Chapitre 2

Point de vue d'Alix Fournier :

Les yeux de Maxime, comme brûlés par ma tranquille défiance, ont vacillé d'une fureur inhabituelle. Sa culpabilité antérieure avait disparu, remplacée par une colère froide et dure. Il me regardait comme si j'avais personnellement ruiné sa parfaite mascarade. L'atmosphère a changé, devenant lourde de menaces inexprimées.

Camille, toujours accrochée à son bras, a laissé échapper un gémissement doux et théâtral.

« Oh, chéri », a-t-elle murmuré en se tenant le ventre. « Mon cœur... c'est juste trop. Cette excitation. »

Maxime a immédiatement tourné toute son attention vers elle, son inquiétude précédente pour moi complètement oubliée. Il lui a frotté le bras, son visage marqué par l'anxiété.

« Tu vas bien, mon amour ? Alix, c'était quoi ça ? » a-t-il lancé, sa voix sèche et accusatrice.

Camille, avec un reniflement délicat, a pris le médaillon de ma main. Ses doigts parfaitement manucurés ont joué avec la chaîne en argent un instant, ses yeux brillant d'un amusement malveillant.

« C'est un peu... tape-à-l'œil, n'est-ce pas, Maxime ? » a-t-elle dit, sa voix dégoulinant de dédain.

Elle l'a soulevé, le laissant se balancer de manière moqueuse, comme si c'était une babiole bon marché.

Avant même que je puisse réagir à ses mots, elle l'a simplement laissé tomber. Le médaillon a heurté le sol en marbre poli avec un cliquetis à peine audible, roulant une fois avant de s'immobiliser près du pied d'une table à champagne. Il gisait là, oublié et abandonné, un symbole de mon amour rejeté. Mon sang s'est glacé, se solidifiant dans mes veines. Ce n'était pas seulement le médaillon qu'elle jetait ; c'était cinq ans de ma vie, mes espoirs, mes rêves.

Maxime, inconscient ou indifférent, a simplement resserré son bras autour de Camille.

« Allez, tout le monde ! » a-t-il claironné, une gaieté forcée dans la voix. « Ne laissons pas un petit malentendu gâcher la fête ! La nuit est jeune ! »

Il a fait un geste ample, exhortant les musiciens à jouer plus fort, les serveurs à servir plus de champagne.

« Non », ai-je dit, ma voix coupant le bruit, plate et résolue. « Je ne reste pas. »

Mes jambes semblaient de plomb, mais je me suis forcée à bouger. Je ne fuyais pas ; je m'éloignais, la tête haute, laissant derrière moi les décombres de mon passé.

Le visage de Maxime s'est assombri, une tempête se préparant dans ses yeux. Il m'a regardée partir, son expression un mélange d'incrédulité et de rage contenue. La façade du marié parfait s'est effritée, révélant le tyran en dessous. Mais j'ai refusé de croiser son regard. Sa colère n'avait plus aucun pouvoir sur moi.

Je suis sortie de la salle de bal, j'ai traversé les couloirs dorés et je suis sortie dans l'air frais de la nuit. Mon téléphone a vibré dans ma main. Je l'ai vérifié, une lueur d'espoir irrationnel vacillant en moi. Rien. Pas d'appels, pas de SMS de Maxime. Pas un seul mot. Il n'avait même pas tenté de m'arrêter, d'expliquer, de s'excuser. Le silence était assourdissant, confirmant ce que je savais déjà : j'étais complètement seule là-dedans.

Plus tard dans la nuit, alors que je fixais le plafond de mon appartement vide, une notification est apparue sur mon téléphone. C'était Maxime. Une vidéo. Lui et Camille, dansant intimement, sa tête nichée contre sa poitrine, son bras enroulé fermement autour de sa taille. Il lui chuchotait quelque chose, quelque chose qui la faisait rire, un son authentique et joyeux. Mon estomac s'est noué. Cette danse lente et intime, ces doux murmures, la façon dont il la tenait... tout était si familier. C'étaient nos moments, nos danses, nos mots. Il les avait simplement transférés, sans effort, à elle.

Un rire amer m'a échappé. Je n'arrivais même plus à être en colère. Seul un vide profond et douloureux subsistait. J'ai appuyé sur l'icône « cœur », aimant la publication. Une dernière bénédiction sarcastique sur leur vie parfaite et publique.

Le lendemain matin, avec une douleur sourde dans la poitrine, j'ai méticuleusement emballé mes affaires de la villa moderne et élégante que Maxime et moi avions partagée. Chaque objet que je touchais ravivait une nouvelle vague de souvenirs, des fragments d'une vie qui n'avait jamais été vraiment la mienne. Les photos encadrées, les tasses à café assorties, les livres que nous avions lus à voix haute. J'ai tout trié, ne gardant que ce qui était sans équivoque à moi, laissant derrière moi le fantôme d'un avenir partagé.

Combien de fois lui avais-je demandé, l'avais-je supplié, de simplement nous reconnaître ? « Maxime, quand pourrons-nous le dire aux gens ? » « Mes amis commencent à poser des questions. » « Mes parents veulent te rencontrer correctement. » Chaque fois, il avait une nouvelle excuse, une nouvelle promesse. « Bientôt, mon amour. Juste un peu plus de temps. L'entreprise est à un stade critique. Mes investisseurs sont conservateurs. » Ses mots, autrefois réconfortants, ressemblaient maintenant à une tromperie cruelle.

Il n'avait jamais été réticent à se montrer en public ; il avait juste été réticent à se montrer en public avec moi. La prise de conscience m'a frappée avec la force d'un coup physique. Il n'avait pas peur de l'engagement ; il avait peur de s'engager avec moi. La douleur était vive, mais avec elle est venu un étrange et exaltant sentiment de liberté. L'illusion était brisée. J'étais enfin libre.

Je suis retournée à mon petit appartement, celui que j'avais gardé même après avoir emménagé avec Maxime, une petite partie de moi sachant toujours que j'aurais peut-être besoin d'une issue de secours. Les murs familiers, les meubles usés, me semblaient être une étreinte chaleureuse. C'était vraiment à moi. Pas de secrets, pas de mensonges, juste moi.

Mon téléphone a sonné, me surprenant. C'était ma mère, sa voix vive et joyeuse.

« Alix, ma chérie ! Ton père et moi parlions justement de toi. Tu te souviens de Côme de Villiers ? Des de Villiers d'en face ? Une si belle famille. Sa mère a mentionné qu'il est de retour en ville, cherchant à s'installer. Nous lui avons tout dit sur toi. »

Elle a continué à bavarder, inconsciente de la tempête qui faisait rage en moi.

Je me souvenais de Côme. Un garçon calme et intense, quelques années plus âgé que moi. Mes parents avaient essayé de nous arranger un rendez-vous une fois, il y a des années, quand j'avais seize ans, avant Maxime. J'avais poliment décliné, mon cœur battant déjà pour le charismatique et ambitieux Maxime Dubois. Quelle ironie.

« Maman », ai-je interrompu, un calme étrange s'installant en moi. « Dis à Côme que j'adorerais le rencontrer. »

Ma mère a haleté de plaisir.

« Oh, Alix ! C'est une nouvelle merveilleuse ! Je vais le dire à sa mère tout de suite ! »

J'ai raccroché, un petit sourire résolu sur mon visage. Un nouveau chapitre. Un nouveau départ.

Le lendemain matin, j'ai tapé ma lettre de démission. Courte, concise, professionnelle. « Veuillez accepter cette lettre comme notification formelle de ma démission de mon poste d'assistante de direction chez Dubois Tech, avec effet immédiat. » Je l'ai jointe à un e-mail, mon doigt planant au-dessus du bouton d'envoi. Mon esprit est retourné aux premiers jours, quand Maxime m'avait embauchée, à peine dix-huit ans, fraîchement sortie du lycée. Il avait été si charmant, si attentionné. Il m'avait tout appris, me comblant d'éloges, me traitant avec une déférence particulière qui rendait les autres au bureau verts de jalousie. J'avais cru que c'était de l'amour, une romance éclair avec mon patron brillant et puissant.

Un rire creux m'a échappé. Tous ces « privilèges spéciaux », l'attention supplémentaire, les sessions de travail tardives qui se transformaient en moments d'intimité volés. Il ne s'agissait pas de mon talent ; il s'agissait de contrôle, de m'avoir exactement là où il me voulait : assez proche pour être à lui, mais assez distante pour être jetable. Je savais, avec une certitude écœurante, que tous ces « avantages » seraient maintenant transférés à Camille. Elle ne serait pas seulement sa femme ; elle serait sa nouvelle « assistante de direction », endossant le rôle que j'avais si amoureusement, si naïvement, façonné pour moi-même.

Mon téléphone a de nouveau sonné. C'était Maxime. Sa voix était froide, sèche.

« Alix. Qu'est-ce que c'est que ça ? » a-t-il exigé, sautant les politesses. « Mes RH viennent de me transférer ta démission. Qu'est-ce que tu crois que tu fais, bordel ? »

« Je démissionne, Maxime », ai-je déclaré, ma voix calme, inébranlable. « Je pense que c'est assez clair. »

« Tu démissionnes ? » a-t-il ricané. « Après tout ? Tu penses que tu peux juste t'en aller ? Quoi, tu essaies de me punir ? C'est ta façon d'attirer l'attention ? »

Ses mots étaient empreints d'un mépris familier, un soupçon de l'homme contrôlant que j'avais appris à craindre.

« Si tu essaies de me quitter, Alix, je te jure, tu le regretteras. »

Ses menaces, autrefois si puissantes, n'avaient plus aucune prise sur moi. J'avais toujours été celle qui cédait, qui s'excusait, qui arrangeait les choses. Mais plus maintenant.

« Maxime », ai-je dit, ma voix stable, « je n'essaie pas de te punir. Je pars. Et il n'y a rien que tu puisses faire à ce sujet. »

Les mots semblaient libérateurs, une déclaration d'indépendance. Mon cœur, bien que toujours meurtri, battait à un nouveau rythme, un rythme de liberté.

« C'est fini. »

Chapitre 3

Point de vue d'Alix Fournier :

L'e-mail est arrivé dans ma boîte de réception à peine une heure plus tard : « Votre démission a été acceptée. » Pas de politesses, pas de regret. Juste un renvoi froid et efficace. Une finalité qui a résonné au plus profond de moi, un étrange mélange de soulagement et d'une douleur persistante. C'était vraiment fini.

Quand je suis arrivée chez Dubois Tech pour mon dernier jour, les RH m'ont convoquée dans un petit bureau stérile. La directrice des RH, habituellement chaleureuse, une femme qui avait autrefois loué mon dévouement, me regardait avec une froideur presque hostile.

« Mademoiselle Fournier », a-t-elle commencé, son ton sec, « nous comprenons que vous partez dans des circonstances... inhabituelles. Un conseil : soyez discrète. Nous tenons à la réputation de notre entreprise, et nous attendons de nos anciens employés qu'ils fassent de même. »

La menace à peine voilée flottait dans l'air, un message clair de Maxime.

Alors que je parcourais les couloirs familiers, rassemblant mes effets personnels et transmettant les dossiers de projet, je pouvais sentir les regards sur moi. Des chuchotements me suivaient comme une ombre importune. « C'est elle, n'est-ce pas ? » « Celle que Maxime a épousée pour le bien de l'entreprise. » « Quel dommage. Elle avait l'air si gentille. » La pitié, le jugement, la joie à peine déguisée dans leurs voix étaient comme des coups physiques. Chaque mot était une nouvelle humiliation, disséquant ma vie pour leur divertissement.

J'ai gardé la tête baissée, mon regard fixé droit devant. Mon visage, je l'espérais, était un masque d'indifférence. Je ne leur donnerais pas la satisfaction de me voir craquer. Je me suis déplacée avec un calme étudié, accomplissant méthodiquement chaque tâche, refusant de reconnaître l'air venimeux qui m'entourait. C'était mon dernier acte de défi, mon dernier devoir professionnel, et je l'exécuterais sans faille.

J'étais juste en train de signer le dernier document quand la porte du bureau s'est ouverte à la volée. Maxime se tenait là, une silhouette sombre se découpant sur le couloir lumineux. Ses yeux, brûlant d'une rage intense et possessive, étaient fixés uniquement sur moi. Mon cœur a fait un bond, une peur primale me saisissant. Il était là.

Camille a émergé de derrière lui, son bras passé dans le sien, son sourire une entaille cruelle sur son visage.

« Chéri », a-t-elle ronronné, sa voix portant à travers le bureau silencieux. « Tu es sûr qu'elle n'a rien pris ? Tu sais, des secrets d'entreprise, des listes de clients... Je ne serais pas surprise. Certaines personnes ne sont tout simplement pas dignes de confiance quand elles ont été... renvoyées. »

Ses mots étaient un poison délibéré, conçu pour m'impliquer, pour me faire passer pour une voleuse.

Mon regard s'est tourné vers Maxime.

« Tu es sérieux ? » ai-je demandé, ma voix rauque d'incrédulité. « Tu me soupçonnes vraiment de quelque chose comme ça ? »

L'accusation, venant de lui, était une nouvelle blessure. Après toutes ces années, toute ma loyauté, il croyait vraiment que je le trahirais professionnellement.

Maxime ne m'a pas répondu directement. Au lieu de ça, il a aboyé : « Marc ! Viens ici ! Je veux que tu vérifies l'ordinateur portable de l'entreprise d'Alix. Chaque fichier, chaque e-mail. Maintenant. »

Marc, le chef de l'informatique, un homme timide qui évitait toujours le contact visuel, s'est précipité, le visage pâle.

L'humiliation a été instantanée, cuisante. Mon espace de travail privé, ma vie numérique, allaient être mis à nu pour que tout le monde puisse les voir. Mon estomac s'est noué, la bile me montant à la gorge. Ce n'était pas juste une vérification ; c'était une humiliation publique, une invasion de mes derniers vestiges d'intimité.

« Non ! » ai-je crié, me plaçant devant mon ordinateur portable, les bras écartés pour le protéger. « Vous ne pouvez pas faire ça ! Ce sont mes informations personnelles là-dedans ! Mes e-mails privés, mes photos... »

Ma voix s'est brisée, empreinte de désespoir. L'idée qu'ils fouillent dans ma vie, exposant tout, me rendait physiquement malade.

Je me suis tournée vers Maxime, mes yeux suppliants.

« S'il te plaît, Maxime. Tu sais que je ne volerais jamais rien. S'il te plaît, arrête ça. Ne les laisse pas faire ça. »

Son visage était un masque de froide indifférence. Il m'a attrapé le bras, sa prise me faisant mal.

« Dis-moi, Alix », a-t-il grondé, sa voix basse et menaçante, « as-tu fait fuiter quelque chose ? Y avait-il quelque chose que tu n'aurais pas dû regarder ? »

L'air était lourd de tension, les chuchotements de mes collègues devenant plus forts, impatients d'assister au spectacle. « Elle a toujours été un peu trop proche du patron », a murmuré quelqu'un. « Elle essaie probablement de se venger », a ajouté un autre. Leurs mots, comme de minuscules couteaux, se tordaient dans mon cœur.

Maxime, sentant l'attention captivée du public, a coupé court aux murmures d'un ordre sec.

« Ouvre juste l'ordinateur, Marc ! Je veux tout voir. »

Il a resserré sa prise sur mon bras, ses yeux me défiant de résister.

« Non ! » ai-je hurlé, un son désespéré et brut qui a résonné dans le bureau silencieux.

Je me suis élancée en avant, essayant d'arracher l'ordinateur portable à Marc, mais la poigne de Maxime était de fer.

« N'ose pas l'ouvrir ! »

« Ouvre-le ! » a rugi Maxime, sa voix faisant trembler le bureau silencieux.

Marc, tremblant, a cliqué sur la souris, et l'écran s'est allumé. Mon monde entier s'est effondré autour de moi à cet instant.

Le fond d'écran. C'était une photo. Un cliché de Maxime et moi, pris lors de ces vacances secrètes à la plage aux Maldives, riant, les yeux pétillants, ses bras enroulés autour de moi. La preuve intime et indéniable de notre secret de cinq ans, étalée sur le grand écran pour que tous la voient. Le sang a quitté mon visage. J'ai senti une terreur glaciale se répandre dans mes membres, me tirant vers un abîme terrifiant.

Ma respiration s'est bloquée, un sanglot étouffé s'échappant de mes lèvres. La honte, l'humiliation totale, était un raz-de-marée qui déferlait sur moi, menaçant de me noyer complètement. Ma vie privée, notre vie privée, était maintenant un spectacle public, moqué et disséqué par une salle pleine d'étrangers. Je me sentais exposée, violée, mon âme même mise à nu.

Le visage de Maxime, cependant, était une image de calme étudié. Il s'est penché, sa voix dégoulinant de condescendance.

« Oh, Alix », a-t-il soupiré en secouant la tête. « Tu joues encore à des jeux ? Tu sais que ce ne sont que des photos truquées. Un montage photo astucieux, peut-être ? Tu as toujours été douée en graphisme, n'est-ce pas ? »

Ses mots, un mensonge magistral, ont enfoncé le couteau plus profondément. Il ne se contentait pas de nier notre passé ; il me discréditait, transformant ma douleur en une illusion.

Une vague de ricanements a parcouru le bureau.

« P-photoshopé ? » a chuchoté quelqu'un, puis a ri. « Wow, elle a vraiment cru qu'il tomberait dans le panneau ? »

Le ridicule, vif et cruel, m'a transpercée. J'étais une blague, une femme pathétique et délirante.

Camille, son bras toujours accroché à celui de Maxime, s'est avancée, son visage un masque de fausse sympathie.

« Oh, Alix, ma chérie », a-t-elle roucoulé, sa voix mielleuse. « C'est vraiment triste, n'est-ce pas ? De s'accrocher à de tels fantasmes. Peut-être que tu devrais chercher de l'aide. Et si tu es vraiment seule, je suppose que Maxime et moi pourrions te trouver un jeune homme gentil et stable. Un qui veut vraiment être avec toi, publiquement. »

Elle a jeté un coup d'œil à Maxime, une lueur possessive dans les yeux.

« Mais tu ne peux pas avoir mon mari. Il est à moi maintenant. »

Maxime, jouant son rôle à la perfection, a attiré Camille plus près de lui.

« Alix a été comme une petite sœur pour moi », a-t-il annoncé à la salle, sa voix forte et claire, faisant écho à son déni précédent. « Une gentille fille, mais peut-être un peu... trop imaginative. Nous lui trouverons un bon parti. Camille, peut-être que tu pourrais l'aider à trouver un gentil jeune homme avec qui se photoshoper ? »

Il a gloussé, un son cruel et dédaigneux qui a été rejoint par un chœur de rires de la salle.

Camille, se prélassant dans l'attention, a rejeté la tête en arrière et a ri.

« Oh, Maxime, tu es trop gentil ! Tu te souviens comment je t'ai quitté pour ce vieil homme riche, pour ensuite réaliser mon erreur et revenir ? Le véritable amour gagne toujours, chéri. Certaines personnes ne comprennent tout simplement pas ça. »

Ses mots, destinés à renforcer sa victoire, se sont tordus dans mon ventre. Ils étaient un rappel de la facilité avec laquelle Maxime avait été influencé, du peu que ma présence constante signifiait par rapport à son retour spectaculaire.

Les yeux de Maxime ont croisé les miens, un sourire glacial sur ses lèvres. Il s'est penché, sa voix à peine un murmure.

« Tu reviendras, Alix. Elles reviennent toujours. Tu ne peux pas vivre sans moi. »

Il pensait me connaître, pensait avoir du pouvoir sur moi. Il croyait que j'étais si complètement dépendante de lui, si consumée par mon amour pour lui, que je ramperais en arrière, mendiant des miettes.

Il avait tort. Tellement, horriblement tort. L'amour que j'avais autrefois pour lui avait été brutalement assassiné, remplacé par une haine froide et dévorante. Je ne me contenterais pas de m'en aller ; je renaîtrais des cendres de sa trahison, plus forte, plus féroce, et complètement libre.

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Mon destin se révèle dans le sillage de la trahison

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