d’une blague mon opinion était déjà fait le concernant. C’était le genre à collectionner les filles, dragueur hors pair, véritable coureur de jupon, audacieux, vulgaire. Mais comme dit Elisa, si elle eut le privilège d’être présenté à sa famille c’est parce qu’elle était importante pour Roger.

Qui étais-je pour juger Roger ? A y voir de plus près nous n’étions pas aussi différent de lui coté relation. A quelques exceptions prêtes, nous aussi commencions à collectionner les hommes à notre manière.

En dehors de Roger, Elisa jonglait d’autres hommes comme des balles. Un véritable manège pour les soutirer le plus d’argent de cadeaux par des anniversaires, mariages, décès fictifs. Dès fois je lui donnai un coup de pouce en me faisant passer pour une commerçante à qui elle devait de l’argent. Et pourtant elle n’était pas dans le besoin. A vrai dire elle était même plus aisée financièrement que moi. De sa famille, elle recevait pas mal d’argent de sa mère, son beau-père Charles, son père, sa sœur, Stéphane et même Roger dès fois. Tout le contraire de ma famille !

Chez moi c’était différent. Bien que Leyti travaille c’était un radin. Dès que tu lui demandais quelque chose, il te promettait de te le donner sans jamais tenir ses promesses. Quand tu le lui rappelais, il se plaignait d’avoir beaucoup de frais. Alors qu’il ne faisait rien à la maison. Quant à Isseu, elle est comme Leyti en version féminine sauf qu’elle au lieu de te donner, elle te prend ce que tu as. Et puis il y’a Cheikh qui n’est pas radin mais attend toujours qu’on lui demande quelque chose pour te l’offrir. Quand à Fatma elle dépensait tout dans la sape. Il lui arrivait même qu’elle m’emprunte de l’argent qu’elle ne me remboursait jamais. Et Amath le peu qu’il a, l’investi dans la drague. Mon père étant la plupart du temps en mission, maman prenait un malin plaisir à me rappeler que l’argent qu’envoyait son mari était pour les frais de la maison et elle pour finir par m’offrir un 10.000 à chaque mandat.

A l’opposé de mon amie qui depuis ses 14ans, débuta par des amourettes de quartier, pour moi tout commença lorsque je remportai la couronne de miss du lycée. Ce ne furent plus les élèves qui me faisaient la cour mais les professeurs. Rien qu’à voir leurs regards perçant insistant lors de mon défilé je su que je leurs avais fait de l’effet. C’est qu’aussi pour le défilé je n’y étais pas allée de mains mortes. Il fallait me voir percher sur les hauts talons de Fatma et me déhanchais sous les acclamations et les sifflements d’admiration. Pour mon couronnement, j’avais eu comme cadeaux une enveloppe de 50.000 et un coffret cosmétique que j’offris à Elisa.

Quand ma sœur fut au courant, elle s’était tenu la bouche pour ne pas crier. Elle n’en revenait pas que je puisse faire cela surtout en cachette. Elle admira longuement mon écharpe de miss ainsi que le diadème aux fausses pierres argentées.

_ Non Amina yama rawe am gua fit ba diahal ma. (Non Amina tu me dépasses largement tu n’as tellement pas froid aux yeux que ça me préoccupes) Finit-elle par dire

_ Au moins mane dama am class di andal niou am class (Au moins moi j’ai de la class et ne sors qu’avec des gens qui ont de la class)

Elle accueillit bien ma pique. Fatma avait raison je la dépassais fortement. Je m’étais fait un point d’honneur à ne pas sortir avec n’importe quel homme. J’avais mes critères.

Contrairement à ma sœur qui sortait avec n’importe quel homme capable de lui donner de l’argent moi je les triais. J’avais des conditions qu’il fallait remplir pour sortir avec un homme. Il faut qu’il soit présentable avant tout et bien sûre ça incluait aussi le job mais surtout avec un portefeuille bien garni. Là ou Fatma avait des copains boutiquiers, receveur ou contrôleur de bus, taximan ou encore gérant de fastfood moi j’avais des cadres. Et le premier d'entre eux fut mister Ndao mon professeur d'anglais en classe de première………………………………………………………………………………

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Rebelle R

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