Chapitre 2

Les premières lueurs du jour perçaient à travers les rideaux légers de la petite maison de bois. Felicity se réveilla en sursaut, son cœur battant à tout rompre. Encore un cauchemar. Elle passa une main tremblante sur son front humide de sueur et se redressa lentement. Les rêves hantés de son passé la suivaient toujours, même après toutes ces années. Elle jeta un coup d’œil vers la pièce adjacente où ses triplés dormaient encore paisiblement. Leur simple présence lui apportait un peu de réconfort et de force.

Elle se leva silencieusement, glissant ses pieds nus sur le sol froid, et se dirigea vers la cuisine pour préparer le petit-déjeuner. Alors qu’elle s’affairait, ses pensées dérivaient inévitablement vers Maximilian. Il était l’alpha de la meute, le loup-garou qu’elle avait autrefois aimé et qui l’avait rejetée en découvrant sa grossesse. Cette trahison avait marqué la fin de leur relation et l’avait poussée à fuir, à tout laisser derrière elle. Maintenant, elle vivait en marge, cachée de tous, protégeant ses enfants du mieux qu’elle pouvait.

Le bruit soudain d’un claquement de porte la tira de ses pensées. Elle se retourna, son cœur se serrant, et vit Maximilian se tenir dans l’encadrement de la porte. Son visage était plus marqué, plus durci par les années, mais ses yeux étaient toujours les mêmes – perçants et inquisiteurs.

« Felicity, » murmura-t-il, sa voix rauque et teintée d’émotion. « Il faut qu’on parle. »

Elle se raidit, la tension palpable dans l’air. « Qu’est-ce que tu fais ici, Maximilian ? Comment m’as-tu trouvée ? »

« Je n’ai jamais cessé de te chercher, » répondit-il en avançant d’un pas. « Et je savais que tôt ou tard, tu aurais besoin de moi. »

Felicity serra les poings, la colère bouillonnant en elle. « Besoin de toi ? Après ce que tu as fait, tu oses te présenter ici et dire que j’ai besoin de toi ? »

Maximilian soupira, passant une main dans ses cheveux. « Je sais que j’ai fait des erreurs, mais nous devons parler de ce qui s’est passé. Nous devons parler des enfants. »

« Les enfants vont bien, » répliqua-t-elle sèchement. « Ils n’ont pas besoin de toi dans leur vie. »

« Tu crois vraiment pouvoir tout gérer toute seule ? » Il la fixa, ses yeux brillants de détermination. « Ils ont besoin de leur père autant que de leur mère. Et toi, Felicity, tu as besoin de soutien. »

Avant qu’elle ne puisse répondre, un cri perçant déchira l’air, venant de la chambre des triplés. Felicity et Maximilian se précipitèrent vers la pièce, leur cœur battant à l’unisson. En entrant, ils trouvèrent les lits vides et les fenêtres grandes ouvertes. Le vent s’engouffrait dans la pièce, faisant voler les rideaux.

« Non ! Non, non, non ! » Felicity s’effondra, ses mains tremblantes agrippant le cadre du lit de l’un de ses enfants. « Ils sont partis… On me les a pris… »

Maximilian s’agenouilla à ses côtés, une expression sombre sur son visage. « Je vais les retrouver. Je te le promets. »

Felicity releva la tête, les yeux embués de larmes. « Pourquoi devrais-je te faire confiance ? »

« Parce que je suis le seul à pouvoir t’aider, » répondit-il fermement. « Nous devons travailler ensemble si nous voulons les récupérer. »

Elle savait qu’il avait raison, même si cela lui coûtait de l’admettre. Ils n’avaient pas le choix. Leurs enfants étaient en danger, et elle ne pouvait pas se permettre de laisser ses sentiments personnels interférer.

« Très bien, » dit-elle, se relevant et essuyant ses larmes. « Mais sache que je ne fais ça que pour eux. Pas pour toi. »

Maximilian hocha la tête. « Commençons par chercher des indices. Quelqu’un doit savoir quelque chose. »

Ils fouillèrent la chambre, cherchant des traces laissées par les ravisseurs. Des empreintes de pas menaient vers la forêt dense qui entourait leur maison. Felicity et Maximilian se transformèrent en loups, leurs sens aiguisés par la transformation. Ils suivirent la piste, leurs cœurs battant à l’unisson, unis par la même détermination farouche de retrouver leurs enfants.

Les arbres défilèrent autour d’eux alors qu’ils avançaient à toute vitesse, leurs pattes foulant le sol humide de la forêt. La piste les mena jusqu’à une clairière où l’odeur des ravisseurs se fit plus forte. Felicity se transforma de nouveau en humaine, ses yeux scrutant l’obscurité.

« Il faut qu’on trouve un plan, » murmura-t-elle, son souffle court.

Maximilian acquiesça, se transformant à son tour. « Nous devons être prudents. Ils sont sûrement armés et prêts à tout. »

Ils avancèrent silencieusement, utilisant chaque ombre et chaque buisson pour se dissimuler. Les ravisseurs étaient trois, des hommes robustes aux visages dissimulés sous des cagoules. Les triplés étaient ligotés et bâillonnés, leurs yeux grands ouverts de terreur.

Felicity sentit son cœur se briser à cette vue. « On doit les sauver, » murmura-t-elle.

Maximilian posa une main sur son bras pour la calmer. « Attends le bon moment, » lui conseilla-t-il à voix basse. « Attaquons-les quand ils seront le moins préparés. »

Un des ravisseurs s’approcha des enfants, un sourire cruel sur les lèvres. « Alors, les petits, vous allez servir à un noble dessein. Votre mère saura bientôt pourquoi vous avez été pris. »

Felicity sentit la rage monter en elle, mais elle savait qu’elle devait rester calme pour réussir. Maximilian lui fit signe, prêt à attaquer. Ils attendirent que les ravisseurs soient distraits par leurs propres discussions avant de bondir en avant.

Le combat fut rapide et brutal. Felicity et Maximilian, avec la force de leurs formes de loups-garous, eurent rapidement le dessus sur les ravisseurs. En quelques minutes, les trois hommes étaient à terre, inconscients ou gravement blessés. Felicity se précipita vers ses enfants, les libérant de leurs liens.

« Vous allez bien ? » demanda-t-elle, les serrant contre elle.

« Maman, on a eu tellement peur, » sanglota l’un des triplés, les larmes coulant sur ses joues.

« Ça va aller maintenant, » murmura-t-elle en les berçant doucement. « Vous êtes en sécurité. »

Maximilian s’approcha, ses yeux posés sur ses enfants avec une tendresse qu’il ne pouvait cacher. « On va les ramener à la maison et les mettre en sécurité. »

Felicity hocha la tête, reconnaissante pour son aide malgré leurs différends. Ils retournèrent à la maison, les enfants épuisés mais sains et saufs. Après les avoir couchés et s’être assurés qu’ils allaient bien, Felicity et Maximilian se retrouvèrent dans la cuisine, le silence lourd de tout ce qui restait à dire.

« Merci, » dit-elle enfin, brisant le silence. « Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi. »

« Tu aurais trouvé un moyen, » répondit-il doucement. « Tu es plus forte que tu ne le crois, Felicity. »

Elle baissa les yeux, jouant nerveusement avec ses doigts. « Pourquoi es-tu vraiment ici, Maximilian ? Qu’est-ce qui t’a poussé à me chercher après tout ce temps ? »

« Je n’ai jamais cessé de penser à toi, ni aux enfants, » avoua-t-il. « J’ai fait une erreur terrible en te laissant partir. J’étais jeune, stupide et effrayé par la responsabilité. Mais j’ai changé, Felicity. Et je veux faire partie de leur vie, de ta vie, si tu me le permets. »

Elle le regarda, les larmes aux yeux. « Ce n’est pas si simple. Il y a tant de douleur, tant de blessures qui n’ont pas encore guéri. »

« Je sais, » murmura-t-il, s’approchant d’elle. « Mais nous pouvons essayer de les guérir ensemble, si tu es prête à me donner une seconde chance. »

Felicity soupira, ses émotions en conflit. Elle savait qu’elle ne pouvait pas ignorer l’importance de Maximilian dans la vie de leurs enfants, mais elle devait aussi protéger son cœur. Avant qu’elle ne puisse répondre, un bruit sourd retentit à l’extérieur, attirant leur attention.

Ils se précipitèrent dehors pour découvrir que la maison était entourée de membres de la meute de Maximilian, tous les regards tournés vers eux. Au centre du groupe se tenait le bêta de Maximilian, un sourire narquois sur le visage.

« Alors, Maximilian, » dit-il d’une voix forte, « est-ce ici que tu t’es caché tout ce temps ? Avec elle et ses enfants ? »

Maximilian se tendit, son expression se durcissant. « Ils sont ma famille, et je les protégerai quoi qu’il en coûte. »

Felicity sentit la tension monter, les souvenirs de leur passé commun resurg

Issant avec force. Elle savait que ce n’était que le début des épreuves qu’ils auraient à affronter ensemble, mais elle n’avait pas le choix. Pour ses enfants, pour leur avenir, elle devait trouver un moyen de faire confiance à Maximilian, même si cela signifiait affronter les démons de leur passé.

Chapitre 3

La lumière tamisée du crépuscule enveloppait la forêt, conférant aux arbres des ombres allongées et menaçantes. Felicity et Maximilian, le souffle court, se tenaient à l’orée de cette forêt dense, leurs sens en alerte. Leurs enfants avaient été enlevés, et chaque seconde comptait pour les retrouver. Les souvenirs douloureux de leur passé étaient éclipsés par l’urgence du moment. Les triplés étaient tout ce qui importait désormais.

« Nous devons commencer par là où nous avons perdu leur trace, » dit Maximilian, sa voix basse et grave. « Les ravisseurs ont laissé des empreintes claires, mais elles se dissipent rapidement dans cette forêt. »

Felicity hocha la tête, déterminée. « Ils ne peuvent pas être loin. Si nous agissons vite, nous pourrons les rattraper avant qu’ils ne les emmènent plus loin. »

Ils se transformèrent en loups-garous, leurs sens s’aiguisant instantanément. Les odeurs de la forêt, les sons infimes des animaux nocturnes, tout leur parvenait avec une clarté accrue. Ils avancèrent en silence, leurs pas légers et assurés sur le sol tapissé de feuilles mortes. Chaque bruissement de feuille, chaque craquement de branche sous leurs pattes était une piste potentielle.

Au bout de quelques minutes, Felicity leva la tête, ses narines frémissant. « Par ici, » murmura-t-elle, prenant la tête. « Je sens leur odeur. »

Maximilian la suivit, ses yeux perçant la pénombre. Ils avançaient avec précaution, leurs corps tendus, prêts à bondir à la moindre alerte. Les empreintes étaient de plus en plus difficiles à suivre, mais l’odeur persistante des ravisseurs les guidait.

Après une heure de traque, ils atteignirent une clairière. Au centre, un feu mourant illuminait faiblement le campement abandonné des ravisseurs. Felicity s’approcha prudemment, examinant les lieux.

« Ils ont dû partir précipitamment, » murmura-t-elle, ses doigts frôlant les restes d’un repas à moitié consommé. « Mais ils reviendront probablement. Ils n’ont pas tout emporté. »

Maximilian inspecta les alentours, ses yeux fixant quelque chose au sol. « Regarde ça, » dit-il en pointant du doigt une empreinte distincte. « C’est récent. Ils ne doivent pas être loin. »

Felicity hocha la tête, l’espoir renaissant en elle. « Nous devons continuer. Ils ne peuvent pas avoir pris beaucoup d’avance. »

Ils s’enfoncèrent à nouveau dans la forêt, suivant les indices laissés par les ravisseurs. Les bruits de la nuit s’intensifièrent, et une tension palpable les accompagnait. Chaque pas les rapprochait de leurs enfants, mais aussi du danger.

Soudain, un cri perçant déchira la nuit. Felicity se figea, son cœur battant à tout rompre. « C’était un de mes enfants, » murmura-t-elle, la voix tremblante d’inquiétude.

« Allons-y, » dit Maximilian avec détermination, se lançant en avant. Felicity le suivit de près, leurs cœurs synchronisés par la peur et l’urgence.

Ils débouchèrent sur une petite grotte, illuminée par une torche vacillante. À l’intérieur, les ravisseurs semblaient préparer leur prochaine étape. Trois hommes aux visages marqués par des cicatrices et des expressions sévères se tenaient autour d’une table grossièrement taillée, discutant à voix basse. Les triplés, ligotés et bâillonnés, étaient alignés contre la paroi de la grotte, leurs yeux grands ouverts de terreur.

Felicity sentit la rage monter en elle. Avant qu’elle ne puisse faire un pas de plus, Maximilian l’arrêta d’un geste de la main. « Attends, » murmura-t-il. « Nous devons être stratégiques. Si nous fonçons tête baissée, nous risquons de les mettre en danger. »

Elle ferma les yeux un instant, luttant contre son instinct maternel de foncer. « D’accord, » chuchota-t-elle enfin. « Quel est le plan ? »

Maximilian jeta un coup d’œil à l’intérieur de la grotte, évaluant la situation. « Nous devons les séparer. Attirer un ou deux à l’extérieur, et ensuite nous occuper du reste. »

Felicity acquiesça, ses yeux lançant des éclairs. « Je vais créer une diversion, » dit-elle en prenant une profonde inspiration. « Prépare-toi à les attaquer dès qu’ils seront dehors. »

Elle se glissa silencieusement autour de la grotte, se postant à une distance suffisante pour être vue sans être immédiatement capturée. Puis, elle commença à faire du bruit, frappant contre un tronc d’arbre et brisant des branches. Les ravisseurs, alertés par le bruit, se levèrent brusquement.

« Va voir ce que c’est, » ordonna l’un d’eux, désignant deux de ses comparses.

Maximilian, embusqué près de l’entrée, se prépara. Les deux hommes sortirent de la grotte, scrutant la pénombre. Felicity fit un autre bruit, les attirant un peu plus loin. Quand ils furent suffisamment éloignés, Maximilian bondit, les attaquant avec une précision mortelle. En quelques secondes, les deux hommes étaient à terre, inconscients.

Felicity rejoignit Maximilian, les yeux brillants de détermination. « Il en reste un, » murmura-t-elle. « Allons-y. »

Ils s’introduisirent dans la grotte, leurs pas légers et silencieux. Le dernier ravisseur, concentré sur ses préparatifs, ne les entendit pas arriver. Maximilian se glissa derrière lui, plaçant une main ferme sur son épaule. « C’est fini pour toi, » grogna-t-il.

L’homme se retourna brusquement, mais Felicity était déjà sur lui, le plaquant au sol. « Où sont mes enfants ? » siffla-t-elle entre ses dents serrées.

Le ravisseur, pris de panique, tenta de se débattre. « Vous ne comprenez pas, » haleta-t-il. « Ce n’est pas nous. Nous ne faisons que suivre les ordres. »

« De qui ? » aboya Maximilian, ses yeux brillants de colère.

« De… de l’Alpha, » balbutia l’homme, terrifié. « L’Alpha veut les enfants. Il a des plans pour eux. »

Felicity sentit son sang se glacer. « Quel Alpha ? Pourquoi ? »

« L’Alpha Jared, » répondit l’homme, le visage pâle. « Il dit qu’ils sont spéciaux, qu’ils ont des pouvoirs qui pourraient changer l’équilibre des meutes. »

Maximilian et Felicity échangèrent un regard sombre. Jared était connu pour ses ambitions démesurées et sa cruauté. S’il avait des vues sur leurs enfants, cela signifiait qu’ils étaient en grand danger.

« Nous devons les mettre en sécurité, » murmura Maximilian. « Et vite. »

Ils libérèrent les triplés, les prenant chacun dans leurs bras. Les enfants, encore sous le choc, s’accrochaient à eux, rassurés par leur présence. Felicity caressa doucement les cheveux de l’un d’eux, murmurant des mots apaisants.

« Ça va aller, » dit-elle doucement. « Nous sommes là maintenant. Nous ne vous laisserons plus jamais. »

Ils quittèrent la grotte, leurs enfants blottis contre eux. La forêt était toujours aussi sombre et menaçante, mais ils savaient qu’ils devaient avancer. Jared ne renoncerait pas si facilement.

« Nous devons retourner au camp, » dit Maximilian, fixant l’horizon. « Préparer les défenses et trouver un moyen de contrer Jared. »

Felicity hocha la tête, son regard déterminé. « Nous le ferons, » affirma-t-elle. « Ensemble. »

Alors qu’ils traversaient la forêt, une nouvelle détermination brûlait en eux. Leurs enfants étaient tout ce qui importait, et ils feraient tout pour les protéger. La traque venait à peine de commencer, mais ils étaient prêts à affronter tous les dangers pour sauver leur famille.

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