Chapitre 2

A ma reprise de conscience le lendemain matin, tout cela me semblait avoir été un énorme rêve... Mais je m'étais levé avec d'énormes maux de tête et aussi un goût bizarre dans ma bouche comme un goût d'eau salée... Je peinais à me lever et en plus, je n'avais pas assez de motivation lorsque mes derniers souvenirs dont je n'avais aucun doute étaient ceux de la banque où je n'avais rien trouvé dans mon compte.

Je me suis dit , c'était peut-être le moment de manifester mon ras-le-bol. Alors j'ai voulu dire à mon employeur que j'étais souffrant et que ce jour, je ne saurai être au boulot.

Sauf qu'une trentaine de minutes après cette décision, mon téléphone se mit à sonner.

Je me suis dit, ça doit sûrement être mon patron, ma femme ou alors mes bailleurs... Flemme de décrocher mais je vais quand même pour vérifier le téléphone qui se trouvait sur une petite table près de mon lit.

Et là, je remarque qu'il s'agit d'un de mes collègues... Toujours, je me dit qu'il va me demander pourquoi je ne suis pas encore au boulot, je décide alors de casser ma voix, question de jouer le malade que je prétends être.

- Allô Benjamin, comment tu vas ?

- Bah, ce n'est pas trop la forme. Je me suis levé avec une énorme migraine et de violents maux de tête. Je ne sais pas si je serai aujourd'hui au boulot.

- Mais, qu'est-ce que tu racontes ? Tu n'as pas appris la bonne nouvelle ?

- Laquelle c'est ?

- Tous les salaires des employés sont passés. Tous les aérés ont été payés.

- Tu blagues !

A ce moment précis, mes maux de tête disparaissent, ma voix redevient normal et je demande à nouveau à mon collègue s'il est sûr de lui.

- Regarde, je suis à la banque et j'ai déjà perçu mon salaire et je peux te confirmer que tout le monde a été payé.

- Mais j'y étais hier et il n'y avait rien.

- Benjamin, hier ce n'est pas aujourd'hui! Avec tout ce que tu m'as dit, tu ferais mieux de rappliquer à la banque maintenant avant que le monde inonde.

- Ok... Ok !

Alors, je saute de mon lit, je me dirige vers la salle de bain et je prends rapidement une douche... Je suis debout devant le miroir de la salle de bain lorsque je remarque une marque sur mon doigt, plus précisément mon annulaire gauche.

Cette marque est un anneau qu'on semble avoir enlevé depuis un bon moment et il a laissé une trace blanche... Ça m'intrigue beaucoup car je sais que avec ma femme, on a décidé depuis un moment de ne plus porter nos alliances... Il y'a quelques années, je les avais revendues pour régler certaines factures. Du coup , sur nos doigts, il n'y avait plus rien.

Comment est ce que cette marque a t'elle fait pour apparaître là ?

Après, je me dis, je verrai cela plus tard, je dois rapidement me rendre à la banque. Dieu merci, la ville n'est pas si grande. Alors, après avoir enfilé mes vêtements, je suis sur une moto, direction la banque.

Lorsque j'arrive, toujours dans le doute, je vois des collègues très heureux et c'est un peu ce qui me motive.

J'entre , je me dirige vers le distributeur libre , je consulte mon solde et là, je n'en reviens pas.

- Yes ! Yesss !

Je m'étais exprimé comme une personne qui venait de gagner au loto pourtant il s'agissait de mon argent. Le plus surprenant encore était qu'il y'en avait plus.

J'ai tout retiré.

En réalité, il y'en avait assez pour régler plus de la moitié de mes soucis.

Une fois à l'extérieur, j'ai appelé ma femme...

- Allô Alex.

- Oui Benjamin bonjour mon chérie.

- Comment vous allez ?

- On va très bien. Juste le bailleur qui...

- N'en dis pas plus ! Je l'appelle de suite ensuite je te rappelle.

- Humm. Ok !

J'ai rappelé le bailleur et après une brève causerie, je lui ai fait un dépôt valant le coût d'un loyer d'un an plus les aérés que je lui devais.

Quelques minutes plus tard, ma femme me rappelle et me dit qu'il a décidé que nous restons et qu'il viendra refaire certains travaux.

- Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Je travaille chérie. On nous a payés !

J'avais tout de même ce vaste souvenir d'avoir eu un petit accrochage avec ma femme à la veille mais c'était comme un flash dans ma tête. Après, pourquoi y penser lorsque tout était réglé ?

J'ai réglé mon loyer , j'ai remboursé quelques dettes et j'avais suffisamment assez pour vivre durant ce mois.

J'étais motivé pour me rendre au bureau et j'y suis allé. A mon arrivée, le patron m'a appelé dans son bureau.

Rappelez vous que je vous ai dit qu'il y'avait beaucoup plus d'argent dans mon compte, alors je me suis dit qu'il voulait justement me parler de ça et j'avais raison.

- Monsieur Benjamin, vous êtes un très bon employé voire le meilleur de ces trois derniers mois. C'est pourquoi ce matin, vous avez remarqué une prime dans votre salaire. La maison s'excuse encore pour le retard de paiement et vous promets que vous n'aurez plus droit à ce genre de soucis.

- Sans problème monsieur. Déjà je tiens à vous remercier pour cette affectueuse considération... Je peux comprendre que parfois, tout ne se passe pas comme on le souhaite et j'espère tout comme vous que désormais ça ira. Je suis très heureux de faire parti de cette entreprise.

- Nous aussi, nous sommes très contents de vous avoir comme employé.

L'une des rares fois que je parlais avec mon patron de manière courtoise car avant à chaque fois, soit il m'évitait , soit c'était moi qui le faisais.

Après cet échange, je suis retourné à mes occupations, juste Joyeux d'avoir allégé mes soucis et je vous le dis, je n'en revenais pas.

Midi, heure de ma pause, je vais manger avec des collègues, lorsque je fais encore cette remarque en tenant ma fourchette que la marque de ce matin avait disparu, elle semblait pourtant tenace mais à l'instant, elle semblait ne même jamais avoir exister.

Alors, je me suis dit qu'il s'agissait d'un coup de soleil mais après avoir mangé et en allant me laver les mains, au moment où je me les nettoie, elle réapparaît comme par magie.

Chapitre 3

Le phénomène se passait à chaque fois que j'étais en contact avec de l'eau et après deux jours , ça a commencé a m'intriguer.

J'en ai alors parlé à un collègue et je lui ai expliqué que moi même je ne savais pas ce qui se passait.

- Mais peut-être la marque de ton alliance.

- Déjà, ça fait des années je n'ai pas d'alliance et maintenant , comment expliques tu le fait que la marque apparaisse et disparaisse ?

- Tu étais à la plage récemment?

- Ça fait longtemps ! En fait ça fait un bon moment j'y suis pas allé par contre j'ai l'impression qu'il y'a deux jours j'y étais mais peut-être un rêve.

- Hum. J'espère que tu n'as pas ramassé un bijou quelque part !

- Non! Je n'en porte même pas.

- Parce que parfois, c'est dû à ça. Mais après si tu n'as eu de contact avec quoi que ce soit, ça devrait être naturel et ça va partir.

- Je l'espère.

Puis sans insister sur le sujet, nous sommes passés dessus mais la marque, elle, elle apparaissait toujours. A un moment donné, j'ai commencé à apprécier puisque ça ne me dérangeait pas.

Je suis même allé à observer le phénomène de disparaition progressive. Plus mes mains devenaient sèches, plus la marque s'en allait.

C'était un peu comme un phénomène scientifique...

Pendant ce temps au boulot, tout allait pour le mieux et j'étais encore pressenti pour être l'employé du mois. Le boss m'a donc appelé dans son bureau et m'a dit , si j'étais employé du mois cinq fois de suite, j'aurai droit à une promotion et une augmentation de salaire.

Qui d'autre pour l'être si ce n'était d'ailleurs pas moi ?

Le mois présent, j'ai été nommé employé du mois, ainsi que le mois qui suivait. J'ai donc bénéficié des faveurs du patron qui m'a effectivement fait une promotion et grâce d'un véhicule de service.

Le pauvre Benjamin qui avait des soucis il y'a quelques mois nageait désormais sur une vie paisible et pouvait s'offrir ce qu'il voulait.

Le jour où j'ai reçu ma voiture, j'ai décidé de célébrer celà avec mes collègues à la plage où on allait déguster du bon poisson.

- Les gars, j'arrose ma promotion et ma voiture après le boulot. J'invite tout le monde.

Je n'aurai jamais cru dire cela un jour mais voilà que c'était en train d'arriver.

Après le boulot, nous sommes allés et c'était la première fois que je revenais à la plage depuis un bon moment sans toute fois me rappeler réellement de la dernière fois.

Nous sommes arrivés et la dame nous a installés près de l'eau qui frôlait presque nos chevilles. Tout le monde a commandé, moi aussi bien sûr et en attendant, il y avait des bières et des vins pour tout le monde.

Un moment, j'ai commencé à observer un phénomène assez étrange... À chaque fois que je plongeais mon regard dans l'eau qui nous touchait les pieds, j'apercevais un visage.

Et surtout un visage qui m'était familier.

Il suffisait que les yeux se déposent dans l'eau et je la voyais me sourire ou me demander de plonger et de la suivre.

Je me consolais en disant qu'il s'agissait de l'alcool mais phénomène encore très étrange, lorsque nos commandes sont arrivées, j'ai perdu l'appétit.

J'avais commandé du poisson et lorsque je l'ai vu dans mon plat, j'ai eu envie de vomir. On aurait dit que je voyais un être humain, mon semblable.

J'ai abandonné mon plat.

J'ai dû prendre autre chose, de la viande et une salade pour mettre quelque chose dans le ventre car j'avais extrêmement faim.

- Pourquoi tu as l'air perdu dans tes pensées comme ça Benjamin ? Depuis tout à l'heure, tu es tout le temps en train d'observer l'eau comme quelqu'un qui n'a jamais vu la mer. En plus de ça, même manger tu as refusé.

- Non. Je n'avais juste pas envie de manger du poisson. Et ne t'inquiète pas, je ne suis pas en train de penser à quelque chose.

- D'accord. Sinon, maintenant que tu as eu cette promotion, que comptes tu faire ?

- Pour le moment, je n'en sais rien. Mais j'aurai le temps de réfléchir. Ça ne fait même pas 2h que je l'ai eue.

- En même temps, oui tu as raison.

La soirée se passa très bien et aux environs de 18h30, lorsque le soleil fut déjà en train de se coucher, on décida chacun de retourner chez soi.

Une dernière fois, mon regard se plongea dans la mer et je la vis triste. Triste que je laisse.

Je ne sais pas comment mais j'arrivais à ressentir et décrire ses émotions.

Ce soir, je suis rentré avec un sentiment d'inaccompli et pendant que j'étais à la maison, j'avais juste envie de revenir à la plage.

L'envie était tellement forte que aux environs de 22h, ne trouvant point de sommeil, j'ai décidé d'y faire un tour.

Je ne pensais pas aux interdits, j'y allais juste sans penser à quelque chose. Je me disais qu'il fallait que je vienne juste compléter ma journée car c'est ce qui me manquait.

Je démarre la voiture et j'arrive. Je gare un peu loin en route et je descends à pieds puis je me mets à longer la plage à pieds.

Après quelques mètres, devant moi, j'aperçois une silhouette qui s'amène. La silhouette d'une femme aux cheveux très longs, fine qui vient vers moi tout doucement en marchant.

Ce corps m'est familier et la peur m'a quitté depuis.

Je marche , elle aussi avance. On va se croiser bientôt lorsque j'aperçois une énorme vague arriver derrière elle...

A l'instant , j'ai envie de crier pour la prévenir du danger mais elle semble très sereine et ne fait que marcher comme si la vague n'était pas un soucis.

Moi je me suis arrêté et j'attends de voir ce qui va se passer lorsque derrière moi, j'entends une voix.

- Que faites vous là à cette heure monsieur ?

Je me retourne et j'aperçois un homme torse nu et noir avec des dreads mal entretenus sur sa tête. Il a des colis attachés à son cou et ses poignets et il est aussi pieds nus.

Pour répondre à sa question, je me retourne vers la fille qui s'approchait de moi en essayant de lui dire

- Il y'a...

Et lorsque je regarde, elle a disparu, la vague aussi s'est évaporée.

Il me regarde et d'un ton sec me somme immédiatement de déguerpir de la plage rapidement sans me retourner.

Pris de peur, j'obéis, je rejoins ma voiture et je rentre à la maison....

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Marié à une sirène

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