Chapitre 2
Je suis arrivée à la maison, comme d’habitude, y avait rien à manger. Pff.
Mes parents étaient au salon, Ariane sûrement dans sa chambre.
Je suis passée sans même dire bonsoir.
Pa Kevin : Tu ne sais plus dire bonsoir aux gens ?
Je ne me suis pas arrêtée, j’ai continué ma route.
Ma’a Angel : Ce n’est pas à toi qu’on parle Murielle ? C’est quoi ces habitudes ?
Murielle : Pardon ne me dérangez pas. Que je dise bonsoir ou pas, c’est ça qui va mettre quelque chose à manger dans la marmite ?
Pa Kevin : C’est à nous que tu t’adresses ainsi ? Méfie toi ! Méfie toi Murielle !
Murielle : Tsuips pardon sors de mes oreilles.
Je suis partie dans ma chambre, les laissant bavarder au salon.
J’ai entendu ma mère éclater en sanglots, se lamentant.
Je m’en foutais royalement.
J’ai pris une douche, je suis allée voir Ariane qui était en train de réviser.
Murielle : Petite, tu as mangé ?
Ariane : Non. Y a pas de nourriture.
Murielle ; Tu révises le ventre vide ?
Ariane : Je n’ai pas le choix.
Murielle : On a toujours le choix.
Ariane : Parfois dans la vie tout n’est pas qu’une question de choix.
Murielle : C’est un choix de rester pauvre. C’est un choix de faire son possible pour ne pas l’être. Et moi, je viens de faire mon choix.
Ariane : Et c’est quoi ton choix ?
Murielle : Laisse tomber. Je te rapporte à manger.
Ariane : Pour les parents aussi s’il te plaît. Ils n’ont rien mangé.
Murielle : Ils ont décidé de rester pauvre, donc je n’ai pas à leur donner à manger.
Ariane : S’il te plaît Murielle.
Murielle : Non. Ils n’ont qu’à rester comme ça.
Ariane ; Dans ce cas moi aussi. Je n’ai pas faim. Bonne nuit.
Murielle : Pff c’est bon. Je reviens
Je suis allée dans ma chambre. Ma petite sœur est celle que j’aime le plus au monde. Je ne veux pas qu’elle grandisse dans la misère comme moi. C’est pour ça que je fais mon possible pour qu’elle ne dorme jamais le ventre vide.
Elle est la seule que j’écoute vraiment dans cette maison.
Bref j’ai pris l’argent que Julien m’a donné et je suis sortie. Je suis allée au Carrefour, où on vend le poisson braisé.
J’en ai pris 4 et je suis rentrée.
Mes parents étaient toujours au salon.
Je suis allée à la cuisine mettre leurs poissons dans l’assiette, et je suis allée leur donner.
Murielle : Ne mourrez pas de faim, mangez ceci.
Pa Kevin : Où as-tu pris l’argent pour acheter ça ?
Murielle : Tu veux manger ou me poser des questions ?
Ma’a Angel : Dis nous s’il te plaît.
Murielle : C’est Julien qui me l’a donné.
Pa Kevin : Merci ma fille. Tu diras merci à Julien de notre part. Il est très gentil ce garçon.
Ma’a Angel : Merci a vous.
Murielle : Ouais. Bonne nuit.
Je suis allée prendre le poisson de ma sœur et le mien, je le lui ai donné et je suis allée dans ma chambre.
J’ai terminé de manger, je suis allée laver mon plat.
Mon père était déjà allé se coucher, il ne restait plus que ma mère.
Murielle : Maman voici 5000f, demain tu pourras faire la cuisine pour éviter qu’on ne dorme encore affamé.
Ma’a Angel : Mais Mu...
Murielle : Bonne nuit.
Je suis allée dans ma chambre, j’ai apprêté mes choses pour demain.
Demain est un grand jour, car ma vie changera.
Chapitre 3
J’étais déjà au campus, j’étais anxieuse. J’attendais que Solange et Kameni arrivent pour qu’on parle.
Elles sont venues en retard comme d’habitude.
Le premier cours est fini, on attendait le deuxième. J’ai donc profité pour aborder le sujet.
Murielle : Dites moi les filles, vous faites quoi pour avoir tout ça ?
Kameni : Pourquoi tu poses la question ? Tu n’es plus sainte ?
Murielle ; Ça m’intéresse. Et j’en ai marre de cette vie de misère. Hier encore nous avons dormi affamé. J’en ai marre.
Solange : Voilà que tu parles bien.
Kameni : Tu es sûre de toi ?
Murielle : Très ! Peu importe ce qu’il faut faire je vais faire.
Kameni : Okay. Ce soir, Solange et moi on va passer te chercher à 21h. Sois prête.
Murielle : Okay les filles.
Solange : Tes parents ne vont pas déranger ?
Murielle : Eux ? Pardon qu’ils fichent le camp.
Solange : Haha ma copine !!
Kameni : Haha la Sainte nitouche a disparu. C’est très bien.
Solange : Et tu vas faire comment avec ton idiot de Julien ?
Murielle : Je suis avec lui. Je l’aime malgré tout. Mais ça ne va pas m’empêcher de vivre la vie que je veux. S’il veut faire un genre, je le mets sur le banc de touche. Je ne veux pas quelqu’un qui va freiner mon évolution.
Solange : Haha haha j’aime beaucoup ton nouveau toi !
Kameni : Maintenant tu parles comme une vraie personne ! Haha
Murielle ; Ah oui oui. Mon heure de gloire a sonné.
Bref nous avons terminé les cours de la journée, je suis rentrée chez moi attendre impatiemment 21h.
***
21h pile, Kameni m’envoie le message me disant qu’elles sont là. Je porte ma mini robe moulante rouge et ma talon et je sors.
Je croise mes parents au salon, je passe comme si je n’ai vu personne.
Pa Kevin : Murielle tu pars où habiller ainsi ? En plus à cette heure !
Murielle : Garde tes commentaires pour ta femme. J’en ai pas besoin.
Ma’a Angel : Murielle méfie toi. Tu parles comme ça à ton père ?
Murielle : Un père incapable de ramener de quoi manger pour sa famille ? Un père qui aime la pauvreté ? Il a même déjà tissé les liens de parentés avec la pauvreté et veut nous obliger à suivre son chemin. Tsuips pardon.
Pa Kevin : C’est parce que nous sommes pauvres ? Parce que je n’ai rien que tu me traites ainsi ? Murielle tu crois que c’est volontaire ? Tu crois que ça me plaît de vous faire vivre ça ?
Murielle : oui c’est ta faute. Quand les pères des autres bossaient pour avoir leur argent, toi tu faisais quoi ? Maintenant tu es là à me conjuguer les verbes. Tu avais le choix, mais tu n’as rien fait. Moi j’ai le choix, alors je vais en profiter. Restez avec votre pauvreté. J’en ai rien à faire. Ne m’attendez pas, bonne nuit.
Ma’a Angel : Murielle, comment tu peux dire ça ? Que vas-tu faire ? S’il te plaît ma fille, ne fais pas quelque chose que tu vas regretter après.
Murielle ; Économise tes salives, tu en auras besoin plus tard. Foutaise.
Je suis sortie et j’ai retrouvé les filles.
Kameni : Depuis là ? Moi je voulais déjà partir.
Murielle : Vraiment désolée les filles. Ce sont mes idiots de parents qui m’ont retenu. Vraiment désolée.
Solange : Tsuips. Les vieux là voulaient quoi ? Qu’ils ne dérangent pas les gens.
Murielle : Vraiment. Ils me disaient de ne pas faire ci.. bref les bêtises.
Kameni : Mdr quand on est pauvres on se tait. Ils savent quoi sur la richesse ? Qu’ils dégagent.
Murielle : Qu’ils aillent en brousse avec ça.
Solange : Haha
Kameni : Que ta vie commence !
Elle a mis la musique, on dansait en chantant, et Solange nous filmait aussi.
Quelques temps plus tard, nous sommes arrivées devant une grande boîte de nuit : BOSS.. rien que les boss( comme son nom l’indique) avaient accès à cette boîte.
La bouteille d’eau coûtait 10,000f. Imaginez le whisky.
Je n’y avais jamais mis les pieds.
Murielle : Waouh. Attendez.. c’est ici qu’on va passer la soirée ?
Kameni : Oui ma belle.
Waouh.. je regardais cet endroit comme le paradis, j’étais éblouie par la beauté des lieux, et j’avais hâte d’entrer.
Solange : Arrêtes de regarder ça comme une villageoise. Tu vas faire on va nous chasser. Comporte toi, ne nous fais pas honte.
Murielle : D’accord compris.
Je voulais sortir de la voiture quand Kameni m’a stoppé et m’a dit :
Kameni : Avant qu’on entre, sache que ton avenir est à l’intérieur. Si tu veux devenir riche, tu feras et accepteras tout ce qu’on te dira. Si tu veux continuer dans la pauvreté, tu pourras refuser et rentrer chez toi. La décision te revient.
Solange : On ne t’oblige a rien, tu as le choix : Devenir riche comme nous ou plus que nous, ou demeurer pauvre toute ta misérable vie.
J’ai médité sur les paroles qu’elles m’ont dites. Une partie de moi me disait de rentrer chez moi et attendre que Dieu me fasse grâce, et une autre partie de moi m’encourageait à entrer et de forcer le destin. Alors j’ai écouté cette partie de moi qui m’encourageait à forcer le destin.
Nous sommes entrées dans cette boîte.
J’aurais dû écouter la première partie de moi.