Chapitre 1
Lors d'un dîner de famille, ma mère m'a tendu des photos d'hommes et m'a demandé avec lequel je souhaitais contracter un mariage arrangé.
Dans ma vie actuelle, au lieu de choisir la photo de Benoit, j'ai sorti une autre de mon sac.
Sur cette photo figurait Charlie Gautier, l'oncle de Benoit, mais surtout, le véritable chef de famille Gautier.
Ma mère a été stupéfaite. Après tout, j'étais amoureuse de Benoit pendant de nombreuses années.
Pourtant, elle ignorait que dans ma vie antérieure, j'avais épousé Benoit et il rentrait rare à la maison.
Je pensais qu'il avait un emploi du temps chargé et je m'étais toujours reprochée pour son indifférence.
Le jour de notre vingtième anniversaire de mariage, par accident, j'avais brisé la boîte qu'il gardait précieusement sous clé depuis des années.
J'avais alors découvert que la femme qu'il aimait depuis toujours était ma sœur.
S'il rentrait rare à la maison, c'était simplement parce qu'il ne voulait pas me voir.
Mais lors de mon mariage, voyant que Charlie et moi avons échangé les alliances, Benoit a perdu complètement la raison.
Le lendemain de l'annonce du mariage arrangé, j'ai rencontré Benoit.
Ses amis m'ont vue et ont fait exprès d'appeler Benoit à voix haute :
« Benoit, ta fiancée est là. »
En un instant, tous les regards se sont tournés vers nous.
Benoit a haussé les sourcils et m'a lancé un regard impatient :
« Jade, j'ai voulu te régler ton compte, mais tu viens à moi en premier.
Tu as osé prendre la décision d'allier la famille Gautier à la famille Leblanc sans mon consentement ! N'as-tu pas honte ? »
Ses mots m'ont figée.
« Mince alors ! J'ai oublié que l'oncle de Benoit portait aussi le nom de Gautier. »
Bien que je me sois préparée, son regard de dégoût me faisait de la peine.
J'ai pris une profonde inspiration, essayant de garder mon sang-froid.
« Ce n'est pas toi que je vais épouser. »
À peine avais-je fini que ses amis ont éclaté de rire.
Ils ont tapé sur l'épaule de Benoit en disant :
« Benoit, ta fiancée a de l'humour. »
« Faut lui dire ne pas inventer de telles excuses, sinon elle va se ridiculiser. »
Moqué par ses amis, Benoit s'est assombri, il était plus énervé :
« Jade ! Tu en as assez de ce cirque ?
Tu cries tout le temps que tu veux m'épouser, et maintenant tu joues la difficile ? C'est dégoûtant ! »
Il me regardait de haut, puis il a eu un petit sourire. Il s'est penché sur moi et me parlait à l'oreille :
« Je vais te donner le statut que tu désires.
Mais jamais je ne signerai ce mariage, jamais je ne te reconnaîtrai. »
J'ai été surprise par ses paroles. Dans ma vie antérieure, il n'avait pas eu ces idées.
Serait-ce possible que… ?
Avant que je ne puisse réagir, j'ai remarqué que ses yeux brillaient d'excitation.
Je suivais son regard et j'ai vu Cécile, ma sœur.
En nous voyant côte à côte, elle a eu immédiatement les larmes aux yeux.
« Benoit, j'ai tout appris. Je… je vous souhaite un mariage heureux. »
À peine avait-elle terminé qu'elle a couvert son visage et a éclaté en sanglots.
Voyant cela, Benoit m'a lancé un regard de haine.
« Jade, tout est de ta faute ! Tu me dégoûtes ! »
Quand j'ai repris mes esprits, il s'est déjà précipité vers Cécile pour la prendre dans ses bras.
Chapitre 2
Ils s'enlaçaient sans se soucier du regard des autres, et ont même commencé à s'embrasser devant tout le monde.
Il la tenait par la taille avec tendresse, tandis qu'elle s'accrochait à son bras naturellement.
Par rapport à eux, on disait que c'était moi la maîtresse.
Ses amis se régalaient de la scène, et certains, bien trop contents de mettre leur grain de sel, se parlaient en chuchotant :
« Si j'étais Jade, je voudrais que la terre m'engloutisse. »
« Son fiancé et sa sœur sont ensemble. Elle peut rester encore là ! »
Je savais qu'ils attendaient de me voir perdre la tête et faire un scandale comme autrefois, juste pour attirer l'attention de Benoit.
À ce moment-là, Benoit me faisait face.
Voyant que je restais impassible, il a ricané, l'air satisfait.
Il s'apprêtait à parler, mais je ne lui en laissais pas le temps.
Je me suis détournée et est sortie directement par la porte.
J'ai appelé le chauffeur. J'allais partir quand une voiture noire s'est arrêtée devant moi.
La vitre s'est abaissée et j'ai vu Benoit.
« Monte. »
Je voulais refuser, mais j'ai vu Cécile assise à l'avant.
Benoit s'est aperçu de mon hésitation, il a dit avec les sourcils froncés :
« Le siège avant n'est pas pour toi. »
Je n'ai pas répondu. Et Cécile s'est mise à parler avec les yeux rougis :
« Jade, Benoit s'inquiète pour moi, donc… Pardon. Je vais descendre tout de suite. »
Mais bien qu'elle dise cela, elle n'a pas bougé du tout.
Benoit lui a pris la main et m'a jeté un regard froid :
« Ne sois pas trop dure avec Cécile. Si tu ne veux pas monter, dégage. »
Je n'ai rien dit. Je me suis dirigée calmement vers la portière arrière.
Voyant que je ne protestais pas, Cécile a caressé sans gêne la joue de Benoit :
« Benoit, que penses-tu de cette crème pour les mains ? Elle sent bon, non ? »
Ses doigts fins glissaient doucement sur son visage.
Je pouvais entendre qu'il a avalé la salive et leurs souffles s'alourdissaient. Ils se regardaient affectueusement.
Au moment où ils allaient s'embrasser, j'ai fait claquer la porte arrière.
Sursauté, Benoit a retourné la tête, mais la banquette arrière était vide.
Il a compris que j'ai refermé la portière avec force.
Il a été irrité et est sorti précipitamment de la voiture. Il m'a demandé :
« Tu vas où ? »
Je le fixais sans rien dire, puis j'ai désigné une autre voiture qui venait d'arriver.
« Pas besoin de me raccompagner. Mon chauffeur est là. »
Benoit devait apercevoir quelque chose d'étrange dans mon attitude, mais, trop sûr de lui, il croyait que ce n'était qu'une énième provocation de ma part.
Il m'a rattrapée et a sorti de sa poche une bague et me l'a glissée dans la main.
« Arrête tes jeux ridicules. Tu es ma femme. Même si ce n'est que sur le papier, ton comportement me fait honte. »
Je le regardais et lui a répondu d'un ton calme :
« Et qui est ta vraie femme ? Cécile ? »
Mes mots l'ont énervé. Mais il a dit avec un air triomphant :
« Ta gueule. Cécile n'est pas comme toi. Elle est douce, gentille et simple. Tu n'es qu'une femme vulgaire.
Si tu oses la dénoncer ou lui faire du mal, tu deviendras la risée de tous lors du mariage. »
À ces mots, je voulais rire.
Il ne voulait pas endosser le rôle du salaud, mais ne pouvait se détacher de Cécile.
Alors il me faisait porter le fardeau de tous leurs péchés.
Je l'ignorais et est montée dans la voiture.
En route, j'ai vu une photo postée par Cécile sur les réseaux sociaux.
Sur la photo, elle portait un diamant rose, luisant dans la pénombre.
J'ai reconnu cette pierre de près de dix carats : elle avait été achetée aux enchères récemment, pour un prix faramineux.
Donc, le mystérieux acheteur était Benoit.
J'ai sorti alors la bague qu'il venait de me donner, un minuscule diamant. J'y regardais de plus près.
C'était un « cadeau » de la maison de vente, offert lors de l'achat du diamant rose.
Quand je rangeais cette bague dans ma poche, mon téléphone a sonné.
J'ai vu le nom sur l'écran et j'ai décroché.
« Benoit, si tu m'épouses, que faire pour Jade ? »
« Cécile, c'est toi que j'aime. Elle ne le mérite pas. »
Le bruit écœurant de leurs baisers m'a frappé le tympan.
J'ai raccroché, dégoûtée.
Puis j'ai reçu un message de Cécile :
« Jade, la maîtresse est celle qui n'est pas aimée.
Tu as été avec Benoit pendant des années. Il est temps de m'offrir ta place. »
Chapitre 3
Dans la vie antérieure, même si Cécile avait eu quelques liens avec Benoit, elle n'avait jamais osé les exposer au grand jour. C'était quelques petites manigances.
Pas étonnant qu'en à peine deux ou trois jours, presque tout le monde soit déjà au courant de leur relation.
Pensant à ma vie passée, mon regard s'est assombri.
Après le mariage avec Benoit, les affaires de son entreprise familiale avaient connu une ascension fulgurante, jusqu'à figurer sur la liste Forbes.
Les membres de la famille Gautier m'appréciaient beaucoup, affirmant que j'étais une femme porte-bonheur.
Même si Benoit m'ignorait complètement, la gentillesse de sa famille m'avait touchée.
Mais j'avais cessé cette boîte, toutes les illusions avaient été dissipées.
La porte s'est ouverte. Ma mère m'a ramenée à la réalité. Elle est venue me dire que Charlie allait rentrer.
Je me suis figée, sans répondre.
Elle voulait ajouter quelque chose, mais a fini par pousser un soupir. Puis, elle est sortie.
Je n'ai jamais cru que dans ma vie antérieure, ma mère ignorait ce qui s'était passé.
Mais elle n'en avait jamais soufflé mot.
La famille de Benoit m'aimait bien, certes, mais sans véritable affection.
Sinon, pourquoi auraient-ils aidé Benoit à me cacher la vérité ?
Le seul qui détonnait dans cette famille, c'était Charlie.
Il s'était installé à l'étranger et ne s'était jamais marié. Je n'en gardais que peu de souvenirs.
Juste qu'il prenait soin de moi. Il réprimandait parfois même Benoit pour qu'il me traite mieux.
C'était pourquoi je l'ai choisi pour cette alliance.
Je me disais que, s'il fallait vraiment se marier, autant choisir quelqu'un comme lui, plutôt qu'un parfait inconnu.
Mais au fond, j'avais peu de confiance.
En tant que véritable chef de la famille Gautier, je doutais qu'il accepte une union aussi précipitée.
Et pourtant, tout s'est bien passé.
D'après ma mère, il était d'accord après un bref silence.
Le lendemain, je me suis rendue tôt au bureau pour finaliser un projet sur lequel je travaillais depuis un moment.
C'était un cadeau de mariage pour Charlie.
Le client de ce projet était Groupe MI, le plus grand fabricant de produits électroniques du pays.
Si on décrochait ce contrat, son entreprise serait dans le top 3 des plus grandes entreprises de la ville.
Ce projet, je l'avais conçu pour Benoit.
Chaque détail avait été pensé en fonction de la situation de son groupe.
Mais maintenant, mon fiancé était Charlie.
Il me fallait donc tout réadapter à sa société.
J'avais veillé plusieurs nuits pour finir ce projet.
Une fois le travail terminé, je massais mes yeux fatigués et est descendue acheter un café.
Mais quand je suis retournée pour peaufiner les derniers détails du contrat, j'ai découvert avec stupeur que le projet avait disparu de mon ordinateur.
Paniquée, j'ai sorti mon téléphone pour consulter les caméras de surveillance.
J'ai vu une personne qui portait masque et casquette, dissimulant entièrement son visage.
Mais la bague à diamant rose trahissait son identité.
Je tremblais de colère et j'ai foncé droit dans le bureau de Cécile.
Une fois entrée, j'ai vu Benoit assis sur le bureau, serrant Cécile dans ses bras.
Quand ils se sont séparés, je pouvais voir la salive sur leurs lèvres.
Sans réfléchir, j'ai saisi le poignet de Cécile et hurlais :
« Cécile, pourquoi tu as touché mon ordinateur sans ma permission ? »
Benoit m'a brutalement repoussée, il a dit d'un ton furieux :
« Jade, as-tu perdu la tête ? »
Cécile, telle une pauvre enfant innocente, s'est réfugiée derrière lui en sanglotant :
« Jade, pardon. Je ne voulais pas le supprimer, crois-moi.
Je suis désolée, je vais me mettre à genoux pour m'excuser. Peux-tu me pardonner ? S'il te plaît. »
Puis elle était prête à s'agenouiller.
En la voyant ainsi, Benoit avait du pincement au cœur. Il l'a prise dans ses bras pour l'empêcher.
« Jade, arrête ta connerie ! »
« C'était un cadeau de mariage pour mon fiancé ! » j'ai crié, ivre de colère.
Benoit a ricané avec mépris :
« Ton fiancé, c'est moi, non ?
D'accord, merci pour ton cadeau. C'est bon maintenant, arrête de faire ton scandale.
Franchement, je ne vois pas pourquoi tu es en colère. »
J'ai baissé la tête et j'ai vu l'écran de l'ordinateur de Cécile.
Elle était en train de remplir un simple tableau.
J'ai pris une tasse d'eau et l'ai versée sur l'ordinateur. Des étincelles jaillissaient, le plastique a grésillé.
Cécile s'est levée d'un bond, s'accrochant au bras de Benoit :
« Benoit ! Mon tableau ! »
J'ai ricané :
« Ce n'est qu'un simple tableau. Franchement, je ne vois pas pourquoi tu es en colère. »
Benoit me dévisageait, il s'est rendu compte que quelque chose clochait.
Alors que je tournais les talons pour partir, il voulait me retenir.
Mais Cécile l'a attrapé par la manche :
« Benoit, je crois que je me suis brûlée avec l'eau chaude, ça fait mal.
C'est ma faute. Tu devrais aller voir Jade. »
Benoit a hésité un instant, il a retiré sa main et s'est tourné vers Cécile :
« Tu n'as rien fait de mal. C'est Jade qui cherche les ennuis. »