Chapitre 2
………………. Kafuî MENSSAH……………….
Je suis au Bénin depuis quelques heures pour voir Anita, la fille de mon amie Amédée et ses parents. Mon retour au pays bien que je le redoutais c’est très bien passé. J’ai retrouvé mes parents qui m’aident de leur mieux à reprendre ma vie en main. J’ai déjà mon local pour débuter mon affaire mais je ne l’ai pas encore équipé. Bichette a promis m’envoyer les fonds nécessaires dans quelques jours. J’ai préféré faire au plus tôt ce voyage parce qu’il se peut que je sois très prise par l’ouverture de ma boutique dans les jours prochains.
L’anniversaire de la fille d’Amédée est passé depuis quelques jours mais j’ai tenu à lui apporter une jolie poupée de la part de sa mère. Mon amie m’a parlé de la promesse qu’elle aurait faite à sa fille avant son voyage. Je décide de prendre une chambre d’hôtel pour commencer parce qu’il se fait tard. Je n’ai pas beaucoup d’argent mais j’ai ce qu’il faut pour tenir quelques jours décemment dans ce pays que j’aime bien. Pour moi, c’est aussi une façon de prendre du bon temps.
Maintenant je savoure chaque instant de ma liberté pour avoir vécu ses quelques jours enfermée. Je hèle un conducteur de taxi moto et lui demande de me conduire à un hôtel pas cher. Il m’amène à un petit motel où je suis chaleureusement accueillie. Je prends une chambre à la hauteur de ma bourse pour deux jours. Je dois remercier Dieu pour m’avoir donné une mère extraordinaire qui ne baisse jamais les bras face aux difficultés de la vie. Ma pauvre mère vend des beignets depuis plus de 17 ans au bord d’une rue de notre quartier pour aider son mari, mon père, à prendre soins de nous.
En me rendant il y a quelques mois en Shanghai avec l’autre débile je rêvais déjà de sortir les miens de la pauvreté mais hélas cela n’a rien donné de bon. Si je vous disais tantôt que je ne remercierai jamais assez Dieu de m’avoir donné la mère que j’ai c'est parce qu’elle est la plus généreuse des mamans. Pour faire ce voyage, elle m’a été d’une grande aide en me donnant une grande partie de ses économies. Elle dit qu’elle sait pour l’avoir vécu ce que cette femme(la mère de Amédée) doit ressentir en ce moment loin de sa fille.
Je prie tous les jours depuis que je suis de retour dans mon pays pour que mon amie aussi recouvre sa liberté. Rien ne vaut cette joie de circuler librement avec ou sans argent. J’ai le numéro de la mère d’Amédée, mais, je préfère aller directement la voir dès demain matin. Je me commande un repas léger. J’appelle ensuite ma mère pour la rassurer que je suis bien arrivée au Bénin avant de me mettre au lit. Je me réveille le lendemain en pleine forme, toute impatience de voir le petit rayon de soleil de mon amie comme elle aime le dire souvent. Habillée simplement mais joliment, je sors de l’hôtel et prends un autre taxi moto en direction de la maison des parents de mon amie.
J’arrive une demi-heure plus tard à l’adresse indiquée sur le bout de papier où j’ai noté l’adresse que m’a donné Amédée. Une jeune femme se propose de me guider et j’accepte avec joie. Je vais taper à la porte et quelques minutes plus tard je vois apparaître un homme qui me rend bouche bée. Il est tellement beau qu’on aurait dit un Apollon sur pieds. Je m’étais juré de ne plus jamais laisser un homme m’attendrir le cœur au point de laisser battre mon pauvre cœur meurtri mais je pense que je me suis trompée.
-Bonsoir Madame, qui désirez-vous voir dit-il en me faisant revenir à la réalité.
-Heu…. Bonsoir répondis-je en me reprenant, honteuse d’avoir eu une imagination aussi fertile au point de me voir pendant un bref instant dans les bras de cet inconnu qui peut- être ne sera jamais à moi. De plus, qu’est ce qui me dit qu’il n’est pas déjà marié ou pire encore un vendeur d’illusions comme cet autre dont je ne veux plus jamais citer le nom.
-Madame ?
-Mademoiselle svp, je désire parler à Maman Amédée.
-Ma tante n’est pas là pour l’instant elle a conduit sa petite fille à l’école. C’est son premier jour de classe cette année.
-Sa petite fille Anita ? Lui répondis-je.
-Oui, elle-même. Vous connaissez la fille de ma cousine Amédée ?
-Je ne l’ai encore jamais vue, Monsieur. Mais mon amie Amédée m’a longuement parlé d’elle, j’aurais bien aimée la voir et lui donner un cadeau de la part de sa mère. Mais je crois que je devrai repasser.
-Ce n’est pas la peine de faire un aller-retour, vous pouvez attendre ma tante à l’intérieur, elle ne sera pas très longue, dit-il en m’invitant à entrer dans la chambre.
-Merci pour votre hospitalité Monsieur, mais je préfère attendre à l’extérieur si cela ne vous dérange pas.
-Pas le moins du monde Mademoiselle, je vous apporte un siège.
-Merci Monsieur.
-Appelez-moi Damien svp.
-C’est entendu, moi c’est Kafuî.
-Joli prénom. Je parie que vous n’êtes pas béninoise.
-Je suis togolaise, répondis-je en souriant béatement.
-Je m’en doutais. Une telle beauté ne peut que venir d’ailleurs, dit-il avec un ton câlin et plein de douceur.
Ma raison me dicte de m’éloigner au plus tôt de cet homme qui pourrait de me perdre mais mon cœur me commande de me laisser aller. Il retourne à l’intérieur et m’apporte une chaise et m’installe sous un arbre dans la cour avant de revenir quelques instants plus tard avec un verre et une bouteille d’eau. Il vient ensuite s’installer près de moi.
-Vous connaissez Amédée depuis très longtemps ?
-Non mais nous avons passé assez de temps ensemble ces derniers jours.
-Vous étiez aussi dans cette prison en Chine ?
-Je … je ….. balbutiai-je sans trouver les mots pour lui répondre.
-Je ne vous juge pas Mademoiselle, je demandais juste pour savoir. De toutes les façons nos prisons sont remplies de personnes innocentes comme ma cousine Amédée.
-J’y étais parce que j’ai volé une boite de chips contrairement à votre cousine moi, j’étais coupable de vol.
-Une boite de Chips ? Vous aviez certainement vos raisons, personne ne nait mauvais c’est la société qui nous corrompt.
-Soit vous êtes trop gentil ou trop naïf Damien. L’être humain est foncièrement mauvais.
-Qui vous a fait autant souffrir Kafuî ? Vous venez de parler d’une voix pleine de rancœur et de ressentiments. Ne laissez point la colère avilir votre cœur. Vous êtes trop jolie pour avoir un cœur noir. Laissons le jugement à Dieu, il est seul à avoir l’aptitude de rendre justice et de nous restaurer.
-Seriez-vous pasteur, Damien ?
-Non Kafuî répondit-il avec sourire. Je suis agent commercial dans une structure de vente d'automobile, mais également un homme qui cherche perpétuellement la face du seigneur.
Je reste silencieuse écoutant Damien me parler de la miséricorde de Dieu et de sa bonté. Plus il parle, et plus, il me rappelle mon amie Amédée mais en version plus pieuse. Il m’épate et me plais davantage. Je ne sais pas ce que me réserve l’avenir mais l’envie de croire à nouveau en l’amour renaît subitement des tréfonds de mon cœur. J’ai le pressentiment que je fais de l’effet au jeune homme assis à mes côtés et que cupidon semble faire son œuvre sur ma modeste personne.
Aussi absurde que cela puisse paraître, je crois au coup de foudre et je pense que c’est ce qui est en train de m’arriver. Je me laisse bercer par la voix douce et rauque de Damien en imaginant ma vie dans cinq ou dix ans à ses côtés dans une maison remplie de cris d'enfants.
…………… Junior HONVI……………..
J’avance résolument vers le local où m’attend maître FANOU. J’ai pris ma décision cette nuit, en pesant le pour et le contre. Malgré mon envie de faire justice à la mémoire de ma feue mère, j’ai décidé de faire ce que maître FANOU m’a conseillé hier. Je dois sortir d’ici pour prendre soin d’Elysa et de notre enfant. Revoir Elysa hier m’a fait comprendre qu’elle vaut tous les sacrifices. Je veux le meilleur pour elle et notre enfant. Je dois veiller à ce qu’elle ne manque de rien.
J’ai conscience de devoir aussi travailler le plus dur que possible pour rembourser les trente millions que je dois maintenant à mon employeur ainsi que les honoraires de mon avocat. J’ignore encore comment je m’y prendrai mais j’ai foi en l’avenir. Je suis reconnaissant à Dieu et surtout au responsable de l’entreprise pour n’avoir pas déposé de plainte pour détournement de fond contre moi. Je tiens à sortir d’ici pour reprendre ma vie en main. Je le retrouve toujours élégamment vêtu avec ce sourire rassurant qui ne quitte jamais son visage.
Je suis en partie reconnaissant à Monsieur HONVI de me l’avoir envoyé. Autrement, je ne serai devenu fou depuis mon arrivée dans cette prison. Je ne sais pas ce qu’est devenue Florica mais j’ai demandé à mon avocat de la retrouver. Je veux savoir si elle a quelque chose à avoir avec ce qui m’arrive en ce moment. Le gardien me retire les menottes et me laisse en tête à tête avec mon avocat.
-Bonjour Maître, dis-je en prenant la main que me tend maître FANOU.
-Bonjour Monsieur HONVI, comment allez-vous ce matin ?
-Mal, comme vous pouvez le deviner, mais je reste optimiste.
-Dois-je en déduire que vous avez enfin pris la bonne décision ?
-Si accepter votre proposition est la bonne décision, alors c’est oui. Je veux faire comme vous proposez.
-Très bien, vous me rassurez. Vous êtes un homme bien. Votre seule erreur c’est d’avoir fait confiance en une femme qui s’est jouée de vous et surtout d’avoir jeté votre dévolu sur la femme qu’il ne fallait pas.
-Avez–vous retrouvé Florica ?
-Oui, Monsieur HONVI. Cette femme est de mèche avec votre beau-père. Hélas !
-Quoi ?? En êtes-Vous sûr ?
-Aussi sûr que je m’appelle FANOU Serge. Cette femme séjourne actuellement chez votre beau-père.
-Je ne comprends pas. Que fait-elle dans cette maison ?
-Je ne n’en sais strictement rien mais avec votre permission mon homme mettra en route notre plan. Monsieur HONVI doit partir en voyage ce jour selon mes sources. Il faut que nous l’empêchions de quitter la ville.
-Faites ce que vous avez à faire maître. Mais il faut qu’en plus cet homme accorde le divorce à Elysa. Elle porte maintenant un enfant de moi.
-Ce sera un peu difficile de faire céder votre beau-père sur ce point parce qu’il tient aussi à cette femme, mais je ferai de mon mieux.
-Merci Maître ! Sans vous, je ne sais pas ce que je serais devenu ici. Mon avenir est maintenant entre vos mains et je vous fais confiance pour me sortir rapidement de cette impasse.
-Merci de me faire confiance, je vais donc prendre congé de vous. je vous tiens informé.
-D’avance merci, Maître.
Maitre FANOU s’en va et je soupire longuement. Je ne comprends pas les raisons qui ont poussé cette femme à s’allier à mon beau-père pour me faire couler. J'ai pourtant toujours été honnête avec elle depuis le début. Je ne lui jamais parlé de mariage ni même jamais fais de projet d'avenir avec elle. Le garde qui m'avait conduit à maître FANOU revient me repasser les menottes et me reconduit à ma cellule.
Je laisse mon esprit vagabonder. Pensant à ma feue mère qui me manque, à tout ce qu’elle a dû endurer dans ce mariage pour me protéger. J’espère que de là où elle se trouve elle continuera à veiller sur moi. Elle aurait fait le même choix que moi, ayant dû se taire pour souffrir en silence par amour pour ses enfants.
………………… Angelo……………..
Je rumine du noir depuis quelques jours. Je regrette aujourd’hui plus que jamais d’avoir approché cette femme pour la séduire. Malgré tout ce que je fais pour reconquérir Diana elle refuse de me pardonner. Je pense de plus en plus à me venger de cette autre femme qui a gâché ma vie pour des miettes. Je refuse de la laisser vivre en toute tranquillité pendant que moi, je souffre le martyr. Je me trouve en ce moment devant la maison d’Hermine.
J’ai envie de tout lui avouer sur cette machination contre elle pour soulager ma conscience en souffrance, qu’elle sache qui se trouve derrière tout ce qui nous arrive. Mon ami Habib refuse de me donner le nom de la personne qui m’a fait engager mais je suis disposé à aller jusqu’au bout pour tirer au clair cette histoire. Je sonne au portail et un homme en uniforme de vigil vient m’ouvrir. Je le salue poliment et demande à voire la maîtresse de maison.
Il demande mon identité, mais je lui glisse un billet de banque en lui demandant de dire à sa patronne que je viens de la part de son mari pour lui remettre quelque chose. Il s’exécute en souriant et repart dans la maison. Je ne veux pas lui donner mon identité parce que je sais qu’Hermine ne voudra pas me voir. Il vaudrait mieux qu’elle ne sache pas que c’est moi avant de me recevoir. Le gardien revient un petit instant plus tard avec Hermine qui change immédiatement d’expression en me voyant.
-Que faites-vous dans ma maison ?
-Bonjour Hermine, je dois te parler.
-Je ne n’ai absolument rien à vous dire ! Veuillez maintenant quitter ces lieux sur le champ ou j’appelle la police pour violation de domicile.
S’adressant à son vigil :
- Je ne veux plus jamais revoir cet homme ici ! Si vous le voyez rôder appelez immédiatement la police. Est-ce clair ?
-C’est compris madame, balbutie le Virgil confus.
Elle tourne les talons et s’éloigne mais je lui crie :
-Attend stp ! Je suis désolé de t’avoir fait de peine je l’ai fait pour de l’argent, une femme m’a approché pour te séduire.
En m’entendant, elle s’arrête net et revient sur ses pas. Anormalement calme.
-Et tu as fait un bon boulot, Angelo. Merci d’avoir foutu le bordel dans mon couple, j’espère que tu es plus heureux maintenant que tu as si bien accompli ton travail. Heureusement pour moi, je n’ai pas cédé à la tentation avec toi. Tu es un être vil et méprisable. Je maudis le jour où j’ai posé mon regard sur toi.
-Pardonne-moi stp Hermine, je suis vraiment désolé.
-Jeune homme, sortez d’ici tout de suite. Ou il vous arrivera malheur. Dit le mari d’Hermine que je n’ai pas vu venir.
-Enfin Anatole, tu rentres à la maison lui répond Hermine en regardant son mari.
-Va m’attendre à l’intérieur, Hermine. Lui dit-il d’un ton neutre.
-Je ne t’ai jamais trompé avec ce moins que rien. Pose-lui directement la question en ma présence.
-Je te crois, Hermine et je le sais. Maintenant retourne à l’intérieur. Je dois avoir une discussion entre hommes avec cet individu.
Elle s’exécute pendant que moi je tremble de peur. Je n’avais pas prévu de rencontrer cet homme ici. Il me regarde comme un déchet et mon anxiété augmente d’un cran. Je commence à prier intérieurement pour demander le secours de Dieu.
Chapitre 3
……………….. Samuel DJIVO……………………
Je suis prêt pour mon voyage. Cette nuit a été l’une des plus jouissives à cause de la peine et le désespoir que je lis dans le regard d’Elisa. Elle se sait désormais être à ma merci. Malgré la colère et la rage que je ressens pour avoir été cocufié par un jeune homme, mon fils adoptif, je me sens un peu léger ce matin. Heureusement pour moi, je ne l’ai jamais aimé. Celle à qui je ne pardonnerai jamais c’est cette souillon que j’ai lavée et élevée au rang de femme noble et respectable.
Je lui ai fait faire toutes les cochonneries possibles cette nuit sans la pénétrer. Je ne supporte pas de savoir que ce Junior de rien du tout ait pu la faire sienne. Comme je le lui ai dit, à notre retour ici, je lui ferai payer le mal qu’elle m’a fait au centuple. J’enverrai mes protégés militaires la défoncer à leur guise pour commencer. J’ai désormais en ma possession des moyens puissants pour faire pression sur elle. Cette nuit, je lui ai fait lécher et sucer toutes les parties intimes de Florica.
Au début elle faisait sa difficile alors je l’ai menacé de montrer leurs vidéos à ses parents. Florica dit qu’elle a pris son pied pendant qu’elle pleurait comme une madeleine et bah ! C’est tant mieux. J’ai baisé l’autre comme je le voulais sous les yeux d’Elisa en l’obligeant à nous regarder et à stimuler Florica qui est aussi coquine que salope. Je comprends pourquoi Junior n’a jamais réussi à l’aimer. Je n’ai pas eu du mal à la convaincre de trahir l’homme qu’elle jurait aimer par tous les dieux.
J’avais pensé qu’elle ferait sa difficile alors, j’ai demandé qu’on me déterre tous ses secrets inavoués pour lui faire du chantage mais au final, je n’en ai pas eu besoin. Dès qu’on aura fini avec le procès de l’autre idiot et qu’il sera condamné, je me débarrasserai d’elle. Pour le moment, qu’elle profite de la vie de luxe que je lui offre. Encore que cela me distrait et m’évite d’aller courir en ville après d’autres filles pour assouvir ma libido de vieux pervers (sourire).
Ce qui me fait enrager le plus c’est la trahison d’Elisa. Pour cette femme j’ai fait taire mes pulsions et mes envies de dominateur masochiste juste pour la garder près de moi. Je sais que certains ici ne comprendront jamais quel plaisir l’on ressent en voyant la peur et la souffrance dans les yeux d’une femme qu’on prend. Mais pour moi, c’est le meilleur moyen pour prendre mon pied. A ceux qui ne connaissent pas mon passé, je ferai une confidence. J’ai eu une enfance des plus malheureuses à cause de la mort prématurée de ma mère qui m’a laissé à la charge de son frère.
Un homme pervers, pédophile et homosexuel. J’avais 12 ans quand mon oncle m’a souillé. Il prenait un malin plaisir à me battre pendant qu’il me défonçait l’anus après avoir bu à satiété son vin de palme. Sa femme l’avait quitté et emmené avec elle leurs enfants. Alors, je suis devenu son conjoint. Il ne se gênait pas pour me rejoindre toutes les nuits. Il prenait soin de toujours me bâillonner pour m’empêcher de crier pour alerter les voisins. Jusqu’au jour où je fus transporté d’urgence au centre de santé parce que mon cœur avait cessé de battre.
Je me suis réveillé ce jour à l’hôpital et las de supporter cette tortue j’ai tout avoué au médecin qui a aussitôt rédigé un rapport adressé à la Brigade de Protection de l’Enfance et saisi le Procureur. Mon oncle qui fut emprisonné à vie pour détournement de mineur, viol aggravé sur mineur et tentative d’homicide. Mon père qui jusque-là était démissionnaire dût me récupérer. Sans le savoir, j’avais fait mon entrée dans un autre monde : celui des pervers sadomasochistes. N’allez pas croire que ces choses n’existent qu’en Europe, en Amérique ou en Asie.
Des pédophiles pervertis et sadiques se cachent bien sous nos tropiques et nuisent en silence à des âmes innocentes sans être dénoncés ou pris sur le fait. Six mois après mon arrivée chez mon père, sa femme poussa sa curiosité en me rejoignant dans la salle de bain. Elle observa longuement mon engin avant de poser ses mains dessus et de le saisir. Pour elle, j’étais trop pourvu à mon âge. Je devais avoir 14 ans quand elle-même se mit en l’idée et ensuite à l’œuvre de me pervertir davantage. Elle m’obligeait à coucher avec elle quand mon père partait en mission.
Le seul hic c’est qu’elle adorait se faire cogner au cours de l’acte sexuel. Cette femme était en fait du genre extra masochiste et appréciait la violence pendant le coït. Elle m’obligeait tous les jours, à lui faire mal au cours de nos séances de jambes en l’air. Au début, je voyais ce que nous faisions comme une manière de prendre ma revanche. Après tout ce que mon oncle m’a fait subir. J’appréciais de faire mal à cette femme pour une fois que les rôles étaient inversés, cela m’amusait parce que je me sentais fort viril et dominateur pour un garçon de mon âge.
Elle disait que c’est seulement ainsi qu’elle jouissait et que j’étais doué pour faire la chose. Je suis ainsi devenu son protégé, son objet de plaisir, sa douceur personnelle, son gadget privé. Mon père était contre ce genre de pratique alors, elle se donnait à cœur joie avec moi quand il était absent. Je jouais au maître et elle à l’esclave, plus tard elle décida de divorcer d’avec mon père pour que nous puissions vivre librement notre relation.
C’est elle qui m’a incité à me faire enrôler dans l’armée. Elle m’appelait affectueusement mon petit soldat et elle était pour moi ma belle esclave. Quand j’ai épousé ma première femme, la mère de ma fille aînée, je n’ai pas su contrôler cette manie qui était désormais, ancrée en moi. Faire souffrir ma partenaire sexuelle pour en tirer du plaisir au lit était instinctif chez moi. Cela a aussi été le cas avec Pamela qui d’ailleurs est dure à cuire au lit. Il m’arrivait de la transformer en mon cendrier.
Avant de mourir, elle avait sur tout le corps des traces de brûlure. Je prenais un malin plaisir à fumer au cours de l’acte sexuel, je la brûlais par moment avec le mégot de cigarette et cela me procurait un plaisir intense, voire fou. Au début elle voulait partir, divorcer tout comme l’autre mais j’ai su jouer mes cartes et elle est restée. Avec moi c’est tout ou rien. Et cette Elisabeth s’en rendra bientôt compte. Depuis que nous sommes en couple, je l’ai battue quelque fois au lit mais ce n’est rien de bien grave.
Vous me direz que c’est le karma et que si Junior me prend mon épouse aujourd’hui, que ce n’est que justice. Eh bien, je vous dirais que vous avez tort. Mon père ne s’est jamais occupé de moi comme un père l’aurait fait avec son fils. Lui prendre son épouse avec laquelle il n’avait aucun enfant était ma manière de lui faire payer son irresponsabilité. S’il avait été là pour moi, à la mort de ma mère, mon oncle n’aurait jamais abusé de moi.
Avec Junior c’est tout le contraire, sans l’avoir aimé comme un fils, je me suis occupé de lui-même après la mort de Paméla. J’ai payé entièrement ses études et tous les frais y afférents. J’ai fait mon devoir de beau-père et pour moi, rien ne justifie sa trahison.
-Tu as de la visite, Samuel dit Elisa en me faisant sursauter. Je ne l’ai pas vue entrer dans la pièce.
-Qui donc ?
-Il n’a pas voulu donner son identité, il dit qu’il a quelque chose de personnel à te remettre. Il attend au portail.
-Ok, je vais voir ce que me veut cette personne en attendant demande au chauffeur de ranger les valises dans la voiture, nous partons dans quelques minutes.
-C’est entendu.
-Pour toi, je suis mon amour, ou mon chéri comme autrefois, plus de Samuel dans cette maison, je n’ai pas ton âge ni l’âge de l’autre abruti qui te sautait, est-ce compris ?.
-Oui Sa ……… heu Chéri.
-C’est très bien, tu commences à comprendre, où se trouve mon invitée ?
-Dans le jardin, Chéri.
-Ok, préviens-la de notre départ imminent, entre autre, je ne veux pas te voir emporter plus de deux tenues pour ce voyage. Les femmes de mauvaise vie comme toi n’ont pas besoin de s’encombrer avec des vêtements de luxe comme ceux que je t’ai toujours offert. Nous achèterons deux ou trois tenues bon marché que tu mettras là-bas au cours de notre séjour. De toutes les façons personne là-bas ne sait qui tu es. Il faudra aussi me rappeler d’aller voir ton ivrogne de père qui m’a appelé hier pour me demander de l’argent comme si j’étais sa banque personnelle. Je ne veux pas que tes parents se doutent de quelque chose. Tout doit continuer comme avant.
-C’est entendu Sa.. Chéri.
-Maintenant dégage de ma vue.
Elle sort presque en courant ce qui a le mérite de me faire éclater de rire. J’adore l’effet de cette revanche que je prends sur cette femme. Elle n’aura plus que ses yeux pour pleurer désormais. Elle apprendra à ses dépens que la vie n’est pas du lait.
…………… Anatole AZONOU……………….
Je suis rentré chez moi à toute vitesse quand mon informateur que je tenais posté non loin de chez moi m’a averti il y a quelques minutes de la présence de ce jeune effronté dans ma maison. Je n’ai toujours pas trouvé la force de revenir à la maison malgré les supplications de mes enfants et les multiples messages d’excuses d’Hermine que je prends maintenant plaisir à lire. Pour Ruth, je suis en instance de divorce, elle croit avoir trouvé le bon mec à plumer et se donne déjà des airs de grande femme. Pour le moment, je prends du bon temps avec elle en réfléchissant à la manière de lui faire mal car je compte lui donner une bonne leçon.
Revoir Hermine si défaite, négligée et amaigrie vient de m’ouvrir les yeux. Au-delà de tout, j’ai délaissé mon épouse et perdu de vue l’essentiel. Hermine ne mérite pas ce que je m’apprêtais à lui faire. Elle a toujours été là pour m’épauler dans les bons comme les mauvais moments, je ne sais vraiment pas à quel moment, j’ai perdu de vue les nombreux sacrifices qu’elle a dû faire pour que nous réalisions nos rêves. Hier encore, je cherchais des excuses pour la blâmer, mais aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de me condamner car je m’aperçois que c’est mon manque d’attention qui a poussé la seule femme que j’aime et que j’aimerai de toute ma vie dans les bras de ce jeune ambitieux qui lui a fait miroiter quelque chose qui ne sera jamais tant que je serai sur mes deux pieds.
Personne ne se mettra entre mon Hermine et moi. Cette femme est la mère de mes enfants, mon épouse et mon associée. Alors je dis bien que personne ne pourra faire dissoudre cette union qui, pour moi, est la chose la plus sacrée. Je scrute du regard mon face à face et je me dis qu’Hermine a dû beaucoup lutter pour ne pas aller dans un lit avec ce jeune homme qui est vraiment trop bien bâti.
Jeune, je n’étais aussi bel homme. Il a tout pour faire tomber une femme à ses pieds. Plus je le regarde et plus je me dis qu’il faut vraiment que j’éloigne mon épouse définitivement de ce jeune homme. Il est habillé simplement mais il est agréable à voir et dégage une fraîcheur que je ne connais pas à beaucoup de jeunes gens issues de familles aisées. Ses yeux bridés, sa bouche charnue, super bien dessinée et sa coupe de cheveux parfaite lui donnent une allure de mannequin. N’allez surtout pas croire que j’ai également une attirance pour les hommes, non ! Je suis juste un fin observateur, un hétéro bon teint qui s’intéresse de très près à la mode et tout ce qui est beau.
Je commercialise des pagnes et bien d’autres articles de beauté pour femme. Donc je suis un connaisseur, une qualité fort indispensable dans mes activités. Il me suffisait d’observer de près mes clients et de vanter leurs meilleurs atouts physiques pour les fidéliser. Il m’arrive encore d’avoir la nostalgie de ses moments où je parcourais la ville à moto pour aller proposer mes articles dans les structures de la place. Tout ceci est loin maintenant. A cause de ma notoriété et de tout ce que j’ai amassé comme fortune, je ne peux plus m’afficher comme un simple citoyen et c’est parfois ce qui me dérange dans le fait que je sois devenu un riche et très réputé homme d’affaires.
Tous mes faits et gestes sont scrutés par mes concurrents. Et c’est qui me met le plus en colère. Quand je pense que quelqu’un aurait pu voir mon épouse avec ce jeune homme et mal l’interpréter ou simplement le répandre en rumeur… Seigneur !
- Comme cela c’est toi qui convoitise mon épouse, jeune homme ? Dis-je en le regardant intensément.
- Non Monsieur, je……..
- Pourquoi elle ? Ajoutai-je en l’interrompant. Avec toutes les femmes de ton âge qui sont disponibles dans cette ville, pourquoi c’est sur mon épouse que tu as choisis de jeter ton dévolu ? Sais-tu qui je suis ?
- Je n’ai jamais désiré votre épouse, monsieur ! Répondit-il en tremblant.
- Alors explique moi ce que tu faisais nu avec elle dans cette chambre d’hôtel ? Et comment se fait-il que tu sois présent dans ma maison ? Je veux comprendre.
- Je voulais m’excuser auprès de votre épouse, je voulais lui demander pardon pour l’avoir manipulée. On m’a payé pour la séduire, je ne faisais qu’un travail en venant à elle.
- Je veux alors savoir celui qui t’a payé.
C’est une femme monsieur, par l’intermédiaire de mon ami….. J’ai juste reçu des informations la concernant. Il a exigé un compte rendu détaillé de mes progrès que je lui j'envoyais au fur et à mesure avec des images de nous deux à l'appui. Je n’avais pas prévu que vous viendrez dans cette chambre d’hôtel il y a quelques jours. Je devais simplement droguer votre épouse, coucher avec elle et filmer nos ébats que je devais ensuite envoyer à mon ami et tout serait joué. Mais les choses ne sont plus passées comme convenue. Je n’ai jamais eu une quelconque intimité avec votre épouse qui me répétait sans cesse qu’elle est une femme mariée et très engagée. Elle me parlait longuement de vous et surtout de vos débuts. Votre épouse vous aime profondément et je vous supplie de lui pardonner. Sa seule erreur est de m’avoir accordé sa confiance et donné son amitié et rien de plus. Je vous présente également mes sincères excuses pour tout le désagrément que je vous ai causé.
- Je veux bien vous accorder mon pardon mais à une seule condition.
- Je suis disposé à faire ce que vous souhaitez, monsieur.
- C’est très bien ! Désormais, le chasseur devient la proie et la proie le chasseur.
- Je ne comprends pas vos paroles, Monsieur.
- Tu comprendras très bientôt, je te contacterai très vite pour te dire ce que tu auras à faire.
- Je peux vous laisser mon adresse et mon contact si vous le souhaitez, Monsieur.
- Je sais où te trouver, jeune homme ! Je sais tout de toi. Tu peux maintenant t’en aller.
- Merci, Monsieur. Je suis sincèrement désolé. Dit-il en tournant rapidement les talons.
- Autre chose, jeune homme.
- Oui, Monsieur ? Dit-il en se retournant.
- Si je te revois ou apprend que tu en as après ma femme, je te ferai briser les quatre membres et couper ensuite, ce qui te sers de queue pour être passé dans un hachoir sous tes yeux. Sache aussi qu’il n’y aura pas d’autre avertissement. Mes deux amis que tu as reçus chez toi sauront te retrouver où que tu sois.
- C’est compris, Monsieur.
- Soit ! Tu peux disposer, Angelo AMOUSOU.
Il s’en va sans demander son reste et moi, j’entre enfin dans mon salon où m’attend mon épouse. Je crois qu’il est temps pour nous d’avoir cette discussion. Hermine se lève dès qu’elle me voit en me suppliant du regard mais je lui souris pour la mettre en confiance. Je suis aussi coupable qu’elle voire même plus. Je me dois de tout lui raconter, lui parler de Ruth et surtout lui dire ce que je compte faire pour donner une belle leçon à cette gamine aux ambitions démesurées qui croyait venir à bout de notre vieux couple.