Chapitre 2
« C'est compliqué, Hugo, » finit-elle par dire, la voix tremblante d'émotion. « Je ne peux pas tout t'expliquer maintenant. Mais s'il te plaît, comprends que je ne voulais pas blesser qui que ce soit. »
Hugo la regarda longuement, ses yeux pleins de reproches, mais aussi d'une tristesse qu'il n'arrivait pas à dissimuler. Il se leva brusquement du canapé, passant une main nerveuse dans ses cheveux courts.
« Ça fait sept ans, Léa. Sept ans que je me demande pourquoi tu es partie, pourquoi tu n'as jamais appelé, jamais donné de vraies explications. Et maintenant, tu reviens comme si de rien n'était, et tu t'attends à quoi ? Que tout soit comme avant ? »
Léa ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son n'en sortit. Elle n'avait pas la réponse à cette question. Elle ne savait pas ce qu'elle espérait en revenant. Peut-être simplement retrouver un semblant de normalité, de famille.
Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit, brisant l'intensité du moment. Une femme blonde aux traits doux entra, un petit garçon accroché à sa jupe, suivi de près par leurs éclats de rire. Léa devina immédiatement qu'il s'agissait d'Elias et de sa belle-sœur, Émilie.
« Léa ! » s'exclama la jeune femme en lui souriant chaleureusement. « Ça fait tellement plaisir de te revoir ! »
Léa tenta de sourire, même si elle se sentait encore étourdie par la conversation avec Hugo. Émilie la prit dans ses bras avec enthousiasme, apportant un peu de légèreté à l'atmosphère tendue.
« Elias, dis bonjour à ta tante ! » dit Émilie en poussant gentiment son fils en avant. Le petit garçon, avec ses boucles brunes et ses yeux pétillants, la regarda avec curiosité avant de lui adresser un timide « Bonjour, tante Léa. »
Léa s'agenouilla pour être à sa hauteur et lui ébouriffa doucement les cheveux. « Bonjour, Elias. Tu as l'air d'un petit coquin, toi. »
Le garçon lui sourit avant de courir vers sa sœur pour lui montrer un nouveau jouet.
« Ça fait tellement longtemps, on a tellement de choses à rattraper ! » continua Émilie en s'asseyant près de son mari, qui, malgré son attitude distante envers Léa, sourit légèrement à sa femme.
Léa hocha la tête, mais son esprit était ailleurs. L'échange avec Hugo résonnait encore en elle, pesant sur son cœur. Il y avait tant de choses qu'elle aurait voulu dire, mais les mots lui manquaient.
Après un moment, elle se leva, prétextant avoir besoin d'un peu d'air.
« Je vais sortir quelques minutes... besoin de prendre l'air. »
Hugo ne dit rien, et Émilie hocha simplement la tête, un peu surprise. Léa se dirigea vers la porte, ses pas lourds. Elle ne savait pas vraiment où elle allait, mais elle savait qu'elle devait sortir de cette maison, au moins pour un instant.
Elle erra dans les rues familières, laissant ses pieds la guider sans vraiment réfléchir. À chaque coin, les souvenirs refaisaient surface. La boulangerie où elle s'arrêtait après l'école, le vieux cinéma où elle avait passé tant de soirées avec ses amis... Et puis, sans s'en rendre compte, elle se retrouva devant un lieu bien plus chargé de souvenirs : l'ancienne cabane au bord du lac.
La cabane était encore là, en piteux état certes, mais toujours debout. C'était ici qu'elle, Hugo et Gabriel passaient des heures à rêver d'aventures, à se raconter leurs secrets. C'était aussi ici que tout avait basculé.
Elle s'approcha doucement de la porte, poussant le bois usé. L'intérieur sentait le vieux bois et la poussière. Rien n'avait vraiment changé, sauf peut-être elle. Elle s'avança, touchant du bout des doigts les murs qui avaient jadis entendu tant de rires.
Léa se laissa tomber sur l'ancien canapé, fermant les yeux un instant. Ici, dans cet espace, tout semblait à la fois si proche et si lointain. Les souvenirs de Gabriel revenaient, comme un tourbillon d'images. **Leur complicité, leurs rires, et ce dernier jour où tout avait changé.**
Elle n'était pas prête
Pour ces retrouvailles. Pas encore.
La lumière du soleil déclinait doucement, projetant une lueur dorée sur la petite salle communautaire de la ville. Les habitants se rassemblaient peu à peu, bavardant en groupes, échangeant des nouvelles sur la vie locale, sur les événements à venir, sur les projets de la mairie. C'était un de ces rassemblements mensuels où tout le monde se connaissait, où les visages étaient familiers, même après des années. Pour Léa, chaque visage réveillait des souvenirs, des fragments de son passé ici, avant qu'elle ne parte.
Elle s'assit discrètement dans un coin de la salle, espérant passer inaperçue, mais consciente que tôt ou tard, quelqu'un la remarquerait. Ses mains étaient moites, et son cœur battait plus vite que d'habitude. Elle n'avait pas vraiment réfléchi avant de venir. Elle savait simplement qu'elle devait se mêler à la vie de cette ville, recommencer quelque part.
Le bruit de discussions animées la ramenait à la réalité, alors qu'elle scrutait la pièce, cherchant des visages familiers. Et c'est là qu'elle le vit. Gabriel.
Il était là, au fond de la salle, appuyé contre le mur, discutant avec un groupe d'hommes qu'elle ne reconnaissait pas tous. Sa posture était détendue, ses bras croisés, mais ses yeux restaient sombres et impénétrables. Il semblait avoir changé, durci même. L'adolescent qu'elle avait connu autrefois avait laissé place à un homme. Un homme marqué par le temps, par la vie. Ses traits étaient plus anguleux, sa barbe bien taillée soulignait la mâchoire carrée, et ses cheveux, légèrement plus longs, encadraient son visage d'une manière plus sauvage, plus mystérieuse.
Léa se figea en le voyant. Son cœur se serra violemment dans sa poitrine. Elle n'était pas prête pour ça. Pas prête à affronter Gabriel. Pas maintenant. Mais il était là, inévitable, et c'était comme si le temps s'arrêtait autour d'elle.
Leurs regards se croisèrent enfin.
Elle sentit une vague de froid la traverser. Son visage ne montrait aucune émotion. Ses yeux, autrefois si expressifs, semblaient maintenant deux abîmes glacés, impénétrables. Pourtant, elle discerna quelque chose dans son regard. Une douleur, une blessure ancienne qu'il n'avait jamais laissée guérir.
Gabriel détourna les yeux après une seconde qui sembla durer une éternité. Il se redressa et quitta le groupe sans un mot, se dirigeant vers la sortie. Léa, prise au dépourvu, hésita. Elle savait qu'elle devait le suivre, qu'elle ne pouvait pas laisser cette rencontre se terminer ainsi. Mais ses jambes refusaient de bouger. Elle était pétrifiée, envahie par des émotions contradictoires : la peur, la colère, le regret.
Alors qu'elle tentait de rassembler son courage, une voix familière retentit à ses côtés.
« Léa ? »
Elle tourna la tête pour voir Sophie, une ancienne amie d'enfance, s'approcher d'elle avec un sourire. Elle semblait ravie de la revoir.
« Oh mon Dieu, ça fait tellement longtemps ! Je n'arrive pas à croire que tu es vraiment de retour ! »
Léa força un sourire, tentant de masquer son agitation intérieure. « Oui, c'est... un peu étrange d'être de retour. »
Sophie la prit dans ses bras avec enthousiasme, lui parlant rapidement des nouveautés en ville, des visages familiers qui étaient toujours là, et de ceux qui étaient partis. Mais Léa n'écoutait que d'une oreille distraite. Tout ce qu'elle pouvait penser, c'était Gabriel.
« Tu as vu Gabriel, hein ? » demanda Sophie, son ton devenant soudainement plus sérieux.
Léa hocha la tête, incapable de dire quoi que ce soit. Elle se sentait comme une enfant, impuissante face à la situation. Elle avait tant de questions, tant de choses non résolues. Comment pouvaient-ils être dans la même pièce après tout ce qui s'était passé ?
« Il n'est plus le même, tu sais, » ajouta Sophie, son regard se perdant un instant dans le vide. « Après que tu sois partie, il a... changé. Il ne parle plus beaucoup de lui, et il évite presque tout le monde. »
Léa sentit un poids s'ajouter à ses épaules. Elle s'était doutée que son départ avait eu des répercussions, mais elle n'avait jamais imaginé que cela aurait pu affecter Gabriel à ce point. Pourtant, une part d'elle restait en colère. Il avait aussi ses torts dans cette histoire.
« Il a choisi de s'éloigner, » répondit-elle, amère. « C'est lui qui m'a... »
Elle s'arrêta, incapable de finir sa phrase. Les souvenirs la frappèrent avec une violence inattendue.
C'était il y a sept ans, une journée d'été aussi claire que celle-ci. Elle et Gabriel étaient inséparables à cette époque. Ils avaient grandi ensemble, partagé des moments que seuls des amis d'enfance peuvent comprendre. Mais un soir, tout avait changé.
Gabriel l'avait regardée, avec cette intensité dans les yeux qu'elle n'avait jamais vue auparavant. Ils étaient dans la vieille cabane près du lac, leur refuge secret. Léa se souvenait encore de la chaleur de cette soirée, du bruit des grillons en arrière-plan, et de la manière dont Gabriel l'avait fixée, comme si elle était la seule chose qui comptait dans ce monde.
« Je t'aime, Léa, » avait-il murmuré, ses yeux brillant d'une sincérité déconcertante.
Chapitre 3
Son cœur s'était arrêté à ce moment-là, mais pas de la manière dont elle l'avait espéré. Parce que juste après ces mots, il l'avait repoussée. Il avait reculé, refusant de la regarder dans les yeux, sa voix devenant froide, distante.
« Mais ça ne peut pas marcher. On ne peut pas être ensemble. »
Elle se souvenait encore de la douleur lancinante qui avait suivi. Ce rejet brutal, incompréhensible. Comment pouvait-il lui dire qu'il l'aimait, puis la rejeter aussitôt ? Elle n'avait jamais eu de réponse, et cette nuit-là, tout avait changé.
Gabriel avait évité Léa après cet incident, ne lui offrant aucune explication. Elle était restée dans l'ignorance, avec ce sentiment d'abandon qui avait fini par la pousser à fuir la ville, à fuir tout ce qu'elle avait connu.
Revenant au présent, Léa sentit une boule se former dans sa gorge. Ces souvenirs qu'elle avait enterrés depuis si longtemps refaisaient surface, et avec eux, la douleur, la colère, et cette étrange sensation d'inachevé.
Elle ne pouvait plus rester ici, à écouter Sophie parler de banalités alors que son esprit tourbillonnait de questions non résolues.
« Je dois y aller, » dit-elle brusquement, coupant son amie en plein milieu d'une phrase. « Désolée, je... je dois vraiment y aller. »
Sans attendre de réponse, elle se précipita vers la porte, espérant rattraper Gabriel. Le besoin de réponses la consumait.
La nuit commençait à tomber dehors, et l'air frais du soir l'accueillit comme une bouffée d'oxygène. Elle regarda autour d'elle, cherchant désespérément Gabriel.
Là, elle le vit, marchant seul, les épaules voûtées, s'éloignant lentement de la salle communautaire. Sans réfléchir, elle se mit à courir pour le rattraper. Elle devait lui parler. Elle devait comprendre.
« Gabriel ! » cria-t-elle, sa voix trahissant son urgence.
Il s'arrêta, mais ne se retourna pas immédiatement. Léa ralentit en s'approchant, son cœur battant à tout rompre. Quand il se tourna enfin vers elle, son expression était indéchiffrable.
« Qu'est-ce que tu veux, Léa ? » demanda-t-il, sa voix basse, presque fatiguée.
« Je... je veux parler. » Elle sentait sa détermination vaciller, mais elle ne pouvait pas reculer maintenant.
Il la fixa, son regard perçant, avant de hocher la tête, résigné.
« Très bien. Parlons. »
Et, à ce moment précis, Léa sut que rien ne serait plus jamais comme avant.
La pluie tambourinait doucement contre les vitres de la chambre de Léa. Le bruit constant aurait dû l'apaiser, mais son esprit était trop agité pour qu'elle puisse se détendre. Ses yeux scrutaient la pièce qu'elle connaissait si bien, et pourtant, tout lui semblait désormais étranger. Tout ce qu'elle pensait savoir sur son passé commençait à s'effondrer, comme les murs invisibles d'une vie bâtie sur des mensonges.
Après sa confrontation tendue avec Gabriel, elle était rentrée chez elle avec plus de questions qu'avant. La distance froide dans ses yeux, cette barrière impénétrable qu'il avait érigée entre eux, la laissait confuse. Pourquoi avait-il choisi de lui fermer ainsi la porte après lui avoir déclaré son amour ? Et maintenant qu'elle était de retour, pourquoi semblait-il si distant, presque brisé ?
Cherchant à apaiser ses pensées, Léa se leva et se dirigea vers un coin de sa chambre où plusieurs cartons étaient empilés. C'était des affaires que sa mère avait soigneusement rangées pendant son absence. Des souvenirs de son adolescence. Elle ouvrit un carton au hasard, espérant que fouiller dans ces vieilles choses l'aiderait à calmer son esprit.
Des albums photos, des journaux intimes, des objets divers de son enfance se révélèrent sous ses doigts. C'était un voyage à travers le temps. Chaque objet ramenait avec lui un fragment de mémoire, une époque où tout semblait plus simple. Mais alors qu'elle fouillait, un vieux cahier jauni attira son attention. Il était usé, comme s'il avait été manipulé plusieurs fois, et coincé entre les pages, elle trouva une série de lettres pliées soigneusement.
Curieuse, Léa les déplia avec précaution. Le papier était doux au toucher, usé par le temps. À mesure qu'elle lisait les premières lignes, son souffle se coupa.
** »Léa, je sais que je ne devrais pas t'écrire, mais je ne peux m'empêcher de le faire. Chaque jour sans toi est une torture. Je ne peux pas te dire à quel point tu me manques, ni à quel point je regrette tout... »**
Les mots dansaient devant ses yeux, chaque phrase devenant de plus en plus douloureuse. La signature au bas de la lettre était claire : *Gabriel*. Ses mains tremblaient légèrement. Il y avait une dizaine de lettres, toutes écrites par lui, mais elle n'en avait jamais reçu une seule.
Son esprit tourbillonnait. Pourquoi n'avait-elle jamais vu ces lettres ? Pourquoi n'avait-il jamais essayé de la contacter directement ? Elle tourna la tête vers la porte de sa chambre, son cœur battant de plus en plus vite. Il n'y avait qu'une seule personne qui aurait pu faire cela. Hugo. Son propre frère.
Elle se 'eva précipitamment, serrant les lettres contre elle, et descendit les escaliers rapidement. Dans le salon, Hugo était assis sur le canapé, une bière à la main, le regard fixé sur le match de foot qui jouait à la télévision. Quand il la vit entrer avec cette expression déterminée sur le visage, il fronça les sourcils.
« Léa, qu'est-ce qui se passe ? »
Elle ne répondit pas immédiatement, trop furieuse pour former une phrase cohérente. Ses mains tremblaient alors qu'elle brandissait les lettres devant lui.
« Qu'est-ce que c'est, Hugo ?! »
Hugo baissa les yeux sur les lettres qu'elle lui montrait. Son visage pâlit légèrement. Il comprit immédiatement de quoi elle parlait. Il ne tenta même pas de nier.
« Léa... je peux t'expliquer, » commença-t-il, mais elle l'interrompit aussitôt.
« Tu savais que Gabriel m'avait écrit toutes ces années, et tu as gardé ça secret ?! Tu les as cachées pour quoi, exactement ? Pour me protéger ? De quoi ?! »
Hugo se leva du canapé, essayant de calmer sa sœur.
« Oui, c'était pour te protéger ! Tu ne comprends pas. À cette époque, Gabriel n'était pas bien. Il n'était pas stable. Je ne voulais pas que tu sois prise dans tout ça. »
Léa le regarda, ses yeux se remplissant de larmes de colère et de frustration.
« Mais c'était à moi de décider ! C'était mon choix ! Tu n'avais pas le droit de prendre cette décision à ma place. Tu ne m'as même pas laissé la chance de comprendre ce qui s'est passé entre nous. »
Hugo passa une main dans ses cheveux, clairement en difficulté face à la situation. Il n'avait jamais voulu faire de mal à sa sœur, mais à ce moment-là, il croyait sincèrement faire ce qui était le mieux pour elle.
« Écoute, Léa, Gabriel était en pleine descente à ce moment-là. Il était... perdu. Il se battait contre ses propres démons. Si je te laissais entrer dans sa vie à ce moment-là, ça t'aurait brisé encore plus. Je voulais juste te protéger de tout ça. »
« Mais ça m'a brisé quand même ! » cria Léa, ses émotions prenant le dessus. « Tu ne comprends pas, Hugo. J'ai passé des années à me demander pourquoi il m'avait rejetée, à croire que c'était moi qui avais fait quelque chose de mal. J'ai construit ma vie sur ce rejet, sur cette trahison, et tout ce temps, tu savais la vérité. Tu m'as menti. »
Elle s'écroula sur une chaise, le souffle court, ses mains tremblantes. Elle se sentait trahie, non seulement par Gabriel, mais aussi par son propre frère, la personne en qui elle avait toujours eu confiance.
Hugo soupira, se laissant tomber lourdement sur le canapé.
« Je suis désolé, Léa. Je pensais vraiment bien faire. Gabriel était dans un mauvais endroit, et je ne voulais pas que tu te retrouves à souffrir encore plus. Je n'imaginais pas que ça te blesserait autant. »
Elle leva les yeux vers lui, ses larmes menaçant de déborder à tout moment.
« Tout ce que je voulais, c'était des réponses, Hugo. Tu m'as privée de ça. Tu m'as privée de la vérité. »
Un silence pesant s'installa entre eux. Léa était déchirée. Elle aimait son frère, mais la trahison était trop forte. Comment pourrait-elle lui pardonner ? Comment pourrait-elle réconcilier tout cela dans son esprit ?
Hugo baissa la tête, réalisant à quel point ses décisions avaient blessé sa sœur. Il n'avait jamais voulu en arriver là. Mais maintenant, les dégâts étaient faits, et il ne savait pas comment réparer cette relation.
« Je ne peux pas te dire quoi faire maintenant, Léa, » murmura-t-il finalement. « Mais je te jure que je pensais vraiment bien faire. Peut-être que c'était une erreur. Mais c'était une erreur que j'ai faite parce que je t'aime, parce que tu es ma sœur. »
Léa le regarda, ses émotions oscillant entre colère et tristesse. Il était clair que son frère avait agi par amour, mais cela n'atténuait en rien la douleur qu'elle ressentait.
« L'amour ne justifie pas tout, Hugo. »