Chapitre 2
| Assa Barry |
Je gonfle de rage, il est donc avec sa putain ! Je veux tout casser dans cette maison et me barrer avec mes enfants loin d'ici avec mes enfants ! Non mais, c'est comme ça qu'il me remercie moi ?
Sa mère était à mes côtés, elle a tout entendu et était autant en colère que moi contre son fils.
Ma Diarra - Qu'est ce qui lui prend ?! Décidément mes fils veulent me tuer avec leurs femmes ! Issa a comme épouse une servante. Driss une vielle et pour combler le tout il prend cette fille sortie de nulle part !
- Mais quel ingrat ! C'est comme ça qu'il me remercie moi ?! Celle qui a porté SES 3 FILS ! 27 mois de souffrance pour rien ! Je suis déçue de lui. C'est Safiyah qui est derrière tout ça, cette petite là c'est sa petite cousine. L'autre fois je l'ai même surprise l'appeler « tata Safiyah » !
Ma Diarra - Il aurait pu te garder comme unique femme mais visiblement il a pris goût à la polygamie.
- HORS DE QUESTION ! Après la mort de Safiyah je resterai son unique et seul femme ! Ça sera moi Madame Diarra pas cette putain !
Je lui ai déjà fait face et je lui fais peur ! C'est déjà un bon point. Je vais lui pourrir ses jours jusqu'à qu'elle quitte mon mari. De toute façon j'ai un fort moyen de pression face à Driss : nos fils. S'ils croient que je vais rester là et lui à m'humilier il se fout le doigt dans le nez !
Je ne sais d'ailleurs pas comment son troisième mariage m'est passé sous le nez.
~ 4 mois auparavant ~
Je viens de rentrer de mon voyage de Guinée. Mon pays me manque déjà et mes parents aussi ! Cette fois-ci j'étais sans mes fils, j'avais besoin de souffler je les ai donc laissé à leur père mais qui les a sûrement laissé à Safiyah ou à sa pourriture de belle soeur Sira. Je me demande pourquoi nous avons des clochardes dans cette famille. Issa est un homme d'affaires réputée, Driss un médecin. Leurs deux petites sœurs s'en sortent très bien dans leurs vies et n'oublions pas que les Diarra sont les enfants d'un Général ! Quant à moi mes parents possèdent des mines de matières premières, ma famille est ainsi aisée. Puis, il y'a ma vielle coépouse Safiyah et cette Sira qui sont sans intérêts. Pourquoi les frères Diarra n'ont t'ils pas épousés des femmes classes et distingués comme moi ? Une femme qui sait portait leur nom !
- Les enfants !
À peine que je franchi le pas de la maison que mes fils me sautent dessus. Ils sont trois : Sékou 8 ans, Lamine 7 ans et mon petit dernier Idriss 3 ans. Sa première femme n'a su donner à Driss aucun enfant ! Je lui ai pondu non pas 1 mais 3 héritiers. Sa descendance est assuré grâce à moi !
Je serre mes trois fils fort contre moi avant de me relever. C'est alors que ma belle soeur Sira apparaît.
Sira *souriante* - Alors ce voyage, c'était comment ?
- Bien. Merci d'avoir gardé les enfants.
Sira - De rien, ils ont bien joué avec leurs cousins d'ailleurs.
Je la relooke de haut en bas, à défaut d'être une clocharde Sira reste une très belle jeune femme. 29 ans à peine mais on peut lui donner facilement 7-8 années de moins. Dire que deux enfants sont passés par là...elle s'est mariée plus tôt que moi et risque de me rattraper en terme d'enfant ! Je songe déjà au quatrième et j'espère que ce sera encore un enfant.
Sira - Ils étaient déjà basé avec Safiyah mais tu sais avec ses problèmes de santé...
- Qu'Allah la guérisse !
Sira *attristée* - Je préfère prier pour qu'il l'accueille dans son paradis.
Safiyah est très malade. Elle va mourir, on s'y prépare tous et particulièrement moi ! Après sa mort je serai l'unique femme de Driss, il pourra enfin me légaliser ! Mais pour l'instant ne pensons pas à ça. Je ne suis pas pressée mais j'ai un cœur. Safiyah est une bonne coépouse, une femme qui sait restée à sa place. Elle ne me fait pas de l'ombre, au contraire elle me laisse m'imposer. Néanmoins, je sais que les sentiments que Driss à envers elle ne sont pas les mêmes qu'envers moi. Cela me rend très jalouse !
Mais, après avoir entendu ce qu'on fils vient de dire je manque de faire une attaque !
- Qu'est-ce que tu viens de dire Lamine ?
Il ne sort plus aucun mot de sa bouche se rendant compte de la bêtise qu'il venait dire mais j'ai bien entendu : papa a une nouvelle chérie ! Même Sira a réagi à ses propos en le regardant, comme pour lui dire de se taire. Je m'avance donc agressivement vers elle.
- Tu sais quelque chose ?! Ne me mens pas ! Ouvre ta bouche !
Sira - Eh, ne me parles pas comme ça !
La clocharde a également un fort caractère, je l'avais. Je deviens alors moins agressive pour qu'elle crache le morceau.
- Ce que Lamine vient de dire, c'est vrai ?
Je commence jouer l'épouse éplorée.
Sira *haussant des épaules* - Je ne sais pas, il faut voir ça avec Driss.
Je l'ai pris comme un oui.
Comment a t-il pu oser ?! Driss a profité que je m'en aille pour aller prendre une troisième épouse ? Ça ne va pas se passer comme ça ! Je ne laisserai pas faire !
~4 mois plus tard ~
Je regarde cette même colère depuis des mois ! D'ailleurs, je n'hésite pas à harceler chez elle même cette Nafyssatou. C'est une clocharde, pire que Sira. Son appartement est immonde et elle ose traîner mon mari là bas cette putain !
- Je vais partir. Je veux quitter ce mariage.
Ma belle mère se met alors presque à pied pour m'implorer le pardon de son fils. Je m'en réjouis. Sa mère me préfère à toutes les belles filles de cette famille, au moins elle pourra faire revenir son fils à la raison si je menace de divorcer.
*jouant la comédie* - Je veux que Driss me répudie et ce dès demain ! J'ai le cœur déchiré, en miette ! Driss ne m'a pas respecté mama !
Ma' Diarra - Ne dis pas ça ohhh ! C'est encore un coup de ses sorcières, elles lui ont jeté un sort !
J'espère bien que c'est le coup d'un marabout car Driss a vraiment perdu la tête.
- Tchip !
Ma' Diarra reste longuement à la maison pour me supplier de ne pas quitter son fils. Évidement que je ne vais pas partir, ça serait beaucoup trop facile. Je dispose de tous les moyens de pressions pour qu'il quitte cette jeune femme comme ça à la mort de Safiyah je serai l'unique Madame Diarra !
| Safiyah Diarra |
Je suis assise sur mon grand lit au milieu dans ma somptueuse chambre. C'est ici que je passerai mes derniers jours, comme je l'ai souhaité. C'est bien mieux qu'une chambre d'hôpital, loin de mes proches. Je suis actuellement en soin palliatif. Des infirmières passent tous les jours pour me permettre de partir sans douleur. Il ne me reste que peu de force.
Haby *face à la fenêtre* - Cette femme ne sera pas ma mère ! Elle a presque mon âge !
- Tu exagères, Nafy a 24 ans.
Haby - Moi 18 ans. Cette femme pourrait être ma grande sœur.
- Au moins, elle restera longtemps auprès de ton père. Je ne te demande pas de la considérer comme ta mère. Mais, respecte là. Nafy a déjà assez souffert comme ça dans sa vie.
Haby - Elle t'a volé papa !
- Je vais t'avouer quelque chose : c'est moi qui l'ai choisi pour lui.
Elle se retourne ahurie.
Haby - Tu as déjà fait l'erreur une fois avec Assa pourquoi reproduire des années plus tard ?!
- Ce sont les parents de Driss qui lui ont présenté Assa. Cette fois-ci j'ai pris le soin de prendre une fille que je connaissais !
Haby - Une fille de ta famille quoi...pff mais dire que nous avions des liens de sang.
- Une arrière grand mère en commun.
Même si nos liens sont éloignées il a fallu que ma grand mère tombe sur Nafy pour la prendre sous son aile. La pauvre était orpheline et était ballottée de foyer en foyer puis de tante à cousin. Pas d'environnement stable et surtout marqué par la violence. C'est seulement a 14 ans, que grand mère est tombée par hasard sur elle. Elle était en état de détresse extrême après que le mari d'une de ses tantes l’ait violemment battu. Ironie du sort, c'est Driss qui l'avait soigné ce jour. Il a cependant oublié, ce n'est que récemment peu avant son mariage avec elle que je lui ai rappelé cette anecdote.
~ 1 an auparavant ~
- Qu'est ce que tu as grandi Nafy...dis moi, tu deviens quoi ?
Nafy *mine attristée* - Je viens de finir mes études d'ingénieur. Je n'ai cependant plus la tête à entrer dans la vie active. Tout enthousiasme vient de s'envoler.
Grand mère s'en est allée. Aujourd'hui nous lui avons offert un enterrement digne de son nom. Driss étant en déplacement humanitaire n'a pas pu se déplacer mais je sais qu'il est autant en deuil que moi. Mamie était une femme d'une grande bonté.
Après son enterrement, nous nous rassemblons tous dans sa maison qui est désormais vide. C'est ici que je retrouve Nafyssatou, la fille que mamie a recueilli il y'a une dizaine d'années. Je suis impressionnée par son évolution d'année en année ! La première fois que je l'ai vu elle était recouverte bleue, aujourd'hui elle est rayonnante, malgré cette douloureuse perte.
- Tu devrais affronter la morte au cours de ta vie. Personne n'est immortel. Mamie se faisait extrêmement vielle.
Nafy - Je sais...
Elle semblait plus qu'abattue.
- Mais maintenant, que compte tu faire ici ? Seule dans cette maison ? J'imagine qu'elle te revient désormais.
Son air s'attriste davantage.
Nafy - Mamie a oublié de refaire son testament. C'est tonton Atiku qui hérite de cette maison. Tu connais déjà nos relation, je ne veux pas rester. Puis, elle me rappelle trop de souvenirs.
Je fronce des sourcils.
Ce Seydou n'est d'autre que mon oncle, celui qui battu Nafy jusqu'à l'envoyer à l'hôpital. Je trouve cette situation injuste mais je ne peux pas la forcer à rester avec ce monstre. Il est en plus là, je le vois au loin scruter Nafy du regard.
Nafy - Je me suis trop attardée sur mes études, j'aurais tellement voulu qu'elle me voit mariée, avoir des enfants avant qu'elle ne parte. Mais non, je me retrouve de nouveau seule...
Mariage, enfant...ça a directement fait « tic ! » dans ma tête. Je cherche depuis quelques mois une troisième épouse pour Driss. Mon cancer étant incurable je souhaiterais qu'il épouse une autre femme, une qui saura l'aider dans son deuil et le rendre heureux ! Chose qu'Assa est incapable de faire.
*posant ma main sur son épaule* - Non, je suis là moi.
~ 1 an plus tard ~
Nafy *pénétrant timidement dans la chambre* - Bonjour tata, coucou Haby.
Haby ne lui répond que sèchement avant de s'en aller.
- Bonjour Nafy. Que me vaut cette visite ? Tu n'es pas censé être avec Driss.
Nafy - Si, mais je voulais te prévenir avant que nous allons en séjour à Barcelone.
- D'accord. Ce n'était pas utile ! C'est aussi ton mari !
Elle n'arrive toujours pas a s'y faire visiblement.
Nafy - Je voulais quand même te rendre visite, au cas où si tu t'en vas.
- Je vais mourir, mais pas demain ne t'inquiète pas. Tu as encore quelques minutes à m'accorder ?
Nafy - Oui.
Je tapote la place vide à côté de moi afin qu'elle vienne s'assoir.
Nafy *s'asseyant* - Oui ?
- Ces premiers moments de mariage avec Driss c'est comment ? Ça fait 2 mois maintenant non ?
Nafy - 1 mois et demie à peine.
- Ah, je vois le temps passer plus vite alors. Tu sais, mon état se détériore de jour en jour. Je perds la mémoire, et toutes mes autres fonctions motrices au fur à mesure du temps. Dans quelques semaines ou meme jours je ne serai plus capable de parler. Je souhaiterais donc qu'on ait une dernière discussion ensemble.
Nafy - Hmmm...
- Driss se comporte bien avec toi ?
Elle hoche de la tête le sourire aux lèvres.
Nafy - Bien mieux que je ne le pensais. Il est si attentionné...je ne pensais pas qu'un homme pouvait être aussi doux !
- Avec toutes les brutes que tu as rencontré en même temps...Driss reste cependant un homme à part, il fait toujours l'exception.
Nafy - Je la vois très bien. Je suis même étonnée car il reste polygame !
- Il s'est toujours bien comporté avec ses femmes que ce soit Assa ou moi !
Nafy - D'ailleurs, en parlant d'Assa. Elle m'harcèle toujours pour que je m'en aille.
Je fronce des sourcils. Cette femme ne changera décidément jamais !
- Tu vas rester dans ce mariage ! Je vais même te confier quelque chose : tu seras la prochaine madame Diarra, c'est toi qui me succédera !
Nafy *surprise* - Ah bon ?
- Évidement !
Nafy - Cela devrait revenir à Assa logiquement.
- Non. Après ma mort, il ne restera plus que mes parents pour vieller sur toi. Ils sont trop vieux, Nancy est là aussi mais elle a sa famille à gérer. Driss est ton mari c'est son rôle et pour s'assurer qu'il le fasse tu dois être sa femme légalisée. Mais pour encore plus t'affirmer dans sa vie et sa famille tu dois être lié à lui.
Nafy *d'une voix basse* - Oui, par un enfant je sais...mais je me sens pas prête.
- C'est la seule chose qui me manque pour que je parte en paix Nafy.
Elle racle de la gorge. Cela m'ennuie fortement de lui imposer un enfant mais c'est pour la protéger de tous ses charognards ! Il n'y aura plus personne pour la défendre après ma mort ! Je la veux enceinte avant ma mort.
Nafy - J'y travailles.
- Bientôt 2 mois. Il doit déjà être en route. Tu le fais avec Driss n'est-ce pas ?
Nafy *gênée* - Oui...si on a le temps.
- Tu appliques bien mes conseils ?
Je sais comment rendre Driss fou au lit, je connais ses moindre envies et désirs et j'ai déjà tout dévoilé à Nafy.
Nafy - À moitié, pour l'instant. C'est le premier homme avec qui je le fais, je ne sais pas encore totalement a l'aise même si Driss essaye de me détendre.
- Pourquoi ?
Elle commence a confier sur son expérience sexuelle avec mon mari. Je ne pensais jamais avoir cette discussion, c'est drôle !
Nafy - Je le sens plus expérimenté que moi et je n'arrive pas à suivre son rythme. Parfois, il a des demandes que je n'arrive pas a satisfaire. Ou je refuse qu'il me fasse certaines choses.
- Approfondie.
Nafy - Nous sommes qu'à notre deuxième fois. La première, il a été doux. La deuxième, il a voulu que je le chevauche. J'avais honte et j'ai donc refusé. Puis, il a voulu me détendre en passant sa langue en bas. Je n'ai pas voulu. À la fin, il était tellement frustré...je m'en voulais et depuis je n'ai pas osé le refaire avec lui.
Je soupire d'exaspération. Il a donc à faire avec une femme coincée. Tout le contraire d'Assa, comment Nafy veut alors s'imposer ? C'est impossible ! Ce qu'elle ne comprends pas c'est que la clé pour retenir son mari et surtout son mariage c'est le lit conjugal !
- Tu crois que de bébé va venir en un claquement de doigt ?
Nafy - Non, mais je crois qu'il est déjà là. *souffle-t-elle en posant sa main sur son ventre*
Je la fixe ébahie avant d'afficher un large sourire ! Pourquoi ne pas me l'avoir dit plus tôt ?!
| Haby Diarra |
J'écoute discrètement à travers la porte la discussion entre Nafy et maman. Il n'a pas fallu longtemps pour que j'entende Nafy avouer à mère qu'elle pense être enceinte.
Quoi ?! Déjà ? Non !
*sur le bout des levres* - Je dois absolument le dire à Assa.
Même si je la déteste nous avons au moins un point commun : Vouloir évincer Nafy.
Chapitre 3
| Nafy Koïta |
~ 10 ans auparavant ~
Je viens d'atterrir à l'hôpital complètement amochée. J'ai mal partout et je n'arrive presque plus à bouger. C'est ma tante qui a appelé les pompiers après que son mari m'ait tabassée en m'insultant de « sale batârde guinéenne ». Maman était nigériane-guinéenne. Tout comme sa mère elle a eu le malheur d'épouser un guinéen. Malheureusement, elle est morte quand j'avais 3 ans. J'ai vécu ensuite chez mon père avant que celui-ci ne s'en aille en Guinée avec sa femme et ses enfants en m'abandonnant ici à la famille de maman. Ils sont si cruels avec moi ! J'aurais préférer rester en foyer !
Infirmière - Votre grand mère est là.
- Je n'ai pas de grand mère.
Ma Okafor *entrant dans la chambre d'hopital* - Eh bien maintenant si !
Je relève difficilement mes yeux vers la porte, c'est Madame Okafor. Un membre lointain de la famille de maman, mais je la vois très souvent dans la maison de tante Zahra.
Ma Okafor - Mais, qui a pu te faire ça ma petite ?! Qui a oser te défigurer ainsi ?
Honteuse je baisse la tête et reste muette. L'infirmière répond à ma place.
Infirmière - Les pompiers l'ont emmenés ici. Celle qui les a appelé leur a passé votre numéro.
Ma Okafor - C'est le mari de Zohra qui t'a battu comme ça ?
Infirmière - Le médecin ne va pas tarder à venir, avec la police des mineures. Une plainte doit être déposé et au plus vite !
Elles continuent à discuter. Je suis ailleurs. L'infirmière fini par quitter la chambre me laissant seule avec Ma Okafor.
Ma Okafor *s'asseyant à mes côtés* - Mes questions ne t'aident pas....après avoir mis cette pourriture d'Atiku en prison tu viendras avec moi. Dans ma maison.
Je rumine. Elle me sert contre son torse.
Ma Okafor - Pas d'inquiétude Nafyssatou ! Avec moi tu seras en sécurité. Je ne laisserai plus jamais personne te faire du mal.
Je me sentais déjà bien dans ses bras. Je ne veux plus la quitter. Nous restons longtemps dans cette position jusqu'à que le médecin arrive avec une autre femme. J'ai reconnu Tata Safiyah et je n'ai pas tardé à comprendre que le médecin était son mari. Celui-ci s'avance alors vers moi et m'ausculte silencieusement.
Safiyah - Alors ?
Driss - Nous n'avons pas encore fait de radio, mais je soupçonne déjà une ou deux côtés cassés. Le bras fracturé et pour finir une malnutrition. Cette fille est victime de maltraitance !
~ 10 ans plus tard ~
Ce même médecin qui m'a soigné est maintenant mon mari. Celui qui m'entoure actuellement le corps avec ses bras. Comme avec Mami Okafor je m'y bien, en sécurité. Je ne veux plus le quitter. C'est le seul geste affectif que j'apprécie de sa part, sinon je reste encore un peu distante avec Driss.
Nous avons atterri en Espagne il y'a 5 heure maintenant. Après une petite visite de la ville nous avons rejoint notre suite d'hôtel où Driss se montrait impatient avec moi. Il me voulait pour ce soir, mais j'ai bien peur de ne pas pouvoir répondre à sa demande. Je ne suis pas totalement dans mon assiette.
Driss *m'embrassant le cou* - Tu sens si bon...
*grimaçant* - Ah bon ? Je trouve mon parfum un peu trop fort.
Il me donne la nausée mais je ne laisse rien paraître. Tout les signes d'une grossesse sont là néanmoins, je ne veux encore rien dire à Driss car je ne sais pas quoi faire de cet enfant que je ne veux ! J'étais sous pilule contraceptive l'autre fois, nous l'avons fait deux fois. Driss m'a donc enceinté la soit même de notre nuit de noce. Du premier coup !
J'ai demandé à Safiyah de ne rien dire pour l'instant. Je n'en ai pas la totale certitude mais j'ai les symptômes. Driss étant médecin il est difficile pour moi de lui cacher ce début de grossesse. Il va s'en rendre compte un moment où un autre.
*sortant doucement de son étreinte* - J'ai sommeil Driss.
Je l'entends soupirer. Je sais que je dois accomplir mon devoir conjugal mais il exagère un peu je trouve. Ce n'est pas comme si j'étais sa seule femme. Driss ne se fatigue jamais ? À chaque fois que je le vois c'est comme s'il n'avait pas couché depuis des mois !
Driss - Comme tous les soirs...je ne suis pas venu ici avec toi pour qu'on se tourne les pouces. Je veux qu'on se rapproche davantage. Qu'est-ce que tu as ? Tu sembles malade.
Il essaye de s'approcher de moi mais je recule.
- Je suis juste fatiguée du voyage...
Merde, il va se douter de quelque chose. Je préfère lui céder finalement. Je n'en suis de toute façon qu'au début, mon ventre ne se voit pas encore. Par ailleurs je ne sais pas ce que je vais faire de cet enfant. Je n'en veux pas ! Je vais être cruelle dans mes paroles mais je ne veux pas cet enfant pas maintenant. Je me sens pas prête et voilà qu'il s'impose sans mon consentement.
Driss *inspectant davantage mon visage* - Tu es sûre que tu vas bien ?
- Oui ! On peur reprendre.
Driss - Non. Moi aussi je suis fatigué.
Il s'en va s'assoir sur le lit. Je le sentais vexé, mais pour qu'elle raison ?
- D'accord, bonne nuit alors.
Je m'en vais à mon tour sur le lit et je m'y allonge.
Le lendemain je me réveille difficilement, mon état ne s'est pas amélioré au contraire. Mon ventre me faisait atrocement mal. Il se tordait, se contractait et me piquait en même temps. Je trouve tout de même la force de me relever mais à peine. Je n'arrive plus à bouger du lit. Driss déjà réveillé arrive à ce moment. J'avais ma main sur mon ventre, je la retire immédiatement, cependant mon visage reste crispé.
Driss *inquiet* - Tu es encore malade ? Laisse moi t'examiner.
Il s'approche mais je le repousse.
- Non ! C'est bon.
D'un simplement mouvement je sors du lit et me tient debout. Je ne tarde pas à sentir quelque chose couler entre mes jambes. Je baisse le regard, c'est du sang...
Ahuri, Driss me fixe quelques instants avant de se précipiter vers moi. Je manquais de tomber.
*Hurlant de douleur* - J'ai mal !
Driss - Tu fais une fausse couche Nafy !
Je me sentais horriblement mal, mon ventre me faisait de plus en plus en mal...
[...]
Me voilà de nouveau allongée sur un lit d'hôpital. Je déteste cette endroit car il me rappelle de mauvais souvenirs, et ce même si ce n'est pas le même et qu'on est encore à l'étranger.
Driss - Pourquoi ne m'avoir rien dit ?
*l'air ailleurs* - Je n'étais pas prête.
C'est le cas de le dire. Je ne suis pas triste de cette fausse couche, mais pas non plus contente. Cela prouve tout simplement que ce n'était pas le moment. Ne forçons pas le destin.
Driss *se mettant en colère* - Regarde moi quand je te parle !
Je me retourne alors vers lui. Ce bébé perdu le touche plus que moi, je le vois dans ses yeux. Mais de quoi se plaint-il ? Monsieur a déjà 4 enfants ! Son 5ème peut tout à fait attendre.
Driss - Je m'en doutais ! Je t'attendais vomir le matin. J'aurais pu éviter qu'on perde notre bébé merde !
La seule réponse que je lui donne est un silence.
Driss - Mais répond moi quand je te parle ! Je ne m'adresse pas à un mur !
Je dis alors de la voix la plus posée possible :
- Comment veux-tu que j'élève un enfant alors que je n'ai même pas eu d'enfance ? Tu as déjà des enfants Driss, ça attendra.
Face à mon indifférence il écarquille des yeux. Je ne lui ai pas encore dévoilé cette facette sombre de moi. Je lui révèle aujourd'hui.
Driss *soupire* - J'avais pourtant averti Safiyah de ne pas nous précipiter. Pas avant que tu sois psychologiquement suivi.
- Je ne suis pas folle !
Driss - Mais tu t'entendais parler ? Tu te vois ? Tu viens de perdre un enfant et c'est comme si tu en avais rien à faire. Tu as subis des traumatismes Nafy.
- Je vais très bien. Si j'ai perdu cet enfant c'est qu'il fallait que je le perde. Dieu en a décidé ainsi, je passerai à autre chose.
Il reste quelque peu sidéré en entendant mes propos. Je ne me présente à cet instant plus comme la douce Nafyssatou qu'il draguait autrefois.
~ 9 mois auparavant ~
Je quitte les locaux de mon lieu de travail les bras chargés de plans de maison de mes clients. Je dois prendre les transports en communs, mais je préfère finalement appeler un taxi. Cependant avant que je ne le fasse j'entends une voiture me klaxonné puis aperçois un homme chauve sortir de celle-ci. Je reconnais au loin le mari de tata Safiyah.
Driss - De l'aide ?
- Euh...oui.
Il me décharge les mains.
Driss - Je te dépose !
- Ah non je comptais prendre un taxi.
Driss - Je te raccompagne chez toi gratuitement.
Après quelques instants d'hésitation j'accepte, je garde néanmoins bien en tête que c'est le mari de ma tante ! Depuis l'autre fois celui-ci me drague et même ouvertement. Je le plaît, et il sait s'y faire avec les femmes. Comme Ahmed...depuis son humiliation je me méfie des hommes en plus de ceux qui m'ont maltraités dans mon enfance. Driss agit cependant différemment. Avec lui je découvre la douceur et la tendresse qu'un homme peut dégager.
Garde les pieds sur Terre Nafyssatou ! C'est la mari de tata Safiyah et il est vachement vieux pour moi. Même si ça ne se voit pas. Il m'a dit avoir 41 pourtant pas un poil blanc sur sa barbe, son visage lui donne 10 ans de moins et son crâne chauve lui donne tellement de charme. Avec lui, je me sens à l'aise pourtant je n'ai jamais aimais la prendre des hommes. Mais je suis actuellement à ses côtés, dans sa voiture.
Driss - Tu as eu le temps d'avancer sur notre projet ?
- Oui, j'ai finalisé tous les plans. Je vais les présenter à tata Safiyah.
Driss - En ce moment elle n'est pas au top de sa forme. Je prends le relai.
- Ah.
Je suis au courant de son état, ça me fait mal de la voir souffrir et partir à petit feu comme mamie Okafor.
Driss *regardant sa montre* - Il est 19h. On peut discuter du projet autour d'un bon dîner ? Je t'invite.
Je ne sais quelle moustique m'a piqué mais j'ai accepté. Il a donc changé de trajet pour m'emmener dans un chic restaurant. J'étais impressionnée, pourtant moi aussi je gagne assez bien ma vie. Mais ce n'est que récent, avant je ne dépendais que des autres quitte à endurer leurs coups. Puis, je suis tombée sur mamie Okafor qui s'est occupée de moi comme personne ne l'a jamais fait. J'étais son seul enfant à charge et elle a veillé à ce que je fasse de brillante étude. C'est grâce à elle que je suis là aujourd'hui.
Par contre, je ne pense pas que cela plairait à tata Safiyah. Pendant le repas je restais donc assez distante enfin, j'essayais. Je restais subjuguée par Driss. Il parlait très bien, trouvait les bons mots pour me séduire. Quand tu l'entends et que tu le vois il n'est clairement pas comme les hommes de mon âge ! Sa grande maturité m'impressionne. Je ne pensais pas qu'un homme aussi âgé pouvait m'attirer.
Nafyssatou, remets les pieds sur Terre c'est le mari de tata bon sang !
- Mais...Safiyah sait que tu es là avec moi ? Je ne veux pas de problème.
Driss - Pour tout te dire, c'est elle même qui m'a demandé de dîner avec toi. Elle sait que tu es seule et souhaiterais là pour toi, mais tu connais son état...
- Oh...c'est gentil de sa part.
Driss - Je te raccompagne à la maison ? C'est bien celle de mamie Okafor ?
- Non.
Driss *surpris* - Je pensais que tu vivais encore là bas, il ne restait que toi avec elle.
- Tante Safiyah ne te l'a pas dit ? Mamie Okafor a oublier de me mettre dans son testament. Elle appartient maintenant à tonton Atiku.
Driss - Ah...
| Driss Diarra |
~ 9 mois auparavant ~
Je fini par raccompagner cette petite chez elle. Mais arrivée dans son studio je tombe de haut. Nafy vit dans un si petit appartement ! Pourtant l'argent ce n'est pas ce qui manquait à mamie Okafor, mais d'après ce que je comprends Nafy a été oublié de son testament. Elle n'a pu hérité de rien.
Nafy - J'essaye de travailler plus pour mettre plus de sous de côté...comme ça je pourrai loger dans un appartement convenable.
Son regard s'attriste et elle baisse les yeux. Cette mine, je ne la vois que chez elle. La première fois que à l'hôpital a ses 14 ans, tout à l'heure au restaurant quand elle me parlait de mamie Okafor et maintenant. Je ne peux ressentir que de la pitié en voyant sa situation.
Mon côté bon samaritain revient : Safiyah a raison, Nafy doit devenir ma troisième épouse !
~ 9 mois plus tard ~
Nous nous trouvons de nouveau dans une chambre d'hôpital. Pas pour les mêmes raisons et l'attitude de Nafy est tout autre. Je suis partagé entre de la pitié et de l'effroi.
De l'effroi car elle vient de perdre notre enfant et cela ne semble pas l'affecter plus que ça. Du moins pas plus que moi.
De la pitié car cette réaction n'est pas sans raison. L'abandon et la maltraitance la dénué de ton sens maternelle. Elle ne sait pas ce que c'est qu'aimait un parent ou aimer un enfant. Cette fille a subir des traumatismes et refuse tout suivi psychologique pourtant étant médecin je lui ai conseillé maintes fois !
*reprenant mon calme* - Une fois de retour en France ma priorité sera de te reloger dans une maison, et la deuxième te trouver un psychologue.
Nafy *toujours insensible* - Des enfants on aura d'autres Driss, toi même étant médecin tu sais que les risques de fausses couches sont élevés lors de la première grossesse. D'ailleurs, je n'étais pas prête et je n'en voulais pas.
Non, je vous le dis ! Cette fille est folle !