Chapitre 2

Partie 4

J’ai commencé à pleurer, tout doucement, je ne voulais qu’une chose mourir. L’homme c’est approché de mon lit et a engagé la conversation, il voulait savoir si j’avais besoin de quelque chose ou si je me sentais mal. Je n’eus que la force de lui dire : Je veux juste mourir, qu’on me laisse mourir en paix, dites-leur de me laisser mourir… Il essayait de me consoler et je continuais : vous ne comprenez pas, vous ne savez pas et vous ne pouvez même pas imaginer ! Ma vie ne vaut pas la peine d’être vécu… Mourir, je veux juste mourir… L’homme c’est assis auprès de moi, et m’a pris la main avec une infinie douceur… et à commencer à me parler…

Lui : D’accord je ne sais pas, je en sais rien et donc je ne peux pas comprendre mais je sais une chose, vous souffrez tellement ici que vous voulez mourir, mais si vous ne faites pas la paix avec votre créateur, vous allez passer l’éternité à souffrir. Et une souffrance pire que celle que vous voulez fuir…

Moi : ça ne s’arrêtera donc jamais ?

Lui : tout peut s’arrêter, mais tout dépend de vous ? Le voulez-vous ?

Moi : Que Dois-je faire ?

Lui : Accepter Jésus Christ comme votre Seigneur et Sauveur ?

J’ai juste remué la tête faiblement, et dit oui je le veux.

Lui : répétez après moi : « Dieu, je sais que tu es bon et plein d'amour. Tu as créé ce monde merveilleux dans la perfection. A cause du péché, il a été corrompu et attend ton renouveau. Merci d'avoir envoyé Jésus mourir à ma place sur la croix pour le pardon de mes péchés. J'ai dirigé jusqu'à présent ma propre vie et j'ai péché contre toi en ne te reconnaissant pas comme le Dieu de ma vie, mais maintenant je m'en repends et veux la vivre pour toi, veuille m'aider à me consacrer à toi et à vivre pour te plaire. Monte sur le trône de ma vie. Fais de moi la personne que tu désires que le sois. Merci de m'avoir donné la vie nouvelle, sur la terre comme au ciel. Au nom de Jésus-Christ. Amen."

J’ai murmuré cette prière comme on s’accroche à une bouée de sauvetage puis ce fut le trou noir… j’entendais un bip d’alarme s’éloignant jusqu’à plus rien.

J’ai rouvert les yeux, j’avais mal partout et soif, j’ai ouvert les yeux et cet homme était assis près de mon lit. Je voulais parler mais j’avais la bouche sèche, il se leva et me fit boire de l’eau. Il me dit j’appelle les infirmières. Dans la minute la chambre était pleine de monde. On m’examinait, prenait mes constante et j’entendais dire, elle revient de loin… Une paix m’habitait. Quand la chambre se vida je pu enfin parler avec l’homme.

Il me fit savoir qu’il était 23h et ça faisait 4 jours que j’étais dans le coma. Les médecins ne donnaient pas cher de ma peau. Il se présenta, le Pasteur Raphael, il était au chevet de sa mère qui était en phase terminale d’un cancer. Elle était décédée, en début de soirée… Non il n’était pas triste parce qu’elle était entrée dans la lumière de son sauveur. Mais il s’inquiétait pour moi. Oui un homme était venu tous les jours, il n’était pas resté longtemps, mais à chaque fois il s’était entretenu longuement avec le corps médical. Non l’homme ne l’avait pas vu à mon chevet…

Cette information m’apaisa car je redoutais les conséquences qu’aurait pu avoir cette rencontre dans ma situation. Je lui fis comprendre que j’étais fatiguée mais qu’il ne fallait pas que l’homme le voit près de moi. Ce la pouvais me créer des problèmes. Il me fit comprendre que tout irai bien.

Je passais encore 10 jours en hospitalisation. Le Pasteur Raphaël revint me voir tous les soirs après l’heure des visites, je n’ai jamais su comment il a pu faire ça. Il me lisait la Parole de Dieu et m’exhortais à faire confiance à un Dieu d’amour. Au bout du 5ième jour je voulu confesser mes péchés, il m’écouta, sans me juger. Il pria pour que Dieu panse mes blessures et qu’il me donne la force de sortir de là. Il partit ce soir-là, je pensais ne plus le revoir, mais il revint. Il m’exhorta à lutter pour recouvrer la santé. Il me rappela mes enfants, qui étaient à la merci d’Eric et de Hilda. L’avant dernier jour, il me demanda juste de tenir encore un peu, et que certainement il se passerait quelque chose. Il me fit apprendre son numéro par cœur. Et il me dit qu’il ne m’oublierait pas. Et que Jésus ne le permettrais pas…

Dès que j’ai repris connaissance, Eric à commencer à venir me voir en coup de vent à la pause de midi. Il voulait juste s’assurer que je n’avais pas parlé des conditions de l’agression, que je ne les avais pas impliqué. Il s’entretenait longuement avec les médecins, il voulait me ramener chez lui, les médecins ne cédaient pas. Une assistante sociale vint me voir pour me poser des questions. Je ne voulais pas en parler car je craignais pour ma vie et celle de mes enfants, mais il leur semblait clair que qu’il y avait un problème.

Fortifiée par les paroles du pasteur, et désormais déterminée à lutter pour extraire mes enfants de cette vie-là ce fut moi qui parlai de rentrer à la maison à Eric. Je lui fis comprendre qu’on me posait trop de question et que cela devenait difficile de tenir, mais que je craignais qu’Hilda ne recommence avec ses mauvais traitements alors que je n’étais pas bien remise. J’appris à cette occasion qu’Hilda partais en voyage dans un autre pays pour 1 mois. Et qu’il me promettait d’être tranquille pendant ma convalescence. Il fut donc convenu qu’il viendrait me chercher dès après l’avoir déposée à l’aéroport.

Je du donc retourner dans ma cave… mais j’étais mieux traitée par Eric, qui avait pris une nounou en mon absence pour les enfants. Il m’avait fait mettre un lit d’appoint dans la nurserie et je pouvais dormir avec eux. JE repris des forces. Eric avait presque l’air humain, mais parfois je sentais dans son regard qu’il n’attendait que la première occasion pour retourner à nos anciennes pratiques. Et cela m’effrayait…

Je vais m’arrêter là pour ce soir… car il est l’heure du dîner… Je continuerais à la séance de demain soir. Que Dieu nous garde.

Partie 5

(Pasteur Paul-Yvann)

Les lumières se sont rallumés, nous avons priés pour la fin. Et nous sommes dirigés vers le restaurant pour le dîner. Mon cœur bat à 200 à l’heure, j’espère plus que tout qu’elle dînerait avec nous, mais j’arrive juste à temps dans le hall pour voir l’ascenseur se refermer sur son dos.

Je me suis assis dans le salon le plus proche. J’avoue au-dedans de moi je suis perturbé par cette histoire, j’ai envie de pleurer comme si c’est à moi qu’on avait fait tout ceci, ou du moins à quelqu’un de très proche de moi… Je ne sais pas quoi faire… J’ouvre mes yeux et je me rends compte que la plus part des participants sont déjà au restaurant. Il est 20h30, dans une heure nous avons un temps de louange. Mais avant j’ai besoin de me retrouver.

Je commande un sandwich et une boisson. Heureusement que Papa Avome m’a remis un peu d’argent. Je monte dans ma chambre, je prends une douche chaude pendant de longues minutes. Je sors de la douche, ah le confort mine de rien c’est agréable. Juste le temps de me revêtir que le room service tape. Mon sandwich et ma boisson que j’avale à la quatrième vitesse avant de prendre ma bible et de méditer un moment… Très vite mon esprit s’éloigne de ce que je lis.

Cette jeune femme, Cassandra, je suis sûr qu’elle a un lien avec la vieille dame de Libreville. Sa vie est encore menacée donc nous ne savons pas d’où elle vient. Les blancs, avec leur Evangile « normal »là, qui me croira si je parle d’une vision ? Humm est ce qu’ils ne vont pas penser que je suis du même bord que ceux qui en veulent à sa vie ? Hummm ce n’est pas ce qu’on n’a jamais vu hein, des pasteurs brigands… Ohhhh Seigneur que dois-je faire ????

Je regarde ma montre il est 21h25, il faut que je descende… 1h30 d’adoration, ça ne peut me faire que du bien en ce moment. Le moment est simplement divin, il est conduit par des chantres américains que je connais de renom. Je ne connais pas tout leur répertoire, mais la présence de Dieu est palpable. Et je me laisse envahir par sa douce présence. Je sens mon assurance grandir… Mais déjà le moment tire à sa fin… Il est 23 h 20 quand je reprends l’ascenseur. En arrivant sur mon pallier je croise des pasteurs de la France et du Québec, nous échangeons quelques mots. Ils vont à la prière d’intercession de 23h30 à 2h30 du matin. J’entends dans mon esprit, vas-y de toutes les manières tu ne pourras pas dormir. Je les informe que je vais juste prendre un pull et que je les rejoins.

Dans le couloir un petit sourire flotte sur mes lèvres. Donc les blancs font veillées de prière ??? En tout cas merci Seigneur pour la délivrance des préjugés hein !

Le moment est intense, il est conduit par un pasteur sud-américain et nous portons nos casques de traduction, mais quand nous prions il n’y a plus de barrières de langues. Avant que nous allions le temps de sentir la fatigue il est presque 3h du matin. L’équipe qui doit prendre la relève pour le reste de la nuit est là. Discrètement, nous nous éclipsons. Je suis bien, calme. J’entends dans mon dos :

Pastor ?

Je me retourne pour voir un pasteur noir américain qui vient vers moi.

Do you speak english ?

No, i’m a french man (je me dis qu’il veut me demander un renseignement)

Pas grave me dit-il, avec un fort accent anglophone, est ce que je peux te parler ? Juste 2 minutes ? De la part du Seigneur…

Je le regarde et j’acquiesce. Nous nous asseyons, là il me dit : Pendant le temps d’intercession, j’ai reçu pour toi ce message. « La moisson du Seigneur est grande, mais il n’y a pas beaucoup d’ouvrier ! Ils ont prié pour que j’envoie des ouvriers dans mon champ, et je t’envoie travailler dans ce champ. Ouvre ton cœur, parce que je frappe à ta porte… »

Je le regarde perplexe… Il pense que je ne comprends pas son français, mais je le rassure :

Si j’ai bien compris.

Il conclut en me disant, si tu ne comprends pas encore bien, demande au Seigneur, car il n’y a que lui seul qui a l’explication. Je le remercie et je remonte dans ma chambre.

J’ai compris le message, cela à un rapport certain avec ces deux femmes. Ce que je ne comprends pas c’est ce que je dois faire et surtout pourquoi j’ai aussi mal quand je pense à ce que Cassandra a vécu. Ce n’est pas une douleur émotionnel, c’est physique j’ai mal dans les côtes, comme si on me frappait.

Je regarde l’heure il est presque 4h, il fait jour à Abidjan. J’appelle mon assistant. Je lui demande des nouvelles et je lui demande de rentrer dans un jeune et prière avec les anciens et les responsables pour me soutenir. Il me connait il ne pose pas de question, ça sera fait et il raccroche. Je consulte le programme du lendemain matin. La première session qui m’intéresse, un atelier commence à 10h. J’ai quelques heures de sommeil devant moi.

J’éteins tout.

Lorsque mon réveil sonne il est 9h, trente minutes plus tard je suis au petit déjeuner. De ma table j’aperçois la délégation de Cassandra. Sans elle… Je fouille dans ma mémoire à la recherche de quelques mots d’espagnol, ça ne vient pas. Bon je passe en faisant un signe la main, ils me répondent chaleureusement.

A 10h je suis en salle pour un atelier. L’intervenant, un pasteur canadien nous parlait de l’importance de l’empathie en relation d’aide. C’est très profond, et ça me permets de comprendre bon nombre d’expérience que j’ai eu, pourquoi certaines avaient abouti à une guérison et d’autres non… Vraiment, le ministère pastoral là ce n’est pas une affaire au feeling hein… Tout est dans la Bible.

Il est midi, j’espère que Cassandra sera présente au déjeuner. Je me sers et vais m’asseoir à une table. Dans les 5 minutes la délégation de Cassandra me rejoint… J’esquisse un sourire et dans mon cœur je dis merci Seigneur. Nous essayons d’échanger timidement en anglais, quand arrive son accompagnatrice principale. Elle s’assoit à la table et me demande de lui passer le pain, en français…

Les choses se précisent...

Chapitre 3

Partie 6

Cet après-midi, je vais faire une excursion dans Boston organisée par la conférence je ne peux pas retourner à Abidjan sans avoir rien vu d’autre que l’hôtel et l’aéroport quand même. La ville est agréable, beaucoup de Building et de béton et pour compenser beaucoup de parc. Rien à avoir avec l’ex jardin du plateau hein… Des parcs sur de nombreux hectares bien entretenus. Nous visitons le « Boston Children’s Museum », nous immortalisons chacun de nos passages. Je fais beaucoup de photos, lors de notre passage à Chinatown j’ai l’impression de me retrouver à shangai ! Des asiatiques partout, des magasins asiatiques partout… C’est beau en tout cas… il est 16h, nous revenons à l’hôtel.

Je vais me préparer. Une fois dans ma chambre je me mets à genoux devant mon lit. Je commence à prier, j’ai besoin d’avoir un mot du Seigneur. J’ai besoin de comprendre à quoi il m’appelle, dans quel champ il m’envoie. L’image de Cassandra s’impose à moi, je la revois toute douce, belle avec une ombre dans le regard, je recommence à sentir cette douleur dans les côtes… violente, puis elle s’estompe. Je prie pour elle, pour que la Joie du Seigneur soit sa force, pour que ses ennemis soient mis en déroute et qu’elle ait la paix du Seigneur pour élever ses enfants. Il est l’heure, je descends pour la séance.

On s’installe tous impatient d’entendre la suite de son témoignage.

(Cassandra)

Un matin alors que je promène les jumeaux dans un parc quasiment désert je remarque une mamie, ce n’est pas la première fois que je la vois. Je décide de m’asseoir à côté d’elle pour reprendre mon souffle. Elle regarde les bébés et me dit, vos enfants sont beaux Raphaël avait raison. Je suis étonnée, je lui demande, comment ça raison ? La dame m’explique qu’au cours d’une de leur prière le Pasteur Raphael leur a parlé de moi et de mes beaux enfants que le Seigneur voulait nous mettre au large. Pendant dix minutes nous échangeons puis je repars.

A partir de ce moment-là je recevrais des instructions. Régulièrement, profitant de l’absence de Hilda je fouille le bureau d’Eric et je retrouve mes papiers que je photocopie et surtout ceux des enfants, car grâce à eux je peux bénéficier de la nationalité du pays. Donc je peux éviter d’être identifié par mon ambassade. Je ne sais pas comment ils font mais très vite, grâce aux photocopies, les enfants et moi obtenons nos passeports. Il faut faire vite, je ne sais pas comment tenir, car Eric à recommencer à me faire des avances, mais je ne suis plus sensible à cela, je ne suis plus soumise comme auparavant, je ruse pour repousser l’échéance. Mais un soir il me dit dans deux jours Hilda sera là et tu devras te soumettre. J’ai peur, le lendemain au parc je parle à la grand-mère, elle me dit soit patiente et forte, ne craque pas maintenant, pense à tes enfants. Nous prions et programmons de nous voir le lendemain à 16h. J’en ai besoin car Eric part de la maison à 15h45 pour l’aéroport. Hilda arrive par le vol de 18h30. Je sais que qu’ils iront au restaurant avec des amis avant de rentrer. J’ai entendu Eric commandé une table pour 20h. J’ai peur. Il m’a dit de me préparer, ce qui signifie que ce soir prennent fin mes congés maladies.

A 16h, je suis partie au parc avec les enfants. Et c’est la dernière fois que j’ai vu Eric de ma vie… Je ne vous expliquerais pas comment j’ai quitté le pays, pour permettre à ses braves gens sans histoires de continuer à sauver des vies tenues captives.

(Pasteur Paul-Yvann)

A ce moment-là une acclamation monte de la salle, je sens que tout le monde attendait la délivrance, chacun redoutait qu’elle subisse les assauts de ses bourreaux après avoir accepté le Seigneur Jésus.

(Cassandra)

Elle continue son récit, 2 ans sont passés depuis que j’ai été exfiltré avec mes enfants de ma prison de prostitution. Deux ans que je vis cachée. J’ai failli être retrouvée une fois. Une année était passée et je me sentais en sécurité, j’avais une nouvelle vie, une nouvelle identité et j’ai contacté ma mère, le lendemain des gens sont venus demandés des renseignements sur moi dans mon immeuble. J’ai dû être exfiltrée à nouveau. Plus tard nous avons appris que ma famille était étroitement surveillée et que la mafia était à mes trousses. Eric n’ayant pas supporté la perte de ses enfants avaient fait un scandale et attiré les regards des autorités sur les activités de beaucoup de ces maisons du plaisir. Ils avaient dû fermer libérer des filles et donc perdu beaucoup d’argent. Je devais payer ce prix-là de ma vie et de celle de mes enfants.

Mais aujourd’hui j’ai la paix du cœur, le Seigneur m’a pardonnée, et j’ai fait la paix avec moi-même. Ça a été un travail de longue haleine, pour que je me débarrasse du sentiment de culpabilité et de dégoût de moi-même.

C’est la première fois que je viens rendre mon témoignage, et l’auditoire a été soigneusement choisi pour ne pas que je cours de risque, car si la Mort m’ai un gain depuis que Christ est ma vie, la sagesse recommande de penser à mes enfants mais surtout à ceux que le Seigneur à utiliser pour me délivrer. Ce sont des personnes que Dieu pourrait à nouveau utiliser, il ne faut pas annuler cette possibilité.

Ma famille ne sait pas ce que je suis devenue et depuis lors je n’ai plus aucun contact. Un jour peut-être, Dieu est souverain…

(Pasteur Paul-Yvann)

Je suis subjugué par la force tranquille qui émane d’elle. Elle continue à nous parler de son parcours en relation d’aide, de sa délivrance par des pasteurs pentecôtistes et de comment le Seigneur a restauré son être entier lui faisant grâce d’une seconde vie quasiment. Sans maladie et sans séquelle aucune de ses années de souffrance. Les jumeaux vont bien, ils grandissent dans un environnement sain.

Elle nous remercie, nous encourage à prier pour elle, pour qu’un jour enfin elle puisse aller par tout le monde raconter de quoi le Seigneur l’a délivrée. Elle finit en entonnant un cantique en Espagnol :

Tu fidelidad es grande

Tu fidelidad incomparable es

Nadie como Tu bendito Dios

Grande es tu fidelidad

Ta fidélité est grande

Ta fidélité est incomparable

Nul n'est comme Toi, mon Seigneur

Grande est Ta fidélité

Sa voix est d’une telle pureté que comme un seul homme nous le reprenons en cœur et la fin de la séance est un intense moment d’action de grâce. Il est 19h30 quand nous sortons de la salle.

Partie 7

Des discussions et des rires fusent de partout, je viens d’arriver au restaurant de l’hôtel. C’est le grand dîner de fin de séminaire. Pasteur Jordan (le pasteur qui m’avait interpellé à la fin de la veillée pour me donner un message, vous vous souvenez) et moi avons sympathisé, partagé nos expériences. Il veut même venir me voir en côte d’ivoire. Nous scrutons la salle à la recherche d’une table, il me fait signe… 2 places, à la table de Cassandra… Elle est assise avec sa délégation. C’est la première fois qu’elle prend le repas avec l’ensemble du groupe.

Nous nous installons, après quelques salutations. Mon cœur bat la chamade, je ne sais pas quoi dire alors je me concentre sur le déroulement de la soirée. Au pupitre le maitre de cérémonie, explique, qu’au cours du dîner, des ministères de relations d’aide dont le témoignage et l’impact ont été étudié par un jury recevront une aide du comité central pour pouvoir continuer leur action. Je me dis, ils en ont de la chance hein... Nous, on a pas de relation ohhh.

MC : Nous allons à présent vous présenter des reportages sur les ministères qui ont été retenu.

Le premier reportage est celui d’un ministère syrien qui aide des musulmans convertis qui sont persécutés à vivre leur foi et les aide socialement. Le pasteur a été emprisonné, mais il a converti près d’une centaine de prisonnier alors ils l’ont libéré. Il a déménagé à la frontière du Liban et depuis le Seigneur béni son ministère. Nous voyons de nombreux témoignages.

Clap clap clap clap clap (applaudissement de la salle)

Le second reportage est celui d’une mission, aux philippines, qui œuvrent auprès des prostitués mineurs, qui les aident à s’affranchir de leur proxénète, et les scolarisent leur permet d’apprendre un métier et les aide à s’installer dans la vie. Elles deviennent des femmes responsables et témoigne de Jésus…

Clap clap clap clap clap (applaudissement de la salle)

Je suis concentré quand je vois apparaitre à l’écran l’image de mon assistant qui parle de ce que nous faisons avec nos maigres moyens. Je suis dépassé ! Mais à quel moment ils ont tourné ce reportage. J’ai un peu honte, je détourne le regard de l’écran pour croiser celui de Cassandra. Elle me regarde fixement. On entend la voix de Cathia dans le reportage qui raconte son séjour chez nous, et son cursus. Je vois une drôle d’expression sur le visage de Cassandra. Comme si elle venait de reconnaitre la voix qu’elle entendait, vivement elle tourne son regard vers l’écran. C’est à mon tour de la fixer. J’ai même oublié que le reportage parlait de moi. Après Cathia, son père apparait à l’écran et raconte, comment le cheminement de sa fille à conduit sa famille au Christ. Il n’y a plus d’expression sur le visage de Cassandra, elle est redevenue impassible. Mais il s’est passé quelque chose j’en suis sur.

C’est la fin du reportage, le maître de cérémonie nous invite à le rejoindre sur la scène. Le Pasteur Jordan me félicite déjà ! Nous nous retrouvons devant. Le président du comité vient nous remettre nos lots. Je n’entends pas ce qu’il dit. Les événements de ces dernières secondes repassent en boucle dans ma tête. La représentante du pasteur syrien dit un mot pour nous tous et nous regagnons nos places.

Toute la délégation de Cassandra se lève pour me féliciter, accolade et encouragement. Cassandra se lève à son tour et naturellement me fait l’accolade…

Précision, je ne suis ni marié, ni fiancé. Non pas que je n’ai pas d’intérêt pour les femmes, mais je suis persuadé qu’il ne sert à rien de faire des essayages à la recherche de la bonne personne. Je crois que quand on rencontre cette personne à la reconnait. Bien que je n’aie aucune idée de comment cette reconnaissance se manifeste dans la pratique.

Alors cette accolade ; mon cœur s’arrête de battre pendant un instant… Elle me chuchote à l’oreille, « Merci pour Cathia »… J’ai l’impression que ce moment dur une éternité.

Finalement je m’assois. La soirée reprend son cours normale. Dans la joie et la bonne humeur. Nous mangeons encore et encore, et la soirée est animée par différents mass choir venu de plusieurs pays. Le café est servi, des personnes commencent à quitter la salle du restaurant. Je parle avec un pasteur Haïtien à ma droite et le pasteur Jordan à ma gauche. Je vois Cassandra échanger avec son accompagnatrice et s’excuser un moment. Les deux femmes se retirent.

10 minutes après nous quittons aussi le restaurant. Pasteur Jordan et moi, décidons d’aller nous asseoir dans les jardins d’hiver. C’est ma dernière soirée aux usa. Demain soir je prendrais un avion pour rentrer en Côte d’ivoire. Je monte dans ma chambre déposée mes lots et je redescends avec un pull. Je le retrouve en grande conversation avec l’accompagnatrice de Cassandra. Je me joins à eux.

Le Pasteur Jordan est un pasteur pentecôtiste, nous raconte comment, il a recueilli 5 enfants que les parents avaient livrés tout bonnement au diable. Toutes les manifestations dans sa maison et le chemin vers la délivrance. Nous buvons littéralement ses paroles. Waouh ! Dieu est vraiment le même partout. L’accompagnatrice de Cassandra s’appelle Livia. Elle nous raconte comment son centre accueille des jeunes filles. Vierges, elles sont programmées pour être livrées en sacrifice aux dieux jaguars de leur tribu. Ah ! Les dangers de l’idolâtrie. Elle nous raconte comment une nuit les villageois ont tenté de mettre le feu à sa chambre et comment le Seigneur l’en a délivré miraculeusement, et depuis elle a la paix. Dès qu’une jeune fille atteint le centre, elle est protégée et plus personne n’essaie de lui nuire.

Livia me pose des questions sur Cathia. Je lui raconte son témoignage, lui raconte mon voyage au Gabon. Elle me pose de nombreuses questions sur ce pays. Je n’en connais pas grand-chose, mais je lui parle de mon ressenti. La soirée est agréable. Nous sommes rejoint par d’autres participants et bientôt le sommeil nous gagne, nous nous séparons dans la bonne humeur.

Une fois de retour dans ma chambre je m’endors comme un bébé.

Il est 8h, Je suis réveillé depuis 7h. Je réfléchis aux événements de la veille. Je suis sûr que Cassandra a reconnu la voix de Cathia. Peut-être a-t-elle juste réagit à l’accent ? Serait-elle Gabonaise ? Mais elle n’a pas l’accent gabonais… La connais-t-elle particulièrement ? En tout cas je n’ai pas grand-chose à faire, puisque jusqu’ici le Seigneur a toujours tout conduit. Il me suffit d’être attentif aux signes et je finirais par connaitre le fin mot de cette histoire.

Quelque chose attire mon attention. Il semble que l’on ait glissé une enveloppe sous ma porte pendant que je dormais. Je récupère le courrier et je l’ouvre :

cassiesofgod@gmail.com – waouh ! si c’est ce à quoi je pense c’est incroyable.

(à quelques pas de là, dans la chambre de Cassandra)

Livia : Ce qu’il m’a raconté a été confirmé par les organisateurs. Il est ivoirien. Il a rencontré Cathia à Abidjan, elle était folle. Sa guérison a été lente.

Cassandra : Il s’agit bien de Cathia Mba Avome ?

Livia : oui c’est cela ! C’est son père qui à recommander ce pasteur pour le séminaire. Mais, comment connais tu cette jeune femme ?

Cassandra : la dernière fois que je l’ai vu, on était en train de faire des courses au supermarché Mbolo, et nous faisions des plans pour nous retrouver l’année suivante après le bac, elle devait venir me rejoindre. On s’imaginait déjà pleins de programme. On aurait le monde à nos pieds… On était amies.

Livia : Doux Jésus. Et elle était folle ? Et il a fallu que ce pasteur soit ici à ta première sortie publique ? Je crois que Dieu est à l’œuvre.

Ding ding…(Le bip de l’ordinateur), j’ai reçu un mail, personne ne connait cette adresse là je viens de la créer !

From : akapaulyvan@gmail.com

to : cassiesofgod@gmail.com

Subject : Qui est ce ?

Bonjour je viens de trouver votre message sous ma porte, qui êtes-vous ?

Je lui envoie une invitation pour un google talk. Il accepte l’invitation et nous commençons à échanger :

- Bonjour, c’est Cassandra

- Oh, bonjour Cassandra

- Je m’excuse pour la forme de la prise de contact mais je dois rester prudente.

- Je peux comprendre. Que puis-je faire pour vous ?

- Oh rien de particulier, simplement vous êtes africain, et depuis de longues années je n’ai pas de contact avec l’Afrique.

- Ça vous manque ? je peux comprendre j’ai hâte de rentrer chez moi

- Oui l’Afrique me manque. La musique, la nourriture, la chaleur…

- Si ça peut vous faire plaisir j’ai des louanges et de l’adoration de certains groupes africain, je peux vous en transférer ? vous connaissez un service qui faire ça ?

- Je crois qu’il y a dropbox ?

- d’accord je regarde comment faire, ok ca à l’air assez simple. Je vais mettre des vidéos aussi.

- A merci beaucoup.

*****

Livia : Alors

Cassandra : je préfère parler de choses générales, le temps de me faire ma propre opinion.

Livia : tu as surement raison

(Pasteur Paul-Yvan)

Je ne tiens plus en place, c’est son adresse mail !et là nous sommes en train de discuter, le lien est établi. C’est à peine si je ne danse pas dans la chambre. Je lance des chargements de musiques chrétiennes, qu’elle pourra télécharger. La conversation était courte mais je suis trop heureux.

Je me souviens que je n’ai pas regardé les lots que j’ai reçus la veille. J’ouvre le kit, 3 bourses d’études pour les formations du révérend Denis Morissette en relations d’aide, 3 bourses d’études pour une université théologique aux états unis, un chèque de cinquante mille dollars, Je n’en reviens pas plus de vingt-cinq millions de francs ! Là je danse carrément dans ma chambre ! Je n’ai ni faim ni soif ! Juste une joie immense qui me submerge !

Les téléchargements sont finis, et je vois qu’elle est déconnectée. JE ferme mon ordinateur, j’ai deux heures pour faire quelques courses, si je ne ramène pas de cadeau à Abidjan là humm, je sais ce qui m’attend ! Boston me voilà pour mon shopping.

Partie 8

(A des milliers de kilomètres de là)

Seigneur jusqu’à quand ! Erwan est encore rentré speed hier nuit ! Regarde-moi le corps comme il m’a bastillé hein ! Cette enfant là c’est le diable hein ! Heureusement que je fais la tontine et que je ne ramène pas l’argent de mon commerce à la maison hein ! Seigneur c’est donc ça le prix à payer pour avoir voulu un meilleur avenir pour ma fille hein ! Je n’ai plus d’enfant, si elle vit, si elle est morte je ne sais pas ! Et c’est l’enfant de l’autre le diable, qui a vendu ca sœur et même conduit son père à la tombe qui est le seul qui me reste ! Je ne comprends même pas pourquoi il reste ici hein !

Je regarde par la fenêtre, il faut que je me lève. Il va faire jour, je dois marcher avec les autres femmes pour aller chercher mes marchandises au marché de Mont Boüet. Je fais un ménage rapide et je ferme soigneusement ma chambre à clé. J’ouvre la maison, je ne sais pas si Erwan est là, je ne veux même pas le savoir. Je me presse, quand j’arrive les marcheuses sont déjà réunies. On attend encore 2 ou 3 femmes. Il va être 6h, nous nous mettons en marche, de l’ancienne SOBRAGA au marché, certaines sont commerçantes au marché, d’autres comme moi viennent y prendre des marchandises pour d’autres sites de commerces. D’autres encore vont faire le marché pour leur restaurant de quartier. Nous préférons marcher en groupe car Libreville est une ville dangereuse, avec les histoires de crimes rituelles et tout ça.

06h45, nous sommes au marché, rapidement je retrouve Maman Odile, qui nous gère la tontine. Elle me remet des sous et je vais faire mon marché. J’emprunte un taxi :

- 2000 F, la sablière

- PING ! montez

30 minutes plus tard je descends. Je marche encore 10 minutes. J’installe ma table, il est à peine 8h30. Ah ma vie, regardez ce qu’elle est devenue !

Il y a 8 ans

- Marguerite, marguerite !!! Ou est Auriane ??? tu ne l’as pas réveillée encore ?

- Madame, elle est déjà partie hein ! Elle dit qu’elle a un devoir à réviser

Un devoir hein, la petite la va venir me trouver ici ! C’est à 6h30 que tu vas réviser l’examen ? Et son père qui lui passe tout, heureusement qu’Erwan lui met un peu la pression sinon c’était même déjà fini pour son avenir. Erwan, c’est le premier fils de mon mari. La famille de sa défunte mère l’a rejeté après le décès de celle-ci. Sa tante raconte à qui veut l’entendre qu’à l’époque, Erwan qui n’avait que 10 ans avait empoisonné sa mère parce qu’elle lui avait infligé une correction. Il paraîtrait que le voisin avait surpris l’enfant à faire des touches-pipis (attouchement sexuel) à sa fille de 14 ans pendant que cette dernière faisait la sieste sous un manguier. Morte de honte, sa mère lui aurait infligé une sale bastille (bastonnade). Il avait juré de la tuer…

Pff ! Tous des jaloux dans cette famille, je ne peux pas croire ça. Cet enfant-là est trop droit. Il n’y a qu’à voir comment il tient sa petite sœur. Quand il appelle il demande toujours ses résultats scolaires ; et pour ce qui concerne les garçons il est strict avec elle. Grâce à lui, nous nous en sortons plutôt bien. Nous avons acquis un terrain et commencer à bâtir. Dès qu’on a eu fait la toiture on a déménagé. Chaque mois nous continuons les travaux. Au moins, nous sommes chez nous.

Depuis la seconde Auriane, ma seule fille a intégré le lycée Blaise Pascal. Elle est maintenant en première. Nous en avons les moyens

Marguerite, c’est la dame de ménage de ma famille. Elle est avec nous depuis que nous avons intégré notre maison aux charbonnages. Mon mari est douanier à l’aéroport de Libreville et moi je suis assistante de direction. Ma vie n’a pas toujours été rose mais depuis que les affaires d’Erwan ont décollé, c’est la belle vie. Mon mari a gardé son ancienne voiture pour ne pas attirer la jalousie de ses collègues, mais il a un gros Prado et je roule en Audi A4. J’avoue que les affaires d’Erwan ne me semblent pas toujours claires, mais ça nous aide.

Par exemple tous les mois il envoie des marchandises que mon mari récupère directement à la Carling pour ne pas passer la douane. C’est facile, le même jour il dépose ça chez un ami à son fils qui le commissionne. Pas de petit montant hein, mon mari ne mettrait pas son poste en danger pour deux ou cinq cent mille. On parle de plusieurs millions.

Auriane devient une femme. Depuis qu’elle est à Blaise, ses fréquentations ont changé. Elle porte des vêtements de luxe que son frère lui envoie. Elle a le Swagg hein !

L’inconvénient, c’est que les hommes lui tournent autours. Les jeunes comme les vieux. Avec la chance qu’elle a, je ne voudrais pas qu’elle se laisse distraire de ses études. J’en ai parlé avec Erwan, il viendra en été pour qu’on règle ça.

Quelques mois plus tard.

- Oui Erwan, ça y est les résultats sont sortis ! Oui comme je te dis, elle crie ici comme si c’est la fin du monde, elle a eu son bac de français avec 17/20. Oui oh ! Attend je te la passe

- Auriane : Mon grand tu viens quand est-ce ??? tu n’oublies pas mes cadeaux hein ! Je veux le dernier modèle du téléphone à la mode, oui et les chaussures qui ont la classe, et tu n’oublies pas mes lunettes de soleil et mes lentilles de couleur hein ! Bon ce soir mes copines et moi on veut sortir fêter ça ! Non il n’y aura pas de garçons ! S’ils nous abordent on les ignore. Youpi, ok ! j’attends ton appel

Et voilà les vacances de la folie. Je ne la vois qu’un jour sur 2. Elle ne dort plus à la maison. Erwan est arrivé, ce que j’apprécie c’est qu’il est avec elle, et les petits garçons qui lui tournent autours là, il me règle ça vite fait. Ce soir, on dirait que la boite de nuit n’ouvre pas. Les deux sont à la maison comme des gens qui mijotent quelque chose. Auriane fait même le repas du soir. Nous passons à table, c’est très bon.

A la fin du repas, Erwan prend la parole :

- Papa, Maman Pauline, vous savez que j’aime beaucoup Auriane. On est que deux, et il est important que nous sécurisions son avenir. Il devient difficile d’avoir les papiers pour aller étudier en Europe, c’est pour ça que j’ai pensé que si elle passe le BAC la bas il y aura moins de complication pour l’université. Et en plus, vraiment je veux l’avoir à l’œil ! Si elle continue comme ça elle va vous apporter la grossesse au lieu du bac ! donc vraiment je voulais vous proposer qu’elle parte avec moi dans un mois.

Mon regard passe de ma fille à son frère, ca se sent dans ses yeux qu’elle a déjà le gout de partir en Europe hein. Vraiment Seigneur, tu m’as béni, Erwan c’est le meilleur des beaux-fils...

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Il prit l'un de ses côtes

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