Chapitre 2
Chapitre I
~~ Immaculé Bonaventure Sakumuna alias IBS ~~
Message Moïra, 23h18 :
« J'ai envie de te voir. Tu me manques. »
« Tu me manques aussi bébé. J'ai hâte de te voir… Tu portes quoi ? »
Je retire mon t-shirt puis m'installe confortablement dans mon lit, pour mieux suivre notre conversation.
Message Moïra, 23h19:
« Juste un string rouge. Il fait trop chaud ;) »
Je souris en voyant son message ! Elle commence fort aujourd'hui !
« Ah ouais ? Seulement un string ? T'as raison, il fait trop chaud. Faut savoir se mettre à l'aise. »
Message Moïra, 23h22:
« C'est clair ! On peut pas être plus à l'aise que lorsqu'on est nu… Je crois que je vais enlever mon string. Je saurai totalement à l'aise. »
« Je t'encourage ! Moi-même je pense que je vais retirer mon short ! Je serai vraiment à l'aise MOI !
« Pourquoi TU serais vraiment à l'aise ?»
« Parce que je suis certain que tu dois être en short débardeur ! ah-ah ! Les filles vous êtes trop complexées pour vous mettre totalement à l'aise, même dans vos propres chambres ! »
« Ah bon, tu penses ?... Je t'envoie ma photo, si tu m'envoies la tienne :p ! »
Rien que l'idée de l'imaginer en string sur son lit me fait avoir la trique alors toute nue, c'est pire !
Je sens une poussée d'adrénaline qui me pousse à retirer rapidement mon short puis je lance un appel vidéo via Whatsapp. J'arrange mes oreillers derrières moi, passe sous le drap puis attends qu'elle décroche. Deux, trois, quatre sonneries. Elle ne décroche pas !Elle se fait désirer ! Et ça me fait monter en pression ! Mon imagination tourne à cent mille à l'heure et j'ai qu'une hâte, c'est la voir !
Et c'est ce qu'il se passe après la énième sonnerie.
« — Coucou.
— Salut. Qu'est-ce que tu faisais ?
— Je me mettais en condition pour aller dormir.
— Ah ouais ? Fais-moi voir.
— Toi d'abord. »
Je descends mon drap jusqu'à mon bassin, puis lui montre mon torse nu, avant de descendre un peu plus mon téléphone, puis je le remonte pour la regarder faire de même. Elle commence par sa poitrine dénudée avant de descendre sur son ventre puis sur son entrejambe.
« — Tu devrais venir t'occuper de moi. elle souffle en passant sa main sur sa poitrine. »
Là encore, je la regarde faire sans rien dire, jusqu'à ce qu'elle décide d'aller plus bas. Sans m'en rendre compte, ma main libre accompagne son mouvement vers mon bas ventre et tandis qu'elle se caresse, ma main encercle mon engin et exerce des allés et venus au rythme de ses gémissements.
Elle pousse de soupirs plus rapides et plus secs et j'accélère mes mouvements pour suivre son rythme, le souffle saccadé. Je suis en train d'arriver, je suis à deux doigts de …
« — Ya IB ! Ya IB ! »
Non, non, no…..aaaaahhhh !
Je me laisse gagner en même temps que Moïra, mais je n'ai pas le temps de me reprendre, les coups sur ma porte persistent.
« — Ya IB ! S'il te plaît ouvre la porte ! Ya IB ! »
Putain, fait chier !
J'essaie de faire comme si elle n'était pas là, mais baisse quand même le son de mon téléphone.
Je reste immobile pendant une longue minute pour qu'elle s'imagine que je suis en train de dormir, et ça à l'air de fonctionner puisque j'entends ses pas s'éloigner.
« — Faut que tu me prennes. souffle Moïra. J'en ai marre de ces jeux, je veux … »
« Clic, Clic »
Merde non pas ça ! j'hurle en sautant du lit pour claquer la porte juste au moment où Amara est en train de l'ouvrir.
« — Aie ! Ya IB ! Tu m'as fait mal !
— Mais tu étais en train de faire quoi là ?!
— Yaya, je peux pas dormir toute seule ! J'ai trop peur !
— Je m'en fous ! j'hurle presque. T'as un lit, tu dors là-bas ! T'es plus une gamine !
— Je sais, je sais, mais maman Chadé me fait peur. elle m'avoue la voix emplit de larmes. Yaya laisse-moi dormir avec toi juste pour ce soir !
— Non ! Va voir les jumelles et va dormir avec elles ! Moi je peux pas !
— Mais yaya ! elle renifle. Je…
— Va dormir avec les jumelles ! j'hurle de nouveau ! »
Je suis presque certain de l'avoir entendu sursauter avant de s'éloigner de la porte. J'attends encore quelques instants, le temps d'être sûr qu'elle soit partie et pousse une grosse expiration quand je pense que c'est bon.
Je peux enfin relâcher la pression et regarder les dégâts causés !
Putain ! Y'en a partout maintenant !
« — Fait chier
— Bébé, ça va ? Bébé ? »
Et merde !
*
* *
Ce matin, je suis vraiment pas d'humeur ! J'ai envie de voir personne et encore moins parler à qui que ce soit, mais je veux régler cette histoire avec Amara !
Depuis sa naissance elle ne fait que passer son temps à me suivre partout où je vais. C'était marrant au début, mais là ça commence à devenir chiant ! On a plus l'âge d'être collés les un aux autres. Même Anne qui est ma jumelle n'est pas aussi collée à moi !
« — Oh ! Amara ! je la stoppe quand je la croise dans le couloir.
— Bonjour ya IB.
— Y'a pas de bonjour qui tienne ! C'est la dernière fois que tu tentes de rentrer dans ma chambre sans mon autorisation !
— Mais je pensais que tu dormais et que tu m'entendais pas !
— Et tu crois que c'est une raison valable pour aller prendre le double de ma clé dans la cachette que je t'ai montrée ?
— J'avais peur. elle murmure après un instant de silence. Ma chambre est à côté de celle de maman Chadé et tous les matins depuis son arrivée, elle se réveille tôt pour murmurer des trucs bizarres. Des fois elle crie, des fois elle pleure et des fois elle chante. On dirait une folle !
— Il doit y avoir une bonne explication, mais t'es tellement peureuse que tu ne peux rien voir ! T'as 13 ans maintenant, t'es une grande, faut arrêter de te comporter comme un bébé !
— Je me comporte pas comme un bébé là ! Je te promets que c'est bizarre ! T'as qu'à dormir dans ma chambre ce soir, et toi même tu verras. »
Je sens bien qu'elle a peur de me demander de dormir avec elle ce soir et qu'elle a trouvé un super prétexte pour le faire.
Pour la rassurer, je l'informe que je dormirai dans sa chambre ce soir et qu'après ça, ce sera la dernière fois !
« — Okay. Merci.
— C'est ça. En attendant, rends-moi ma clé !je lui ordonne en tendant ma main.
— Qu'est-ce que vous faites ? nous questionne Anne qui vient de sortir de sa chambre.
— J'essaie de comprendre pourquoi ta soeur est aussi peureuse.
— Elle tient ça de toi. elle me répond du tac au tac. Vous allez pas en cours ?
— J'y vais là et je dépose Amara, mais on dirait que toi tu vas pas y aller n'est-ce pas ?
— Bien sûr que si ! Je finis de m'apprêter ! elle répond en retournant dans sa chambre. »
C'est ça !
Habillée comme elle est et avec tout le maquillage qu'elle a sur la figure, je doute qu'elle soit en train de se préparer pour aller en cours, mais son problème n'est plus à mon niveau !
*****
~~ Marie-Anne Sakumuna~~
« — Tu plaisantes ?
— Je vais mentir pourquoi ? Ils sont rentrer ensemble et tu la connais, dès qu'elle peut attaquer, elle attaque.
— Ouais mais Raoul n'est pas comme ça. Même si elle a tenté de le séduire, je sais qu'il a résisté.
— Parce qu'il est qui ? Parce que toi tu es qui ? Sors déjà de ta bulle, cette fille, c'est une pute et c'est son ex, donc elle sait comment le mettre à genou ! »
Non, je ne veux pas croire ça ! Raoul n'est pas con ! Il est pas comme tous les autres ! Et je lui donne ce qu'il veut donc il n'y a pas de raisons pour qu'il tombe dans le piège de la salope là ! Y'a pas de raisons !
« — En tout cas, moi je t'ai prévenu. Je finis de m'apprêter, on se retrouve en cours ?
— Ouais. A toute ! »
Je raccroche avec Raïssa, balance mon téléphone sur mon lit et continue de brosser mon tissage. J'ai pas à avoir peur ! Je connais mon homme, je le connais parfaitement… Mais en même temps, je ne comprends pas pourquoi il est rentré avec elle ! Je lui ai dit que je n'aimais pas la façon dont elle tournait toujours autour de lui. Par respect pour moi, il aurait dû refuser de la raccompagner !
C'est lui qui était presque devenu dingue quand Max m'a proposé de me déposer chez moi, alors pourquoi il a reproduit un comportement qui ne lui avait pas plus !
Il faut qu'il m'explique cette histoire !
Je dépose ma brosse sur ma commode, puis récupère mon sac et sors de ma chambre après l'avoir verrouillée.
« — Tu vas en cours ? me demande maman Chadé, qui vient de se matérialiser devant moi.
— Euh… Euh oui. Oui, je suis un peu en retard d'ailleurs.
— Ah okay. C'est pour quel cours ? Les langues vivantes ? L'anglais ? elle ajoute avec un sourire en coin. »
Ce petit sourire qu'elle arbore me dit qu'elle m'a démasquée, qu'elle sait que je ne vais pas en cours, mais je ne peux pas l'avouer. Elle risquerait d'informer maman. C'est même certain.
Vivement qu'elle rentre chez elle ! Y'en a assez de l'avoir dans nos pattes tous les jours là !
« — Euh… Non. C'est les maths, j'ai cours de math.
— Ah d'accord. elle souffle en me tournant le dos. Mate bien les bosses.
— Pardon ? Tu as dit quoi ?
— J'ai dit bosse bien les maths ! »
Vraiment, cette femme est trop bizarre !
Je préfère faire comme si elle n'était pas là, et sors de la maison, à la recherche d'un taxi. Il me faut moins de vingt-cinq minutes pour rejoindre la maison de Raoul. C'est une maison plutôt belle que ses parents lui ont offertes il y a trois ans, à l'obtention de son master et pour fêter son retour au pays. Je l'ai aidé l'aménager, à la rendre plus vivante, plus conviviale. C'était mon rôle en tant que maîtresse de maison comme il le dit toujours à qui veut l'entendre. C'est pour cette raison que je n'ai pas besoin de m'annoncer lorsque je passe devant le gardien, qui se contente d'incliner légèrement sa tête sur mon passage.
Je dépose mes affaires sur le canapé, puis rejoins Raoul dans sa chambre, totalement plongée dans le noir.
Je retire mes chaussures et ma veste, avant de me glisser dans le lit, à ses côtés.
« — Humm… Bonjour. il marmonne en me palpant le corps. »
Je ne réponds pas à sa salutation et lui tourne volontairement le dos !
Il déteste quand je fais ça, mais c'est une façon pour moi de le faire réagir. Et ça marche à tous les coups, la preuve : il se met à me questionner sur ce qui ne va pas après seulement deux petites minutes de silence.
Là encore, j'évite volontairement de lui répondre. Ce qui le fait enrager.
« — Bon ! Je peux savoir ce qui ne va pas ? il soupire en se levant du lit. Si tu es venue avec l'intention de me bouder ou de te disputer, tu peux déjà faire demi tour, je ne suis pas d'humeur à me prendre la tête !
— C'est ce que tu me dis ? Tu cherches même pas à savoir ce qui ne va pas ?!
— Et qu'est-ce qui ne va pas ? il me demande en tirant les rideaux qui illuminent brutalement la pièce. »
Je me lève vivement du lit pour lui faire face et ai l'intention de lui parler de ce qui m'a été rapporté quand mon regard est attiré par les griffures se trouvant sur son corps. C'est pas moi qui les lui ai fait, ça c'est certain ! Ce qui signifie que Raïssa avait raison ! Oh j'y crois pas !
« — Elle avait raison ! C'est pas vrai ! j'hurle à reculons.
— Quoi ? De quoi tu parles !
— Je parle de Nina et toi ! T'as couché avec elle !
— Quoi ? Mais non ! J'ai rien fait !
— Me prends pas pour une idiote Raoul ! On t'a vu rentrer en voiture avec elle ! Et là ton corps est recouvert de griffures ! Tu vas encore nier ?! »
J'attrape ma veste et cherche des yeux mes chaussures sans les trouver ! Mes yeux étant embués de larmes ! Comment j'ai pu être aussi conne ! Il me disait qu'il m'aimait, que j'étais sa femme "mère ya palais" ! Et tout ça c'était du vent !
« — Rianne ! Rianne ! il crie en me retenant par les bras. J'ai rien fait avec elle !
— Lâche-moi Raoul ! Je te dis de me lâcher !
— Donc tu préfères croire tes idiotes de copines qui arrêtent pas de me faire des avances plutôt que moi ? C'est ça ? Tu veux partir sans me laisser la possibilité de donner ma version des faits ? Oui je l'ai raccompagné parce qu'il se faisait tard et qu'elle était complètement daï ! Elle aurait pu se faire agresser sans pour autant être en mesure de se défendre ! Tu voulais que je la laisse , ! »
Oh ! Raïssa ne m'a pas dit tout ça. Elle n'a pas fait mention de l'état d'ébriété de Nina…
« — Mais je… Elle…
— Mais rien du tout ! Tu sais quoi ! Vas-y, vas t'en ! il lance en lâchant mon bras. Si ta pas confiance en moi après toutes ces années, je vois pas ce qu'on fait ensemble ! »
Oh non ! Je ne veux pas le perdre ! Moi je lui faisais confiance, je savais qu'il n'avait rien fait, qu'il tenait à notre couple mais c'est Raïssa, elle a réussi à me mettre le doute et j'ai pensé que… Je n'aurais jamais du lui faire confiance !
« — Je te demande pardon bébé. je marmonne en le retenant. J'ai été induite en erreur et… et je n'aurais pas dû mettre ton attitude en doute. Mais d'un côté, je t'avais demandé de ne pas t'approcher d'elle !
— Et j'ai fait ce que tu m'as dit ! Mais j'allais pas la laisser comme ça. Avant d'être mon ex, c'est mon amie !
— Oui mais… Et les griffures sur ton torse !
— Tu sais que quand on sort, je me lâche comme pas possible. J'étais tellement extasié que je saurai même pas te dire comment je me suis fait ça ! J'ai du m'auto griffer ou érafler contre je ne sais pas trop quoi ! Tu me connais !
— …
— Pourquoi j'irai ailleurs quand j'ai Ma Rianne avec moi ? il murmure, ses lèvres contre les miennes. »
C'est vrai. Je suis sa Rianne, sa Marie-Anne. Il n'a rien à chercher dehors puisqu'il a tout ce qu'il veut ici.
« — Je t'aime mon bébé. il poursuit en m'enlaçant par la taille. »
Je le laisse nous conduire vers le lit, où on finit par faire l'amour.
« — Tu me fais confiance bébé ? il me demande les yeux accrochés aux miens. »
J'hoche la tête, en signe d'affirmation, entre deux baisers, puis le sens se retirer.
« — Tourne toi… Je vais te faire du bien. Je t'aime. »
Je sais ce qu'il veut là, maintenant. Depuis un moment, il veut qu'on passe à une étape supérieure , qu'on partage des plaisirs intenses. Sauf que jusqu'à présent, je n'étais pas trop partante. Qu'on couche ensemble dans toutes les positions et tous les endroits du monde ne me dérange pas plus que ça, c'est conventionnel. Mais le faire aussi différemment, c'était assez…
« — Faut que tu te détendes chérie. Tu vas aimer, faut juste te lancer… détends-toi.
— …
— Je veux juste te faire du bien. il répète. Tu le sais. Ton plaisir m'importe plus que tout.
— Je le sais. je soupire en essayant de me mettre plus à l'aise. »
La première fois que j'ai couchée avec un homme j'appréhendais énormément et étais totalement crispée. Aujourd'hui, je suis celle qui prend les devant et ne recule jamais devant ses assauts. Ce sera donc pareil ! Faut juste que je me mette à l'aise.
Je ferme les yeux et me positionne à quatre pattes pour le faciliter. J'essaie de me relaxer en pensant à un bel endroit, une plage avec un magnifique paysage où je serai en train de savourer un bon cocktail. A Assinie, tiens. Quand nous y étions l'année dernière ! C'était un moment… Oh.
Mes mains posées sous les oreillers, je sens un tissu entre mes mains qui m'a l'air différent du tissu de l'oreiller. Machinalement, je le tire pour regarder ce que c'est.
« — C'est à qui ce string ? »
Je ne lui laisse pas le temps de répondre que je pivote mes fesses sur le côté et sens son pénis buter sur ma hanche.
« — C'est à qui ce string Raoul ?
— Je sais pas ! C'est pas à toi ?
— Pas à …. ! »
Mais quelle conne je suis ! Quelle conne je suis !
Je le repousse à l'aide de mes pieds et remets aussi vite que possible mon boxer.
Il a beau parler, me tenter de me convaincre de rester, je n'entends plus rien ! Tout ce que je veux, c'est partir !
« — Putain ! T'es vraiment une meuf reloue !
— Vas te faire foutre ! Moi qui te pensais fidèle !
— Je vais être fidèle, tu sais baiser ? Au lieu de me remercier parce que je te gardais quand même, tu viens crier dans mes oreilles !
— Raoul ! Comment tu peux dire une chose pareille ! Tu disais que j'étais ta femme. Qu'est-ce que je t'ai pas donné ! Hein ! Juste parce que je voulais pas le faire par derrière ! Tu pouvais pas attendre un peu ! »
Mais quelle conne je suis ! Quelle conne !
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Chapitre 3
Chapitre II
~~ Amara Bertine Sakumuna ~~
« Ri Bababababababa ba ba ! Ri ba bababa ba baba ba ! »
« — Tu entends ? Tu entends ? je chuchote en désignant la porte de la chambre de maman Chadé. Et c'est comme ça tous les matins ! Je sais même pas comment vous faites pour ne pas entendre !
— Humm.
— Approche-toi !Approche-toi, tu vas entendre !
— Non. J'ai pas trop envie. dit ya IB en reculant. »
Je vois bien sur son visage qu'il est troublé, inquiet mais qu'il se retient de me le dire.
« — Elle fait des incantations. Peut-être qu'elle est en train de nous jeter un sort et nous, on le sait pas.
— J'en sais rien. il lance en se grattant l'arrière de la tête. Mais j'avoue que c'est louche. Faudrait peut-être en parler à maman. C'est flippant. »
Au moment où il termine sa phrase, ya Mwinda sort de sa chambre et s'avance vers nous, somnolente, et les yeux mi-clos.
« — Qu'est-ce que vous faites ? elle nous demande en se frottant les yeux.
— Amara m'a dit qu'elle entendait des bruits étranges provenant de la chambre de maman Chadé. Je suis venu voir et c'est vrai que c'est étrange. Ça peut faire peur. Ecoute. »
Ya Mwinda tend l'oreille, fronce les sourcils pendant plusieurs secondes avant de pouffer de rire en secouant sa tête, tandis que ya IB et moi, nous la regardons interloqués par son attitude.
« — Mais vous aussi ! Vous êtes bêtes ou vous le faites exprès ? Elle est en train de prier en langue !
— Elle prie en quoi ? l'interroge ya IB. C'est quoi ? Une pratique d'initié ?
— Quand je te disais qu'elle était en train de dire des trucs bizarres ! je rebondis en me tournant vers ya IB !
— Mais non ! Vous aussi ! Ça n'a rien à voir avec une quelconque pratique d'initié ! Vous l'auriez su si vous preniez la peine d'ouvrir vos bibles même une fois par mois ! Païen là !
— Mais moi je m'en fous ! souffle ya IB, en haussant ses épaules. C'est la p'tite qui avait peur. Moi, qu'elle invoque les esprits ou tout ce que tu veux, je m'en fous ! »
Menteur là ! Il était à deux doigts de partir en courant prévenir maman tellement il avait peur ! Et maintenant qu'il sait que ça un rapport avec la bible, il n'a subitement plus peur ! Quel menteur ! En plus il m'appelle la petite alors que je n'en suis plus une ! C'est même lui qui me rappelait ça hier matin !
« — C'est pour ça que tu es venue dormir dans notre chambre les deux dernières nuits là ? elle me demande.
— Tu crois que c'était pour quelle autre raison ? balance ya IB en ricanant. Bon maintenant que le mystère est résolu, je vais aller terminer ma sommeil… Dans ma chambre ! Et tu ferais mieux d'en faire autant Amara ! De toute façon, elle est censée partir bientôt ! Donc prends courage. »
Et sur ces mots, il se dirige vers sa chambre et ya Mwinda poursuit son chemin vers les toilettes.
Je pouffe de rage !
Il est hors de question que je dorme à côté d'elle encore un soir. Moi ces choses de langue là, j'y comprends rien et ça me fait peur. J'ai l'impression d'avoir une folle dans la chambre d'à côté, capable de venir me réveiller, m'étrangler ou me trucider d'une manière lente et douloureuse pour son plus grand plaisir.
Je refuse !
Je prends quand même sur moi, pour entrer dans la chambre, attraper un livre, puis je vais m'installer dans la salle à manger pour le lire, en attendant que tout le monde se réveille. Surtout que maman se réveille pour que je puisse lui parler. Elle me comprendra et trouvera une solution.
Je suis encore fatiguée, je n'ai pas bien dormi, ya Merveille n'arrêtait pas de me donner des coups et je n'ai même pas essayé de me glisser dans le lit de ya Mwinda, elle dort tellement mal que c'est impossible de s'incruster dans son lit. Comme si, même dans son sommeil, elle ne voulait pas partager. Elle est vraiment chiche en tout temps comme dirait ya IB.
Je suis arrivée au troisième chapitre de mon roman, quand j'entends des pas traînants s'approcher de moi.
Vu l'heure qu'il est, ça ne peut qu'être maman alors je souris de toutes mes dents et me tourne vers l'entrée pour l'accueillir. Mais ce n'est pas maman qui entre, c'est maman Chadé.
Sans sa perruque et son maquillage, elle a l'air encore plus méchante ! Comme si la méchanceté sortait par tous les pores de son corps. C'est vraiment pas une gentille tante, mais je la salue quand même parce que c'est comme ça que maman m'a éduqué.
« — Bonjour maman Chadé. »
Comme à son habitude maintenant, elle ne me répond pas et se contente de soupirer en me regardant de travers. Je baisse mes yeux sur mon livre, mais peux facilement imaginer ses mouvements, ses allers-retours entre la cuisine et la salle à manger, pour préparer son petit déjeuner.
J'aimerai pouvoir me bouche le nez pour ne pas sentir l'odeur de son plat, qui lui sert de petit déjeuner et qui chatouille mes narines, mais ce serait malpoli. Alors je me contente de le froisser en retenant le plus longtemps possible ma respiration. Mais c'est super difficile, surtout qu'à chaque fois que je reprends ma respiration, elle devient saccadée, comme si j'avais couru un marathon.
« — Bonjour ! j'entends derrière moi. »
Au son de la voix, là, je peux affirmer avec certitude qu'il s'agit de maman ! Je reconnaitrais entre mille l'odeur de son parfum naturel ! Trop bon ! On a l'impression qu'elle se lève avec de la rose et que ça la suit partout, partout !
« — Et ben Amara ! Tu es matinale ce matin ! elle s'étonne en venant me prendre dans ses bras. »
Je me blottie tout contre elle et prends une grande inspiration pour me remplir les poumons de son odeur ! Elle sait vraiment bon !
« — Ça va mon bébé ? Tu as bien dormi ? elle me demande en me caressant le visage. »
Je voudrais lui répondre que non, je n'ai pas bien dormi parce que maman Chadé n'arrêtait pas de crier en langue mais un regard vers cette dernière m'en dissuade. Je vais devoir parler à maman que lorsqu'on sera toute les deux.. Du coup, je réponds à sa question par l'affirmative en hochant la tête avant de la serrer dans mes bras une nouvelle fois.
« — Maman, je pourrai te parler ? je murmure contre son ventre.
— Oui mais tout à l'heure mon bébé. Je vais déjà commencer à préparer le petit déjeuner. lance maman en sortant de la pièce. »
De nouveau, je me retrouve avec maman Chadé qui garde toujours son regard braqué sur moi. C'est chiant ! Elle peut pas regarder ailleurs !
Je retourne m'asseoir à ma place, puis poursuis ma lecture comme s'il n'y avait personne devant moi.
Après cinq minutes, elle finit par se lever de la chaise et sortir de la pièce pour mon plus grand plaisir.
Je commence à me détendre un peu, parce que ça signifie que je ne vais plus me retrouver dans la même pièce qu'elle ni même la croiser de toute la journée, si je calcule bien mes mouvements.
Sauf qu'à ma grande surprise, je revois maman Chadé apparaitre dans la avec un bol dans main, qu'elle dépose devant moi avec une cuillère.
« — C'est quoi ? je lui demande en regardant la mixture devant moi.
— Bèh ! C'est le cérélac ! elle me répond comme si c'était logique.
— Mais qu'est-ce que je dois faire de ça ?
— Oh ! Mais tu ne sais pas ce que tu dois faire avec la nourriture ? Mais tu manges ! Ou bien c'est trop compacte. Que je rajoute le lait ? »
Je la regarde les yeux ronds, sans trop comprendre ce qui est en train de se passer.
Elle est en train de perdre la tête ou quoi ? Y'a que ça comme explication.
« — Donc quoi ? Tu n'es plus le bébé de ta maman ? elle me demande avec un petit sourire en coin avant de se diriger vers la porte de la pièce. »
Je viens enfin de comprendre.
Sans que je ne me l'explique, je me mets à serrer mes poings aussi fort que je le peux, puis je me tourne vers elle et lui dis les sourcils froncés :
« — Je ne suis pas un bébé mais une femme !
— Ah bon ? Une femme ? Vraiment ? Tu es réveillée depuis qu'elle heure ? 5h-6h ? Tu as pris le balaie pour le passer avant que la gouvernante n'arrive ? Tu as dépoussiéré les meubles ? Je suis venue te trouver dans cette salle à manger mais est-ce que tu as pensé à préparer le petit déjeuner pour la famille ? Même sortir les ustensils ? Bol, couverts, assiettes et tout ce qui va ? Tu l'as fait ? Et tu veux qu'on t'appelle femme ? Comporte-toi alors comme tel ! elle me balance l'air hautain.
— Je.. je…
— Je… Je quoi ? Ce n'est pas parce que tu parles comme une blanche, qu'on vous fait croire que vous êtes blanc qu'il faut agir comme des blancs. A ton âge, je préparais pour toute la maison et ne me comportais pas comme un bébé de 3 ans ! »
Je sens monter en moi une torrent d'émotions négatives, dirigé vers maman Chadé !
J'en peux vraiment plus de sa présence ici ! J'en peux plus !
Si je n'ai rien fait, c'est parce que …. Parce qu'il y a la gouvernante et la femme de ménage qui le font ! Sinon je l'aurai fait ! Y'en a marre d'être traitée comme un bébé ! J'en suis plus un depuis longtemps !
« — Bonjour tout le monde. lance ya Merveille en entrant dans la pièce. Amichou, qu'est-ce qu'il y a ?
— Rien. je réponds en fermant mon livre.
— Merveille, tu pourras emmener Amara chez le coiffeur ? lui demande maman en entrant dans la pièce.
— Oh non maman ! Je peux pas !
— Mais pourquoi ? Tu m'as bien dit que tu allais te coiffer aujourd'hui ? Où est le problème.
— Mais maman ! elle ronchonne. J'y vais avec mes copines ! On sera entre nous ! Je vais pas la traîner avec moi !
— La trainer comment ? Tu ne vois pas l'état de ses cheveux ! Elle doit se faire coiffer. Et si tu veux sortir, tu m'emmènes avec toi ! »
Elle continue de rouspéter et moi je sors de la pièce pour ne plus les voir. Tous !
Je vais m'enfermer dans ma chambre pour lire mon livre, tranquillement, sans être dérangée.
« — Oh ! madame ! fait ya Merveille en ouvrant la porte de ma chambre. Prépare-toi, on va y aller.
— …
— Tu m'as entendu ? elle me questionne avant de remettre son téléphone à l'oreille. »
« Non, je parlais pas à toi ! Je parlais à la petite … Non ma petite soeur. Elle vient avec nous… Ouais je sais ! Ah toi aussi, c'est un bébé ! »
« — JE SUIS PAS UN BEBE ! j'hurle face à elle, avant de courir me réfugier dans la salle de bain histoire d'éviter ses coups. »
Ses coups et ceux de maman, ils peuvent être redoutables.
Je pleure pendant un bon moment, pour me vider de toute cette colère et cette tristesse, puis vais me laver pour me rafraîchir.
J'en ai assez qu'on me prenne tout le temps pour un bébé, j'en suis pas un ! Je fais pas de bétises, j'ai des bonnes notes à l'école, je suis quand même assez sage, alors je comprends pas pourquoi on continue à me prendre pour un bébé ou m'appeler la petite ! Je peux très bien comprendre les choses qui se passent autour de moi ! Et je sais aussi tenir une maison contrairement à ce que maman Chadé pense. Quand la femme de ménage n'est pas là, des fois, c'est moi qui passe le balaie et époussète les meubles ! Je sais aussi préparer de la nourriture ! Quand Baby prépare, je suis souvent à côté d'elle pour l'aider si bien qu'il m'arrive de le faire. Le souci c'est juste qu'on me donne pas l'occasion de le faire pour les autres !
Avec tout ça, on peut pas dire que je sois encore un bébé, parce que je connais très peu de bébé pour ne pas dire aucun, qui soit capable de faire ça !
Je sors de la douche, prends ma serviette pour m'essuyer puis prends ma crème de corps pour me pommader. J'ouvre la pompe, puis utilise le petit tube pour faire sortir le fond de crème que j'espère trouver, sans succès. Ça fait déjà une semaine que j'utilise cette méthode et on dirait qu'il n'y en a vraiment plus maintenant.
Je cherche des yeux, une crème que je pourrai emprunter et tombe sur la trousse de toilette de ya Marie Anne.
Je m'en empare puis m'applique sur le corps la crème que je trouve à l'intérieur et la remets dans la trousse lorsque je finis. Sauf qu'en la remettant, je me rends compte qu'il y a quelques tubes de maquillage. Gloss, mascara, crayon et paillettes. Tout pour être belle, pour être femme.
« — Moi aussi je suis une femme ! je décrète en me regardant dans le miroir. Je devrais aussi pouvoir me maquiller. »
J'entends souvent ya Marie Anne, ya Mwinda et ya Merveille se prêter leur maquillage entre elles.
Maintenant que moi aussi je suis une femme je peux aussi leur emprunter. Le temps d'avoir le mien.
Bon, je ne vais pas faire un gros truc. Juste un peu de mascara sur les cils, du crayon sur les sourcils. Je vois souvent ya Merveille mettre un tube pour que ses sourcils soient bien, mais c'est trop compliqué pour moi. Je préfère faire comme ça, comme maman. Juste un peu pour ajouter. Je mets ensuite un peu de gloss pour faire briller mes lèvres et je termine avec un contour sur mes lèvres.
« — C'est réussi quand même. je me félicite en regardant mon résultat.
— Amara ! Sors de la salle de bains là ! hurle ya Mwinda. »
Je sursaute en entendant ses cris et les coups qu'elle assène à la porte.
J'ai même pas le temps de finir de me préparer. J'essaie d'attendre un peu pour pouvoir sortir de la salle de bains tranquillement, mais elle n'a pas l'air de voir partir.
Je suis obligée de prendre dans mes mains toutes mes affaires, ouvrir la porte et cacher mon visage dans mes affaires pour ne pas qu'elle le voit.
Je suis peut-être une femme, mais je tiens quand même à ma vie. Ya Mwinda sera capable d'aller me trahir auprès de ya Marie Anne qui serait peut-être pas trop contente si je prenais ses affaires.
Je me jette sur mon lit où je retrouve mon téléphone que j'avais laissé là depuis le début de la matinée. Je prends quelques photos parce que le résultat est quand même jolie et les envoie à Kaïs, ma meilleure amie.
« — Amara tu es… AHHHH ! Mais qu'est-ce que tu as fait !
— On toque avant de rentrer ! je crie en voulant me cacher le visage.
— Merveille, IB, Pitchou, Marie Anne ! Venez voir ! elle hurle en riant ! Vite ! Venez ! »
Ils débarquent tous, excepté ya Marie Anne, dans ma chambre en moins d'une minute et on tous la même réaction en me voyant : ils éclatent de rire à gorge déployée.
Ya IB tombe même par terre en essuyant ses larmes, qui ne font que redoubler. Ya Pitchou lui se met à me comparer à toute sorte de personne que je ne connais pas mais qui semble faire rire les autres.
J'essaie de rester forte, de pas montrer qu'ils sont en train de me faire de la peine, afin qu'ils ne se disent pas que je suis un bébé, mais c'est plus fort que moi. Je me mets à pleurer devant eux, ce qui accentue les rires de ya IB.
« — Avec le maquillage qui coule et la morve au nez ! »
Je les déteste ! Je les déteste tous !
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~~Marie Anne Sakumuna~~
« — Donc là tu vas me dire que c'est fini avec Raoul ?
— Mais il m'a trompé Raï ! C'est même toi qui m'as permis de le savoir !
— Oui mais, c'était pour que tu puisses prendre tes dispositions ! Je t'ai dit qu'il fallait faire attention, toi tu étais là, tu dormais. Elle a attaqué, c'est normal. Maintenant, il faut juste que tu le punisses un peu et puis tu lui donnes ça correctement pour qu'il sache qui tu es.
— Mais je lui donnais ça correctement ! C'est juste que j'étais pas trop emballée pour le faire… Tu vois non !
— Humm…
— Qu'est-ce qui va me garantir qu'après lui avoir vraiment tout donné, il va pas encore me tromper ?
— Rien. me répond Raï du tac au tac. Absolument rien mais ça ne changera aussi rien autour de toi. Tous les hommes trompent maintenant c'est à toi de t'adapter. D'au moins faire en sorte d'être la titulaire parce que si tu t'amuses à rompre avec tous les hommes qui vont te tromper on risquerait de vite te confondre avec une pute. On ne quitte pas un pays parce qu'il pleut, on prend le parapluie et on supporte. »