Chapitre 2
Théo observa la silhouette qui disparaissait au coin de la rue, son regard toujours fixé sur l'endroit où elle s'était tenue quelques secondes plus tôt. Son cœur battait plus vite que d'ordinaire, une sensation rare pour lui. Ce qu'il venait de voir n'avait rien d'anodin.
Il était témoin d'un phénomène qu'il ne pouvait pas expliquer par des moyens conventionnels. Zoé, cette fille aux yeux fuyants et à la nervosité à peine contenue, avait fait quelque chose d'impossible. Il l'avait vue de ses propres yeux. L'enfant blessé, ensanglanté, incapable de bouger. Puis ses mains posées sur lui, ce frisson dans l'air... et la guérison instantanée.
Théo n'était pas du genre à ignorer son instinct, et tout en lui criait que cette fille cachait bien plus qu'un simple geste de secours.
Il sortit son téléphone, tapa rapidement quelques mots, puis s'arrêta. Il pouvait trouver des informations sur elle, c'était une certitude. Mais une intuition sourde lui soufflait que cette approche ne suffirait pas.
Il devait la revoir.
***
Zoé sentait encore la brûlure du regard de cet homme sur elle, comme une empreinte invisible sur sa peau. Elle ne savait rien de lui, mais une chose était certaine : il n'était pas un simple passant. Il avait compris.
Elle s'efforçait de ne pas penser à ce qui s'était produit, à cette erreur monumentale. Trop tard. Ce moment où elle avait perdu le contrôle resterait gravé dans sa mémoire.
Elle inspira profondément, enfonçant ses mains dans les poches de sa veste pour dissimuler leurs tremblements. Elle devait faire comme si de rien n'était. Ignorer l'évidence.
Mais lorsqu'elle entra dans le café habituel où elle se rendait chaque matin, elle sut immédiatement qu'elle n'aurait pas ce luxe.
Il était là.
Assis à une table près de la fenêtre, une tasse de café devant lui, l'air parfaitement détendu.
Théo.
Zoé faillit s'arrêter net, mais elle se força à avancer, l'air le plus naturel possible. Il ne l'avait peut-être pas vue entrer. Elle pouvait encore s'éclipser discrètement.
- Tu comptes m'ignorer encore longtemps ?
Sa voix la frappa avant même qu'elle ne lève les yeux. Elle s'arrêta.
Il était déjà debout. À quelques pas seulement.
Elle se tourna lentement vers lui, le cœur battant un peu trop fort. Il était encore plus imposant de près, une présence qui semblait absorber l'espace autour de lui.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit-elle, la voix maîtrisée.
Il haussa légèrement un sourcil, une expression mi-amusée, mi-fascinée traversant ses traits.
- Vraiment ? On va jouer à ça ?
Zoé croisa les bras, tentant de masquer son trouble.
- Écoute, je ne sais pas ce que tu crois avoir vu, mais...
- Mais je l'ai vu.
Il la coupa, son ton calme mais tranchant.
Un silence s'installa entre eux, lourd, tendu.
Elle chercha une échappatoire, une excuse, mais rien ne lui vint.
Il soupira, secouant légèrement la tête, comme s'il lisait déjà en elle.
- Assieds-toi.
Elle hésita.
- Cinq minutes, ajouta-t-il en lui désignant la chaise en face de la sienne.
Zoé savait que ce n'était pas une demande.
Elle jeta un regard autour d'elle. Trop de monde. Trop de risques. Mais refuser risquait d'attirer encore plus l'attention.
Elle s'assit.
***
Théo l'observa attentivement.
Chaque détail comptait.
Le léger tic nerveux de sa main droite, la façon dont elle évitait son regard trop longtemps, comme si croiser ses yeux risquait de lui faire perdre le contrôle.
Elle était sur ses gardes, mais pas terrifiée.
Intriguant.
- Tu es qui, Zoé ?
Elle sourit sans humour.
- Une fille qui essaie de prendre son café tranquillement.
Il s'appuya contre le dossier de sa chaise, la scrutant.
- Faux.
Elle plissa les yeux.
- Tu n'as rien d'une fille ordinaire.
Un frisson imperceptible traversa son corps.
- Si c'est une façon détournée de me draguer, c'est vraiment...
- Ce n'est pas une drague, la coupa-t-il sans ciller. C'est un fait.
Zoé se redressa, croisant les bras, cherchant une brèche dans son assurance.
- Je t'ai vu guérir cet enfant. Ce n'était pas un hasard, ni une illusion.
Elle ouvrit la bouche, prête à protester, mais il l'arrêta d'un simple regard.
- Je ne suis pas là pour t'exposer.
Cette fois, elle fronça les sourcils, un doute s'immisçant en elle.
Il ne cherchait pas à la menacer. Ni à la piéger.
Il cherchait à comprendre.
- Pourquoi est-ce que tu t'intéresses à moi ?
Sa question était directe.
Théo sembla peser ses mots avant de répondre.
- Parce que tu es comme moi.
Le silence qui suivit fut si brusque qu'elle sentit son souffle s'arrêter un instant.
Elle le fixa, s'attendant à une plaisanterie, une moquerie. Mais il n'y avait que cette intensité étrange dans son regard.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, lâcha-t-elle.
Il esquissa un sourire fugace, mais elle sentit qu'il n'était pas dupe.
- Bien sûr que si.
Son cœur tambourinait dans sa poitrine.
Il en savait trop.
Et le pire ? Une part d'elle voulait savoir ce qu'il entendait par là.
Théo laissa planer un silence avant de poser son coude sur la table, se penchant légèrement vers elle.
- Tu crois être seule, Zoé ?
Elle retint son souffle.
- Tu ne l'es pas.
Sa gorge se serra.
- Arrête.
- Pourquoi ? Parce que c'est dangereux d'entendre la vérité ?
Elle se leva brusquement.
- Je ne sais pas ce que tu imagines, mais tu te trompes.
Elle attrapa son sac et fit un pas en arrière.
- Ne me cherche pas, Théo.
Puis elle tourna les talons et sortit du café sans se retourner.
Mais alors qu'elle s'éloignait à grands pas, son esprit bourdonnait encore de ses derniers mots.
Tu crois être seule, Zoé ?
Tu ne l'es pas.
Et elle savait, au fond d'elle, que cette rencontre n'était que le début.
Zoé avançait d'un pas rapide dans la rue, son cœur battant encore sous l'effet de sa rencontre avec Théo. Elle avait cru pouvoir échapper à son regard perçant, mais il l'avait percée à jour bien trop facilement. Ce n'était pas normal. Elle en était convaincue.
Elle passa une main nerveuse sur son front, repoussant une mèche rebelle. Elle devait se calmer. Ce n'était pas le moment de perdre pied.
Mais alors qu'elle atteignait un passage piéton, son téléphone vibra dans sa poche. Elle s'arrêta, fronçant les sourcils avant de le sortir. Un message anonyme venait d'apparaître sur son écran.
** »On n'échappe pas à son sang. La malédiction veille toujours. »**
Un frisson glacé descendit le long de son dos.
Ses doigts se crispèrent sur l'appareil, son souffle se bloquant un instant dans sa gorge. Qui avait envoyé ça ? Comment cette personne savait-elle ?
Elle releva la tête, scrutant les visages autour d'elle. Des passants pressés, plongés dans leurs propres vies. Aucun ne semblait la surveiller. Mais elle connaissait trop bien ce jeu. L'ombre pouvait se cacher n'importe où.
Elle rangea son téléphone et reprit sa marche d'un pas plus rapide, les mâchoires serrées. Elle ne devait pas paniquer. Pas ici.
Mais l'angoisse lui serrait la poitrine.
Son monde si fragile venait de trembler sous un simple message.
***
La porte du petit appartement claqua derrière elle, et Zoé se laissa tomber sur une chaise, sa main crispée sur le téléphone. Elle détestait ça. Ce sentiment d'être traquée.
Elle ouvrit l'écran, analysant le message encore et encore. Aucun numéro, aucune indication. Seulement ces mots.
Elle inspira profondément, essayant d'organiser ses pensées.
Ce n'était pas une coïncidence.
Le passé la rattrapait, elle le savait.
Et le pire, c'est qu'elle avait déjà une idée de l'origine de cette menace.
D'un geste lent, elle ouvrit son ordinateur et tapa quelques mots dans un moteur de recherche.
Nom. Prénom. Ville.
Elle hésita un instant avant d'appuyer sur « Entrer ».
Les résultats s'affichèrent instantanément, et son estomac se noua.
Une annonce officielle.
** »Armand de Cressay en visite exceptionnelle. »**
Zoé sentit son souffle se bloquer à la lecture de ce nom.
Armand.
Un membre influent de sa famille.
Le pire possible.
Un homme dont la seule présence signifiait que les ennuis ne faisaient que commencer.
Chapitre 3
Zoé sentit la pression avant même de le voir. Une tension invisible, comme un changement dans l'air. Elle s'arrêta, les doigts crispés sur la sangle de son sac.
- Tu comptes encore m'éviter longtemps ?
Sa voix était proche. Trop proche.
Elle se retourna brusquement.
Théo était là, appuyé contre un mur, les bras croisés sur son torse. Une ombre sur son visage, mais son regard brillait d'une intensité qui lui coupa presque le souffle.
- Je ne t'évite pas, répliqua-t-elle immédiatement, trop vite pour être crédible.
Un sourire bref étira ses lèvres.
- Non ? Pourtant, ça fait trois fois que tu changes de direction en moins de dix minutes.
Elle aurait dû savoir qu'il la suivrait. Il était trop perspicace. Trop... insistant.
- Je n'ai pas le temps pour ça, Théo.
Elle tenta de passer à côté de lui, mais il se décala juste assez pour bloquer son chemin. Pas de façon menaçante, non. Juste ce qu'il fallait pour lui faire comprendre qu'il n'allait pas la laisser s'échapper cette fois.
- On doit parler, Zoé.
Elle leva les yeux vers lui, cherchant une faille dans son expression. Mais il était calme. Déterminé.
- Je n'ai rien à te dire.
- Alors écoute-moi.
Elle se mordit l'intérieur de la joue, hésitante. Trop de choses se bousculaient en elle. Le message anonyme. La présence d'Armand. Et maintenant Théo, avec ses questions qui s'empilaient.
Elle prit une inspiration et croisa les bras.
- Cinq minutes.
Il hocha la tête, puis, sans attendre, il la guida vers un coin plus isolé.
Elle le suivit à contrecœur, luttant contre une étrange sensation au creux de son ventre. Ce n'était pas seulement son insistance qui la troublait.
C'était lui.
***
- J'ai fait quelques recherches sur toi.
La phrase tomba comme un couperet, et Zoé sentit ses muscles se tendre.
- Pardon ?
Théo la scruta avec une intensité qui ne lui laissait aucune échappatoire.
- Je voulais comprendre qui tu étais. Pourquoi tu agis comme si tu voulais disparaître. Pourquoi tu sembles fuir quelque chose, ou quelqu'un.
Elle se força à rire, un son bref, presque cynique.
- Tu as une imagination débordante.
- Non, juste un bon instinct.
Zoé soutint son regard, une lutte silencieuse s'engageant entre eux.
- Qu'est-ce que tu veux, Théo ?
Il laissa passer une seconde avant de répondre.
- La vérité.
Elle secoua la tête, un frisson la traversant.
- Tu ne la supporterais pas.
Il ne réagit pas immédiatement, mais elle vit son regard s'assombrir légèrement.
- Essaie-moi.
Zoé sentit son cœur s'accélérer.
Il était trop proche. Trop sûr de lui.
Et elle... elle perdait le contrôle.
Elle fit un pas en arrière.
- Laisse tomber, murmura-t-elle avant de tourner les talons.
Mais à peine avait-elle fait deux pas qu'une main se referma sur son poignet.
Elle se figea.
Pas à cause du contact.
À cause de ce qu'elle ressentit à cet instant.
Une chaleur soudaine, une énergie familière.
Un frisson la parcourut, et elle tourna lentement la tête vers lui.
Théo la fixait avec la même surprise.
Il l'avait senti, lui aussi.
Elle arracha son bras à son étreinte et recula précipitamment.
- Ne me touche pas.
Son souffle était court, ses pensées en désordre.
Théo ne bougea pas.
Mais elle savait.
Elle venait de faire une erreur.
Zoé se tenait là, figée, les yeux ancrés dans ceux de Théo. Une tension lourde et mystérieuse flottait entre eux, un poids invisible qu'aucun d'eux ne semblait pouvoir ignorer. Elle sentait le monde se resserrer autour d'elle, chaque battement de son cœur résonnant plus fort, comme un écho dans le silence lourd de la nuit. Elle voulait fuir, mais ses jambes refusaient de bouger.
Il y avait quelque chose dans ses yeux, une compréhension silencieuse qui la terrifiait autant qu'elle l'attirait. Théo n'était pas simplement un homme curieux. Il savait. Il savait que quelque chose de bien plus complexe se cachait derrière son apparence. Elle pouvait presque le lire dans son regard, cette lueur de compréhension qui traversait sa défense la plus profonde.
- Zoé, commença-t-il d'une voix calme mais déterminée, tu n'as pas à me fuir.
Elle secoua la tête, cherchant les mots qui ne venaient pas. Elle ressentait cette connexion, cette force inexplicable, comme un magnétisme qui l'attirait irrésistiblement vers lui. Mais elle avait peur. Peur de ce qu'elle ne comprenait pas. Peur de ce qu'il pourrait découvrir s'il allait plus loin.
Elle s'ouvrit à lui. Un instant.
- Je... Je n'ai jamais voulu ça, Théo. Je n'ai pas le choix.
Elle se détourna brusquement, écartant la chaleur qui semblait émaner de lui. Mais, à ce moment-là, un cri perça la nuit, un cri rauque, rempli de douleur. Zoé se figea sur place.
Ce cri... c'était celui d'un homme. Un homme qu'elle connaissait.
- Qu'est-ce que... ? s'étonna Théo.
Elle n'eut pas le temps de répondre. Un bruit lourd, comme un grondement, résonna dans les airs. Le vent se leva brusquement, soufflant une odeur âcre et métallique dans l'air. Une odeur qu'elle connaissait trop bien. Celle des prédateurs.
Sans réfléchir, elle attrapa le bras de Théo et le tira en avant.
- Fuyons, maintenant.
Il n'eut pas besoin de plus pour comprendre. Il la suivit sans poser de questions. Ils se précipitèrent dans les ruelles sombres, leur course précipitée rythmée par les battements de leurs cœurs.
Ils tournèrent à chaque coin de rue, mais la sensation qu'ils étaient suivis ne les quittait pas. Zoé sentait cette présence lourde, menaçante, qui se rapprochait de plus en plus. La sensation que les ténèbres les traquaient.
- Zoé... qu'est-ce qui se passe ? demanda Théo, haletant.
Elle lui jeta un regard par-dessus son épaule.
- C'est... c'est eux. Ceux de ma famille. Ils... ils savent.
Il comprit sans qu'elle ait besoin d'en dire plus. Le vent se leva encore, plus fort cette fois, comme si la terre elle-même cherchait à les repousser. L'air se chargea d'une énergie qu'elle ne parvenait pas à saisir, mais qui la glaça jusqu'aux os.
Elle accéléra encore, les pieds heurtant le sol avec fracas. Ils n'étaient pas loin. Ils le savaient.
Un rugissement, surpuissant, déchira l'air. Zoé sentit la terre trembler sous ses pieds. Elle jeta un coup d'œil à Théo, qui la regardait, son visage marqué par une inquiétude qui contrastait avec la détermination de ses yeux. Ils étaient dans la même situation. Lui aussi avait compris.
- Il faut qu'on sorte de la ville, dit-elle, sa voix cassée par l'urgence.
Théo hocha la tête, et ils prirent un chemin plus direct, s'éloignant des ruelles étroites pour courir vers les bois qui s'étendaient à l'extérieur de la ville. Mais chaque seconde qui passait les rapprochait davantage de la violence qu'ils cherchaient à fuir.
Les bruits derrière eux étaient devenus insupportables, comme une chasseresse prête à fondre sur sa proie. Zoé sentit sa respiration se couper, et la panique s'emparer d'elle, une peur viscérale qu'elle n'avait pas ressentie depuis des années.
Elle tourna brusquement dans une petite allée sombre, et Théo la suivit sans hésiter. Mais les bruits de pas qui se rapprochaient leur indiquaient que la traque était bien plus sérieuse qu'ils ne l'avaient imaginé.
- Ils sont là, murmura Zoé, la voix presque inaudible.
Elle se figea. Une silhouette massive se dessina dans l'ombre, apparaissant soudainement au bout de l'allée. Le vent porta une odeur qu'elle connaissait trop bien. Du sang. De la peur.
Un autre rugissement.
Et là, elle comprit. Ils n'étaient pas seuls.
- Il faut fuir, Zoé, maintenant ! cria Théo.
Il saisit son bras et la força à reprendre sa course, traversant la rue à toute vitesse. Le vent fouettait ses cheveux, emportant avec lui l'air saturé de danger.
Ils atteignirent finalement la forêt, une forêt dense qui se tendait devant eux comme une promesse de refuge. Mais Zoé savait qu'aucun endroit n'était assez éloigné pour leur permettre de s'échapper. Elle sentait l'énergie se resserrer autour d'eux, cette force invisible et brutale.
Ils étaient piégés.
Les bruits derrière eux se faisaient de plus en plus pressants. Et puis, au moment où ils franchirent les premières haies, la terre trembla à nouveau. Un cri de bête se fit entendre, plus proche, plus terrifiant que jamais. Un hurlement sauvage qui les fit frissonner tous les deux.
Théo s'arrêta un instant, cherchant une issue, ses yeux cherchant frénétiquement un moyen de fuir. Mais Zoé savait que le seul moyen de survivre à cette traque était de jouer à un autre jeu.
Elle se tourna vers lui.
- Prends ma main.
Il la regarda, une hésitation dans ses yeux.
- Qu'est-ce que... ?
- Fais-moi confiance. Prends ma main.
Elle attrapa sa main, et au moment où leurs doigts se rejoignirent, une chaleur étrange envahit son corps. Un frisson parcourut sa colonne vertébrale. Les racines sous leurs pieds semblèrent vibrer avec une énergie sombre, sauvage, prête à exploser.
Zoé ferma les yeux un instant. Puis, sans un mot de plus, elle se tourna vers la forêt. Ils coururent ensemble dans l'obscurité, une course effrénée vers l'inconnu, vers un avenir incertain, mais peut-être, juste peut-être, vers une chance de survie.
Le vent s'éteignit derrière eux, mais le hurlement qui les poursuivait se fit plus proche. Ils étaient encore loin du but, mais désormais, ils n'étaient plus seuls dans leur fuite.