Chapitre 2

Si tu joues, on jouera

PDV de Mia

Dimanche, 2 septembre

— Et là comme tu peux le voir, ce sont les différentes résidences. Les étudiants de première année comme toi et moi vivent le plus souvent dans des bâtiments qui leur sont réservés : Harley, Wallach, John Jay, Furnald ou Carman. Pour l'attribution des chambres universitaires, la majorité des étudiants passent par la housing lottery. Selon le résultat, ils peuvent donc passer leur année à Broadway, à East Campus. Je ne peux pas citer tout quand même.

Ce matin, je me suis réveillée et Christian n'était pas là. Il n'a sûrement pas pu dormir sur "son lit". Son propre lit. J'y ai versé un peu d'huile d'olive avant de dormir, il voulait son lit et bien il l'a eu.

— Et pourquoi tu préfères être juste en colocation avec une quelqu'un. Pareil pour ton frère ?

— Oui c'est plus facile, ça vous évite des trucs banals.

— Mais ça peut aussi permettre de se divertir non ? Des activités entre filles, des petites distractions, suggérais-je.

— Entre filles toutes hypocrites entre elles ? Non merci, je préfère rester dans mon coin.

— Hum, marmonnais-je en observant les résidences, les filles ont l'air de s'amuser, toute souriante comme si leurs vies est paradisiaques, et ça l'est. Nous continuons de marcher.

— Et là j'imagine que c'est la résidence East Campus ? Demandais-je après avoir remarqué le nom affiché sur le bâtiment.

— Comme tu peux le constater, elle est considérée comme la meilleure. En effet, elle accueille six étudiants sur deux étages avec une cuisine et un espace détente commun, des chambres simples et spacieuses. Nous avons aussi les résidences Hogan et Watt pour les plus chanceux. Allez viens, que je te montre les Steps.

Elle saisit ma main et après quelques minutes de marche, nous nous trouvons devant une grande résidence, si je peux l'appeler ainsi parcs que c'est vraiment. Entre la cour, le jardin et pleins d'autres endroits.

— Les << Steps >> ou << Low Steps >> sont un point de rencontre privilégié pour les étudiants un endroit agréable pour passer des moments entre amis.

— Et ce mot, à quoi il fait référence, demandais-je en admirant.

— Il fait référence aux marches de granite clair qui partent de la partie basse du campus pour mener jusqu'à Low Library. Sourit-elle en m'entraînant sûrement vers ces marches. Voilà !

— Elles sont justes magnifiques, souriais-je, le regard brillant.

— Et ce n'est pas tout, les Steps donnent aussi vers les pelouses de l'Uper Campus et sur Low Plaza. Viens, que je te les montre.

Je la suis tout en admirant tout ce qui s'offre à mes yeux. Tous les endroits sont bondés d'étudiants, même le dimanche.

— Cet endroit est littéralement assailli par les étudiants qui viennent y discuter, lire ou tout simplement siroter une boisson ou prendre un bain de soleil. La projection des films et des concerts y sont aussi organisés. La troupe de théâtre The King's Crown Shakespeare Troupe joue tous les ans, j'ai hâte ! Sautille-t-elle comme un enfant.

— Et ça fait combien de temps que tu es ici ? J'avoue que tu maîtrises vraiment tout ici, donc ça m'intrigue un peu.

— Je suis arrivée ici en début août, j'ai eu assez de temps pour tout visiter.

— Ah, mais pourquoi ? Je veux dire, pourquoi venir si tôt alors que la rentrée c'est demain ?

Son sourire disparaît et elle baise légèrement la tête.

— Oh désolée si j'ai dit un truc blessant, je ne l'ai pas fait sciemment.

— Non ça va, souffle en relevant la tête après avoir essuyé sa joue ; ce n'est pas ta faute, c'est juste un souvenir ! On continue la visite ?

— Oui, il manque les bibliothèques, m'exclamais-je.

— Super, il y en plusieurs mais je préfère te montrer la meilleure, dit-elle en m'entraînant vers une direction qu'on a pas pris depuis le début.

Arrivés sur les lieux, nous restons à l'extérieur pour ne pas faire de bruit.

— Butler Library est la bibliothèque principale du campus, très fréquentée en période d'examens, composée de trois grandes parties : les rayons, les salles de travail et le café. Elle fonctionne 24 heures sur 24 et est toujours pleine et n'importe quel heure de la journée. Tu pourras venir ici après, c'est déjà l'heure du déjeuner, on y va !

Je le suis jusqu'au réfectoire déjà plein d'étudiants affamés.

— Allez viens ! Je te présente à mes potes, sourit-elle.

Je lui rends son sourire tout en la suivant. Nous dépassons plusieurs tables déjà pleines avant qu'elle ne s'arrête devant un groupe de jeunes constitués de deux garçons et deux filles.

— Hey les gars, je vous présente Mia !

— Joli prénom, Tyler, sourit un brun en passant une main dans ses yeux. Son sourire est juste…

— Tout comme toi, Cayden, ajoute un blond aux yeux bleus, ce bleu semblable à des morceaux de verres.

Je me fais draguer par deux mecs en même temps, super.

— Ah euh...merci, en souriant timidement.

— Roh les gars, vous la gêner ! Lizzie et ma soeur jumelle Josie, s'exclame une blonde et pointant sa sœur, une brune.

Elles sont particulièrement différentes physiquement et peut être même au niveau du caractère, car Josie a l'air plutôt timide.

— Vas-y assieds-toi, on ne va pas te manger, me dit Cayden.

Mais ton regard m'en dit le contraire.

Il ne reste que la place entre Cayden et Tyler, donc je n'ai pas vraiment le choix. Je m'assois donc au milieu d'eux, je suis du côté du mur donc je peux voir toute la salle. Après quelques minutes, nous nous levons et allons faire la queue pour se servir.

Ensuite nous revenons nous asseoir à notre table, j'ai pris un burger avec un expresso.

— Alors es-tu nouvelle, c'est ça ? Nous aussi ! Ma sœur et moi venons de Brooklyn et toi ?

C'est Lizzie qui venait de s'exprimer tout en prenant une bouchée de son plat.

— Je suis sûr que tu es une latina ! Vu ton physique, insinue Tyler.

— Hum oui je viens du Mexique.

— Bien vu mec, s'exclame Cayden en tchequant son pote.

— Et vous ? M'adressant aux garçons.

— Eh Bro ! S'exclame Tyler, ignorant ma question.

Je me retourne pour voir à qui il s'adresse et je ne suis pas surprise de voir qu'il s'agit de Christian. Ils font sûrement la même classe.

— Qu'est-ce qu'elle fait là ? Souffle t-il à son ami.

— Tu la connais ?

— Ouais, c'est ma coloc !

Rien qu'en le voyant, je ris intérieurement à ce que j'ai fait hier soir. J'imagine sa tête lorsqu'il s'est couché sur son magnifique lit plein d'huile d'olive.

— Ah ouais t'as de le chance ! S'exclame Cayden.

— Tu n'imagine pas ! Ironise t-il en me fixant.

J'ai une soudaine envie d'uriner donc je me lève pour aller aux toilettes. Je sors du réfectoire et me dirige vers les toilettes pour filles, soudain je sens qu'on m'attrape le bras brutalement et m'entraîne dans une pièce, j'essaie de me défendre, mais peine perdue. C'est seulement à l'intérieur de la pièce que je me rends compte qu'il s'agit de Christian. Nous sommes dans les toilettes pour garçon.

Christian place ses deux mains de chaque côté de mon visage.

— Tu me cherches, c'est ça ?

— Comment ça ? Demandais-je en faisant semblant de ne pas comprendre pourtant je sais pertinemment qu'il parle de son lit.

— Tu te fous de ma gueule ?

— Mais non, je n'oserai pas me moquer de ta malformation, souriais-je.

Il fronce les sourcils et donne un coup au mur, près de mon visage et me dit :

— Parle encore et le prochain coup ira droit dans ta cervelle.

Ok !

— Je ne me répéterai pas, réponds à ma question !

Il me dit de ne plus parler, mais me dit de lui répondre, il est fou lui, je ne réponds pas.

— Réponds !

Plus il crit, plus je l'ignore. Et ça m'amuse.

Quelle sensation !

— Putain je vais la défoncer cette meuf, Réponds j'ai dit.

— Tu me dis de me taire et après de parler, t'as cru que je suis ta chienne ?

— Je ne veux plus voir tes affaires dans ma chambre, dit-il en appuyant bien sur le fait que c'est sa chambre.

— C'est aussi ma chambre !

— Je m'en fiche, change de chambre !

— Tu crois que je suis fière de partager la même chambre que toi ? Non mais pour qui te prends-tu ? Pourquoi t'es si désagréable avec moi ? Que t'ai-je fais ? Tu penses que tu me fais peur ?

Ouh laa je m'emporte

— Shut !

— Pardon ?

— Ecoute

— Quoi ?

— Le beau silence quand tu la fermes !

Aïe Ça fait mal Très mal même

Je lui lance un regard tellement noir et m'apprête à répliquer lorsque j'entends une voix qui m'est familière.

— Mia Mia t'es où ?

Je reconnais cette voix, c'est celle de Heaven.

J'ouvre ma bouche pour lui répondre, mais Christian mets sa main sur ma bouche pour m'empêcher de le faire.

— Shut !! Si tu cries, je te casse la gueule !

J'essaie de me défendre, mais il me bloque encore plus fort contre le mur.

— Arrête de gesticuler !

On n'entend plus la voix de Heaven, elle est sûrement partie. Je croque très fort la paume de main de Christian, il me lâche et lâche un cri. Bien fait pour toi.

— Putain quel est ton problème ?

— C'est plutôt à toi de me dire ton problème !

Je le pousse pour sortir des toilettes, mais il me rattrape et me plaque de nouveau contre mur. Ah mon pauvre dos en subit les conséquences.

— Lâche-moi putain ! Dis-je

— Ecoute-moi bien, je ne veux plus te voir dans ma chambre !

— Je n'irai nulle part ! C'est aussi ma chambre !!

— D'accord on verra qui quittera cette chambre en premier !

— D'accord on verra bien !

— Marché conclu ?

— Oui ! Dis-je, sûre de moi.

— Ok bonne chance à toi !

— Je n'ai pas besoin de chance puisque j'ai déjà gagné à ce jeu !

— Ah tu veux jouer ? On jouera !

— Oui lâche-moi maintenant ! Ordonnai-je.

Il me lâche et je sors des toilettes en le toisant.

— Range bien tes yeux conasse !

Je ne lui réponds pas et vais dans ma chambre ou devrais-je dire notre chambre !! Il m'a coupé l'appétit ce connard. Je monte les escaliers rapidement et entre dans la chambre. Je me couche et repense à ce qui vient de se passer.

Qu'est-ce-que j'ai fait ? Pourquoi ai-je accepté ce "jeu" ? Je n'aurais pas dû. Maintenant il fera tout pour que je quitte cette chambre ! Bravo Mia. C'est son problème. Je ne me laisserai pas faire.

Chapitre 3

Une maman est semblable à une rose qui ne se fane jamais ❤️

PDV de Mia

Au début, je voulais changer de chambre pour intégrer l'une des résidences, mais tout compte fais, je vais rester. Rien que pour montrer à Christian que personne ne peut plus me commander et même me menacer.

Je vais le faire chercher, le pousser à un point où il s'en ira tout seul.

Je reçois un appel de ma mère, je décroche. Je parle en espagnol avec elle.

— Allô mimi

C'est mon surnom.

— Allô mama

Ma mère, Katherine Carey, âgée de 44 ans, américaine. Après son mariage avec mon père, il y a de cela plus de 20 ans, ils se sont installés au Mexique. Ma mère une passionnée de mode depuis son jeune âge et elle a pu réaliser son rêve, en effet elle est propriétaire d'un magasin prêt à porter. Elle n'est pas seulement ma maman, mais aussi mon amie, ma sœur, ma confidente.

— Ça se passe bien là-bas ?

— Oui mama, ne t'inquiète pas

— Il est quelle heure là-bas ?

— Il est 14h je crois

— D'accord, j'espère que ta coloc ne te dérange pas ?

Ah si tu savais !

— Mon coloc !

— Quoi ? Tu rigoles j'espère ! S'exclame t-elle d'une voix que se veut inquiétante.

— Ai-je l'air de rigoler ?

— Chérie tu dois changer de chambre !

— J'ai essayé, mais toutes les chambres sont déjà occupées.

— Qu'est-ce-que tu vas faire alors ?

— Maman, je vais rester, de toute façon, je n'ai vraiment pas le choix.

— Mais non chérie je vais contacter ces gens-là !! C'est pas possible ! Depuis quand il y a des colocations mixtes !?

— Je ne comprends pas, mais ce n'est pas grave. Et je pourrais plus tard intégrer l'une des résidences.

— D'accord espérons !

— Oui, espérons !

— Pourquoi mimi ? Il te dérange ?

Ah si tu savais !

— Non maman, t'inquiète, il est très gentil.

Très gentil même

Bon je n'allais quand même pas lui dire qu'il m'énerve, je ne veux pas qu'elle stresse pour rien.

— Ah d'accord on s'appelle tout le temps !

—Tout le temps ?

— Oui oui

— Ah maman t'exagères, dis-je en riant.

— C'est bon je rigole, on s'appelle de temps en temps alors.

— Ne dis pas à la famille que je suis en coloc avec un garçon s'il te plaît.

— Ne t'inquiète pas mon cœur, tes frères seraient capables de débarquer là-bas s'ils le savaient !

Elle a raison, mes frères sont trop protecteurs. Surtout depuis ce qui s'est passé avec l'autre.

— Ah oui, bon à plus.

— Sois prudente chérie, n'oublie pas ce que je t'ai dit, tu as un seul objectif en tête.

— Oui mama ne t'inquiète pas, je t'aime fort mum.

— Moi aussi je t'aime mon cœur.

Elle raccroche, je ressors de la chambre et vais à la bibliothèque pour me trouver quelque chose à lire. Je descends les escaliers et vais donc à la bibliothèque. J'ai retenu plusieurs endroits. Butler Library est vraiment grand, même à cette heure, il y a toujours les étudiants, je n'ai même pas où me trouver une place. Je décide donc d'aller dans une autre bibliothèque. Celle-ci est quasiment vide.

J'entre et visite chaque partie de la pièce, un livre m'a attiré, le nom est : Les Hauts de Hurle - vents. Je le prends et me dirige à la porte pour sortir lorsque j'entends une voix que je connais, Christian ! Tout à l'heure je l'ai vu changer de matelas, je ne sais pas par quelle magie il a réussis à avoir un autre et ça m'énerve. Mais c'était quand même amusant de le voir monter les escaliers avec car l'ascenseur ne marchait pas. Il fallait voir comment il crachait des jurons à chaque fois qu'il marchait.

— Maintenant tu me suis partout.

Je me retourne en levant les yeux au ciel.

— Ah depuis quand tu lis ?

— Je ne lis pas, je reste juste ici pour me reposer dans le silence, mais toi tu es toujours là pour me déranger... et range tes yeux, je t'ai dit.

— Cool ça fait plaisir de te déranger, répliquais-je en souriant faussement.

— Bouge de là, je veux me reposer.

— T'as d'abord fais quoi pour être fatigué ?

Ma mère me pose cette question tout le temps !

— Tu veux vraiment savoir ? Demande-t-il avec une pointe d'ironie et pleine de sous-entendus.

Christian est trop con, en plus pervers et chiant.

Je sens que je ne peux pas rester une nuit dans cette chambre avec lui.

Sinon je vais mourir. Mais je ne peux pas le laisser gagner aussi facilement !

Pourquoi ai-je accepté ce jeu ?

Ce n'est que le début du commencement !

En sortant de la bibliothèque, je croise Heaven qui s'approche de moi toute inquiète.

— Heyy Mia où étais-tu passée ? Je t'ai cherché partout ! Je commençais déjà à croire que tu as disparu !

— Ah viens on va dans ma chambre, je te raconte.

Comme je n'aime pas prendre les ascenseurs, alors Heaven m'a suivi.

***

Je vous passe la fin de la journée, Heaven et moi nous sommes baladées dans l'Université bien-sûr et avons parlé de tout et de rien. Vers 19h, c'était l'heure de manger pour tous les étudiants.

Maintenant, il est 21h et je suis couchée sur mon lit en train de lire.

Depuis notre " confrontation " à la bibliothèque, on s'est plus adressé la parole et tant mieux.

Puis la porte des toilettes s'ouvre sur Christian torse nu avec une serviette autour de ses hanches, mais qu'il est bien foutu ce mec, en plus de ses cheveux bruns qui tendent vers le noir, mouillés lui tombent sur le visage. Il a descendu la serviette pour qu'on puisse voir le V se former, ses tablettes de chocolat, on en parle ?

Ah mais je me perds là.

— Tu veux un mouchoir ?

Il est adossé sur la porte des toilettes avec une autre petite serviette en main pour se sécher les cheveux.

Merde je n'ai même pas remarqué que je le matais sans gêne. Je crois que mes yeux se sont dirigés vers lui tous seuls.

— Pour quoi faire ? Demandai-je

— bah pour essuyer ta bave.

Pff connard

— Pfff je ne te regardais même pas

— ouais c'est ça

Il traverse mon lit et va dans son dressing et y sort un bermuda.

Et, mais pourquoi je continue toujours de le regarder ?

Il était sur le point de retirer sa serviette mais je l'interrompt en disant:

— Et tu veux faire quoi ?

— Ça se voit non ?

— Tu ne pouvais pas le faire aux toilettes ? Demandai-je

— Je fais ce que je veux, quand je désire et où je veux !

Idiot, connard, malade mental, pervers

— T'as dis quoi là ?!

Ne me dites pas que j'ai pensé à haute voix !!

Si ?

— Bah que t'es un connard, un pervers, dis-je

— Ouais j'approuve pour le dernier ! Mais je ne suis pas un connard !

Il vient vraiment d'assumer qu'il est un pervers !! Au moins je sais à qui j'ai affaire !

Je détourne le regard pour ne pas le voir se changer, je ne veux pas être traumatisée.

Après quelques minutes, je reçois un appel vidéo de ma meilleure amie Rym.

Rym est mexicaine, brune, grave jolie, 1m70 comme moi. On se connait depuis notre naissance car nos mamans sont amies.

Conservation en espagnol

— mon bebeeeee

— Oui mon cœur, dis-je

— comment ça se passe là-bas ?

— Pff c'est mort

— Vas-y raconte

Je lui raconte tout ce qui s'est passé depuis ce matin, donc depuis que je suis arrivée. Oui tout, elle est ma sœur de cœur.

— ah, mais il est fou ce mec !!

— Si ça se trouve, c'est un drogué, dis-je

— oui peut-être même un psychopathe !! Violeur !

— Merci de me faire encore plus peur !

— Je rigole, il est avec toi en ce moment ?

— Oui

— J'espère qu'il ne comprend pas l'espagnol !

— Non t'inquiète, fin je crois

— D'accord on cause par message, Juan va mal, dit-elle

— Non ne me parle pas de …

Cette folle m'a raccroché au nez.

Qui est Juan ? Je vous expliquerai plus tard.

J'éteint mon téléphone, car je ne veux pas que Rym me parle de Juan. Je ne le porte plus dans mon cœur après ce qu'il m'a fait, fin je crois.

— Fais de beaux cauchemars salope !!

Ah, mais il est fou ou quoi ?? Il reste comme ça puis il m'insulte pour rien !!

— Ouais etouffe-toi dans ton sommeil connard !!

Puis je me retourne dos à lui pour ne pas voir sa mauvaise tête et me couvre entièrement.

Il éteint entièrement la lumière dans la chambre, mais le problème c'est que j'ai peur du noir.

Putain ! Il est toujours là pour me nuire.

J'allume ma lampe de chevet même comme elle n'est pas assez lumineuse.

— Éteins

— Non, dis-je

— Putain !! Ça m'empêche de dormir !!

Je me retourne pour lui faire face.

— Et alors ?? Tu veux que je te raconte une petite histoire ?? Dis-je avec une voix de maman parlant à son enfant.

— Je ne rigole pas

Je ne réponds pas et me retourne et essaie de dormir. Je le sens se lever de son lit et débrancher ma lampe de chevet.

Putain je ne vois plus rien là ! J'ai peur ! J'ai toujours eu peur du noir. J'ai toujours l'impression qu'un fantôme ou un démon ou diable est autour de moi.

Je ne sais pas pourquoi, mais le noir m'enlève mon sens de la vue et ça me terrifie de ne pas voir ce qui m'entoure.

Je reste d'abord sous la couverture et commence à pleurnicher. Oui je pleure.

Après quelques minutes, je me calme et essaye de dormir, mais en vain. L'autre connard s'en fout complètement.

— Christian ? Dis-je d'une toute petite voix

Silence total

— CHRISTIAN !

Toujours un silence absolu.

Il dort déjà sûrement.

Finalement, c'est plutôt moi qui ai besoin qu'on me raconte une petite histoire !

Je te hais Christian !

Après plusieurs minutes de tourtures, je finis par m'endormir.

Finalement, il a gagné, j'ai fait des cauchemars étant éveillée ! Il me le paiera !

***

Lundi, 3 septembre

Je me dirige vers ma salle de classe et soudain, je me fais bousculer par je ne sais qui et mes cahiers que j'avais en main tombent. Je me baisse, ramasse rapidement et me relève.

— Oups pardon, t'es tellement insignifiante et je ne t'ai pas vu !!

C'est une fille avec du faux blond, habillée d'une manière assez extravagante. Vous savez déjà. Tellement maquillée qu'on dirait un pot de peinture.

— Ah comment t'aurais pu me voir avec ces parapluies que t'as aux yeux !? Demandé-je avec une pointe d'ironie.

Je fais allusion aux longs faux cils qu'elle a aux yeux. C'est tellement moche, et très longs.

— Ecoute-moi bien salope, ne rapproche plus jamais de Christian sinon tu auras de mes nouvelles !

Ah oui je me rappelle maintenant, c'est la meuf que j'ai t'es vu avec Christian en train de s'envoyer en l'air.

— Toujours avec des menaces à deux balles. Et si ça peut te rassurer il ne m'intéresse pas !!

— Eh bah tant mieux parce que sinon je te ferai vivre un enfer !!

— Tu as fini ?? Demandai-je

— pardon ?

— T'as fini de me raconter ta vie ?

— Eh je ne rigole pas

— Dès que tu finis, tu bouges !

Elle me toise et tourne les talons en me regardant super mal.

C'est une folle cette meuf ! De toute façon Christian ne m'intéresse pas et ne m'intéressera jamais !

C'est le couple fou !! Le mec est fou, la meuf est folle. Ils sont faits pour être ensemble.

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