Chapitre 2
Partie 2 :
Il est cinq heures du matin quand je sens une main me tapoter l’épaule, j'ouvre tant bien que mal les yeux : C’était Mamou. Elle était déjà prête et voulait me dire au revoir car le bus de la gare routière démarrait à six heures. Le moment des Adieux était arrivé; j'étais soudain triste mais au fond de moi je me rassurais en me disant que c'était plutôt des Au revoir puisqu'elle avait promis venir me retrouver.
Mamou : Oti il faut rester sage ici hein. N’embêtes pas trop les soeurs avec tes caprices là, m'as-tu compris ? Je reviendrai te chercher très bientôt... Je t’aime très fort fiston.
Suite à ces mots elle me prit dans ses bras et me fit un gros câlin, elle était toute silencieuse et l'instant d'après je senti mon épaule humide : Mamou pleurait. C’était la dernière fois que je la voyais.
Quelques minutes après, elle se leva, prit son sac à bagage et remercia la sœur. Avant de sortir elle m’envoya un baiser avec sa main et la sœur lui remit une croix qu’elle rangea bau fond de la poche de sa robe. Ah Mamou était partie.
Deux heures plus tard, nous sommes réveillés par des bruits stridents de la sonnerie. Pourquoi nous ? Et bah tout simplement parce que je n’étais pas le seul orphelin de l’orphelinat. A l’écoute de la sonnerie, on devait tous se réunir dans la grande cours où nous devions faire une prière afin de confier cette journée qui commençait au très Haut, ensuite chacun regagnait sa parcelle pour exécuter une tache bien précise, C’est seulement après le dîner que chacun de nous pouvait vaquer à ses occupations si l'on peut dire ça. On se retrouvait dans la cours où l’on s'adonnait à des jeux de toutes sortes. jusqu'à vingt heures heure à laquelle nous devions tous regagner nos chambres.On ne vivait pas du tout dans le luxe, un lit de deux places était occupé par six orphelins.
De temps en temps on recevait des visites de personnes de bonne volonté qui venaient nous faire des dons : nourriture, vêtements, argent et j'en passe. Tout était accepté. Le samedi tous les enfants étaient réunis se dans la salle d’études où des cours de catéchisme nous étaient dispensés. Il était important que nous ayons des connaissances sur notre Créateur.
Au fil des jours les enfants venaient, d’autres partaient car ils avaient enfin trouvé une famille. Sœur Florence s’occupait toujours aussi bien de moi mais ne me présentait jamais aux familles quand bien même ils désiraient adopter un enfant. Tout le monde y passait sauf moi. Elle avait pour habitude de m’appeler « Oti ». Cela me faisait penser à Mamou. Le temps s'est chargé de faire en sorte que je l'oublie un peu.Je me disais à ce moment qu'elle avait vraiment décider s’effacer complètement de ma vie. Mais je suppose que de temps en temps elle prend de mes nouvelles auprès de Sœur Florence.
Les orphelins ? il y en avait de tout genre. Grands petits, gros, minces, bébés, garçons, filles. On était tous la. Quand j’ai su ce qu'était un orphelinat j’ai détesté mes parents parce que je ne savais absolument rien de mon passé si ce n’est que Mamou est venue me déposer ici. Je me demandais comment des parents pouvaient avoir un cœur aussi dur, comment pouvait-on en arriver à abandonner son propre enfant? J'ai pensé à un moment que certains étaient peut-être morts ou démunis. Alors les miens étaient-ils morts ? M’avaient-ils abandonné ? N’avaient-ils pas assez de moyens pour subvenir à mes besoins ? Tant de questions qui se bousculaient dans ma petite tête et auxquels Dieu seul pouvait y répondre.
Parfois lors de la prière je demandais au petit Jésus de me trouver une famille, pour avoir la vie d'un enfant normal de six ans. Et oui une année s’était déjà écoulé depuis le jour où Mamou était venue me déposer ici. Les soeurs m’avaient créé une date d’anniversaire pour que je sois comme tous les autres enfants. Elles avaient alors choisi le 15 juin. Je me suis créer beaucoup d’amitiés avec les enfants ici mais chaque jour je les voyais partir un à un alors que moi j'étais toujours là.
Mais alors que je ne m'y attendais pas du tout Sœur Florette me fit appel dans son bureau un dimanche après la messe. Je fus tout d'abord étonné parce qu'elle le faisait rarement et en général c'était pour nous gronder ou nous sanctionner lorsque quelqu'un avait commis une bêtise et personnellement je ne me reprochais de rien. Je me dirigeai vers son bureau embarrassé et arrivé au pied de la porte je baissais la tête car je ne pouvais affronter son regard. C’était un signe d’impolitesse et en aucun cas je ne souhaitais paraître impoli à ses yeux. Après un silence qui me semblait durer une éternité :
Sœur Florette : Anthony pourquoi baisses-tu la tête ?Oui j’avais une nouvelle vie et par conséquent un nouveau prénom. Je ne m’appelais plus Otiti mais Anthony. C'était plus beau et moderne.
Moi : Parce que je sais que...que quand vous nous appelez ici c’est parce qu’on a commis une bêtise.
Sœur Florette : Oui tu as raison mais cette fois-ci ce n’est pas pour cette raison que je t’ai appelé. Tu sais tu n’es pas arrivé ici par hasard. Ta tante ou encore ta maman Obone est venue te déposer ici il y a de cela un an et demi maintenant. En partant elle m’a fait promettre de tout te dire notamment 'le pourquoi' de ta venue ici. Il y a deux ou trois jours une femme nommée Madame Manet est venue ici pour adopter un enfant. Je crois que tu seras l’enfant idéal pour elle mais avant de partir je dois te raconter ton histoire car tu viens de loin et n'es pas né quand du tronc d’un arbre.
Elle me souleva puis me déposa délicatement sur ses genoux déja fatigués par le poids de l’age. Puis elle commença son discours avec ces propos « tu es né au bord d’une rivière… elle a promis qu'elle viendra te retrouver avant de partir ».
C’est ainsi que j’ai connu mon histoire, mon origine, ma naissance au bord d’une rivière, que j'ai été chassé par les vieux du village et ainsi retrouvé dans un orphelinat ; ma maman étant morte par ma faute, Mamou n’avait pas d'autres choix que de venir me déposer ici. La seule chose qui me reconfortait c’est le fait qu’elle m’ait promis de me retrouver. Quand elle eût fini de parler je sentis comme un nœud dans sa gorge mais je ne voulais qu'elle soit triste par ma faute
Moi : Pourquoi es-tu triste Sœur Florette ?
Soeur Florette : Parce que tu es un enfant bien et les enfants comme toi ne mérite pas un tel traitement. Etre banni de son village alors qu'on ai innocent personne ne devrait subir cela. Je suis aussi triste parce que tu étais comme mon enfant Oti et dans deux jours tu devras faire tes valises pour aller vivre auprès de Madame Manet. Je pense qu'elle saura être une bonne mère pour toi. La séparation avec les enfants est toujours compliquées mais je dois m'y faire. Quand tu sortiras d'ici va ranger tes affaires car tu pars dans deux jours.Je suis contente d'avoir rempli ma part du contrat, j’ai pris soin de toi comme la prunelle de mes yeux et désormais tu connais ton histoire. Je te souhaite le meilleur dans ta vie.
A ces mots je sentis une joie m'envahir. Le Tout-Puissant avait écouté mes prières et m'a donné une vraie famille. En même temps j’étais un peu triste de laisser Sœur Florette en pensant à tout ce qu'elle a bien pu faire pour moi. Je sortis du bureau et me dirigeai vers le dortoir pour annoncer la bonne nouvelle à mes amis Mathieu et Paul. Ils étaient tristes mais connaissaient par cœur la réalité de l'internat. Ils savaient que j'aurai désormais droit à une vraie vie de famille et redoubleraient d’efforts dans leurs prières afin que le bon Dieu puisse leur accorder les joies d'une vie en famille.
Le jour J est vite arrivé, Le temps est beau et je faisais mes adieux à l'orphelinat. Vu la couleur du ciel et la température on pouvait lire sur le visage de la nature qu’il était environ dix heures. Madame Manet était dans le bureau de Sœur Flo. Elle se tenait là, assise sur la chaise en face de celle-ci. Et moi, je me tenais à la porte et je la fixais. Elle était noire, trente-cinq ans environ , avait les cheveux en coupe carrée, une silhouette fine et des jambes assez longues. Mais pourquoi ce nom Manet ? Bref je la regardais quand la sœur me regarda et dit :
Sœur Florette : Tiens voila le bambin dont nous sommes en train de parler. Viens Anthony ne fais pas ton timide et approche-toi. Dis bonjour à ta maman
Chapitre 3
Partie 3 :
Non je n’avais pas peur, loin de la. Non je ne faisais pas non plus mon timide mais cette femme était tellement… tellement belle et jeune comparées aux autres qui viennent par ici. Non je ne fais pas de comparaison entre les mamans. Mais celle qui est venue à moi était simplement magnifique.
Je m’avançai vers elle et a chaque pas que je faisais je sentais mon visage s’illuminer comme si je sortais des ténèbres. Non je ne dis pas que dans cet orphelinat j’ai vécu l’enfer mais enfin je pouvais avoir la vie que j’avais toujours rêvé. Je suppose qu’elle est mariée a un blanc vu son nom. Enfin une chaleur masculine. J’étais content.
Sœur Florette : ah voila que tu commences a montrer ton beau sourire a la jeune dame. C’est bien mon poussin. Bon je vais vous laisser un moment
Sœur Florette sorti de la pièce et me laissa tout seul avec ma nouvelle maman. elle me fixait elle me regardait. On pouvait lire dans ses yeux pleins d’émotions. Surtout de la joie. Soudain je vis que ses yeux commençaient à briller. Elle pleurait de joie. A peine elle me voyait qu’elle m’aimait déjà
Elle : bonjour Anthony. Je m’appelle Madame Manet Clémencia. Je vais etre ta nouvelle maman.
Moi : bonjour maman.
Je ne sais pas pourquoi je l’ai appelé comme cela mais c’est juste que j’en avais envie et surtout besoin.
Dès que ces deux mots sont sortis de ma bouche j’ai aperçu un sourire se dessiner sur ses lèvres. Vraiment cette femme était belle.
Elle : j’espère que tu vas bien.
Moi : oui et toi ?
Elle : ca va je suis très heureuse de te voir mon bébé. Je crois qu’il est temps que tu prennes tes affaires et qu’on aille a la maison. Tout va bien se passer. J’espère aussi que ta nouvelle vie va te plaire.
Je sortis pour aller prendre mes affaires et dire au revoir a mes amis de l’orphelinat
Moi : les amis on est venu me chercher. Je pars bientôt aussi votre tour oh ?
Mathieu : tu vas beaucoup me manquer… snif… je vais encore manger les mangues vertes sous l’arbre la bas avec qui ?
On aimait bien se cacher pour le faire. Les Sœurs ne l’aimaient pas elles disaient que ca rend malade mais on en raffolait et on s’en foutait du traitement qu’on pouvait subir après. Le plus important pour nous était de déguster ces merveilles de la nature.
Avant de sortir du dortoir, je pris mes deux amis d’ici dans mes bras tout en leur disant que leur tour est proche. Je dis ensuite au revoir de la main aux autres et je me dirigeai vers le bureau de Sœur Florette pour les retrouver et lui dire aussi au revoir a elle.
Moi : c’est bon je suis prêt.
Sœur Florette : ohlala tu as les yeux tout rouges. Ce sont les autres qui t’ont fait pleurer ?
Moi : oui mais c’est normal. Je ne vais plus les revoir
Madame Manet : oui c’est vrai mais tu vas venir rester avec maman.
Ces mots me firent complètement oublier ce que je venais de vivre avec les autres. Sœur Florette se leva et nous accompagna jusqu’au portail de l’orphelinat. Le même portail par lequel je suis rentré il y a deux ans auprès de Mamou que je n’ai plus jamais revu de ma vie.
Elle se courba puis me prit dans ses bras et me murmura a l’oreille « tu vas me manquer Oti sois sage la ou tu pars je ne veux pas qu’on vienne te redéposer ici ». Puis elle se leva et déposa un baiser sur mon front et fit une petite prière avec moi pour que Dieu guide mes pas et me protège en toutes circonstances.
Moi : au revoir Mam Flo.
Madame Manet la remercia et on se dirigea vers une voiture assez élégante. Surement celle de Madame Manet. On monta à l’intérieur, elle démarra et je collai mon visage sur la vitre pour regarder pour la dernière fois l’orphelinat dans lequel j’étais depuis deux ans… au revoir ancienne vie, bonjour nouvelle vie.
On arriva devant le portail de la grande et belle maison dans laquelle j’allais vivre
. Le klaxon réveilla le gardien qui somnolait vautré sur sa chaise en plastique.
Maman : Rigo toi tu es toujours en train de dormir devant la toi tu es même quel genre de gardien comme ca ? un jour si on me braque ici ca va être a cause de toi.
Lui : pardon patron pardon
Maman : oui tous les jours c’est pardon pardon. Vas m’ouvrir le portail la bas pardon.
Lui : d’accord patron.
Rigo passa par le petit portail pour ouvrir le grand. Le spectacle qui s’offrit à moi était juste magnifique. Je vis une sorte de rond point. Il y avait une statue, une sirène qui crachait de l’eau. Franchement c’était magnifique ce que je voyais. On se dirigea vers le garage puis on sorti de la voiture.
Elle : alors ta nouvelle maison te plait ?
Franchement j’étais impressionné par la grandeur des lieux.
Moi : humm oui oui
Mon oui était tellement timide qu’elle éclata de rire puis me dit
Elle : pas la peine d’être timide ca va être ton nouveau chez toi donc il faut déjà que tu t’habitues a cette ambiance. Allez suis moi je vais te faire visiter et te présenter au personnel de la maison.
Je ne me fis pas prier hein franchement j’avais hâte de voir la suite. La devanture me fit frissonner je voulais savoir qu’elle émotion l’intérieur allait créer en moi. Au fur et a mesure qu’on avançait j’étais tout excité. Quand elle ouvrit la porte d’abord je constatai que tout était fait de marbre ici. Une des richesses de notre beau pays le Gabon. Pour faire simple la maison contenait 8 chambres. Et les employés étaient au nombre de 6. on avait 2cuisiniers, 2 femmes de ménages, 1 jardinier et 1 gardien. Chacun d’eux occupaient une chambre dans la maison. Il restait donc deux chambres. La mienne et la chambre conjugale. Au sous sol il y avait une salle de jeu pour que je m’amuse surement parce que a ce que je vois je suis le seul enfant dans cette grande maison.
Après la visite elle fit les présentations. J’ai donc eu à rencontrer Hortence et Florien, les deux cuisiniers ; Thérèse et Antoinette, les deux ménagères ; André le jardinier et Rigobert dit Rigo le gardien. Tout le monde était au petit soin, Tout le monde voulait me chouchouter. Elle me présenta comme son fils. Le fils qu’elle n’avait jamais eu. Hortence s’exclama
Hortence : ah enfin un enfant dans cette grande maison bien triste. Il était temps qu’un enfant apporte un peu joie et gaieté ici. Qu’on crie un peu pour un oui ou pour un non
Hortence était une femme assez âgée elle devait être dans la cinquantaine elle me faisait penser a Sœur Florette. Elles avaient les mêmes airs. C’était la plus vieille du groupe je crois.
Maman : vraiment il était temps que je donne un peu mon amour a quelqu’un. Moi qui suis veuve.
Hein ? Comment ca veuve ? Et moi qui me disais que j’allais enfin avoir aussi un papa. Vraiment le monde est injuste.
Elle me regarda et me dit
Maman : et oui Anthony mon cher époux est mort l’année passée a l’âge de 65ans. On venait de se marier j’avais 32ans. Si jeune et déjà veuve. Il souffrait du diabète.
Je restai muet qu’est ce que je pouvais dire ? J’avais tout juste 7ans et à vrai dire je venais juste de la connaître je ne connaissais aussi rien de lui.
Maman : bon bref on va passer a table puis on ira en ville faire des courses pour toi. Te payer de nouveaux vêtements. Tu n’as rien apporté ici on doit te refaire ta garde robe.
Moi : d’accord ca me va. A vrai dire j’avais faim. Depuis ce matin je n’ai rien avalé
On se mit a table et Florient vint nous servir ce qu’ils avaient préparé pour le menu du jour. C’était des feuilles de manioc avec du riz avec de la banane plantain a coté. Franchement un vrai délice.
On eu le temps de manger, de digérer et nous voila partis pour la ville. En route pour city sport.