Chapitre 2
"Raima Bello"
Raima est professeur de l'enseignement général. Elle vient juste de finir de donner cours. Elle sort alors de la salle de classe et se précipite d'aller entrer dans sa voiture. Direction le lieu de service de son mari. Elle a l'intention d'aller demander à Suzanne, la collègue d'Eric, de laisser son mari tranquille.
Une fois dans l'enceinte de la Crtv (radio télévision camerounaise), elle se gare au parking. Elle entre ensuite dans le hall et attend l'ascenseur pour aller au 18ème étage. Dans l'ascenseur elle cogite, elle se demande si c'est une bonne idée.
Bref, étant déjà dans les locaux, elle ne peut plus faire machine arrière. Le mieux serait donc qu'elle aille jusqu'au bout. Après tout, qu'a-t-elle à perdre ?
Si, tu le peux ! Lui souffle sa conscience. Ici c'est son lieu de service, tu n'as pas le droit de venir faire un scandale ici… Elle ajoute.
D'un air déterminé, elle fait taire cette voix qui essaye de la décourager et se résout à aller jusqu'au bout.
-Ça y est, j'y suis ! Elle murmure et cogne à deux reprises sur la porte. Suzanne lui demande d'entrer. Ce qu'elle fait d'ailleurs sans tarder.
-Oh Mme Bello, ravie de t'avoir parmi nous. dit Suzanne avec un sourire accueillant en voulant se lever pour lui tendre la main.
-Ne te donne pas cette peine Suzanne, ou je dois plutôt dire voleuse de mari ?
Refroidi par la question de Raima, l'aspect de son visage change instantanément et elle réplique.
-Je peux savoir de quoi tu parles ?
-Elle se tape mon mec et elle joue à l'ignorante.
Suzanne rigole pendant un instant, tellement elle trouve cela drôle et ridicule.
-Écoute, si tu suspectes ton mari d'infidélité, ce n'est certainement pas avec moi qu'il te trompe. Je te conseille d'aller chercher ailleurs.
-Et le message… ? Demande Raima en sortant son téléphone de son sac pour lire le fameux message...
Suzanne se retient de rigoler pendant que Raima lit le message à haute voix. Elle comprend sa douleur, mais elle n'en est pas la cause.
-Écoute, je vais te parler de femme à femme… En plus du fait que ce numéro n'est pas le mien, ce message ne vient pas de moi ma belle...L'idéal serait que tu appelles pour vérifier s'il est mien.
Je reconnais que ton homme a vraiment changé. Je lui ai d'ailleurs fait la remarque.
Cette idée ne lui avait pas du tout traversé l'esprit, Raima décide donc d'appeler le numéro en question. Au bout du fil, c'est une femme autre que Suzanne qui parle. Raima raccroche donc instantanément.
Elle s'assoit et avec les yeux embués de larmes, elle s'excuse auprès de Suzanne.
-Je ne comprends pas pourquoi il a enregistré le numéro de cette femme avec ton nom. Pourquoi a-t-il fait ça ?
- Je ne saurais te dire pourquoi. Mais peut-être qu'elle s'appelle aussi Suzanne.
- Non, je ne pense pas. C'est écrit "Suzanne collègue". Vous n'avez pas une autre collègue ici au nom de Suzanne ?
-Rassure-toi ma belle, je suis la seule.
L'âme abattue et le cœur en miette, Raima se lève et prend la direction du bureau de son mari. Elle cogne et personne n'ouvre. Elle essaye d'ouvrir la porte, mais celle-ci est fermée à clé. Un collègue à Éric passant par là l'interpelle pour la saluer et lui informe que Eric est sorti depuis plus de 04 heures pour une destination inconnue.
Raima prend le chemin retour pour sa maison. Après avoir vérifié si sa fille de ménage a fait tout ce qu'elle lui avait recommandé de faire, elle prend soin de David, se lave et file chez sa meilleure amie Élisabeth.
Une fois chez cette dernière, on lui fait comprendre que son amie est allée à l'église et qu'elle ne sera de retour que la nuit. Connaissant le lieu où se situe l'église, Raima d'une volonté ferme décide de s'y rendre. Elle a besoin de parler à sa copine. Son cœur est tellement chargé qu'elle a besoin de se vider, se confier à quelqu'un.
Elle se gare et décide d'entrer. C'est la séance de louanges, tous les fidèles sont donc debout en train de louer le Seigneur sous la direction d'un chantre. Raima n'a pas la tête à louer le Seigneur, elle cherche Élisabeth du regard dans toute la salle. Un sourire se dessine sur son visage lorsque ses yeux se posent sur son amie. Elle se faufile dans la foule, passe entre les chaises et marche jusqu'à l'endroit où se trouve cette dernière. Les deux se font un câlin, Raima entraîne sa copine dehors. Les deux partent prendre place sur les bancs d'accueil de l'église.
-Qu'est ce qu'il y a ? Pourquoi tu es si triste et abattue ? On dirait que tu as perdu quelqu'un.
-C'est Éric, ça va de mal en pire.
Raima lui fait un bref résumé de toute la situation.
-Je t'avais dit qu'il te trompait, mais tu m'as dit que c'est faux. Tous les hommes sont comme ça. Laisse moi te dire que si tu ne fais rien, cette fille te prendra ton homme et toutes tes richesses…
-À Dieu ne plaise ! réplique brusquement Raima en faisant passer sa main sur sa tête( pratique locale qui veut dire "jamais ça n'arrivera ").
-Tu dis à Dieu ne plaise hein, Dieu a trop de choses à faire c'est pourquoi il nous a donné l'intelligence… Si tu ne fais rien, tu perdras tout. Quand je pense à tout ce que tu as traversé avec cet homme, j'ai envie d'aller lui faire la peau.
-Je ne sais plus quoi faire, j'ai déjà tout fait. J'ai prié, je l'ai conseillé, j'ai même renouvelé ma garde robe et changé plusieurs de mes habitudes de femmes…Malgré tout cela rien n'a changé.
-Tu es sûre que tu as tout fait ? Demande Élisabeth avec un sourire en coin.
- Quoi ? Raima réplique
-Tu sais très bien de quoi je parle. Ajoute Élisabeth en fronçant un sourcil.
-Tout sauf ça Élisabeth, tu veux me tuer ?
-Ok, quand tu vas perdre ton gars tu vas comprendre. Même la bible dit "aide toi et le ciel t'aidera".
-Oui, mais moi je n'aime pas fréquenter les marabouts.
-Est-ce que tu pars là-bas pour tuer quelqu'un ? Tout ce qu'il fera, c'est de séparer ton homme de cette pimbêche afin qu'il te revienne.
-Non, il est hors de question que je fasse ça.
-Okay, si tu le dis.
" Une heure plus tard à Bastos "
Allongé dans le lit de sa maîtresse, Éric savoure le plaisir que lui procure la langue d'Anaïs sur sa verge. S'il y a bien une chose qu'il apprécie chez elle, c'est sa façon à elle de faire l'amour. Elle lui fait découvrir des sensations sexuelles qu'il n'avait jamais connu auparavant. Elle réalise tous ses fantasmes. Au premier regard, il pensait qu'elle était une fille superficielle à cause de son apparence, mais au fur et à mesure qu'il la côtoie, il découvre des choses plutôt agréables qui font qu'il s'attache petit à petit à elle.
Anaïs quant à elle s'applique, elle veut le rendre fou de plaisir. Elle est prête à jouer toutes les cartes pour le pousser à l'épouser après bien sûr qu'il aurait divorcé de sa femme. Elle n'a pas de sentiments pour lui, mais ça n'empêche pas qu'elle le mette au petit soin et le traite comme un roi. Tout ça pour atteindre son objectif.
Lorsque Raima à appelé tout à l'heure, elle a su qu'il s'agissait de la femme d'Eric. Elle avait eu à prendre son numéro dans le téléphone d'Eric pendant que ce dernier dormait. Elle fait toujours exprès d'asperger son parfum sur les vêtements d'Eric pour provoquer Raima. Jusqu'ici, elle ne s'était limitée qu'à ça. Elle compte passer à la vitesse supérieure.
Alors, après l'acte sexuel, Éric s'affale dans le lit et ne tarde pas à être emporté par morphée. Anaïs réfléchit à ce qu'elle peut bien faire pour provoquer Raima. Elle affiche un sourire narquois en prenant son sous-vêtement qu'elle dépose sur la tête d'Eric, elle s'allonge ensuite prêt de lui. En lui faisant un bisou sur la joue, elle fait un selfie. Elle prend le soin de cacher son visage avec un smiley avant d'envoyer la photo à Raima. Elle ne manque pas d'écrire en dessous de la photo "N'ose plus appeler mon numéro la vieille, reste à ta place".
Une fois le message envoyé, elle sourit et prend son sous-vêtement de tout à l'heure et le met dans la poche interne du costume d'Eric.
" Raima Bello "
À table en train de dîner en compagnie de ses enfants et de sa grande sœur, le téléphone de Raima signale l'arrivée d'un nouveau message. Elle décide de finir son repas avant de le lire. Une fois l'estomac plein, sa fille débarrasse la table, tandis que Raima et sa sœur partent s'asseoir au balcon pour avoir une discussion. Une trentaine de minutes plus tard, sa grande sœur prend congé d'elle. Raima se souvient donc de ce message qu'elle a reçu pendant qu'elle dînait avec les siens. Elle retourne au salon prendre son téléphone, une fois déverrouillé, elle entre dans WhatsApp et…
Tac… tel est le bruit que vient de faire le téléphone de Raima lorsqu'il est tombé après qu'elle ait lu le message de la maîtresse de son mari. Perdue dans ses pensées et encore sous le choc de ce qu'elle vient de voir, elle ne réagit pas.
Elle a mal, son être entier est déchiré…
-Maman que se passe-t-il ? Demande Diana qui vient de sortir de la cuisine
Au même instant, elle se courbe pour ramasser le téléphone de sa mère, mais celle-ci l'interrompt.
-Non, laisse, je vais le faire. Elle réplique en se courbant promptement pour le ramasser et commence à monter les escaliers en vitesse.
Elle ne veut pas que sa fille voit cette image. Le téléphone n'est pas endommagé à cause de la glace et la pochette.
-Maman c'est quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Elle demande en suivant sa mère.
Raima ne lui accorde aucune attention et entre dans sa chambre, ferme la porte à clé et s'affale dans son lit pour pleurer. Diana fait machine arrière et entre dans sa chambre.
Raima se lamente en pleurant, pendant que la morve et les larmes remplissent son visage. Elle se demande où est ce qu'elle à échoué ? Qu'à t'elle fait pour subir ça ? Des tas de questions lui taraudent l'esprit. Elle est traumatisée par ce qu'elle vient de voir. Elle ne sait pas si elle pourra s'en remettre. Après tout ce qu'elle à traversé avec Éric, il ose lui faire ça.
"Le lendemain matin "
Ses enfants sont déjà allés à l'école, Raima n'a pas trop la tête à sortir. Elle a envoyé un message au lycée pour dire qu'elle est malade et qu'elle ne pourra pas être là.
Allongée dans son lit, les yeux rouges et le visage bouffi, on toque à la porte de sa chambre.
Elle sait que c'est son homme, elle se lève donc nonchalamment et va lui ouvrir. Elle retourne aussitôt se coucher et tourne le visage vers le mur. Ce dernier entre et lui dit bonjour. Elle ne répond pas, il lui jette un coup d'œil et entre ensuite dans la douche pour prendre son bain. Il revient quelques minutes plus tard et se met à faire son sac de voyage avec lequel il va souvent en mission hors de la ville.
Raima se lève au même moment et ferme la porte à clé, enlève la clé de la serrure et retourne se coucher. Elle a mal, mais elle ne peut pas se laisser faire.
-Ça veut dire quoi ? Demande Éric à Raima, elle ne répond pas.
Une fois son sac prêt, il l'interpelle.
-Raima ouvre la porte, je dois partir !
-Tu ne sors pas !
-Pardon ?
-J'ai dit que tu ne sors pas de cette chambre, encore moins de cette maison.
Il rigole un instant, avant de répliquer.
-Et je peux savoir pourquoi ?
-Demande à ta maîtresse.
-Raima pardon, ne me fait pas rire. Donne-moi la clé, je dois partir. Je suis très en retard.
Au bout d'une quinzaine de minutes, Raima n'a toujours pas réagit. Éric en colère se dirige vers elle pour arracher la clé. Dans le processus, il ne manque pas de la gifler. Elle arrête sa joue pendant que les larmes remplissent son visage, Éric prend la clé et s'en va. Son mari n'avait jamais posé la main sur elle jusqu'à ce jour. Être anéantie serait un euphémisme pour décrire son état d'âme à cet instant.
Chapitre 3
"Trois jours plus tard"
Depuis que Éric a quitté la maison pour aller en mission accompagné de sa maîtresse, il n'a pas le cœur tranquille. Il regrette énormément d'avoir levé la main sur sa femme. Il n'aurait jamais dû. Oui il est attaché à Anaïs, elle comble tous ses désirs sexuels, mais ce n'est pas une raison valable pour le pousser à maltraiter sa femme. Il n'a pas l'intention de rompre avec elle, mais il est décidé à commencer à faire la part de choses.
Aussi, il se dit que Raima est au courant de son infidélité. Il n'aimerait pas que ses enfants en soient informés. Il compte bien se rattraper auprès des siens une fois qu'il sera de retour dans quatre jours.
Depuis plus de 24h, il essaye d'entrer en contact avec sa femme et sa fille, mais ni l'une ni l'autre ne décroche à ses appels.
" À Yaoundé "
Depuis que son père a voyagé, Diana est très en colère contre lui. Elle sait qu'il a tapé sur sa mère raison pour laquelle, elle ne décroche aucun de ses appels et ne répond à aucun de ses messages. Raima ne le lui a pas dit. Étant de peau très claire, la marque des doigts d'Éric est restée sur sa joue après la gifle magistrale qu'il lui a administrée. Elle a questionné sa mère par rapport à ces bleus, mais celle-ci n'a daigné lui répondre.
(...)
C'est samedi, Raima est dans sa chambre en train de trier le linge sale de son mari pour la lessive. Ayant déjà fini d'entasser le linge sale par terre, elle s'assoit sur une chaise et se met à fouiller les vêtements de peur qu'ils ne soient envoyés au Pressing avec un quelconque objet de valeur par mégarde. Son cœur lâche un battement violent lorsqu'elle fait sortir du costume de son homme un sous-vêtement de femme.
Dépassée par la situation, elle se demande quelle conduite elle doit tenir. Elle ne s'était même pas encore remise de la gifle que son homme lui a donnée que ça la vient s'ajouter. Elle n'en peut juste plus. Elle prend son téléphone et contacte Élisabeth. Elle lui explique la situation en pleurant. Celle-ci ne peut malheureusement rien faire pour elle à part la consoler.
-Dis Lisa, ton féticheur la se trouve où ?
-Hum, il est à Ebolowa. Tu es sûre de vouloir le faire ?
-Oui, sûre et certaine.
-D'accord, je t'accompagne là-bas quand?
-Quelles sont ses horaires ?
-De mardi à samedi en H24.
-Ce soir, ça te va ?
-Oui ma sœur, tu passes me prendre.
-Cool, ça marche. À toute !
"Dans la soirée"
-Maman, tu reviens quand ? Diana demande à sa mère qui vient de finir de lui donner les instructions à appliquer pendant son absence.
-Demain matin ma puce.
-Conduis prudemment stp et salut ta collègue de ma part. Raima a menti à sa fille qu'elle part accompagner sa collègue à une veillée funèbre.
-D'accord mon bébé, prends bien soin de ton frère.
-Je suis un homme moi, je peux prendre soin de moi tout seul, réplique David.
-Oui, un homme qui passe encore au lit…répond Diana.
Les trois partent dans un rire fou…
(...)
Les deux femmes se retrouvent donc dans la voiture. Élisabeth a menti à sa famille qu'elle part à une veillée de prière à l'église…
Ebolowa n'étant pas loin de la ville aux sept collines, les deux femmes n'ont donc pas tarder à arriver. Ayant trouvé cinq personnes, elles sont obligées de patienter leur tour.
Pendant qu'elle est assise près de sa copine en train de réfléchir si c'est une bonne idée, son téléphone signale l'arrivée d'un nouveau message sur WhatsApp. C'est un message vocal. Elle reconnaît le numéro. C'est celui d'Anaïs.
Qu'est ce que cette dernière peut bien vouloir lui dire par voice ? Pourquoi ne l' a-t-elle pas bloqué depuis la fameuse photo qu'elle lui avait envoyée ? Elle se questionne.
-Hum, elle vient encore de m'envoyer un message hein.
-Qui ça ? Répond Élisabeth.
-Ma coépouse non.
-Tu ne l'as pas bloqué ?
-J'avais oublié.
-Elle dit quoi dans le message ?
-C'est un voice, je ne l'ai pas encore écouté et je ne le ferai d'ailleurs pas.
-Moi je pense que si, tu dois le faire. Après ça tu la bloques.
Raima sort donc ses écouteurs de son sac et appuie sur le voice pour l'écouter. Elle arrête aussitôt avec un grand pincement au cœur, car c'est répugnant ce qui sort de ce message vocal. Si elle avait encore des doutes sur sa présence dans la cour de ce féticheur, cette note vocale vient de lui donner l'assurance d'aller jusqu'au bout.
-C'est quoi ? Demande Élisabeth
-Elle a enregistré leurs gémissements pour me les envoyer…Déclare Raima avec un sourire de dépassement aux lèvres.
Élisabeth lui tient la main pour la réconforter.
-Ne t'inquiète pas ma sœur, on va bientôt résoudre ça. Tu as apporté son string là non ?
-Oui bien sûr.
" Dans la case de consultation "
Après avoir balancé ses cauris à terre et réalisé des incantations, le féticheur informe Raima de la raison pour laquelle elle est venue le voir. Étonnée, elle regarde son amie avec les yeux grands ouverts. Celle-ci lui tient la main et lui demande de ne pas avoir peur.
-Que veux-tu que je fasse pour toi dans cette situation ? Demande le féticheur à Raima.
-Euh, … elle bégaie tout apeurée.
-Malham, elle veut…Intervient Élisabeth pour exprimer ce que sa meilleure amie voudrait qu'on fasse, mais elle est très vite stoppée par le féticheur.
-Je veux que mon mari me revienne et qu'il n'aille plus jamais vers une autre femme. Aussi je veux qu'il redevienne follement amoureux de moi comme auparavant. Déclare Raima.
Le féticheur demande un objet appartenant à Anaïs. Heureusement pour elle, elle est venue avec le string. Elle ne tarde donc pas à le remettre au féticheur qui fait des incantations dessus. Il se lève ensuite et va concocter une potion qu'il met dans une petite bouteille, il le remet par la suite à Raima en lui donnant des instructions sur l'utilisation.
-Personne d'autre que lui ne doit consommer le repas dans lequel tu mettras cette potion. Je dis bien personne. Après avoir préparé le repas, tu verseras la totalité de cette potion dans la sauce. Tu remueras avec une cuillère, ensuite tu laveras la cuillère. Après le repas, tu te chargeras toi-même de laver la vaisselle utilisée. Ensuite, patiente les résultats.
-D'accord Malham. Répond Raima en souriant.
Après avoir payé leurs frais de consultations, les deux amies prennent congé du féticheur.
Comme il se fait déjà tard et avec la fatigue, elles décident de passer la nuit à Ebolowa dans un hôtel de la place.
Tôt le matin, Élisabeth donne des conseils à Raima sans manquer de revenir sur les instructions de Malham avant qu'elles ne prennent la route de Yaoundé.
Après avoir déposé sa copine chez elle, Raima conduit jusqu'à son domicile. Une fois dans sa chambre, elle prend la bouteille contenant la potion et le garde son coffre à bijoux.
"Jeudi matin"
Raima toute contente se lève de bonne heure pour préparer le petit déjeuner. Elle trouve qu'Annick sa fille de ménage a déjà commencé à le faire.
-Vas nettoyer le sol Annick et laisse moi finir de préparer le petit déjeuner.
-D'accord madame.
Pendant que maman et enfant sont attablés pour le petit déjeuner, Éric fait son entrée dans la maison. Il salue sa famille et d'un pas précipité, il regagne sa chambre. Sans perdre de temps, il s'empresse de prendre son bain et redescend trouver sa famille au salon. Ils ont presque fini de manger, il prend quand même place car il n'a pas encore pris de petit déjeuner.
L'atmosphère est glaciale, il parle et il n'y a que David qui répond. Lorsqu'il s'adresse à sa fille, celle-ci fait la sourde oreille. Raima se lève et va demander à sa fille de ménage de préparer le petit déjeuner à son mari. Ce que Annick fait promptement. Les enfants sortent de table et regagnent leurs chambres pour préparer leurs sacs de classe.
Pendant qu'Eric est en train de manger, ses enfants sortent de leurs chambres pour se rendre à l'école. Ils sont suivis derrière par Raima qui tient à aller les déposer puisque leur chauffeur n'est pas de service.
-Aurevoir papa, déclare David après avoir fait un bisou à son père.
-Bonne journée mon grand.
Diana quant à elle sort de la maison sans avancer un mot à son père, ce qui lui pince le cœur et il se rend compte de la gravité de son erreur. Il se lève donc précipitamment et rejoint sa famille dehors.
-Bébé, laisse-moi les accompagner. Il dit à sa femme qui descend aussitôt du véhicule sans piper mot.
Diana sort de la voiture et dit à sa mère qu'elle préfère aller au collège à pied que d'y aller en compagnie de son père.
Blessé par les propos de sa fille, il décide de laisser Raima effectuer cette tâche.
(...)
De retour à la maison, Raima trouve son homme dans la chambre. Sans lui adresser la parole, elle prend son bain, porte ses vêtements et va s'allonger dans la chambre d'amis. Elle lui en veut tellement qu'elle n'a pas du tout envie de le sentir.
Dans la chambre conjugale, Éric réfléchi sur comment faire pour aborder sa femme. Il se lève, ouvre son sac et fait sortir le collier en or qu'il lui a acheté pour se faire pardonner lorsqu'il était en mission à Douala. Il sait que ça ne sera pas facile de la reconquérir, mais il compte quand même essayer…Il écrit un petit mot "pardonne moi bébé, je ne le referai plus jamais" sur un bout de papier qu'il introduit dans la boîte contenant le bijoux. Il dépose ensuite cela dans son placard …
Il sort et cherche sa femme dans les pièces d'en bas avant de remonter vers la chambre d'amis. Il toque à la porte et personne ne réagit, il décide donc d'entrer. Il la trouve allongée dans le lit, le visage couvert de larmes, les yeux grands ouverts et le regard dans le vide. Il se rapproche du lit et se met à genoux.
-Je n'aurais pas dû, je regrette tellement. Je suis sincèrement désolé. Pardonne-moi bébé. Il déclare en tenant la main de sa femme.
-Anaïs a quoi de plus que moi ? Raima demande d'une voix entrecoupée.
Le cœur d'Eric lâche un battement violent et il sursaute. Il se ressaisit et décide de jouer la carte de l'ignorance.
-Euh, je ne comprends pas de quoi tu parles.
-Je suis loin d'être une idiote. Dit-elle en tirant sa main de l'emprise d'Éric.
Elle se lève en furie et va fouiller son sac à la recherche du string d'Anaïs. Elle le dépose ensuite sur le lit conjugal. Elle prend son téléphone et envoie à Éric la photo et la note vocale qu'Anaïs lui avait envoyé. Après avoir lavé son visage dans la salle de bain, elle sort de la chambre et se rend à la cuisine pour préparer le déjeuner et le dîner en compagnie de sa fille de ménage.
Éric se lève et prend place sur le lit, il cogite. Il se demande comment elle a fait pour connaître son nom. Il n'a pas quand même été négligeant. Il n'a pas enregistré le numéro d'Anaïs avec son nom, mais plutôt avec le nom de sa collègue. Il prend toujours la peine de supprimer toutes les conversations qu'il a avec elle en journée avant de rentrer chez lui. Aussi, il a interdit à Anaïs de le contacter quand il chez lui. Il soupçonnait Raima de savoir la vérité mais pas jusqu'au point de connaître le nom de la femme avec qui il l'a trompe.