Chapitre 2
Son fils était parfait et moi une sombre idiote qui avait fait couler notre foyer.
(Alimata SOW)
-" Tu es une malédiction pour Khalil! Je l'ai toujours dit et je le répéterai toujours. Depuis qu'il est marié avec toi, plus rien ne va!"
Ben voyons!
Cette femme était le diable en personne. Je la regardais seulement s'agiter, je ne voulais pas lui donner l'occasion de dire partout que je lui avais mal répondu ou autre chose dans le genre.
Elle n'avait qu'à parler si ça lui plaisait! Mais moi je jouais la carte de l'indifférence. Elle ne méritait même pas que je prenne le temps de répondre.
Pourtant j'avais mal. Vraiment ses mots me touchaient au plus profond de moi-même. J'étais réellement blessée. Dans ces moments là, je pensais à ma Maman, qui nous disait toujours:
(Roseline ZADIO)
-"C'est pas parce qu'on t'insulte qu'il faut répondre. Il faut parfois apprendre à se taire. On répond aux imbéciles par le silence!"
Avant, je disais que c'était un peu dommage de se taire quand on était certain d'avoir raison, mais je comprenais aujourd'hui que Maman avait totalement raison! Et j'avais fait de cet adage, ma devise!
Je n'avais pourtant pas la langue dans ma poche, loin de là...Mais cette fois, le silence était mon arme de guerre. Alors je la regardais et écoutais Alimata me dénigrer sans broncher.
Alimata était toujours surprise de me voir si calme. Elle chercher seulement à déclencher des disputes entre nous, mais moi je les refusais avec force. Je me faisait violence pour me taire!
Après-tout, Elle n'avait qu'à se disputer seule cette vieille sorcière! Moi, je n'avais pas son temps!
En revanche, entre Khalil et moi c'était tendu! Ça n'allait pas beaucoup mieux. Nous étions sous tension. Ma déception, son orgueil et la proximité avec ses parents avaient eu raison de notre complicité.
Khalil qui me défendait toujours devant ses parents, était devenu le principal accusateur. Il me tapait sérieusement sur le système! Il était mon mari ou pas? On aurait dit que lui-même ne savait plus!
C'est lui qui avait foutu toute cette pagaille dans notre foyer, et il se permettait de me parler comme à un chien mouiller!
Alors quand il dépassait les bornes, je n'hésitais pas à le menacer:
(Moi)
-"Parles-moi encore une fois sur ce ton, et je m'en vais Khalil! Je jure que je m'en vais! Mais qu'est-ce qui te prend bon sang?"
(Khalil)
-"Ah bon? Et tu veux t'en aller où? Tu crois que c'est avec ton salaire de misère que tu vas t'en sortir? Tu crois vraiment ça hein? Et bien vas-y! va-t'en! Bon courage!"
Je ne le reconnaissais plus. Ce n'était plus la même personne, c'était juste un inconnu. Son orgueil le rendait froid et méchant. Je me disais que j'avais bien fait de cacher l'histoire de mon compte épargne. Il n'avait vraiment plus sa tête!
Pour tout vous dire, Khalil et moi nous dormions toujours dans le même lit, mais chacun de son côté, et en ayant bien soin de ne point se toucher pendant la nuit.
C'était stupide je vous l'accorde, mais chacun marquait sa désapprobation. Nous n'avions plus aucune intimité.
Et franchement, je ne le supportais plus. Je ne voulais surtout pas qu'il m'approche.
Moi, je restais à ses côtés par amour et c'est comme ça qu'il me le rendait? Je n'y comprenais rien.
Cette histoire m'avait foutu en l'air. J'avais complètement perdu mon sommeil.
Par chance, l'une de ses deux sœurs, Diéné, m'aimait beaucoup. On s'était toujours très bien entendu.
Elle avait vécu des choses difficiles dans son couple, et venait tout juste de divorcer.
Son mari avait pris une deuxième épouse et elle ne l'avait pas supporter. Elle avait quitté son foyer avec ses deux enfants, avant de demander officiellement le divorce.
Entre nous, je n'ai jamais compris pourquoi Hassan avait eu besoin d'une seconde femme. Diéné était ce genre de femme sur laquelle les gens se retournaient dans la rue. Elle n'était pas jolie, elle était magnifique. Elle était vraiment d'une beauté incroyable.
Pourquoi chercher ailleurs quand vous avez une femme belle, intelligente et aimante? Ça je ne le comprendrais jamais! Les hommes sont un mystère pour moi! Bref...
...Diéné ne supportait pas que son frère se comporte comme son ex-mari, et sa mère comme son ex-belle-mère avec moi.
Je l'entendais les engueuler quand je n'étais pas dans la pièce. Elle croyait être discrète, mais elle était tellement fâchée que sa voix résonnait dans toute la maison.
Un jour, Alimata m'avait rabroué pour je ne sais plus quelle motif. Comme à son habitude, elle s'était énervée contre moi, et Monsieur Khalil qui avait désormais rallié la cause de sa mère, me criait dessus aussi. Diéné s'était vraiment mise en colère:
(Diéné)
-"Mais vous là? Comment vous êtes? Vous pleuriez tous sur mon sort quand Hassan et ma belle-famille me causaient du tord, mais vous, vous vous permettez de faire la même chose à cette pauvre Malia, qui en plus ne vous a absolument rien fait!
Franchement continuez comme ça et vous ne me reverrez plus ici! Tchippp!
Et toi Papa, tu ne dis rien? Tu les laisses faire et tu ne dis rien? Vous êtes abjectes tous les trois!"
Elle était partie en pleurant et en claquant la porte. Elle m'avait ensuite appelé. Nous avions beaucoup discuté et échangé. Diéné m'avait conseillé de partir ailleurs, au moins le temps que son petit frère retrouve ses esprits. Elle allait lui parler sérieusement!
Enfin quelqu'un dans cette famille était de mon côté! J'étais trop contente, Diéné était une bénédiction pour moi. Ça me faisait du bien qu'elle prenne le temps de me défendre.
Malheureusement, elle n'habitait pas avec nous et ne venait que les week-end!
Je me sentais parfois seule. Par honte, je n'avais pas osé parler de cette histoire à ma famille.
J'avais même menti en disant qu'on cherchait à acheter plus près du travail de Khalil et que c'était pour cela qu'on avait vendu la maison.
Personne chez moi ne se doutait que ma belle-famille et Khalil me menaient la vie dure. Ni mes parents, ni mes frères. Je ne voulais pas qu'ils aient une mauvaise image de l'homme que j'aimais.
Et puis, il connaissait Khalil sous un autre jour, et tout le monde l'adorait. Je ne voulais pas que ça change. Je souhaitais protéger l'image de mon couple. Peut-être allait-il retrouver la raison? Ça aurait été du gâchis de le balancer pour rien!
Avec le recul, je me dis que j'aurais peut-être dû en parler, les choses auraient certainement été différentes pour moi. Mais bon, on ne peut pas revenir en arrière...
Même à mon frère aîné Kwadjo, qui était mon confident, je n'avais pas pu dire la vérité. Je les évitais tous soigneusement.
J'avais quand même parlé de ma situation à deux de mes amies: Anita et Bouchra.
Anita était ma collègue de travail. C'était une fille géniale, toujours de bonne humeur et parfois de bon conseil, elle était un peu fofolle.
Anita était métisse italo-Nigériane. J'adorais son accent un peu anglophone. Avec elle, on ne s'ennuyait jamais!
Elle était plus âgée que moi, et était célibataire. Quand je lui racontais mes aventures, elle me disait toujours:
"Tu vois pourquoi je te dis que je préfère être seule, les hommes n'en valent pas la peine!"
En tout cas, avec Anita, les heures de travail passaient plus vite! Mon retour avait été plus facile grâce à elle.
Quant à Bouchra, elle, était ma meilleure amie depuis l'école primaire. On se disait tout, absolument tout!
Elle ne savait pas quoi faire pour moi. Elle n'arrivait même pas à me conseiller sur cette situation puisqu'elle-même était dépassée, elle pleurait souvent avec moi.
Elle connaissait Khalil depuis toujours aussi. C'était mon témoin de mariage. Et j'étais son témoin de mariage.
Bouchra était la soeur que je n'avais pas eu. Avec elle, j'avais fait les 400 coups.
Bouchra était issue d'une famille de sept enfants. C'était la troisième, et comme moi, c'était la seule fille.
Ses parents avaient émigrés depuis le Maroc lorsqu'elle avait à peine quelques mois.
Nos parents habitaient la même rue depuis toujours. Donc on avait juste à traverser pour aller l'une chez l'autre lorsque nous étions enfants.
(Moi)
-" Bou (oui, je l'appelle comme ça depuis toujours) je crois que je vais demander le divorce. "
(Bouchra)
-"Astarfoullah! Ça va pas non la tête!
Mais Malia tu rigoles? C'est seulement une mauvaise période. Soit patiente, Tu verras Dieu va te récompenser."
(Moi)
-"Tu veux dire qu'il m'a complètement oublié oui? Regardes comment je vis Bou? Franchement, qu'est-ce que j'ai fait de mal pour mériter ça?"
(Bou)
-"Attends on va trouver une solution. Sois patiente je t'en supplie. Promets-moi de patienter encore Malia. Le temps qu'il faudra, ok Malia?"
(Moi)
-"D'accord! Tu as peut-être raison"
J'acceptais de patienter pour rassurer Bou, mais au fond de moi je n'étais pas convaincue.
Je sentais que c'était la fin. Il fallait que je sorte de ce trou et vite. Parce que je commençais sérieusement à craquer.
Entre la reprise du travail, mes problèmes conjugaux, et ma belle-mère, je saturais.
J'étais à bout de force psychologiquement et nerveusement, mes nerfs étaient en train de lâcher.
MALIA: Le prix du bonheur - Partie 3
Souvenirs, Souvenirs
Cela faisait déjà huit mois que mon petit ange était parti, et deux mois et demi que nous avions perdu notre maison.
Ma vie chez les beaux-parents était difficile et contrariante.
D'après Alimata, je ne cuisinais jamais comme il fallait, je ne savais pas faire le ménage. Je n'avais aucune classe et je m'habillais comme une demeurée .... Enfin comme d'habitude elle avait toujours quelque chose de méchant à me dire.
Khalil avait un peu retrouvé ces esprits, il était un peu plus sympa avec moi.
Diéné lui avait parlé et lui avait passé un sacré savon:
(Diéné)
-" Khalil il faut que tu te reprennes. Tu sais Malia souffres, si elle reste c'est à cause de ce qu'elle ressent pour toi. Franchement, je suis très déçue par ton attitude.
Non seulement tu fais des conneries, et en plus tu la maltraites sans raison? C'est plus possible!
Et puis, tu dois parler à Yaye, elle n'a pas le droit de se comporter comme ça. C'est ta mère pas sa coépouse! "
Zeinab qui avait appris notre situation l'avait appelé aussi depuis Dakar. Elle lui avait dit ses quatre vérités et il en avait eu pour son compte.
Elle lui avait demandé de régler cette situation au plus vite avant qu'elle ne voyage pour tous les rabotés. Elle m'avait ensuite téléphoné:
(Zeinab)
-"Bon écoutes Malia! Ne t'occupes pas de Maman. Continues à l'ignorer comme tu fais. Parfois, je ne sais pas ce qu'elle cherche. C'est ma propre mère, mais je la trouve trop... Bon je n'ai pas de mot! Walaye Malia je ne comprends pas.
Tu sais, nous sommes toute des femmes, la vie de couple c'est pas évident deh! Les problèmes ne manque jamais! Moi-même, ici je me bats avec Lansana pour réussir notre union.
Mais le plus important ma chérie, c'est que tu puisses récupérer ta vie de couple!
Sois courage ma soeur, et tant que ton cœur aime supporte"
(Moi)
-"Merci Zeinab. Ça m'a fait du bien de t'entendre."
Dans mon grand malheur, j'avais le soutien de mes belles-sœurs. C'était sans prix!
Khalil craignait ses deux grandes sœurs, bien plus que ses parents. Elles étaient comme ses petites mamans. Alors il avait fait ce qu'il fallait pour me reconquérir. Enfin, il essayait...
Parce que, moi, personnellement je ne savais pas trop quoi penser. Il m'avait tellement déçu ces derniers temps que je n'arrivais plus à lui faire confiance.
Pourtant Khalil essayait, il essayait vraiment. Et il en faisait même un trop. Il me demandait mille fois par jour comment j'allais. Ce trop plein d'attention commençait à m'agacer.
Bien sur, comme toute les femmes j'appréciais que mon mari s'intéresse à moi, mais la complicité avait disparu. Quelque chose n'allait pas.
Dans mon fort intérieur quelque chose me lançait une alerte. Non pas que ça sonnait faux, il avait vraiment l'air sincère, mais moi j'étais maintenant différente et très méfiante. Pourtant j'aimais toujours mon mari.
Comment avions-nous pu en arriver là? Tout était parfait. Notre vie était parfaite. Enfin peut-être pas complètement, mais on était vraiment bien tous les deux.
Je me souviens encore du temps où l'on s'est rencontré.
À l'époque j'avais 14 ans, j'étais folle amoureuse de David, un copain de Khalil. J'avais le béguin, mais lui n'en avait que faire de moi.
Vous savez comment sont les garçons à 14 ans, immatures, et joueurs. Il ne pensait qu'aux copains et au sport.
Khalil avait accepté de m'aider en donnant un petit mot que j'avais préparé pour David. Et ce dernier m'avait officiellement dit qu'il ne m'aimait pas. J'étais triste, et c'est encore ma chère et douce Bou qui m'avait consolé.
Et à force de côtoyer Khalil, Bou et moi, nous étions devenues amies avec lui.
Puis au lycée, nous nous sommes retrouvés tous les trois dans la même classe. C'est là qu'il a commencé à me montrer qu'il s'intéressait à moi.
Nous avons naturellement commencé à sortir ensemble, et au bout de quelques mois nous étions inséparables, c'était déjà l'amour fou.
Au départ, je faisais un peu la maline, je ne voulais pas être avec lui. Je le voyais plus comme un ami. Et puis, c'était compliqué pour moi. Ma mère me surveillait trop. Elle disait toujours:
(Roseline Zadio)
- " Vous les enfants d'Europe, vous ne savez pas vous comporter! Si vous voulez suivre les gens d'ici et vous comporter comme des petits blancs mal éduqués... je vous renvoie au village. Là-bas au moins, on se chargera de votre éducation".
Et entendez par éducation, éducation à l'ancienne. Où les filles font à manger, le ménage, pas de télé! Une vie de fille du village de chez nous quoi! Pour les garçons (j'ai trois grands frères) la menace c'était les travaux des champs. Alors pas question de se faire expédier au village pour toujours!
Maman était très à cheval sur l'éducation. Elle avait quitté l'Afrique, mais l'Afrique ne l'avait pas quitté!
Moi, j'ai grandit en France, à Saint Michel-sur-Orge. À trente minutes seulement de Paris. Alors, l'Afrique je connaissais mais que pendant les vacances d'été!
Nous avons évolué dans un quartier résidentiel, dans un joli pavillon de banlieue.
J'ai eu la chance que mes parents aient les moyens. Papa était ingénieur agronome, et maman infirmière. Nous avons toujours eu ce qu'il nous fallait mes trois frères et moi. Mais alors, il ne fallait pas toucher aux traditions! Ça non!
Quoique Papa était un peu plus souple et ouvert que Maman. Elle, tout ce qui l'intéressait c'est qu'on réussisse nos études et qu'on construise une jolie petite famille.
J'avais seulement 15 ans, et il était hors de questions que je lui dise que j'avais un petit copain. Elle m'aurait étranglé sur place et sans pitié!
J'en avais quand même parlé à Kwadjo, mon frère aîné. J'étais très proche de lui, et il m'avait très vite conseiller d'attendre un peu, et de voir si l'histoire allait durer avant d'en parler.
(Kwadjo)
- " Quoi qu'il arrive soeurette, je te soutiens, mais ne fais pas n'importe quoi où maman en mourra. Tu le sais Malia! Vois d'abord comment ça évolue et puis si ça va on le dira aux parents. Mais t'as intérêt à être clean, sinon t'es morte!"
Kwadjo savait toujours comment me parler. Et il avait raison au bout de trois ans j'étais toujours avec Khalil. Plus amoureuse que jamais!
Nous venions d'avoir notre bac et on avait fêter ça très joyeusement.
J'étais en seconde année de BTS en comptabilité, et lui était à la fac de droit. Tout se passait pour le mieux.
Mes autres frères étaient aussi au courant de l'histoire que je vivais avec Khalil. Et finalement, au bout de presque cinq ans de relation, mes parents l'avaient appris aussi.
De toutes les façons je ne parlais que de lui, je ne vivais que pour lui. Et lui pour moi. Ils s'en doutaient un peu.
Quand j'ai eu vingt et mon BTS en poche, Khalil a demandé ma main à mon père. Celui-ci lui a fait tout un cérémonial. Papa était tellement protocolaire que ça en devenait barbant!
Chapitre 3
(Papa Ebenezer ZADIO)
-"Jeune homme! Tu viens demandé la main de ma fille en tant que qui?
On est en Europe d'accord, mais faut pas exagérer... Où est ta famille? tu n'es quand même pas tombé d'un arbre Hmmm?"
(Khalil)
-" Ma famille est au courant Monsieur ZADIO. Je voulais d'abord m'assurer que vous seriez d'accord pour m'accorder la main de Malia avant qu'ils viennent officiellement."
(Papa Ebenezer)
-"Ton courage me plait jeune homme. Je t'accorde sa main provisoirement, reviens avec des émissaires!"
En fait, Kwadjo avait déjà préparé le terrain. Mes parents savaient que Khalil ne jouait pas avec moi et qu'il m'aimait vraiment. Alors ça avait été facile de convaincre Papa.
Pourtant je vous promets que Khalil transpirait! Il avait eu peur d'affronter le vieux ZADIO, mais il avait quand même ramassé son courage pour pouvoir faire de moi sa femme.
Quelques temps plus tard, je ne me souviens pas exactement combien, la demande officielle a été faite. Nous sous sommes mariés un et demi plus tard.
À cette époque déjà, Alimata avait été pénible pendant les préparatifs. Mais nous avions tout de même eu un très beau mariage.
Bou était mon témoin avec une autre de mes amies d'enfance Rouguy (elle vit maintenant au Canada).
C'était le plus beau jour de ma vie! La fête avait été fastueuse. On s'est vraiment éclaté. Ahhh! Quelle période heureuse! J'étais en paix! C'était ça le bonheur!
Mais malheureusement ce n'était pas resté d'actualité. Et oui! Sept ans plus tard, ce n'était plus la même chanson.
Le pire dans toute cette histoire c'est qu'on s'aimait encore Khalil et moi. Nous voulions vraiment nous en sortir. Alors nous faisions chacun de gros efforts, et nous étions sur la bonne voie.
Notre relation s'améliorait doucement mais sûrement. Petit à petit je retrouvais mon mari, ainsi que ma place d'épouse.
Notre complicité était timide, mais il fallait laisser le temps au temps. On se couchait toujours dans le même lit, mais nous dormions à nouveau dans les bras l'un de l'autre.
Une fois, en pleine nuit, Khalil m'a réveillé. C'était comme si il avait vu le diable! Il était vraiment très agité:
(Khalil)
-"Ma chérie lèves-toi! Il faut que je te parle."
(Moi)
-"Hmmmmmmm!"
(Khalil)
-"Sérieux, faut que je te dise quelquechose"
(Moi)
-"Oh mais khalil! Hmmm! Laisses-moi dormir ohhhhhh! Ça peut pas attendre demain? Je suis crevée moi."
(Khalil)
-"Non, ma puce ça ne peux plus attendre, lèves-toi s'il te plaît".
MALIA: Le prix du bonheur - partie 4
Un rayon de soleil!
Khalil avait tellement insisté que j'avais fini par m'assoir sur le lit. J'avais les yeux plein de sommeil, et tout ce qui m'intéressais c'était dormir!
(Khalil)
-"Je suis désolé bébé. Mais il faut que je t'avoue une dernière chose sans quoi on ne pourra pas avancer.
J'essaye de te le dire depuis des jours mais...Oh mon Dieu Malia! Je ne veux pas que tu me quittes.
Je veux juste te dire que tu es la femme de vie. Je t'aimais avant même d'être un homme. Alors, promets-moi de m'écouter, s'il te plaît.
Je sais que tu as été très déçue, mais crois-moi, désormais, les mensonges c'est terminé. Je ne veux plus que ce soit la guerre entre nous. Je t'aime. Mais je t'ai tellement menti que..."
(Moi)
-"Khalil abrèges, il est 3h30 du matin. Tu coupes mon sommeil pour une mauvaise nouvelle? C'est ça?"
(Khalil)
-" Mais c'est que ..."
(Moi)
-" C'est que quoi Khalil? Tu sais je suis fatiguée de tous ces mystères. Ce que je veux c'est avancer.
Combien as-tu de secrets finalement? Des milliers. Je veux bien t'écouter, mais à une condition.
Je veux savoir toute la vérité. Je ne veux aucun mensonge, aucun tu m'entends? Sinon, il n'y aura pas de nouvelle chance pour nous deux. Alors s'il-te-plaît Khalil, mets tout sur la table, et on passe à la suite, par pitié!"
Khalil regardait ses pieds, il n'osait pas me regarder.
Dans mon fort intérieur, Il me semblait avoir compris ce qui se passait, certainement une histoire de maîtresse (ou de deuxième épouse... Oh non mon Dieu aies pitié, pas ça!), mais j'avais décidé de le laisser parler et surtout de l'écouter.
(Khalil)
-"...J'ai eu une liaison avec une femme. Elle s'appelle Caroline. C'est une de mes collègues. Enfin, ancienne collègue, elle ne travaille plus chez nous.
Ça a commencé au début de ta grossesse, mais au bout de quelques semaines, j'ai renoncé à elle, parce que je t'aimais, et je ne voulais pas de cette relation...j'ai goûté à autre chose, mais ça ne m'a pas intéressé.
Je me suis rendu compte que je perdais mon temps, et que tu me suffisais."
(Moi)
-"Que veux-tu que je te dise. Plus rien ne me surprends venant de toi"
J'étais en colère c'est vrai, mais j'étais tellement blasée que j'avais décidé de ne pas tout prendre pour moi.
Mon cœur avait assez souffert comme ça! Je ne voulais pas y penser. J'avais entendu et je mettais ça dans un coin de ma tête pour plus tard, quand j'aurais retrouvé ma capacité de réflexion. Là, ce n'était pas possible.
(Khalil)
-"Tu sais je n'ai connu que toi, et je crois que j'ai eu envie d'expérimenter autre chose. C'était une bêtise, mais je sais maintenant que je ne veux rien d'autre que toi ma puce!"
(Moi)
-" Et parce que moi j'ai connu d'autres hommes? Khalil trouve un autre argument stp! N'importe quoi!"
Là, Monsieur SOW commençait un peu à m'agacer. Pourquoi les hommes font ça? C'est vraiment stupide et immature!
Moi aussi je n'avais pas connu d'autres hommes, et ça m'avait pas donné l'idée d'aller voir ailleurs! Tchippp!
De toutes les façons trouvez-moi un homme qui vous diras autre chose que:
" Mais mon mon amour, je t'ai trompé c'est vrai, mais c'est toi que j'aime"
Ils sont tous pareils ou presque tous pareils, il doit y en avoir des sérieux quand même non? Personnellement, j'en doute un peu, mais bon...
(Moi)
-"Ok! Bon écoutes. J'ai entendu ...passons à autre. Je peux me recoucher maintenant s'il te plaît?"
(Khalil)
-"Malia?"
(Moi)
-"Oui?"
(Khalil)
-"Cette fille a eu un bébé. Et, c'est le mien!"
Soudain, il y eut un silence de mort. Une onde électrique a traversé mon cœur. Là j'étais vraiment atteinte, j'avais mal!
Tous les deux nous étions d'accord pour remettre notre couple sur la bonne voie, et voila que Khalil m'annoncer qu'il avait un enfant avec une autre!
Je ne voulais plus parler...et pourtant...J'étais désespérée!
Mais si vous croyez que ça c'est arrêté là, vous vous trompez!
Je devais vivre avec cette idée que mon Khalilou était père. Et je n'étais pas la mère. Ahhhhhhhh!
Je me disais que peut-être cette fois-ci, il fallait que je demande un conseil à Maman.
C'était trop important! Parce que sincèrement j'étais perdue. Fallait-il que je reste avec Khalil malgré tout ce qu'il m'avait fait vivre ces derniers mois? Ou bien, fallait-il que je m'accroche pour sauver mon couple coûte que coûte?
Je m'étais tellement investie dans ma relation avec Khalil, que je n'avais pas vu que la routine pouvait l'ennuyer. Peut-être étais-je aussi fautive?
Souvent, on pense que tout est acquis, alors je me dis parfois que si il a eu envie daller voir ailleurs, c'est peut-être que ... Non! Non! Non!
N'importe quoi Malia! Qu'est-ce que raconte? Il n'y a pas d'excuse à ça! Personne ne mérite d'être trompé ni les hommes, ni les femmes! Là sérieusement je divague...
En tout cas, je faisais bonne figure. Je ne voulais pas faire ma lunatique. Khalil m'avait demandé de lui dire ce que je pensais, parce que jusque là je n'avais rien répondu.
Cette nuit là, je m'étais tout simplement recouchée le cœur serré, et les larmes aux yeux.
Khalil m'avait enlacé dans ses bras. Je n'avais pas eu la force de le repousser. J'étais trop fatiguée pour lutter.
Mais où était ce bonheur que la vie me promettait?
J'avais dit à Khalil qu'il me fallait encore réfléchir un peu avant de lui répondre. Il fallait que je digère l'information!
D'autant plus, Caroline, la maman du bébé avait décidé que Khalil devait s'occuper de son fils une semaine sur deux. Elle ne voulait pas l'assumer seule. Dans le fond, elle n'avait pas tord, sauf que pour moi l'idée était pénible à supporter!
Non seulement Khalil m'avait trompé, mais en plus j'allais être forcée de vivre avec "l'objet du délit" sous les yeux. Et en plus une semaine sur deux !
Lorsque j'ai raconté l'histoire à maman, elle a sourit. J'étais très étonnée de sa réaction, je pensais la voir bondir de colère et menacer Khalil toute l'après-midi. Mais rien, elle avait tout simplement sourit.
(Moi)
-" Maman, pourquoi tu souris? Je te dis que je suis perdue et que je ne sais pas quoi penser de tout ça! C'est sérieux Maman. Tu te rends compte? Il faudra que je vive avec cet enfant, et je ne sais pas si j'en suis capable"
(Maman Roseline)
-" Tu sais Malia. La vie n'est pas toujours comme on veut. Prends cet enfant comme un cadeau. Et tu verras il te le rendra.
Écoutes ma fille, si tu veux être heureuse dans la vie ne doit rien à personne, sauf l'amour! Si tu aimes Khalil, quoi qu'il arrive, tu aimeras son enfant.
Maintenant je vais te raconter quelque chose. Tu ne le sais peut être pas mais Ciané n'est pas mon enfant. Papa l'a eu avec une autre femme. Une femme qu'il avait rencontré au pays.
Pendant des années je n'ai rien su. Et lorsqu'il a eu 4 ans. Sa maman et décédée. C'est là que ton père a dû m'avouer son forfait.
Oh ma chérie! J'ai tellement pleuré, tellement. Je ne mangeais plus. Je ne dormais plus. J'étais angoissée. Et puis j'avais déjà tes deux autres frères Kwadjo et Benild.
Et pourtant, j'avais proposé à ton père d'avoir un troisième enfant. Et il avait catégoriquement refusé. Hmmmm!
À cet époque Papa était dur avec moi. Il ne voulait plus d'enfant avec moi. J'étais vraiment triste. Et le hasard avait fait qu'il soit obligé de me parler de cet enfant."
(Moi)
-"Maman c'est de mon père dont tu parles? Ebenezer ZADIO? Mais c'est pas possible!"
(Maman Roseline)
-"Mais oui Malia! Toi tu blagues avec les hommes! Ils sont bizarres ces gens là! Tu dois arrêter d'avoir ce petit cœur.
La vie n'est pas facile ma fille. Si tu veux être heureuse, il faut aller chercher ton bonheur, et il faut éloigner le malheur. La vie est trop courte pour être triste. Tu dois vivre ta vie et arrêter de croire que les choses sont soit blanche, soit noire. Parfois il y a du gris ma chérie.
Mais attends un peu, j'ai pas fini mon histoire! Donc Ciané s'est retrouvé à presque quatre ans sans maman. Il vivait à Abidjan et son père en Europe.
On ne pouvait pas le laisser là-bas. Il avait de la famille maternelle, mais visiblement personne ne voulait l'élever.
Papa aussi n'osait pas me demander de le prendre chez nous vu qu'il m'avait refusé un troisième bébé. Et qu'il venait de m'annoncer qu'il m'avait copieusement manqué de respect.
Finalement, j'ai fait moi-même les démarches pour aller le récupérer. J'ai acheté les billets, et je suis allée chercher Ciané.
Une fois revenus en France, nous avons fait ensemble les démarches pour que je puisse l'adopter. Ça a était un parcours du combattant, mais nous y sommes arrivés.
À partir de ce jour là, ton père s'est comporté différemment. Notre relation a évolué. Et puis tu as fini par arriver. Et nous étions tous heureux de t'accueillir.
Regardes aujourd'hui, c'est pas Ciané qui est toujours dans mes pattes? Il est marié et il est père mais il est toujours entrain de chercher sa maman. Et je suis fière d'être sa maman. Je l'ai élevé, je l'ai soigné, je l'ai nourrit. Le troisième enfant que ton père m'avait refusé, Dieu me l'a donné.
Ciané a été une bénédiction pour moi. Tout comme ce bébé peut être une bénédiction pour toi. Crois-moi"
Jamais, je n'aurais pu imaginer que maman avait vécu tout ça. Non seulement papa la malmené, mais elle avait élevé l'enfant d'une autre. J'étais bouleversée.
Mais je reconnaissais que Maman avait tout dit! Son histoire avec mon frère Ciané était criante de vérité. L'amour engendre l'amour. Alors si jamais ce bébé devait venir chez nous, je devais l'aimait aussi...
En revanche, Comment Papa avait pu être si lâche? Je n'en revenais pas! Lui qui semblait être si droit.
Ce soir là en rentrant, j'ai beaucoup parlé avec Khalil. Je lui ai dit que je l'aimais vraiment, et je voulais qu'on avance. Je lui ai aussi dit que si il acceptait cet enfant dans sa vie, alors je l'accepterai moi aussi dans la mienne.
Mais j'avais émis trois conditions, non négociables:
Primo, il fallait qu'on ait notre propre maison. Je ne voulais pas que cet enfant soit plongée dans cette atmosphère pourrie qu'Alimata s'évertuait à conserver. Et surtout, je voulais mon indépendance tout entière.
Segondo, il fallait que Khalil me laisse gérer les finances avec lui. Hors de question de me retrouver à nouveau dans la mouise, alors qu'on remontait maintenant la pente niveau argent.
Tertio, je voulais avoir mon mot à dire sur l'éducation du bébé. Je ne voulais pas être mise de côté.
Khalil avait tout accepté sans broncher. Mais je n'étais pas dupe. J'avais couché tout ça sur papier et je le lui voulais le lui faire signer.
(Khalil)
- "Tu veux que je signe un contrat? Malia arrêtes s'il te plait, t'es pas sérieuse? Non?....Si?"
Oh mais j'étais très sérieuse. Soit il signait, soit je ne répondais plus de rien. Il avait eu pour seule réponse de ma part:
(Moi)
-" Khalil! Les paroles partent, les écrits restent".
Il a donc signé, et notre accord était validé ( c'était pas un accord légal hein! Juste un contrat moral entre mon mari et moi).
Par chance, nous avions finalement trouvé un appartement pas loin de mon mon lieu de travail. Et tout près de ma petite Bou adorée.