Chapitre 2
-‘’Notons de même que, plus la blessure de l’artiste est profonde, plus son désir de
l’exprimer se fait ressentir dans son œuvre. Ainsi, l’art dans toutes ses formes devient un
moyen d’évacuer une douleur intense causée par la passion et un moyen de partage avec
l’autre comme en témoigne l’exemple de Victor Hugo qui a concrétisé la douleur et la
blessure causée par la mort de sa fille Léopoldine dans certains de ses poèmes. D’ailleurs,
Alfred Musset affirme : « Les plus désespérés sont les drames les plus beaux ». Cependant,
on ne peut nier que l’amour heureux peut aussi inspirer les écrivains et les artistes. D’une
part, le bonheur est un moment fugace, c’est pourquoi l’écriture ou les autres moyens
artistiques permettent de l’éterniser et de l’immortaliser. En somme, source de bonheur ou
de souffrance, l’amour est le thème favori des artistes : peintres, romances, poètes,
sculpteurs... Je vous invite tous à penser à cela : « La perfection tue. Et l’imperfection ? »’’
terminai-je enfin
-‘’Excellent mademoiselle, comme d’habitude’’ s’écria notre professeur de philosophie
David leva sa main tout de suite après le commentaire fait par monsieur Chester et je saurai
pourquoi bien plus tard
-‘’Ah, monsieur Vincent allez y’’ dit-il le sourire aux lèvres (il adore les débats)
-‘’Si tu me m’autorise à te tutoyer Lorie, j’ai une question pour toi, certes je n’ai pas entendu
tout ton travail mais il y a quelque chose qui m’a interpellé ; selon toi l’amour malheureux est
plus favorable aux auteurs pour produire de grandes œuvres ? Est-ce bien ça’’
-‘’Ça l’est effectivement, aurais-tu un problème avec ma réflexion ?’’ me défendais-je de
toutes mes forces
-‘’Je me demandais juste comment peut tu juger cela, puisque tu n’as jamais aimé, je me
rappelle bien qu’en classe de première, l’an dernier dans ta dissertation sur l’âme sœur, tu
avais bien précisé ne jamais être tomber amoureuse. Sauf si un heureux chanceux t’aurait
fait tourner la tête’’ termina-t-il sarcastiquement
-‘’En effet, je n’ai jamais aimé. Les garçons de ce siècle sont trop bêtes pour mériter mon
cœur, regarde-toi par exemple comment je pourrais penser une seule fois tomber sous ton
charme, j’ai besoin d’un homme comme monsieur Chester, un homme d’esprit et de tact pas
un retardataire borner’’ aboyais-je de tout mon être, ce mensonge me fera couler
certainement des larmes sur mon lit en écoutant des musiques mélancoliques
Le remettre à sa place avait été l’une des choses les plus stratégiques à faire, comme ça
personne ne pourrait soupçonner que j’ai d’énormes sentiments pour lui, mais je me sentais
ronger par la culpabilité car il ne disait rien et s’asseyait en gribouillant quelque chose dans
son cahier pendant tout le long du cours sans réagir aux autres captivants essais.
Le son de cloche confirma la fin de nos 3 heures de philosophie. Je ramasse donc mes
effets rapidement sans regarder en face de moi, jusqu’à un moment ou je me sentis
observer.
-‘’Tiens !’’ commença calmement David
-‘’Qu’est-ce que c’est ?’’
-‘’Tu sais lire non...’’ termina-t-il en quittant la classe, son sac sur son dos
Je mon plongea directement sur le morceau de feuille que celui-ci me laissa, titre « L’amour
qu’est ce donc ? »
Depuis l’Antiquité, l’Amour occupe les philosophes. C’est grâce à Platon, que la question a
acquis ses lettres de noblesse. L’amour, au sens général, est un élan du cœur qui nous
porte vers un être. L’amour fait donc partie de ce qui me pousse à faire des choses sans
que j’en sois vraiment conscient, ou sans que je ne puisse rien y faire. L’amour, c’est une
force aveugle qui, comme l’inconscient, agit sur moi à mon insu, et m’aliène à moi-même. Je
ne m’appartiens plus, je ne suis plus moi. C’est que je suis complètement obsédé par cet
amour, plus rien ne compte pour moi, si ce n’est cet amour.
De plus, l’amour est souvent égoïste et malveillant. L’amour bienveillant mène à vouloir et à
faire le bien des autres ; l’amour concupiscent au contraire n’est que désir de l’autre, désir
de possession. Ce qui m’intéresse en l’autre duquel j’attends du bien, c’est juste mon propre
plaisir, la satisfaction de mon désir. Cet amour-là ne renvoie donc qu’à moi-même... Ainsi
l’amour concupiscent envers quelqu’un est un amour qui nie autrui, qui ne le respecte pas.
Pour reprendre la formule de Kant, cet amour traite autrui seulement comme un moyen,
mais pas en même temps comme une fin en soi. Il faut donc se méfier de l’amour, au sens
éthique cette fois. L’amour passionnel est dangereux car il mène irrésistiblement à
l’accomplissement d’actes moralement condamnables. L’amour étant une passion, il
empêche toute réflexion, tout usage normal de la raison. Celui qui est amoureux fou n’est
plus en mesure d’écouter sa raison. Dès lors, comment pourrait-il être moral, mener à
accomplir une action morale ? En effet, qu’est-ce qu’une action morale selon Kant ? C’est
une action qui est accomplie seulement par pur respect de la loi morale. Elle a pour origine
la raison, mais la raison en son sens pratique. Il faut savoir se placer du point de vue de tout
homme pour savoir si mon acte est moral. Savoir faire usage de la raison, raisonner. Par
exemple pour savoir s’il est bien ou mal de tuer mon prochain, il faut que je puisse me
demander si cet acte est contradictoire ou non (application d’une règle logique), et ce qui se
passerait si tout le monde en faisait autant. Si j’aboutis à une contradiction, alors, mon acte
est immoral. Voyons si l’amoureux fou peut accomplir cela et donc agir conformément à la
morale. Peut-il se demander si son acte est contradictoire, et si par exemple il mène à
l’extinction de l’humanité ? Non, car il ne peut écouter sa raison, il est sous l’emprise de la
passion. Peut-il agir et même agit-il en faisant comme si tout le monde pouvait en faire
autant ? Non, car il ne se soucie nullement du reste des hommes. Ce qui l’intéresse, c’est
lui, ce sont ses petits intérêts égoïstes. Ne pensant qu’à la satisfaction de son intérêt propre,
à satisfaire son amour, l’amoureux fou ne peut qu’ignorer l’aspect universel de la morale.
Lorie, je suis sous l’emprise de la passion, je suis égoïste parce que je t’aime et ça me
désole de te dégouter autant. Voila ce que c’est que l’amour selon moi, et moi je peux juger
parce que je suis amoureux depuis bien longtemps.
Chapitre 3
Pure fiction me direz-vous, comment cela soit il possible que la
personne pour qui notre cœur bat, nous dis que depuis bien avant son
être tout entier brulait d’une fervante passion? Je ne puis croire à cela
durant un long moment, j'etais comme crispée devant ce morceau de
feuille. Je pensais a plusieurs choses et à rien du tout en même temps.
-"Mademoiselle, il est l'heure de quitter la salle s'il vous plait'' affirma
Mme Jourdain sous ses lunettes demi lune, mode démodée des années
70
-''Owh...oui, j'avais pas vu le temps passer'' exclamais-je en chassant mes pensées d'un geste de main
La vielle surveillante me regardait d'un oeil acrocheur ramasser mes
effets et replier le texte rapidement sur lui-meme comme si cela etait
aussi important qu'un bout de diamant. Il était 4hres 45, le chauffeur
de mon père est sûrement partit, assurément fatiguer de m'attendre
dans le parking. Dailleurs c'est ce qu'on lui a ordonner de faire, partir
sans moi si jamais je tarde, mon père ne peut pas patienter et même si
il le voulais, cela mettrerai sa vie en danger ; après tout il est
Conseiller principal du Président. Je devrais donc trouver un nouveau
chauffeur pour m’emmener chez moi, parce que je ne pourrai en
aucun cas prendre cette périlleuse route a pied, je n'ai donc pas le
choix que de trouver quelqu'un qui voudra bien me deposer. Par un
heureux hasard David Vincent xième du nom, était le seul qui restait
sur cette terrasse, assis à ma place habituelle, la tête baisée vers son
smartphone. J'ai rassemblé tout l'audace qu'il me fallait et toute la
force qui était en ma possesion pour m'asseoir auprès de lui comme
s'il ne c’était absolument rien passer dans cette classe, dans ce cours
de philosophie.
-''Tu comptes continuer a m'ignorer Lorie?'' m'avait-il demander sans
lever les yeux vers moi
-''Ça dépend avai-je répliquer alors qu’intérieurement mon seul désir
était de l'embrasser et de lui dire a quel point je l’aimais
-''De quoi?'' avait-il répondu blaisser par ma foideur
-''De tellement de choses compliquées” repliquai-je en tournant le
regard, je n'arrivais meme pas à comprendre pourquoi j’étais aussi
froide avec lui
-''Ah d'accord'' avait-il finalement dit en fermant son téléphone
-''Qu'est ce que tu fais toujours là?'' continua t-il en me regardant cette
fois-''J'attends mon chauffeur et toi?'' avais-je mentie
-''J'attens ma mère” affirma t-il ''Tu comptes attendre longtemps?''
-''Assez et toi?''
-''Non, disons une dizaine de minutes''
-''Je peux avoir ton numéro?'' exclamais-je finalement
-''Mais bien sûr...Mais attends, ce ne serait pas mieux si tu me donnais
le tien plutôt, comme ça je resterai un galant a tes yeux...''
-''Aucun problème, passe moi ton téléphone” affirmais-je comme si
nous étions déjà de si bons amis
-''Attends'' aboya t-il presque une agression je dirais
-''Tiens'' lanca t-il finalement après deux bonnes minutes à mijoter
dans son téléphone
-''Merci'' poussai-je légèrement secouer par sa réaction de tout a
l'heure
Je me suis mise donc à entrer mon numéro personnel et au moment de
l'enregistrer, un message d'une certaine @Keyofmyheart venait de me
causer un mal de tête énorme. <<Yes swetty, i love u too>>
-''Euh, t'as terminer?” poussa t-il brusquement en me tirant le
téléphone des mains comme si que c’était normal une réaction pareille
-''Bien sûr” acquiesais-je lentement d'une voix roque presque
sanglante
-''Désolé” poursuivi t-il
-''Pourquoi?'' demandais-je comme pour montrer que cela ne
m'importait pas
-''Pour rien''-''Je dois y aller'' redondais-je rapidement
-''Au revoir David'' continuais-je
-“Au revoir Lorie” entendis-je de sa part déjà très loin de sa personne
Voyez donc comme l’amour est puissant, ou du moins la jalousie je
ne sais pas. Mais dans tous les cas je me sentais assez forte pour
traverser un lac rempli de crocodiles mais pas rester avec lui, pour la
première fois de ma vie je vais m’exposer dans cette rue dont on m’a
toujours déconseillée. Et je comprends maintenant pourquoi, je n’ai
même pas encore pointé mon nez au dehors que je remarque déjà
pourquoi cette rue est si blâmé, autant l’appeler dépotoir rural (c’est
cette légère observation qui me poussera plus tard à écrire “Pitié pour
les grandes villes” un roman que j’adapterais à ma manière pour la
lecture des grands hommes ce monde qui font comme si qu’ils ne
voyaient rien). En face un peu plus bas de la rue, j’avais pu remarquer
des jeunes hommes, des jeunes filles, des vieillards et des enfants ; les
uns tout nus et d’autres très faiblement couverts dont certains
laissaient apparaître leur organes génitaux qui normalement ne devrait
pas être spectacle pour tous. Mais je dois préciser que toutes les
dames avaient un jupon, quoiqu’elles fussent, pour la plupart, sans
chemise. Quelques un des messieurs avaient également conservé leur
caleçon et d’autres tenaient leur engin comme pour prouver quelques
chose aux jeunes filles qui passaient par là, vu leur vêtements, il était
évident que ces jeunes hommes les avaient prise pour des prostituées.
Je sais mon imagination s’échauffe facilement dans ces suffoquantes
étuves, où on voit presque toujours un chirurgien occupé a faire des
opérations dégoûtantes. Je suis tellement pudique que je ne
m’imagine pas un jour descendre la culotte sous le regard d’un
pervers garçon, rien qu’a y penser j’ai la chair de poule.