Chapitre 2
Je regarde le replay du mois passé.
Comme je l'ai deviné, il a emmené Julie dehors de nombreuses fois, et il a évoqué ses historiques de booking.
J'ai même entendu les cris d'extase de leurs sessions de rapports.
« Adri, ce n'est pas très bien, si ? »
La voix de Julie est toute douce, agréable à entendre.
Il me semble qu'Adrien était sorti avec elle parce qu'il aimait sa voix.
« Pourquoi ce ne serait pas bien ? Tu n'aimes pas faire l'amour avec moi ? »
« Je ne t'ai jamais manqué depuis notre séparation ? »
« Bien sûr que si... Hum, Adri, tu es doué avec ta langue. »
« Je suis encore plus doué avec autre chose. »
Je ne supporte plus tout ça.
Je sors de la voiture en trombe et vomis contre un poteau.
Qui aurait cru que j'ai été amoureuse de cet homme durant 7 ans ? 7 ans !
À cet instant, la flamme de la vengeance s'allume en moi.
Les choses passées dans ma vie précédentes sont comme un film dans ma tête.
Au moment où j'ai annoncé à Adrien que Julie était atteinte de SIDA, il est parti après avoir déversé toute sa colère sur moi.
Depuis, il n'était plus jamais revenu à la maison, et il ne m'avait plus jamais contactée.
Mais je voyais sur le fil d'actualité de ses réseaux qu'il était avec Julie tous les jours.
Et il ne se gênait pas de partager le quotidien d'une future maman.
Ils semblaient tellement heureux ensemble.
Mais de mon côté, c'était tout autre chose. Peu après, un patient que j'avais opéré pour un appendicite était décédé soudainement.
Cette histoire a fait la une des journaux.
Tous disaient qu'il était décédé par ma faute.
La famille du patient s'était également rendue à l'hôpital pour demander des dommages et intérêts.
J'ai été suspendue et mise sous enquête.
Lors de l'autopsie, le médecin juriste a trouvé une paire de ciseaux dans le ventre du matient.
Et la vidéosurveillance de la salle d'opération était mystérieusement en panne.
Toutes les personnes présentes dans la salle d'opération ont témoigné que j'étais la seule à avoir touché à cette paire de ciseaux.
Je ne pouvais rien prouvais, alors j'ai été emprisonnée.
Mais j'étais enceinte, alors j'étais en sursis en attendant mon accouchement.
J'avais l'impression que le ciel s'était effondré sur moi.
Adrien m'a retrouvée et m'a ramenée à la maison.
Il était très bon envers moi ce jour-là. Il m'a acheté un joli gâteau et il m'a réchauffé du lait au moment où j'allais au lit.
Il m'a prise dans ses bras et m'a dit d'une voix plus douce que jamais : « Ma chérie, prends ce lait, et fais un bon dodo. Je m'occuperai de tout. »
Je n'ai pas douté un seul instant de lait et j'ai bu le lait cul sec.
Après une dizaine de minutes, j'ai commencé à faire une hémorragie.
J'étais blanche de peur. J'attrapais la main d'Adrien fermement, le suppliant de m'emmener à l'hôpital.
Mais il a donné un grand coup de pied dans mon ventre.
Puis un autre, et un autre.
Il souriait : « Je les ai payés pour t'accuser de l'accident médical. »
« Charlène, tu le savais ? Certaine personne accepte de mourir pour avoir quelques sous. »
« Ces pauvres, ils sont prêts à tout pour de l'argent. Hahaha. »
Mes yeux se sont écarquillés d'étonnement.
Il a pété de rire : « Oui, je les ai tous achetés. »
« Et ce qui te reste à faire, c'est d'aller en enfer. »
« J'ai drogué le verre de lait. Hahahaha. »
Puis un autre coup de pied s'en est suivi. Encore plus fort que le précédent.
Je regardais le sang couler entre mes cuisses.
Aux derniers instant, je l'ai entendu dire : « Enfin, plus personne ne m'empêchera d'être avec Juju. »
Je n'oublierai jamais cette souffrance et ce désespoir que j'ai ressentis à ce moment.
Je fais une copie des enregistrements de la vidéosurveillance embarquée sur une clé USB.
Ensuite, je prends contact avec un avocat pour demander une procédure contre Adrien.
Il a commis une tromperie, alors je veux qu'il quitte ce mariage sans un sou.
Chapitre 3
Puis je prends RDV pour un avortement à l'hôpital.
Si je donne naissance à cet enfant sans lui donner une famille complète, ce serait un manque de sens de responsabilité.
Donc, il vaut mieux l'avorter.
Mais je ne pensais pas croiser Adrien et Julie à l'hôpital.
Ils sortent du département gynécologie.
Adrien tient Julie dans son bras, ils ont l'air très amoureux.
Quand ils me voient, il la relâche immédiatement et s'explique : « J'accompagne Julie à son examen prénatal. »
« Cha, tu sais qu'elle a perdu son mari, elle est toute seule, alors... »
« Oui, je sais, la pauvre. Occupe-toi bien d'elle. », dis-je en souriant.
Il sourit également : « Cha, tu es vraiment gentille. »
« C'est bien ma femme ça. Rentre à la maison ce soir, je cuisinerai pour toi. »
Avant, si je l'entendais dire une chose pareille, je serais folle de joie.
Mais maintenant, je ne ressens que du dégoût.
« Je dois faire des heures supp ce soir, mange avec Julie. »
Une fois partie, Julie vient à mon bureau.
La méchanceté remplit ses yeux, elle ferme la porte d'un coup sec.
« Tu sais pour ma maladie ? »
« De quoi tu parles ? »
Je la regarde, faisant semblant de rien savoir.
« Quand j'ai fait mon examen aujourd'hui, on m'a dit que j'avais le SIDA. »
« J'étais venue l'autre jour pour des analyses de sang, tu dois l'avoir vu, toi aussi. »
« Ça ne regarde que toi, que je le sache ou non, ça ne t'influence en rien. »
Elle fait un « pfff ».
« Tant mieux. »
« Écoute-moi bien, n'essaie pas de me jouer des jours. Sinon, je te contaminerai à tout prix. »
Puis elle part.
Quelques instants plus tard, je me tiens devant ma fenêtre pour voir Adrien l'embrasser. Ils partent tous les deux.
Je pense qu'Adrien va la ramener à la maison.
Puisque j'ai dit que je ne rentrerais pas.
Évidemment, quand je regarde les images de vidéosurveillance sur mon téléphone, ils sont sur le canapé en train de s'embrasser langoureusement.
Adrien a les yeux à moitié ouverts, il dit doucement : « Juju, avec ta bouche... »
J'ai immédiatement des nausées.
Cette caméra était morte depuis un temps, alors Adrien ne craint rien.
Mais il ne sait pas que j'ai fait venir un technicien ce matin pour la réparer.
La vidéosurveillance embarquée de la voiture ne filme que l'extérieur, alors on ne peut qu'entendre leurs voix. Je me dois de trouver des preuves où on voit leurs visages.
Enfin, j'ai les preuves qu'il me faut.
Le lendemain matin, j'envoie les enregistrements à mon avocat.
Une semaine plus tard, Adrien me retrouve, furieux. À ce moment-là, je suis en train de ranger mes affaires dans la salle de réunion.
« Charlène, qu'est-ce que tu fais ? »
Le tribunal l'a sûrement déjà convoqué.
Je lève les yeux pour le regarde.
« On est à l'hôpital, silence. »
Il ne me calcule pas, il continue : « Pourquoi tu m'envoies en justice pour demander le divorce ? Qu'ai-je fait de mal ? »
Je le trouve ridicule.
Comment peut-il dire dignement une chose pareille ?
Je lui fais écouter les enregistrements de la vidéosurveillance embarquée de la voiture.
Son visage blanchit de plus en plus au fur et à mesure de l'enregistrement.
« Ce n'est qu'un accident. Charlène, écoute-moi, je n'ai pas pu me contenir parce que on ne pouvait pas le faire. »
Il finit à peine sa phrase qu'une autre voix sonne à la porte.
« J'ai oublié de vous demander si mon enfant serait atteint du SIDA si je suis contaminée ? »
C'est la voix de Julie.