Chapitre 2

C'était une vie modeste, une vie qu'elle avait choisie parce qu'elle n'avait jamais connu autre chose. Son père, Alexei Ivanov, n'avait été qu'un souvenir lointain et douloureux, un homme qui était apparu et disparu de sa vie comme une ombre. Elle n'avait jamais cherché à comprendre pourquoi. Elle s'était contentée de l'accepter.

Mais quelque chose, ce soir-là, la mettait mal à l'aise. Une impression étrange qu'elle ne parvenait pas à identifier. Était-ce la fatigue ? Ou peut-être l'homme qu'elle avait aperçu plus tôt dans la rue, qui semblait marcher un peu trop lentement derrière elle ?

Elle jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, mais la rue était déserte. Elle haussa les épaules, se forçant à penser qu'elle imaginait des choses.

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Dans une voiture garée non loin, deux hommes observaient Sofia à travers des jumelles.

« Elle a l'air nerveuse, » commenta l'un d'eux.

« Normal. Ces petites villes, tout le monde connaît tout le monde. Elle doit sentir qu'il y a quelque chose qui cloche. »

« Tu crois que le boss va vraiment l'amener à la villa ? »

L'autre homme haussa les épaules. « Ce n'est pas notre problème. On suit les ordres, on surveille, et c'est tout. »

Dans le silence, Sofia monta les marches de son immeuble, s'arrêtant un instant devant la porte de son appartement. Elle posa sa main sur la poignée, regardant autour d'elle une dernière fois avant d'entrer.

De l'autre côté de la ville, Giovanni recevait les dernières nouvelles de ses hommes. Marco se tenait à ses côtés, relisant leurs rapports.

« Elle est seule, comme tu l'as demandé. Pas d'amis, pas de contacts extérieurs. Tout indique qu'elle n'a rien à voir avec son père. »

Giovanni serra les mâchoires, fixant la photo de Sofia accrochée sur le tableau devant lui.

« Nous verrons, Marco. Une femme peut cacher bien des choses. » La lumière déclinante du jour baignait la petite place où Sofia terminait une autre longue journée de travail. Le café, comme toujours, avait été rempli d'habitués bavards et d'étrangers de passage, et elle avait passé des heures à sourire et à courir entre les tables. Elle poussa un soupir en verrouillant la porte d'entrée derrière elle, s'attardant un instant pour regarder son reflet dans la vitre. Ses traits étaient tirés, ses cheveux retenus en un chignon lâche commençaient à se défaire, et des cernes soulignaient ses yeux fatigués.

Alors qu'elle se retournait pour rentrer chez elle, un homme en costume sombre s'approcha. Il était grand, impeccablement vêtu, et affichait une expression polie mais distante. Sofia sentit son estomac se nouer. Ce genre de visiteurs n'était pas courant dans cette petite ville, et encore moins dans sa vie.

« Sofia Ivanova ? » demanda-t-il d'une voix posée.

Elle recula instinctivement, le regard méfiant. « Qui le demande ? »

L'homme esquissa un sourire crispé et sortit une carte de visite qu'il lui tendit. « Je travaille pour un homme d'affaires influent. Monsieur Russo souhaiterait vous rencontrer pour discuter d'un sujet important. »

Sofia prit la carte du bout des doigts, son cœur battant un peu plus vite. Le nom ne lui disait rien, mais l'idée qu'un homme aussi puissant veuille la rencontrer lui semblait absurde.

« Je ne vois pas pourquoi un certain... Giovanni Russo voudrait parler à une simple serveuse, » répondit-elle avec un mélange de défiance et de nervosité.

« Monsieur Russo est un homme qui apprécie la discrétion, » répondit l'homme calmement. « Il m'a demandé de vous transmettre son invitation pour un dîner demain soir. Il tient à discuter d'une affaire concernant votre famille. »

Le mot « famille » frappa Sofia comme un coup de poing. Elle ne parla pas de son père, jamais. Elle avait construit une vie où son nom n'était qu'un mot, dépourvu de tout lien avec Alexei Ivanov.

« Je n'ai pas de famille, » répondit-elle froidement en lui tendant la carte de retour.

Mais l'homme ne la prit pas. « Je comprends que cela puisse sembler étrange, mademoiselle Ivanova. Mais je vous assure que cette rencontre est dans votre intérêt. Monsieur Russo souhaite simplement clarifier certains points. »

Sofia n'avait aucune envie de se retrouver mêlée à une quelconque histoire liée à son passé, mais elle était aussi consciente que cet homme et celui qu'il représentait ne prenaient probablement pas « non » comme une réponse acceptable.

« Très bien, » céda-t-elle à contrecœur. « Où et quand ? »

L'homme lui donna une adresse en périphérie de la ville, dans un restaurant chic qu'elle n'aurait jamais pu se permettre. Il s'inclina légèrement avant de repartir, la laissant seule au milieu de la place, plus confuse que jamais.

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Le lendemain soir, Sofia se présenta au restaurant à l'heure convenue, habillée aussi bien qu'elle le pouvait avec ses moyens limités. L'endroit était élégant, bien trop luxueux pour elle, et elle se sentit immédiatement déplacée en franchissant les portes.

Un maître d'hôtel la guida vers une table isolée dans un coin. Mais lorsqu'elle arriva, la table était vide.

« Monsieur Russo arrive dans quelques instants, mademoiselle, » dit l'homme en tirant une chaise pour elle.

Elle s'assit, les mains serrées sur ses genoux, le cœur battant la chamade. Les minutes s'écoulèrent lentement, et bientôt, son anxiété se transforma en suspicion. Où était cet homme ? Pourquoi l'avait-elle laissée attendre ainsi ?

Elle se leva brusquement, décidée à partir. Mais à peine avait-elle fait un pas qu'un serveur apparut devant elle, un sourire forcé sur les lèvres.

« Veuillez patienter encore un instant, mademoiselle. Monsieur Russo est en route. »

« Je crois que c'est une erreur, » répondit Sofia, sa voix tremblante. « Je ne devrais pas être ici. »

Elle tourna les talons et marcha vers la sortie, mais avant qu'elle ne puisse l'atteindre, deux hommes apparurent comme par magie devant elle. Leurs costumes sombres et leurs visages impassibles la firent immédiatement reculer.

« Veuillez nous suivre, » dit l'un d'eux, sa voix basse et menaçante.

« Non, je... Je veux partir. »

Elle tenta de contourner les hommes, mais une main ferme se posa sur son bras.

« Ne rendez pas les choses plus compliquées qu'elles ne le sont déjà, mademoiselle Ivanova. »

Le ton glacial et l'étreinte impitoyable suffirent à lui faire comprendre qu'elle n'avait pas le choix. Terrifiée, elle fut escortée hors du restaurant jusqu'à une voiture noire aux vitres teintées.

Elle essaya de crier, de se débattre, mais un des hommes lui plaça un chiffon sur le visage, et l'odeur chimique qui s'en dégagea lui fit perdre pied.

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Sofia ouvrit les yeux dans une pièce faiblement éclairée. Sa tête lui tournait, et il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre qu'elle n'était plus au restaurant. Elle était allongée sur un canapé, une couverture fine jetée sur elle.

Elle se redressa précipitamment, le souffle court, et réalisa que l'endroit où elle se trouvait n'avait rien de rassurant. Les murs étaient recouverts de bois sombre, et une fenêtre massive donnait sur des jardins plongés dans l'obscurité.

La porte s'ouvrit soudain, et un homme entra. Grand, imposant, et vêtu d'un costume noir, il dégageait une aura de puissance froide et implacable.

« Sofia Ivanova, » dit-il d'une voix grave, son regard perçant plongeant dans le sien.

Elle se leva brusquement, reculant instinctivement jusqu'au mur derrière elle. « Qui êtes-vous ? Pourquoi suis-je ici ? »

« Je suis Giovanni Russo, » répondit-il calmement, comme si cette simple déclaration expliquait tout.

« Vous... vous êtes fou ! Vous m'avez kidnappée ! Je veux rentrer chez moi ! »

Il ne bougea pas, se contentant de la fixer avec cette intensité glaciale qui semblait transpercer son âme.

« Ce n'est pas un enlèvement, Sofia. C'est une nécessité. »

Elle serra les poings, tremblante de rage et de peur. « Une nécessité ? Vous m'arrachez à ma vie, et vous appelez ça une nécessité ? »

Giovanni s'approcha lentement, chaque pas mesuré et menaçant. « Ta vie, Sofia, n'a jamais été la tienne. Tout ce que tu crois être, tout ce que tu crois avoir construit... repose sur un mensonge. »

Elle fronça les sourcils, confuse. « Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je ne vous connais même pas. »

Il s'arrêta à quelques mètres d'elle, la dominant de toute sa stature. « Non, mais tu connais le nom Ivanov. Ton père. Alexei Ivanov. »

Le nom de son père, prononcé avec tant de mépris, lui coupa le souffle. Elle secoua la tête, refusant d'écouter. « Mon père est mort. Il n'a rien à voir avec moi. »

« Il a tout à voir avec toi, » rétorqua Giovanni d'une voix tranchante. « Il m'a volé. Il a trahi ma confiance. Et toi, Sofia, tu es la seule chose qu'il a laissée derrière lui. »

Elle sentit ses jambes fléchir sous le poids de ses mots. « Je... je ne sais rien de tout ça. Je n'ai jamais eu de contact avec lui. »

Giovanni s'approcha encore, si près qu'elle pouvait sentir la chaleur froide de son autorité. « Peu importe ce que tu sais ou ce que tu ignores. Tu es une Ivanova. Et maintenant, tu es à moi. »

Sofia secoua la tête, les larmes montant à ses yeux. « Vous êtes malade... Je ne suis pas responsable des actes de mon père. Vous ne pouvez pas me faire ça. »

Un silence lourd tomba entre eux, avant que Giovanni ne murmure, froid et implacable : « Dans mon monde, Sofia, les dettes se paient. Qu'elles soient financières... ou personnelles. »

Elle recula encore, son dos contre le mur, tandis qu'il la regardait comme un prédateur observant sa proie. Elle comprit, à cet instant précis, que sa vie ne lui appartenait plus. Sofia était assise dans une chaise en bois massif, face à une grande table de réunion éclairée par la lumière froide d'un lustre imposant. La pièce, austère et intimidante, semblait taillée sur mesure pour refléter le pouvoir de l'homme qui se tenait devant elle. Giovanni Russo, debout près de la fenêtre, lui tournait le dos, ses mains croisées dans son dos. Il était l'image même de la maîtrise et de la menace.

Sofia, elle, était un mélange de colère et de peur, ses mains tremblant légèrement alors qu'elle les croisait sur ses genoux pour cacher son agitation. Depuis son enlèvement, elle n'avait eu aucun moment pour elle-même, aucune chance de reprendre son souffle ou d'analyser la situation. Chaque seconde passée dans cette villa renforçait son sentiment d'impuissance, mais aussi un instinct de survie qu'elle ne savait pas qu'elle possédait.

« Alors, Sofia, » commença Giovanni, sa voix basse et coupante comme une lame. « Combien a-t-il laissé pour toi ? »

Sofia releva la tête, confuse. « Combien de quoi ? »

Giovanni se retourna lentement, ses yeux noirs la fixant avec une intensité qui lui donna des frissons. « D'argent. Combien ton père t'a-t-il laissé ? »

Elle cligna des yeux, abasourdie. « Je ne sais pas de quoi vous parlez. Je n'ai jamais reçu un centime de lui. »

Chapitre 3

Il éclata de rire, un rire sans joie, froid et cruel. « Ne joue pas à l'innocente, Sofia. Alexei Ivanov était un homme qui manipulait tout et tout le monde. Il a accumulé des milliards avant de me trahir et de disparaître. Et tu veux me faire croire qu'il n'a rien laissé à sa propre fille ? »

Elle se redressa dans sa chaise, ses poings serrés contre ses cuisses. « Je vous dis la vérité. Je n'ai rien reçu de lui, ni argent, ni aide, ni quoi que ce soit. Mon père m'a abandonnée il y a des années. Je n'ai jamais eu de relation avec lui ! »

Giovanni fronça les sourcils, mais il ne montra aucun signe d'ébranlement. Il s'approcha lentement de la table, posant ses mains sur le bord et se penchant vers elle.

« Je n'aime pas les mensonges, » dit-il d'une voix basse, presque un murmure. « Alors je vais te poser la question une dernière fois : où est l'argent ? »

Sofia sentit les larmes lui monter aux yeux, mais elle les retint de toutes ses forces. Elle ne voulait pas lui donner cette satisfaction.

« Je n'ai rien. Rien du tout. Vous croyez que je vis dans le luxe ? Regardez-moi ! Je travaille comme serveuse pour payer mon loyer. Je n'ai jamais vu cet argent dont vous parlez. Et même si je l'avais, je ne le prendrais pas. Je ne veux rien de lui. »

Giovanni la regarda longuement, cherchant le moindre signe de tromperie dans ses yeux. Mais tout ce qu'il vit, c'était une jeune femme épuisée, au bord du désespoir, qui semblait sincère dans ses paroles.

« Alors tu es encore plus pathétique que je ne le pensais, » lâcha-t-il finalement, reculant pour s'asseoir sur le bord de la table.

Elle serra les dents, la colère l'emportant sur sa peur. « Vous m'avez kidnappée, accusée de choses dont je ne suis pas responsable, et maintenant vous me traitez de pathétique ? Vous êtes malade. »

Un silence glacé tomba dans la pièce. Giovanni la fixa avec un sourire à peine perceptible, mais il n'y avait rien d'amusé dans son expression.

« Pathétique, » répéta-t-il, ignorant ses mots, « parce que tu es incapable de voir ce que tu es vraiment. Une clé. Une opportunité. Ton existence seule est une dette. Ton père m'a volé, Sofia, et il m'a privé de ma vengeance. Mais toi... toi, tu es ma solution. »

Elle le regarda, incrédule. « Qu'est-ce que ça veut dire ? »

Giovanni se redressa, croisant à nouveau les bras sur sa poitrine. « Ça veut dire que tu vas payer pour lui. »

Sofia se leva brusquement, faisant grincer la chaise sur le sol. « Je ne vous dois rien ! Rien du tout ! Vous pouvez me menacer autant que vous voulez, je ne suis pas responsable des actes de mon père ! »

« Ce n'est pas toi qui décides, » répondit-il calmement, mais son ton n'avait jamais été aussi menaçant.

Elle recula d'un pas, secouant la tête. « Vous ne pouvez pas faire ça. Vous ne pouvez pas me tenir responsable de quelque chose que je n'ai pas fait. »

Giovanni avança, réduisant la distance entre eux. « Dans mon monde, Sofia, les dettes sont une question d'honneur. Ton père n'est plus là pour payer, alors c'est toi qui porteras ce fardeau. »

Elle sentit son dos toucher le mur, le froid de la pierre lui coupant le souffle. « Et qu'est-ce que vous attendez de moi ? Vous voulez que je vous donne quelque chose que je n'ai pas ? »

Il la fixa longuement, un sourire dur se dessinant sur ses lèvres. « Ce que je veux, c'est simple. »

Elle fronça les sourcils, attendant la suite, son cœur battant à tout rompre.

« Tu vas te marier, Sofia. »

Le choc de ses mots lui coupa la respiration. Elle éclata de rire, un rire nerveux et incrédule. « Vous êtes fou. Fou à lier. Vous pensez que je vais accepter ça ? »

Il ne cilla pas. « Ce n'est pas une proposition, Sofia. C'est un ultimatum. »

Elle tenta de reprendre son souffle, ses pensées se bousculant. « Pourquoi ? Pourquoi voudriez-vous que je fasse une chose pareille ? »

« Parce que tu es une Ivanova. Et parce que, en te liant à un homme que je choisirai, tu serviras de garantie pour récupérer ce que ton père m'a volé. »

« Vous voulez me vendre, » murmura-t-elle, horrifiée.

« Appelle ça comme tu veux, » répondit-il froidement. « Mais c'est la seule issue. »

Sofia secoua la tête, les larmes débordant malgré elle. « Je refuse. Jamais je ne ferai ça. »

Giovanni se pencha vers elle, ses yeux sombres brillant d'une intensité terrifiante. « Tu n'as pas le choix, Sofia. C'est ça, ou je détruis tout ce que tu as. »

Elle le regarda, terrifiée, cherchant un moyen d'échapper à cet homme, à cette situation cauchemardesque. Mais au fond d'elle, elle savait qu'il disait la vérité. Il ne reculait devant rien, et elle... elle était piégée. Le silence dans la grande salle semblait peser des tonnes, comme si même les murs retenaient leur souffle face à la confrontation qui venait de se dérouler. Giovanni s'éloigna, la démarche lente et calculée, et alla s'asseoir dans un fauteuil près de la cheminée. Il prit un verre de whisky posé sur une table basse et le porta à ses lèvres, comme si tout ce qui venait de se passer n'était qu'une simple formalité pour lui.

Sofia, toujours debout près du mur, sentait ses jambes vaciller sous le poids de la peur et de l'humiliation. Son esprit s'emballait, cherchant une échappatoire, un moyen de sortir de cette situation absurde. Mais chaque regard qu'elle lançait autour d'elle lui rappelait à quel point elle était prisonnière.

« Je vais te laisser réfléchir, Sofia, » dit Giovanni d'un ton presque désinvolte, ses yeux rivés sur le liquide ambré qui tourbillonnait dans son verre. « Une semaine. C'est tout ce que tu as. Une semaine pour comprendre que tu n'as pas d'autre choix. »

Elle serra les poings, son corps tremblant de rage. « Vous ne pouvez pas me forcer à faire ça. Vous pensez pouvoir contrôler tout le monde, mais je ne suis pas l'une de vos marionnettes. »

Il leva les yeux vers elle, un sourire froid se dessinant sur ses lèvres. « Oh, mais tu te trompes. Ici, tout le monde danse au rythme que je dicte. Tu peux me défier si tu veux, Sofia, mais je te garantis que tu n'aimeras pas les conséquences. »

Elle ouvrit la bouche pour répliquer, mais aucun mot ne sortit. La peur nouait sa gorge, et l'intimidation implacable de Giovanni pesait sur elle comme un étau.

« Une semaine, » répéta-t-il en se levant. « Après ça, tu devras choisir. Soit tu acceptes, soit je fais en sorte que tout ce que tu connais disparaisse. »

Il quitta la pièce sans un mot de plus, la laissant seule dans ce silence oppressant.

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Les jours qui suivirent furent un mélange de terreur et de frustration pour Sofia. Elle était confinée dans la villa, surveillée à chaque instant par des hommes en costume qui semblaient surgir de nulle part dès qu'elle faisait un pas hors de sa chambre. Elle avait essayé de poser des questions, de comprendre ce qui se passait réellement, mais personne ne lui répondait. Giovanni lui-même semblait l'ignorer, comme si elle n'était qu'un pion en attente d'être déplacé sur son échiquier.

Un matin, alors qu'elle errait dans les couloirs de la villa, elle croisa une jeune femme vêtue d'un uniforme de domestique. Sofia s'approcha rapidement, saisissant sa chance.

« Excusez-moi, » murmura-t-elle à voix basse, jetant des regards autour d'elle pour s'assurer qu'aucun des gardes ne l'observait. « Pouvez-vous m'aider ? Je dois partir d'ici. »

La domestique, une jeune femme brune à l'air effrayé, secoua la tête avec force. « Je suis désolée, madame, mais je ne peux pas. Personne ne peut désobéir à Monsieur Russo. »

« S'il vous plaît, » insista Sofia, ses yeux brillants de désespoir. « Je ne veux pas être ici. Je ne veux pas... »

Elle s'interrompit en entendant des pas lourds derrière elle. Deux hommes de main s'approchaient, leurs regards perçants ne laissant aucune place à l'erreur. L'un d'eux la saisit doucement mais fermement par le bras.

« Retournez dans votre chambre, mademoiselle Ivanova. »

Elle voulut protester, mais les mots moururent dans sa gorge. La domestique s'éloigna rapidement, tête baissée, et Sofia fut escortée jusqu'à sa chambre, où la porte fut refermée derrière elle avec un déclic sonore qui semblait résonner dans toute la pièce.

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Cette nuit-là, elle décida qu'elle ne pouvait pas rester passive. Si personne ne l'aidait, elle devait s'en sortir seule. Elle passa des heures à observer par la fenêtre, calculant les rondes des gardes et les zones de la propriété qui semblaient les moins surveillées. Elle savait que c'était risqué, mais elle ne voyait pas d'autre solution.

Aux premières lueurs de l'aube, elle enfila des vêtements sombres et sortit discrètement de sa chambre. Ses pieds nus lui permettaient d'avancer sans bruit sur les tapis épais qui couvraient les couloirs. Elle avait mémorisé un chemin qui menait à une porte arrière, souvent utilisée par le personnel.

Son cœur battait à tout rompre lorsqu'elle atteignit la porte. Elle posa une main tremblante sur la poignée et la tourna lentement. À sa grande surprise, la porte n'était pas verrouillée. Elle la poussa doucement, et l'air frais du matin lui caressa le visage.

Mais avant qu'elle n'ait pu franchir le seuil, une main puissante attrapa son bras, la tirant brutalement en arrière. Elle se retourna, le souffle coupé, pour se retrouver face à un des gardes.

« Vous pensiez vraiment que ce serait aussi simple ? » grogna-t-il en la traînant sans ménagement vers l'intérieur.

Sofia se débattit, hurlant de colère et de frustration. « Lâchez-moi ! Vous n'avez pas le droit de me retenir ici ! »

Mais ses cris ne firent qu'attirer plus de regards, et bientôt, elle fut escortée jusqu'au bureau de Giovanni. Il l'attendait, assis dans son fauteuil, un air impassible sur le visage.

Les gardes la poussèrent à l'intérieur et refermèrent la porte derrière eux. Sofia chancela légèrement avant de se redresser, son regard brûlant de défi malgré les larmes qui coulaient sur ses joues.

« Vous ne pouvez pas faire ça ! » cria-t-elle. « Vous n'avez pas le droit ! »

Giovanni leva les yeux vers elle, calmement. « Je t'avais dit de ne pas me défier, Sofia. »

« Et moi, je vous ai dit que je ne suis pas à vous ! » hurla-t-elle, sa voix brisée par l'émotion.

Il se leva lentement, s'approchant d'elle avec cette démarche menaçante qu'elle commençait à reconnaître. « Tu crois vraiment que tu peux t'échapper ? Que tu peux simplement fuir et me laisser derrière ? »

Elle ne répondit pas, son souffle rapide et irrégulier.

« Écoute-moi bien, Sofia, » murmura-t-il, sa voix basse et glaciale. « Chaque mouvement que tu fais, je le connais. Chaque pensée de fuite, je l'anticipe. Tu es ici, sous mon toit, et tu resteras ici jusqu'à ce que tu respectes mes conditions. C'est clair ? »

Elle le regarda, ses yeux brillants de colère et de peur, mais elle ne répondit pas.

Il se pencha légèrement vers elle, ses paroles tranchantes comme des lames. « Tu n'as pas besoin de rendre les choses plus difficiles pour toi. Une semaine, Sofia. C'est tout ce que tu as. Après ça, je prends une décision pour toi. »

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Mariée au Mafieux malgré Elle

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