Chapitre 2

"Un cri... Que se passe-t-il ?.. Je ne vois rien... J'ai si mal... Je sens que je sombre..."

Je plonge dans mon cauchemar...

"À l'aide..."

Je me réveille, un endroit lugubre, sordide. Un homme ayant environ la trentaine, ressemblant à une personne peu fréquentable, apeurant, le regard dur, froid, terrifiant.

Il s'appelle Monsieur Marie, le directeur de l'orphelinat où je réside depuis ma plus tendre enfance.

"Seule... Si seule... Papa... Maman... Pourquoi suis-je là ?.. Où êtes-vous..."

Je suis dans cet endroit depuis la naissance, je le sais, pratiquement neuf ans que je souffre le martyre. Ici il n'y a pas d'humains, juste des coquilles vides, abusées par leurs maîtres.

J'ouvre les yeux une nouvelle fois... Encore ma maudite chambre, sale, humide et mal entretenue. Même en la nettoyant, rien ne pouvait empêcher les moisissures de se propager dans le coin des murs. L'odeur nauséabonde de cet endroit me détruit le nez, à force on finit par s'y habituer, par s'adapter. Une chambre simple, une table, une chaise, un matelas troué, un coussin dessus ainsi qu'un drap, un calendrier insensé, une horloge au bruit régulier stressant, sans oublier le miroir. Je m'avance vers celui-ci, me regarde. Moi, petite, maigrichonne, les cheveux châtains et longs, coiffés naturellement, sans épis, mes yeux marron noisette reflètent quelque chose qui me fait peur. Une sorte de noirceur au fond de mon regard... J'ai un petit nez, des petites lèvres, mon joli sourire, gâché par des vêtements sales, juste un pyjama blanc muni de points bleus.

Je retourne sur mon lit, devant moi, la porte blanche, des salissures jonchant les extrémités de celle-ci. Je suis enfermée, sans aucun doute pour m'empêcher de voir les autres enfants en dehors des pauses ou des cours.

Les cours ne sont qu'un prétexte pour nous manipuler ou nous faire travailler, on n'y apprend pas grand-chose malgré les tonnes de livres qu'on peut trouver dans l'orphelinat. J'en ai dans ma chambre, ils sont cachés dans un gros trou qu'il y a derrière l'horloge, ils ne fouillent jamais cet endroit, ça me permet d'apprendre à lire en plus des leçons. Nous apprenons aussi des trucs religieux dont je ne comprends pas vraiment le sens. On nous parle de Dieu à qui on doit tout et du Diable de qui on doit se méfier, il y aurait aussi le Paradis, pour les personnes qui ont fait des choses bien dans leur vie et l'Enfer pour ceux qui ont fait de mauvaises choses. Pourtant, je n'ai pas l'impression d'avoir été mauvaise, malgré tout j'y suis, en Enfer, j'ai beau être gentille avec les autres, être souriante malgré la souffrance, rien n'y fait, je ne pars pas de cet endroit. L'impression de pourrir là-bas toute ma vie me terrifie au plus haut point...

La porte s'ouvre soudainement, la lumière s'allume, j'ai l'impression que mes yeux brûlent, je les ferme spontanément, j'entends des bruits de pas rapides s'approchant de mon lit avant de sentir une main ferme, prenant mon bras, me soulevant d'une force herculéenne, qu'ai-je encore fait ? J'observe la silhouette, me rends compte que c'est celle de Mr Thomas, un surveillant de l'orphelinat, grand, les cheveux roux, courts avec une calvitie avancée. Il est habillé d'un pantalon noir, serré et d'une chemise bleue, retroussée au niveau des bras, m'obligeant à voir ses longs poils sales. Ses yeux globuleux génèrent un malaise à l'instar de ses cernes violettes, de sa moustache et de sa barbe. Je ne peux même pas y penser sans être nauséeuse.

-Mr Thomas, lâchez-moi !! supplié-je en me tortillant dans tous les sens en vain.

Je reçois une gifle, si forte que je tombe, mon cou craque, je touche instinctivement ma joue et mon nez, du sang. Des larmes coulent de mon visage, normalement impossibles à retenir, mais je le fais avec difficulté suite au regard menaçant de Mr Thomas.

Il me traîne le long du couloir, je préfère me laisser faire, je le sais capable de monstruosités. Cet homme a déjà battu des enfants plus âgés que moi, un simple regard, un regard montrant aux adultes qu'ils ne sont pas tout puissants et une pluie de coups s'abat sur ces enfants rebelles. Mais moi je le sais, qu'ici, ils sont les maîtres, ils peuvent faire ce qu'ils veulent, j'ai bien compris que ce n'est pas un endroit de gentils, peut-être suis-je là-bas pour ma méchanceté, peut être que je le mérite, je ne suis sûre de rien.

"Et tu ne le seras jamais..."

Au bout du couloir se trouve le bureau du surveillant. Plusieurs sont comme le sien, cinq en tout, comme le nombre de blocs, qui vont du A au E. Je suis dans le D. Architecture simple, deux couloirs, un dans le premier étage, l'autre dans le deuxième. Je suis dans le plus haut, on est séparé des autres bâtiments. Les seuls moments où l'on peut voir les enfants des autres bâtiments, c'est lors des pauses. On a le droit de se promener dehors sous la surveillance du personnel mais nous pouvons aussi nous voir lors des repas dans la cantine qui se trouve au milieu des autres blocs.

On entre dans son bureau, je remarque des tableaux représentant des personnes qui ne me disent rien.

"Ils sont obligés de mettre ces têtes horribles dans leur bureau ? Bien fait."

Son lieu de travail est muni d'une étagère avec d'innombrables livres religieux, d'une table servant sans doute pour travailler ainsi que deux chaises, dont l'une occupée par un jeune garçon qui sanglote. Il se tait de la même façon que moi suite au regard de ce fichu surveillant. Il est petit, maigrichon. Ses cheveux blonds, mal coiffés, partent dans tous les sens et il porte des lunettes rondes bleues qui se marient très bien à la couleur de ses yeux. Le visage du petit ne m'est pas inconnu.

"Plus tard il sera mignon."

Malheureusement, je comprends de suite la raison pour laquelle je suis là. Mr Thomas me sonde de la tête au pied, son sourire sadique, satisfait, me donne la nausée. Je sais d'avance que je vais passer un sale quart d'heure dans le cachot, non, au moins deux journées dans cet endroit dégoutant, la porte est juste en face de moi.

-Tu sais ce qui t'attends petite... murmure le surveillant de sa voix malsaine, reflétant sa jouissance intérieure. Je t'ai pourtant prévenu, tu ne détaches pas le petit....

-Il a volé de la nourriture car il meurt de faim ! protesté-je en m'engouffrant dans son regard.

-Les règles sont les règles, il n'y a pas d'objections qui tiennent donc maintenant tu fermes ta gueule et tu vas te laisser faire.

Ses yeux devenus monstrueux, me terrifient, je tente de reculer, il me tient si fermement la main que je n'arrive même pas à me déplacer de quelques centimètres.

-Vos règles sont pas humaines ! crié-je tout en lui frappant le bras. Il n'a que sept ans et vous l'attachez !! Vous êtes des monstres !

En une fraction de seconde je sens une claque me faire voler contre la porte d'entrée, j'ouvre les yeux, le sol. Il me soulève sans problème sous les pleurs du jeune garçon, terrifié, je ferme les yeux tout doucement pour lui dire que tout va bien et je souris. Mr Thomas m'emmène de l'autre côté de la pièce, il ouvre la porte menant à des escaliers en pierre puis en bas de ceux-ci, il en franchit une autre pour donner place à une pièce glauque, il m'y jette, me déshabille, je me sens tellement à sa merci... Il agrippe une chaîne accrochée au plafond, prend mes mains et les attachent à celle-ci, je ne peux même pas m'asseoir, il me fait un clin d'œil. Mon sang se glace.

-Si tu avais été plus grande, je me serais bien amusé avec toi...

-Que voulez-vous dire ? interrogé-je, apeurée.

-Une ignare, tu ne sais pas ce qu'est le viol ?

Je le regarde d'un air crédule, qu'est-ce qu'il raconte...

-Je vois que tu ne connais vraiment pas... C'est quand un homme rentre dans une femme qui pleure, il lui fait toute sorte de choses, du sexe si tu préfères, tu comprends la conne ? Je t'en avais déjà parlé non ?

-Vous êtes dégueulasse !

-Ferme là petite pute, c'est ce qui t'arrivera un jour, attends ce moment avec impatience.

Il veut vraiment me faire ça ? Il me dégoute, je le déteste, j'ai si peur... Il va un jour me faire encore plus mal, me détruire. Je n'attends pas ce moment avec impatience, je le redoute tellement... Il finit par sortir du cachot, la porte se ferme complètement.

Du noir, de l'humidité, du silence, pas si différent de ma chambre finalement. Soudain, j'entends un cri, il ne provient pas d'un enfant, plutôt d'une femme, le monde autour de moi change, je ne vois plus le cachot mais du flou...

-Maman !!! hurle la voix d'un garçon assez mûr. Je t'ai entendu crier, putain... Ça va ?!

"Des pleurs... Une femme... Qu'est ce qui se passe ?.. J'étais dans le cachot..."

-Regarde Naël... sanglote-t-elle, tombant à genoux. Son corps...

"Mon corps... Oh... J'étais dans un cauchemar..."

Le jeune garçon se tourne alors vers moi, malgré tout le flou, j'arrive à distinguer les silhouettes ainsi que leurs mouvements, leurs mains plaquées devant leur bouche, l'air scandalisé.

Oui, mon corps est marqué de nombreuses cicatrices, elles sont le reflet de ce que je suis dorénavant. Une poupée cassée...

Chapitre 3

Une sensation bizarre... Inhabituelle... Je commence à bouger ma main, est ce que mon corps me répond ? Elle bouge... Ok... J'ouvre les yeux, une douleur à la tête... Sans doute une bosse... Je tente de me redresser... D'innombrables douleurs dans tout mon corps... Des brûlures et des coups... J'en suis sûre...

"Mince... J'ai si mal... Au moins je sais que je suis réveillée cette fois..."

Je scrute les lieux avec attention, sans bouger la tête, ça me dit rien...

Je suis où ?

C'est plus beau, plus luxueux, plus agréable.

Je suis dans une chambre... La fenêtre est grande ouverte, le ciel est orangé. On est en soirée alors... Combien de temps j'ai dormi ?

"Je suis tellement perdue..."

J'observe les alentours, le plafond est blanc, rien de plus à dire, je me redresse doucement. J'aperçois un tableau, il est magnifique, une jolie fille aux yeux bleus éclatants, un paysage désertique avec de beaux monuments et des vaisseaux volants. J'ai l'impression d'être l'œuvre, moi, dans un endroit inconnu, sans aucun repère.

Je remarque une tablette sur la table de nuit à mes côtés. Je la prends ? Non... En face j'aperçois, une télé, pas intéressant... À gauche ? Je me tourne, constatant à un mètre de moi la porte, puis une silhouette à côté, assise sur une chaise. Elle me fixe. Mon visage se décompose littéralement. Un homme. Je crie et recule jusqu'à tomber du lit, la tablette et la lampe de nuit se prennent un coup et finissent par terre.

"Putain... Quelle conne !"

-Qu'est ce qui se passe !!! hurle au loin une voix familière.

-Rien maman t'inquiète ! répond la voix du jeune garçon.

J'ouvre les yeux, il est en face de moi... Instinctivement, je me recroqueville malgré la douleur parcourant tout mon corps frêle. Il va me battre ? Je suis habituée de toute manière... Plusieurs secondes s'écoulent, rien ne se passe. Je tourne timidement la tête, je regarde son visage, j'observe son corps, grand, assez musclé, sa peau métisse lui donnant un certain charme, ses cheveux noirs, assez longs et ondulés, ses mèches de cheveux lui recouvrant le front ainsi que ses yeux hypnotisants... Ils sont verts émeraude, son regard à la fois doux et glaçant ne me laisse pas de marbre, pourtant je suis apeurée... Il se penche. Je fais quoi ? Il veut paraître moins imposant ? Pour mieux m'avoir ? Son regard plonge en moi. Je crois pas qu'il me veuille du mal... Je finis par lui tendre la main à contrecœur, il m'aide à me poser sur le lit avant de ramasser tout ce que j'ai fait tomber pour le remettre à leur place.

-Merci... bafouillé-je en l'observant.

-C'est normal t'en fais pas.

J'ai aucune envie de rester ici, encore moins de discuter, surtout avec un homme... Pourtant, je veux des réponses...

-C'est toi qui m'as sauvé du feu ? interrogé-je d'un ton calme.

-Oui c'est moi. répond-il d'une voix douce et fluide.

Malgré ma méfiance, je suis honnête, je le remercie en me penchant, mon visage se crispe, la douleur de mes blessures reprend le dessus. C'est horrible... Le jeune homme le remarque, me demande de me redresser. Ça m'étonne, pourquoi est-il si sympathique ? C'est louche...

"Allez, pose d'autres questions."

-Et tu as vu un homme dans la maison ?

Mon regard s'alterne, passant d'une douceur à une noirceur oppressante, frôlant l'envie de meurtre. C'est de sa faute... Tout est de sa faute...

"Et pourtant je pense à lui... Je suis si pitoyable..."

-Non mais on m'a dit qu'un mec s'est barré de la maison avant que j'arrive.

Je le fixe, il n'a pas le regard d'un menteur, il est vraiment parti ? C'est impossible...

-À mon tour de poser des questions, c'est quoi ton petit nom ?

Je ne réponds pas, dois-je me dévoiler devant un inconnu ?

-T'es en sécurité ici, tu peux me répondre. m'assure-t-il, le regard persistant.

"Il essaye de m'amadouer ?"

-On me l'a déjà dit... murmuré-je, les dents serrées.

Encore un silence, ne pouvant rien répondre à ça, il ne dit rien, à quoi pense-t-il ? Il me reluque, la curiosité dans ses yeux, je l'ignore en regardant la fenêtre, mon éventuel échappatoire.

-T'enfuis pas s'il te plaît. dit calmement le garçon en se dirigeant vers la porte. T'as un plateau avec des fruits à côté de la télé en face de toi, tu peux utiliser la tablette, je pense qu'elle marche encore et si je te dis de pas partir c'est pour ton bien, t'es salement amochée...

J'ai pas envie d'aller dans son sens, je le regarde simplement partir, avant de penser à quelque chose qui me trotte dans la tête depuis son premier geste pour moi.

-Attends ! m'écrié-je d'une voix plus forte que je voulais.

Le garçon se retourne aussi vite qu'un tigre sautant sur sa proie, mon intervention l'étonne, je peux le voir. C'est vrai que je ne lui ai laissé aucune chance. S'il est mauvais il ne m'en laissera pas non plus.

-Pourquoi vous m'aidez ? interrogé-je. Personne ne m'a jamais aidé, alors pourquoi vous ?

-On a apprit à toujours aider ceux dans le besoin. Mais j'avoue que j'étais curieux de te connaitre. me répond-il en souriant. Bonne nuit petite inconnue.

Il sort de la chambre, me laissant seule avec mes pensées, avec mon imagination. Je me trouve dans un lieu qui me dit rien avec des personnes inconnues, au moins ils pourront pas faire pire que lui... Pourtant l'appréhension continue de se blottir à mon âme, je connais déjà ça.

L'impression que tout va bien alors qu'en réalité c'est la descente en Enfer.

Je tente de me lever pour aller allumer la télé, une épreuve éprouvante. Rien qu'être en contact avec les draps est douloureux alors me mettre debout... Quelle idée... Je me tiens au lit pour marcher, des bandages aux jambes et au ventre entravent mes mouvements.

"Ils m'ont soignée..."

Je continue de marcher vers la T.V malgré la douleur de mes blessures et des frottements du bandage contre mes brûlures.

Après quelques minutes d'efforts surhumains, je réussis enfin à atteindre la télécommande sur le meuble, j'utilise mes dernières forces pour remonter sur le lit afin de pouvoir retourner à ma place d'origine. Enfin...

Une fois correctement installée, je prends la télécommande et allume la télé, zut, encore un feuilleton policier... Il aimait tellement ça, j'en ai été dégouté... Je zappe les chaines avant de tomber sur une série que j'adorais avant le drame. Avant que je ne puisse plus rien faire... Je la regarde jusqu'à ce que je m'assombrisse.

Les rayons solaires matinaux me réveillent, pourquoi ces fichus volets sont ouverts ? Je me tourne et remarque le jeune garçon dormant sur un petit fauteuil non loin de moi, je m'exclame avant de plaquer mes mains sur ma bouche. Je vais le réveiller... Faut que je me... Trop tard.

-Salut...

Je le fusille du regard, que fait-il ici ? Il m'a touchée ? Le garçon a dû comprendre mon message, il réagit instantanément.

-Je t'ai entendue crier cette nuit, donc j'ai veillé sur toi. m'explique-t-il en me regardant dans les yeux. Et jt'ai amené un p'tit dej.

"Il m'a entendue crier... C'est si honteux..."

Je me retourne, je vois un plateau avec un bol de céréales et un verre de jus d'orange, les larmes me montent aux yeux mais ne rien laisser paraître devant des inconnus est ma philosophie, je lui fait un signe de tête en guise de remerciement.

-Je reviens te voir après ok ? dit ce mystérieux garçon.

Je sais pas ce que contient son petit déj, je vais pas le manger, non pas que je sois difficile car je suis affamée, j'ai beau l'être je ne suis pas débile, je me suis déjà faite avoir une fois avec ça... Je prends plutôt la tablette à côté et l'allume, pas de mot de passe, en naviguant sur Internet je me rends compte que l'incendie de ma maison est passé dans l'actualité locale. C'est dit que personne ne sait à qui appartient celle-ci. Normal... Et lui... Que fait-il, me chercher sans doute... Il ne pouvait pas se passer de moi, c'était réciproque d'ailleurs... J'étais à lui et le suis encore malgré moi... Je m'inquiète pour lui alors que je devrais me réjouir... Tellement de sentiments contradictoires.

Je suis complètement folle... J'ai peut être une chance de lui échapper...

Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvre, je sursaute, il me harcèle ou quoi ? Je sens mon coeur se nouer. Tellement que j'ai l'impression d'étouffer. Encore un homme inconnu... Ils me veulent quoi à la fin... S'asseyant sur le petit fauteuil, il m'observe. C'est l'opposé du jeune homme d'avant, bronzé, assez grand, sa coupe singulière, un dégradé sur les côtés ainsi que sur l'arrière de la tête, le dessus de ses cheveux blonds sont coiffés vers l'avant, son front dégagé, ses sourcils fins et châtains et ses yeux bleus, froids et envoûtants, il possède deux boucles d'oreilles sur l'oreille gauche. Une petite voix résonne dans ma tête.

"Il est dérangeant. Fais attention..."

Il m'observe toujours, me fait flipper, il a réellement l'air intrigué, le jeu de regard entre nous dure de longues minutes avant qu'il ne commence à parler.

-Salut. me dit-il d'un air qu'il veut innocent. Je m'appelle Aiden et toi ?

Comme l'autre je l'ignore, ils se prennent pour qui ?

-J'ai entendu dire que tu avais des cicatrices. continue-t-il, ignorant mon regard froid. Tu sais moi je ne suis pas comme les salopards qui ont fait ça tu peux me parler.

"Lui, je l'aime pas."

-Dis-moi ce que tu as en tête. coupé-je d'une voix cassante, le regard menaçant.

Aiden me rend le regard, mais garde son calme. Il me fait vraiment peur, je pourrais vraiment me battre contre lui ? S'il le faut je me laisserai pas faire... J'en ai marre d'être la proie...

-Je vois... T'as l'air intéressante, on devrait bien s'entendre, on doit avoir le mêmes âge en plus.

Qu'est ce qu'il me raconte ? Il est encore plus fou que moi en fait. Il continue de m'observer... Je vais devoir lui répondre sinon il va pas me lâcher. Il m'énerve.

-Je ne sais pas ce que tu me veux. Mais tu pourrais me laisser s'il te plaît ?

-T'as vraiment une jolie voix Princesse... Et ce regard... répond-il avec un sourire malicieux. Allez, je t'embêterai plus longtemps, à très bientôt.

"Enfin... C'était quoi ça ?"

Aiden part de la chambre sans faire de vagues, j'en profite pour me laisser tomber sur mon coussin, la tension accumulée se relâchant d'un coup. Il me donne la nausée, il veut de moi, je sais reconnaître ce genre de prédateur, ceux qui veulent profiter de toi, de ton corps, ceux qui veulent te déguster jusqu'à être repus. Je ne connais que trop bien ce regard immonde qu'elles ont, ces fichues bêtes.

Puis d'un coup, la porte s'ouvre.

Un nouveau sursaut.

Une nouvelle personne qui rentre.

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