Chapitre 2

Des hurlements de chiens la tirèrent de son sommeil, à moins que ça ne soit autre chose, elle n'était pas vraiment experte en prédateur et apprenait sur le tas comme tout les survivants. Pourtant, derrière ces bruits, elle distingua autre chose, un autre son, qu'elle mit presque une minute à reconnaître. Un cri humain.

Elle sursauta et se redressant, courra jusqu'à son fusil à pompe qu'elle gardait en cas de dernier recours puis se plaqua contre la porte comme dans un mauvais film d'horreur qu'elle avait pu voir durant son adolescence.

Son cœur battait trop vite, sa respiration était loin d'être calme, c'était du n'importe quoi, elle devait se maîtriser avant de voir ce qu'il se passait dehors.

D'un cou Charlie se posta auprès d'elle, si proche qu'elle en percevait sa chaleur et sans qu'elle n'en comprenne vraiment la raison, elle se calma, se stabilisa et presque aussitôt un nouveau cri. Un appel. Un appel à l'aide.

Pitié, aidez moi ! Je suis pas armé. Je vous en supplie. Aidez moi !

Puis les prédateurs. Plus proche. Trop proche.Et nombreux.

Son cerveau fusa à toute vitesse, si elle ouvrait, elle serait dans l'obligation de l'aider et donc de partager ces ressources déjà limitées et si elle n'ouvrait pas, l'homme finirait par mourir.

Que ce soit des loups, des chiens errants redevenue sauvage, qu'importe, elle avait vu ce qu'ils faisaient à ceux trop faible pour ce défendre. La loi du plus fort régnait dorénavant, et à ce jeu, l'être humain ne se trouvait pas toujours au sommet de la chaîne alimentaire.

Elle tourna son regard vers le chat à ces pieds avant qu'un nouveau cri ne retentisse, un cri de douleur et sans plus réfléchir, elle ouvra la porte.

L'arme sur l'épaule, la respiration plus calme, les lumières s'allumèrent à l'extérieur dès qu'elle bougea et en une seconde, les détonations retentirent.

Une, puis deux et trois, faisant mouche à chaque fois, s'avançant après chaque cou tiré pour parvenir au bord de sa propriété et après avoir tiré une énième fois, elle débrancha la clôture pour ouvrir la grille et tira l'homme blessé avant de tout barricader.

Les hurlements s'éloignèrent, effrayés par les coup de feu mais ils allaient revenir. Elle le savait.

Jurant contre sa stupidité, elle tira l'homme, à moitié conscient, jusqu'à chez elle avant de ressortir aussitôt pour se débarrasser des cadavres dont l'odeur ne tarderait pas à attirer de nouveaux prédateurs. Elle du utiliser quelques litres de ces précieuses ressources d'essence pour les brûler mais à cette distance, elle n'avait plus le choix et après plus d'une heure à avoir traîné et empilé les carcasses, elle alluma le brasier et rentra.

L'homme s'était relevé et visiblement, il tentait de s'approcher de Charlie qui crachait face à l'inconnu tout en faisant le dos rond.

Elle ne lui laissa pas le temps de poser la moindre question, son arme en main, pointé vers lui, elle prit la parole.

Qui es tu ? Et comment tu es venu jusque ici ?

L'homme, lui tournant le dos jusqu'alors, bougea lentement pour lui faire face. La vingtaine passée, aussi brun qu'elle mais la dépassant d'une large tête. À une autre époque, elle se serait montrée beaucoup plus accueillante mais maintenant, sa survie ne dépendait que d'elle.

Je vous ai vu au village. Je savais pas si je pouvais m'approcher alors,..

Alors tu m'as suivis ! Pourquoi ?

Pourquoi ? Parce que...

L'homme sembla déstabilisé par cette question, pourquoi les êtres humains se rassemblent t'ils alors qu'ils sont seuls. Pourquoi cherchent t'ils le contact des autres alors qu'ils peuvent se subvenir à eux seuls.

Je sais pas. Je vous ai vu et ça faisait tellement de temps que j'avais pas croisé quelqu'un que je vous ai suivis.

Tu es blessé ?

À la jambe, si vous n'étiez pas arrivé je serais sans doute mort. Merci.

Sans doute oui mais pourquoi tu n'as pas d'armes ?

Ils m'ont pisté je crois. Je me suis laissé surprendre. Mon arme était dans mon sac mais pour courir plus vite je l'ai abandonné.

C'est stupide. À quoi peut te servir une arme si elle est rangée dans ton sac ?

Je sais. Je, écoute, je te veux pas de mal, je te le jure. Est ce que tu pourrais baisser ton arme s'il te plaît. Je suis blessé et même ton chat est prêt à m'attaquer, tu ne risques rien.

Tu ne m'en voudras pas si je ne te crois pas sur parole de nos jours, mieux vaux être prudent.

Tu n'as pas besoin de me croire si tu ne le veux pas, enfermes moi, attaches moi si ça te rassures mais s'il te plaît, j'ai juste besoin de me reposer un peu, de me soigner, après je repars. Je suis désolé, je ne voulais pas t'importuner, je pensais juste qu'en cette période c'était normal, enfin je croyais que peut être je devais tenter de voir si...

OK OK c'est bon j'ai compris.

Elle reposa son arme avant de s'avancer vers l'inconnu dont le sang commençait à marquer le sol de son salon. Sans un mot, elle quitta la pièce pour revenir une minute plus tard avec une trousse de premier secours et s'approcha de lui avant de lui dire :

Sois tu baisses ton pantalon pour que je nettoie la plaie soit tu le fais toi même.

Et il s'exécuta silencieusement alors qu'elle prenait de quoi le soigner et durant dix minutes elle fit de son mieux avec ces maigres connaissances. Puis une fois le bandage posé, une fois, le matériel rangé, et alors que Charlie venait se poser auprès de sa maîtresse, l'homme lui dit :

Je m'appelle Lucas. Merci pour les soins. Si tu le permets je repartirai demain matin.

Tu ne pourras pas partir demain. Tes lésions sont profondes, je ne suis pas docteur mais il y a un risque d'infection. Sérieux le risque, si tu ne gardes pas le pansement propre, si tu ne changes pas le linge régulièrement je ne donne pas chère de ta peau. Après si tu veux vraiment partir demain libre à toi mais si l'argent valait encore quelque chose aujourd'hui, je mettrai un billet sur la table en misant sur le fait que tu auras de la fièvre d'ici quelques heures et que tu devras lutter durant plusieurs jours.

Alors, il vaudrait mieux que je parte maintenant.

Il tenta de se déplacer mais la grimace qui s'afficha sur son visage la fit réagir et elle le rattrapa avant qu'il ne tombe.

Arrête de jouer au gros dur tu ne pourra aller nul part, je ne te parle même pas du nombre de maladies transmises par la salive d'un animal sauvage. Imagine le nombre de charognes qu'ils ont bouffées avant de te goûter ? J'ai des antibiotiques, des médicaments et des bandages, tu peux rester quelques jours, le temps que tu te remettes. Il y a une chambre, tu vas t'y installer et quand tu te sentiras mieux, tu pourras partir. Et moi, c'est Pauline, lui dit elle en le guidant.

Puis elle l'aida à s'installer dans un lit et lui apporta de l'eau accompagnée de quelques comprimés avant de retourner face à la cheminée accompagnée de Charlie et de son fusil qu'elle garda contre elle. Emmitouflée dans sa couverture, elle resta éveillée un long moment, un très long moment, à se demander si elle avait bien fait. Si elle avait eu raison de lui ouvrir son domaine, sa dernière forteresse, son seul et unique lieu sûr ou rien n'était venu la troubler depuis des des mois et des mois.

Elle avait elle même protégé sa propriété, enfoncée chaque poteau, fixé chaque barbelé, relié le système à des panneaux solaires pour tout électrifier. Elle avait placé des éclairages tout autour de la propriété pour qu'aux moindre mouvements ils s'allument, avait appris à utiliser des armes alors que jamais ça ne l'avait intéressé et pour autant, après tout ce qu'elle avait pu voir, elle l'avait laissé entrer. L'avait recueillit et en fermant les yeux, en s'endormant, Charlie se serra un peu plus contre elle alors qu'à son tour, elle empoignait un peu plus fortement le canon de l'arme entre ces doigts.

Des gémissements la tirèrent de son sommeil, des bruits étranges d'un autre être vivants. Chose qu'elle n'avait plus entendu depuis longtemps, très longtemps et qui pour autant, l'inquiétèrent. Elle sursauta presque en se rappelant de cet invité nocturne qui occupait sa chambre, vers lequel elle se dirigea. Comme prévu, la fièvre le gagnait, petit à petit. Elle lui administra des antibiotiques avant d'aller chercher de l'eau fraîche et de lui poser des linges humides sur le front.

S'en suivit une semaine à lutter contre l'infection. À changer des pansements. À drainer le pu sur les morsures. À donner des médicaments. À hydrater. À nourrir tant bien que mal, entre deux périodes de semis lucidité. À changer ces vêtements après avoir trop transpirer suite à une poussée de fièvre.

Un jour après l'autre, durant lesquels, elle repensa à sa mère, lorsqu'elle la soignait étant enfant. Préparant sa soupe préférée, la dorlotant, la couvrant d'attention en remontant la couverture sur ces épaules et en déposant un baiser sur son front pour vérifier sa température.

Elle n'avait pas eu la même chance que Lizzy. Sa mère n'était pas une des mortes de la première vague, elle était plutôt une victime de la deuxième. Car à l'époque, quand la terre s'est réveillée, quand le monde s'est soulevé, quand les volcans se sont mit à jaillir et que les montagnes se sont déplacées, lorsque la terre après avoir tremblée encore et encore n'a laissé qu'un champs de guerre, ravagé par la mort, alors l'enfer s'est dévoilé et son visage ressemblait à tant d'autres.

Chapitre 3

Quand un monde s'écroule, quand des siècles de civilisations s'évanouissent comme le sol sous nos pieds dans nos pires cauchemars. Quand tout ce à quoi on avait cru, se révèle être sans fondement, complètement dépassé, ne reste plus que nos plus bas instinct, nos plus vils repères, ce qui est ancré en nous depuis la nuit des temps, l'instinct de survie, ce besoin d'avancer quoi qu'il en coûte.

C'est probablement ce quoi qu'il en coûte qui a fait la différence, ce quoi qu'il en coûte qui d'une personne à une autre, sans loi, sans police, sans ordre, c'est étalé sans aucune restriction.

Car dans les survivants, dans la poignée d'humains encore debout, après tout ce que la nature leur avait infligé, restait encore le pire, leur propre espèce, leur propre démons.

Pour certain, quitte à ce qu'il n'en reste qu'un , autant que ce soit eux, surtout maintenant, alors les plus vile facette de l'humanité se montrer à la face du monde, de ce besoin de chaire quitte à dévorer les siens, de cette envie de sexe qu'importe le partenaire, de ce rêve de meurtre qui restera impuni.

La fin apporte toujours le renouveau qu'importe qu'il soit bon ou mauvais, après la nuit, le soleil finit par se lever, irrémédiablement, que ce soit sur la plus magnifique rose du jardin ou encore sur la mauvaise herbe à peine naissante à ces pieds qui résistera tant qu'il lui reste une mince racine enterré dans le sol.

C'est ainsi que le monde tourne, sans se soucier de la moralité, un jour après l'autre. La proie tentant sans cesse d'échapper à son prédateur alors que ce dernier essaye sans fin d'attraper le premier.

Certains se sont découverts, une fois les tabous tombé, une fois l’innommable réalisé, mais pour d'autre, ce ne fut qu'une délivrance, une douce délivrance.

Dommage pour les survivants qu'ils ont croisé.

Sa mère n'avait jamais rien fait de mal. Pas encore à la retraite mais s'en rapprochant doucement, elle travaillait dans une école, avec des enfants en difficultés physique ou mental. Une femme douce qui avait consacrée sa vie à son mari, à sa famille.

Dès que les tremblements de terres s'étaient calmés, Pauline s'était précipité chez sa mère, priant pour que sa sœur et son frère s'y trouve aussi mais rien que le voyage fut une épreuve et lorsqu'elle arriva dans cette maison qui la vit grandir au bout d'une longue semaine, elle comprit que le pire restait à venir.

La porte était ouverte, et bien que la maison devait résonner des cris de ces animaux, elle s'avança. Dans ces souvenirs, ces pas étaient lents, très lents, un peu comme dans un rêve, mais en réalité, tout c'est passé très vite, trop vite.

Les pièces qu'elle connaissait par cœur défilait devant elle, mais elle avançait, encore et encore comme si elle savait déjà où elle devait se rendre, où elle allait la trouver. Ce monde et sa nouvelle face lui avait déjà montrer bien des atrocité mais aussi ces dérives et ces pas, sans aucune hésitation la guidèrent vers sa chambre ou elle les trouva, tout les trois.

Il ne s'agissait pas de sa famille comme elle l'avait espérait mais plutôt comme dans ces pires crainte, sa mère à l'agonie aux mains de deux hommes dont l'un se déhanchait encore en elle quand elle pénétra dans la pièce.

Aucun d'eux n'eut le temps de réagir, pas plus que de se saisir de leurs armes.

Ce fut la première fois qu'elle tua un homme, à vrai dire elle tua les deux, sans même sourciller et sa mère, couverte de plaies, tremblante de fièvre et de douleur lui sourit une dernière fois avant de s'éteindre dans ces bras.

Elle laissa les corps de ces barbares à la merci d'autres animaux et enterra sa mère dans leur jardin, près de ces massifs de fleurs qu'elle aimait tant regarder, puis laissa un mot au cas où son frère et sa sœur repasserai par chez eux.

Après avoir vu ce qu'il restait de l'humanité, après avoir vu ces mains tachées de sang, elle retourna, là où ils partaient en vacances lorsqu'elle était petite, tout en espérant que le chalet soit encore intact et quand elle le trouva, toujours debout, elle sut que c'était là son seul refuge.

Mais depuis, personne ne l'avait trouvé, ni son petit frère, John , pas plus que sa grande sœur Julie, personne, sauf quelques créatures sans âmes que l'on ne pouvait même pas appeler homme et cet inconnu Lucas.

Ça faisait presque un an et demi maintenant qu'elle était seule, se tenant loin de tout, continuant à vivre sans vraiment en comprendre la raison.

Un an et demi à se demander pourquoi l'humanité en était arrivée là. Pourquoi malgré toute leurs sciences, leurs savoir, personne n'avait pu prédire que tout les volcans allaient s'éveiller en même temps, pourquoi après déjà autant de morts la nature à cru bon de continuer avec des tremblements de terre de plus en plus violent, sans parler des Tsunamis puis des tempêtes de neiges ou encore des températures si élevées que les constructions finissaient par fondre. Pourquoi aucun gouvernement n'avait su protéger sa population ? Pourquoi en quelques semaines, le peu d'humains encore en vie ne se résumait plus qu'à un pourcent de la population mondial.

- L'équilibre réconfortant qu'ils avaient pu connaître avant n'était plus qu'un doux souvenir.

- Ne restait plus qu'une zone de guerre impossible à dompter.

Le septième jour, Pauline s'accorda une cigarette. Elle en avait mit quelques cartouches de côtés au fur et à mesure de ces expéditions. Sur le pas de sa porte, face à cette forêt dans laquelle elle allait jouer avec ces frères et sœurs étant enfant, elle profitait des premiers rayons de soleil qui s'était fait bien timide ces derniers jours. Dénouant ces cheveux, elle ferma les yeux, profitant de cette douce caresse invisible, savourant ce plaisir simple devenu indispensable. Un fin sourire étira ces lèvres, le chant des oiseaux venaient parfaire le tableau. Finalement, le bonheur ressemblait peut être à ça.

Perdu dans ces pensées, elle ne remarqua pas Lucas dans son dos et sursauta quand elle entendit le son de sa voix.

- Je peux prendre un peu le soleil à côté de toi.

- Profites en, lui dit en en tirant sur sa cigarette, c'est l'une des rares choses dont on peut encore profiter dans ce monde.

Il s'installa, un peu maladroitement à cause des blessures sur sa jambe mais à son tour, sourit en se trouvant envahi d'une bouffée de bien être. Il ferma les yeux lui aussi et inspira profondément cet aire saturé d'odeur de bois, de végétations et d'humidité.

Lucas était un citadin depuis sa naissance et si on avait regardé son arbre généalogique, on se serait sûrement aperçu qu’aucun membre de sa famille n'avait mit un pied en dehors d'un pavé de la ville depuis des siècles. Pur produit de l'évolution, il avait grandit entouré de technologie et avait surfé sur la vague en devant créateur de jeux vidéos.

Jusqu'à ce que tout ne change, il n'avait rien connu d'autre que la pollution, les espaces saturés en population, le bruit perpétuel des véhicules, klaxon, la lumière discontinue des éclairages publique ou des devantures de magasins. Rien qui n'aurait pu le préparer à tout ça et pourtant, ces quelques minutes, assis sous le soleil, auprès d'elle lui faisait dire, que finalement, tout n'allait pas si mal.

La fièvre était enfin tombée, et l'infection maîtrisée. Il lui devait la vie, il le savait. Elle l'avait nourrit comme un enfant, s'était occupée de lui même si il devait bien avouer qu'il aurait préféré qu'elle n'ait pas à le changer et à lui faire sa toilette. De toute façon, ça n'avait pas vraiment d'importance, bientôt, il ne la reverrait plus. Il allait devoir partir, il le savait, elle s'était montrée claire sur le sujet.

Lucas avait un peu de mal à comprendre pourquoi elle souhaitait à tout prix rester seule mais d'un autre côté, lui aussi avait pu voir de ces yeux ce dont l'homme était capable. Pire que des animaux, des êtres assoiffés de sang, de femmes, de violence.

Il tourna lentement la tête et entrouvrit les yeux pour l'observer. La peau légèrement halée, la tête basculée en arrière, la fumée s'échappant de ces lèvres à peine entre ouverte. C'était sans conteste une très belle femme avec des formes harmonieuses et il n'eut aucun mal à imaginer que d'autre de son espèce aurait aimé y goûter sans lui demander sans qu'elle en pensait.

Il avait toujours détesté ce genre d'homme, ceux incapable d'essuyer un refus, ceux incapable de comprendre ce que veux dire non, ceux incapable d'envisager à quel point ils sont dévastateurs car bien trop focalisé sur leur propre plaisir.

Il soupira doucement avant de lui dire

- Merci, je te dois la vie.

- Y a pas de quoi. Tu te sens comment ?

- Beaucoup mieux, mais ce crois que je vais devoir utiliser un bâton durant quelques temps pour me déplacer plus facilement.

J'ai retrouvé ton sac il y a deux jours. J'ai préféré attendre un peu avant d'aller le chercher histoire d'être sûr de pas faire de mauvaise rencontre. Il est dans le salon. Je n'y ai pas touché.

- Merci, mais tu n'as pas pris l'arme ?

- Pourquoi ? Tu m'as dis que tu ne me voulais pas de mal il me semble. Tu as changé d'avis ?

- Non, aucun risque. Mais ça aurait été normal. Avant tout ça, je vivais à Paris,..

- Paris ? Sérieux ? T'étais déjà en enfer avant que ça commence alors, dit elle en riant doucement.

- On peut dire ça, mais ce que je veux dire c'est que j'ai traversé la moitié du pays Pauline, j'ai vu ce qu'il se passe dehors, tu aurais été dans ton droit si tu l'avais prise.

Son rire cristallin déclencha une envolée d'oiseaux alors que Charlie vient se blottir contre elle. Lucas ne comprenant pas vraiment sa réaction reprit,

- ça faisait une éternité que je n'avais pas entendu quelqu'un rire.

Je te trouve bien crédule monsieur le Parisien. En tant qu'homme, tu crois que tu m'es supérieur parce que tu as plus de force physique que moi. Tu te dis que je peux me sentir menacée mais regarde autour de toi. Je venais ici en vacances avec ma famille, deux fois par année, en plein été et pour Noël. Une résidence perdue en pleine forêt, sans aucune protection contre la nature, les prédateurs. J'ai montée des clôtures, réussit à ramener deux panneaux solaires pour alimenter des détecteurs de mouvements ainsi que le frigo et le ballon d'eau chaude. J'ai appris à chasser et il s'avère que je suis très douée avec un arc. La dernière personne en vie que j'ai croisée, mise à part toi, je l'ai tué. J'ai découverts les propriétés des plantes qu'elles soient médicinales où toxiques.

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