Chapitre 2
Colette
Nous possédons, Elle et moi,
Cet amour en commun
Pour nos tendres compagnons félins.
Ainsi, Colette écrivait entourée de ses chats.
Bercées, stimulées par leurs roulements de tambour,
Inspirées toutes deux par eux,
Elle écrit fusionnelle avec sa chatte grise de velours,
Jouant sa petite musique, au thème si mélodieux ;
Qu’ils soient discrets ou forts,
Pour moi, leurs ronronnements sont mesures poétiques.
Assis sur l’écritoire, chat patient, s’il ne s’endort,
Guette le petit jour, cette renaissance magique !
Inspiration par instant sulfureuse,
Leur douce présence feutrée, presque silencieuse,
Enflamme en l’instant la passion.
On se sent propulsées, nos mondes sont en fusion !
Il n’est aucune solitude,
Ni même d’inquiétude.
Généreux de mille et une attitudes
Dont nous sommes émules,
Nos chats donnent
Bien souvent le fluide,
Auquel l’on s’adonne,
S’il manquait à nos plumes candides.
Mon Chat, cette personne…
Il en impose,
Majestueux, il prend la pose
Naturellement.
Ainsi, il m’est facile de le figer
Sur le papier
Tellement il est éblouissant !
Animal d’éternité
De tout temps adulé ;
Fut aussi pourchassé, persécuté… pourtant quel panache !
Il mérite vraiment qu’on le flashe !
De sa robe soyeuse et tigrée transparaît cette noblesse
Son Altesse, ce crâneur, semble rouler sa caisse !
Angy, grand séducteur m i a u l e.
Un peu beaucoup braillard.
Remiaule, afin de faire ouvrir toutes portes et fenêtres de notre geôle
« Oyez, oyez,
venez, venez
Me rejoindre, sortez tout de suite je vous en conjure
Et, sur le champ, sortez de vos sombres placards sinon vous me faites injure ! »
Aux portes de la nuit
Chat noctambule, s’enfuit…
Majestueux gardien des portes de nos nuits,
Sous la lune éclairée,
En traînard solitaire,
Garde, inexorablement, son mystère légendaire.
Vaillant, l’œil vif s’active, Monsieur Chat est toujours aux aguets… !
Pas assez d’une vie pour ta curiosité,
On t’en prêtera neuf ! 9 ce chiffre sacré !
L’Égypte subjuguée t’a consacré du monde sa merveille!
Lion assagi venu de l’œil incandescent du soleil.
Tu mènes une double vie,
Celle connue du jour et l’autre, plus secrète, de la nuit !
Chapitre 3
Abyssinie,
Aujourd’hui, se nomme : Éthiopie
La terre originelle du « Chat Lion » Abyssin
Est descendant direct du Kaffir africain…
Abyssin, et les tiens
Races sacrées, fut longtemps adulées par les Égyptiens…
Sans doute le fait de tes grands yeux curieux, leur étrangeté.
Je savoure ce mystère planant à tes côtés !
Quel est ce grand secret ?
Véritable joyau qui ne fut révélé !
Joli Mau, tes ronronnements chantants bercent ma solitude
Avec contemplation je caresse avec toi ma certitude
De notre lien invisible,
Inéluctablement invincible.
Au-delà de la vie, je me mirerai encor’
Dans ton regard aimant, fidèle jusqu’à la mort !
Aby1
Par-delà ton aspect, cette rare élégance,
Quoique, toujours chat a, pour lui, cette incroyable chance.
Il est une qualité bien au-delà de toutes,
Rien ne te fait obstacle.
Tu retombes, quoiqu’il t’en coûte,
Toujours sur tes solides pattes.
Remarquablement svelte,
Et cet air innocent, promené à tout va
Sait se montrer également sournois !
Alors, l’on ne s’y frotte pas.
Pourtant, tu fais rêver tant d’Hommes,
Sur notre belle planète,
Qui aiment croquer la pomme ;
Serait-ce donc vrai, joli prince, que neuf vies l’on te prête ?
Déesse égyptienne
Belle Déesse chatte
Dont la douceur appâte
Les bons augures des Dieux
Veille sur nos chats heureux.
Attention toutefois, à la lionne
Malgré l’âme câline, féline rêveuse,
En sortant d’un grand somme
Elle pourrait, en défenseuse, se montrer trop hargneuse.
Incarnation divine de la féminité sereine,
Protectrice des enfants de nos foyers,
Belle déesse musicienne,
Généreuse, tu dispenses autour de toi, joie, grâce et majesté !
Bastet
Gracieuse « Déesse Chatte »,
À la svelte effigie
Et la ligne parfaite
Tes lignes et tes courbes évoquent l’harmonie.
Tout emplie d’une extrême sagesse ;
Renfermant cependant une féroce détermination,
Autant qu’une tigresse,
Tu apportes à ton peuple ton entière protection.
Bénie des Dieux d’Égypte
Tu y répands la joie de vivre en musique Belle Déesse au sistre.
« Ange Gardien » des petits nourrissons
L’honneur leur est fait, de porter en second ton auguste prénom !2
Bubastis et son temple
Dans l’Antiquité
Bubastisreprésente sans conteste
Le lieu majeur du culte de Bastet.
Longtemps adulée, moult Pharaons l’attestent.
Oh ! Combien de pèlerins,
Combien de dynasties pharaoniques
Vénérèrent la belle Déesse Léonine
Maintenant à l’aspect félin !
Combien son importance croît.
Si longtemps encensée pour ses exploits
En tant que symbole de la féminité
Et protectrice de la maternité
Or, elle changea de tête au fil du temps
Afin de se différencier de Sekhmet.
Elle se transforma, passant de la lionne à la chatte
Plus douce que lui, considéré comme lion violent !
Bubastis, importante cité sacrée,
Où tant de foules se sont précipitées
En l’honneur de la Déesse vénérée,
A eu l’honneur de porter son nom Per Bastet3
Pacha
Chat descendant de Pasht4,
Combatif, tout comme un Apache
Si la rue t’appartient,
Le territoire acquis devient incontestablement tien.
Car royale est ta loge
Et nul ne t’en déloge.
En seul décideur, tu ne crains rien,
Rien de rien, éminemment protégé du divin…
Mystérieux Pussy5
Tendre, parfois sauvage aussi !
Tu toises qui te plaît
Lui rabats le caquet !
Kat
Béni de tous les dieux,
Ton aura, aux arômes de kyphi6
Parfume, mystérieux.
L’air que tu fendilles.
Traînard de bitume,
Ou encore ventre à terre,
Aux aguets ; en prière ;
Allongé, là, paisible dans l’herbe Kat humes !
« Petit Rat d’Opéra » tes pas sont de velours,
Des moelleux coussinets sous les pointes de tes pattes,
Tu foules allègrement le sol et son asphalte.
Avec élégance et souplesse, dans ta démarche toujours !