Chapitre 2

Temps présent...

- Joyeux anniversaire Zara.

Zara fixa pendant plusieurs secondes le trousseau de clé que lui tendait Gamiel.Ce n'était pas ce à quoi elle s'attendait, bien évidemment. Elle s'était donc fait d'illusion ? Pourtant ces deux dernières semaines, Gamiel lui avait donné tout lieu de croire qu'il lui offrirait une bague le jour de son anniversaire.

- Une clé ? Finit-elle par dire en plissant le front.

- Tu as l'air déçu, constata t-il.

- Non, enfin Gamiel. Je... Je ne m'attendais pas à ce que tu m'offres...une clé ?

- Tu ne veux pas savoir ce qu'elle ouvre cette clé ? S'enquit-il en souriant.

- Un appartement, je suppose. Hum... Je croyais avoir été clair là dessus. Je ne quitterai pas l'appartement que je partage avec ma sœur de cœur. On a toujours vécu et partager tout ensemble.

- Oui, je sais Zara. Même si ton idée de rester toujours avec elle est absurde, je respect quand même ton choix. Je te rassure que cette clé n'ouvre pas un appartement.

- Ah !

- Te rappelles tu de la première fois qu'on s'est rencontré ?

- Et comment ? Dit-elle en rigolant. Tu as presque faillit mourir dans le métro. T'étais adorable quand tu as englouti tout mes pâtisseries.

- Je me demande ce qui aurait pu se passer si tu n'avais pas été là avec ces...c'était quoi déjà ?

- Des despacito mon chéri.

- Oui, c'est ça. Je n'avais jamais mangé d'aussi bon. J'en voulais encore...

- Que tu m'as demandé la pâtisserie dans laquelle je les avais pris, compléta t-elle.

- Et tu m'avais dit que c'était des gâteaux fait maison.

- Tu m'as donc suivi chez moi juste pour avoir ces pâtisseries en oubliant que tu avais un rendez-vous avec un acheteur potentiel dans ton lieu de travail.

- J'ai eu droit à des sévères remontrances de mon patron.

- Qu'est-ce que ça avoir avec cette clé ? Demanda t-elle en lui jetant un regard intrigué.

- Confectionner des gâteaux a toujours été ton passe temps préféré. Ce qui me plairait c'est que tu en fasse ta profession. Tu n'auras plus besoin de travailler dans ce bar miteux et tu pourras non seulement te consacrer pleinement à la pâtisserie mais aussi les commercialiser.

- Pour ça il faudrait que j'ouvre une pâtisserie mais avec quoi ? Le salaire que je reçois en travaillant dans ce bar couvre à peine les dépenses de l'appât. Je ne pourrai pas économiser assez pour... Attend, une minute. Cette clé... Ouvre t-elle ... ?

Elle arrêta de parler et s'empara de la clé de sa main. C'était bien ce à quoi elle pensait lorsqu'elle jeta un regard sur la porte clé rectangulaire, sur laquelle était inscrit " Péché Mignon''.

- Non, fit-elle en écarquillant les yeux.

- Félicitation ma chérie. Tu es désormais la propriétaire du '' Péché Mignon ''.

- Gamiel, elle prononça son prénom d'une voix audible en portant sur lui un regard teinté de surprise. C'est... Énorme.

- Est-ce des larmes que je vois glisser sur ta joue ?

Il tendit sa main vers sa joue pour les essuyer de son pouce. Alors qu'il lui la caressa ensuite Zara s'empara de sa main et déposa un baiser dessus.

- Je ne sais pas comment te remercier Gamiel pour ce beau geste.

- Tu n'as pas à le faire mon amour.

- C'est le plus beau cadeau qui m'ait jamais été offert, dit-elle tout en fixant la clé. Je n'arrive toujours pas y croire que je sois propriétaire '' du péché Mignon '' Pince moi s'il te plait . Je veux m'assurer que je ne suis pas entrain de rêver.

Gamiel éclata de rire. Il passa la main dans les cheveux en observant d'un regard amusé Zara qui fixait toujours la clé d'un air pantois.

- Quand est-ce que je peux la voir Gamiel ?

- Toute suite si tu veux.

- Alors qu'est-ce qu'on attends ? Lança t-elle avec enthousiasme en se levant de son siège.

***

Hôpital de Houston

22h du soir.

- Laissez moi entrer dans cette chambre. Je vous en supplie. Laissez-moi rester près de lui, hurla Zara en poussant de force le chirurgien.

- Je vous prie de m'écouter Mlle. Vous ne pouvez pas entrer. Il est impératif que vous restiez ici. Vous nous faites perdre assez de temps. Votre petit ami risque de ne pas s'en sortir si nous n'agissons pas vite. Laissez nous faire notre travail.

Zara observa le chirurgien disparaitre dans le bloc opératoire... Aussi étrange que cela pouvait sembler, voir ce médecin avancer dans sa combinaison bleue avait l'air d'un adieu. Elle croyait apercevoir Gamiel progresser lentement mais décidément dans le couloir de la mort. La porte se referma... Un frisson funèbre s'empara du coup de la jeune fille. Zara ne sut quand des larmes commencèrent à se frayer un chemin sur ses joues. L'on raconte que lorsque deux âmes sont intimement unies, si l'une d'elles venait à sombrer dans un gouffre, l'autre la suivrait presque aussitôt. Est-ce vrai? Nous ne saurions le dire. Néanmoins, cela ne faisait l'ombre d'aucun doute que la demoiselle vivait Déjà le supplice. Seule! Elle se retrouve seule, perdue dans un univers étranger. Tellement de choses s'étaient produites en si peu de temps. Une frayeur sans nom emplissait son âme. Elle n'eut pas le temps de penser ...

La porte se rouvrit:

Le silence du chirurgien était des plus parlants quoique pénibles.

La sentence tomba:

Elle s'effondra avant que ce dernier n'ouvrit sa bouche. Son interlocuteur eut à peine le temps de faire un pas. C'était bien ça ! Il n'était plus. Elle ne le reverrait plus jamais. Il ne sentira plus la force de son étreinte ni le parfum propre à son bien-aimé.

...

- Zara !

La jeune femme sursauta légèrement lorsqu'elle entendit son amie prononcer son prénom. Elle essuya rapidement ses larmes et referma l'écrin pour ensuite le remettre dans son sac.

- Alors tu vas chaque fois me faire ce coup et me torturer d'inquiétude ?

- J'avais besoin d'être seule un moment. Est-ce trop demandé ?

- Rentrons, tu veux ? Il va bientôt faire nuit.

- Candace j'aimerais rester encore un tout petit peu si tu me le permets.

- D'accord, Je t'attends dans la voiture, soupira t-elle.

Candace fit volte-face dans le silence et rejoignit sa voiture. Elle s'engouffra à l'intérieur de sa bagnole et observa attentivement son amie. Elle se demanda si c'était bien elle. Elle était devenue méconnaissable ! Comme elle aimerait faire quelque chose pour atténuer sa douleur. La mort de Gamiel avait creusé un grand fossé entre elles. Elle évitait toutes sortes de discussion avec elle et préférait se refermer sur elle-même. Candace ne comptait plus le nombre de fois que son amie l'avait rejetée lorsqu'elle avait essayé de la consoler.

À force de garder la main tendue, elle avait fini par se sentir inutile. Toutes ses tentatives s'étaient avérées vaines. Lorsqu'elle croyait réussir à la ramener un peu sur terre, cela ne durait qu'une seconde ou deux. Puis elle s'y replongeait de plus belle. Ces échecs répétés l'avaient amener à perdre patience. Les choses redeviendront-elles comme avant ?

- Ramène-moi à la maison.

Candace hocha la tête et attendit qu'elle mette sa ceinture avant de mettre le moteur en marche. Alors que la voiture s'engagea dans la circulation, Zara jeta un dernier regard sur l'endroit où était enterré son Gamiel. C'était bien la dernière fois qu'elle y mettait les pieds. Elle avait décidé, quelques jours plutôt qu'elle allait quitter cette ville qui lui rappelait tant son homme. C'était une décision bien assez difficile mais il le fallait pour son bien; si elle voulait tourner la page.

- Alors tu as trouvé l'endroit où tu aimerais t'installer ?

- Atlanta, répondit-elle vaguement.

- Atlanta, répéta Candace. C'est un très bel endroit pour tout recommencer à Zéro. Avec mon CV bien garni, accompagné des éloges sur mes compétences du docteur McLean je pourrai très vite me dénicher une place dans n'importe quel hôpital de cette ville.

- Je te l'ai déjà dit Candace. Il est hors de question que tu abandonnes tout pour me suivre.

- Tu oublies la promesse qu'on s'est faite toutes les trois lorsqu'on vivait dans cet orphelinat ?

- Non, soupira t-elle.

- Alors ne t'oppose pas à l'idée que je te suive ma belle. Rien de ce que tu diras ne me fera changer d'avis.

- Qu'est-ce que tu peux être têtue parfois.

- Je me dois d'être toujours à tes côtés quoiqu'il arrive.

- Tu vas bientôt regretter cette décision Candace. Crois-moi, la prévint-elle.

- Essaye toujours ma belle. Comme je viens de te le dire, rien ne me fera changer d'avis.

Zara exhala un soupir face à l'entêtement de Candace. C'est vrai qu'elle avait besoin d'elle à ses côtés mais elle ne pouvait se faire à l'idée qu'elle démissionne du poste qu'elle avait dû batailler pour l'obtenir. Elle avait encore une journée pour la dissuader et elle comptait bien réussir à la faire changer d'avis ne serait-ce que pour son propre bien.

Après une quinzaine de minutes de route, elles arrivèrent enfin à leur appartement. Zara sillonnait la grande pièce de leur appartement qui leur servait de salon et se rendit compte que cet endroit allait terriblement lui manquer. Cet endroit était rempli souvenirs qu'elle avait partagé avec ses deux meilleures amies. C'est avec un sourire jaune qu'elle prenait les escaliers pour rejoindre sa chambre. Après avoir refermé la porte, elle s'y adossa en portant un regard brouillé de larmes sur les cartons faits qui trônaient sur le parquet et lorsqu'elle tomba sur la photo de Gamiel qui siégeait toujours sur la commode, son cœur saigna de nouveau. Allait-elle survivre sans sa présence ?

Elle s'assit au bord du lit et s'empara de la photo. Elle admira ses magnifiques traits tout en ressassant les bons moments qu'ils avait partagé ensemble. Quelle vraie torture, songea t-elle amèrement. C'était assez douloureux pour elle de devoir se contenter de cette photo alors qu'elle était déjà habituée à sa chair, à son odeur et à ses blagues. À ces pensées, elle réalisa combien il sera difficile pour elle de devoir vivre sans lui.

Maudit soit cet homme qui lui avait ôté la vie.

Ce criminel lui avait enlevé tout ses espoirs, avait brisé tous ses rêves. Et la peine qu'il avait écopé pour son acte ignoble n'était pas suffisant pour payer ce qu'il avait fait. Néanmoins elle était rassurée que ce meurtrier soit derrière les barreaux. Gamiel pouvait à présent reposer en paix. C'était tout ce qu'elle avait souhaité lorsqu'elle priait pour que la police puisse mettre la main sur lui.

Elle rangea la photo dans l'un des tiroirs de la commode et troqua sa robe noire contre une robe de nuit pour ensuite se glisser sous les draps. Il fallait qu'elle trouve le sommeil car demain allait être une journée bien rude.

Le lendemain, Zara se leva presque de bonne humeur. En descendant dans la cuisine, elle fut surpris de trouver Candace. Celle-ci était occupée à éplucher des pommes de terre. À cette heure-ci elle devrait déjà être dans son lieu de travail. Candace leva les yeux lorsqu'elle sentit la présence de son amie.

- Bien dormi ? Demanda t-elle en esquissant un sourire.

- Oui. Puis-je savoir ce que tu fous dans cette cuisine alors que tu devrais déjà être sur ton lieu de travail ?

- Je n'ai plus de travail puisque j'ai déjà envoyé ma lettre de démission.

- Tu as fait quoi ? S'arlama t-elle en froissant le visage.

- J'ai démissionné , répèta-t-elle. Pourquoi prends-tu cet air choqué ? On s'était pourtant mis d'accord sur le fait que je m'installerais avec toi à Atlanta, non ?

- Je ne pensais pas que tu aurais pu démissioner aussi rapidement. Tu...

- Écoute Zara. J'ai bien réfléchi avant de prendre cette décision. Ma place est avec toi à Atlanta. Et ne t'inquiète surtout pas. Je trouverai vite du boulot grâce à la lettre de recommandation du Docteur McLean.

Zara s'assit sur le comptoir sans dire un mot. Du coin de l'oeil elle observa son amie et constata qu'elle se réjouissait. Mais de quoi ? D'avoir délibérément démissionner à coup de tête ? C'était vraiment stupide de sa part.

- Puisque tu insistes, elle murmura du bout des lèvres en haussant les épaules.

Chapitre 3

Les yeux rivés sur la porte d'entrée de son bureau, Daegan attendait impatiemment qu'Éric fit enfin son apparition. Cela faisait plus d'une quinzaine de minutes que sa secrétaire l'avait informé de sa présence et qu'il attendait désespérément qu'il vienne lui faire part de ce qu'il avait pu obtenir en menant ses recherches. Qu'est-ce qu'il pouvait bien le retenir ? N'avait-il pas conscience qu'il le faisait attendre ? Il vida d'un trait  son verre et le reposa sur le mini bar avant de s'emparer du combiné. Il rappela sa sécrétaire pour lui demander des explications. Celle-ci insistait sur le fait qu'il avait bien pris le couloir qui menait directement à son bureau.

_ Alors pourquoi n'est-il toujours pas dans mon bureau ? Il cria à l'endroit de sa secrétaire.

— Je ne saurai vous le dire Monsieur. Je ne comprends pas, il devrait être à votre bureau à l'heure qu'il est.

Daegan raccrocha et sans plus attendre sortit de son bureau. Il jeta un regard aux alentours et ne vit personne. Ce qu'il trouva étrangement bizarre. Où était donc passé Éric ? Alors qu'il extirpa son téléphone portable pour appeler ce dernier, il entendit des bruits de pas. Il releva la tête et aperçut sa petite nièce. Celle-ci accourut aussi vite et se jeta sur lui pour l'étreindre.

— Tonton !

Sa frustration s'envola aussitôt et un large sourire se dessina sur ses lèvres.

— Elle ne m'a pas laissé le temps de l'emmener vers vous, expliqua la secrétaire qui les avait rejoints.

— Elle connaît très bien le chemin Elena.

— Je vous laisse.

— Alors, qu'est-ce tu fais ici ma belle ? Où est ta mère ? S'enquit-il en la reposant sur le sol.

—  Au café avec tonton Éric. Ils discutent.

Prenant un air surpris il fronça les sourcils.

Pourquoi Éric se trouvait-il au cafétéria avec sa sœur alors qu'il devrait être même en ce moment dans son bureau pour lui faire un rapport. Et de quoi pouvaient-ils bien discuter ?

— Azalée ! Tu m'as fait un sang d'encre, s'exclama corazon qui arborait un visage angoissé. C'est la dernière fois que tu t'éclipses de la sorte. Combien de fois devrais-je te le répéter d'ailleurs ? S'emporta-t-elle.

— Je voulais voir oncle Daegan, murmura la petite en bourdonnant.

Corazon porta un regard sévère sur sa fille. C'était justement pour éviter ce genre d'angoisse qu'elle avait préféré la laisser à la maison. Elle avait insisté à tel point que Tante Babette l'avait supplié de l'emmener.

— Elle n'a rien fait de mal Corazon..

— Ah oui ? Tu trouves ? Peux-tu imaginer la peur que j'ai ressentie lorsque j'ai réalisé qu'elle n'était plus à mes côtés? Ce n'est pas pour la première fois qu'elle le fait et tu le sais bien. Cette petite a toujours le chic de me mettre dans tous mes états en se faufilant en douce. J'en ai plus qu'assez de toujours lui répéter qu'elle devrait me prévenir avant d'aller quelque part mais elle n'en fait qu'à sa tête.

Daegan ne reconnaissait plus sa sœur ; il ne lui connaissait pas ce côté là, bien évidemment puisqu'elle était d'une nature calme et ne s'emportait presque jamais encore moins quand sa fille faisait une bêtise. Il se doutait bien que quelque chose la tracassait et il n'avait pas besoin d'être un génie  pour deviner ce qui la mettait dans cet état. Il s'abaissa au niveau de sa petite nièce qui avait déjà les yeux humidifiés de larmes. Il se servit de son pouce pour les essuyer et lui murmura quelque chose à l'oreille. Elle retrouva le sourire et sautillait de joie lorsque Daegan sortit un billet de sa poche.

— Non Daegan, s'écria Corazon en arrachant le billet.

— Qu'est-ce qu'il te prend ? S'enquit Daegan en plissant le front.

— Elle finira par en prendre plus de calories si tu la pousses toujours à manger ces cochonneries. Je te l'avais pourtant refusé.

— Ne sois pas ridicule, ce n'est pas quelques glaces qui lui feront prendre du poids. Tu devrais arrêter d'infliger à cette pauvre gamine un régime aussi strict et la laisser s'adonner à ces sucreries comme tous les enfants de son âge. "Rends-moi mon billet" ordonna-t'il avec un regard sévère à l'appui.

Sous le regard opiniâtre de Dagean, Corazon se résigna à lui remettre le billet.

— Merci.

— c'est bien la dernière fois.

—  Ça suffit Corazon. Azalée, tu peux aller voir Elena pour qu'elle te prenne une glace.

— N'importe laquelle ? Demanda t-elle en sautillant.

— Oui ma belle.

Sans plus attendre, Azalée prit le Billet que lui tendit Daegan.

— Je t'en prie, ne t'éloigne surtout pas , s'écria Corazon.

— Promis maman.

— Nous pouvons oublier sa carrière, soupira Corazon de frustration.

— Arrête, tu veux ? Et si tu me disais plutôt ce qui t'amène ici. Alors tu entres ? S'enquit-il en ouvrant la porte de son bureau.

Après avoir jeté un coup d'oeil furtif à sa montre, il glissa sa main sur le dos de sa soeur et la poussa à l'intérieur de son bureau.

— Tu attends Éric , j'imagine.

— Oui, répondit-il d'une voix coléreuse. Je l'attends depuis un moment et il n'est toujours pas arrivé. Ce qui me choque le plus c'est le fait qu'il aie passé tout le temps à discuter avec toi alors qu'il devrait être ici à me faire un  rapport.

— Oh ça va, pas la peine de te mettre dans un tel état. S'il n'est pas arrivé jusqu'à ton bureau c'est parce que je lui ai renvoyé chez lui.

— Et pourquoi ? Demanda t-il en levant un sourcil d'étonnement.

— La mère d'Isabelle n'arrivait pas à le joindre. Ni toi d'ailleurs. Sa femme est sur le point d'accoucher. Elle m'a donc appelé pour que je le prévienne. Il est de son devoir d'être aux côté de sa femme.

—  Je comprends.

— Et le voici ton rapport, ajouta t-elle en lui tendant une chemise dossier.

Daegan s'en empara et s'empressa de jeter un coup d'œil. Pendant qu'il zieutait le document, Corazon prit place sur l'un des canapés de la pièce.

— Enfin une bonne nouvelle, lança finalement Daegan.

— Alors, nous avions une piste ?

— Oui, répondit-il.  Cette Zara Bishop, je crois que nous l'avions enfin trouvée.

— Je n'arrive pas  à croire qu'on aie pu avoir une piste. Après plusieurs années à la rechercher sans succès.

— Il était temps qu'on la retrouve Cora. On l'avait promis à papa, dit-il en saisissant le combiné.

— Oui Mr?  En quoi puis-je vous aider ? Lança la voix de la secrétaire à l'autre bout du fil.

— Faites moi une réservation pour Boston.

— Pour quelle date ?

— Pour demain. Je prendrai le vol de l'après-midi.

— Mais , que faites-vous de la réunion prévue pour demain monsieur ?

— Reportez le,  Elenea. Ce voyage est bien plus important  que cette réunion, déclara t-il avant de raccrocher.

— T'es-tu préparé à la rencontrer au moins ? Demanda t-elle en devinant déjà la réponse.

— Franchement non, soupira t-il.

— Alors là, je m'inquiète.

— Et pourquoi donc ? Je ne vais sûrement pas débarquer chez elle et lui annoncer qu'elle fait partie de notre famille et que papa l'a fait d'elle une héritière. J'irai pas à pas à commencer par me rapprocher d'elle et essayer de mieux la connaître. Bien ! dis moi, Quand es-tu rentrée ?

— Hier soir, nous avons passé la nuit chez Tante Babette. Damian s'est enfin réveillé du coma, ajouta t-elle d'une voix empreinte de tristesse.

— Mais c'est une excellente nouvelle, s'exclama Daegan. Mais pourquoi fais-tu donc cette tête ? Tu devrais plutôt te réjouir non ?

— Enfin, je suis heureuse qu'il s'en soit sorti.

— Alors où est le problème ?

— Le problème, répéta t-elle en quittant son siège pour rejoindre Daegan qui était adossé contre le bureau. Le problème est que...

À peine prononça-t'elle ces mots qu'elle  fondit en larmes; de quoi rendre son frère encore plus anxieux à son sujet. Il faut dire que la dernière fois où Daegan l'avait vue dans cet état était à l'occasion du décès de leur père; plusieurs années s'étaient écoulées depuis. C'était fort surprenant de la voir verser des larmes au moment où elle devrait sauter de joie. Le père de sa fille avait retrouvé ses sens: il avait survécu

Il arracha un papier mouchoir de la boite rectangulaire posée sur son bureau et le tendit à sa soeur.

— Merci, murmura-t-elle en prenant le papier mouchoir.

— Qu'est-ce qui ne va pas Corazon? Demanda-t-il tendrement.

— Je...Je savais qu'il allait s'en sortir puisque c'est l'homme le plus battant que j'aie connu. Je ne m'attendais pas à ce qu'il ouvre les yeux et me fixe comme si je n'étais qu'une parfaite étrangère à ses yeux. Au départ, j'ai cru qu'il faisait semblant de ne pas me reconnaitre vu qu'il m'en voulait de lui avoir caché l'existence d'Azalée.

— Serais-tu entrain de me dire que Damian aurait perdu la mémoire ? Fit Daegan en prenant un air choqué.

Corazon hocha la tête en se mouchant.

— Comment pourrais-je l'annoncer à Azalée. Elle était si enthousiaste à l'idée de connaître enfin son père; de lui faire entendre la chanson qu'elle lui avait écrite spécialement pour lui, ajouta t-elle dans un rire amer. Elle sera dévastée !

Chamboulé par cette nouvelle , il enlaça sa soeur et lui caressa le dos d'un geste fraternel.

Aucune langue ne saurait décrire les émotions que partagèrent ces deux âmes si familières durant la dizaine de secondes que dura l'étreinte. Le réconfort, le soulagement que lui procura son frère était bien réel. C'étaient des jumeaux. Ils avaient grandi ensemble et ont tout appris à deux. Aucun des deux ne se connaissait autant que le connaissait l'autre. Cette proximité s'avérait si précieuse dans un moment comme celui là. Daegan n'avait pas besoin de sentir quelque chose d'intense ou de spécial. Il n'avait qu'à être là,... Sa présence comptait beaucoup. Et même si les mots d'encouragement tardaient à venir, ce n'était pas le plus important. Il était présent. C'était assez.

Et comme il aimerait tant apaiser sa douleur, il avait horreur de la voir dans cet état.

— Tout est de ma faute Daegan, couina t-elle en redoublant ses sanglots.

— Ne dis pas ça Corazon. Tu n'y es pour rien. Arrête de te culpabiliser pour une chose que tu n'as pas orchestré.

— Comment peux-tu me dire cela ? Elle vociféra en se retirant de son étreinte. Aurais-tu oublié que s'il est dans cet état c'était à cause de cet accident dont je suis la responsable ? C'était moi qui avait commencé cette dispute et c'était toujours moi qui était au volant.

— Je n'ai pas oublié Corazon. Damian avait fait preuve d'imprudence. Il n'aurait jamais dû vouloir te prendre le volant de force.

— Il voulait m'arrêter puisque je conduisais à une vitesse supérieure sous l'effet de la colère. Ne me cherche pas d'excuse Daegan. Damian ne se souviendra jamais de nous à cause de moi. Je me déteste tellement.

— Sèche tes larmes, si Azalée te voit dans cet état, elle te posera des questions. Je suis sûr que tu ne veux en aucun qu'elle apprenne la nouvelle.

— Je ne supporterai pas de la voir triste. Oh ! c'en est trop Daegan. Je ne sais pas si je pourrai  endurer cette situation encore longtemps. Un jour à l'autre il faudra que j'en parle à Azalée.

— Allez viens on va s'asseoir, il l'incita en la poussant vers le canapé. Alors, quel est l'avis du médécin concernant son état ? A-t-il espoir qu'il recouvre la mémoire ?

— Je sais pas Daegan. Le médecin trouve que...

À peine A-t-elle articulé ces mots qu'Elena surgit dans le bureau avec une expression alarmée sur le visage.

— Qu'il y-a t-il Elena ? Demanda Daegan d'une voix craintive.

— C'est la petite, elle a disparu.

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LA FAUSSE HÉRITIÈRE

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