Chapitre 2
Chapitre 1Le secret
Tous les enfants grandissent. Tous sauf un.
Mais en réalité, il existait un autre jeune être aussi exceptionnel que le premier.
En revanche, personne n’avait connaissance de l’autre enfant et de son histoire, mais c’était sur le point de changer.
L’esprit de David accompagné de Peter et Clochette avait de nouveau quitté le Pays Imaginaire pour rendre visite à son frère James qui avait encore la foi même à son âge. Désormais, il aimait davantage ces allées et venues, parce qu’avec lui se trouvait le petit Daniel, son neveu et l’unique enfant de son frère.
Le bébé le voyait parfaitement et pouvait même le toucher. Ils passaient du temps ensemble puis venait le moment de se dire au revoir jusqu’au mois prochain. C’est comme ça qu’ils procédaient et cela convenait à tout le monde.
Survolant l’île, Peter, David et Clochette étaient de retour. Ils revenaient juste de Londres après une longue balade aérienne, ils voyaient d’en haut que le bateau que les pirates construisaient prenait forme et que Crochet, la tête rabattue vers l’arrière, buvait encore plus de rhum.
Le Capitaine, fou, sombra dans l’alcool étant donné que son bateau avait sombré dans les bas-fonds de l’océan, cela l’aidait à ne pas trop déprimer. Comment ferait-il autrement ? Un pirate sans bateau n’avait plus réellement d’honneur et de crédibilité, et ses hommes cherchaient encore un moyen de se rebeller contre lui. Mais quand il était sobre, Crochet leur rappelait qui il était vraiment et que personne ne pouvait le battre en duel.
Personne sauf son ennemi de toujours, une chose qui ne faisait qu’accroître sa haine envers lui. Sa seule raison de vivre était de mettre fin à ses jours, une bonne fois pour toutes, mais comment ferait-il maintenant que Peter était plus puissant que jamais ?
Il avait en lui la foi d’absolument tous les enfants du monde et même de certains adultes. C’était déjà bien assez compliqué de le battre avant mais maintenant qu’il était au meilleur de sa forme, cela deviendrait encore plus compliqué.
Lui aussi était physiquement très en forme, après avoir ingéré un morceau du cristal de Dome Nature, Crochet retrouvait l’apparence, la force et la jeunesse d’un homme de 30 ans et sa vie était rallongée d’un siècle sans qu’il le sache.
Il se croyait immortel un moment mais le peu de raison qui lui restait suggéra qu’il était loin de l’être, même si les vertus du cristal étaient indiscutables.
Revoir celui qu’il haïssait le plus, volant haut dans les airs pendant que lui était plus bas que terre, fit monter un profond désespoir en lui, ce n’était pas dans ses habitudes mais il leva le bras et fit de ses doigts un geste qu’on pouvait qualifier de très grossier.
Il éclata de rire sa bouteille à la main puis éclata en sanglots, il pleurait en hurlant à genoux sur le sable.
Monsieur Mouche, qui se tricotait pour lui-même un foulard bleu ciel, avait entendu les cris de son supérieur qui se ridiculisait devant tout le monde, il sortit inquiet et traîna Crochet jusque dans la petite cabane qu’on avait construite pour lui en attendant que le nouveau bateau soit prêt.
Affalé tel un ivrogne sur une chaise en bois de bambou, Crochet continuait de pleurer mais en silence.
— Vous ne devez pas vous exposer ainsi Capitaine ! J’entends les hommes marmonner la nuit, ils projettent de vous tuer ! Vous devez réagir ! dit monsieur Mouche.
— Eh bien qu’ils le fassent ! hurle-t-il. Je n’ai plus de navire et Pan est plus fort que jamais, je n’ai plus de raison de vivre, je préfère la mort Mouche !
— Ne dites pas ça Capitaine, vous étiez si près du but, lui répond calmement son second. Vous devez aller de l’avant et prendre un nouveau départ.
— Serais-tu sourd ou complètement idiot ? Le garçon a gagné ! Et moi j’ai perdu ! Et mon seul moyen de quitter cette île a disparu au fond de la mer ! Pan m’a dit un jour que la mort devait sacrément être une belle aventure, nous allons voir s’il disait vrai !
Le Capitaine se releva difficilement puis il prit son vieux pistolet anglais avant de le pointer sur sa tempe alors que celui-ci n’était même pas chargé.
— Adieu Mouche, tu auras été mon seul ami, une fois fait je te prierai de m’enterrer dignement en bonne et due forme !
— Capitaine, je vous en prie ! Il doit bien y avoir quelque chose pour vous motiver à rester vivant tout de même ! suggère Mouche en se levant les mains tendues.
— La mort de Peter Pan mais j’essaye depuis bien des années, j’arrête maintenant. Ce que je veux c’est reposer en paix. Laisse-moi mourir, je ne supporte plus cette misérable vie. Souffrir autant est un supplice impossible à supporter, admit Crochet avant de fermer les yeux, le doigt sur la détente. Adieu…
— Non attendez ! hurle monsieur Mouche.
— Quoi encore !
— Souffrance… souffrance… se met à murmurer le second le regard perdu dans le vide.
— Quel est ce charabia ! Tu comptes m’empêcher de mettre fin à ma vie avec ce qui caractérise ma situation ? Que tu es sot Mouche !
— La souffrance ! C’est ça ! dit-il enjoué en frappant ses mains.
— Ma souffrance te fait donc autant plaisir, espèce de sale traître !
— Non Capitaine, celle de Peter Pan !
— Qu’est-ce que tu racontes Mouche ! rétorque Crochet en abaissant son arme.
— Ce que vous avez dit, que souffrir autant est impossible à supporter. Pourquoi chercheriez-vous à tuer un jeune garçon qui ne grandit pas alors que vous pouvez le faire souffrir ?
— Il n’allait pas l’admettre mais c’est vrai que si l’on observe le problème sous cet angle, on réalise très vite que c’est impossible, tuer Peter Pan n’a jamais été chose facile mais lui faire du mal n’était pas une mauvaise idée.
— Ce que tu dis commence à m’intéresser, continue, dit Crochet en se rasseyant tout comme monsieur Mouche.
Celui-ci était de nature bienveillante et contre la violence mais il voulait éviter de voir son Capitaine mourir, donc s’il avait de nouveau une raison de vivre, peut-être abandonnerait-il cette idée de suicide.
Mouche établissait mentalement un plan compliqué qui permettrait peut-être au Capitaine fou d’obtenir sa vengeance, mais pour ça il se devait de lui révéler un terrible secret à ses risques et périls.
— Il va falloir trouver un moyen de le faire souffrir… oh ! Comme en tuant un de ses garçons perdus !
— Ça ne va faire que le mettre en colère ! Et puis d’autres enfants viendront et il s’en occupera avant de les déchaîner sur moi ! Je veux qu’il meure Mouche, je veux aussi le voir souffrir mais je n’ai aucune ressource ! Aucune ! Donc si tu n’as rien de mieux à proposer, je te prie de me laisser mourir !
Ce dernier hésita à le contredire mais pour sauver son Capitaine, monsieur Mouche, pressé par le temps, était prêt à tout. L’idée de se retrouver sous les ordres des hommes de Crochet après sa mort le terrifiait, donc il décida qu’il était temps de passer aux aveux.
— Vous avez une chance de le faire souffrir et de le tuer après, je peux vous l’assurer.
— Eh bien parle ! Comment peut-on tuer un être immortel ?
— Pan n’est jamais destiné à grandir ça ne veut pas dire qu’il est immortel, il y a des années il était proche de la mort parce qu’un seul enfant ne croyait pas en lui.
— Maintenant, il est surpuissant étant donné que tous les enfants croient en lui. C’est du pareil au même, c’est comme s’il était immortel ! Tous les enfants grandissent Mouche ! Tous sauf un !
— Non Capitaine, il y a autre chose, mais…
Voyant son arrêt soudain puis son silence légèrement suspect, Crochet commençait à soupçonner son second de lui cacher une information importante, ce qui d’ailleurs était vrai.
— Parle Mouche, maintenant ! Où veux-tu en venir ? Le code d’honneur de la piraterie nous indique qu’il y a une règle en particulier qui explique que la révélation d’une information secrète mérite une récompense à la hauteur de sa valeur.
— Je connais bien les codes de la piraterie Mouche. Et tu voudrais marchander avec moi ? demande le Capitaine en riant. Que veux-tu en échange de cette information, en espérant qu’elle ait de la valeur ?
— Oh que oui, je peux vous l’assurer Capitaine ! Ce que je veux c’est être sûr que vous ne me tuerez pas après vous avoir révélé ce que je sais, ma vie contre l’information.
— Quoi c’est tout ? Eh bien accordé ! Maintenant, parle ! Que sais-tu qui pourrait m’aider à faire souffrir Pan puis à le tuer ? Et attention si ton information n’est pas aussi précieuse que tu le prétends, c’est toi qui vivras la belle aventure dont Peter m’a parlé.
Monsieur Mouche transpirait et tremblait, il avala sa salive et se tordait les doigts, il craignait que le Capitaine fou ne respecte pas son engagement mais il était trop tard pour reculer.
Il lui révéla donc cette chose qu’il lui avait cachée pendant toutes ces années, il expliqua dans les détails tout ce qui s’était passé et d’où il l’avait appris.
Pendant qu’il parlait, le Capitaine manigançait le plan qui ferait échouer Peter Pan pour de bon.
Crochet sourit et se leva lentement, Mouche se mit à sourire également et espérait rester en vie, il croyait que voir son supérieur ainsi était un bon signe de sa part mais c’était tout le contraire.
Bien sûr, il était très heureux d’enfin savoir comment anéantir son ennemi, mais le fait de ne découvrir que maintenant ce secret d’une telle importance, qui l’aurait épargné tant d’efforts, le rendit intérieurement fou de rage.
Il reposa son pistolet sur la table lentement, on entendait dehors l’équipage travailler et construire une coque solide pour le bateau. Crochet, d’un sourire effrayant, serra son épée avant de la sortir de son fourreau et de la pointer vers monsieur Mouche.
— Mais qu’est-ce que vous faites ? crie le second en reculant les bras tendus, nous avions un accord !
— Oui… Mouche… d’après le code d’honneur des pirates pour cette information, je me dois de respecter ma part du marché et te laisser vivre, mais je n’ai jamais dit que tu ne souffrirais pas.
Et soudain, le Capitaine Crochet se mit à battre très violemment monsieur Mouche de son épée, faisant jaillir son sang de tous les côtés. On entendait les cris désespérés du pauvre Mouche qui essayait de fuir les coups qui lui tranchaient la peau mais personne ne vint à son secours.
Crochet avait déjà tué pour moins que ça, de plus les hurlements d’un homme que l’on torture n’est point chose nouvelle pour un pirate, l’équipage était habitué à les entendre en permanence, surtout avec un Capitaine qui avait perdu la raison et faisait le mal par pur plaisir.
Quand il épuisa son bras après ses nombreux mouvements et coups portés sur Mouche qui avait perdu connaissance, Crochet reprit la construction mentale de son nouveau plan pour tuer Peter Pan.
Et vu tout ce qu’il savait dorénavant, il s’apprêtait à l’exécuter dès maintenant, plus de temps à perdre.
— L’heure de la vengeance a sonné !
Chapitre 3
Chapitre 2La rencontre
La patience est, à ce que l’on dit, la plus noble des vertus, et le Capitaine Crochet qui avait soif de vengeance l’avait cultivée au cours des mois suivants. Monsieur Mouche lui avait révélé une chose qui changeait absolument tout, mais il voulait être sûr de réussir, donc son plan nécessitait qu’il soit patient.
Il avait de nouveau un bateau, moins grand et imposant que le Jolly Roger mais c’était mieux que de vivre dans une vulgaire cabane mal construite.
Les garçons perdus jouaient à cache-cache avec les Indiens puis chassaient les animaux, Peter passait tout son temps avec David, Clochette et Lily la Tigresse à discuter de choses et d’autres. Plus personne n’entendait parler des pirates, ils restaient sagement sur leur navire sous les ordres du Capitaine qui effectuait pendant 5 mois une balade nocturne, avant de revenir à l’aube.
En réalité, Crochet attendait le retour de Dome Nature pour pouvoir s’adresser à lui, il en avait le droit car selon la loi toute personne vivant sur l’île pouvait obtenir un moment privé avec le cristal géant. Une apprentie de l’ancienne fée alchimiste pirate s’était lié d’amitié avec le Capitaine fou et lui ouvrait chaque année le passage vers la Vallée des fées, où se trouvait le miroir magique à l’intérieur duquel se dressait l’immense Crystal Pan, avec qui il avait de vives mais très instructives conversations.
Cela faisait partie de son plan tordu, personne n’était au courant même pas Mouche, qui était en piteux état et avait toutes ces cicatrices sur le corps.
Il fallait rester le plus discret possible pour que le pirate puisse avoir toutes ses chances de réussir, peut-être à la fin pourra-t-il obtenir ce qu’il désire depuis si longtemps et enfin pouvoir partir du Pays Imaginaire.
Peter Pan et ses compagnons n’avaient aucune idée de ce qu’il se préparait contre eux, le Chef de l’île ne voulait pas l’avouer mais il s’ennuyait à mourir. Depuis le départ de Jimmy, les années étaient passées et rien ne change, tout était toujours pareil tous les jours, sauf les moments où il rendait visite à son père ou à son vieil ami et qu’il voyait son fils Daniel. Car il est connu de tous que Peter Pan adore les bébés, et il fut un temps où il s’en occupait à merveille. Ses amis eux étaient et seraient toujours animés des mêmes sentiments d’enfants joyeux ne désirant pas grandir, mais de son côté Peter voulait du changement dans sa vie.
Il faisait toujours beau au Pays Imaginaire, et on pouvait y faire tout ce qu’on voulait. Nager avec les sirènes, participer aux cérémonies des Peaux-rouges ou provoquer les pirates histoire de s’amuser un peu et de ressentir le délicieux frisson de l’aventure.
En ce moment, Peter était étalé sur le sable chaud de la plage, et regardait les oiseaux qui chantaient dans le ciel en traversant le magnifique arc-en-ciel.
Traverser un torrent de couleurs qui brille était leur activité préférée, c’était aussi jouissif que de voler librement. À ses côtés comme d’habitude se trouvaient David, Lily la Tigresse et Clochette, étalés comme lui, ils profitaient des rayons chauds et doux du soleil.
— Daniel a tellement grandi, il se met à tourner sur lui-même et à ramper partout maintenant, dit Peter le sourire aux lèvres en repensant au fils de Jimmy.
— Il tient ça de moi, j’étais exactement comme lui, ajoute David les yeux fermés un sourire aux lèvres.
— Quel âge avoir enfant de Jimmy ? demanda Lili.
— Il va avoir 1 an le 1er août, répond Peter. Bientôt, il pourra venir ici et passer du temps avec nous.
— À quoi ressembler garçon ?
Peter très attaché à cet enfant gardait dans sa poche une petite photo de Daniel Barrie qu’il montrait à Lily, ils étaient connectés par la foi et la sienne avait une profondeur étonnante.
— Ça être quoi ? Image de enfant ? dit la princesse indienne en fixant le visage de Daniel.
— Sur Terre on appelle ça une photo, intervint Clochette d’un tintement que tout le monde avait compris.
— Lui avoir yeux verts comme feuilles d’arbres, dit-elle.
— Oui, dans la famille de mon père on a presque tous les yeux verts, affirme David.
— Nous avoir yeux marrons dans famille indienne.
— Chez nous les fées, il y en a qui ont les yeux gris, c’est très fréquent de nos jours ! poursuit Clochette.
— Et moi… j’ai les yeux jaune clair… mais je ne sais pas de qui je les tiens, dit Peter le visage triste en récupérant sa photo. Tu pourrais le demander à Dome Nature ? C’est pas aujourd’hui qu’il revient d’ailleurs ?
— Si c’est aujourd’hui, c’est une bonne idée, il sait tout et je vais lui deman…
À cet instant, Peter ressentit une drôle de sensation, il ne termina pas sa phrase et gardait le silence, il avait entendu un étrange bruit. Le garçon se retourna avant de se lever puis il vola de plus en plus haut jusqu’à apercevoir la forêt tout entière, de sa vue perçante il plissait les yeux et regardait ce que cela pouvait être.
— Qu’est-ce qu’il y a Peter ? l’interroge David en se levant, le voyant haut dans les cieux.
— Je ressens la présence de quelqu’un, répondit-il. Et c’est dans la forêt.
— C’est peut-être un animal ?
— Non c’est un enfant, il y a un enfant au Pays Imaginaire.
— Ça doit être les garçons perdus qui sont de retour de la chasse certainement ?
— Celui-là ne fait pas partie de mes garçons, viens Clochette !
— Et la fée s’exécute, monte jusqu’à lui et parcourt la forêt du regard mais elle ne voyait rien.
— Les sages fées n’ont apporté aucun enfant depuis des décennies, tu t’es peut-être trompé ? dit-elle.
— Non je sais ce que je dis, il y a un enfant ici. Je le sens, il est tout prêt.
— Mais comment serait-il venu jusqu’ici ? Tu sais que le seul moyen…
— Regarde ! Il est entrain de courir ! le coupe Peter le doigt pointé vers une chose qui traversait les buissons en bas.
Ce dernier se lance à sa poursuite et vole très vite au-dessus des arbres suivant sa trace, Clochette juste derrière lui essaye de le rattraper mais Peter volait trop vite.
Ce qu’il sentait contournait les arbres et les buissons à une grande vitesse et s’approchait d’une falaise sans le savoir, Peter voulant éviter que l’enfant ne tombe vola encore plus vite et le devança dans sa course.
Il se posa au sol à juste un mètre de la falaise et tendait les bras, l’enfant qui courrait s’était arrêté en le voyant.
— Ne fais pas un pas de plus tu risques de tomber et de te faire mal, lui dit Peter. Qui es-tu ?
Cette question pouvait paraître étrange mais elle était légitime, Peter connecté à la terre où il a vu le jour connaissait très exactement l’emplacement de chacun de ses habitants, et il ressentit la présence d’un étranger qui n’était pas loin d’eux. Mais celui-ci en voyant Peter le chercher du regard avait pris la fuite sans savoir qu’il se dirigeait vers une falaise, il portait un capuchon qui couvrait son visage et avait une tenue étrange et de longues bottes marron.
— Montre-toi, dis-moi qui tu es.
— Obéis au Maître du Pays Imaginaire ! insista Clochette au-dessus d’eux.
L’enfant derrière son capuchon sourit et le retira fièrement dévoilant ainsi son identité. À ce moment-là, Peter et Clochette furent choqués de constater qu’il s’agissait en réalité d’une fille.
Mais le plus troublant c’était qu’elle ressemblait à…
— Wendy ? demanda Peter en s’approchant à pas lent de la jeune fille.
Perdu dans son regard Peter avait plongé dans l’océan bleu clair de ses magnifiques yeux, elle avait un teint resplendissant et de belles lèvres roses ainsi que de longs cheveux châtain clair, sa beauté n’avait d’égal que celle d’une créature enchanteresse.
— Wendy c’est toi ?
La jeune fille ne répondit pas, soudain une lumière blanche émanait de son corps et se forma autour d’elle sous le regard surpris de la fée et du garçon.
Le vent se levait et formait un tourbillon et l’instant d’après, elle quitta lentement le sol et volait au-dessus d’eux, c’était un spectacle unique, personne n’y était jamais arrivé à part le Chef du Pays Imaginaire.
Peter se mit également à briller de sa lumière jaune comme le soleil et vola jusqu’à elle, tous les deux dans les airs se regardaient et se tournaient littéralement autour, montant toujours plus haut dans le ciel. Ils n’avaient jamais vu un tel être l’un comme l’autre, capable de voler et d’étinceler aussi fort.
Leurs sens se troublaient, un mélange d’intense bonheur et d’euphorie les envahissait. Aucun mot n’était nécessaire, ils savaient à qui ils faisaient face et cela produisit un sentiment de sécurité et de bien-être. Au-dessus des nuages continuant de s’observer l’un l’autre et de se tourner autour, la spontanéité l’emporte et les barrières tombent rapidement.
Sentir la présence et la lumière de l’autre créa un profond sentiment d’insouciance et de béatitude, qui leur procura un véritable bien-être.
Plus rien n’avait d’importance, le Pays et les astres tout entiers s’étaient arrêtés de vivre pour assister à cette rencontre, jamais deux personnes ne s’étaient aussi longtemps regardées. Quelque chose d’inexplicable se passa à l’intérieur de Peter et de cette jeune fille, le Lien venait de naître et les questions sur l’autre devenaient une obsession.
C’est ce qu’il arrive quand deux lumières se rencontrent, un soulagement évident apparaissait sur leurs visages, ainsi qu’une expression de joie qui provenait de la fille émanant cette lumière blanche qui la rendait encore plus belle.
C’était comme une révélation, tout était à la fois clair et trouble dans l’esprit de chacun. Ce torrent de nouvelles sensations leur était complètement inconnu, mais ils ne pouvaient déjà plus s’en passer.
Il fallait à tout prix comprendre ce qu’ils ressentaient, mais la jeune fille les bras tendus vola encore plus haut annonçant ainsi son départ.
— Je suis Peter Pan ! dit-il vivement comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort.
— Je sais qui tu es, répondit-elle de sa douce voix en le regardant à nouveau.
— Et toi qui es-tu ? Tu n’es pas Wendy, dis-le-moi s’il te plaît !
— Je suis Waléria Wisdom, dit-elle simplement.
— Et là, elle se mit à briller encore plus fort et vola à toute vitesse vers le haut, avant de disparaître de nulle part dans l’étendue du ciel infini.
— Waléria… murmura le garçon.
Peter n’avait pas essayé de la rattraper même s’il en avait très envie, il était encore sous le choc de l’avoir vu et il voulait comprendre ce qu’il s’était passé.
Tout ce qu’il savait c’est qu’en croisant son regard il avait eu l’impression que la foudre s’était abattue sur lui, qu’est-ce que cela voulait bien signifier ?
Il ne le comprenait pas encore, mais peut-être que son père pourrait le lui expliquer.
Dome Nature aurait certainement la réponse…