Chapitre 1

« Madame Dubois, êtes-vous sûre de vouloir changer votre nom ? Après le changement, tous vos diplômes, documents et passeport devront être mis à jour. »

Sophie a hoché la tête : « Oui, j'en suis sûre. »

L'employée essayait encore de la convaincre : « C'est assez compliqué de changer de nom à l'âge adulte, et puis votre nom actuel est si joli. Vous ne voulez pas y réfléchir encore un peu ? »

« Ce n'est pas nécessaire. »

Sophie a signé le formulaire de consentement : « Merci. »

« Très bien, donc le nouveau nom que vous avez choisi est... Céleste, c'est bien ça ? »

« Oui, c'est ça. »

Céleste, comme s'envoler vers le ciel.

C'était son plan pour l'avenir.

Elle allait définitivement quitter cet endroit.

Sophie a demandé : « Puis-je aller changer mon nom sur mon passeport maintenant ? »

« Oui, voici votre récépissé de changement de nom. Vous pouvez descendre au guichet avec ce document pour modifier votre passeport. »

Sophie a fait modifier son passeport le plus rapidement possible.

Mais pour le reste - son diplôme, son livret de famille - elle n'a rien changé.

De toute façon, dans une semaine elle partirait avec son nouveau passeport. Son ancienne identité resterait ici, elle n'en aurait plus besoin.

En sortant du bureau administratif avec son nouveau passeport, elle a aperçu le bâtiment emblématique de la ville de Hidan.

Sur l'écran géant de l'immeuble, une interview de Martin Dubois, PDG du Groupe Prospérité, était diffusée.

La présentatrice, perspicace, a remarqué son petit geste et lui a demandé en souriant : « Monsieur Dubois, je vois que vous ne cessez de toucher votre alliance, mais... elle semble être une simple bague en argent. Y a-t-il quelque chose de spécial ? »

Martin Dubois a souri tendrement en levant sa main : « C'est mon alliance de mariage. »

« Ah ? Pardonnez-moi, je pensais qu'avec votre fortune actuelle, ce serait une bague en diamant, et pas des moindres. »

Martin Dubois a répondu : « J'ai fabriqué cette alliance moi-même, je l'ai polie petit à petit et j'ai gravé nos noms à l'intérieur. »

« Oh, je vois bien deux séries de lettres, MD et... »

Martin Dubois a précisé : « SD, pour Sophie Dubois, ma femme. »

« Wow, votre femme a vraiment de la chance, elle a dû sauver la galaxie dans une vie antérieure pour vous épouser. »

Martin Dubois a simplement répondu : « En réalité, c'est moi qui ai dû sauver la galaxie pour pouvoir l'épouser. »

Autour d'elle, les passants exprimaient leur admiration.

Mais la principale intéressée...

Sophie, n'a eu qu'un sourire ironique.

Elle et Martin s'étaient vraiment aimés autrefois, de l'uniforme scolaire à la robe de mariée, ils avaient partagé quinze années ensemble.

Aux yeux de leurs camarades et professeurs, ils formaient le couple le plus amoureux.

Jusqu'à il y a deux mois.

Elle avait reçu une photo d'une femme inconnue.

La jeune fille ne devait pas avoir plus de vingt ans, mais elle portait des bas et une nuisette séduisante. Son cou et sa poitrine étaient couverts de marques violacées.

Pas besoin de deviner, elle venait de vivre une "nuit passionnée".

Elle faisait un signe de V devant l’objectif.

À son index, elle portait une alliance en argent, un peu trop grande, visiblement un modèle pour homme.

Sur l'alliance était gravé une série de lettres : MD&SD.

Plus tard, elle a rencontré cette fille dans le bureau de Martin.

Elle s'appelait Camille Laurent, tout juste diplômée, vingt-et-un ans, la nouvelle assistante personnelle de Martin.

À ce moment-là, Sophie avait l'esprit un peu embrouillé.

Elle voulait vraiment faire irruption dans le bureau de Martin et demander : « Assistante personnelle, ça inclut la vie sexuelle ? »

Mais finalement, elle y a renoncé.

Sur la photo, les marques sur le corps de Camille avaient déjà donné la réponse.

Sophie est partie au milieu des exclamations d'admiration, se dirigeant vers une bijouterie.

Quand elle a retiré l'alliance de son annulaire gauche, une douleur poignante lui a transpercé le cœur.

« Mademoiselle, que souhaitez-vous faire ? »

« Cette alliance, faites-la fondre. »

« Il y a des gravures dessus, ça doit avoir une signification particulière, vous êtes sûre de vouloir la faire fondre ? »

« Oui, le plus vite possible s'il vous plaît. »

Une demi-heure plus tard, Sophie est rentrée chez elle avec un élégant écrin.

Martin est rentré après vingt-deux heures.

Il tenait un bouquet de fleurs : « Désolé Sophie, j'ai été très occupé par le travail ces derniers temps, je n'ai pas eu le temps d'être avec toi. Je t'ai apporté tes freesias préférés, tu aimes ? »

Quand il s'est approché, Sophie a senti un parfum de femme sur lui.

En tournant la tête, elle a aperçu une petite marque de dents sur sa pomme d'Adam.

Sur le col de sa chemise, il y avait aussi une trace de rouge à lèvres.

Rouge vif, très visible.

Sophie a eu un rire amer, il est occupé par le travail ou par l’attention particulière pour Camille ?

« Pourquoi tu ne dis rien ? »

Sophie l'a repoussé : « Je suis juste fatiguée. »

« Je te porte jusqu'au lit ? »

Il s'est baissé, prêt à la porter dans ses bras.

Sophie l'a repoussé à nouveau : « Tu es fatigué aussi, va prendre une douche et repose-toi. »

Martin a voulu prendre sa main, mais il a soudain remarqué quelque chose : « Sophie, où est ton alliance ? »

Chapitre 2

« Je l'ai enlevée. »

« Mais c'est moi qui l'ai faite, c'est la preuve de notre amour, pourquoi l'enlever ? »

Sophie a répondu évasivement : « J'ai grossi récemment, elle n'est plus à ma taille. »

Le visage de Martin Dubois s'est alors détendu, retrouvant son sourire : « Je l'apporterai à la bijouterie pour la faire ajuster. »

« On verra. »

« Au fait, qu'est-ce que c'est sur la table ? »

Martin Dubois a pointé du doigt le délicat écrin posé sur la table, l'air ravi : « Sophie, c'est un cadeau pour moi ? »

Sophie acquiesçait : « Oui. »

À l'intérieur se trouvait un petit lingot d'argent. Elle avait fait fondre leurs alliances pour en faire cela.

Martin était tout content : « Quelle est l’occasion aujourd'hui pour que tu me prépares un cadeau ? »

Le cœur de Sophie s’est glacé t à nouveau.

« Aujourd'hui... c'est notre anniversaire de mariage. »

Le visage de Martin s'est immédiatement assombri.

Il a tenté de l'amadouer : « Pardon Sophie, j'ai vraiment été débordé au travail ces derniers temps. Si on allait dîner ce soir ? Je vais réserver un restaurant tout de suite... »

« Ce n'est pas la peine, j'ai déjà mangé. »

« Alors je t'emmène admirer la ville ? On pourrait se promener au bord de la rivière ? »

« Je suis fatiguée, j'ai envie de dormir. »

Martin l’a enlacée par la taille d'un geste câlin : « Allez Sophie, ça fait longtemps qu'on ne s'est pas promenés ensemble. J'ai l'impression que tu es distante ces derniers temps, je vais finir par croire que ma Sophie a changé de cœur. »

Est-ce vraiment moi qui ai changé de cœur ? C'est toi qui as quelqu'un d'autre dans ton cœur en premier. C'est ton cœur qui m'a quittée le premier.

Et cette fois, je vais reprendre mon cœur pour toujours, ainsi que ma personne tout entière.

Sur la route, Martin conduisait en lui racontant ses dernières anecdotes en souriant.

Sophie était assise côté passager, regardant par la fenêtre sans l'écouter.

Car en attachant sa ceinture, elle avait trouvé un collant de femme dans l'interstice du siège passager. Visiblement déjà porté. Elle l'avait remis à sa place. Faisant comme si de rien n'était.

Puisqu'elle avait décidé de partir, elle ne voulait plus rien lui reprocher. À part entendre des mensonges inutiles, elle n'obtiendrait rien. Si elle ne pouvait rien obtenir, alors elle n'en voulait plus.

Arrivés au bord de la rivière, Martin est descendu le premier et lui a ouvert la portière : « Sophie, on est arrivés. »

Sophie n'avait pas vraiment envie de venir, mais cet endroit était celui où ils venaient souvent quand ils s'étaient mis ensemble. Si tout avait commencé ici, alors tout finirait ici aussi.

« Oh, mais c'est le PDG Dubois qu'on a vu à la télé aujourd'hui ! Celui qui a fait lui-même l'alliance ! »

« Oui je m'en souviens, c'est l'homme parfait ! »

« Il protégeait même sa femme du toit de la voiture pour qu'elle ne se cogne pas la tête en sortant, c'est tellement attentionné ! »

À ce moment-là, le téléphone de Martin a sonné.

Il s’est excusé : « Désolé Sophie, attends-moi un instant, c'est pour le travail, je reviens très vite. »

« Vas-y. »

« Attends-moi ici, ne t'éloigne pas. »

Les exclamations ont repris autour d'eux.

« Monsieur Dubois traite sa femme comme sa fille, il a peur qu'elle se perde ! »

« Il est tellement attentionné ! »

Seule Sophie restait impassible, contemplant la rivière scintillante dans la nuit.

Quand Martin a vu qui l'appelait, il n'avait pas pu retenir son sourire. Un sourire tendre, doux, avec une pointe de malice. Comment cela pouvait-il être le travail ?

Mais elle ne voulait même plus le démasquer.

Il faisait froid près de la rivière, alors elle est retournée attendre dans la voiture.

Sur l'écran du véhicule, le compte de Martin était toujours connecté, synchronisé avec son téléphone. Les messages continuaient de défiler.

Son interlocutrice s'appelait [Petite Gourmande Claire].

Martin : Tu me manques ?

Petite Gourmande Claire : Les soirs sans toi, je me sens si vide.

Martin : Petit chat coquin, sept fois aujourd'hui ne t'ont pas suffi ?

Petite Gourmande Claire : Pas assez, grand frère, j'en veux encore.

Martin : D'accord, demain au bureau, je te comblerai.

Petite Gourmande Claire : Hihi, alors demain je mettrai des collants noirs au bureau.

La suite de la conversation était encore plus indécente. Remplie de mots obscènes et de flirt.

Un frisson glacial lui a parcouru l’échine. Elle a éteint l'écran. Elle tremblait, sans savoir si c'était de froid ou de colère, ses ongles s'enfonçant dans sa chair.

Martin est revenu vite, environ quinze minutes plus tard.

En se rasseyant dans la voiture, il a porté la main à son cœur avec soulagement : « Quand j'ai fini mon appel et que je ne t'ai pas vue, j'ai eu si peur. Heureusement que tu vas bien. »

Sophie ne voulait plus voir son visage hypocrite, elle a baissé les yeux sur ses mains.

« Il faisait froid dehors, alors je suis revenue dans la voiture. »

« Oui oui, tu peux être où tu veux. »

Sophie a relevé soudainement la tête.

Après avoir lu leur conversation, cette phrase prenait un tout autre sens pour elle. Être où tu veux. Ces collants dans l'interstice du siège passager... Se pourrait-il qu'ils l'aient aussi fait sur ce siège ?

Sophie s’est soudain sentie nauséeuse, elle a ouvert la portière et a vomi.

Chapitre 3

Martin s'est précipité vers elle, inquiet : « Sophie, qu'est-ce qui ne va pas ? »

Sophie a vomi sans arrêt, incapable de reprendre ses esprits pendant un long moment.

Elle ne comprenait pas.

Comment Martin, qui l'aimait tant, pouvait-il la tromper ?

N'avait-il pas peur qu'elle le découvre ?

Ou pensait-il être suffisamment discret pour pouvoir le lui cacher éternellement ?

La brise du soir l'a aidée à retrouver ses esprits.

Martin lui a demandé : « Ça va, Sophie ? Si tu ne te sens pas bien, je peux t'emmener à l'hôpital tout de suite. »

« Non, j'ai dû manger quelque chose qui ne passait pas au dîner. »

« Alors viens me voir au bureau demain, on déjeunera ensemble. »

Sophie a laissé échapper un rire amer.

Pour assister à vos ébats avec Camille dans ton bureau ?

Une idée malicieuse lui est venue à l'esprit.

« D'accord, je viendrai avec toi au bureau demain matin. Je te tiendrai compagnie pendant que tu travailles, on déjeunera ensemble, et on rentrera ensemble le soir. »

Martin ne s'attendait pas du tout à ce qu'elle accepte. Son expression est devenue un peu crispée : « Mais je suis assez occupé ces temps-ci, je ne pourrai peut-être pas rester avec toi tout le temps. »

« Fais ton travail, je t'attendrai dans ton bureau. »

« ... D'accord. »

De retour à la maison, Martin a proposé de préparer le bain pour Sophie. Il est allé dans la salle de bain, mais contrairement à son habitude, il a fermé la porte.

Sophie est redescendue et s'est réinstallée dans sa voiture.

Dès qu'elle a démarré, l'écran a affiché les derniers messages :

Martin : Changement de programme, on ne peut pas le faire au bureau demain.

Petite Gourmande Claire : Oh, c'est dommage.

Martin : Ne sois pas déçue ma petite coquine, grand frère t'emmènera sur le toit, ce sera encore plus excitant.

Petite Gourmande Claire : Hihi, tu es le meilleur grand frère.

Quand Sophie est retournée dans la chambre, Martin sortait tout juste de la salle de bain : « Sophie, ton bain est prêt, va te détendre un peu. »

« Non merci, je veux me reposer. »

« D'accord, dors si tu es fatiguée. Au fait, je peux ouvrir le cadeau que tu as laissé sur la table ? »

Sophie a répondu : « Dans une semaine. »

« Pourquoi attendre une semaine ? J'ai envie de voir maintenant ce que ma Sophie m'a préparé. »

« Parce que... »

Parce que dans une semaine, je t'aurai quitté pour toujours.

« Parce que dans une semaine, ce cadeau prendra tout son sens. »

Martin lui a déposé un léger baiser sur le front : « D'accord, comme tu veux. »

Le lendemain matin, le téléphone de Martin a sonné dès six heures passées.

Il l'a éteint et a serré Sophie dans ses bras : « On l'ignore, dormons encore un peu. »

Mais le téléphone a sonné à nouveau, insistant.

Martin a froncé les sourcils avec agacement : « Ce n'est même pas l'heure de travailler, ils ne font que harceler dès l'aube, je vais finir par virer ces cadres incompétents. »

Il l'a encore éteint.

À la troisième sonnerie, Martin s'est levé en grognant : « Sophie, rendors-toi, je vais voir quelle urgence ils ont pour me chercher comme ça. »

Sophie a doucement acquiescé.

Elle s'est tournée, lui tournant le dos.

Martin est sorti de la chambre avec son téléphone.

Peu après, il est apparu devant la porte d'entrée au rez-de-chaussée.

Dehors se tenait un livreur en uniforme jaune qui lui a tendu un paquet.

Martin l'avait pris, mais quand il est revenu, ses mains étaient vides.

« L'entreprise, c'est si grave que ça ? » a demandé Sophie.

« Ne t'inquiète pas, Sophie. Tout va bien. Repose-toi, je vais te préparer le petit-déjeuner », a répondu Martin.

Soit par culpabilité, soit par réelle inquiétude pour son estomac, Martin avait préparé un petit-déjeuner particulièrement copieux.

Du lait, des œufs, du pain, de la confiture, et même son porridge préféré.

« À l'avenir, il ne faut plus manger n'importe quoi. Je vais engager une aide-ménagère pour te préparer les repas tous les jours. »

« Ce n'est pas nécessaire. »

« Sois raisonnable, Sophie. Je ne serai pas tranquille au bureau sinon. »

« Martin, je peux te poser une question ? »

« Bien sûr. »

Sophie a posé ses couverts et a demandé d'une voix neutre : « La crise des sept ans de mariage, qu'est-ce que tu en penses ? »

Martin a immédiatement affiché une expression de dégoût : « C'est juste une excuse pour les hommes qui trompent leur femme. Moi, je suis différent. Dans ma vie, je n'aimerai que toi, Sophie. »

« Tu n'aimeras que moi pour toujours ? »

« Exactement. »

« Et si tu tombais amoureux d'une autre femme ? »

« Que la foudre me frappe et que je meure dans d'atroces souffrances. »

Sophie a laissé échapper un rire sarcastique : « Un serment aussi lourd, tu n'as pas peur qu'il se réalise ? »

« Je ne dis que la vérité, pourquoi aurais-je peur ? »

Sophie a repris ses couverts et s'est mise à tartiner son pain de confiture.

Martin a insisté : « Sophie, tu dois me faire confiance. »

« Mangeons », a-t-elle simplement répondu.

« Tu ne me crois toujours pas ? Il faut que je me tranche le cœur pour que tu me croies ? »

« Des gens t'attendent à l'entreprise, ne sois pas en retard. »

Martin, enfin rassuré, s'est assis en face d'elle : « Ils peuvent attendre, cette bande d'incapables. Je finirai par tous les virer. »

« La virer, elle, tu en serais capable ? »

Sophie avait dit "elle", pas "ils".

Elle ne savait pas s'il avait saisi la nuance, mais il a répondu : « À part toi, je peux me passer de tout le monde. »

L'amour, Pluie de Pétales

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